Category: accueil-third

  • Les supporters entre inquiétude et espoir

    Les supporters entre inquiétude et espoir

    Tic-tac. Une trentaine de supporters attendent devant le centre d’entraînement de l’Olympique de Marseille, ce mercredi, sous un soleil brûlant. Ils espèrent rencontrer les joueurs, une fois leur séance terminée, pour leur demander autographe et photo. « Kondogbia m’a donné son maillot il y a trois ans », se vante un jeune homme, arborant fièrement le drapeau de la Centrafrique, pays d’origine du milieu de terrain olympien. D’autres supporters patientent à l’ombre, assis ou adossés contre un mur tagué aux couleurs de l’OM. Mais ce qu’attendent surtout ces fans, venus des quatre coins de la France, c’est la reprise de l’OM en Ligue 1. Le club phocéen débute le championnat ce vendredi à 20h45 contre Strasbourg. Après « une saison catastrophe », les attentes pour la saison prochaine sont grandes. « J’aimerais qu’on se qualifie en Europe », exprime Angelo, 12 ans, vêtu d’un maillot de l’OM, lunettes de vitesse bleues sur le nez et casquette jaune fluo vissée sur la tête.

    Les impératifs raisonnent aussi dans les discussions et sur les réseaux sociaux. « Je pense que cette équipe va agréablement nous surprendre. Dans l’histoire du club, il y a rarement eu deux mauvaises saisons consécutives. Nous venons d’en vivre une », souligne Gilbert Deukmedjian, ancien membre du Club Central des Supporters, la plus ancienne association de supporters de l’OM, qui n’est plus un groupe officiel depuis 2016. « Pour le moment, c’est la grande expectative. ajoute de son côté l’ultra marseillais Thierry Mode, plus connu sous le nom de Titi c’est toi le boss. Les résultats vont dépendre du groupe qui va rester. S’il reste en l’état, je pense que cela peut tenir la route en Ligue 1 », considère-t-il. « Comme à chaque inter-saison, je ne lis pas et n’écoute pas ce qui se passe à l’OM. Mais cette fois, je dois reconnaître que je m’inquiète un peu. Il n’y a pas eu le moindre recrutement », se désole Gilles, supporter de la Vieille Garde Ultra, premier groupe d’ultras français.

    L’absence de recrue inquiète

    À dix jours de la fin du mercato, qui se clôture le 1er septembre, l’Olympique de Marseille n’a en effet recruté aucun joueur. Une première dans l’histoire du club, qui inquiète les supporters. « J’ai peur de la saison qui arrive. On vend tout le monde, on achète personne. Il y a un problème », regrette Adonis, 14 ans, devant les grilles de la Commanderie, pour qui son meilleur souvenir restera une victoire contre l’OL, il y a deux ans. De son côté, Soraya, 50 ans, supportrice de l’OM « depuis toujours », relativise. « Faisons avec l’équipe qu’on a. N’essayons pas encore d’acheter pour acheter et derrière, creuser la dette. Essayons d’être à l’équilibre et après on verra », soutient celle qui se souvient encore des papinades de Jean-Pierre Papin.

    L’attente s’éternisant, deux petits garçons en survêtement du club se réfugient sous l’ombre du seul palmier de l’entrée du centre d’entraînement. « Weah, Weah ! » s’écrient les supporters. La voiture du défenseur phocéen passe mais ne s’arrête pas. Seuls Ange Lago, attaquant réserviste et Jelle Van Neck, deuxième gardien, s’arrêtent pour passer un moment avec leurs supporters.

    Genesio inspire confiance

    Cette saison marque aussi l’arrivée de Bruno Genesio sur le banc phocéen. Et il a déjà gagné le cœur de certains supporters. « J’ai confiance en Genesio. Il va faire du bon travail, si les dirigeants lui laissent le temps. Cette saison, l’OM paye les erreurs de l’ancienne direction. Il faut faire avec et laisser Genesio travailler », assure Gilbert Deukmedjian. Un sentiment partagé par Thierry Mode. « C’est un très bon entraîneur, qui a déjà réalisé de bonnes choses avec Rennes et Lille. » Mais il est aussi attendu au tournant par certains. « Je dois avouer que j’ai du mal avec Genesio. J’ai le sentiment que l’OM passe d’un extrême à l’autre. J’attends de voir ce que cela peut donner », avance Gilles, de la Vieille Garde Ultra. Malgré une saison « très difficile » l’an dernier, la passion demeure chez les supporters. « En 1993, la ville s’est transformée, elle était bleu et blanc. Il y a un petit bout de tout ça qui est toujours là. C’est aussi pour ça qu’on continue à supporter l’OM, cette ferveur existe toujours », s’émerveille Soraya qui a vécu le sacre européen à Marseille.

    « Je pense que cette équipe va agréablement nous surprendre »

  • Le nouvel exécutif national du PCF

    Le nouvel exécutif national du PCF

    Suite logique du 40e congrès qui s’est tenu début juillet à Lille, la direction communiste nouvellement élue s’est doté, lors de sa première réunion en marge de l’université d’été du PCF, d’un exécutif remanié. La liste proposée a été élue avec 108 voix pour (89%), 13 contre et 10 abstentions.
    Composé à parité, il compte 36 membres. Sa moyenne d’âge se situe à 48 ans. 16 membres sortants n’ont pas été reconduits et 16 autres changent de responsabilité.

    Fabien Roussel (59) Secrétaire national Reconduit au CEN

    Jérémy Bacchi (13) Projet communiste ; suivi Provence-Alpes-Côte d’Azur Reconduit au CEN

    Charlotte Balavoine (93) International, déploiement des campagnes auprès des fédérations Entrée au CEN

    Amar Bellal (35) Écologie Reconduite au CEN

    Hélène Bidard (75) Relations avec le Parti de la gauche européenne (PGE) Reconduite au CEN

    Stéphane Bonnéry (94) Coordination du CEN, lien au CN, suivi des commissions nationales et coordination des revues Reconduit au CEN

    Vincent Boulet (75) Politique de paix, de défense et relations avec les partenaires internationaux Reconduit au CEN

    Ian Brossat (75) Porte-parolat, suivi Île-de-France Reconduit au CEN

    Fanny Chartier (75) Développement des pratiques militantes Entrée au CEN

    Taylan Coskun (93) Coordinateur des moyens institutionnels et juridiques Reconduit au CEN

    Cécile Cukierman (42) Élections, institutions et collectivités Reconduite au CEN

    Léon Deffontaines (80) Communication et suivi des Hauts-de-France Reconduit au CEN

    Sophie Delfino (05) Suivi des nouvelles adhésions Entrée au CEN

    Bénédicte Dupont (59) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Fabien Gay (93) Directeur de L’Humanité Reconduit au CEN

    Clara Gimenez (34) Développement des cellules Reconduite au CEN

    Marie-Jeanne Gobert (14) Médiation et règlement des conflits Reconduite au CEN

    Christophe Grassullo (94) Trésorier national Reconduit au CEN

    Gladys Grelaud (29) Ruralités et suivi Bretagne Reconduite au CEN

    Fatima Khallouk (94) Handicap Entrée au CEN

    Pierre Lacaze (31) Relations extérieures ; relations avec les groupes parlementaires et les partis ; suivi Occitanie et relations avec l’Outre-mer Reconduit au CEN

    Céline Lecat (62) Campagnes de solidarité concrète Entrée au CEN

    Véronique Mahé (44) Lien avec les fédérations Reconduite au CEN

    Frédéric Mellier (33) Entreprises et lieux de travail Entrée au CEN

    Yannick Monnet (03) Affaires sociales Reconduit au CEN

    Özer Öztorun (94) Politique des cadres et quartiers populaires Entrée au CEN

    Nadège Plaineau (50) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Léna Raud (93) Jeunesse Entrée au CEN

    Guillaume Roubaud-Quashie (92) Mouvement des idées ; Président de la Fondation Gabriel Péri Reconduit au CEN

    Aymeric Seassau (44) Relations avec les syndicats Reconduit au CEN

    Patricia Tejas (84) Économie, Finances publiques Reconduite au CEN

    Muriel Ternant (90) Éducation et suivi Bourgogne-Franche-Comté Reconduite au CEN

    Sylvie Vinceneux (83) Logement Entrée au CEN

    Shirley Wirden (75) Droits des femmes et féminisme Reconduite au CEN

    Bora Yilmaz (54) Lutte contre le racisme et l’antisémitisme et suivi Grand-Est Entrée au CEN

    Igor Zamichiei (75) Vie du Parti Reconduit au CEN

    Membres invités

    Bastien Bonnargent (75) Secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF)

    Stéphane Peu (93) Président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale

    Philippe Rio (91) Président de la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes

    Camille Mongin (29) Secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC)

  • Interdire la chasse dans le Var pour renaturer après les feux

    Interdire la chasse dans le Var pour renaturer après les feux

    Depuis début juillet, environ 7 450 hectares ont été incendiés dans le Var, notamment suite à l’incendie du Gros Bessillon, qui a ravagé le département pendant plus de 20 jours. D’après la préfecture, il « a parcouru 6 300 hectares et a brûlé 5 700 hectares sur les communes de Pontevès, Correns, Cotignac, Carcès, Montfort-sur-Argens, Châteauvert et Barjols ».

    Afin de faciliter la renaturation, le préfet a annoncé, ce mercredi 19 août, étudier un arrêté qui « prévoit d’interdire la chasse dans les secteurs boisés incendiés pour la saison de chasse 2026-2027, qui ouvrira le 13 septembre prochain ». Un pouvoir qui est donné au préfet par le code de l’environnement : « En cas de calamité […] le préfet peut, pour tout ou partie du département, suspendre l’exercice de la chasse soit à tout gibier, soit à certaines espèces de gibier » (extrait de l’article R. 424-3). D’après la préfecture, « l’objectif est de favoriser le repeuplement par le petit gibier des zones incendiées », afin de retrouver un équilibre de l’écosystème.

    Une application limitée

    Dans un premier temps, l’arrêté doit être étudié par les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Un comité d’aide à la décision composée de différents représentants d’acteurs environnementaux et de la chasse. La proposition « est soumise, durant une semaine, à la consultation ». L’objectif est de débattre des modalités d’application et non de savoir si l’arrêté sera promulgué.

    Si toutes les autres espèces chassables sont concernées par l’interdiction, le sanglier, lui, sera exempté « afin de permettre la poursuite de la régulation de la population de sangliers dans le département ». Jugé responsable de nombreux dégâts dans les cultures, il est particulièrement nuisible pour une région viticole entrant dans la période des vendanges.

    Si elle est validée, l’interdiction de la chasse sera valable pour dix jours avant de devoir être renouvelée.

  • À Marseille Treize Habitat relance la chaise à porteurs

    À Marseille Treize Habitat relance la chaise à porteurs

    Dans le hall du bâtiment 31, un père et ses deux enfants s’apprêtent à grimper les escaliers pour rejoindre leur appartement au 10e étage. « C’est comme ça depuis 8 mois », confie-t-il avec lassitude et une pensée « pour ceux du 13e ».

    Les locataires du bâtiment 31 de cette cité du 15e arrondissement de Marseille, sont victimes d’une panne d’ascenseur suite à un incendie criminel. « 13 Habitat expérimente un nouveau dispositif de mobilité verticale pour ses locataires et met en place dès ce jeudi 20 août, une expérimentation destinée à accompagner les locataires à mobilité réduite du bâtiment 31 », explique le bailleur social dans un communiqué. Précisant : « Ce dispositif sera maintenu tant que l’ascenseur sera hors service ».

    Les délais de remise en service de l’appareil s’allongent, « relevant à la fois de l’approvisionnement des pièces nécessaires et également de l’intervention d’Enedis », selon 13 Habitat qui n’était pas joignable ce jeudi. Il a fait appel à la société SAMV pour un service de portage à la demande pour les personnes à mobilité réduite ne pouvant pas monter ou descendre seules les escaliers. Ce dispositif leur permet de bénéficier d’un « accompagnement sécurisé dans leurs déplacements avec un numéro d’astreinte, disponible 24h/24 et 7j/7 pour une intervention dans un délai maximum de deux heures ». Une expérimentation qui permettra « d’évaluer le dispositif et d’en mesurer concrètement l’utilisation. Ces retours permettront d’identifier les améliorations à apporter et, le cas échéant, d’élargir le périmètre du service à d’autres situations ou d’autres usages rencontrés sur le département ». Et si on réglait la problématique des pièces et de la réparation ?

  • Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Bien loin des ambitions affichées, le déploiement des énergies renouvelables est de plus en plus à la traîne en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Alors que de nouveaux objectifs de production à l’horizon 2035 doivent être transmis au gouvernement avant le 15 septembre prochain dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le comité régional dédié qui s’est tenu le 17 juin dernier sous l’égide de la préfecture et de la Région Sud s’alarme du retard pris en la matière.

    Le constat est cruel. Le schéma régional d’aménagement, de développement durable, d’aménagement et d’égalité des territoires (Sraddet) voté par la collectivité en 2018 ambitionnait d’atteindre une puissance électrique issue des renouvelables de 13,5 gigawatts en 2024, de quoi plus que tripler la puissance installée en 2012 dans la région. Résultat : en douze ans, à peine 2 GW supplémentaires ont été installés, essentiellement en photovoltaïque, pour atteindre une puissance de seulement 5,6 GW. Quant à la production thermique, si elle a été multipliée par six entre 2012 et 2023 essentiellement grâce au déploiement des pompes à chaleur, seule la moitié de l’objectif est atteinte avec une production régionale de 5,4 TWh. À chaque fois, le retard sur les objectifs programmés se creuse d’année en année.

    Ombre sur le solaire

    Ainsi pour le photovoltaïque, le rythme des installations a ralenti au fil des années et la région est sortie en 2023 du top 3 en termes de puissance raccordée, dépassée par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les perspectives sont loin d’être brillantes : désormais au même rythme d’installations que la région Centre-Val de Loire, la région ne compte qu’une centaine de projets en cours d’instruction au troisième trimestre 2025. Seules la Bretagne, la Normandie et l’Île-de-France, moins réputées pour leur ensoleillement que le Sud, font moins bien.

    « La dynamique pour l’éolien terrestre est presque inexistante dans notre région, sujette à de nombreuses contraintes réglementaires », pointe aussi le comité régional de l’énergie, tandis que le développement de la filière de l’éolien en mer « a été plus lent que prévu ». Quant à la filière hydroélectrique, si elle est « historiquement la plus développée des énergies renouvelables sur le territoire régional », son potentiel est « quasiment exploité en totalité ». Résultat : seul un quart des capacités réservées dans le schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables a été alloué, explique le gestionnaire RTE.

    Alors filière par filière, le comité régional de l’énergie ne peut que constater, comme il le fait pour le photovoltaïque : « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste et doit être revu à la baisse ». Le Sraddet visait une puissance électrique installée de 17,3 GW en 2030 pour les renouvelables. Les ambitions sont désormais divisées par deux, avec un objectif de 8,6 GW à la même échéance. La production thermique visée est quant à elle de 13,8 TWh, contre 17,3 TWh planifiés initialement.

    10 incinérateurs d’ici 2035

    Pour l’électricité photovoltaïque, cela signifie ainsi de couvrir 60 000 toitures et 1 800 hectares d’ici 2030, tandis que la montée en puissance de l’éolien en mer doit suivre les appels d’offres lancés. Pour le biogaz, au-delà de la pyrogazéification amenée à se développer, il faudrait installer 30 à 40 méthaniseurs supplémentaires. En matière de géothermique, la production devrait être multipliée par quatre, et par deux pour la thalassothermie, tandis que 800 000 pompes à chaleurs supplémentaires sont attendues. Enfin, les projections visent une dizaine de chaufferies CSR – des incinérateurs de déchets – d’ici 2035. Une gageure au vu des levées de boucliers à Marseille comme à Istres.

    « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste. »

  • [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    L’association l’Atelier Bleu CPIE Côte Provençale emmène les curieux, dès six ans, à la découverte des sentiers sous-marins sur le littoral de La Ciotat et de Saint-Cyr. Une fois équipé de combinaison, palmes, masque et tuba fournis par l’association, direction le site de Mugel ou Port d’Alon pour une heure dans l’eau aux côtés d’un éco-guide diplômé d’État de plongée. « On fait découvrir les espèces et leurs interactions. On parle aussi des marées en Méditerranée, puisque la plupart des gens sont persuadés qu’il n’y en a pas, alors que certaines espèces en dépendent pour survivre », décrit Damien Braconnier, moniteur de plongée à l’Atelier Bleu.

    Une expérience personnalisée

    Éducateur sportif formé à la biologie marine, il insiste sur la dimension éducative de l’activité : « Contrairement au snorkeling, on apporte un vrai contenu pédagogique qui demande au guide des connaissances écologiques conséquentes ». Les groupes, limités à huit personnes, évoluent selon la saison. « Pendant l’année je travaille surtout avec des enfants. L’été, on a des touristes, mais aussi des locaux intrigués, qui ne savent pas où regarder dans les fonds marins », indique Damien Braconnier. Il évoque notamment le site de Mugel où « des formations rocheuses appelées poudingues donnent un fond différent du calcaire habituel de Provence ».

    À l’Atelier Bleu, aucune sortie n’est identique : « Il n’y a pas de déroulé type, ça dépend de la curiosité des gens. Le guide choisit le trajet le jour même. Ça permet de s’adapter au public, à la météo et d’être plus réactif aux questions qui nous sont posées, précise le moniteur. Ça m’est arrivé d’avoir des gens qui n’y connaissaient rien, comme j’ai pu avoir des biologistes ! » Pour les nageurs moins aguerris, les moniteurs disposent de bouées afin de garantir un point d’appui tout au long de l’activité.

    Toute l’année, l’association assure un suivi biologique des espèces dans les calanques. Damien Braconnier alerte d’ailleurs sur leur souffrance face à « des hausses de température brutales de l’eau, comme on en a eu dernièrement ».

    Réservations sur :
    cpie-coteprovencale.org

  • [Tribune] L’austérité génère l’insécurité

    [Tribune] L’austérité génère l’insécurité

    L’insécurité climatique frappe de plein fouet des centaines de milliers de Françaises et de Français. 125 000 hectares de forêt partis en fumée, des centaines de milliers d’évacués, des centaines de maisons calcinées dont près de cinquante dans le Var. Des régions dévastées par les incendies, des exploitations agricoles, et des PME sinistrées. Des centaines d’emplois impactés par ces méga feux. Sans l’engagement exemplaire des soldats du feu, des services publics locaux, des bénévoles, des élus des communes concernées, le bilan aurait été bien plus lourd.

    Les politiques d’austérité budgétaires ont désarmé la République : toutes les forces politiques qui par leurs votes au Parlement les ont soutenues sont comptables devant les populations. Leurs choix ont fragilisé les services publics et plongé les habitants dans l’insécurité dramatique dont sont victimes des milliers de Français.

    Le PCF propose de réorienter le budget de l’État vers les besoins réels du pays. En arrêtant de servir les grands groupes industriels et financiers et en réorientant les dépenses militaires uniquement vers la défense nationale et non au service des marchands de canons pour satisfaire au diktat des USA. Plus de 200 milliards d’euros annuels seraient disponibles pour mettre en œuvre une véritable politique au service de la Nation.

    Pour doter les services de secours des moyens terrestres et aériens, en regagnant notre souveraineté industrielle pour les bombardiers d’eaux qui pourraient être construits et entretenus en France avec les projets Frégates F-100 à Istres et celui AIA de Cuers Pierrefeu dans le Var. Doter la flotte aérienne de vision nocturne et thermique.

    Réarmer nos Sdis qui ont perdu 1 800 centres de secours et 1 000 véhicules. Revaloriser le statut des pompiers volontaires et professionnels, les doter de protections efficaces contre la chaleur et les fumées toxiques.

    Renforcer l’ONF de 2 000 emplois alors que 25% des postes ont été supprimés.

    La gestion forestière doit être repensée, le Var un des départements les plus boisés, la forêt a progressé de 17% depuis 1980 mais l’exploitation et entretien n’ont pas suivi. Avec 70% de surface privée, la prévention et l’exploitation sont plus complexes.

    Dans son plan Climat 2050 le Parti communiste français propose une grande loi de programmation forestière et une gestion démocratique incluant tous les acteurs concernés. Réfléchir ensemble pour une efficience maximale. Toute aide publique doit être conditionnée aux objectifs définis démocratiquement en termes de plantation, de biodiversité, de tracé des DFCI nécessaires. L’agropastoralisme et le sylvopastoralisme doivent être soutenus pour entretenir et créer des coupures de combustibles et les projets bois-énergies doivent être soumis à évaluation. Cela nécessite un réel débat national et départemental, la sécurité de nos concitoyens et de nos territoires sont en jeu. Le coût financier, économique et matériel sera astronomique mais pourra être absorbé. Les traumatismes individuels et collectifs seront plus difficiles à quantifier.

    Mais comment la solidarité nationale va pouvoir jouer à plein, si nous laissons les sinistrés individuels ou collectifs, les communes, les entreprises ou les exploitations agricoles au bon vouloir des groupes d’assurances privées, qui projettent des augmentations de cotisations de plus de 12%, quand elles n’informent pas leurs souscripteurs qu’elles ne renouvelleront plus le contrat d’assurance ? Oui, il faut un pôle public assurantiel pour faire jouer la péréquation et la solidarité nationale.

  • [Tribune] Verdun ou Waterloo pour Fabien Roussel et le PCF ?

    [Tribune] Verdun ou Waterloo pour Fabien Roussel et le PCF ?

    En se déclarant candidat « jusqu’au bout », malgré des sondages particulièrement défavorables, Fabien Roussel a franchi le Rubicon. Le choix est logique : une candidature sous conditions serait condamnée avant même d’avoir commencé. Mais il est aussi terriblement périlleux. Pour le secrétaire national du PCF, 2027 peut être l’élection de la reconquête. Elle peut aussi devenir celle de l’effacement.

    Verdun ou Waterloo ? L’image est forte, mais elle résume l’enjeu. Verdun, s’il parvient à tenir, reconquérir du terrain et démontrer qu’un parti centenaire possède encore une fonction politique propre. Waterloo, si une candidature enfermée à 2 ou 3% transforme l’élection en défaite stratégique et pose la question de la survie du PCF comme force nationale autonome.

    Le premier danger serait de refaire 2022 « en mieux ». Emploi, salaires, industrie, énergie, services publics, taxation du capital : ces combats restent capitaux. Mais ils ne suffisent plus à construire une identité présidentielle.

    Une présidentielle ne donne pas l’avantage à celui qui possède le catalogue le plus fourni. Elle distingue celui qui parvient à incarner une idée simple du pays et de son avenir.

    D’autant qu’à mesure que l’échéance approchera, la pression du « vote utile » deviendra redoutable si le RN paraît en mesure de conquérir l’Élysée et si Roussel reste très bas. Il devra alors répondre chaque matin à la même question : « Pourquoi êtes-vous encore là ? » Or une campagne ne peut survivre longtemps sur la défensive.

    Il faut donc inverser la question : non plus expliquer pourquoi Roussel se présente, mais démontrer pour quoi sa candidature est nécessaire.

    Passer du programme
    au dessein…

    Pour exister dans une présidentielle, il faut être le nom de quelque chose. Le Pen et Mélenchon, chacun dans un registre radicalement différent, incarnent immédiatement une rupture, le dégagisme. D’autres chercheront à représenter la continuité, le dépassement du macronisme et le barrage au RN. C’est le cas d’Édouard Philippe. Mais Roussel ?

    C’est là que se situe son défi : passer du programme au dessein.

    Non pas 300 promesses, mais une douzaine de grands engagements dessinant la France de 2037 et au-delà : industrielle, instruite, productive, écologique, indépendante, solidaire et pacifique.

    Un pacte populaire de confiance pour un progrès partagé pourrait donner une architecture à cette ambition, à condition de ne jamais devenir un catalogue supplémentaire.

    Prenons la jeunesse. Au lieu d’additionner les mesures, pourquoi ne pas fixer une ambition nationale : mobiliser toutes les forces vives de la Nation pour faire de la jeunesse française la mieux éduquée, formée et cultivée ? École, université, formation professionnelle, culture, sport, santé, logement et emploi cesseraient d’être des dossiers juxtaposés pour devenir les composantes d’un même projet.

    La gauche parle beaucoup des moyens de l’Éducation nationale. Elle parle moins des destinataires : les jeunes et de la France qu’elle veut construire grâce à l’éducation. C’est un espace politique à conquérir.

    Reconquérir le peuple sans courir derrière le RN. L’autre bataille est celle du monde du travail qui s’est éloigné du PCF. L’erreur serait de reprendre quelques thèmes du RN en espérant récupérer mécaniquement ses électeurs. Fabien Roussel pourrait proposer une réponse propre à une demande devenue centrale : la protection.

    Protection du salaire et de l’emploi. Protection face aux déserts médicaux, aux factures énergétiques, au déclassement des territoires et à l’insécurité quotidienne. Protection, enfin, contre le sentiment que les décisions essentielles sont prises sans les citoyens.

    C’est peut-être là que le PCF peut retrouver une part de son identité historique : être à la fois le parti du travail et celui de la protection populaire et celui de l’innovation civilisationnelle.

    Une politique innovante concernant les seniors (catégorie toujours mobilisée par une élection) peut l’illustrer aux yeux des citoyens. Pourquoi continuer à les regarder seulement à travers les retraites, la dépendance et le coût du vieillissement ? Les retraités possèdent des compétences professionnelles, artisanales, techniques ou culturelles. Tutorat des jeunes, transmission des métiers, accompagnement scolaire, vie associative, soutien aux petites communes : le vieillissement peut aussi devenir une force française, mise en œuvre par un ministère des seniors, être l’expression concrète de la solidarité active élevée au rang de politique de vie en commun.

    Ainsi apparaîtrait une différence essentielle : ne pas seulement proposer de redistribuer autrement les richesses, mais organiser autrement la société.

    Jeunesse. Travail et salaires. Industrie. Santé. Logement. Énergie. Alimentation. Écologie. Ruralité et territoires. Seniors. Démocratie. Paix et politique internationale.

    Ces batailles nationales peuvent suffire, chacune assortie d’engagements compréhensibles, financés et vérifiables, mais surtout d’un objectif à dix et 20 ans. La présidentielle retrouverait ainsi sa fonction première : choisir non seulement un gestionnaire, mais une direction pour le pays.

    Cette ambition peut aussi s’enraciner dans les territoires. Faire émerger dans les circonscriptions des femmes et des hommes chargés de porter localement le pacte permettrait de relier présidentielle et législatives. Pendant que Fabien Roussel mènerait la bataille nationale, plusieurs centaines de visages mèneraient la bataille locale : usine menacée ici, désert médical là, école, agriculture, transports ou logement ailleurs.

    Même un résultat présidentiel modeste pourrait alors produire quelque chose : militants remobilisés, nouveaux adhérents, candidats identifiés, réseaux reconstruits. La présidentielle ne serait plus seulement une bataille électorale. Elle deviendrait le premier acte d’une reconquête territoriale.

    Alors, Verdun ou Waterloo ?

    Fabien Roussel et le PCF partent de loin. Le chemin vers le second tour paraît aujourd’hui extrêmement étroit. Mais le premier défi n’est pas encore celui des pourcentages : il est de rendre la candidature du dirigeant communiste politiquement nécessaire.

    S’il reproduit une campagne communiste classique, additionnant revendications sociales, nationalisations, hausses de salaires et taxation du capital, il risque d’être broyé entre Mélenchon, le vote utile et le RN. S’il court derrière ses adversaires, il disparaîtra derrière eux.

    S’il transforme en revanche sa candidature en proposition d’un nouveau contrat national, appuyé sur un Pacte, articulant question sociale, production, écologie, éducation, sécurité quotidienne, souveraineté démocratique et paix, il peut rouvrir un espace.

    Car l’enjeu dépasse le score de Fabien Roussel. Il tient en une question : le PCF est-il encore capable d’incarner un nouveau dessein national ?

    Waterloo, si cette présidentielle n’est que la répétition des précédentes.

    Verdun, si 2027 devient le point de départ d’une reconquête politique, populaire et territoriale.

    Entre les deux, il reste un chemin : surprendre, innover et donner à nouveau envie de croire qu’une France nouvelle est possible.

  • [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    À l’Estaque, un géant jaune de 28 mètres de long et de 300 tonnes sommeille dans un hangar. Le Saga, plus grand sous-marin civil du monde, imaginé par le commandant Cousteau, reprend vie à travers une conférence donnée par l’association des Compagnons du Saga ce vendredi, au stade nautique Florence-Artaud. L’évènement, gratuit, affiche déjà complet.

    Pendant près d’une heure et demie, le public va remonter aux origines du Saga, né d’une ambition de Jacques-Yves Cousteau : « faire vivre et travailler des hommes sous l’eau », rappelle Marius Orsi, vice-président des Compagnons du Saga. Après trois expériences de vie sous-marine, Cousteau imagine une maison autonome pour « cracher » des plongeurs jusqu’à 450 mètres de profondeur.

    Le projet prend forme en 1970 à L’Estaque, mais s’arrête rapidement, faute de financement de l’État. Il ne reprend qu’en 1983 sous l’égide de la Comex, la compagnie maritime d’expertises et de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. « Ils sont partis d’une nouvelle étude, en tenant compte des nouvelles technologies », précise Marius Orsi. Ce qui a permis d’« aboutir sur un projet bien plus performant que le premier », souligne celui qui a participé au premier chantier du Saga en tant que mécanicien. En 1987, une fois achevé, le sous-marin possède une autonomie de 21 jours, contre huit initialement.

    « C’est, encore aujourd’hui, le seul sous-marin au monde où on a pu faire sortir et travailler des plongeurs à 320 mètres de profondeur », insiste Marius Orsi. Pourtant, faute de moyens financiers pour le déployer sur de longues missions, l’histoire du Saga s’arrête une nouvelle fois, en 1991, où il est remisé à l’Estaque.

    Des visites virtuelles gratuites

    Ce n’est qu’en 2012 qu’une douzaine de passionnés, les Compagnons du Saga, entreprennent sa sauvegarde : restauration dans l’ancien atelier de la Comex, visites ouvertes au public depuis 2017 et un livre publié cette année. « Le but de ce livre c’est de laisser une trace des compagnons et des 50 ans d’histoire de ce sous-marin », explique le vice-président de l’association.

    Les visites du hangar sont toutefois suspendues depuis août 2025, pour des raisons de sécurité liées au site. « On reste optimistes pour rouvrir très rapidement », soutient-il. En attendant, les Compagnons du Saga proposent ce vendredi, avant la conférence, de 16h à 18h, par créneaux de 15 minutes, des visites virtuelles gratuites du sous-marin. « Dans des casques de réalité virtuelle, les visiteurs pourront découvrir le Saga de l’intérieur, comme s’ils y étaient. C’est très beau. On s’y croirait ! » assure Marius Orsi.

  • [Entretien] « On va créer une inégalité hydraulique avec les digues du Coulon »

    [Entretien] « On va créer une inégalité hydraulique avec les digues du Coulon »

    La Marseillaise : Vous organisez samedi en fin de journée une balade/rassemblement à Robion pour mettre en avant 17 km d’îlots de fraîcheur. Dans quel but ?

    Pierre Leclerc : On souhaite fêter un double tour de force d’avoir réussi à déposer en 15 jours deux recours en justice contre deux étapes d’expropriations et d’aménagements des digues du Coulon. C’est aussi une occasion de se rencontrer entre différents acteurs associatifs. Enfin, l’idée est de faire connaître le Coulon bleu, où il y a tout le temps de l’eau l’été. Ceux qui viendront samedi verront qu’il coule à flots, qu’il y a des cascades malgré la sécheresse. C’est un privilège d’avoir 17 kilomètres de rivière, en plus à l’ombre. Et quand on voit que Cavaillon est promise à être une des villes les plus insupportables à vivre face aux températures [selon un classement du Parisien], c’est étonnant qu’on soit amené à raser ces 17 km.

    Vous parlez de recours. Sur quoi portent-ils ?

    P.L. : Il y a un premier concernant des expropriations à Robion porté par trois riverains du Coulon, quartier de la Tengude. L’agglomération Luberon Monts de Vaucluse veut y refaire les digues d’ici à 20 ans. Il y a un deuxième recours, beaucoup plus important, avec 5 associations et 9 riverains, côté Cavaillon, pour s’opposer au commencement des travaux prévus l’année prochaine par le SIRC (syndicat intercommunautaire rivière Calavon-Coulon). On attaque sur tous les aspects écologiques. Les travaux consistent à raser des digues existantes pour les remplacer par des digues inégales. Parfois on peut admettre, comme sur l’île de la Barthelasse, un côté sacrifié car il est 30, 40 ou 50 fois moins peuplé que le côté protégé. Là, on va créer une inégalité hydraulique aux dépens de la population la plus nombreuse, soit environ 900 personnes, pour protéger, avec une digue dite insubmersible les 200 hectares du quartier agricole du Grès qui compte 300 personnes. Au lieu que l’eau aille des deux côtés, elle n’ira plus que d’un côté. Tout ça derrière pour obtenir des terrains constructibles.

    Il y a un an, vous alertiez sur l’absence de plan de prévention des risques inondations (PPRI) du Coulon aval. Le dossier a depuis été relancé…

    P.L. : Oui, alors qu’il date de 2002… Il devrait y avoir une enquête publique à la fin de l’année. On a eu droit à une nouvelle consultation avec trois réunions publiques en juin assez houleuses. Pour nous ce PPRI reste scandaleux. C’est notre motivation principale à l’association depuis 13 ans : il y a des zones inondables totalement cachées, des milliers de gens à L’Isle-sur-la-Sorgue, au Thor, à Châteauneuf-de-Gadagne, à Velleron et jusqu’au centre d’Entraigues qui sont inondables et dont le risque est caché dans le PPRI.