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  • Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Situé à la frontière avec l’Aude, l’étang de Capestang est une des plus grandes zones humides d’eau douce de l’Hérault. Classée Natura 2000, elle est la 3e plus importante roselière de la région et joue un rôle fondamental dans la conservation de certaines espèces d’oiseaux. Pourtant, cette année, depuis le début du mois de juillet, la difficulté à maintenir un niveau d’eau acceptable dans l’étang, conjuguée aux fortes chaleurs et à la baisse du taux d’oxygène, a mené à la prolifération de la bactérie responsable du botulisme. Résultat : des tonnes de poissons et des centaines voire des milliers d’oiseaux sont décédés, dont des espèces protégées. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, raconte Benjamin Granel, président de l’Association syndicale autorisée (ASA) de l’étang de Capestang, chargée de la gestion, de l’entretien et des ouvrages liés au desséchement et aux réseaux de l’étang. Nous avons connu des épidémies similaires en 2022 et l’année dernière. »

    Gestion de l’eau

    Malgré le classement du site, sa situation géographique à cheval sur deux départements complique les démarches administratives pour demander des apports en eau de l’extérieur. L’ASA, Sud Hérault et les fédérations de pêche et de chasse ont tenté d’endiguer le phénomène et se sont récemment réunis avec les sous-préfets de l’Hérault et de l’Aude afin de demander un apport d’eau en urgence. « Nous avons essuyé une fin de non-recevoir, déplore Benjamin Granel. On ne demande pas de prendre de l’eau aux agriculteurs, mais simplement un petit apport, qui pourrait venir des barrages de l’Aude par exemple. Il faut noter pourtant que d’un point de vue réglementaire, la biodiversité prime sur l’agriculture. Donc, théoriquement, l’État est obligé de protéger les espèces de l’étang. » Pour continuer les démarches, l’ASA monte actuellement un dossier avec un avocat spécialisé dans le droit de l’environnement.

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • À Toulouse, Fabien Roussel veut réparer une France abîmée par 10 ans de macronisme

    À Toulouse, Fabien Roussel veut réparer une France abîmée par 10 ans de macronisme

    Ovationné ce samedi en fin de journée par les participants à l’université d’été du PCF, réunis dans le grand amphithéâtre du Mirail à Toulouse, Fabien Roussel revendique « le droit au bonheur, de pouvoir vivre heureux, ensemble, à égalité, en paix ». « Nous sommes des optimistes debout », lance-t-il comme un défi au fatalisme ambiant à gauche en vue de la présidentielle de 2027.

    Tout en rappelant le vote des adhérents du PCF programmé du 3 au 6 septembre et qui devrait signer son entrée en campagne juste avant la Fête de l’Humanité, le voilà déjà en habits de candidat. « Chez nous aussi c’est carré, la démocratie en plus. Ce n’est pas rien », glisse-t-il. Si les militants valident sa candidature, c’est Ian Brossat qui dirigera sa campagne, annonce-t-il.

    « Qui doit décider de l’avenir du pays ? Une poignée de milliardaires avec un gouvernement de valets ou le peuple ? Notre combat est démocratique nous voulons redonner le pouvoir à celles et ceux qui créent, qui produisent les richesses », martèle le communiste promettant de « renverser la table » dans une France abîmée par 10 ans de macronisme. « 10 ans de Macron, c’est 10 ans de libéralisme qui s’ajoutent au libéralisme d’avant, 10 ans d’une montée inéxorable de l’extrême droite. Notre pays est divisé, abîmé. La gauche a la responsabilité de redevenir majoritaire d’être capable de rassembler, nous entendons jouer tout notre rôle pour cela », assure-t-il, convaincu que les différentes forces progressistes doivent mobiliser chacune leur électorat au premier tour, tant leur poids cumulé aujourd’hui est historiquement faible.

    Dénonçant tour à tour, l’inflation galopante, le blocage des salaires, l’instrumentalisation de la dette pour justifier la préparation d’un budget d’austérité, Fabien Roussel appelle à se joindre aux mobilisations de la rentrée pour s’opposer à « cette boucherie » et porter une autre politique.

    Pour lui, « redonner du sens au travail, à la production c’est aussi penser au climat, à la nouvelle industrie que nous devons bâtir et s’entourer de services publics qui fonctionnent ».

    « La canicule est une violence de classe, on ne suffoque pas de la même manière selon là où l’on vit et travaille. Les riches ne meurent pas sous la chaleur », assène-t-il en exigeant une commission d’enquête sur les « 7300 morts de cet été, c’est un bilan provisoire. Nous voulons connaître la réalité sociale de ces terribles chiffres, quel était leur niveau de vie ? ».

    Le communiste souhaite également un complet changement de politique internationale de la France. « Il faut avoir le courage de dire stop à cette économie de guerre qui fait tant de mal à notre peuple » affirme-t-il tout en rejetant « le choix d’une Europe fédérale dans laquelle la voix des nations se perd ».

    Il exhorte la France a sortir de son « double jeu sur la Palestine en reconnaissant, d’un côté, un État et en le laissant disparaître de l’autre » et fait acclamer debout la « solution à deux États » mais aussi la solidarité avec le peuple cubain victime du blocus des États-Unis. De quoi ajouter El Pueblo Unido Jamás Será Vencido à l’Internationale pour conclure cette allocution de rentrée.

    Tradition au PCF, la journée se termine par un grand banquet fraternel. Comme un avant-goût de cette France où Fabien Roussel veut « pouvoir vivre, heureux, ensemble, à égalité, en paix ».

  • Contre la baisse de la biodiversité, les mesures actuelles ne suffiront pas

    Contre la baisse de la biodiversité, les mesures actuelles ne suffiront pas

    Plus d’aires protégées, plus de prairies naturelles, plus d’arbres, moins d’engrais dans l’agriculture… Pour lutter contre la perte de biodiversité, les objectifs en Europe sont là. « Mais personne n’a jamais vraiment évalué quels pourraient être leurs effets à long terme sur les espèces communes », souligne Stanislas Rigal. Dans une étude parue dans Nature Ecology & Evolution, le chercheur au Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité (Montpellier) montre que même si elles sont respectées à la lettre, ces mesures ne suffiront pas. « Elles améliorent la situation mais la biodiversité continue de s’éroder en 2050, résume-t-il. Alors même que ces mesures sont jugées ambitieuses. »

    Le réchauffement climatique, la reforestation, l’agriculture intensive… « Les effets de ces facteurs sur la biodiversité sont bien documentés sur les dernières décennies, précise Stanislas Rigal. De nombreuses études ont montré que les effectifs d’oiseaux communs et d’insectes chutent globalement en Europe, avec un moteur principal qui est le modèle agricole intensif. » Il a regroupé les données d’abondance de 265 espèces d’oiseaux et 144 espèces de papillons sur plus de 20 000 sites dans 26 pays européens entre 2000 et 2021. Pourquoi les oiseaux et les papillons ? Parce que les données sont là. « Mais aussi car les oiseaux, situés en haut de la chaîne alimentaire, sont fortement impactés par ce qu’il se passe en amont, ajoute le chercheur. Et les papillons réagissent bien à la qualité de leur habitat. »

    Quatre scénarios

    Pour imaginer le futur, quatre scénarios ont été envisagés dans lesquels les objectifs européens de conservation sont remplis en 2050, mais pas tout à fait de la même manière. Le premier, dit SSP1 (voir Repères), se contente de remplir les objectifs. Les trois autres les remplissent mais avec une certaine philosophie : l’un vise à préserver la biodiversité pour elle-même, l’autre pour le lien que nous entretenons avec elle et le dernier pour les services qu’elle rend. Ce qui se traduit, par exemple, par le positionnement des aires protégées sur les hot-spots de biodiversité dans le premier cas, là où les activités humaines ont une influence sur le paysage dans le deuxième cas et sur les zones qui stockent beaucoup de carbone dans le dernier cas.

    Résultat : aucun de ces scénarios, même les plus ambitieux, n’inversent la tendance. L’abondance des oiseaux des champs continue de chuter en 2050. Idem pour les papillons des champs et des forêts. Seuls les oiseaux des forêts tirent leur épingle du jeu. Mais c’est déjà le cas aujourd’hui. « Ils profitent du retour du couvert forestier en Europe », précise Stanislas Rigal. Mais pas les papillons forestiers qui ont besoin d’espaces ouverts au sein des forêts.

    Alors que faire ? « Définir des objectifs plus ambitieux », résume le chercheur, qui y travaille dans le cadre du projet Beyonds.

  • Les Marseillaises s’imposent face à Toulouse

    Les Marseillaises s’imposent face à Toulouse

    Un premier match officiel a toujours une certaine importance. Il donne le ton de ce qu’une équipe est capable de faire. Cette saison, c’est par la Coupe de la Ligue que les Marseillaises sont entrées dans le vif sujet. Avec l’accueil de Toulouse, un promu en Première Ligue dont le plan de jeu aura tenu vingt minutes.

    Le temps pour les coéquipières de Jenny Perret de trouver les bons réglages. Ceux permettant notamment à Mathilde Bourdieu d’ouvrir son compteur but. Les Olympiennes retournaient aux vestiaires avec un avantage, mérité, d’un but. Avantage qui allait rapidement gonfler, dès la reprise, avec un deuxième but, signé Jenny Perret, à la conclusion d’une offensive éclair.

    Pour les Toulousaines, c’était le coup de massue. D’autant plus qu’au tournant de l’heure, alors que leur entraîneur tentait un coup de poker, les Marseillaises triplaient la mise, quelques secondes après qu’Antoine Gérard ait lancé du sang neuf chez les « violettes ». Avec trois buts d’avance, les Marseillaises pouvaient voir venir. Et Nicolas Chabot faire tourner, en vue des prochaines échéances. Avec un déplacement à Montpellier, le 29 août, pour la deuxième journée de la Coupe de la Ligue, puis la reprise du championnat, le 6 septembre avec la réception du Havre, toujours à Martigues.

    Les Marseillaises – Toulouse 3 – 0 (1 – 0)

    1re journée de Coupe de la Ligue.

    Stade Francis Turcan

    Arbitre : E. Daupeux.

    Buts : Bourdieu (20), Perret (47), Rodriguez (62)

    Avertissements : Lavogez (5), Bamenga (30) à l’OM, Bogi (44) à Toulouse.

    LES MARSEILLAISES : Burns (Sieber, 46) – Rodriguez, Baltrip, Cosson, Fleury – Garbino (Ouédraogo, 62), Bamenga (Elisor, 62), Lavogez (Thibaud, 82) – Pina, Bourdieu ( c ), Perret (Missimo, 72). Entraîneur : N. Chabot.

    TOULOUSE : Fernandes – Rabanne (Pardon, 61), Bogi, Gallo, Tapia – Solanet (Jurado, 61), Marty (Ferreira, 69), Atamaniuk – Gavory (Grinfan, 69), Gay, Altunkulak ( c, Bironien, 69). Entraîneur : A. Gérard.

  • Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    C’est Peau d’âne, de Jacques Demy, qui a ouvert la 31e édition du festival Ciné Plein Air, le 30 juin dernier. Pendant plus de deux mois, un total de 42 films a été programmé dans 26 lieux différents. « La programmation propose des films très variés en termes d’époque d’origine, pour un public très large. Ça va des films très populaires, assez cultes, à des films un peu plus “cinéma d’auteur” », détaille Zélie Cougourdan, coordinatrice du festival. Un ensemble de dix films était prévu spécialement pour les enfants.

    L’ensemble des séances est entièrement gratuit et ne nécessite aucune réservation. Il est toujours possible d’y assister lors des prochaines séances à venir. Ce samedi 22 août, on retrouve le film d’animation Wall-E à 21 heures, au parc du Grand Séminaire. Dimanche 23 août, c’est l’occasion de voir Stillwater, un film d’action tourné à Marseille, à 21 heures, au stade nautique Florence-Arthaud. L’une chante, l’autre pas, d’Agnès Varda, sera à retrouver le 26 août, au Muséum, à 21h15. En plus de ces trois films, cinq autres sont également à venir. Les détails complets sont à retrouver sur leur site internet.

    « Cette année, on a eu pas mal de jauges de fréquentation atteintes, selon les lieux. Le bilan est pour l’instant positif, même si on a eu des soucis d’annulation à cause de la météo », révèle la coordinatrice de l’événement. Deux films ont été annulés et deux sont reportés : El Sett, ce jeudi 27 août, et le film d’animation Rio, ce dimanche 30 août.

    « On programme en lien avec les lieux »

    « On a un gros partenariat avec le Mucem. Chaque mercredi, depuis le début du festival, un film est projeté, ce qui fait un total de neuf films qui sont tous en lien avec l’exposition temporaire “Bonnes Mères” », explique Zélie Cougourdan. Cela vaut pour tous les autres musées partenaires : « Ce sont toujours des films en résonance avec les expositions en cours », rajoute-t-elle.

    De plus de nombreuses séances ont été proposées en collaboration avec d’autres festivals, comme le FID, le Festival de Marseille ou encore le festival Kouss-Kouss.

    Plus d’infos sur seances-speciales.fr

  • [L’esprit de 1936] Dans le Hautes-Alpes, les ouvriers s’unissent

    [L’esprit de 1936] Dans le Hautes-Alpes, les ouvriers s’unissent

    Les Hautes-Alpes sont un département à vocation essentiellement agricole et artisanale. Pourtant, depuis la fin du XIXe siècle, plusieurs entreprises industrielles ont réussi à s’implanter dans le département. Citons l’usine d’aluminium Froges Allais et Camargue de L’Argentière (550 salariés), la Cotonnière du Sud-Est à Savines (une centaine de salariés), la scierie Charmasson qui produit à Gap des poteaux électriques et téléphoniques et emploie plus de 200 salariés, l’usine Nestlé de Gap (100 salariés), l’entreprise Valisère spécialisée dans les sous-vêtements féminins de luxe (une cinquantaine de salariés) … Dans les principales villes du département le taux d’emplois industriels varie entre 20% et 25%. Avec l’arrivée du train et le choix de Veynes comme lieu de convergence des lignes en provenance de Marseille, Valence et Grenoble, cette ville est devenue la cité cheminote des Alpes du Sud (527 cheminots en 1931)…

    Dans un département aussi peu industrialisé et victime d’un fort exode rural qui a conduit à faire appel à une importante main-d’œuvre immigrée, essentiellement italienne, le syndicalisme a tardé à s’implanter… Malgré tout, il a connu un certain dynamisme dans les années 1920-1930 avec la création ou le développement de syndicats de fonctionnaires (1 100 syndiqués dont près de 400 enseignants), de cheminots, des PTT et de quelques entreprises industrielles telles que Nestlé à Gap ou l’usine d’aluminium de L’Argentière. En tout environ 1 700 syndiqués à la CGT à la veille du Front Populaire. Le mouvement de réunification entre les syndicats CGT et CGTU y a été porté dès 1934 par les syndicats d’instituteurs. Par contre aucune structure interprofessionnelle n’existe (union locale ou départementale). La CFTC regroupe seulement une centaine de syndiqués répartis dans quatre syndicats implantés dans le textile et chez les employés à la ville de Gap.

    La vie politique départementale est dominée dans le Briançonnais par la personnalité de Maurice Petsche, député du centre droit depuis 1925, issu de la riche bourgeoisie industrielle parisienne, membre de plusieurs gouvernements dans les années 30. Grand adepte du clientélisme, il contrôle la vie politique et les élus du nord du département. Les deux autres sièges de députés sont occupés par Ernest Grimaud, propriétaire terrien dans le Champsaur, homme de droite qui sombrera dans la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale et par Ernest Lafont, militant socialiste contesté, ministre de la Santé en 1935. Autre figure politique incontournable, Auguste Muret, Maire de Gap depuis 1929, fils de cheminot et adhérent à la SFIO. Élu Conseiller général en 1934 il a su tisser son réseau dans le département et y acquérir une influence politique grandissante. Les communistes, essentiellement implantés à Veynes et dans le Briançonnais ont pour représentant Émile Meurier, cheminot, élu conseiller d’arrondissement en 1934 puis maire de Veynes en 1935.

    Le Comité départemental de Rassemblement Populaire se constitue le 17 juin 1935. Dès le 14 juillet des initiatives sont organisées à Veynes et Gap qui rassemblent plusieurs centaines de personnes. Après une campagne très virulente les élections sont remportées par les candidats du Front populaire dans deux des trois circonscriptions.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino, toutes les corporations en grève

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino, toutes les corporations en grève

    C’est ainsi que 80 000 repas par jour furent distribués par des cuisines roulantes dans les quartiers. Toute une organisation était sur pied pour ravitailler en légumes et en viandes. Pour les légumes, nous devons rendre hommage aux paysans qui nous livraient à bas prix et qui parfois nous en faisaient cadeau. De plus, j’avais donné des ordres pour réquisitionner le ravitaillent transporté par la SNCF. C’est ainsi qu’à Miramas, tous les trains de pommes de terre, légumes et fruits, étaient arrêtés et récupérés par l’Union locale. Nous avons réquisitionné aussi de l’huile, des matières grasses et du lait pour les enfants.

    Notre ravitaillement de la population nous attirait des sympathies. Quelle joie pour les travailleurs du port lorsqu’ils reçurent Aragon et Elsa Triolet : tous deux ont visité toutes les cuisines roulantes dans les quartiers.

    Nous recevions des télégrammes de nombreux intellectuels nous encourageant dans ce combat économique. À l’inverse, la police interceptait nos véhicules. Nous sommes intervenus auprès du préfet : nous garantissons le ravitaillement, à une condition, que vous cessiez d’entraver la circulation de nos véhicules et notre plan. Le préfet ne pouvait refuser nos arguments car il était effrayé de la tournure que prendraient les événements, si le ravitaillement n’était plus assuré.

    La police et les gardes mobiles sillonnaient les quartiers pour effrayer la population et les grévistes. Nous avons pris des dispositions pour gêner leur circulation et nous avons obtenu des succès grâce aux crampons métalliques. Cela nous prit une nuit entière pour les forger. Lorsqu’un crampon était réalisé il était jeté à terre pour s’assurer qu’un pneu de voiture ne le ferait pas tourner. Après maints essais nous avons réussi un système inattaquable. Par centaines, ils furent jetés dans les grandes artères, en faisant connaître aux chauffeurs de nos camionnettes assurant le transport les endroits où les crochets étaient jetés. Quel plaisir d’entendre les pneus des voitures de police qui rendaient l’âme ! Les camions français et étrangers étaient immobilisés par les crampons qui parsemaient les grandes artères. Mercury, secrétaire régional de la police, fit la chasse aux semeurs de crampons mais jamais la police ne put connaître les lieux où ils étaient fabriqués et les jets continuèrent. Le 18 novembre, on bloquait avec les cheminots une locomotive à la gare de la Blancarde. Le 21 septembre, des camarades furent arrêtés pour menaces contre les employeurs et quelques non-grévistes. Du 19 au 20 novembre, le gouvernement Ramadier passait la main et cherchait une solution de 3e force inaugurée en catastrophe le 22 avec le gouvernement de Robert Shuman. Toutes les corporations étaient en grève, y compris les services publics si malmenés par l’inflation.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (3/3)

    [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (3/3)

    Trois ans plus tard, cette reconstruction commence à produire ses premiers effets visibles. Après son retour en National 3 au printemps 2025, le Gaz vient de disputer une saison complexe mais salvatrice. Longtemps installé dans le haut du classement après un début de saison particulièrement encourageant, le club a lutté pour assurer son maintien, objectif affiché depuis le départ, avec la volonté de stabiliser durablement son retour à ce niveau. Car personne, au club, ne souhaite verser dans la précipitation. Le discours est prudent. Le Gaz sait ce que coûte l’emballement.

    Ce qui frappe surtout, en parlant avec eux, c’est cette constance dans les mots qui reviennent : famille, travail, humilité, transmission. Des mots simples, des mots presque banals mais qui, ici, semblent encore avoir du sens.

    Jean-Philippe me disait, quelques jours plus tôt, que le football était presque secondaire. Que ce qu’il venait chercher au Gaz, même en Régional 2 ou en Régional 1, c’était d’abord un sentiment d’appartenance. En voyant ce soir-là ces quelques centaines de personnes venues pour un simple match amical de préparation, je comprends mieux ce qu’il voulait dire. Personne n’est là pour le prestige. Ils sont là parce que c’est leur club. Ils sont là parce que dans une époque où le football semble souvent se détacher de ses racines populaires, le Gaz continue de faire vivre quelque chose de plus ancien, de plus simple, de plus vrai.

    À Ajaccio, le Gazélec n’a jamais été le club le plus riche. Mais il reste, pour beaucoup, l’un des plus profondément enracinés dans la ville. Peut-être parce qu’il lui ressemble. Avec ses excès, ses blessures, ses fidélités.

    Il y a une âme ici

    En quittant le stade ce soir-là, je repense à cette phrase de Jean-Philippe : « Il y a une âme ici. » C’est peut-être cela, au fond, que le Gaz a réussi à sauver en 2023. Pas seulement une structure. Pas seulement une équipe. Mais une âme. Et dans le football moderne, c’est sans doute ce qu’il y a de plus rare.

  • [Grand entretien] Jean-Paul Ceccaldi : « Je suis attaché à Marseille et au port autonome »

    [Grand entretien] Jean-Paul Ceccaldi : « Je suis attaché à Marseille et au port autonome »

    La Marseillaise : Quelle est la genèse

    de votre nouvel ouvrage ? Pourquoi l’envie d’écrire sur le monde des dockers ?

    Jean-Paul Ceccaldi : Ce qui m’a donné l’envie, ce sont des documentaires qui ont été faits sur d’autres ports comme au Havre et en Belgique : des problèmes rencontrés par des dockers qui ont été agressés, menacés et même assassinés. Je me suis dit que, peut-être sur le port de Marseille, que je connais bien, on a le même genre de problèmes. Ceci dit, moi je travaillais à la Police judiciaire, à l’évêché, pas loin du port. Quand j’étais jeune, j’allais plonger à la Jetée, dans le port autonome. C’est un lieu qui m’est cher. En plus, je suis Corse, et le monde des dockers en compte quelques-uns. Au début du livre, qui se passe dans un bar de la caserne, vous avez un docker qui aime parler et qui raconte son histoire. C’est du vécu.

    Dans « La mafia des docks », pourquoi avez-vous tenu à adresser quelques clins d’œil au poète marseillais Louis Brauquier (1900-1976) ?

    J.-P.C. : C’est ma lecture de Jean-Claude Izzo qui m’a fait découvrir Louis Brauquier. J’ai notamment adoré son recueil Je connais des îles lointaines. Et il a même fait un poème qui s’intitule La mort du docker. L’œuvre de Brauquier, notamment celle qui concerne le port, m’a habité pendant l’écriture de mon polar. Je m’en suis imprégné. Quand vous lisez certains passages de Brauquier, c’est du polar mis en vers et en rimes. C’est pas courant.

    Votre polar illustre aussi une certaine sympathie que vous avez pour les dockers…

    J.-P.C. : Je suis très attaché à Marseille et au port autonome. J’ai aussi voulu montrer son côté cosmopolite avec des personnages arméniens, corses, maghrébins. Je parle aussi des jeux clandestins qui sont joués sur les docks. À une époque, ils jouaient carrément dans l’enceinte du port. Je dis la mafia des dockers, mais à mes yeux, ils sont plus victimes que mafieux. La mafia, elle est installée autour et profite du port en usant de la corruption. Il ne faut pas oublier que les dockers sont avant tout des travailleurs, qui ont pris des positions à travers l’histoire dans des conflits internationaux, par exemple en refusant de charger des armes. Tout cela, ça attire ma sympathie.

    Film réalisé dans les années 1950
    par Paul Carpita, «
     Le rendez-vous
    des quais
     » a-t-il aussi imprégné
    votre imaginaire
     ?

    J.-P.C. : Bien sûr. Il y a aussi un artiste qui a peint les dockers, Antoine Serra, pour en faire des tableaux magnifiques. À l’époque, écrivains, cinéastes, peintres ont beaucoup été inspirés par les docks.

    Si votre récit se déroule en 2023, il est quand même nourri de beaucoup de références historiques…

    J.-P.C. : Oui car un polar, qu’est-ce que c’est ? Et bien c’est un roman. Et un roman, vous avez une intrigue, des anecdotes et des thèmes.

    Jusqu’à quel point le flic du roman
    est inspiré par votre propre vie
     ?

    J.-P.C. : Moi, j’ai été flic. Même si je fais de la fiction, j’essaie de la rendre la plus réaliste possible.

    L’auteur de polar Maurice Gouiran déclarait il y a deux mois dans ces colonnes : « sous prétexte qu’ils connaissent le métier, des flics écrivent des romans. Mais ce sont des romans policiers et pas des polars car ils n’abordent pas la réalité sociale »…

    J.-P.C. : Pour moi, le polar c’est une espèce de rubrique qui couvre plusieurs genres : le roman policier, le roman social, le roman historique… Mais certains, à qui cela n’a pas plu, ont préféré parler de néo-polar. Le premier d’entre eux était un Marseillais, Jean-Patrick Manchette. Dans le roman noir, le roman social, il n’y a pas forcément une enquête ni de policiers, mais où on trouve du social. Parfois, on me demande s’il faut avoir été policier pour écrire un polar, je réponds : non. Quand je lis un polar, même si l’auteur se trompe sur des points de procédure, ça ne me dérange pas s’il est bon. Moi, j’ai essayé justement de me détacher de la procédure. Je fais du policier mais avec des thèmes qui sont à caractère social. Je m’inspire aussi de l’affaire d’un journaliste hollandais qui s’est trop mêlé des affaires du port et qui a été assassiné. [Peter R. de Vries, en 2021]. Et à Marseille, on a quand même un juge qui a été assassiné [le juge Pierre Michel, tué en 1981] Une demi-heure avant qu’il se fasse tuer, j’étais dans son bureau pour une commission rogatoire pour une affaire d’escroquerie qui n’avait rien à voir avec le grand banditisme.

    Quels souvenirs gardez-vous du juge Michel ?

    J.-P.C. : En ce qui me concerne, il avait donné du temps et de sa présence pour une petite affaire. Il ne plaisait pas aux voyous. Après son assassinat, le milieu a fait courir tout un tas de fausses pistes pour noyer le poisson. Après, on a fait une espèce d’opération pour donner un coup de pied dans la fourmilière, on est allés perquisitionner dans tous les bistrots. À mon avis, le juge Michel était quelqu’un de bien. Magistrat, c’est un métier dangereux, surtout quand on fait trop bien son travail.

    « La police est comme le pendant d’un crime organisé, où des parrains établissent la règle du plus fort pour asseoir leur pouvoir dans une société ultralibérale qui laisse, malgré les prohibitions, libre cours à leurs trafics et à leurs fantasmes d’empereurs », écrivez-vous.
    Deux faces d’une même pièce
     ?

    J.-P.C. : Avec cette phrase, vous devez comprendre quelles sont mes idées politiques. Après, je n’aime pas trop commenter ce que j’écris. Mais je peux vous dire que je suis contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem