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  • Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    « Quand un peuple oublie son passé, il est condamné à le revivre », affirme Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port, le 24 janvier 1943, devant une quarantaine d’élèves de CM2. L’espace aux Rotatives de La Marseillaise a ouvert ses portes, ce mardi, à un rendez-vous dédié à la transmission de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Après une introduction retraçant l’histoire du journal, fondé dans la Résistance, présentée par son président Léo Purguette, l’avocat Pascal Luongo et Antoine Mignemi, membres de l’association, ont retracé le fil des rafles de population du Vieux-Port jusqu’à la destruction du quartier Saint-Jean par l’Allemagne nazi et le régime de Vichy. « Il a fallu attendre 2019 pour que cette tragédie ressorte. 79 ans… » déplore le survivant, octogénaire. C’est en effet en 2019 que Pascal Luongo dépose plainte contre X pour « crime contre l’humanité ». Le Collectif est alors créé avec un but : « Témoigner auprès de tous les Marseillais, et au-delà de Marseille, pour ne pas retourner au passé. »

    « C’est choquant ! »

    Face aux enfants, Pascal Luongo introduit : « Antoine Mignemi est une victime de ces crimes. Il avait 5 ans quand sa famille s’est fait arrêter par la police française, le 24 janvier 1943. Sur les 20 000 habitants du quartier, 15 000 ont été envoyés à Fréjus pour les “trier” et plus de 500 personnes déportées dans les camps de concentration. » Dès février 1943, les nazis « dynamitent 1 500 immeubles, 80 rues et places, chiffre l’avocat. Quand vous vous baladez sur le Vieux-Port, vous voyez ces immeubles des années 1950. Ce sont des reconstructions après la guerre ». Le quartier Saint-Jean, qui s’étendait du Panier jusqu’aux quais du Vieux-Port, a été le chemin de promenade matinal des deux classes de CM2, mardi. « On a visité la Vieille Charité et on a pris des photos pour l’exposition » prévue dans le cadre de leur projet en photojournalisme, explique une élève. Organisé par « Lumières sur l’info », le programme intitulé Le Grand Bain réunit « ces deux écoles de quartier aux réalités socio-économiques très différentes : une école à la Corderie et une à la Joliette », résume Carole Duffrechou, membre de l’association.

    Suite au témoignage d’Antoine Mignemi, les élèves se confient. « On a la chance d’avoir pu rencontrer ce monsieur qui a vécu quelque chose de troublant », partage Adèle. « C’est choquant ! », ajoute Valéria. Les enfants ont compris l’importance de la mémoire. « On en parlera… Pour éviter que ça ne se reproduise dans le futur », conclut Wissen.

    Celui que sa mère appelait « le petit Toinou » adresse enfin un dernier message aux élèves : « Agissez pour la paix. »

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Avignon : triangulaire après la fusion à gauche

    Le panorama était scellé dès lundi soir après l’annonce de la fusion des listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI), à touche-touche (19,89% et 19,03%). Unie, la gauche peut espérer garder la mairie face à la droite d’Olivier Galzi (27,04%, lire ci-dessous) et le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%).

    Carpentras :

    pas d’accord à gauche,

    le RN en favori

    Toute la journée de lundi et mardi, chacun a pu suivre sur Facebook les publications régulières et respectives de Serge Andrieu, maire (DVG), et de Francis Adolphe, ex-maire (DVG), en vue d’un accord au second tour. Peine perdue, les deux candidats maintiennent leur liste en l’état, laissant augurer des chances très élevées de victoire de l’extrême droite. Dimanche, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête de peu (26,71%) devant Serge Andrieu (25,17%) et Francis Adolphe (24,29%), prédécesseur d’Andrieu qui avait dû quitter son poste après avoir été déclaré inéligible dans une affaire de violences conjugales. Sans surprise ce mardi, les deux autres listes d’extrême droite de Bertrand de la Chesnais (14,33%) et Christian Richaud-Simoni (9,51%) ont apporté leur soutien à Hervé de Lépinau. La première en fusionnant, la seconde en récupérant 4 colistiers mais pas la tête de liste, désinvesti par le RN suite à ses tweets racistes. Mais Christian Richaud-Simoni était bien présent, mardi soir, au point presse annonçant cette triple alliance. De quoi mettre du vent dans les voiles de l’extrême droite alors qu’à gauche, chacun renvoie la responsabilité de l’échec à l’autre. Serge Andrieu multiplie les initiatives pour convaincre les 45% de Carpentrassiens restés sans voter dimanche.

    Orange : la gauche

    se retire, une liste

    contre l’extrême droite

    Arrivées en tête, les deux listes d’extrême droite menées par Jacques Bompard (Ligue du sud, 32,87%) et Jean-Dominique Artaud (RN, 28,15%) restent en course. Derrière, les trois listes diverses ne sont pas parvenues à s’entendre, bien qu’une seule sera au second tour : Carole Normani (DVC, 17,89%). L’élue d’opposition bénéficie du retrait d’Antoine Boudet (DVG, 11,52%), quand Marc Martinet (DVD, 9,57%) n’était pas en capacité de se maintenir et appelle « à battre Bompard ». Malgré plusieurs voix souhaitant une entente entre les 3 candidats, rien n’a été réalisable. « Nous proposions une fusion technique, claire et loyale en laissant à la liste de Carole Normani la place centrale, cette proposition a été catégoriquement refusée, y compris dans sa forme la plus minimale (un seul élu) », déplore Antoine Boudet qui, la mort dans l’âme, renonce et prédit « une déroute annoncée ». Carole Normani, salue « le sens des responsabilités » et croit « en une véritable alternative ».

    Apt : on reprend

    les mêmes

    La liste DVD de Jean Aillaud incarnant, aux côtés de Dominique Santoni présidente LR du Département, la majorité sortante a poussé un ouf de soulagement ce mardi en apprenant que les deux listes DVG continuaient chacune leur route. Arrivée en tête (29,02%), la droite est concurrencée par son extrême (25,02%). Céline Celce (G.s), 4e avec 21,45%, a bien tenté de se rapprocher de Christophe Carminati (DVG, 24,51%), « seule possibilité de faire barrage à la majorité sortante et à l’extrême droite ». Mais ce dernier préférait un retrait pur et simple de la liste Celce plutôt qu’une fusion. La quadrangulaire est donc aussi maintenue dimanche.

    Cavaillon : la gauche

    se maintient

    Si la décision de Patrick Blanès (3e, 17,97%), candidat PS d’union de la gauche de se maintenir était connue dès dimanche soir, des appels aux désistements ou même à une entente avec le maire (DVD) Gérard Daudet ont émergé. En vain. Le premier magistrat (38,16%) devra batailler férocement pour rattraper la députée RN Bénédicte Auzanot (43,91%).

  • À Gap, la gauche unie se lance pleinement dans la bataille

    À Gap, la gauche unie se lance pleinement dans la bataille

    Numériquement, la victoire est à la portée de cette nouvelle équipe. L’Union pour Gap d’Élie Cordier a récolté 26,9% des voix au premier tour, dimanche, et Ambitions pour Gap 2026, le mouvement citoyen emmené par Charlotte Kuentz, 18,6% des suffrages. Ensemble, ils atteignent donc un niveau très proche de celui du maire sortant, Roger Didier (DVD), crédité de 40,5% des suffrages.

    Deux équipes ancrées sur le terrain

    Ils peuvent même le devancer légèrement, à condition toutefois de réussir à rassembler à nouveau les électeurs qui les ont soutenus au premier tour, auxquels pourraient s’ajouter les 2,9% recueillis par Jacques Patron (LFI). « On appelle à une mobilisation massive pour ce dimanche, scandait Élie Cordier, lundi, devant la préfecture. On invite toutes celles et ceux qui veulent un nouveau souffle pour la ville à se mobiliser électoralement. »

    Le scrutin s’annonce serré et chaque voix comptera. La nouvelle liste a déjà annoncé une réunion publique jeudi à 18h30 au Tempo, à Gap, en présence des deux équipes. Ce mardi, elles étaient réunies au local de campagne d’Élie Cordier pour identifier les zones d’abstention et définir les principaux axes de travail pour les quelques jours restant avant le second tour. Le but est de mobiliser tous les électeurs de gauche et, au-delà, tous ceux qui souhaitent une alternance. Porte-à-porte et tractage sont déjà prévus tout au long de la semaine. Un travail conforté par une certaine proximité d’idées pour la ville, même si les deux listes proviennent de structures différentes. « Il y a beaucoup de points de convergence entre nos deux projets, insistait Élie Cordier, lundi. Ce n’est pas un accord entre deux personnes, mais une dynamique collective entre deux équipes. »

    Le défi de l’alliance sera donc de mener la campagne ensemble, chacun conservant son mode de fonctionnement propre. L’avantage est que les deux groupes travaillent depuis plusieurs années sur le territoire. L’équipe d’Élie Cordier peut s’appuyer sur la force vive des trois partis unis de gauche qu’il représente (Parti communiste, Parti socialiste et Écologistes), et qui a lancé sa campagne il y a un an et demi. Le mouvement Ambition pour Gap 2026 est, quant à lui, solidement implanté localement et suit déjà de nombreux dossiers au conseil municipal, où il est présent comme groupe d’opposition depuis 2020. Ce second tour verra donc une triangulaire, avec le maintien de Raphaël Leroux (RN), qui a récolté 10,9% des voix au premier tour.

  • À Hyères, Giran s’allie à l’extrême droite

    À Hyères, Giran s’allie à l’extrême droite

    Les défections de ses anciens adjoints n’annonçaient rien de bon. Et effectivement, le maire sortant de Hyères, Jean-Pierre Giran (LR) ne s’est vu créditer que de 21,31% des voix et a dû se contenter de la seconde place derrière son ancienne adjointe au commerce et à l’animation. Véronique Bernardini, tête de la liste DVD Hyères ensemble a en effet capté 26,94% des suffrages.

    Troisième place sur la liste

    Deux autres listes ont également réalisé des scores leur permettant d’être au second tour : celle d’extrême droite Jean-Michel Eynard-Tomatis (L’avenir Hyérois) avec 19,49% des voix et celle du centriste Nicolas Massuco (Hyères avenir) avec 15,93%. Deux dernières listes étaient sous la barre des 10% : Hyères unie à gauche de Caroline Moulin qui a fait 7,86% et, enfin, celle du candidat ciottiste François Cornileau. Son Union des Hyérois a fait 8,47%. Suffisamment pour fusionner. Et Jean-Pierre Giran a sauté sur l’occasion, avec une fusion annoncée mardi soir. « Un rassemblement avec la liste de Cornileau, dans un seul but agir pour Hyères et les Hyérois », plaide-t-il dans un communiqué avant de souligner qu’« ils partagent la même vision d’Hyères et le même amour des Hyérois ».

    Ancien adjoint de Giran au poste, le jeune François Cornileau a déjà connu plusieurs étiquettes : le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, Les Républicains tendance Retailleau et enfin l’Union des droites pour la république lancée par Ciotti en 2024. Un sacré pedigree.

    Si l’actuel président de la Métropole reste tête de liste, François Cornileau prend la troisième place et a imposé la présence de 12 des siens, le nombre « d’historiques » de la liste Gardons le cap se réduisant à 33.

    Une manière de préparer des alliances pour la future présidence de la Métropole, Toulon Provence Méditerranée, sachant que la ville centre est ciblée par l’extrême droite ? Alors même que le président de la fédération LR varoise, Jean-Louis Masson qui avait soutenu Michel Bonnus, vient de dire qu’il « souhaitait la victoire de Josée Massi » à Toulon ?

  • Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans quatre des cinq plus importantes villes du Var, les progressistes n’ont pas passé le premier tour. Il n’y a qu’à La Seyne où Stéphane Sacco, 4e, ira au second tour, maintenant sa liste malgré la menace de l’arrivée du RN, pour conserver une voix de gauche à la mairie. À Draguignan, où tout était à faire après 12 années de quasi-disparition de la gauche et des écologistes, il n’y avait guère d’illusion. « On partait de 0, donc 8,4%, c’est une étape, même si on aurait préféré passer les 10% », analyse la tête de liste (Les Écologistes) d’Uni.es pour Draguignan Christophe Terras, qui a pu jauger « la nécessité de l’union. La division aurait donné un très mauvais résultat. On va continuer de travailler sur cette dynamique. Il reste beaucoup de travail qu’on n’a pas pu faire en un an », affirme-t-il avec optimisme.

    Peu d’illusions à Fréjus, également, où la réélection de David Rachline (RN) au premier tour, quasi certaine avant le scrutin, a ironiquement permis à « Fréjus Riposte » de sauver le siège qu’elle détenait au conseil municipal. À Toulon, en revanche, ne pas passer la barre des 10% représente une sacrée déception. Certes, Magali Brunel réalise un score proche de celui de Guy Rebec en 2020 (8,38% contre 9,12). Mais ce dernier avait bénéficié de la victoire au premier tour d’Hubert Falco pour obtenir trois sièges, ce qui n’est pas le cas cette année puisque l’élection se jouera en deux tours. Et malgré sa « main tendue » à Josée Massi, celle-ci ne l’a pas saisie, ce que « regrette » le collectif, qui ne sera donc plus présent dans l’opposition municipale, mais promet de « continuer à porter ses propositions dans l’intérêt des Toulonnais et des Toulonnaises ».

    Déceptions à Sanary et St-Cyr, espoirs au Pradet et à La Garde

    À Hyères, il y aura un second mandat de suite sans élu de gauche. La liste d’union conduite par Caroline Moulin (Les Écologistes) ne franchit pas le premier tour, comme Philippe Dao en 2020, mais affiche une légère progression (7,86% contre 6,63) et une dynamique enclenchée.

    Il est des endroits où le cœur est plus lourd. À Sanary, Jean-Pierre Meyer (PCF), qui avait ramené la gauche au conseil municipal 12 ans après sa disparition, n’a pas pu réitérer cette performance. « Avec 76 voix de plus nous pouvions être au second tour. Mais ce résultat n’efface pas notre belle progression depuis 2014 » positive le candidat, qui veut continuer de favoriser le « vivre tous mieux à Sanary, y compris sans élu, même s’il faudra parler plus fort ». Situation similaire à Saint-Cyr, sevré de ses deux élus de gauche, où la communiste Sylvie Vinceneux veut poursuivre « le combat pour la justice sociale, la solidarité, la paix, la transition écologique et le pouvoir d’achat par d’autres voies ».

    Pas davantage de réussite à Six-Fours, où la liste de Pascal Cabras ne verra pas le second tour. Notons cependant des éclaircies au Pradet, où le Printemps Pradétan de Laurent Bailloux sera au second tour, tout comme la liste (apparentée DVG) de Julia Peironet-Brémond à La Garde, qui, avec 30,65%, n’est qu’à 793 voix de la maire sortante Hélène Arnaud-Bill (LR).

  • Josée Massi en appelle à la mobilisation générale à Toulon

    Josée Massi en appelle à la mobilisation générale à Toulon

    « Nous sommes dans un moment grave, chacun doit prendre ses responsabilités », commence mardi matin, devant la presse, la maire sortante sans étiquette, Josée Massi. Elle veut s’adresser aux Toulonnais avec « clarté » et « sérénité ».

    La candidate rappelle le désastre de 1995 lorsque Toulon s’est livrée au Front national. Le Port du Levant a en effet déjà cédé aux sirènes de l’extrême droite et s’y est retrouvé écrasé sous un déluge de corruptions et malversations. Un poison que la ville a mis deux décennies à évacuer, tant le naufrage moral et économique avait été gigantesque, avec un centre-ville dévasté.

    Un passif que la candidate porte-parole du RN, Laure Lavalette, refuse d’endosser prétendant même mal connaître cet épisode. À cela, Josée Massi lui conseille de s’adresser à l’un de ses propres colistiers, Franck Giletti, qui faisait déjà partie de l’équipe du maire frontiste Jean‑Marie Le Chevallier, le fossoyeur de la ville. Et de poursuivre : «  C’est grâce au travail de la majorité municipale durant ces 25 ans que nous avons redressé la barre collectivement. Nous avons redonné la fierté à la ville, sa prospérité économique, je vous rappelle qu’on est une des villes les mieux gérées. »

    Mais tout cela peut s’arrêter dimanche, prévient Josée Massi, si la digue, en conscience cette fois, venait encore à céder, et une majorité de Toulonnais se laisser abuser par des « promesses intenables ». Ou tout simplement refusant de mener le combat. Prêts à un nouveau sabordage aux effets démultipliés.

    Pour l’intérêt général

    Pour l’éviter, un véritable sursaut sera nécessaire. La première magistrate invite donc les citoyens à regarder précisément les programmes de chacun et à venir la rencontrer, elle et son équipe, pour en discuter et en débattre.Et d’ajouter : « Toutes les préoccupations des Toulonnais m’intéressent. Je veux le dire avec force : mon cap, c’est Toulon et l’intérêt général. »

    La candidate veut donc continuer, comme elle le fait depuis le début de la campagne, à convaincre en s’appuyant sur un projet et la droiture de sa personne. Sans coups bas ni mises en scène, contrairement à la diva des plateaux qui cache la vacuité de son programme par une ironie agressive.

    Mais, attention, la correction ne signifie pas se laisser faire. Elle envoie donc : « Je vis à Toulon, j’ai grandi à Toulon, c’est une ville où j’habite encore. Je ne crois pas que ce soit le cas de mon adversaire qui prétend connaître une ville qu’elle a décidé de quitter. » Élue au conseil municipal en 2020, la candidate du parti à la flamme a en effet choisi de démissionner pour partir à la Région.

    Josée Massi rappelle qu’il ne s’agit ni d’une élection nationale ni d’un concours de notoriété, mais bien de « choisir pour Toulon une équipe capable de gouverner, de décider et de protéger sans idéologie, ni en opposant l’économie au social, ou le centre-ville aux quartiers, et encore moins la sécurité à la liberté ».

    L’urgence aujourd’hui est donc, dit-elle, de « se rassembler pour ne pas laisser les Toulonnais se laisser abuser par des récits simplistes, les provocations permanentes et les postures de Laure Lavalette », en appelant à toutes les bonnes volontés, quelles que soient leurs sensibilités.

    L’occasion de rappeler que Toulon, en agissant de la sorte, a sauvé l’honneur du département en 2024 aux élections législatives en envoyant à l’Assemblée nationale le seul député varois n’appartenant pas à l’extrême droite. Pour être plus précis, c’est le peuple de gauche qui a fait le job. Et il le fera à nouveau, dimanche, toujours viscéralement du côté de la résistance.

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Notre fusion est essentielle pour gagner à Aubagne »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Notre fusion est essentielle pour gagner à Aubagne »

    La Marseillaise : Ce meeting est charnière : il acte la fusion de vos listes, au cœur d’une courte semaine de campagne de second tour. Quelle forme ce rendez-vous va-t-il prendre et quel message souhaitez-vous adresser aux habitants ?

    Jean-Pierre Squillari : Nous allons tous les deux prendre la parole à ce meeting, d’abord Giovanni Schipani, puis moi. Nous allons naturellement commencer par revenir sur les raisons pour lesquelles nous avons décidé de cette fusion. Il s’agit aussi de réinsister sur le danger que représente Gérard Gazay, avec le risque qu’il arrive à se maintenir à la mairie, et celui de Joëlle Mélin, avec le risque qu’elle accède aussi à la mairie. On va parler de notre stratégie afin d’empêcher que cela arrive.

    Justement, quelle est cette stratégie ? Comment allez-vous mener campagne pendant ces quelques jours ?

    J.-P. S. : La liste a été déposée hier [lundi] en préfecture, avec huit colistiers de la liste Aubagne mérite mieux qui nous rejoignent. Dès ce matin, nous avons commencé, notamment avec la tractation. Nous faisons campagne ensemble, avec une seule et même équipe de militants sur le terrain. Avec ce brassage, nous étions facilement une trentaine sur le marché, ce mardi matin. Et on va continuer exactement de la même manière, comme ce qu’on a appliqué pendant la campagne : nous avons un calendrier de rendez-vous pour mobiliser et tracter toute la semaine. Nous allons aller devant trois, voire quatre écoles, dès ce mardi soir. Pour les marchés, avec la trêve électorale, nous ne pourrons rien faire ce week-end, mais nous étions présents à celui de ce matin, et serons probablement sur celui de jeudi. L’avantage, c’est qu’on est deux fois plus.

    Que diriez-vous à un électeur qui doute de ce rassemblement ? Quels sont les arguments ayant mené à cette décision ?

    J.-P. S. : L’argument principal, c’est que nous voulons chasser Gérard Gazay de la maison et que nous ne voulons absolument pas que Joëlle Mélin y entre. C’est celui-ci l’argument choc, parce que sans fusion, nous n’y arriverons pas à Aubagne. La fusion est essentielle pour gagner. Autrement, nous ne sommes que des spectateurs. Et puis, ce rassemblement est tout à fait naturel, puisque nous avons le même langage. Nos deux programmes se ressemblent, à quelques nuances près bien entendu, mais il y a beaucoup de similitudes.

    Par exemple ?

    J.-P. S. : Nous avons tous les deux mis au centre de nos préoccupations la revitalisation du centre-ville, l’arrêt de la bétonisation, ou encore la construction d’une halle dans le centre-ville. Nous voulons aussi instaurer des tables rondes avec les commerçants afin de trouver des solutions à la fermeture incessante de tous ces magasins et attirer de nouvelles enseignes à Aubagne. Ces choses-là étaient sur le programme de Monsieur Schipani, et sont des points majeurs d’accord entre nous. Et puis, pour les quelques différences qui existent évidemment, nous allons les aplanir en discutant. Et cette discussion, nous sommes tout à fait prêts à l’avoir.

    Seulement une journée après l’annonce du rassemblement, quels retours avez-vous déjà reçus des habitants et de vos soutiens sur ce choix de fusion ?

    J.-P. S. : Nous avons de très bons retours. Encore ce mardi matin, au marché, beaucoup de personnes nous ont dit qu’ils considéraient qu’il s’agissait d’une fusion intelligente. Beaucoup d’habitants comprennent ce choix commun et sont enthousiasmés par ce rassemblement de nos deux listes pour Aubagne.

    Meeting de campagne de Jean-Pierre Squillari et Giovanni Schipani, ce mercredi 18 mars, à 18h30, à la salle du Bras d’or.

  • [Entretien] Marc Pena : « À Aix, il faut l’unité face à Sophie Joissains et au RN »

    [Entretien] Marc Pena : « À Aix, il faut l’unité face à Sophie Joissains et au RN »

    La Marseillaise : Vous organisez un premier meeting, ce mercredi, au centre de congrès. Quel est son objectif ?

    Marc Pena : Mercredi, on sera à trois jours de la fin de la campagne du second tour. On attend à peu près 450 personnes. On est en train de mobiliser un maximum pour que les gens viennent. Ce meeting va servir à rassembler. J’ai remarqué le très fort taux d’abstention, de plus de 50%, qui explique en partie ce résultat. Le grand vainqueur de cette élection, c’est l’abstention. On va essayer de mobiliser les gens à aller voter. On doit arriver à gagner cette élection.

    Pour y parvenir, quelle est votre stratégie face à une maire sortante largement en tête ? Sur quelles réserves de voix comptez-vous ?

    M.P. : On a déjà une réserve de voix claire du côté de la gauche radicale : Mounir Ben-Ammar, qui conduisait une liste REV et qui a fait moins de 5%, me soutient officiellement. Avec LFI, on ne fait pas de liste commune, ils ne peuvent plus se maintenir étant à 8%, donc j’espère qu’ils vont appeler à un barrage contre le RN et pour chasser Sophie Joissains. Parmi ces réserves de voix, on compte aussi les abstentionnistes, ainsi que ceux qui ont voté Philippe Klein [11%] et qui en ont marre de la politique clientéliste de la maire sortante.

    Vous voulez unir en construisant un front contre Sophie Joissains et le RN ?

    M.P. : Oui, le mot d’ordre est l’unité face à Joissains et au RN. La maire sortante a fait un gros score [39,4%], mais rien n’est joué. Si les abstentionnistes se réveillent et si les réservoirs potentiels s’expriment à travers notre liste, on peut gagner. Ces 25 dernières années, la même famille a gouverné. Beaucoup d’habitants le vivent comme une fatalité et ne vont pas voter. On dit que les Aixois l’ont choisi, mais la vérité, c’est que 25 ans à la mairie, ça permet de mettre en place des réseaux, des clientèles, des obligés de la mairie et de Madame Joissains qui ont peu d’autonomie. Ce sont des propos lourds que je prononce, mais c’est la réalité. On en dénoncera certains dans ces deux meetings. De plus, l’ensemble des forces de progrès doit s’opposer à la liste RN de Monsieur Geiger [15,9%]. Ils ont fait suffisamment pour être au second tour et représentent un grand danger pour l’avenir de la ville.

    Vous avez annoncé un second meeting, jeudi, au Jas-de-Bouffan. Pourquoi ce quartier ?

    M.P. : Il se tiendra à la salle des Cèdres au Jas-de-Bouffan. Aix ne se limite pas au centre-ville et aux allées provençales, comme le croient certains, notamment les Joissains. Il y a les quartiers populaires et les villages aussi. Jas-de-Bouffan est une ville dans la ville, avec 35 000 habitants. Si on n’écoute pas ces gens, si on ne leur redonne pas d’espoir, ce sont simplement la colère et la frustration qui s’exprimeront, d’abord en ne votant plus, et demain peut-être par des tensions sociales plus importantes. C’est notre vocation, en tant que gauche, de représenter les classes populaires. On veut accueillir un maximum de personnes pour se rassembler en vue d’une victoire.

    Meeting mercredi 18 mars à 19h au centre de congrès d’Aix-en-Provence ; meeting jeudi 19 mars à 19h à la salle des Cèdres