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  • [Parole de maire] Philippe Armengol : « On est un petit village mais on a de grosses ambitions »

    [Parole de maire] Philippe Armengol : « On est un petit village mais on a de grosses ambitions »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. Aujourd’hui Philippe Armengol, maire (DVG) de Velleron (84).

    En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence et des Alpes, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour un second mandat, sans liste concurrente en face contre 4 en 2020. Le signe d’avoir bien travaillé ou d’un manque
    de vitalité démocratique ?

    Philippe Armengol : On est modeste avec mon équipe mais le travail, la proximité aussi, le fait qu’on explique nos choix, qui ne sont pas toujours majoritairement validés par la population, font qu’ils deviennent plus acceptés. Notre projet sur le mandat précédent était de s’adresser à tout le monde, des plus jeunes jusqu’aux seniors. C’est ce qu’on a fait. Tout en s’occupant autant des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. J’englobe aussi dans cette réussite nos agents [une quarantaine] qu’on a remis au centre de l’échiquier.

    Quels vont être vos projets majeurs du mandat ?

    P.A. : On a des gros gros chantiers en cours. Comme sur la voirie, chemin des Gypières en entrée de village, à 1,6 million d’euros. On va aussi enfin régler un gros point noir de sécurité routière en créant un giratoire sur la D938, celle qui fait Cavaillon-Monteux. Depuis 20 ans, il y a un carrefour très accidentogène. On a réussi à trouver un compromis avec le Département et le Grand Avignon, il sera créé cette année. Un autre gros chantier en cours, celui de la rénovation énergétique totale de l’école qui doit se terminer en septembre. Donc plusieurs gros projets à cheval sur les deux mandats se concrétisent dont on va bénéficier sur les années à venir. Côté école, on est repassé en régie municipale pour la cantine en janvier dernier. C’est un projet très vertueux économiquement, écologiquement et socialement. C’est parfait pour le maintien de l’agriculture locale, pour le choix de la traçabilité. On tient à la cohésion sociale aussi, on a un centre de jeunesse qui propose des activités superbes mais on veut travailler aussi avec les seniors. Sur la mobilité douce, le but est de faciliter l’accès de tous les gens en toute sécurité, quel que soit le quartier où ils vivent, au village ou à la colline. La végétalisation, les îlots de fraîcheur, on continue d’y travailler. Rayon attractivité économique, nous avons un marché agricole de producteurs exceptionnel. C’est le seul de la région ouvert tous les jours d’avril à octobre, sauf le dimanche, et qui accueille plus de 70 producteurs. On souhaite maintenir ce niveau d’exigence. C’est un lieu de vie, de rencontre sociale, ça fédère, ça fait de la fraternité, et c’est ce qu’on veut pour le village.

    Vous insistez sur le volet écologique, cela rejoint aussi votre délégation de vice-président au Grand Avignon

    P.A. : Oui, j’ai conservé le volet environnement, climat, biodiversité. On a déjà fait beaucoup mais il y a encore de gros enjeux. À Velleron, nous avons commencé à être producteur d’énergie. On a installé des panneaux solaires sur les vestiaires du stade pour réaliser de l’autoconsommation patrimoniale. Tout ce qu’on va produire, sert à diminuer la facture de l’énergie consommée dans les bâtiments municipaux. Nous avons comme volonté aussi d’installer d’autres panneaux photovoltaïques pour une consommation collective en impliquant les citoyens. C’est un projet commun, qui encore une fois, unit et crée une solidarité. En toute modestie, on est un village qui a pris une autre dimension, par notre rayonnement et notre façon de faire. On est un petit village mais on a de grosses ambitions. Je pense que lundi dernier en a été le témoignage. On a organisé une marche blanche pour Lyhanna. Il y a eu des centaines de personnes venues de Cavaillon, de Pernes, de L’Isle-sur-la-Sorgue, de Saint-Rémy, parce qu’elles savent qu’on a une sincérité dans nos démarches.

    Il y a aussi deux dossiers importants en suspens à Velleron : le projet d’urbanisation de la Grande Bastide et l’ex-hôtel Zoom désaffecté, temple de l’urbex.

    P.A. : Pour Zoom, il y avait un projet de nouveau complexe hôtelier qu’on avait validé. Mais le propriétaire privé ne donne plus de nouvelles, c’est dommage. Sur la Grande Bastide [projet de lotissement de 200 logements sur un terrain de 7 hectares, combattu par la Ville et l’État avec plusieurs manifestations], ça reste aussi un sujet fédérateur dans le village. En décembre 2024, le tribunal administratif a donné raison à l’aménageur mais qui n’a rien entrepris depuis. Nous soutenons l’État dans sa démarche auprès de la cour d’appel de Toulouse mais nous ne savons pas quand cela sera audiencé. J’ai rencontré, en décembre, le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, on a des échanges réguliers depuis. Je viens de recevoir le mémoire en appel de l’État. Le projet met très clairement en péril la commune.

    Quelle satisfaction avez-vous dans votre mandat, au vu des nombreuses contraintes économiques et des critiques faciles ?

    P.A. : Il ne faut pas se leurrer, c’est complexe. Mais pour autant, il y a tellement d’enjeux et de valeurs qu’on veut faire perdurer, comme la solidarité, la tolérance, l’humanisme, la transition écologique, qu’on se doit de les maintenir dans le village. Être élu de nos jours, c’est compliqué, mais on a la fierté à défendre ces valeurs, comme devant le ministre. Il peut y avoir des moments de découragement, mais jamais au point d’abandonner. Le fait d’être en équipe, avec des agents super, cela maintient. J’évacue beaucoup par le sport [il pratique des trails ultra longue distance, jusqu’à 170 km]. C’est vraiment une soupape indispensable dans mon équilibre. J’en dresse des parallèles avec le rôle de maire : un ultra-trail, c’est la gestion sur la durée, on ne doit pas descendre trop bas, ni aller trop haut dans l’euphorie. Tout comme quand on est maire avec un objectif et des projets. J’ai aussi souhaité garder mon activité professionnelle, même un jour par semaine comme professeur des écoles aux Amandiers à Carpentras. C’est une façon de garder un pied dans le réel. Quand on parle de pouvoir d’achat en tant qu’élu, je le vois avec mes parents d’élèves.

    Les élections sénatoriales approchent aussi. Allez-vous prendre parti ?

    P.A. : Je suis en réflexion, c’est un sujet que je suis de près mais ma priorité c’est le village. Les deux sénateurs sortants qui se représentent [Jean-Baptiste Blanc, LR, et Lucien Stanzione, PS] ont fait le job. L’idée serait que les deux puissent être réélus.

  • [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    Avec cette mise à jour, la Chine compte désormais 45 traditions inscrites sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est le plus grand nombre au monde. Ces traditions couvrent de nombreux domaines. Elles permettent de mieux comprendre la longue histoire de la Chine et la diversité de sa culture.

    La présence de la Chine sur les listes de l’Unesco a commencé en 2001, avec la reconnaissance de l’opéra Kunqu. Dans les années suivantes, d’autres traditions ont été inscrites, comme la musique du guqin, le Muqam ouïgour du Xinjiang et le chant long mongol. Ensemble, elles montrent la richesse de la culture traditionnelle chinoise.

    De nombreuses traditions reconnues par l’Unesco montrent une esthétique chinoise très particulière. La calligraphie chinoise, la gravure de sceaux et le papier découpé transforment des matériaux simples en formes artistiques. À travers les traits du pinceau, les sceaux gravés et les dessins découpés dans le papier, ces arts transmettent depuis des générations un sens unique de la beauté.

    Les savoir-faire traditionnels sont aussi une partie importante du patrimoine immatériel chinois. Les techniques de construction en bois, le tissage du brocart Yunjin de Nanjing, la sériciculture et les techniques de fabrication de la soie, ainsi que la cuisson du céladon de Longquan, montrent l’union entre l’utilité et l’art.

    Le reflet des 56 groupes ethniques de Chine

    Les fêtes et les coutumes populaires restent très présentes dans la vie quotidienne. La Fête du Printemps et la Fête des Bateaux-Dragons réunissent encore les familles et les communautés. Des traditions maritimes, comme les croyances et coutumes liées à Mazu ou la cérémonie Wangkang, se sont diffusées au-delà de leur région d’origine et sont reconnues dans différentes cultures.

    Le patrimoine culturel immatériel chinois reflète aussi les traditions des 56 groupes ethniques de Chine. Le Nanyin, le Grand Chant du peuple Dong, l’opéra tibétain et les arts Regong ont chacun leurs propres caractéristiques. Ensemble, ils montrent la diversité culturelle qui a façonné la civilisation chinoise au fil des siècles.

    D’autres formes de patrimoine conservent des savoirs traditionnels et des façons de penser anciennes. L’acupuncture et la moxibustion, le taijiquan et le zhusuan chinois, c’est-à-dire le calcul traditionnel avec le boulier, continuent d’influencer la vie moderne tout en transmettant une sagesse ancienne.

    En même temps, certaines traditions rencontrent des difficultés pour être transmises aux nouvelles générations. L’impression à caractères mobiles en bois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises et le Meshrep ont été inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco. Cela montre l’importance de poursuivre les efforts de protection et de soutien.

  • [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    Arrivé en janvier 2025 à la tête d’une sélection noire-jaune-rouge traumatisée par deux tournois manqués (élimination au premier tour du Mondial-2022 et en huitièmes de finale de l’Euro-2024), le coach français a redonné de l’allant à la formation du plat pays.

    L’ancien entraîneur de Lille, l’AS Rome, l’OM, l’OL et Naples, a d’abord assuré sa légitimité en remplissant ses deux premiers objectifs : maintenir la Belgique dans le groupe A de la Ligue des nations et la qualifier pour la Coupe du monde américaine.

    Au-delà des chiffres, Garcia a surtout bien géré la passation de témoin entre la génération (a)dorée portée par Eden Hazard et la nouvelle vague de joueurs talentueux emmenée par Jérémy Doku.

    De Bruyne peut « profiter »

    De l’équipe qui avait terminé troisième du Mondial-2018, restent Thibaut Courtois, Axel Witsel, Thomas Meunier, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku sur lesquels Garcia continue de s’appuyer pour encadrer les jeunes.

    De l’avis des médias locaux, le principal mérite du coach français est d’avoir insufflé de l’enthousiasme au sein d’un groupe plombé par des problèmes d’ambiance lors des deux derniers tournois.

    « Chapeau à Rudi Garcia pour son coaching et sa gestion. Il a su s’adapter aux éléments à sa disposition tout en créant un équilibre et une bonne ambiance dans ce groupe », a récemment souligné l’ancien sélectionneur Georges Leekens.

    Samedi en conférence de presse, Kevin De Bruyne a confirmé : « Le coach a créé un bon lien avec tout le groupe. L’ambiance est vraiment bonne et on sent que tout le monde est à fond dans le projet. »

    Le joueur de 34 ans apprécie que Garcia lui « octroie de la liberté, à (son) meilleur poste », ce qui n’avait pas été le cas sous Domenico Tedesco au dernier Euro, ni en club cette saison à Naples avec Antonio Conte.

    « Je suis à un point de ma carrière où je peux davantage profiter de ce genre de tournoi. Je comprends mieux ce que signifie représenter son pays dans quatre Coupes du monde », a ajouté De Bruyne qui se félicite du « sentiment positif » qui règne dans le groupe.

    Les joueurs arrivent au Mondial avec le plein de confiance après des succès prometteurs en préparation au début du mois, 2-0 en Croatie et 5-0 face à la Tunisie.

    Et lors d’une mini-tournée américaine fin mars, les Diables Rouges avaient surclassé les États-Unis (5-2) avant d’accrocher le Mexique (1-1).

    « KDB » prévient toutefois ses équipiers : « Le premier match est toujours difficile car tout le monde est extrêmement motivé. Lors de mes trois premières Coupe du monde, je n’ai pas souvenir d’un match facile. »

    « L’Égypte a un jeu très physique donc ce ne sera pas facile mais nous faisons tout pour être prêt pour cette rencontre », assure le génial gaucher alors qu’après leur duel face aux Pharaons de Mohamed Salah, les Belges affronteront la Nouvelle-Zélande et l’Iran.

    Deux adversaires plus abordables sur le papier, mais qui restent capables d’un exploit contre des Diables Rouges parfois trop timorés.

  • Le rêve du Top 14 s’envole pour les valeureux aixois

    Le rêve du Top 14 s’envole pour les valeureux aixois

    Un tel scénario laisse forcément de gros regrets. Auteur de deux essais dans les 25 premières minutes du match, sans oublier l’avertissement puis l’exclusion d’un joueur adverse quelques minutes plus tard, Provence Rugby semblait disposer d’une main plus qu’idéale pour obtenir le précieux sésame qu’il convoite depuis quelques saisons : l’accession en Top 14.

    Mais la paire d’As que les Aixois avaient entre leurs mains à ce moment de la partie a nettement et progressivement perdu de sa valeur lorsque Perpignan, lanterne rouge du plus haut niveau national, a retrouvé de la confiance devant les plusieurs centaines de supporters qui ont fait le déplacement en Provence.

    Le rêve s’est donc rapidement transformé en cauchemar pour le capitaine Zafra et ses coéquipiers, déjà passés à côté d’une occasion de monter en Top 14, samedi dernier au stade Ernest-Wallon, à Toulouse, lors du match pour le titre de Pro D2 face au RC Vannes (14-18).

    Déjà menés au score à la mi-temps, les Noirs n’ont pas résisté à l’endurance des Catalans, plus opportunistes devant la zone d’en-but aixoise. Cette défaite condamne Provence Rugby à rester en Pro D2 la saison prochaine. « Il faut accepter qu’ils aient été plus forts que nous, même s’ils n’ont rien fait pendant 50 minutes », lance Philippe Saint-André, manager de l’institution aixoise, conscient que son équipe est « encore jeune » et « manque d’expérience ».

    Comme il l’a rappelé, seuls trois de ses pensionnaires ont connu une finale dans leur carrière. Et aucun d’entre eux n’a vécu un « access-match ». À l’heure où Perpignan a remporté son quatrième barrage d’accession en cinq saisons.

    « Le club grandit »

    Derrière la déception, qui pouvait clairement se lire sur le visage du manager provençal, se cachait une réelle fierté. « Le club grandit », martèle Saint-André en évoquant plus globalement l’état d’esprit de ses joueurs sur l’ensemble de la saison. « J’ai particulièrement apprécié le leadership qu’ont incarné certains d’entre eux. Malgré 18 blessés, on a pris des coups et on n’a rien dit. Ils ont été incroyables d’investissement et de détermination. Je pense que la saison prochaine sera meilleure que cette saison », poursuit l’ancien sélectionneur du XV de France (2011-2015), qui vivait son premier mandat à la tête d’une formation de Pro D2.

    « Provence Rugby a prouvé qu’elle est devenue une terre de rugby », souligne Laurent Labit, manager de l’USA Perpignan, persuadé que ses protégés ont fait la différence en seconde période grâce à des séquences longues. « Il fallait arrêter de faire des fautes stupides pour éviter à Provence de connaître un second souffle », ajoute l’ex-arrière du Castres Olympique. Institution que les Catalans, portés par leur fan-base mythique, retrouveront dès septembre en Top 14.

    PROVENCE RUGBY 24 (10)- PERPIGNAN 47 (14)

    Match d’accession en Top 14

    Stade Maurice-David, à Aix-en-Provence (8 574 spectateurs)

    Arbitre : V. Blasco Baque

    Essais : Jalagonia (20’), Zafra (25’), Drouet (59’), Pifeleti (73’) pour Provence ; Yalo (36’, 51’), Former (39’), Oviedo (43’, 77’), Ruiz (65’), De La Fuente (80’) pour Perpignan

    Transformations : Vareiro (59’, 73’) pour Provence ; Allan (37’, 40’, 43’, 51’, 77’, 80’) pour Perpignan

    Carton jaune : Zafra (37’), Bituniyata (42’) pour Provence : Tetrashvili (16’) pour Perpignan

    Carton rouge : Malolo (32’) pour Perpignan

    PROVENCE RUGBY : Vareiro – Lapègue, Bituniyata, Finau (Lucas, 62’), Drouet – (o) Muntz, (m) Coville (Cazenave, 75’) – Gambini, Jalagonia (Tuisue, 33’), Harrison (Okuya, 43’) – Youyoutte (Rodda, 49’), Zafra (cap) – Francis (Ndiaye, 49’), Latterade (Pifeleti, 51’), Julien (Vernet, 43’).

    Entraîneur : Sébastien Fouassier

    PERPIGNAN : Allan – Joseph (Ruiz, 34), Duguivalu, De La Fuente (cap), Forner (Devaux, 18’) – (o) McIntyre (Petaia, 66’), (m) Hall (Ecochard, 63’) – Van Tonder (Le Corvec, 40’), Oviedo, Hicks – Gray (Tuilagi, 53’), Tanguy (Yato, 28’) – Brookes (Ceccarelli, 53’), Malolo, Tetrashvili.

    Entraîneur : Mathieu Cidre

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.

  • Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Le label Destination d’Excellence est une reconnaissance officielle créée en 2024 pour remplacer la marque Qualité Tourisme et pour valoriser les professionnels du tourisme engagés dans une démarche de qualité et de développement durable.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, trois entreprises ont été labellisées ; les premières de la Région Sud-Paca. Elles ont bénéficié du dispositif de transition spécialement conçue pour les entreprises labellisées Qualité Tourisme qui souhaitaient se diriger vers le nouveau label Destination d’Excellence en étant auditées sur le pilier Ecoresponsable. Il s’agit de la Perle du Verdon à Esparron-de-Verdon, dirigée par Rémy Reffet spécialisée dans la location de bateaux électriques, de pédalos et de canoës sur le lac d’Esparron. Une entreprise familiale depuis 1998, qui gère la base nautique. Deuxième entreprise labellisée, le camping le Rioclar à Méolans-Revel. Un 4 étoiles avec piscine chauffée, restaurant et épicerie, dirigé par Benoit Clayette. Bordé par la rivière Ubaye, ce camping dispose d’emplacements nus et de locatifs diversifiés (chalets, mobil-homes, tentes lodges, tentes perchées) situés au cœur d’un parc naturel de 8 hectares avec un accès direct à la rivière pour les sports d’eau vive.

    Le Cheval Blanc, restaurant historique

    Le doyen des primés est le Cheval Blanc à Barcelonnette. Cet hôtel familial depuis 1911 est géré depuis quatre générations et situé au cœur de la cité alpine. Dirigé par Christophe Barneaud, le restaurant propose une cuisine du terroir, fait maison à base de produits frais de saison. Labellisé Qualité Tourisme depuis près de 10 ans, l’hôtel a reçu le nouvel label Destination d’Excellence . Les remises officielles des plaques ont été faites par des représentants de la chambre de commerce et d’industrie des Alpes-de-Haute-Provence, du Crédit agricole, et des mairies concernées.

  • [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi les Bouches-du-Rhône

    pour votre première visite en région, en tant que candidate ?

    Nathalie Arthaud : On a fait une fête en région parisienne, avec un très grand meeting, plusieurs milliers de personnes. Je suis à présent ici, en campagne, pour l’élection présidentielle. Le sens de ma candidature, c’est d’affirmer qu’il faut renverser cette société capitaliste qui nous mène à la catastrophe, aux guerres, à cette folie qu’est la spéculation, à cette crise climatique qu’on va encore ressentir dans deux jours avec une nouvelle canicule qu’on nous promet. Cette candidature vise aussi à dire que les travailleurs ont la force de renverser le capitalisme, cette société c’est eux qui la font tourner.

    Comment ressentez-vous le monde du travail ? N’est-il pas traversé par du découragement, du fatalisme ?

    N.A. : Vous vous rendez compte que vendredi, l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, est devenu billionnaire. J’ai découvert le mot. Le gars, il est à la tête d’une fortune de mille milliards de dollars. On va où là ? On a des hommes et des femmes qui font tourner la société, qui s’occupent de nous nourrir, de nous transporter, qui prennent soin des anciens et qui doivent compter chaque euro. Et ceux qui sont au sommet de la société captent des fortunes ahurissantes ? Tout ça pourquoi ? Pour aller spéculer ? Musk, lui, son projet, c’est carrément d’aller développer une colonie sur Mars. Pendant que les travailleurs sont confrontés à cette exploitation, cette pression, ces suppressions d’emplois, ces sanctions pour un rien… Dans toutes les entreprises où nous avons des camarades, c’est ce qui nous revient, on est menacé de licenciement pour un rien. Face à tout ça, moi je suis convaincue qu’il y aura à nouveau des luttes. Regardez aujourd’hui Airbus, dans votre région, les travailleurs sont en colère parce qu’ils n’ont pas eu de primes, parce que les salaires ne décollent pas. Ceux qui remportent la mise sont ceux qui sont les plus loin de la production, les plus parasites dans la société.

    D’autres groupes trotskistes comme le POI ou le NPA soutiennent Jean-Luc Mélenchon ou y réfléchissent, pourquoi pas vous ?

    N.A. : Parce qu’il faut qu’il y ait au moins une candidate qui incite chaque travailleur à se poser cette question : est-ce qu’on va laisser les rênes de cette société entre les mains de voleurs, d’irresponsables et même de criminels ? Ou est-ce que nous les travailleurs, on va revendiquer la direction de cette société ?Je serai là pour dire, contre Mélenchon, que le problème ce n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système. Les lois du capitalisme, elles sont mille fois supérieures à toutes les lois qu’il pourrait faire passer à l’Assemblée nationale. Eux, ils ont le fric, ils contrôlent les moyens de productions, ils peuvent planifier. Musk il est en train de planifier une colonie sur Mars et une armée d’humanoïdes. Je veux bien qu’on développe la vie multiplanétaire mais la Terre va être notre habitacle pendant quelque temps encore. Je voudrais qu’on se pose la question : comment on y vit dignement.

    Une candidature suppose 500 parrainages de maires,
    allez-vous y arriver
     ?

    N.A. : Nous, on est des combattants, des militants, on fera tout pour y arriver, et on y arrivera.

  • [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    La Marseillaise : Les années passent et on a l’impression d’être toujours confronté
    aux mêmes blocages concernant
    les violences faites aux femmes ou aux enfants. C’est votre sentiment
     ?

    Nathalie Rocailleux : Lorsqu’on a fondé AFL Transition, il y a 26 ans, l’objectif était de travailler main dans la main avec les services publics. C’est ce qu’on arrive à faire. Pas avec tous. Parce que la cause des violences faites aux femmes et des violences faites aux enfants dérange. On oppose souvent le bruit des bottes au bruit des pantoufles. Mais le bruit des pantoufles, c’est celui qui tue aujourd’hui, c’est celui qui a tué la petite Lyhanna.

    Il y a plusieurs façons d’être violent. Il y a cette violence passive, cette passivité violente, en fait. Quand on ne traite pas un dossier c’est une situation de personne qui souffre qu’on choisit d’ignorer. Ainsi que l’article 15.3 qui précise l’obligation de prendre la plainte. Et lorsque la plainte est prise, on accuse la victime, on lui fait porter la culpabilité. La semaine dernière, je suis allée porter plainte parce qu’un auteur a menacé mes équipes. Tout de suite, j’ai été culpabilisée. « Est-ce que vous êtes sûr que… », m’a-t-on demandé. Tout ça parce qu’on n’a pas envie de faire le job.

    Le citoyen ou la citoyenne qui va déposer plainte et qui est reçu comme ça sent bien que la personne n’a pas envie, qu’elle le fait à la dégoûté. Donc en fait, déjà, dès ce premier maillon-là, il y a un problème.

    La dernière situation de viol que j’ai accompagnée, c’était à Marseille. Il y avait des policiers qui rigolaient et qui se racontaient leurs dernières histoires sexuelles… Là où des mineurs viennent dire leur viol ! Il y a un problème d’annulation de la conscience morale. Donc le plus gros problème de ce système-là, c’est le cynisme.

    Comment en sortir ?

    N.R. : Il faut arrêter la culture du chiffre pour endosser une culture de la qualité réelle. Et la culture de la qualité réelle, c’est une qualité de capacité d’écoute, de soft skills, c’est-à-dire ce qu’on appelle les compétences douces. Être au minimum dans une capacité empathique, c’est ça, le professionnalisme. Donc ça suppose d’être formé, d’avoir une conscience morale forte, intégrée, un cadre d’action et une institution qui contrôle.

    Ce que je veux dire, c’est que le service public, l’institution publique et le service public, c’est quelque chose à défendre. Il faut arrêter de le diviser. Et quand on ne fait rien, on le divise en réalité. On le divise avec la population, on fait monter l’extrémisme puisqu’il y a un défaut de confiance. Et c’est contre ça que je suis le plus en colère en réalité. Parce qu’on est en train de créer une société de petites guerres intestines, une société de vengeance, au lieu d’avoir un État de droit et une société de justice.

    Vous dites que lutter contre
    les violences intrafamiliales,
    les prévenir, aider et soutenir
    les parents pour améliorer l’éducation de leurs enfants,
    c’est faire progresser la société sur tous les plans…

    N.R. : AFL Transition a été au départ fondée pour faire de la prévention. Parce que le curatif, ça ne fait pas tout.

    On a créé les pauses-parents, qui sont des lieux de prévention primaire avant que les problématiques arrivent dans les familles, pour repérer et aider les personnes qui ont eu des traumatismes complexes dans leur enfance et qui seraient susceptibles de les reproduire, soit du côté de l’auteur, soit du côté de la victime. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’une victime qui n’est pas traitée comme victime, qui n’est pas reconnue comme victime par la société, elle est potentiellement susceptible de devenir un auteur. Donc ça veut dire qu’une mère, qui a vécu des agressions sexuelles dans l’enfance et qui n’a pas été reconnue comme victime, va, potentiellement, inconsciemment reproduire le schéma d’être dans le désir de trouver un auteur de violences sexuelles sur enfant, pour exposer ses enfants afin que la justice passe enfin. C’est un schéma inconscient que nous, psychologues cliniciens, connaissons bien.

    D’où l’énorme responsabilité des services régaliens. Parce que plus on reconnaît les victimes, plus on va combattre aussi le crime de la génération d’après. On n’a pas le droit de ne pas s’en donner des moyens.

    Et quand je vois des scellés qui ne sont pas classés, perdus et qu’on ne mène pas d’action corrective, je dis que ce sont des problématiques opérationnelles qui entravent la justice.

    Ce qui pose le problème de
    la conservation des preuves…

    N.R. : Complètement. On a des prélèvements organiques sur des mineurs ou des majeurs victimes de viol, par exemple des prélèvements capillaires sur de la suspicion de GHB, une substance extrêmement volatile, pour lesquels les services de laboratoire de la police sursaturés passent 2 ou 3 mois après. Et il n’y a plus de preuves, puisqu’il n’y a plus de substance.

    On a dit qu’on allait faire baisser le nombre de féminicides mais il fallait investir totalement là-dedans. D’abord ça aurait évité des souffrances, évité de la criminalité. La justice mérite d’avoir des moyens parce que c’est la société tout entière qui mérite de sortir des logiques cyniques. À AFL Transition, on a reçu une lettre d’un procureur de Toulon d’il y a quelques années qui nous menaçait de supprimer nos financements si on continuait à dire dans la presse qu’il y avait 87% de classements sans suite. Pardon, mais c’est inacceptable. C’est inacceptable pour une société de paix. On a envie d’avoir une société de justice et de revaloriser ces services publics.

    C’est un problème sociétal
    et politique… Vous expliquez d’ailleurs que ces femmes victimes de violences portent
    en elles l’héritage douloureux
    de toutes les oppressions
    de l’Histoire…

    N.R. : Absolument. C’est tous les jours qu’on doit se souvenir de l’Histoire, les femmes et les enfants aujourd’hui restent les êtres les plus opprimés de la planète. Les femmes représentent la catégorie sociale la plus opprimée, c’est la prolétaire du prolétaire. L’esclave de l’esclave. L’opprimée de l’opprimé.

    De la pauvreté jusqu’aux violences, je pense qu’aujourd’hui on est dans une société qui dit stop !

    Les femmes n’ont jamais usé de la violence pour pouvoir dénoncer des faits. Elles auraient pu le faire. C’est pour ça que ça n’arrive qu’au XXIe siècle. C’est juste une prise de conscience qui aujourd’hui est partagée avec des hommes. Je dis bien avec les hommes. Je ne dis pas avec les mâles, parce qu’il y a encore beaucoup de mâles.

    J’espère que les qualités qui sont prêtées au féminin, les qualités de sensibilité, d’empathie vont arriver chez tout le monde dans notre société. Chez les hommes politiques en premier, parce que les gens en ont marre en fait, ils ont besoin de transparence, de sincérité, d’engagement réel. Quand on a monté la Maison Françoise-Giroud et que nous sommes allées voir Renaud Muselier, le président de la Région, c’est le médecin qui m’a répondu. Nous ne sommes pas du tout du même bord. Lui, c’est quelqu’un de droite moi je suis quelqu’un de gauche qui aime valoriser l’être humain et la dignité humaine.

    Pour conclure sur une note positive, après un sous-financement chronique qui a failli avoir raison de l’association, les choses se passent plutôt mieux aujourd’hui dans le Var…

    N.R. : On a un préfet intelligent qui a pris la peine de faire le tour des structures, d’aller rencontrer les acteurs, de se rendre compte sur place de ce qui se passe au lieu de rester dans son bureau à recevoir les gens. Il s’est forgé son libre arbitre, et ce libre arbitre ça sert toujours les institutions. Il a remis de la République dans son administration.

    « On n’a pas le droit de ne pas se donner les moyens d’avoir une société de paix et de justice »

  • [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

    Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

    Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus
    et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

    J.-B.G. : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

    Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

    J.-B.G. : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

    Quelle sera la situation
    des Iraniens ?

    J.-B.G. : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

    Ce Mondial peut-il rapprocher
    le Canada et le Mexique des États-Unis ?

    J.-B.G. : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

    Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

    J.-B.G. : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

    Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour
    de la compétition ?

    J.-B.G. : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

  • L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’été approche et ramène avec lui une augmentation du flux touristique et, de fil en aiguille, une augmentation des besoins en personnel et salariés. Depuis plusieurs années, un phénomène explose et inquiète les professionnels du secteur et les autorités : l’usage abusif du statut d’auto-entrepreneur.

    « Nous voulons que les règles qui régissent la profession soient respectées et non détournées », détaille ainsi Patrice Mounier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Vaucluse, ce vendredi 12 juin, lors d’une conférence de presse en compagnie des services de l’État. Tout en signalant « qu’on n’est pas contre les auto-entrepreneurs », il indique qu’il y a aujourd’hui, dans certaines situations, un « salariat déguisé » et que cela engendre une « concurrence déloyale ».

    Sont ciblés des métiers comme les cuisiniers, notamment chez les traiteurs. Ou encore les DJ en boîte de nuit. Un point de réglementation s’impose. Un travailleur indépendant exerce une activité pour son propre compte avec des prestations pour des clients. Il ne doit donc, en principe, pas recevoir d’ordres de la part d’un patron. Sauf que de nombreux postes, tels que cuisinier ou serveur en restauration, ne rentrent pas dans ces cases. « Pour les DJ en boîte de nuit, par exemple, si c’est pour une ou deux soirées à thème, on peut accepter. Mais si c’est une personne qui travaille régulièrement, ça ne marche pas », illustre Amandine Martin, inspectrice du travail au sein de la DDETS. Si l’infraction est caractérisée, les sanctions peuvent être de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

    L’illustration de l’ubérisation de la société

    « C’est surtout un public jeune qui a besoin de flexibilité mais qui ne connaît pas vraiment le système. C’est une illustration de l’ubérisation de notre société », analyse Mikhaël Bascoul, inspecteur de lutte contre le travail dissimulé. « Parfois, on bondit de notre chaise dans certaines situations », glisse Amandine Martin. Car bien souvent, les entreprises utilisent ce statut pour ne pas avoir à payer les cotisations sociales. C’est en effet au travailleur lui-même de le faire et d’envoyer, à partir d’un certain seuil, la preuve à son employeur. « Ces pratiques portent atteinte au financement de notre modèle social », assure l’Umih dans son communiqué. La structure se veut dans un premier temps pédagogue avec les entreprises du secteur. Mais demande des sanctions en cas de fautes répétées. Les représentants de l’État évoquent notamment l’usage de l’intérim comme alternative.