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  • La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    Présenter, à l’appui des images, la mémoire de l’horreur. C’est ce que propose l’exposition « La part visible des camps », composée de photographies du camp de concentration nazi de Mauthausen (1938-1945) et installée du 4 au 8 mai dans la salle des Rotatives de La Marseillaise (2e). L’exposition présente « l’ensemble des fonds d’images existants » sur Mauthausen, où furent conduits plus de 200 000 hommes, et quelques milliers de femmes. On y retrouve : des clichés SS, des photos prises, sur les mêmes appareils, par des détenus libérés et enfin celles prises par des libérateurs américains. L’exposition, portée par les Amicales française et espagnole d’anciens déportés de Mauthausen, auxquelles se sont associées les autorités fédérales autrichiennes, compte quelque 500 clichés et circule en Europe depuis 2005. Entrée libre de 10h à 18h.

  • Le Rove recrute trois nouveaux gardes forestiers

    Le Rove recrute trois nouveaux gardes forestiers

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan régional « Guerre du Feu », porté par la Région Sud depuis 2018, et fondé sur trois axes majeurs : prévenir, combattre et reconstruire.

    Située au cœur du massif littoral de la Côte Bleue, la commune du Rove bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel, protégé par le Conservatoire du littoral et géré par l’Office national des forêts. Un patrimoine fragile, particulièrement exposé aux départs de feu. Les gardes recrutés auront pour mission principale d’assurer la sensibilisation, l’information et la surveillance du public. Ils interviendront notamment pour expliquer les règles d’accès au massif, définies par arrêté préfectoral, en fonction des niveaux d’alerte incendie, des créneaux horaires autorisés et des zones réglementées. Objectif : limiter l’accès aux espaces sensibles et garantir la sécurité des usagers.

    Au contact direct des promeneurs, notamment dans les zones très fréquentées comme les accès au sentier des douaniers, ces agents joueront un rôle pédagogique essentiel pour rappeler les risques liés aux incendies et encourager des comportements responsables. Une présence de terrain indispensable pour préserver durablement les espaces naturels du littoral.

    Les personnes recrutées, âgées d’au moins 18 ans et véhiculées, assisteront à une formation obligatoire du 22 au 26 juin (possibilité d’aménagement). Les candidatures sont à envoyer par mail à l’attention du maire du Rove avant le 15 mai 2026.

    cabinetdumaire@le-rove.fr Modalités et critères sur lerove.fr

  • Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Du brouillard des Flandres à la côte de Provence

    Une ronde endiablée fait tourner, sur un fond bleu des mouvements roses. À gauche une grande figure entraîne toute la chaîne ! Quelle ivresse ! Quelle bacchante ! Cette arabesque souveraine, cette courbe empoignante qui va de la tête tournée jusqu’à la hanche saillante descend le long de la jambe tendue » Cette description de La Danse, l’un des tableaux les plus connus de Henri Matisse, nous la devons à son ami Marcel Sembat, époux de Georgette Agutte, femme peintre pour laquelle nous marquons de la prédilection. Matisse, dont le critique d’art, Roger Marx, mort en 1913, a écrit qu’il préférait les épreuves de la lutte aux succès de la vogue, qu’il était toujours présent aux fêtes de la lumière et de la couleur, qu’il avait réussi à exprimer les accords du monde extérieur avec sa nature, passionnée et tendre.

    Une icône du fauvisme

    C’est cet artiste qu’Éric Sarner, écrivain qui aime à se définir comme un « voyageur-chroniqueur », nous présente dans ses sympathies affectives, son art, sa complicité avec sa mère et sa fille, ses débuts, ses voyages, son esthétique du bonheur, ses influences, ses émotions propres, sa rencontre avec Isidora Duncan, pionnière de la danse moderne. Mais surtout sa Danse, devenue une icône du fauvisme, et en laquelle Matisse (choyé à Moscou et encensé par la presse russe) voyait un sujet décoratif et musical, une danse plus vivante et moins formelle qu’un ballet classique, ainsi que le rappelle Sarner. Sa dernière grande réalisation fut la décoration de la chapelle du Rosaire à Vence. Un récit-enquête, parfaitement mené et fort bien écrit, qui fait honneur à la collection « Le roman d’un chef-d’œuvre ».

    HD, 14,90 euros

  • André Chamson, le Cévenol universel

    André Chamson, le Cévenol universel

    Il y a des noms que les plaques de rue sauvent, mais que le temps finit par endormir. André Chamson (1900-1983) fait partie de ces figures immenses que l’on connaît de nom, sans toujours mesurer l’épaisseur d’une vie, ni la vigueur d’une œuvre. Du 14 avril au 11 juillet, la bibliothèque du Carré d’Art remet l’écrivain nîmois au centre du jeu avec une exposition au titre frontal : « Quels hommes sommes-nous devenus ? André Chamson, itinéraire d’un humaniste au XXe siècle ». Une question qui claque aujourd’hui comme un rappel à l’ordre, à l’heure des replis, des haines et des renoncements.

    Le parcours s’appuie sur une matière rare : le fonds Chamson, enrichi par un don majeur de sa fille Frédérique Hébrard en 2021, puis complété en 2024 par ses petits-enfants. Des dizaines de cartons, des milliers de documents, près de 150 boîtes cataloguées : manuscrits annotés, correspondances, photographies, dessins… Un trésor de première main, patiemment classé (Chamson et son épouse, Lucie Mazauric, étaient archivistes) et désormais conservé dans la réserve précieuse de l’une des bibliothèques municipales classées. Le soir du vernissage, la transmission avait aussi des visages : ses petits-enfants, Catherine et Nicolas Velle, étaient présents pour l’inauguration. Le petit-fils, très ému, a salué ce retour de Chamson « à la maison », au milieu de ses archives et de ceux qui continuent de le faire vivre.

    Un trésor d’archives

    De l’enfance cévenole, nourrie d’héritage protestant et de mémoire camisarde, aux responsabilités parisiennes (Archives, Petit Palais, Académie française), l’exposition suit un fil double, chronologique et thématique, sans perdre l’essentiel : la cohérence d’une pensée. Chamson n’écrit pas hors-sol. Il écrit contre l’abdication. Contre le fascisme. Avec le Front populaire et le journal Vendredi. Et quand vient l’Occupation, il choisit le refus du mensonge et l’obstination du travail. Dans un cahier de 1941, une phrase bouleverse encore : « J’écris pour le jour de la liberté. » Toute l’exposition est là, dans cette foi têtue : tenir, transmettre, résister. Le volet guerre frappe particulièrement : sauvegarde des œuvres, engagement, brigade Alsace-Lorraine aux côtés d’André Malraux. Puis le retour à la littérature comme acte moral avec Le Puits des miracles, La Superbe et, en creux, une même boussole : la dignité humaine.

    Autour de l’exposition, deux grandes journées (24 et 25 avril) prolongent le dialogue avec conférences, projections et spécialistes : une manière de faire de cette redécouverte un moment vivant, pas un mausolée. Car Chamson ne se lit pas comme une gloire locale rangée sur une étagère : il se reçoit comme une exigence. Dans ses notes de guerre, il laisse ces mots, bouleversants et d’une actualité brutale, comme un viatique pour temps incertains : « J’écris pour le jour de la liberté. J’écris pour conjurer les maléfices de la défaite. (…) Qui n’y retrouvera pas le ton d’une voix déjà entendue en lui-même n’y retrouvera rien. (…) Car il existe une espérance au-delà de tous les désespoirs. » Au Carré d’Art, cette voix revient, intacte.

  • À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    Finis les deux tréteaux précaires pour examiner un objet, l’étroit escalier en colimaçon ne permettant pas de faire passer des statues ou bien l’espace de lavage qui cohabitait avec la vaisselle des agents. Depuis septembre, les dix archéologues du service départemental ont pris possession d’un nouveau cadre de travail bien plus optimal pour mener à bien leurs missions. Ils ont laissé sans regrets les vétustes locaux de la rue Saint-Charles dans l’intra muros d’Avignon pour le pôle des patrimoines à Agroparc, qui sera inauguré le 28 mai. Celui-ci abrite désormais toutes les collections vauclusiennes (céramiques, lapidaire, mobilier métallique, ossements, objets en bois, mosaïques, etc.), auparavant disséminées sur plusieurs sites.

    « Je n’ai pas l’impression de travailler », se régale Vincent Faure, gestionnaire des collections. Aux côtés notamment d’Emilie Fencke, cheffe de service, il a participé à l’élaboration de l’exposition permanente « Mon trésor », qui sera accessible au public dès le 29 mai et présentera quelques-unes des plus belles pièces du service. « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré, même nous, on redécouvre tous ces objets qui étaient stockés », apprécie Vincent Faure tout en déballant fièrement une timbale et une bague en or, dans un état de conservation remarquable. Des objets trouvés dans ce qui était une tombe d’enfant à Robion et datant de l’époque antique. Des pépites qui feront partie de l’exposition Mon trésor.

    Au-delà du titanesque déménagement des archives départementales du palais des Papes vers Mémento, le pôle des patrimoines abrite donc le service archéologie, créé il y a plus de 40 ans. « Notre mission principale, c’est de l’archéologie préventive, expose Emilie Fencke. Lors de tout chantier, l’État peut prescrire des fouilles. On sonde 10% du terrain pour un premier diagnostic et en fonction ensuite tout le sol est fouillé et archivé. » Un cas assez rare car seulement 10% des chantiers sont sondés et ensuite à peine 1% font l’objet d’une fouille préventive.

    Chaque pièce entrant à Memento fait l’objet d’un cheminement méticuleux : station de tamisage à l’extérieur puis zone de quarantaine ou salle de lavage. Direction ensuite une salle scientifique. « En ce moment on a des sédiments du château des Princes à Orange, avec des restes d’un boulet de canon époque Louis XIV », fait valoir Emilie Fencke. Des objets qui cohabitent avec les trouvailles issues de recherches lors de l’installation de conteneurs enterrés en intra muros d’Avignon. La salle de stockage change aussi de dimensionnement. « On passe d’un dépôt de 450m2 et 2m de haut qui était derrière le parking des Italiens à une réserve de 560m2 et 6m de haut, chiffre la cheffe de service. Soit une capacité de stockage de 590m3. » De quoi voir venir pour les 20 prochaines années.

    « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré »

  • Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    La Marseillaise : Qu’avez-vous pensé du conseil communautaire Pays de Forcalquier – montagne de Lure de mardi ?

    Jean-Michel Grès : La breaking news, c’était l’abandon de la piscine couverte, projet pharaonique du programme de David Gehant (maire réélu et président de la communauté de communes). Un gros budget de 2,5 millions d’euros est prévu pour l’école de musique. Il y a une grosse attente, les gens y viennent de partout, ils sont à l’étroit. Mais le terrain n’a toujours pas été acheté. Les deux projets phares sont donc mis en balance. C’est pas ce qu’il avait promis. C’était de l’esbroufe.

    La situation de la montagne de Lure a également été évoquée ?

    J.-M.G. : C’est une station où il n’y a plus de neige. Il y a eu cette année la première neige depuis cinq ans. Avant le réchauffement climatique, il neigeait tous les hivers. Les installations de la station de ski ont été démontées il y a une quinzaine d’années. Un projet de montagne en quatre saisons a été initié en 2020. David Gehant a raison, la montagne de Lure se suffit à elle-même, c’est un beau lieu de nature sauvage, préservé, avec des chamois, des loups.

    Considérez-vous être dans l’opposition ?

    J.-M.G. : On n’est pas vraiment dans l’opposition. On se considère comme une minorité. L’idée, c’est de travailler en concertation et de trouver un consensus tous ensemble. C’est ce qu’on voulait faire en tant que majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas en tant que minorité. Le conseil des maires rééquilibre la gouvernance. C’était clairement un de nos éléments de programme. On ne peut être que d’accord, si David Gehant utilise nos arguments. On pourrait dire “attendez, ça on l’a dit avant vous”, mais c’est pas l’idée non plus.

    Trouvez-vous que David Gehant fait des propositions qui vont dans le sens de votre programme ?

    J.-M.G. : Oui, je pense, il a clairement fait une campagne de centre gauche. Il n’a pas eu tort. Ses propositions rejoignent les convictions centre gauche, socialistes de certains électeurs. S’il se tient bien droit dans l’arc républicain, cela ne posera aucun souci de travailler avec lui.

    Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

    J.-M.G. : D’arriver à ce que les idées sur lesquelles on est d’accord puissent vraiment être réalisées. D’arriver à faire des propositions sur des éléments passés sous silence. Par exemple, dans le programme de David Gehant, il n’y a aucune allusion aux personnes en situation de handicap. On sera vigilants sur différents projets d’aménagement, qu’on reste le plus possible dans le cadre des préoccupations écologiques. On ne s’opposera pas bec et ongles. On fera des contre budgets. On veut avoir un fonctionnement municipal apaisé.

    Pensez-vous que David Gehant aurait sa place en tant que président de la Région ?

    J.-M.G. : S’il est vraiment capable de faire barrage au RN, oui. Il y a une nuance entre l’ennemi mortel et l’ami imparfait. S’il reste dans l’arc républicain, au moins on peut discuter avec lui. Si on se retrouve avec une présidence RN, on va tous souffrir. On a un ennemi commun.

    Vous pensez donc qu’il y a du potentiel pour travailler ensemble ?

    J-M.G. : C’est ce qu’il dit. Il tend la main : jouons ce jeu. On verra jusqu’où il est prêt à aller. Par exemple, on a les moyens d’arrêter l’augmentation de la taxe d’habitation. Le budget festivités municipal est quand même passé de 80 000 euros en 2019 à 400 000 euros en 2025. Il y a des moyens d’économiser.

  • Lucien Molino. Le rôle décisif des travailleurs

    Lucien Molino. Le rôle décisif des travailleurs

    Je dois regretter que le groupe communiste, à part Raymonde Nédelec, ne se soit pas battu contre la loi du 11 août 1947, présentée par Germaine Poinsot-Chapuis, qui permettait aux patrons de toucher des indemnisations sur les bénéfices réalisés, ce qui était scandaleux : nous voulions qu’ils soient en totalité versés à l’État.

    Au cours des mois suivants prirent fin ces importantes expériences de gestion ouvrière. Aux ADN, la réquisition se termina par un accord, le 27 janvier 1948, entre le comité de gestion et les actionnaires. L’Union départementale était écartée par ces annulations du contrôle des entreprises régionales qui avaient été un exemple pour le relèvement de notre économie. Cette remise en cause laissait chez les travailleurs une colère et une profonde amertume, en particulier chez le directeur des ADN, Monsieur Comin qui avait tant travaillé pour la réussite de la gestion ouvrière.

    Les enseignements de trois années de gestion ouvrière

    Ce fut une expérience concluante. La production fut relancée et les entreprises réquisitionnées ont largement apporté leur contribution à l’effort de guerre, puis au redressement de l’économie nationale, justifiant les décisions qu’avait prises, sur notre demande Raymond Aubrac.

    Ces réquisitions ont bouleversé les normes du droit de propriété. Elles étaient pour nous I’annonce d’expropriations, de nationalisations, à terme d importants changements sociaux, c’était une révolution. Pour la première fois, les salariés accédaient à la gestion économique, c’était pour l’Union départementale des problèmes nouveaux auxquels nous avons fait face sans y être préparés et les résultats montrent que nous avons fait face aux difficultés, nous avons improvisé des solutions qui par la suite ont fait l’admiration du peuple marseillais.

    Mon grand regret, c’est que le contexte politique d’alors ne nous ait pas permis de tirer les leçons exemplaires d’une expérience unique qui certes au début, fut critiquée aussi bien par la Confédération générale du travail que par le Parti communiste. Je fus accusé de vouloir créer des soviets dans les entreprises à Marseille, ce qui n’était pas le cas.

    De fait, et c’est très important, les réquisitions ont permis le bon fonctionnement de la base alliée américaine qui avait besoin des services du Port et des moyens de communication. Je voudrais rappeler que ce qui pesait sur la France, c’était la main mise américaine.

    Nous avons évité que l’armée américaine prenne en main la gestion des affaires civile (AMGOT).

    Comme l’a écrit Raymond Aubrac, commissaire de la République, je crois sincèrement que cet épisode imprévu et imprévisible a joué un rôle positif dans la reprise de la vie de Marseille, dans l’effort de guerre français et dans la conscience collective des travailleurs marseillais. Ils peuvent être fiers de cette expérience, hélas oubliée.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Non à la fonte des classes ! » Même si la situation est grave, le syndicat Sud Education de l’Hérault ne perd pas son humour pour dénoncer les fermetures de classes qui se profilent pour la rentrée 2026. Les cartes scolaires se préparent maintenant. Les bras de fer aussi. « Comme dans le second degré, la baisse démographique va servir de prétexte au gouvernement pour réaliser de grosses économies », analyse le syndicat. « Dans l’Hérault, la saignée se traduit par la fermeture de dizaines de classes : 111 fermetures pour seulement 39 créations, y compris dans des écoles rurales isolées, dans des écoles dont les IPS [indice de position sociale] sont très bas, ou même en éducation prioritaire, qui n’est malheureusement pas épargnée », explique encore Sud 34 éducation sur son site internet.

    Dans le Gard, les fermetures de classes en primaire (maternelle et élémentaire) inquiètent aussi. « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! », prévient l’Unsa éducation du département.

    Ce vendredi 17 avril, veille des vacances de Pâques dans l’académie de Montpellier, le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) devait se prononcer sur les décisions présentées le 9 avril en Comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD), seule instance de négociation entre syndicats et académie. Pour le premier degré (maternelle et élémentaire) hors zone d’éducation prioritaire, la carte scolaire 2026 envisagée se traduit pour l’Hérault par 28 créations de classes, dont 13 en maternelle mais surtout par 52 fermetures, dont 11 en maternelle, selon les documents rendus publics par les syndicats. Les écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ne sont pas épargnées : 31 classes seraient supprimées dont au moins 17 en maternelle ! Parmi les écoles élémentaire touchées : Franklin Roosevelt à Montpellier avec 6 classes supprimées, ce qui va entraîner la fermeture pure et simple de l’école.

    Autre exemple, l’école Les Romarins à Béziers perd une classe mais grâce aux syndicats la suppression prévue à l’école Gaveau-Macé a été retirée de la liste. Ce n’est pas le cas pour les écoles Galilée , Daubié et Bolivar à Montpellier. Pour les écoles maternelles, la saignée est forte en ZEP : Carnot à Béziers est placée « sous surveillance » (une classe pourra ou pas être supprimée). À Lunel, trois écoles maternelles sont touchées par des fermetures : Gambetta, Pont de Vesse et Arc-en-ciel. À Montpellier, les écoles Virginia Woolf et Vincent Van Gogh seront fermées après la suppression de 2 et 3 classes. Côté créations, 12 classes sont prévues au sein du Pôle éducatif Halles Nord à Montpellier, une classe à l’école Samuel Paty à Béziers et une autre à Hypatie à Montpellier. Mais ces 14 créations de classes sont loin de compenser les suppressions dénoncent les syndicats.

    Dans le Gard, 21 fermetures sont prévues en zone d’éducation prioritaire en maternelle, élémentaire et primaire. Saint-Gilles, Nîmes, Alès et Beaucaire sont les communes concernées. Hors éducation prioritaire, ce sont 38 fermetures de classes qui seront effectives à la rentrée 2026 avec, parmi les communes touchées, Nîmes, Beaucaire, Alès, Saint-Gilles, Bessèges, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ,Saint-Laurent-d’Aigouze , Saint-Jean-du-Gard, Caissargues, Vergèze, Bouillargues, Les Salles-du-Gardon Laudun, Pont-Saint-Esprit, Aimargues – Fanfonne Guillierme, Manduel… Côté créations de classes, 14 seulement au total sont envisagées dans le département du Gard. Si des ajustements sont possibles en juin et septembre, « toute ouverture serait compensée par une fermeture », aurait déclaré le Directeur académique aux syndicats. Ambiance. L’argument massue du ministère de l’Éducation pour justifier ces fermetures est toujours le même : la baisse des effectifs. Mais pour la première fois, le service statistiques du ministère a fait des projections à 10 ans et estime, selon ses calculs, que d’ici 2035 les écoles primaires auront perdu au moins 933 000 élèves.

    Moins 9 635 élèves d’ici 2035 dans le Gard et moins 13 868 dans l’Hérault

    Ces projections ont été déclinées par académie et par département et sont autant d’épées de Damoclès. Ainsi, selon les documents consultés par La Marseillaise, le Gard passerait de 59 005 élèves de primaire en 2025 à 49 370 élèves en 2035, soit une baisse de 9 635 enfants de la maternelle au CM2. En avant les fermetures ! Pour l’Hérault, qui compte 94 508 élèves scolariés en 2025, seulement 80 640 enfants seront en maternelle et élémentaire en 2025, soit une baisse de 13 868 élèves en dix ans. Sur l’ensemble de l’Académie de Montpellier, au moins 35 521 élèves seront perdus d’ici 2035, passant de 221 424 enfants scolarisés en primaire en 2025 à 185 903 dix ans plus tard. De quoi justifier l’injustifiable ?

    « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! »

  • Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Les concertations concernant la carte scolaire 2026 dans l’Académie de Montpellier n’ont pas créé de consensus, loin s’en faut. Dans le Gard comme dans l’Hérault, des CSA (Comités sociaux d’administration) de repli ont dû être convoqués après que les représentants du personnel ont voté à l’unanimité « contre » les propositions d’arbitrages présentées par l’Académie, prévoyant la suppression de 27 postes dans le Gard et 20 postes dans l’Hérault, et se traduisant par la suppression de dizaines de classes dans chacun des départements.

    Les décisions de fermetures sont cependant assumées pleinement par les responsables des services de l’éducation, qui mettent en avant l’argument de la « raison », compte tenu de la baisse démographique qui s’est enclenchée partout sur le territoire. Une étude inédite du ministère de l’Éducation publiée le 8 avril prévoit que les écoles, collèges et lycées français vont perdre 1,7 million d’élèves d’ici une dizaine d’années. Christophe Mauny, directeur académique des services de l’éducation (Dasen) du Gard, affirme : « Nous avons perdu un peu plus de 6 000 élèves entre 2015 et 2025 dans le département et la tendance ne fait que s’accélérer. Je pense donc que nous sommes au début d’un nouveau cycle. De plus en plus d’ajustements seront nécessaires dans les années à venir. » Même constat dans l’Hérault, qui prévoit une baisse de 1 818 élèves dans les établissements publics du premier degré à la rentrée 2026. « Avec ces chiffres, il faut bien comprendre qu’on aurait pu supprimer 80 postes et nous ne l’avons pas fait, parce qu’il ne s’agit pas d’une gestion comptable, se défend Aymeric Meiss, Dasen de l’Hérault. D’ailleurs, le nombre d’élèves par classe va quand même diminuer dans le département, puisqu’il est en moyenne de 21,8 cette année et qu’il sera de 21,6 l’année prochaine », dit-il.

    Quels critères

    pris en compte ?

    Aymeric Meiss, comme son homologue du Gard, affirme que la prise en compte de la justice sociale et des équilibres territoriaux est au cœur de chaque décision. « Les critères retenus font toujours appel à l’équité, assure-t-il. Nous veillons à ce qu’un territoire plus fragile ait plus de moyens, c’est d’ailleurs le principe même de l’éducation prioritaire. Nous veillons aussi à ce qu’il y ait un équilibre entre chaque territoire, notamment pour la création de dispositifs inclusifs. Le tout, en nous assurant que le nombre d’élèves par classe soit comparable sur des territoires comparables. » De son côté, Christophe Mauny garantit que le bien-être des élèves est la priorité : « Les Dasen connaissent le métier parce qu’ils ont souvent été enseignants ou chefs d’établissements et c’est la raison pour laquelle nous sommes précautionneux pour garder un équilibre décisionnel. Chaque année, c’est un rendez-vous qui provoque des réactions très vives. Nous l’entendons évidemment et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai proposé quatre réunions aux élus dans le département, pour communiquer en toute transparence sur la manière dont la carte scolaire est élaborée. »

    Toujours selon le Dasen du Gard, les moyens mis à disposition par le gouvernement ne se traduisent pas seulement par des ouvertures ou des fermetures de classes, mais aussi par des outils d’accompagnement des équipes, notamment à travers la mise en place de Pôles d’appui à la scolarité (PAS), qui remplacent progressivement les anciens pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). « Dans l’Hérault, je constate que les moyens de l’enseignement sont préservés et permettent de déployer les PAS et d’ouvrir aussi deux classes Ulis », argumente Aymeric Meiss dans le même sens. Il conclut : « Nous sommes un service public de proximité et nous cherchons à l’être de manière efficace, c’est-à-dire à ne pas subir la démographie, mais plutôt à l’anticiper et à y répondre de manière dynamique. »

  • Des balades pour découvrir les parc naturels

    Des balades pour découvrir les parc naturels

    Ce sont près de 19 000 hectares d’espace naturel que gère le Département des Bouches-du-Rhône, répartis entre plusieurs parcs et domaines sur tout le territoire. Dans l’objectif de faire connaître à tous la nature de notre région, l’événement « Balade nature » est organisé depuis plusieurs années avec une édition au printemps et une autre en automne. L’année dernière, plus de 1 000 personnes avaient participé.

    Cette année, 11 parcs et domaines accueillent des animations sur plus de 40 jours, à partir ce samedi 18 avril. L’occasion de se faire accompagner d’explications savantes et détaillées sur la nature qui entoure ces espaces naturels. Au total, une vingtaine d’activités différentes sont proposées.

    Les balades, bien qu’ouvertes à tous, sont classées en fonction de leur difficulté afin de mieux prévenir le public. Il est également nécessaire de réserver sa place sur le site internet de l’événement.

    Un programme varié

    Pour l’ouverture, six activités sont réparties entre samedi et dimanche. Une balade explicative de la faune et la flore est organisée à 10h, samedi, sur l’île Verte. Cette île boisée et préservée est le nouveau parc ajouté au menu, cette année. Bien que gratuite, la visite nécessite de payer la traversée en bateau de 12 euros pour les adultes et 8 euros pour les enfants. La première séance se termine à midi, tandis que la deuxième commence à 14h.

    Du côté de l’étang des Aulnes, une visite explicative de sa biodiversité marine ainsi qu’une présentation des méthodes de gestion se tiennent de 10h à 12h, ce samedi. La jauge étant limitée à 20 personnes, deux autres séances sont organisées le 26 avril et le 17 mai.

    En partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), une découverte de la petite faune et flore autour de la maison Sainte-Victoire est proposée. Rendez-vous est donné samedi entre 9h30 et 12h, ou entre 13h30 et 16h. Ce dimanche à partir de 9h, vous avez la possibilité de passer une journée complète avec la garde à cheval de la tour d’Arbois. Répartis entre explications de leur métier et temps en présence de leurs chevaux, le moment est à partager en famille, dès 5 ans. Pas loin de Marseille, depuis le parking du parc de Pichauris, une sortie sur l’histoire de ce site naturel est organisée. Les agents départementaux retraceront les pas des bergers de Pichauris en mêlant observation et explication. Une sortie à retrouver ce dimanche à 10h.

    D’autres activités sont à venir. Il sera possible de tenter d’observer la grande faune du massif de l’Étoile, comme chamois ou chevreuils, au lever du soleil, ce dimanche 26 avril dès 6h30. Pour en apprendre davantage sur les chauves-souris, une soirée d’observation se tiendra de 20h à 22h, le samedi 16 mai.

    Marius Meulé

    Programme complet à retrouver sur le site departement13.fr avec réservation obligatoire pour chaque sortie