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  • La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    Parmi les nombreux dossiers examinés au cours du dernier conseil municipal, tenu le 9 juin, figurait le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC). En mars 2025, les magistrats ont publié un rapport de 64 pages dans lequel était analysée la gestion financière de la commune entre 2014 et 2020. Elle estimait notamment que la situation financière était « à observer avec prudence en raison du manque de fiabilité de l’information budgétaire et financière qu’elle délivre », tout en présentant « un endettement à ce jour maîtrisé ».

    Cette évaluation, réalisée à la demande du maire Hervé Granier (LR), comme l’a rappelé ce dernier, intervenait notamment dans un contexte de changement de majorité municipale, la ville étant passée de Roger Meï (PCF) au maire actuel. En début de séance, et à partir de l’ordre du jour, Hervé Granier a ainsi rappelé les cinq recommandations formulées par les magistrats.

    « On a été avant-gardistes »

    Il s’agit de l’élaboration d’une « procédure d’évaluation du risque contentieux », « l’assurance de suivi des heures supplémentaires par la mise en place d’un système automatisé du temps de travail », « la mise en place CIA du Rifseep », « l’adoption d’une application d’un guide interne de la commande publique adapté à la collectivité » et la « mise en place d’un dispositif de prévention d’atteinte à la probité ».

    « Certaines de ces recommandations ont été ou sont en cours de mise en œuvre », résume le maire, avant de faire le point sur chacune des mesures. « Vous savez qu’on a un désaccord de fond sur l’interprétation qui a été faite du rapport de la CRC, pointe Marion Robert, élue d’opposition (DVG). Vous en reteniez un relatif satisfecit, ce qui n’était pas tout à fait notre interprétation. Nous avons à plusieurs reprises cité les extraits de ce rapport qui mettait en cause les risques de probité, la sincérité budgétaire des comptes présentés par la Ville, mais encore la sous-évaluation des risques financiers. » En résumé, « nous trouvons que ces réponses ont le mérite d’exister, mais elles nous paraissent à ce stade assez insuffisantes », estime l’élue, après avoir repris point par point les solutions mises en place par la majorité.

    Au tour de la majorité d’expliquer de façon détaillée ses avancées, sur chacune des recommandations. « En matière d’atteinte à la probité, je trouve qu’on a été assez avant-gardistes, assez efficaces sur ça », estime Arnaud Mazille, adjoint au maire. Il précise : « Aujourd’hui, dans la typologie des contentieux, 99% des dossiers concernant la ville relèvent uniquement de contestations. »

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    Des mineurs placés par l’ASE « forcés à travailler dans des champs », une animatrice leur faisant des « bisous sur la bouche » et des « massages sensuels »… Plusieurs salariés d’une structure accueillant des enfants placés à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) ont été licenciés, ces derniers mois, après avoir dénoncé des agressions sexuelles et des maltraitances sur les mineurs.

    La secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale, qui a accompagné des salariés licenciés de la structure d’accueil, évoque « un climat de terreur et d’intimidation » et « une peur des représailles » chez les salariés, qui relatent des « pressions » et des « menaces » lorsqu’ils tentent de dénoncer les faits.

    Les salariés dénoncent également la « prostitution » d’une des jeunes filles placées au sein de la structure. Selon eux, le directeur envoyait les jeunes travailler sur son exploitation agricole, dans les champs, « ramasser des cailloux lorsqu’ils étaient punis ». Un enfant de 16 ans, qui s’en était plaint à l’école, aurait été « intimidé » par le directeur. « Tout est fait pour que les enfants ne parlent pas. Les salariés sont licenciés les uns après les autres dès qu’ils ouvrent la bouche », expliquent des salariés. « On est toutes sous cachets, on prend des antidépresseurs. Il nous a usées, regrette l’une des animatrices. C’est l’omerta, la pègre. »

    D’anciens salariés dénoncent également des insultes proférées par le directeur à l’encontre des enfants, comme « bande de petits PD », « bande de putes », ou « si t’es pas content, rendez-vous au dojo, je vous éclate ». Ils affirment également que le directeur parlait en détail de sa vie sexuelle et « d’échangisme » aux enfants. Un éducateur serait par ailleurs « très tactile » avec les enfants et aurait « dormi » avec une enfant placée, selon les salariés rencontrés. Cette enfant est cependant revenue sur ses déclarations par la suite.

    Le Département étudie

    le dossier

    Six salariés auraient été licenciés et l’un d’entre eux aurait démissionné. Deux autres ont attaqué le directeur aux prud’hommes. « On ne lâchera pas ce dossier », lance la secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale. Toujours selon les anciens salariés rencontrés, le directeur aurait pour projet de partir en Algérie dans la semaine pour échapper aux poursuites, ce qu’il nie.

    Le syndicat FO a eu un rendez-vous, mercredi au Département, responsable de l’ASE, avec notamment la directrice adjointe du pôle solidarités, pour évoquer le sujet. Le syndicat a également réalisé un signalement au procureur et à la préfecture. « Le Conseil départemental prend ces signalements avec le plus grand sérieux. Dès leur connaissance, les informations reçues ont fait l’objet d’un examen attentif et les démarches nécessaires ont été engagées », indique le Département.

    Selon les anciens salariés, deux structures appartenant au même propriétaire, à Saint-Michel-l’Observatoire et à Volx, ont déjà été fermées après la perte de leur agrément.

    Rencontré sur place, le directeur nie les accusations et les insultes. Il explique que les enfants ramassaient des légumes sur son exploitation pour les consommer par la suite. Il accuse en retour les salariés licenciés de maltraitances sur les enfants.

    « Tout est fait pour que
    les enfants ne parlent pas »

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    Un long cri poussé devant les grilles du Palais de justice de Marseille comme un symbole de leur détermination. Représentants d’associations, de collectifs, élus et citoyens sont réunis ce lundi 15 juin pour rappeler au gouvernement qu’il est plus que temps d’agir après la mort de la petite Lyhanna. « Nous sommes à un tournant, il faut transformer cette colère en action, on sent que ça bouge, il ne faut pas lâcher », analyse Nathalie Tessier (PCF), adjointe au maire de Marseille en charge du droit des enfants.

    Au micro, Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, prévient : « Tant que la loi intégrale et les moyens ne seront pas votés, tant que continuera l’impunité, nous n’arrêterons pas. » Elle rappelle l’existence de cette proposition de loi issue du travail de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui « prévoit des mesures contre la pédocriminalité en ligne, le renforcement des moyens et détections, des mesures prises en réponse au signalement, le suivi et l’accompagnement des victimes dès le signalement, la création d’une juridiction spécialisée dotée de moyens financiers et humains. » Ne reste plus qu’à la voter.

    Pas de démagogie

    Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente fondatrice de la Fondation des Femmes, également présente, le constat « implacable » ne fait que renforcer la détermination. « Notre colère n’est pas de la démagogie, c’est le refus de l’habitude », insiste Stéphanie, du collectif enfantiste 13. Promettant de se rassembler tous les lundis, les manifestants prévoient une grande manifestation le 4 juillet.

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    D’après le dossier d’enquête, les faits auraient été commis entre 2018 et 2024. L’accusé, père d’une fillette aujourd’hui âgée de 11 ans, aurait commis à plusieurs reprises des agressions sexuelles et des viols durant ces années, au domicile familial, à L’Argentière-la-Bessée puis à Serres. En septembre 2024, après que l’enfant s’est confiée à sa tante, laquelle a alerté le personnel scolaire de son collège, un signalement est effectué.

    Selon les informations du dossier communiquées à la presse, le père se serait rendu en gendarmerie dès le lendemain du signalement pour porter plainte pour diffamation contre le personnel à l’origine de l’alerte. L’accusé évoque un geste accidentel, mais les enquêteurs le placent en garde à vue.

    De son côté, la jeune fille décrit plusieurs scènes d’agression et de viols commises au domicile familial. Le père reconnaît alors devant les enquêteurs des faits de pénétration et d’attouchements non consentis, des actes qu’il explique avoir commis sous le coup de la colère. Il affirme également avoir lui-même été victime de viol de la part de son grand frère durant son enfance. Il est mis en examen et placé en détention provisoire.

    L’accusé se rétracte après avoir reconnu les faits

    Quelques mois plus tard, l’accusé se rétracte, revient à sa version d’un geste accidentel et affirme que sa fille ment. Les analyses ont pourtant révélé des traces de son sperme sur les vêtements et les draps de la victime. Renvoyé en début d’année devant la cour criminelle des Hautes-Alpes, il comparaît à huis clos pour viols incestueux sur mineur. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. L’avocat de la défense, Me Philip, a fait savoir que le prévenu conteste les faits. Me Lourenço, avocate de la victime, estime quant à elle que la condamnation ne fait aucun doute et que l’enjeu réside plutôt dans l’étendue de la peine prononcée.

    Le procès se déroule dans un contexte national déjà tendu, marqué notamment par le drame de l’affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans enlevée et assassinée le 29 mai dernier à Fleurance (Gers). À 19h, plusieurs personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour réclamer une politique nationale d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

  • [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    La Marseillaise : Êtes-vous d’accord si l’on dit que votre création cherche à illustrer les atteintes impérialistes en Afghanistan, l’accaparement des richesses du pays par ses suppôts, mais aussi la manière dont les Afghans y résistent ?

    Feda Wardak : C’est plutôt bien résumé. Moi, je travaille en Afghanistan à la réparation de voies d’eau. Au départ, mon travail concernait la recherche et les archives de ces hommes qui passent leurs vies à réparer les voies d’eaux qui ont été détruites par les bombardements. Avec cette création, la question des points de vue s’est imposée à moi car je veux confronter trois contextes spatiaux : les ciels, les sols et les sous-sols. Les ciels, car c’est l’endroit depuis lequel les Afghans ont beaucoup été observés et décrits, aussi bien médiatiquement que par la vision des drones. On a toujours regardé l’Afghanistan de haut. À travers les drones, ils étaient représentés comme des taches thermiques. Ils n’avaient pas de forme humaine et les pilotes de drones eux-mêmes les décrivent comme tels. En ce qui concerne les sous-sols, ce sont des endroits de résistance : c’est là où l’on répare des galeries d’eau souterraines creusées il y a 3 000 ans. Quant aux sols, ce sont les interfaces entre ces deux espaces : là où l’on voit les stigmates de la guerre, toujours présents sur la peau des corps ou la roche des paysages. Et d’autres enjeux viennent mettre en tension ces trois contextes spatiaux : ceux d’extractivisme. C’est-à-dire l’enjeu des matières premières et du pillage des ressources, puis les corps contraints à l’exil, ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de partir car il y avait la guerre. Et enfin, on parle des identités culturelles car, dès lors que corps sont contraints à l’exil, on assiste à une perte de la langue, des systèmes de pensée, des croyances et des rituels.

    Vous-même êtes le fruit de cette diaspora afghane en France. Avez-vous connu cette perte d’identité ?

    F.W. : Je suis de la première génération car je suis arrivé à 4 ans. Si j’ai grandi ici, ma relation avec l’Afghanistan était entretenue dans ma culture. Et encore plus depuis une quinzaine d’années car j’y fais des allers-retours et que j’ai appris à recomposer des choses afghanes pour moi-même. J’appartiens à la diaspora tout en étant aussi là-bas. Je me suis construit à travers le prisme des identités afghanes mais j’ai aussi un point de vue occidental. Deux aspects qui entrent en tension et cohabitent en même temps.

    Le Festival de Marseille attache « Ce que le ciel ne sait pas » à une « scénographie monumentale »…

    F.W. : Je parlerais plutôt d’une installation avec une œuvre monumentale activée par une création chorégraphique. Elle représente une foreuse, une vis sans fin : comme si, à mesure qu’on perçait dans du bois, de la poudre s’en extrait. Là, on perce le sol et on en extrait la matière. Le public fait face à un grand escalier en colimaçon qui tourne dans un sol incliné. Cette inclinaison permet de raconter le déséquilibre d’une société par des agents extérieurs qui viennent opérer dessus. La vis sans fin raconte elle l’extractivisme des matières premières, des corps et des identités culturelles.

    Vous évoquez « un déséquilibre » du pays par « des agents extérieurs ». Quelles cicatrices les impérialismes, atlantistes comme soviétiques, ont-ils laissées sur l’Afghanistan ?

    F.W. : De nos jours, on a des territoires entiers pollués, des populations entières traumatisées. C’est le plus gros impact. On voit des traumatismes de guerre qui durent sur plusieurs générations, des silences qui en découlent, des tabous dans des familles divisées, des personnes amputées, beaucoup de formes de bipolarité et de malnutrition, aussi… Des terres sont polluées à certains endroits où Trump a aussi fait en 2017 des tests de ce qu’ils appellent « the mother of all bombs », la mère de toutes les bombes : la plus puissante en dehors des bombes nucléaires. Là-bas, des gens ont des maladies de la peau, des malformations. Et tous les aliments qui viennent de la terre sont toxiques, mais les gens n’ont pas d’autres choix que de les manger. Tout cela ne peut pas s’effacer du jour au lendemain.

    Il vous arrive aussi de parler
    de votre création en évoquant
    une «
     résistance par les baguettes de sourcier »…

    F.W. : Je travaille depuis quelques années pour retrouver la trace de ces galeries souterraines. Il y a des sourciers qui, par un travail et un savoir-faire ancestral, mais pas rationalisable, entretiennent des formes de magnétisme avec les eaux sous les sols. Une fois leurs traces retrouvées, j’essaie de refonder le chemin de ces galeries qui ont disparu. On bouche, on répare, on les étayer et essayons de faire revenir l’eau. En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs pris pour cible par les drones. Car, dès lors qu’on s’en prend au réseau hydraulique, le peuple ne plus survivre. Et quand il n’y a plus une population sur une terre, cette terre n’est plus défendable. C’est une stratégie vieille comme le colonialisme. On s’en prend à l’eau pour faire disparaître les corps et, une fois qu’il n’y a plus de corps, on prend le contrôle des terres.

    Mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 juin
    à la Vieille Charité à 22h. 10 euros. www.festivaldemarseille.com

  • Pour le Festival d’Avignon, la Région réduit son programme de TER

    Pour le Festival d’Avignon, la Région réduit son programme de TER

    C’était une demande forte des Festivals In et Off d’Avignon : permettre au public d’éviter au maximum de prendre la voiture pour se rendre aux spectacles pendant les trois semaines de festival. En 2024 et 2025, la Région Sud a entendu le message, mettant en place une offre de TER nocturne renforcée, avec des départs jusqu’à 23h30 depuis la gare d’Avignon centre. « Avec les transports ZOU !, des horaires adaptés pour se rendre à Avignon : pour Arles, Cavaillon, Carpentras ou Orange, derniers retours depuis la gare d’Avignon centre à 23h30 », se félicitait Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, lors de l’ouverture du Festival, l’an dernier.

    Un satisfecit qui a mal vieilli. Car, pour l’édition qui se profile (4-25 juillet), fini cette offre nocturne, a appris La Marseillaise. Sollicitée, la Région confirme la fin de cette « expérimentation » : « Le bilan 2025 a montré les limites du dispositif : un taux de remplissage trop faible, autour de 18%, un niveau d’utilisation insuffisant pour reconduire l’offre à l’identique. » La collectivité « propose d’ajuster le dispositif, en réduisant la voilure tout en maintenant une offre adaptée pour répondre aux besoins des festivaliers et des usagers ».

    Les JO plutôt

    que le Festival ?

    Selon la Région, « la desserte d’Avignon reste particulièrement étoffée, avec une combinaison de solutions ferroviaires et routières ». Mais les derniers départs depuis la gare centre sont très largement avancés par rapport aux deux dernières éditions : 19h53 vers Orange en semaine (20h17 le week-end), 20h21 vers Carpentras (22h21 le dimanche), 18h51 vers (20h28 le week-end) et 21h11 vers Arles (19h41 le week-end en raison de travaux). Bref, des horaires loin d’être compatibles avec des spectacles en soirée pouvant s’achever après 23h. Et si la Région parle « d’une offre routière renforcée » avec les lignes de bus, aucune ne se poursuit après 20h10.

    Un choix que déplore la CGT cheminots de Vaucluse. « À l’heure où on parle d’écologie et de décarbonation, le festival d’Avignon est une vitrine extraordinaire dont l’on se prive », regrette Loïc Guigou, secrétaire du syndicat, qui y voit surtout d’autres choix budgétaires vers une autre vitrine, « la ligne des Alpes pour les Jeux d’hiver 2030 ». Contactée, la direction du Festival renvoie à sa feuille de route 2026-2030, où « encourager l’usage du train et du TER » est au programme. « Soutenir une mobilité écoresponsable en soirée en période de fréquentation touristique et festivalière intense, c’est contribuer à la vitalité économique de tout un territoire de manière vertueuse, répond le Festival. Nous espérons que les autorités organisatrices de la mobilité joueront pleinement leur rôle dans l’évolution nécessaire des mobilités du public. »

  • À Gap, huit recrues chez les louvetiers

    À Gap, huit recrues chez les louvetiers

    Vous êtes les gardiens d’un équilibre, un équilibre discuté, parfois difficile à expliquer. » En accueillant les huit nouveaux lieutenants de louveterie et en leur remettant leur médaille, le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé, n’a pas éludé les aspects les plus délicats de leur mission. Dans un contexte où associations écologistes et éleveurs interpellent régulièrement l’État sur sa politique à l’égard du loup, jugée destructrice pour les uns, trop laxiste pour les autres, le préfet a salué cet engagement civique bénévole.

    « Préserver notre élevage, qui fait notre identité rurale, est indispensable, mais le braconnage d’une espèce qui reste protégée n’est pas acceptable non plus », a rappelé Philipe Bailbé devant les 22 lieutenants et les huit nouveaux. « Ce n’est pas chose aisée de maintenir le dialogue, de mettre de côté la part d’émotion, même si elle est légitime, a-t-il rappelé. Parfois, je le sais, il peut y avoir des moments rugueux, mais je sais aussi combien les éleveurs vous sont reconnaissants et savent les nuits que vous passez dans la pénombre pour protéger leurs troupeaux. »

    Le doyen médaillé

    « J’ai souhaité augmenter le nombre de louvetiers et le nombre de sorties compte tenu de l’intensité de prédation du loup, pour le repousser vers ce qui doit être son habitat naturel », a expliqué Philippe Bailbé.

    Les huit recrues ont reçu leur badge et signé la charte qui énumère leurs devoirs. Titulaires du permis de chasse depuis au moins cinq ans, elles devront suivre une formation, à la fois physique et théorique, avant d’être autorisées à porter une arme et, si nécessaire, à intervenir contre le loup ou le sanglier.

  • 170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    Une ville en état de siège » : tels étaient les mots du maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Renaissance), pour décrire la situation tendue, dimanche soir : 170 caravanes de gens du voyage ont bloqué la commune et la sortie d’autoroute pendant plusieurs heures, tentant de rejoindre l’hippodrome, alors qu’une aire de grand passage est prévue pour les accueillir.

    « On a agi de manière respectueuse envers cette communauté en mettant à disposition ce terrain, en investissant, en faisant en sorte de les accueillir dans de bonnes conditions. Quand vous vous retrouvez dans une ville en état de siège, toutes les rues du village étaient bloquées, le rond-point d’entrée était bloqué, l’accès autoroute était bloqué, je trouve que le respect en face n’a pas été là », a-t-il regretté, lundi, lors d’une conférence de presse aux côtés de la préfète Isabelle Tomatis et du président de Durance Luberon Verdon Agglomération, Camille Galtier (DVD).

    « Quelle image on donne quand on demande à des maires de s’engager, de faire des aires permanentes et quand on envahit de cette manière-là un village qui a fait l’effort de le faire ? , s’est-il interrogé. « Hier, ils ont rasé quatre ans de travail d’acceptation par la population. »

    La préfète a elle aussi « regretté » et « dénoncé un comportement à la fois irresponsable et intransigeant de cette communauté », qui a refusé de s’installer sur l’aire de grand passage prévue à cet effet. « L’argument qui est avancé est de dire que l’aire ne correspond pas à la loi qui demande 4 hectares. Or, la loi dit aussi qu’il peut y avoir des dérogations de la part du préfet et c’est précisément dans le cadre de cette dérogation, parce qu’il était très difficile de trouver un terrain de 4 hectares à l’époque, que le schéma départemental avait validé le principe de deux aires d’accueil, explique la préfète. Nous sommes à la moitié de la mise en œuvre de ce schéma départemental, mais toujours étant, sur Oraison, il y avait une aire de grand passage prête à accueillir une communauté des gens du voyage, quand bien même elle n’avait pas annoncé son arrivée. »

  • Au 1er juillet, conduire une trottinette électrique sans casque sera interdit

    Au 1er juillet, conduire une trottinette électrique sans casque sera interdit

    Depuis plusieurs années, les trottinettes électriques ont envahi rues et trottoirs sans un cadre légal bien établi. Comme sur le port du casque. S’il est obligatoire hors agglomération, il reste conseillé en ville. Mais en Vaucluse, le préfet a décidé de durcir cette réglementation. À compter du 1er juillet, les conducteurs de trottinettes devront obligatoirement porter un casque, qui « doit être attaché », précise l’arrêté préfectoral pris le 8 juin dernier.

    Si par raccourci on ne parle que de trottinettes électriques, la décision s’applique en réalité au jargonnant EDPM (Engin de déplacement personnel motorisé). Et donc tous types de gyropodes, mono-roues ou hoverboards, qui « connaissent une progression rapide dans le Vaucluse », stipule l’arrêté. Régulièrement, en lien avec la police nationale, la préfecture organise des opérations de contrôle et de sensibilisation sur l’usage de ces moyens de transport. Une opération de sécurité routière est d’ailleurs prévue ce mercredi après-midi dans l’intra muros d’Avignon.

    Pour rappel, les trottinettes doivent être assurées. Leur conduite est autorisée à partir de 14 ans avec une vitesse limitée de 25km/h et obligation de porter un équipement rétro réfléchissant afin d’être le plus visible possible. La loi interdit aussi d’être à plusieurs sur l’engin. Une amende de 135 euros est possible « si vous ne respectez pas les règles de circulation ou si vous transportez un passager ». Enfin, en cas d’absence de casque, le contrevenant s’expose à une amende de 35 euros.

  • La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    Le sport automobile se retrouve régulièrement sous le feu des critiques concernant ses nuisances écologiques. C’est pourquoi les institutions tentent, depuis plusieurs années, de décarbonner cette industrie à travers différents moyens : promotion de l’usage électrique et du biocarburant, développement de l’hydrogène, ainsi que de lignes de transports en commun pour les déplacements des spectateurs, principal facteur de pollution des compétitions de sport mécanique (82%).

    Des politiques sur lesquelles s’engage le Circuit Paul-Ricard, notamment au travers du compostage de ses biodéchets, l’installation de ruches et de panneaux photovoltaïques, la réduction et la surveillance des nuisances sonores, ou encore l’usage de voitures électriques pour ses équipes techniques. À cet égard, un comité consultatif environnemental est censé se tenir deux fois par an, pour présenter « les projets réalisés pour l’environnement, les résultats des études scientifiques commentées par des spécialistes, les innovations technologiques mises en œuvre afin de garantir la tranquillité publique », indique la direction du circuit.

    Problème : aucun ne se serait tenu depuis plus de deux ans, comme le rapporte l’association Groupe Vigilance 83. « C’est la seule rencontre où nous, voisins du circuit, pouvons faire valoir nos avis et ressentis sur la tranquillité publique, auprès des responsables du circuit, des maires, et des organismes d’État », affirme son président Michel Lahuet dans une lettre adressée au préfet du Var.

    Un comité prévu le 7 juillet

    Un signe, pour le Groupe Vigilance, que « la concertation environnementale n’est plus une priorité pour le nouveau directeur du circuit [Nicolas Deschaux, Ndlr.]. Les nuisances sonores et les troubles environnementaux s’amplifient avec (…) des roulages avec des nuisances sonores de 80 db ». Sur ce constat, l’association invite le préfet à se faire « témoin, du respect ou non, des voisins du Circuit ».

    De son côté, la direction du circuit informe qu’un comité « prévu le 10 mars a notamment dû être reporté au 7 juillet en raison de la période de réserve liée aux élections municipales », précisant qu’une réunion de concertation s’était tenue le 30 avril « en présence des représentants de la préfecture, ainsi que de membres des associations environnementales locales ».