Category: accueil-third

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.

  • L’OM en pleine préparation de la prochaine saison

    L’OM en pleine préparation de la prochaine saison

    La première étape de la reprise olympienne est terminée.

    Bruno Genesio, une semaine après sa prise de fonction, avait emmené un groupe de 23 éléments pour un séjour éclair en Côte d’Ivoire, ponctué par un premier match de préparation. Si partir à l’étranger n’est pas une surprise, les Marseillais sont habitués à se préparer loin de la Commanderie en période de reprise. Et même en cours de saison, avec les fameuses « retirada » mise en place par Roberto De Zerbi.

    La surprise était plutôt la durée du séjour. À savoir 72 heures chrono, ce qui est peu pour un véritable stage, compte tenu du temps de voyage et du décalage horaire entre Marseille et la Côte d’Ivoire.

    Relancer le partenariat

    Cette parenthèse a plus été vue comme une reprise de contact avec un partenaire qu’une véritable séance de préparation. Il y a trois ans, l’OM avait signé un contrat liant le club à Sublime Côte d’Ivoire, le programme national de promotion touristique du pays de l’ouest africain. Mais si les aides financières sont venues côté ivoirien, la contrepartie marseillaise a tardé. L’échange prévoyait en effet que chaque année, l’OM se rende en Côte d’Ivoire pour assurer des échanges et participer à un match amical.

    En répondant, enfin, à cet appel, le club olympien a ainsi remis en route une dynamique qui risquait de s’arrêter. Le groupe emmené par Bruno Genesio a donc passé trois jours sur place. Participé à des rencontres avec les supporters locaux, découvert la culture locale, en prenant part à des animations et en visitant une fabrique de chocolat, une des richesses ivoiriennes.

    L’OM a surtout disputé son premier match de préparation. Face à Yamoussokro, équipe de la capitale évoluant en Ligue 2 locale. Un premier galop qui a permis à Bruno Genesio de tester quelques jeunes, et voir à l’œuvre les joueurs revenant de prêt (Neal Maupay, Angel Gomes ou encore Faris Moumbagna) afin de se faire une idée sur ceux qui pourraient rester.

    Au final, l’OM s’est imposé 3 – 0, avec des buts de Neal Maupay, Ange Lago et Faris Moumbagna.

    Les Marseillais sont rentrés au pays et vont enchaîner. Avant un autre séjour à l’étranger, du côté de Zeist aux Pays-Bas, un match amical, à huis clos à la Commanderie, est annoncé face à Nice, samedi 25 juillet. L’OM qui jouera ensuite un match au Vélodrome, contre l’Athlétic Bilbao, le 9 août. Quant au mercato, il est en cours, avec trois départs : Hamed Traoré, Mason Greenwood et Pierre-Emerick Aubaméyang.

  • Les échecs passent à la vitesse supérieure

    Les échecs passent à la vitesse supérieure

    Au numéro 7 de la rue Papety, dans le 7e arrondissement de Marseille, le siège de Marseille-Échecs a des allures de ruche. Le club vient d’achever la meilleure saison de son histoire. Troisième du Top 16, l’équivalent de la Ligue 1 des échecs, il a tenu tête à des structures disposant parfois d’un budget « deux fois supérieur » au sien. Dans le même temps, ses jeunes licenciés ont enchaîné les performances de prestige, décrochant des titres de champions de France, d’Europe et du monde. Ils ont également remporté le Top Jeunes, la compétition de référence en matière de formation. « On a réalisé une saison exceptionnelle en termes de résultats », se réjouit Laurie Delorme, présidente de Marseille-Échecs et vice-présidente de la Fédération française d’échecs. Ancienne joueuse professionnelle formée à Créteil, elle a rejoint le club phocéen en 2006 comme animatrice et entraîneuse, avant d’en prendre la présidence en 2018.

    Huit ans plus tard, la dirigeante estime que la structure est arrivée à un tournant de son développement. « On a un besoin de plus en plus important en matière d’accueil et d’accompagnement des jeunes, qu’ils soient dans une pratique de haut niveau ou d’initiation », explique-t-elle. L’association compte aujourd’hui près de 650 adhérents, auxquels s’ajoutent les 1 200 écoliers accueillis chaque année dans le cadre de ses actions sociales et éducatives.

    Cette montée en puissance s’inscrit dans un engouement plus large pour les échecs, amorcé pendant la pandémie de Covid-19. Les parties en ligne se sont multipliées sur les plateformes spécialisées, tandis que les retransmissions de grands maîtres ont cumulé des millions de vues sur les sites de streaming. Dans le même temps, le succès de la série Le Jeu de la dame a également contribué à démocratiser la discipline et à susciter des vocations à travers le monde.

    Porté par cette dynamique, Marseille-Échecs connaît une croissance supérieure à la moyenne nationale. En quelques années, son nombre de licenciés a été multiplié par quatre et les femmes représentent désormais 33 % de ses effectifs. « Aujourd’hui, on commence à avoir des difficultés à répondre à la demande », constate Laurie Delorme. La principale limite est désormais matérielle : le club manque d’espace pour poursuivre son développement. Faute de place, il loue le centre municipal d’animation Saint-Georges, situé quelques rues plus haut, afin d’accueillir son stage Excellence.

    Deux ovnis au quotidien

    Dans cette autre petite salle, le silence règne autour des échiquiers de Luca Protopopescu et Marc Llari, âgés respectivement de 10 et 12 ans. Mais derrière leur jeune âge se cachent déjà des palmarès qui feraient pâlir nombre de joueurs confirmés. Luca est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à franchir la barre des 2 200 points Elo, à l’âge de 9 ans et 5 jours.

    En 2025, il a décroché les titres de champion d’Europe (-10 ans) et de champion du monde (-9 ans), tandis que Marc est déjà triple champion du monde, avec des sacres obtenus en 2022, 2025 et 2026. « Ce sont des enfants spéciaux », résume Mert Erdodgu, grand maître international turc qui travaille chaque semaine avec eux. Il est l’un des trois seuls entraîneurs en France à détenir la certification de la Fédération internationale des échecs.

    « Ils savent que c’est en travaillant qu’on réussit. Ils n’hésitent pas à fournir les efforts nécessaires. Comme ils sont encore jeunes, il y a forcément parfois des moments plus compliqués. Mais, au final, ils font ce qu’il faut pour progresser. C’est comme ça qu’ils ont réussi. Je vous assure que ce n’est pas un hasard : ils consacrent énormément de temps à leur passion », poursuit le Smyrniote, très impliqué dans la formation des jeunes talents aux côtés du grand maître international Pierre Laurent-Paoli. « Il faut beaucoup réfléchir et il y a toujours des choses à apprendre », souligne Marc avec son accent du Sud-Ouest, hérité de ses origines paloises. Très loquace, à côté d’un Luca très discret, le jeune Llari affiche déjà une ambition claire : devenir un jour grand maître international.

    CHIFFRES

    91 000

    La Fédération française des échecs (FFE) connaît une croissance historique : elle comptait plus de 91 000 licenciés au cours de la saison 2025-2026, contre environ 70 000 un an plus tôt, soit une progression de plus de 30 % en un an.

    31 %

    Près d’un tiers des licenciés de la Fédération française des échecs sont des enfants de moins de 10 ans (28 000).

    5 millions

    Selon la Fédération, près de 5 millions de Français savent jouer aux échecs, sans être inscrit dans un club pour autant. Un succès survenu lors du Covid et à la sortie de la série « Le Jeu de la Dame ».

    Des tables publiques à Marseille

    Pratique urbaine largement répandue aux États-Unis, où les parcs sont souvent équipés de nombreuses tables d’échecs, ce jeu ne bénéficie pas de la même visibilité en France. Marseille ne fait pas exception : la cité phocéenne ne compte que quelques tables publiques. Pourtant, les Marseillais manifestent un réel intérêt pour cette discipline, comme en témoignent les nombreuses propositions déposées dans le cadre du budget participatif de la Ville. Soumis au vote, un projet d’installation de nouvelles tables d’échecs est ainsi prévu dans le secteur des 1er et 7e arrondissements d’ici à 2027. Par ailleurs, la Ville de Marseille, consciente de l’engouement, fête ce lundi (de 17h à 21h) la journée mondiale du jeu d’échecs et propose, pour cette septième édition, un événement ludique, gratuit et ouvert à tous sur la place du Général-de-Gaulle.

  • Des quartiers évacués face à un violent incendie aux Arcs

    Des quartiers évacués face à un violent incendie aux Arcs

    Le feu de forêt s’est déclaré aux alentours de 15h30, sur la commune de Taradeau, située au nord de Vidauban et à quelques kilomètres à l’ouest des Arcs. Le département du Var était d’ailleurs en vigilance feux de forêt, à cause à la fois de la canicule et des rafales de mistral, allant jusqu’à 50 km/h, l’accès à l’ensemble des massifs forestiers étaient interdits.

    Le feu a « très rapidement progressé, brûlant 60 hectares de végétation à l’est du village de Taradeau, une saute de feu a atteint la commune des Arcs, toute proche, où 120 hectares ont brûlé », précisait la préfecture dans un point de situation effectué en début de soirée, dimanche.
    « Il y a deux difficultés pour le moment, expliquait le préfet du Var, Simon Babre, au micro de nos confrères de BFM TV, le feu a attaqué une zone périurbaine, et ce ne sont pas les mêmes techniques d’intervention qu’en forêt. (…) Le travail des sapeurs-pompiers est compliqué de par la dissémination des foyers et des fronts. Ensuite, nous avons eu des sautes de feu, de Taradeau aux Arcs, à la voie ferrée, ce qui a demandé d’interrompre la circulation des trains. »

    Circulation des trains stoppée

    Des ordres d’évacuation ont été lancés en début d’après-midi aux habitants de plusieurs hameaux et quartiers : Château Saint-Pierre, Font du Loup et Plateau des Aires ont été évacués avec l’aide des gendarmes. à Taradeau, une dizaine de maisons l’ont également été et des centres d’accueil ont été ouverts dans chacune des communes. Les habitants ont pu rejoindre leur maison en milieu de soirée.

    Outre la circulation des trains qui a été coupée entre Toulon et les Arcs dans les deux sens, plusieurs voies de circulation routière ont également été coupées autour des deux communes concernées avec la mise en place d’une déviation.

    En fin d’après-midi, plus de 600 sapeurs-pompiers étaient à pied d’œuvre, avec 210 véhicules et le soutien de 5 canadairs, 4 hélicoptères bombardiers d’eau dont un hélicoptère lourd et deux avions Dash. Des renforts des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Bouches-du-Rhône, et des Alpes-Maritimes avaient rejoint le dispositif de lutte.

    En début de soirée, « le feu baisse en intensité », indiquait la préfecture du Var, considérant « l’évolution favorable si les conditions météo se maintiennent », précise-t-elle, prudente. Selon un premier bilan, quatre maisons ont été brûlées par les flammes et 9 ont été impactées. De plus, jusqu’à 300 foyers ont été privés d’électricité sur la commune des Arcs, « les équipes d’Enedis intervenant au fur et à mesure de l’évolution de la situation », stipule la préfecture.

    Enfin, à 22h30, la situation était toujours « favorable », mais le feu non encore fixé. « Les opérations vont se poursuivre pendant toute la nuit pour éteindre tous les foyers résiduels », précisait la préfecture.

  • Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier, président de la Région Sud, annonce ce samedi porter plainte contre le quotidien Nice Matin. Celle-ci fait suite à l’affaire dite du « chalet ». Pour rappel, le 15 juillet dernier, le journal faisait paraître un article rapportant l’ouverture à Marseille d’une enquête pour prise illégale d’intérêt « concernant l’employé de maison de Renaud Muselier ». L’article fait suite à un précédent, paru le 5 juillet, le quotidien avait déjà révélé « un signalement adressé au procureur de la République de Marseille accuse Renaud Muselier, le président de la Région Sud-Paca d’avoir fait salarier l’employé de son chalet par une agence de communication attributaire d’un marché public ». Des faits que Renaud Muselier a maintes fois contestés. L’affaire, a ensuite été largement reprise par la presse locale et internationale. « J’ai mis en demeure tous les médias qui ont relayé de fausses informations de les retirer, annonce Renaud Muselier par voie de communiqué de presse. J’ai enfin demandé des dommages et intérêts de 2 millions d’euros à Nice Matin pour propagation de fausses informations et 1 million d’euros à tous les médias qui les ont relayées. » Le président de Région indique, dans un second communiqué « prendre l’engagement public que les sommes dont devront s’acquitter les diffamateurs seront intégralement reversées aux associations agissant dans les sports paralympiques. » Dans un autre communiqué, ce jeudi 16 juillet, la Région rappelait « faire de la prévention et de la lutte contre les atteintes à la probité une priorité de son action publique ». « Je réaffirme toute ma confiance dans notre rédaction, son professionnalisme et sa rigueur », a officiellement déclaré de son côté Simon Perrot, directeur général du groupe Nice-Matin. « Nous laissons désormais la justice faire son travail. »

  • À Marseille Gilberto Bosques ouvrait la porte de l’espoir vers le Mexique

    À Marseille Gilberto Bosques ouvrait la porte de l’espoir vers le Mexique

    Il connaît parfaitement le parcours de Gilberto Bosques, le consul du Mexique en France, qui sauva des milliers de républicains espagnols en leur délivrant des visas pour le Mexique entre 1939 et 1942.

    Qui était Gilberto Bosques ?

    José Luis Morro : Gilberto Bosques fut professeur, journaliste et diplomate mexicain, né en 1892 à Chiautla de Tapia, Puebla. Il fut un combattant de la Révolution mexicaine et participa à la rédaction de l’article 3 de la Constitution mexicaine relatif à l’Éducation. Le Président du Mexique Lázaro Cárdenas, le nomma consul général en France en 1938. Il prit ses fonctions le 1er janvier 1939. Avec l’arrivée de dizaines de milliers de républicains espagnols durant les mois de janvier et février 1939, il entreprit la mission de visiter les camps où ils avaient été internés, les aidant à en sortir et à voyager vers le sol mexicain en leur délivrant des visas. Environ 25 000 d’entre eux purent ainsi se rendre au Mexique.

    À Marseille quelle fut son action pour aider les Espagnols, juifs et autres étrangers antifascistes ?

    J.L.M. : Avec la débâcle en juin 1940, Bosques transféra le consulat général à Marseille, inaugurant une période qui lui valut l’admiration pour son courage, sa dignité et sa grande humanité. L’accord franco-mexicain d’août 1940, fut utilisé par le consul pour intensifier l’aide envers ceux qui avaient tout perdu. Il loua deux châteaux, La Reynarde et Montgrand, où des centaines de républicains, d’antinazis et de juifs purent se mettre à l’abri des humiliations infligées par les collabos de Vichy et les phalangistes espagnols. Il parvint à faire sortir de Marseille des dizaines d’entre eux grâce à la « ligne de la Martinique ». Varian Fry, journaliste américain qui, depuis Marseille, a sauvé des centaines de Juifs et militants antinazis en les aidant à fuir, avait appris par Gilberto Bosques l’existence de cette voie maritime de salut. Il créa alors les célèbres « visas Bosques », un document indiquant que le réfugié était autorisé à voyager au Mexique dès que cela serait possible. Ce papier n’avait aucune valeur légale, mais il renforçait l’espoir des réfugiés de pouvoir embarquer vers une terre porteuse de nouvelles espérances.

    Quelles furent les circonstances de son arrestation par les Allemands ?

    J.L.M. : Tout cet engagement à aider les autres, entraîna son arrestation à l’ambassade de Vichy en novembre 1942, lorsque toute la France fut occupée. Il fut envoyé à Bad Godesberg près de Bonn, où il resta 14 mois. Il fut échangé en février 1944 contre des soldats allemands détenus aux États-Unis et au Mexique, puis envoyé à Lisbonne, où il embarqua sur un vapeur suédois à destination de Baltimore.

    Le 31 mars 1944, Gilberto Bosques, sa famille et les fonctionnaires diplomatiques arrivèrent à la gare de Buenavista, au Mexique, où des milliers de personnes les attendaient. La plupart étaient des personnes que Bosques avait aidées à échapper aux fascistes sur les terres dramatiques de la France de la Seconde Guerre mondiale.

  • [La guerre d’Espagne 3/3] Guerre, exil et résistance antifasciste

    [La guerre d’Espagne 3/3] Guerre, exil et résistance antifasciste

    Du 18 juillet 1936 jusqu’aux premières années de la « transition démocratique » après la mort de Franco le 20 novembre 1975, nombre de républicains espagnols exilés en France n’ont jamais cessé de mener la lutte antifasciste, ceux qui sont restés en Espagne, après la fin de la guerre ont subi la répression féroce, les emprisonnements, la torture, des dizaines de milliers ont été fusillés. Cette mémoire historique est racontée et transmise essentiellement par les familles et les descendants des républicains espagnols, par les associations mémorielles, et des historiens. Cependant, elle reste complètement occultée dans les livres d’histoire que ce soit en France ou en Espagne.

    À 90 années de distance, la guerre pour abattre la République espagnole, déclenchée le 18 juillet 1936 par le fascisme international et des généraux félons dont Franco, reste l’événement historique du XXe siècle à propos duquel sont produits aujourd’hui le plus d’études, de livres, de documentaires, qui soulèvent de nombreuses polémiques et aussi qui fait l’objet de diverses réécritures de l’histoire.

    Les historiens sont divisés entre ceux qui considèrent qu’il s’agissait d’une guerre civile, désignant les franquistes comme « nationalistes » mettant dos à dos victimes et bourreaux, et ceux, qui pensent plutôt qu’il s’agissait bien du prologue de la seconde guerre mondiale. Cette guerre d’Espagne, guerre d’indépendance contre le fascisme disaient les communistes espagnols, portait en elle tout ce que peut produire l’Humanité en bien ou en mal. La solidarité internationale avec les brigades internationales, la défense des valeurs de la République, mais aussi les trahisons, les luttes intestines qui opposaient ceux qui donnaient la priorité à l’union pour combattre le fascisme, et ceux qui pensaient que l’heure de la révolution était arrivée. Les uns, les communistes, étaient à l’origine de la constitution d’une armée populaire, et fervents défenseurs du « Frente Popular » et de la lutte antifasciste, les autres, notamment anarchistes et POUM voulaient faire de cette guerre, une guerre révolutionnaire.

    Mais, c’est bien l’intervention des forces fascistes et nazies, italiennes et allemandes en Espagne, accompagnée par la politique criminelle de non-intervention de la France et l’Angleterre, qui sont la principale cause de la chute de la République espagnole.

    En février 1939, les troupes franquistes appuyées par l’aviation italienne bombardent les populations civiles qui se dirigent vers la frontière française. De janvier à février un demi-million de républicains espagnols va traverser les Pyrénées. Plus de 200 000 vont être enfermés dans des camps de concentration sur les plages du Roussillon et en Afrique du Nord après le 31 mars. La France de la troisième République, va nommer Pétain comme ambassadeur auprès de Franco alors que la République continue de résister à Madrid et dans le centre. Le 31 mars 1939, après trois années de résistance héroïque le peuple espagnol va basculer dans une terrible dictature qui fera davantage de morts pendant les années d’après-guerre que pendant. On estime à plus de 100 000 les victimes du franquisme qui gisent dans des fosses et dont les familles sont toujours à la recherche.

    La nomination de Pétain à Burgos a été une ultime trahison de la France républicaine qui s’apprête à livrer le pays à Hitler. Un visage de la France loin de l’image qu’avaient les républicains espagnols du pays des droits de l’Homme. Comme il était prévisible, les nazis vont occuper la France, les républicains espagnols seront parmi les premiers à prendre les armes pour libérer le pays, aux côtés des résistants français poursuivant ainsi leur lutte contre le fascisme. Quelques décennies plus tard leur Mémoire nous appelle à la vigilance.

  • L’Art du chant français au festival d’Aix

    L’Art du chant français au festival d’Aix

    Daniele Rustioni à la tête de l’Orchestre de Lyon, instrument idéal, a le geste ample et expressif. Il dirige, danse presque, de tout son corps animé d’une passion communicative. Très attentif au chanteur, souvent tourné vers eux, il enveloppe la musique et fait sourdre toutes les plus fines nuances et en fait jaillir la violence éruptive. Ajoutez-y un chœur inspiré et parfaitement en place et ce Verdi-là est servi à la perfection.

    L’Hélène de Karine Deshayes est une prise de rôle. Elle joue à merveille de son colorature étincelant (le célèbre boléro) et d’une projection de voix généreuse dans les moments plus dramatiques. Elle se permet des pianissimi de toute beauté et des accents plus sombres pour un rôle qui annonce déjà une Elisabeth de Valois de Don Carlo. John Osborn, était le Duc dans Rigoletto à Marseille le mois dernier. Il offre un ténor lumineux, sans brutalité à Henri, l’amant déchiré entre sa foi amoureuse, sa patrie et son amour filial. Parfait pendant du Guy de Montfort magnifié par Insik Choi, longuement applaudi. Le baryton à la diction française exemplaire jouit d’un timbre clair et ouvert qu’on peut qualifier d’évident tant il semble ne jamais passer en force, refusant toujours le spectaculaire au profit des enjeux dramatiques. Il lance avec son « mon fils ! » toute l’humanité profonde de ce personnage de méchant traditionnel (je suis ton père !)

    L’autre baryton, Michele Pertusi, est Jean Procida, au fanatisme monolithique. Mais que ce vieux routier sait le rendre passionnant. Samy Camps, que le public marseillais avait applaudi dans un Loge de L’Or du Rhin dirigé par un autre grand chef italien Michele Spotti, fait un Danieli de haute tenue. Loin d’être de simples comparses, Niamh O’Sullivan (Ninetta), Ugo Rabec (Le sire de Béthune), Thomas Dear (Vaudemont), Ronan Caillet, Jusung Park et Grégoire Mour consolident de leur talent ce plateau idéal.

  • [L’esprit de 1936] Marseille, comme un laboratoire

    [L’esprit de 1936] Marseille, comme un laboratoire

    Marseille est un laboratoire dans le sens où le processus de réunification syndicale se nourrit des nombreux conflits qui éclatent à partir de février 1934 et anticipe la réunification nationale. Deux conflits jouent un rôle particulièrement important à cet égard :

    « La marche de la faim » des gueules noires du bassin minier de Gardanne (1935). Un millier de mineurs se rend en train à Aubagne, lieu de départ réel de la marche, aux cris de « du travail et du pain ». Selon les rapports de police, elle rassemble près de 3 000 personnes. Cette marche a été suivie par un nombre non négligeable de militants CGT et par de nombreux élus socialistes et communistes du bassin : Deleuil, Ami, Moustier, Julien, Négrel, Laget, Vidal, David etc. Une fois arrivés à Marseille, salle Ferrer, les ouvriers mineurs votent une motion demandant « à l’Union départementale confédérée, à la Fédération régionale et à la Fédération nationale confédérée du sous-sol, de s’unir sans retard avec les organisations unitaires pour la défense des ouvriers mineurs ». Dès le 27 octobre 1935, la CGT et la CGTU de Biver-Gardanne fusionnent ; le 5 novembre, un processus identique se produit à Meyreuil ; le 1er décembre, les mineurs de Gréasque réunissent à leur tour leurs syndicats. La grève des mineurs est la matrice de la réunification de la CGT.

    Le conflit du personnel de la manutention portuaire. Le 9 décembre 1935, 2 100 dockers se mettent en grève pour protester contre la diminution des revenus, justifiée, selon le patronat, par la réduction du coût de la vie. Très vite, les dockers de la CGTU, sous la direction de Victor Gagnaire, deviennent les éléments les plus actifs du conflit et écartent les deux anciens responsables sabianistes Nazzi et Ciavaldini. Ils mettent en place des piquets de grève pour éviter l’emploi de « jaunes », obtiennent l’appui des dockers de Port-de-Bouc et de Port-Saint-Louis-du-Rhône qui débraient à leur tour et paralysent ainsi l’ensemble du trafic portuaire. La situation est tellement tendue que le préfet décide d’intervenir. Le 16 décembre, à sa demande, il réunit la Commission chargée de mesurer l’évolution du coût de la vie et ses conclusions aboutissent à rejeter les baisses de salaires initialement prévues. L’issue favorable de ce conflit restructure le paysage syndical du port. Le 2 janvier 1936, le Syndicat unique des dockers est créé et c’est l’ex-unitaire Victor Gagnaire qui devient son premier secrétaire général. Le mouvement social portuaire se trouve ainsi radicalisé, et pour longtemps. Il devient, pour l’ensemble des salariés de la région, une référence essentielle, sans que pour autant tous les problèmes soient réglés.

    Malgré les tensions qui subsistent entre les instances départementales des deux CGT, la vigueur du mouvement social favorise la fusion syndicale qui paraît, désormais, inéluctable. Elle se produit officiellement les 4 et 5 janvier 1936, deux mois avant le congrès de réunification nationale qui se tient à Toulouse du 2 au 5 mars 1936. C’est en ce sens que l’on peut parler de la région marseillaise comme d’un laboratoire qui anticipe l’accord national.

  • [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    Nichée sur la colline de Saint-Barnabé, l’Auberge de jeunesse du Château Bois Luzy, dispose, en plus d’une centaine de places dans ses 18 dortoirs, de 20 emplacements pour tentes, et depuis les JO, de trois pour les camping-cars, au pied d’un château chargé d’histoire. On y vient, en groupe, entre amis ou en solo, pour une question de budget. Et on y revient pour « le cadre idyllique et l’accueil extrêmement chaleureux » assurent les amis de l’ovalie toulousains. « On doit un grand merci à la directrice, avoue Jérôme, je suis une quiche avec internet et au lieu de réserver une chambre pour six, j’avais cliqué sur quatre places en tentes non équipées ». Mais Fouzia Sujet, rodée depuis des années à l’accueil des Auberges de Jeunesse de Strasbourg à Marseille, n’est pas du genre à tomber le sourire devant le désarroi de la petite bande. « On trouve toujours une solution en cas d’urgence. On peut aller jusqu’à 30 emplacements de tentes pour deux à trois personnes, on a 15 tentes équipées. D’ailleurs ici, on met tous la main à la pâte ». Direction comprise.

    Aux manœuvres de ce superbe domaine depuis deux ans et demi, Fouzia met un point d’honneur à perpétuer « l’esprit de culture populaire des Auberges », épaulée par Eryne et une équipe de huit saisonniers fidèles au poste. De mars à octobre, Julien, Laurène et Marijn accueillent avec bienveillance, Kader, Lusine et Odette sont aux petits oignons pour les hôtes, quand Marie prépare les petits-déjeuners et Nabil et Alla veillent sur leur sommeil. Bientôt, « un miel de nos ruches s’étalera sur les tartines », annonce Fouzia devant une pancarte qui prévient de la présence de nouvelles reines installées au milieu des essences de la colline.

    Ouvert au quartier

    Sur la terrasse les hébergés débarrassent les tables des dernières reliques de leur repas. Les cuisines, la laverie, les sanitaires et la bibliothèque du château sont à disposition. Et, le mascaron aux armoiries du comte, les mosaïques du patio, les peintures des boiseries ou la ferronnerie des rampes d’escaliers, le site éveille l’intérêt patrimonial.

    Le camping, version vie de château « c’est plus sympa que l’hôtel, plus détendu, plus convivial. Hier, on a passé la soirée avec des gens de Clermont-Ferrand » s’enthousiasme Jérôme. C’est encore une manière pour des voyageurs venus de tous pays de rencontrer des Marseillais : « Fouzia ouvre les portes, pour des fêtes, des vide-greniers, du théâtre, des concerts, des cours de pilate… on est chez nous, ici » plébiscite Joëlle Rousson, enseignante retraitée, membre de l’Association Loisirs Bois Luzy. Sur le parking, un cycliste remonte en selle pour s’engager sur la piste. Pour les plus sportifs les plateaux de handball, football et volleyball mitoyens complètent ce tableau dont la seule ombre tient à une offre « peuchère » de transports en commun de la Métropole, déplore Joëlle.

    Tarifs en tente à partir de

    32,50 euros par jour pour une personne, 40 pour deux, petit-déjeuner inclus.