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  • [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    Un petit mois à peine après son élection à la tête de la commune du Grand Avignon de 9 000 habitants, le premier magistrat livre ses premières impressions et feuille de route pour assurer la relève de Guy Moureau (PCF), qui après 42 ans à la tête d’Entraigues ne se représentait pas.

    La Marseillaise : Commencez-vous à prendre la mesure de ce nouveau costume ?

    William Bouquet : Oui, j’ai fait déjà deux mandats en tant qu’adjoint, mais c’est vrai que le poste de maire, c’est une marche assez importante entre les deux. Là, j’ai encore mon activité de responsable de formation jusqu’à fin mai. Cela me prend un jour par semaine le temps d’accompagner jusqu’au diplôme. Donc à partir du 1er juin, je serai vraiment à 100% pour la commune. Le costume, on est vite obligé de l’endosser parce que les affaires et la vie ne laissent pas le temps à l’installation. Il faut prendre des décisions sur des choses assez importantes et rapidement, comme l’installation du conseil, les délégations des élus, les différentes commissions… Et les parapheurs [dont plusieurs sont posés sur son bureau], c’est le quotidien. C’est très important, parce que ça permet au maire d’être au courant de tout. Quand j’ai un doute, j’appelle la DGS [directrice générale des services] pour avoir des compléments d’information. J’ai la chance d’avoir des services qui sont réactifs. Je dois rencontrer cette semaine le préfet, j’ai déjà vu les sénateurs Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS) mais également Olivier Galzi [maire DVD d’Avignon] dans le cadre du Grand Avignon.

    Avez-vous été surpris par un aspect du rôle de maire ?

    W.B. : Pour l’instant, non. Car j’avais de très bons contacts avec l’ancien maire, Guy Moureau. Il m’avait proposé de prendre la suite au niveau de la tête de liste, depuis 2022, donc j’avais une vue sur les dossiers importants et il m’avait familiarisé avec le fonctionnement de la mairie. J’avais participé au jury de recrutement de la nouvelle DGS qui vient d’arriver. Mais on passe au stade supérieur. Avant, j’étais plutôt sur l’enfance-jeunesse, sur le sport, moins sur le CCAS avec les demandes de personnes qui sont dans le besoin.

    Est-ce difficile de passer après Guy Moureau, quelle sera la patte Bouquet ?

    W.B. : Ah, c’est sûr qu’il y a un historique ! Que je ne rattraperai pas car je ne serai pas maire pendant 42 ans (rires). Un des avantages que j’ai, c’est que je suis un enfant du village. Donc les gens me connaissaient d’avant, m’ont connu dans mon rôle d’adjoint. La transition s’est fait plus naturellement que quelqu’un qui n’est pas connu. Pendant la campagne, il a été à nos côtés pour vraiment dire qu’on était sur une continuité de l’existant. Souvent, ce qu’on me dit, c’est que j’ai une plus grande écoute que lui-même si je n’ai jamais eu ce problème avec lui. En tant que formateur et avant directeur d’une plateforme logistique, l’écoute et le management issus de ma vie professionnelle m’aident dans cette prise de poste. Ma patte sur les projets sera davantage sur la partie environnement et surtout énergie renouvelable, c’est là où on pèche un petit peu. Mais on ne lâchera pas le social, on va faire le maximum pour aider les gens qui ont des problèmes.

    Vous parliez du préfet. De quoi allez-vous lui parler en priorité ?

    W.B. : Il veut recevoir tous les nouveaux maires. Aujourd’hui, on a deux dossiers qui nous sont chers : un, qui est tombé la semaine dernière, celui d’une fermeture d’une classe en maternelle. On a déjà fait un courrier à l’inspection académique. Et l’autre, c’est au niveau de la gendarmerie, avec la création du centre pénitentiaire. Le sénateur Blanc a rencontré le directeur de cabinet de M. Lecornu. On avait neuf gendarmes en 1984, alors qu’on était à 4 500, 5 000 habitants. Aujourd’hui, on a toujours neuf gendarmes, pour 9 000 personnes avec une coopération entre Pernes-les-Fontaines et Entraigues et le commandement est à Pernes. Nous demandons à ce que le commandement puisse être ici, en même temps que des renforts qui ne seront pas de trop avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’ici à au 1er décembre a priori. D’après le préfet, les futurs détenus seront tous en fin de peine et réinsérables.

    Lors de votre discours d’installation, vous disiez que « être maire, c’est le plus beau des mandats ». Pourquoi ?

    W.B. : Le plus beau est le plus dangereux. Guy Moureau disait souvent que « le maire c’est le seul élu à portée de baffe ». Et c’est peut-être pour ça que c’est beau. Dans le sens où on est là pour résoudre les problèmes, trouver des solutions, et quand on y parvient, les gens sont contents et reconnaissants. C’est le mandat de la proximité, de l’action concrète, des réalisations visibles, utiles. On touche la réalité. C’est aussi le mandat du lien, qui fait la force et l’âme de notre commune. On voit les décisions qu’on prend. Alors que quand on n’est pas maire, on signe des papiers, on vient peut-être pour l’inauguration d’une école de musique ou autre chose, mais on ne vit pas avec.

    Entraigues est l’une des dernières communes à gauche en Vaucluse et vous avez très largement battu la candidate RN. Comment l’expliquez-vous ?

    W.B. : Je ne pense pas qu’au niveau de la mairie, on soit dans une vive histoire droite-gauche, parce que quand on regarde les élections autres que les municipales, c’est le RN qui arrive en tête [48,01% pour Jordan Bardella aux Européennes de 2024 ou 61% pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022]. Les gens voulaient vraiment quelqu’un de la commune, qui connaît sa ville et surtout qui veut rester dans la même politique et garder cette âme de village, les gens sont très attachés à ça. Et notre programme, il est vraiment sur ça. Quant à l’opposante RN [Catherine Chavrier] il semblerait qu’elle ne soit pas dans une démarche d’opposition systématique.

    Quelles premières réalisations devraient aboutir ?

    W.B. : Il y a un gros projet qui est en préparation depuis quelques années, le quartier de la gare qui va démarrer. La commercialisation va attaquer dans quelques jours, c’est plus de 254 logements. Après, il y a la transition écologique : des panneaux photovoltaïques seront posés sur la salle des sports et alimenteront en énergie la cuisine centrale, les services techniques, le stade de foot, le tennis, le boulodrome. C’est un investissement, mais quand on voit aujourd’hui les fluctuations énergétiques, on a tout intérêt à arriver à une indépendance complète. La création d’un pump track est en bonne voie aussi du côté du stade Nardini. Enfin, l’autre projet qui est très intéressant pour la cohésion sociale, c’est un parc dont les études sont en train d’être lancées, non loin de la maison de retraite. Notre but c’est de garder ce lien, que les gens puissent se rencontrer, discuter. Qu’il y ait toujours cette bonne atmosphère dans la ville, cela fait partie de notre ADN.

  • Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    La Soleam, concessionnaire de la Métropole pour l’éradication de l’habitat indigne, longtemps honni des Marseillais sous Gaudin pour sa procrastination, va céder 10 immeubles du centre-ville et 2 autres à la Belle de Mai. Ces « trois fenêtres marseillais » remis debout à grands frais représentent 56 logements et 10 locaux commerciaux.

    Ils ont été acquis – il y a 12 ans pour le plus ancien – mis en sécurité, restructurés et réhabilités par la Soleam pour 13 814 777 euros HT (prix d’acquisition, honoraires techniques et travaux compris), mais au prix de vente arrêté à seulement 9.3 millions d’euros pour 2 881 m² de surface utile), soit près de 3 200 euros du mètre carré.

    Certains immeubles sont encore en travaux ; d’autres déjà occupés par des ménages éligibles au logement social. Au terme de l’AMI, ils seront attribués à un bailleur social ou à un groupement de deux bailleurs sociaux, d’où ces deux paniers de six immeubles pour équilibrer les typologies et les surfaces habitables.

    Les ménages qui y vivent ont « vocation à s’y maintenir durablement ». « Le bailleur lauréat devra assurer la pérennité de l’occupation en adaptant, si nécessaire, les situations locatives existantes, notamment par la conclusion de nouveaux baux d’habitation en cohérence avec les niveaux de ressources des ménages en place », précise l’AMI.

    3 rue Francis

    de Pressensé

    Acheté 290 000 euros (toutes les sommes indiquées sont hors taxe) en février 2018, tombé en péril et squatté, l’immeuble au cœur de Belsunce a bénéficié de 982 200 euros de travaux pour la remise à neuf de 5 logements, portant le coût total de la réhabilitation de ces 291 m² à 1 382 000 euros.

    14 rue Francis

    de Pressensé

    Acquis en juin 2020 pour 200 000 euros, il a été réhabilité à neuf pour ses 4 logements pour un montant de 1 109 500 euros pour 263 m², soit en tout 1 440 000 euros.

    19 rue Nationale

    Avec 3 logements en R+4, cet immeuble d’angle depuis 2018, acheté en septembre 2018 par préemption pour 150 000 euros a généré des coûts importants de gestion suite à sa mise en péril vu son grand état de vétusté. Après travaux des 303 m², son coût de revient est de 1 499 000 euros.

    24 rue des Petites Maries

    Acheté en avril 2017 pour 430 000 euros, ce bel immeuble patrimonial avec 5 appartements – dont un T5 de 101 m² – a été refait pour 1 385 000 euros de travaux, soit 1 941 000 euros pour 433 m². C’est le plus cher des 12 immeubles.

    49 rue Curiol

    Cet immeuble du quartier Mazagran en R+4 comprend 7 logements. Il a été acheté 400 000 euros en novembre 2019. Sa remise en état débutée en 2023 aura atteint 1 441 000 euros.

    12 rue de l’Académie

    Acheté 300 000 euros en décembre 2016, cet immeuble en R+4 au cœur de Noailles est en cours de travaux. Avec la remise à neuf des 5 logements, il aura coûté en tout à Soleam la somme de 1 656 000 euros pour ses 397 m².

    17 rue Moustier

    Acheté 424 000 euros à Berthoz en décembre 2022, les travaux de remise à neuf de ce bel immeuble d’angle à pan coupé de 5 étages tombé en péril auront coûté 967 213 euros. Coût de revient des 206 m² : 1 469 000 euros.

    6 rue Lemaître

    Acheté 150 000 euros en mai 2019, il a subi pour 485 250 euros de travaux pour ses 5 logements en R+4 sur 124 m². Avec les honoraires techniques, l’opération revient à 704 000 euros.

    36 rue

    des Dominicaines

    C’était un ancien hôtel de 14 chambres, Le Chouia, où vivaient de pauvres Chibanis âgés de 68 ans à 83 ans. Cédé par la Ville en juillet 2014 à la Soleam pour 100 000 euros, la réhabilitation de ce R+4 de 286 m² avec 6 logements a coûté 1 593 000 euros. Il a vocation à héberger les ménages délogés de l’opération Grand centre-ville.

    39 rue

    des Dominicaines

    Acheté en juin 2018 pour 185 000 euros, ce R+4 en péril imminent a bénéficié de 1 144 500 euros de travaux pour remettre à neuf ses 5 logements, soit un coût total de 1 519 000 euros pour ses 267 m².

    9 rue Danton

    Acheté 146 000 euros en octobre 2018, ce petit immeuble en R+2 pour trois logements a été réhabilité avec 384 570 euros TTC de travaux de confortement de ses 125 m².

    9 rue Toussaint

    Les 4 logements et parties communes de cet immeuble de 2 étages dans le quartier de Saint-Mauront étaient frappés d’un arrêté d’insalubrité. La Soleam l’a acheté à une SCI un mois avant le drame de la rue d’Aubagne pour 156 000 euros et y a fait pour 183 700 euros de travaux de ses 193 m².

    Dépôt des candidatures jusqu’au 8 juin. Un jury Ville Métropole Soleam désignera les lauréats en août pour une signature des actes en septembre 2027.

  • La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    Après les menaces de mort à l’encontre de l’UL CGT de Toulon et celle de son secrétaire Patrice Moulun, découvertes le mercredi 1er avril sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, près du pont de la Gare de Toulon, les soutiens du monde syndical se multiplient.

    Après les Unions départementales CGT du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que la Fédération CGT des services publics notamment, c’est au tour de la CFDT du Var d’apporter « son plein soutien » et « son entière solidarité » aux cégétistes toulonnais, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué diffusé ce vendredi 17 avril.

    « De tels agissements sont inadmissibles. Ils constituent une attaque intolérable contre un homme, mais aussi contre l’ensemble de celles et ceux qui s’engagent, souvent avec courage et désintéressement, dans l’action syndicale au service des salariés, de leurs droits et de leur dignité, indique la CFDT. La menace, l’intimidation et la violence ne sauraient avoir leur place dans le débat démocratique et social. Dans une société de droit, les désaccords, même profonds, ne peuvent jamais justifier que l’on s’en prenne à des militants en raison de leur engagement. S’en prendre à un syndicaliste, c’est chercher à faire taire une voix légitime du monde du travail et viser la liberté syndicale elle-même. »

    La CGT Var en attente

    de nouvelles

    Une condamnation et une solidarité sans réserve malgré les divergences qui peuvent parfois exister entre les deux syndicats :

    « Au-delà des appartenances syndicales, il est des circonstances où l’essentiel doit nous rassembler. Lorsqu’un militant est menacé de mort pour son engagement, c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est concerné. Dans un tel moment, la solidarité n’est pas une option : elle est un devoir. La CFDT du Var réaffirme donc son attachement indéfectible à la liberté syndicale, à la protection des militants, au respect du pluralisme et au refus absolu de toute forme de haine ou de violence politique, sociale ou idéologique. Elle adresse à la CGT du Var, à son militant visé, ainsi qu’à l’ensemble de ses adhérents et responsables, son soutien fraternel et sa vigilance résolue. »

    Le syndicat appelle ainsi « les autorités compétentes à tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs de ces menaces, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice ». Contactée, l’UD CGT Var, qui a déposé une plainte, dit attendre des nouvelles de la procédure.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • Le coup de gueule de Medhi Benatia après Lorient – OM

    Le coup de gueule de Medhi Benatia après Lorient – OM

    C’est un Medhi Benatia dans une colère noire qui est venu s’exprimer en zone mixte du Moustoir. Lui qui s’était juré de ne plus prendre la parole n’a pas supporté ce qu’il a vu quelques minutes plus tôt. Avec des Olympiens sans réaction battus par une équipe de Lorient en pleine forme.

    Il a ainsi lâché ses quatre vérités. «Qu’on me dise que j’ai ramené un entraîneur sur un projet qui devait durer trois ans et qui est malheureusement parti, pas de problème. Qu’on me dise que les joueurs que nous avons ramenés, qui étaient très bons au mois de septembre, sont devenus très mauvais, je n’ai pas de problème encore. Que j’ai ramené un nouveau coach qui n’est pas bon non plus, je l’accepte. Mais quand je vois le match qu’il y a eu aujourd’hui, même si je n’ai plus envie de parler, je suis obligé de venir face à la presse. Parce que c’est un scandale, c’est un scandale.»

    Il évoque les attentes d’avant le déplacement à Lorient. «Tu joues normalement la première de tes cinq finales. On fait des stages. Cela nous coûte des sous, parce que tu veux bosser, tu veux te retrouver, tu veux créer du liant avec les mecs parce que c’est ce qu’il a manqué, et à votre avis, combien sont rentrés dans le vestiaire et ont retourné la table ? Zéro, personne. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place!» Avant de lancer un message à ses joueurs. « Rentrer sur le terrain, gagner les duels, ce n’est pas dans mes cordes. Mais comme j’ai une responsabilité, que j’ai promis au boss qui m’a demandé de revenir, de tout donner jusqu’au dernier jour, je leur ai dit de rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. Nous allons passer un peu plus de temps ensemble, la Commanderie, … bosser je pense. Après, où est-ce qu’on va finir, je n’en sais rien».

  • L’OM coule à pic à Lorient

    L’OM coule à pic à Lorient

    Aligner les joueurs à vocation offensive est loin d’être une garantie d’efficacité.

    Habib Beye a pu le constater, dans une première période au Moustoir où son quinté d’attaque s’est montré bien inoffensif face à la défense à granit de Lorient. Lens s’y était déjà cassé les dents. L’OM en a fait de même. Car, même s’ils ont eu la maîtrise, les Marseillais ont semblé prendre un malin plaisir à gâcher leurs munitions. Ou faire briller Yvon Mvogo, le gardien des Merlus.

    Incapables de créer le moindre danger, les Phocéens ont, en revanche, montré une fois encore des signes inquiétants de fébrilité défensive. Ce dont a profité Panos Katseris pour ouvrir son compteur but en Ligue 1. Et placer Lorient sur une orbite victorieuse.

    Habib Beye aura beau revoir sa copie après la pause, la dynamique restait lorientaise. Avec à la clef un second but, signé Bamba Dieng. Pour l’OM, loin d’être d’agrément, la croisière se transformait en calvaire. Le soutien de la colonie de supporters venus au Moustoir prenant des airs d’orchestre du Titanic accompagnant le naufrage d’une galère phocéenne aux airs de radeau de la Méduse.

    Après quatorze échecs, Lorient s’offre enfin une victoire aux dépens d’un OM qui a donné le bâton pour se faire battre. Et risque d’être le grand perdant de la 30e journée.

    Lorient – OM 2 – 0 (1 – 0)

    30e journée de Ligue 1

    Stade du Moustoir, 16 585 spectateurs.

    Arbitre : E. Wattellier

    Buts : Katseris (27), Dieng (58)

    Avertissements : Pavard (57), Nadir (74), Weah (90) à l’OM.

    Lorient : Mvogo ( c ) – Meïté, Adjel, Faye – Katseris (Silva, 82), Avom, Cadiou, Yongwa – Makengo (Abergel, 69), Dieng (Tosin, 74), Pagis (Soumano, 82). Entraîneur : O. Pantaloni.

    OM : Rulli – Pavard, Balerdi, Emerson – Traoré, Abdelli (Nadir, 59), Höjbjerg ( c, Vermeeren, 76 ), Paixão (Weah, 46) – Greenwood, Aubameyang (Lamare, 76), Gouiri (Nwaneri, 59). Entraîneur : H. Beye.

  • Le RC Toulon enchaîne à Montauban

    Le RC Toulon enchaîne à Montauban

    Un succès net dans la continuité de la qualification des Varois pour les demi‑finales de Champions Cup. Portés par cet élan européen, les hommes de Pierre Mignoni n’ont pas laissé passer l’occasion de capitaliser en championnat.

    Sérieux et dominateurs, les Varois ont rapidement pris le contrôle de la rencontre pour ne jamais être inquiétés. Toulon a inscrit sept essais, signés Gabin Villière, Beka Gigashvili, Esteban Abadie, Oliver Cowie (doublé), Shioshvili et Melvyn Jaminet, également précis au pied pour accompagner le large succès rouge et noir.

    Montauban a résisté par séquences, mais a payé trop cher les temps faibles face à l’efficacité toulonnaise. Grâce à cette victoire bonifiée à l’extérieur, le RCT remonte à la 8ᵉ place du classement, avec 50 points, restant au contact de la zone qualificative pour les phases finales, à quelques longueurs du top 6 après 21 journées.

    Montauban, lanterne rouge, est d’ores et déjà condamné à la relégation

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Au beau milieu de la végétation du groupe scolaire Rose la Garde dans le 13e arrondissement de Marseille, les engins de chantiers sont discrets. Pourtant, depuis lundi, des ouvriers sont à l’œuvre pour rénover le bâtiment de l’école maternelle. Ce vendredi, la nouvelle adjointe (PM) déléguée au bâti scolaire, Nassera Benmarnia, y faisait sa première visite officielle, accompagnée de la nouvelle maire (PM) du secteur, Tina Biard-Sansonetti.

    Le bâtiment, construit dans les années 70, avait des problèmes d’infiltrations lors d’épisodes de grosses pluies. Pendant les vacances scolaires, la ville a donc entamé une rénovation pour 400 000 euros. « Il s’agit de travaux d’urgence en attendant des travaux plus globaux », précise Tina Biard-Sansonetti, maire de secteur du 13-14. Le but étant d’assurer l’étanchéité et mieux isoler le bâtiment, en mettant de nouveaux drains pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement, et ne pas s’infiltrer dans les murs. Des travaux d’autant plus nécessaires que 400 nouveaux logements doivent être construits dans le quartier.

    Comme l’établissement Rose La Garde, ce sont 117 écoles qui sont en train d’être rénovées par la mairie, pour une enveloppe globale de 2,3 millions d’euros. « Il y a des programmations de travaux dans toutes les écoles de Marseille, de manière équitable sur tous les secteurs et pas uniquement les secteurs acquis à la gauche, martèle la nouvelle adjointe au bâti scolaire, au plan école et à la rénovation et construction des écoles. On [la municipalité] rattrape, on rénove, on construit de nouvelles écoles. Ce n’est pas facile, ce n’est pas simple, mais la volonté est là. »

  • En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    Ce jeudi 9 avril sur ses réseaux sociaux, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, célébrait « une grande avancée dans notre projet de construction d’un nouveau palais judiciaire à Marseille et pour le service public de la Justice dans les Bouches-du-Rhône ». Deux mois après avoir demandé aux collectivités de mettre au pot, le ministère annonçait avoir bouclé son tour de table pour réunir les 10 millions d’euros nécessaires aux études préalables pour construire la future cité judiciaire à Arenc (dont 3 millions des collectivités). Un projet à 300 millions d’euros, qui ne doit pas voir le jour avant 2031.

    Mais, d’ici là, les magistrats doivent encore un peu se serrer. Depuis la loi de programmation pour la justice, les renforts commencent en effet à arriver dans la juridiction marseillaise. Une dizaine d’agents supplémentaires sont ainsi attendus à l’automne 2026, avant que quinze autres personnes n’arrivent à l’horizon 2027. Si les effectifs sont encore insuffisants aux yeux des magistrats du siège (notre édition du 15/10/2025), l’espace manque déjà pour les accueillir. En catastrophe, le ministère de la Justice doit donc lancer une étude, avec une « livraison urgente » avant l’été, insiste en caractères gras soulignés son cahier des charges, pour créer ces vingt-cinq postes de travail supplémentaires au cours du mois d’août prochain. « Malgré un travail d’optimisation effectué par la juridiction sur son bâtiment, les surfaces sont insuffisantes pour accueillir les agents dans de bonnes conditions et conformément aux surfaces préconisées », détaille le ministère de la Justice, qui regrette que « les différents services judiciaires, répartis sur plusieurs bâtiments, souffrent aujourd’hui d’un manque de surface important ».

    Les renforts dans

    les archives

    Alors le service de l’immobilier ministériel veut dessiner un nouveau schéma de réorganisation des services entre l’emblématique palais Monthyon, le palais Fortia désormais inscrit aux Monuments historiques et surtout le palais Autran. Parmi les priorités, le ministère table ainsi sur une transformation du local d’archives au 2e étage du palais Autran en bureaux et espaces de travail. Et espère surtout « avoir le coût le plus rationalisé possible ». « Les investissements sur les bâtiments actuels doivent être limités à l’essentiel dans l’attente de la nouvelle cité judiciaire », explique le cahier des charges. Reste que si la place manque encore, le site rue Edouard-Delanglade pourrait aussi accueillir les nouveaux effectifs.

    Surtout, le ministère réfléchit à une étude plus élargie pour accueillir les nouveaux effectifs sur ce site Delanglade et dans la caserne du Muy, voire en louant ou achetant un nouveau bâtiment… à l’horizon 2037. De quoi anticiper un retard de livraison significatif pour la cité judiciaire.