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  • [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    La vie te mène quelques fois d’un port à l’autre. La vie est comme une mer sur laquelle tu navigues sans boussole, sachant d’où tu pars, mais jamais où tu vas arriver, sur une mer calme et qui devient quelquefois agitée et à nouveau paisible, la vie quoi. Les ports m’ont toujours fasciné. Quand je me suis trouvé à Sète, journaliste localier pendant quelques années, j’ai découvert ce qu’était une ville portuaire. Chalutiers, thoniers, barques d’ostréiculteurs, ferrys, navires de croisière, catamarans et autres voiliers… apportaient à mon quotidien une jolie dose de rêveries. L’envie de larguer les amarres, de gagner le large chaque jour. Le rêve avait ses limites, celles de l’horaire du sacro-saint bouclage du journal… La ville vivait au rythme des embarcations qui accostaient et s’emplissaient de marins, touristes, de toutes nations, de toutes conditions. La Méditerranée fleurait bon dans toutes les rues de l’île singulière. Loin de Sète, j’en serai proche dans quelques jours pour assister à une grande fête populaire et maritime « Escale à Castellon » avec à la clé la chance de pouvoir assister à l’arrivée de « Via Méditerranéa » qui est la première grande traversée internationale reliant La Spezia en Italie, Sète en France et Castellon en Espagne. De majestueux voiliers traditionnels comme le Santa Maria Manuela, quatre-mâts portugais de 67 mètres, le Pascual Flores ou encore le Florette naviguent allant d’une fête maritime à l’autre. Après Escale à La Spezia qui s’est déroulée du 20 au 22 mars, c’est au tour d’Escale à Sète de recevoir jusqu’au 6 avril ces magnifiques voiliers historiques restaurés dans le respect de leur héritage maritime.

    La traversée se poursuivra ensuite pour rejoindre Escale à Castellon à compter du 9 avril. Quel bonheur, l’espace de quelques jours, de pouvoir se dire que la Méditerranée, loin du triangle des Bermudes puisse promouvoir le triangle de la coopération culturelle, entre les ports de trois pays si proches, favorisant le rapprochement et la meilleure connaissance des autres. Pourquoi ne pas imaginer que cette « Via Mediterranea », ouvre un jour la voie à d’autres escales, vers l’autre rive au Nord de l’Afrique portant, de port en port, haut le pavillon de la paix et de la fraternité… En attendant, ne boudons pas notre plaisir de voir que la Méditerranée peut-être, d’ores et déjà, un espace maritime d’échanges culturels, une découverte à chaque escale de musiques et danses traditionnelles, de gastronomie maritime, des navires du patrimoine local et international.

    Pour cette neuvième édition d’Escale à Castellon, les organisateurs attendent encore cette année 800 000 visiteurs à cette grande fête de la mer pour découvrir notamment une grande diversité de bateaux historiques. Parmi ceux-là le Nao Victoria, réplique de celui avec lequel Fernand de Magellan réalisa le premier tour du monde de 1519 à 1922, un des faits majeurs de la navigation dans l’histoire. La présence de ce bateau symbolise l’exploration, l’histoire navale et la rencontre des cultures. Castellon, escale finale de la « Via Mediterranea », accueillera donc les bateaux en provenance de La Spezia et de Sète, porteurs des traditions de chaque port rappelant que cette traversée n’est pas qu’une simple croisière, mais que la Méditerranée est un espace de partage, un lieu où les cultures se font écho, où les peuples se reconnaissent et peuvent construire ensemble l’avenir.

    Journaliste,

    président de l’Association pour le Souvenir

    de l’exil républicain espagnol

    (Aseref)

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Regards de Provence, le grand silence d’Albert Dubout

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Regards de Provence, le grand silence d’Albert Dubout

    Le tome quatre de son catalogue raisonné dénombre seulement 77 huiles sur toile ou sur bois. Entre autres, un David et Goliath de 1931 jovialement monstrueux et dissymétrique ainsi qu’un Autoportrait de 1938, ironique et songeur, deux toiles qu’on aperçoit au premier étage du Musée Regards de Provence.

    Dans ce très complet catalogue, des portraits d’amis, quelques natures mortes, des vues de village, des chats et des silhouettes burlesques – Don Quichotte, des petits-bourgeois vaniteux, une « Sous-maîtresse » pas du tout désirable et des vieilles matrones coiffées avec des chapeaux à fleurs – sont plaisants mais n’ont rien de miraculeux.

    Tableau bariolé et pointilliste

    En revanche, deux grands tiers de ces peintures sont consacrés à des silhouettes de matadors, aux courses de vachettes et aux corridas. Plusieurs des titres de ces toiles – « Le Moment des clarines », « l’Attente », « Monumental » ainsi que le rappel d’un très justement célèbre vers de Garcia Lorca – pointent la passion et le respect que Dubout pouvait éprouver en face des instants les plus tragiques de la corrida.

    Cet intraduisible de Lorca – « A las cinco de la tarde » n’est évidemment pas l’équivalent de « Cinq heures de l’après-midi – Albert Dubout en donne une vision à la fois ensoleillée et intranquille. Les bruissements de couleurs, les taches blanches, oranges ou bien rouges qui évoquent la foule sont interchangeables. Les hommes, les femmes et les enfants sont identiques. Les rumeurs et les ovations sont énormes, le souci du détail disparaît.

    Ce tableau bariolé et pointilliste laisse entendre que dans cette immense chorale, les rires et les sifflets peuvent soudainement s’interrompre. Dans ce gentil tournoiement de couleurs, au cœur de cette simplicité bon enfant, les lames et les découpes de la lumière sont d’ores et déjà omniprésentes. Les ombres pourraient brusquement grandir : la totale indécision de cet instant peut basculer du côté de l’insouciance de la fête, ou bien vers l’irrémédiable.

  • [Kallisté] Dio vi salve Regina

    [Kallisté] Dio vi salve Regina

    Au départ, un chant religieux italien ; composé entre 1676 et 1681 par Saint Francesco de Geronimo, prédicateur napolitain, c’est la paraphrase de l’hymne religieuse latine (Salve Regina) composée vers la fin du XIe siècle par Adhémar de Monteil. Les relations entre Naples et la Corse sont à l’époque assez étroites : des Corses vivent à Naples et des hommes d’église napolitains viennent prêcher en Corse. C’est alors que ce chant d’origine napolitaine se fait connaître en Corse. Au mois de janvier 1735, à la Consulta d’Orezza, est votée la Constitution démocratique de l’île de Corse, et la Corse est placée sous la protection de Marie. La Consulta choisit à cette occasion le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, comme jour de la Fête Nationale. Le chant devient en 1762 l’hymne national. Dans cette version, un nouveau couplet, écrit directement en langue corse, est ajouté.

    Évocation et puissance

    Il fait référence à la victoire sur les ennemis de la Corse et, par là, signifie la nouvelle fonction de ce texte : « Voi da nemici nostri (Sur nos ennemis) – A noi datte victoria (Donnez-nous la victoire)- E poi l’eterna gloria – (Et puis l’éternelle gloire) In paradisu – (Au Paradis) ».

    Gênes reprenant rapidement les choses en main, la plupart des chefs corses, dont le père de Pascal Paoli, sont contraints à l’exil, qui conduit la famille Paoli… à Naples ! Dans les années 1970, le chant connaît un regain de faveur dans la culture corse. Il est aujourd’hui pratiquement chanté à la fin de toutes les cérémonies, religieuses ou profanes, et interprété en polyphonie traditionnelle (paghjella) à trois voix. Il est même, parfois, de nos jours, utilisé à l’ouverture de certaines sessions de l’Assemblée de Corse.

    La qualité musicale, servie par le chant polyphonique, et la puissance évocatrice des paroles, expliquent sans doute l’attachement de toute une communauté à ce chant devenu la voix de notre île.

  • Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Vin de Pierrevert, compotes de Volonne, œufs de Mirabeau, miel d’Entrevennes… Le nouveau magasin de producteurs, ouvert depuis vendredi sur la zone industrielle Saint-Christophe de Digne-les-Bains, propose les produits locaux d’une soixantaine de producteurs du département. Quatorze d’entre eux se sont associés et ont investi dans la société (une SAS) pour faire naître ce projet.

    « Il est difficile de se faire une place et de trouver des endroits où vendre nos produits dans le département. J’étais obligée d’aller jusqu’à Aix, tous les marchés sont déjà pris », témoigne Alessia Anciaux Bach, éleveuse de chèvres à La Robine-sur-Galabre et présidente de la SAS Producteurs du Pays dignois, à l’origine du projet du magasin, appelé La Chèvre et le Chou. L’idée est d’ailleurs venue d’un producteur qui avait sollicité la Chambre d’agriculture, car il avait besoin d’un point de vente.

    Ici, chacun à tour de rôle, une trentaine de producteurs tiennent des permanences et travaillent dans le magasin, conseillent les clients et alimentent les rayons, deux demi-journées par mois. D’autres déposent juste leurs produits sans donner de leur temps et ont alors un taux de commission légèrement plus élevé (30% au lieu de 23%).

    Pratique et accessible

    « On a mis beaucoup de temps à trouver un local. Beaucoup étaient hors de prix, ou pas libres tout de suite. On a même fait une pause d’un mois et demi tellement on était démoralisés », se rappelle la présidente de la SAS. « On voulait que ce soit dans la zone industrielle Saint-Christophe, car on est très nombreux à être sur le marché, mais certains habitants ne peuvent pas y aller », explique-t-elle.

    « On a pas mal de producteurs dans les marchés, mais encore faut-il être disponible ! Ici, c’est plus proche de chez nous », abondent Eliane et Jean-Jacques, couple de retraités venus pour l’ouverture du magasin, contents de découvrir de nouveaux producteurs. Le magasin est facilement accessible et ouvert de 9h à 19h tous les jours, sauf le dimanche. Les travailleurs des alentours peuvent ainsi facilement y faire leurs courses sur leur pause déjeuner.

    Seuls quelques produits viennent d’autres départements voisins : des agrumes, du riz de Camargue ou encore des noix d’Isère. Dans les étalages, on trouve des fromages fourrés aux marrons, des produits de cosmétique à la lavande, des infusions de plantes locales, du safran de Provence, des fruits et légumes, des yaourts, et, à chaque fois, une photo et une présentation de l’agriculteur qui a produit les aliments proposés.

    2 avenue Gutenberg, Digne.

  • [Entretien] « Pour l’instant, le manchot royal s’adapte bien. Mais jusqu’où tiendra-t-il ? »

    [Entretien] « Pour l’instant, le manchot royal s’adapte bien. Mais jusqu’où tiendra-t-il ? »

    La Marseillaise : Dans une étude parue dans « Science Advances », vous montrez que la date de ponte
    du manchot royal a avancé de 19 jours en 24 ans…

    Céline Le Bohec : Oui c’est dû à des changements environnementaux induits par le réchauffement climatique. C’est énorme. Il est commun de voir des avancements de ce type –par exemple sur des populations de passereaux en Europe–, mais c’est généralement de l’ordre de trois jours par décennie.

    Comment se porte le manchot royal ?

    C.L.B. :Plutôt bien. Considérée comme stable, l’espèce est capable de s’adapter rapidement aux changements environnementaux. Mais jusqu’où cela ira-t-il ? Nous l’ignorons. D’autant qu’il existe des points de bascule au-delà desquels une population peut s’effondrer soudainement.

    Que disent les projections ?

    C.L.B. : Pour la population des îles de Crozet, les modèles océanographiques indiquent que des masses d’eau de l’océan Austral – dont le front polaire, où le manchot va chercher sa nourriture en été – se déplacent vers le sud. Or il est capital qu’il puisse s’alimenter près de son lieu de reproduction en été pour pouvoir nourrir régulièrement son poussin de quelques semaines. S’il veut « suivre » ce front polaire, le manchot devra donc trouver des endroits où nicher, sans glace, plus au sud. Seulement, malgré le réchauffement, les plateformes de glace seront toujours présentes autour du continent blanc pour plusieurs décennies car il y a de l’inertie. Donc cela ne tiendra pas. Et la population pourrait perdre près de 70% de ses effectifs d’ici la fin du siècle.

  • [Science] Bien soigné, bien nourri, le manchot vit plus longtemps mais vieillit plus vite

    [Science] Bien soigné, bien nourri, le manchot vit plus longtemps mais vieillit plus vite

    Sur l’archipel de Crozet, au sud de l’océan Indien, les manchots royaux vivent à l’état sauvage. Ils chassent pour se nourrir et survivent dans un environnement parfois hostile, en moyenne 13,5 ans. Dans les zoos de Zurich (Suisse) et de l’île de Tenerife (Espagne), leurs congénères en captivité sont logés et nourris. La vie est facile… et plus longue : près de 21 ans en moyenne. « La différence vient principalement des soins prodigués et de l’absence de prédateur », souligne Céline Le Bohec. Mais la chercheuse CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et au Centre scientifique de Monaco montre dans un article paru dans Nature Communications que, s’ils vivent plus longtemps, les manchots en captivité vieillissent aussi plus vite. « Le lien entre style de vie et vieillissement ne concerne donc pas que l’humain », insiste Robin Cristofari, chercheur à l’Institut de biotechnologie de l’Université d’Helsinki (Finlande) et premier auteur de l’étude.

    L’impact de la sédentarité sur le vieillissement est soupçonné chez l’humain, poursuit-il : « C’est difficile à établir car nous avons du mal à mesurer la sédentarité. » Car nos modes de vie varient en fonction des âges. Le manchot royal est un modèle plus simple. Et de choix, car il nous ressemble : il vit longtemps et a peu de descendants. De plus, il bouge beaucoup à l’état sauvage : « Il nage pour chasser et peut faire près de 1 000 kilomètres en une semaine », souligne Céline Le Bohec.

    Miroir

    Enfin, il peut jeûner pendant des semaines. Alors le contraste est fort avec ses congénères en captivité qui font peu d’exercice et ont un accès à la nourriture régulier et sans effort. Les comparer est donc idéal pour étudier l’impact de la sédentarité.

    Les marqueurs du vieillissement observés sont dans l’épigénome. C’est-à-dire au niveau des molécules qui se greffent sur l’ADN à proximité de certains gènes pour les activer ou pas. « Des changements sur des gènes liés au vieillissement apparaissent plus tôt chez les individus en captivité », explique Robin Cristofari. Par exemple des gènes qui régulent la division cellulaire et la croissance de l’organisme. « Ils sont connus chez l’humain comme des “horloges épigénétiques”, permettant de déterminer l’âge d’un individu », ajoute-t-il.

    Moyennant un petit peu d’activité physique et quelques périodes de jeûne, des manchots en captivité pourraient-ils vieillir moins vite et vivre tout aussi longtemps ? « J’en suis persuadé, estime Robin Cristofari. Nous essayons de le vérifier. » L’étude se poursuit au zoo de Zurich. Mais elle nous tend déjà un miroir : « Notre mode de vie Occidental résonne beaucoup avec celui des manchots en zoo », s’amuse le chercheur. Accès à la nourriture sans trop d’effort, peu d’activité physique… « Des étapes désagréables de la vie sont peut-être importantes pour garder la santé », conclut-il.

  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National des écrins : la marmotte

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National des écrins : la marmotte

    Rongeur de taille moyenne, elle a un pelage variant du brun grisâtre au marron clair, sans distinction entre les sexes. Elle émet son sifflement typique, aigu et puissant au moindre danger. Véritable hibernante, elle n’est visible que d’avril à octobre, mais sa présence est repérable aux déblais de terre amoncelés aux entrées de ses terriers.

  • [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    Parrainée cette année par le photographe professionnel Lucian Métivier, la quatrième édition du concours photos « émerveiller pour sensibiliser » du Conservatoire d’espaces naturels de la région (CEN Paca), affiche pour thématique « Concilier les vivants ». Ce concours a été lancé ce mercredi 1er avril et s’adresse aux photographes professionnels, amateurs, mais également aux jeunes passionnés âgés de moins de 18 ans. Un rendez-vous très attendu des amoureux de la nature, entièrement gratuit, où chaque participant peut proposer jusqu’à cinq clichés pris en milieux naturels. Cette année, un regard sensible sur la nature de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement attendu.

    Explorer la cohabitation possible à travers l’image

    Entre juin et juillet, le jury sélectionnera dix photographies, selon plusieurs critères : respect du thème, qualité artistique et technique, impact émotionnel et capacité de l’image à émerveiller tout en sensibilisant à la préservation du patrimoine naturel régional.

    Le tout autour de différents thèmes, à savoir les oiseaux, les mammifères, la faune herpétologique que constituent les amphibiens et les reptiles, l’entomofaune qui désigne les insectes et autres arthropodes tels que les crustacés ou encore les mille-pattes, les araignées ou les collemboles. Sans oublier les paysages et la flore.

    Les participants sont ainsi invités à explorer, à travers leurs images, les relations, équilibres et cohabitations possibles entre les êtres humains et l’ensemble du vivant sur les territoires.

    Respecter la nature
    et la valoriser

    L’association tient à préciser que « photographier la nature, c’est avant tout la respecter ». La structure valorise, par ce concours, « une approche éthique et responsable : pas d’appâts, par de dérangement et pas de mise en scène artificielle ». La remise des prix aura lieu quant à elle le 26 novembre prochain au Palais du Pharo à Marseille, à l’occasion du Congrès national des Conservatoires d’espaces naturels. De nombreux lots sont à gagner.

    En 2025, les 50 ans
    du Conservatoire

    Pour rappel, l’édition précédente avait proposé un thème intitulé « 50 Hommages au Sauvage », en écho à l’anniversaire des 50 ans du Conservatoire. Le jury, composé notamment de David Tatin, parrain de l’édition et photographe professionnel, ainsi que trois membres du Conservatoire aux compétences naturalistes et photographiques, avaient dû faire un choix parmi les 1 245 photographies reçues de la part des 317 participants.

    Pour vous inscrire au concours et prendre connaissance du règlement, rendez-vous sur le site internet cen-paca.org

  • Le grand JT des territoires du 4 avril

    Le grand JT des territoires du 4 avril

    Sommaire :

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    Le marché de l’électrique à la côte ! Avec la flambée des prix à la pompe à essence, les concessionnaires automobiles constatent une augmentation des ventes de voitures électriques. Explications dans ce journal.

    Immersion tout à fait captivante. Le Grand J.T. des Territoires plonge au cœur d’un centre d’appel de la gendarmerie pour y découvrir son fonctionnement. Ici les forces de l’ordre reçoivent des centaines d’appels chaque jour.

    Insolite : Jules, un jeune garçon de 10 ans, est un prodige du puzzle. Il vient de terminer une maquette … de 40 320 pièces ! Une performance remarquable.

  • [Concert] La musique des âmes inquiètes

    [Concert] La musique des âmes inquiètes

    Le Festival de Pâques réunissait jeudi, dans la remarquable acoustique de l’auditorium du Conservatoire Darius Milhaud d’Aix, le violoniste Pierre Fouchenneret et le pianiste Romain Descharmes. Duo circonstanciel car ce dernier remplaçait au pied levé Théo Fouchenneret, le frère, souffrant. Le programme ambitionnait de balayer la forme duo violon et piano sur près d’un siècle. Le Rondo pour violon et piano de Franz Schubert et les sonates n°3 de Robert Schumann et n°1 de Béla Bartók un ensemble de trois œuvres comme trois paysages sonores.

    Enfant prodige, Pierre Fouchenneret obtient à 16 ans son premier prix de violon et de musique de chambre au CNSMD de Paris. Il fonde en 2013 le Quatuor Strada avec Sarah Nemtanu, Lise Berthaud et François Salque. Son violon mordant un rien métallique s’empare du Rondo (alternance de thèmes contrastants) avec une vigueur qui éloigne des interprétations plus viennoises attendues chez Schubert. Même constat pour la sonate de Schumann. Romain Descharmes, que le public de La Roque d’Anthéron connaît bien, joue part égale et le duo piano fonctionne à merveille. L’œuvre datée de 1853, précède de peu l’internement du compositeur pour aliénation mentale. Schumann encore en pleine possession de ses moyens créatifs, déploie son univers fiévreux et romantique. Les accents parfois rudes se font plus élégiaques dans le lent et retenu intermezzo central.

    Avec Bartòk, le piano se fait plus intrusif

    Avec Bartòk on pénètre aussi dans le territoire d’une âme inquiète. Le piano se fait plus percussif et le violon hésite entre violence rythmique et introspection méditative. La sonate, composée pour la violoniste hongroise Jelly d’Arányi, rappelle, dans l’allégro final, les paysages hongrois, avec des accents de czardas et des élans rhapsodiques.

    Si la musique de Bartòk exige une attention constante, elle n’est d’autant plus passionnante, une des plus sincères que le siècle dernier, avec ses grandes catastrophes, nous ait donné de partager. Plus apaisant en bis, la Berceuse de Gabriel Fauré, musique qui paraît en contraste soudain plus anodine après les paysages tourmentés peints par Bartòk et les tourments de Schumann.