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  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »

  • La ligne Béziers-Neussargues se refait une santé

    La ligne Béziers-Neussargues se refait une santé

    « C’est une bonne nouvelle pour le maintien de notre ligne », estime Frédéric Laur. Le secrétaire du comité pluraliste de défense et de promotion de la ligne Béziers-Neussargues – également secrétaire CGT des cheminots de Millau – se félicite des travaux entrepris depuis le 1er juin sur cette ligne ferroviaire de l’Aubrac. Jusqu’au 3 juillet, les trains ne circuleront plus afin de réaliser des travaux de maintenance mais également le confortement de plusieurs ponts (dont Lieuran-lès-Béziers, Boujon-sur-Libron, Faugères), la sécurisation de parois rocheuses, notamment à Bédarieux.

    Une bonne nouvelle pour le comité mais également pour les usagers de cette « petite ligne » qui fait office d’exception à l’heure où ces dernières, jugées non rentables, sont menacées. « Plein de gens se l’approprient, certains y organisent des ateliers de théâtre, d’autres des cours d’anglais », poursuit le secrétaire. Néanmoins, Frédéric Laur espère de plus gros travaux afin de moderniser la ligne. « Elle doit retrouver sa performance. Aujourd’hui, sa vitesse est de 50km/h, les rails ont plus de 80 ans et on assiste parfois à des ralentissements », énumère le syndicaliste. Qui aimerait voir la fréquence des trains augmenter afin d’en faire profiter plus d’usagers. « Cette ligne a un plafond de verre. Par exemple, il n’y a que deux allers-retours pour aller à Millau, ce qui fait que souvent, on peut y aller mais ne pas revenir ou inversement. »

    Et pour être plus efficient, le fret pourrait faire son retour sur la ligne. « Cela mettrait aussi fin au dumping social dans le transport où des conducteurs d’Europe de l’Est sont recrutés pour rouler en camion, ce qui génère de la pollution », estime Frédéric Laur. Pour le moment, la ligne survit. Grâce au volontarisme des collectivités territoriales et à la mobilisation du comité et des usagers.

  • Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Dans le Gard, le tourisme tient bon. Il serpente entre les arches du Pont du Gard, descend vers les arènes de Nîmes, file jusqu’aux plages du Grau-du-Roi, remonte dans les Cévennes et s’attarde dans les villages de garrigue. En 2025, le département a enregistré 27,6 millions de nuitées, confirmant sa place de troisième destination touristique d’Occitanie, derrière l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Un chiffre qui pèse lourd : 2,1 milliards d’euros de retombées économiques estimées et 9 400 emplois directs. Dans un territoire souvent rappelé à ses fragilités sociales, le tourisme reste un moteur : « C’est le second secteur économique du département, derrière l’industrie et avant l’agriculture », rappelle Pascale Fortunat-Deschamps, présidente de Gard Tourisme.

    Mais le moteur tourne différemment. Gard Tourisme, qui dressait son bilan 2025 et présentait ses perspectives 2026, ne cache pas les mutations en cours. « Les Français ne renoncent pas aux vacances mais ils changent leur comportement », résume Pascale Fortunat-Deschamps. Séjours plus courts, réservations de dernière minute, budgets surveillés : le vacancier regarde désormais la facture avant le paysage. Une enquête menée auprès des professionnels d’Occitanie indique que 45% constatent une baisse du panier moyen.

    Voyager moins loin,

    mais partir encore

    Le Gard résiste pourtant. En 2025, 4,9 millions de visiteurs ont été comptabilisés, contre 4,7 millions l’année précédente. Les grands sites continuent de jouer les locomotives : 1,2 million de visiteurs au Pont du Gard, près de 420 000 au Seaquarium du Grau-du-Roi, 370 000 aux arènes de Nîmes, plus de 250 000 à la Bambouseraie en Cévennes. La clientèle française reste majoritaire, portée par la proximité : Gard, Hérault, Bouches-du-Rhône, Rhône ou région parisienne. Mais l’international conserve une place forte, avec 39% des nuitées réalisées par des visiteurs étrangers, surtout européens.

    Pour 2026, les signaux sont prudents mais encourageants. Après un mois d’avril en baisse de 5% sur les nuitées, les locations saisonnières affichent, à date, des perspectives en hausse de 13% en juillet et de 3% en août. Rien n’est acquis, tant les réservations se confirment tardivement. Le secteur avance donc à vue, entre espoir d’été et incertitude économique.

    Attirer sans subir

    Face à cette nouvelle donne, Gard Tourisme veut mieux connaître ceux qui viennent, et ceux qui vivent ici. Environ 4 200 enquêtes ont été recueillies dans le département, dans le cadre d’une étude régionale plus large. Les résultats, attendus à la rentrée, doivent permettre d’adapter l’offre, les tarifs et les stratégies d’accueil. La réponse esquissée tient en un mot : durable. Non pas comme un slogan plaqué sur une brochure, mais comme une nécessité. « Les Gardois ne doivent pas subir le tourisme de masse », insiste Pascale Fortunat-Deschamps. Mobilités douces, meilleure répartition des flux, valorisation de l’arrière-pays, nature et patrimoine : le Gard veut faire de ses fragilités une force. Le nouveau magazine Escampettes, la topocarte et l’application Latitude Gard, qui remplace Rando Gard, doivent accompagner cette itinérance plus douce.

    « Le Gard a énormément d’atouts et nous ne le disions pas de façon claire », ajoute Claire Pradel, de Gard Tourisme. « Nous sommes le seul département à avoir trois réserves biosphères et de vraies typicités. Il nous faut le montrer, cela existe ! » Reste à tenir l’équilibre. Faire venir sans saturer. Faire découvrir sans abîmer. Faire vivre l’économie sans transformer les habitants en décor. Dans ce Gard aux trois réserves de biosphère, entre pierres romaines, bambous cévenols et horizons camarguais, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer. Il est d’accueillir mieux, pour que le tourisme profite au territoire sans lui faire perdre son âme.

  • [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    Des cris d’indignation que le président de la République a semblé vouloir éteindre. Le 10 juin, à l’issue du Conseil des ministres, Emmanuel Macron déclarait : « On ne répond pas à un drame par des cris. » Des mots perçus comme indécents par ceux qui ont fait le choix d’être présents ce lundi 15 juin devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Des propos aussi perçus comme une forme de victimisation secondaire par ceux qui ont été et sont encore confrontés à des violences sexuelles.

    À cela, la présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques, relais local de l’appel national, répond : « Quand un système choisit de ne pas protéger, il construit les conditions de la récidive. Le cas de la famille Barella est la démonstration de ce que beaucoup dénoncent depuis des années. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, soit plus de 400 par jour. Une victime sur cinq porte plainte, et parmi celles qui trouvent le courage de parler, la majorité ne trouvera jamais justice.» Tels sont les mots qui ont ouvert ce rassemblement.

    Ce soir-là, les statistiques ont pris des visages. Parmi la foule, une mère s’avance, les larmes aux yeux, pour témoigner de l’histoire de ses jumelles, aujourd’hui âgées de six ans. « À l’âge de trois ans, mes filles rentrent de chez leur père en me disant : papa me touche, papa me fait ça. Je suis allée porter plainte et celle-ci a été classée sans suite. Elles sont traumatisées. Il y a eu un signalement de l’école, une photo de fissure anale. Pourtant, le procureur a demandé il y a deux semaines un réquisitoire de non-lieu. Personne ne nous aide, personne ne croit mes enfants. » Dans la foule, des visages se ferment, des personnes crient, scandalisées. Beaucoup pleurent, aussi.

    Plus tard, c’est une jeune fille de seize ans qui prend la parole. « À quinze ans, je me suis fait violer en boîte de nuit. C’était la première fois que j’y allais. Deux mois après, je porte plainte. Et le policier me dit : “Mais mademoiselle, fallait pas être en boîte” » Un an plus tard, son agresseur n’a eu droit qu’à une garde à vue. « Honte à la police ! », s’exclame-t-elle devant la foule.

    Il y avait aussi cette femme, qui parlait de l’agression de sa fille de deux ans et qui remercie les policiers. Elle raconte avoir été bien accompagnée : « La police a été super et a fait une enquête, ma fille a été entendue, ainsi qu’une nounou qui estimait que je lisais trop de livres et que le père, le violeur, était tout à fait charmant. » Un mois après, une saisie en référé a abouti à une suspension du droit de visite et d’hébergement du père. Mais ce dernier a fait appel. « On est alors passé devant une juge plus âgée qui a commencé l’audience par : “Vous savez, madame, des études scientifiques montrent qu’on ne peut pas se fier à la mémoire d’un enfant de moins de six ans. Vous avez fait confiance à cet homme pour faire un enfant avec lui, pourquoi s’en méfier maintenant ? Madame, il va falloir vous entendre avec monsieur pour l’éducation de votre enfant. » Finalement, le jugement a estimé qu’il n’y avait pas de risque avéré et pas de raison d’empêcher le père de voir sa fille. « La police m’a aidée. La justice, non. »

    Manque de formation des professionnels

    Un manque de formation des officiers de police judiciaire (OPJ) et des magistrats que dénoncent plusieurs participants. Un déficit qui se retrouve à tous les niveaux, et que pointent aussi ceux qui travaillent au quotidien auprès des victimes. Mohamed Amine Ali, étudiant en formation d’éducateur spécialisé, témoigne : « Je suis amené à accompagner des jeunes qui ont certaines problématiques, dont la majorité ont subi des violences sexuelles ou de l’inceste. Mais du fait du tabou qui entoure le sujet, le problème n’est pas traité, car les professionnels ne sont pas formés. On parle souvent de libérer la parole des victimes, mais selon moi ce n’est pas là que se situe le problème. La parole est dite. C’est à nous, en tant que professionnels, d’être en capacité de l’entendre et de l’écouter. On a une grosse marge de progrès. » Une des nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes étaient réunies ce lundi soir, et le seront les lundis suivants. Ce soir-là à Montpellier, on ne répondait pas à un drame par des cris. On répondait par des noms et des faits.

    En ce sens, une plateforme a été créée le 12 juin. « Classes-sans-suite.com » permet à toute personne de témoigner d’une plainte qui n’a pas été prise en compte ou déposée. En 81 heures : 80 500 connexions et 1 957 témoignages…

  • L’autre appel, celui du communiste Charles Tillon

    L’autre appel, celui du communiste Charles Tillon

    C’est l’appel avant l’appel. Celui qui n’est pas mentionné dans tous les livres d’Histoire mais qui témoigne de la bravoure d’un homme. Diffusé sous forme de tract dans la région bordelaise, « l’appel au peuple de France » de Charles Tillon est publié le 17 juin 1940 au nom du Parti communiste, en réaction au discours du maréchal Pétain le jour même qui acte la capitulation de la France face à l’Allemagne nazie. Celle-ci a scellé, en août 1939, un pacte de non-agression avec l’URSS. Dans ce texte, le dirigeant communiste conspue « les gouvernements bourgeois [qui] ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie. La grande force de paix qu’était l’Union soviétique était repoussée. Et maintenant, ils livrent la France », écrit-il. Déchu de son mandat de député selon la loi du 20 janvier 1940, il appelle à résister face à l’envahisseur : « Le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme. Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes », écrit le militant syndical et politique à l’adresse du « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l’action ». Il est l’un des trois principaux dirigeants clandestins du PCF, aux côtés de Jacques Duclos responsable du parti et de Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT. Chargé de la lutte armée, Charles Tillon est le fondateur et commandant en chef des FTPF (Francs tireurs et partisans français). À la Libération il sera successivement ministre de l’Air, de l’Armement et de la Reconstruction.

  • Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    La décision du ministre de l’Intérieur de révoquer et de radier des cadres un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) repris à nouveau à conduire sous l’emprise de substances ou plantes classées comme stupéfiants n’est pas une sanction disproportionnée, a jugé le tribunal administratif de Marseille dans une affaire qui tient quelque peu du gag et du vaudeville judiciaire.

    Dans sa décision du 9 juin, le juge administratif rappelle que l’inspecteur a déjà été reconnu coupable de ces faits à deux reprises par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence qui lui avait infligé une première suspension de six mois de son permis de conduire en 2022 puis une seconde suspension de neuf mois en 2024 assortie d’une amende de 800 euros et, s’il vous plaît on ne rit pas, d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

    Un stage de sensibilisation à la sécurité routière…

    Le requérant soutenait ne consommer du cannabis qu’à des fins thérapeutiques suite à un syndrome anxiodépressif, pour lutter contre ses insomnies et uniquement le soir, avant de dormir. Le juge retient qu’il a été contrôlé positif à deux reprises en seulement deux années d’intervalles et que lors du dernier contrôle où il a été testé positif il faisait passer l’examen du permis de conduire… « Eu égard aux fonctions particulières exercées par le requérant, inspecteur du permis de conduire, à sa récidive, aux risques encourus pour lui et pour les élèves à bord du véhicule ainsi qu’à son devoir d’exemplarité, la sanction de révocation ne peut être regardée comme disproportionnée », a tranché le tribunal.

    Près de 1 300 inspecteurs du permis font passer chaque année 1,8 million d’examens. L’exclusion de cet agent de l’État vise aussi à préserver la crédibilité de ce corps administratif.

  • [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir quitté vos responsabilités au PCF ?

    Jean-Frédéric Déjean : Car les statuts du PCF préconisent de ne pas occuper le même poste plus de neuf ans. Après trois mandats, c’est l’occasion de donner des responsabilités à quelqu’un d’autre. Je ne quitte pas le Parti ! J’accompagnerai la suivante, Margaux Efthimiadi-Alpe, élue le week-end dernier, je continuerai à militer activement et à jouer le rôle d’élu municipal et communautaire.

    Quels sont les enjeux du mandat municipal malgré la défaite ?

    J.-F.D. : Je retiens que malgré tout, les scores ont placé une liste d’union de la gauche portée par un communiste en tête. Il faut mesurer la qualité de notre travail : nous avons augmenté notre score de plus de 2 000 voix au 1er tour comparé aux municipales de 2020. Idem au 2nd tour, où on en fait 600 de plus, alors que Patrick de Carolis en perd au lieu d’être réélu au 1er tour. Cela démontre que notre démarche unitaire est pertinente et que la gauche n’est pas morte à Arles.

    Quelle est votre plus grande fierté après 10 ans à la tête de la section du PCF arlésien ?

    J.-F.D. : Notre capacité à renouveler nos adhérents. Nous avons perdu des camarades âgés, mais aussi réussi à faire venir de nouvelles adhésions et maintenir un effectif équivalent à mon arrivée en 2016. La section est active en dehors de la vie municipale : loto, ferrade, drôle de Noël, solidarité avec Cuba et 1336… Je retiens les 3 semaines de législatives en 2024 où tout le peuple de gauche s’est rassemblé sans se disputer, c’était la première fois que je voyais un tel enthousiasme. C’est là que le désir d’Union pour Arles s’est créé.

    Quel rôle a tenu le PCF dans votre parcours personnel ?

    J.-F.D. : Avant d’être secrétaire de section en 2016, j’ai effectué une formation de cadre. Il y a une volonté dans le Parti d’accompagner les adhérents dans l’acquisition de connaissances économiques, philosophiques et sociologiques, ou l’animation de collectif. Entre mon adhésion en 2013 et aujourd’hui je ne suis plus le même homme. Je le dois à la bienveillance de mes camarades.

    Que comptez-vous faire lors des prochaines échéances électorales ?

    J.-F.D. : Mon engagement c’est avant tout de consolider le rassemblement de la gauche citoyenne et écologiste à Arles, d’être présent sur le terrain dans le cadre de mes mandats. Concernant les échéances électorales, je n’ai pas de plan de carrière, ce n’est pas pour cette raison que je me suis engagé. Tout dépendra de l’état de l’union de la gauche, de ce que veulent les communistes et l’Appel d’Arles. Mais ça ne me ferait pas peur.

  • Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    « On a un bon client là », lance à des policiers municipaux Jean-Luc Queyla, adjoint à la sécurité d’Avignon, en voyant arriver un jeune avec ses écouteurs sur sa trottinette électrique. Une opération de contrôle et de prévention des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) était organisée ce mercredi 17 juin à l’entrée de la rue de la République.

    Alors qu’une quinzaine de trottinettes ont été saisies temporairement – elles seront restituées sur présentation d’une attestation d’assurance – par les agents, et qu’une quarantaine de verbalisations ont été dressées, le maire Olivier Galzi (DVD) en a profité pour exposer un nouvel arrêté d’interdiction de circulation de ces engins. Ainsi, dans une zone concernant la rue de la République, une partie de la rue Thiers et les rues de l’hypercentre situées entre les deux, les conducteurs devront poser pied à terre à partir du 1er juillet, sous peine d’une amende de 135 euros. Cela concerne également les autres EDPM, à savoir les gyropodes, les monoroues ou encore les hoverboards. À cette même date, ils devront également porter un casque (notre édition de ce lundi 15 juin).

    « La priorité est la sécurité des piétons », insiste Olivier Galzi. Un périmètre limité car « c’est tout de même un transport vertueux ». La personne qui gare son véhicule dans un parking relais, soit à Piot, soit aux Italiens, peut ainsi toujours se rendre en centre-ville rapidement. Devant le stand de prévention de la préfecture, le directeur de cabinet du préfet, Thibaut de Cacqueray, estime que les services ont « fait assez de câlinothérapie » et qu’il n’y aura désormais « plus de tolérance ». Ce, après avoir évoqué les deux personnes décédées en trottinette dans le Grand Avignon.

  • Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    La candidate LR aux sénatoriales, Stéphanie Colombero en tournée dans le département pour rencontrer ses soutiens, espère représenter la droite et le Département au Sénat, et briser le règne de la gauche. Cette année, elle est l’unique candidate de droite, alors que, lors des précédentes élections sénatoriales, deux candidats s’étaient présentés et avaient facilité la victoire de la gauche. Elle affrontera le sénateur sortant Jean-Yves Roux (PRG), Fabrice Durnerin (RN), qui avait échoué aux élections municipales de Manosque, et Stephane Durbec, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen et élu d’opposition à Céreste. Mercredi, la candidate s’est affichée aux côtés de ses soutiens de la majorité départementale, la présidente Eliane Barreille (DVD), qui a quitté LR « insatisfaite du fonctionnement », et plusieurs vice-présidents.

    En se déplaçant aux quatre coins du département, Stéphanie Colombero espère, « afficher son attachement à la proximité ». Elle compte sur son expérience en tant que cadre de santé pour convaincre les grands électeurs, alors que les déserts médicaux sont un enjeu majeur dans le département. Elle insiste notamment sur « le maintien à domicile des aînés ». « Le fait de siéger dans la majorité sénatoriale donnera un poids supplémentaire et permettra de faire avancer les projets du département plus facilement », assure-t-elle. Sa candidature est aussi « une façon de faire barrage au RN ».

    « On a un sénateur de gauche car il n’y a pas eu d’entente à droite », explique Eliane Barreille, qui se réjouit d’avoir cette fois-ci une seule candidate issue de LR. Sandra Raponi, qui a laissé sa place à la tête de la fédération des Républicains à Bruno Vivien la semaine dernière, vante les mérites d’une candidate « expérimentée » et « compétente ». « Statistiquement, si on prend le nombre de communes à droite Stéphanie Colombero pourrait avoir ses chances », espère Eliane Barreille.

  • [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    La Marseillaise : La Résistance a été une aventure minoritaire, difficile. Est-ce compliqué de jouer de Gaulle en sachant l’icône qu’il est devenu ?

    Simon Abkarian : Non, car mon travail est d’être au présent de ce que je raconte dans le film. Il faut donc que j’oublie ce qu’il s’est passé. Après, c’est sûr que ça peut paraître casse-gueule d’incarner de Gaulle vu que c’est une icône pétrifiée dans le panthéon de l’histoire de France.

    Qu’est-ce que vous inspire la récupération politique de son héritage par l’extrême droite qui en est pourtant, dans son essence, un ennemi héréditaire ?

    S.A. : Ils se réclament de figures tutélaires comme lui pour faire avancer leur affaire. Mais il faut tenir compte de la matrice du RN qui est celle que l’on connaît.

    Celle que l’on connaît, mais que beaucoup de gens ont visiblement tendance à oublier…

    S.A. : Ça, c’est surtout à cause de certains médias qui s’appliquent à le faire oublier. Mais c’est comme l’histoire de la grenouille et du scorpion. La grenouille traverse la rivière avec le scorpion sur le dos de la grenouille qui dit : « pourquoi tu m’as piquée ? on va se noyer tous les deux ». Et le scorpion lui répond : « parce que c’est ma nature ». Il y a quelque chose de cet ordre. Dans le Rassemblement national, il y a le mot rassemblement qui cloche. Quand on veut rassembler, il faut rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines, naissances, confessions et couleurs de peau. Je trouve dommage qu’on parle toujours de cette ethnicité de la France et jamais du fait social, alors que la misère participe à ce que certaines régions, villes ou quartiers soient livrés à eux-mêmes.

    La perte des repères, les fissures des digues républicaines, le révisionnisme de l’histoire… qu’est-ce que cela dit de la société française actuelle et de ses dirigeants selon vous ?

    S.A. : L’histoire de France, c’est l’histoire de France. De sujets du roi, on est passé à citoyens. De citoyens, on est passé à citoyens éclairés. De citoyens éclairés, on est passés à consommateurs décérébrés. Et après, on nous dit de réfléchir. Mais on n’a plus les outils pour le faire. À mon époque dans les années 1970, on était politisé. On savait qui faisait quoi, où étaient la droite et la gauche. Maintenant, les choses sont ce qu’elles sont sur la planète, le mur est tombé et le capitalisme a gagné la guerre. Il roule sur tout ce qu’il trouve.

    Pensez-vous que « La Bataille de Gaulle » peut permettre de reposer certains repères ?

    S.A. : Alors là, bien sûr qu’il va en poser des repères, ne serait-ce que sur la question de la probité politique, sur l’honneur et la morale, les droits et les devoirs. De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans. Je ne pense pas qu’Antonin Baudry ait réalisé ce film pour que cela résonne politiquement, même si cela va le faire à son corps défendant. Car tout est politique. Moi, j’ai une grande idée de la France. Les gens qui ne font que parler de « grand remplacement » ont une piètre idée de la France et de sa force.

    Quelle était votre image de
    de Gaulle avant de l’incarner
     ?

    S.A. : Chez moi, mon père en parlait en disant qu’il avait sauvé la France et lavé son honneur. Mais je ne savais pas, par exemple pas qu’il avait été condamné à mort par Vichy et déchu de sa nationalité. Mon père était un Arménien du Liban. Il était politiquement engagé à gauche dans la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Chez nous, l’éducation était de base : injustice-justice, héroïsme-lâcheté. On me demande souvent de quelle origine je suis. Je réponds d’abord que je suis d’origine pauvre.

    Arménien et pauvre comme Missak Manouchian. Un apatride, un ouvrier, un poète, un résistant communiste et une figure dont le RN a aussi voulu s’emparer au moment de sa panthéonisation ?

    S.A. : Ils veulent se laver de leur passé et faire peau neuve pour pouvoir accéder au pouvoir. Après, je pense qu’on n’échappe pas à sa nature. Je suis sûr qu’ils vont finir par se réaffirmer tels qu’ils sont avec leur idéologie mortifère.