Category: accueil-third

  • À Montauban, le RC Toulon veut surfer sur sa dynamique européenne

    À Montauban, le RC Toulon veut surfer sur sa dynamique européenne

    Ils espéraient se rassurer. Ils se sont offert une parenthèse enchantée. Avec envie et une qualité de jeu qu’on n’avait plus vue depuis des mois, les Rouge et Noir, qualifiés pour les demi-finales de Champions Cup pour la première fois depuis leur dernier sacre en 2015, ont retrouvé « un peu de sourire et de confiance », souligne l’entraîneur adjoint, Sergio Parisse. « On est revenu de nulle part, on avait très peu d’espoirs à Glasgow parce qu’on n’était pas favoris. Les joueurs se sont payés pour les efforts qu’ils font depuis un moment. »

    Mais le temps n’est déjà plus aux célébrations. « On est ravi de pouvoir jouer cette demi-finale, mais on bascule vite sur le Top 14 », assure l’entraîneur de la touche. Pour Matthias Halagahu, ce ne sera « pas dur du tout, vu notre classement et nos récentes prestations en championnat. Si on veut aller chercher ce qu’on veut, il faut de bonnes performances rapidement ». 11e à 7 points du 6e, Clermont, le RCT n’a en effet plus vraiment le choix et doit engranger un maximum de points, à six matches de la fin du championnat, pour continuer à y croire.

    Premier rendez-vous ce samedi sur la pelouse de la lanterne rouge montalbanaise, déjà quasiment condamnée à retrouver la Pro D2. Un match « important pour garder la dynamique », et à ne surtout pas galvauder pour l’entraîneur italien, qui a confirmé son départ en fin de saison pour intégrer le staff de la Nazionale : « On n’est pas en situation de fanfaronner. On ne pense pas qu’aller à Montauban, ça va être une promenade, loin de là. »

    Turnover en vue

    Ce sera l’occasion de confirmer les progrès entrevus dans le jeu, sur l’aspect défensif et les mauls portés. Une conséquence de l’apport de Cédric Béal, directeur du centre de formation, qui a intégré le staff depuis quelques semaines. « On a travaillé cet aspect. Sur les touches, quand tu ne sautes pas, tu t’exposes moins et tu es davantage prêt en bas pour défendre. Ce n’est pas une révolution, mais un changement d’approche », lié au besoin « de retrouver de la solidité. »

    Il faudra aussi réussir à réintégrer des joueurs qui ont moins joué ces derniers temps, Pierre Mignoni et son staff ayant fait le choix d’apporter de la fraîcheur. Ce n’est pas facile quand on ne joue pas. Mais il n’y a rien à dire sur leur investissement au quotidien. Ils ont eux aussi aidé l’équipe à performer en coupe d’Europe », martèle Sergio Parisse. Parmi eux, Matéo Garcia, qui va retrouver le terrain quatre mois après son dernier match, à Gloucester, en Champions Cup : « En signant au RCT, je savais où je mettais les pieds. Heureusement, on a un super groupe et c’est toujours le collectif qui prime. J’essaie de garde la tête haute et je suis très content de revenir ce week-end. »

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures à ce qui était proposé, des garanties sur la protection, le maintien des droits et acquis du personnel et le paiement de la moitié des jours de grève », se félicite leur syndicat CNT-SO. Un rassemblement de soutien est prévu lundi 20 avril à 9h devant l’hôtel, avant la signature du protocole.

    Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève, le lundi 29 décembre 2025, jusqu’au 12 janvier 2026. Ces salariés du groupe Alboran dénonçaient une vague de licenciements « sous prétexte de travaux de rénovation ». L’hôtel a réouvert partiellement ce 2 avril. Alors que les femmes de chambre et les équipiers affectés à la propreté s’apprêtaient à reprendre leur mobilisation, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit.

    Le mouvement de grève a mis en lumière « les pratiques inacceptables du groupe Alboran et de l’Hôtel marseillais : licenciements injustifiés, mépris des travailleurs et remise en cause de droits élémentaires », rappelle le syndicat. Déterminés à faire valoir leurs droits, les salariés ont tenu un piquet de grève devant l’hôtel durant plusieurs jours et obtenu un accord de sortie de crise. Les grévistes arrachent des avancées majeures : « Dommages et intérêts pour les licenciés largement supérieurs aux premières propositions de la direction, paiement de 50% des jours de grève, garantie de reprise de l’ensemble des avantages acquis en cas de changement de sous-traitant, garantie de non-licenciement économique des grévistes jusqu’à fin 2028 », précise la CNT-SO, qui remercie les soutiens apportés aux grévistes durant cette courageuse lutte.

  • Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    C’est au théâtre L’Escale, à La Garde, que nous étions invités vendredi à venir découvrir le travail des minots de l’ASE sur les planches, dans le cadre de la première édition du Festival Môme. Un événement artistique porté par l’Institut des arts inclusifs du groupe Umane et la compagnie de danse 6e Sens. Un spectacle chorégraphique pensé comme un espace d’expression, de rencontre et de dépassement de soi afin de renforcer la confiance et aider le grand public à porter un regard nouveau sur la jeunesse et l’inclusion.

    « L’aide sociale à l’enfance fait beaucoup parler d’elle dans les médias où elle est souvent pointée du doigt comme un modèle qui serait à bout de souffle avec des institutions qui font du mieux qu’elles peuvent, mais sont souvent en difficulté », souligne Aline Rol, la directrice de l’institut. Et de poursuivre : « Nous, on essaye à notre modeste échelle d’offrir à ces enfants des expériences un peu innovantes qui peuvent leur permettre un chemin de construction. »

    Le collectif engagé essaie d’ailleurs, est-il expliqué, d’explorer de multiples pistes « pour montrer aussi au pouvoir public qu’il y a peut-être d’autres façons de faire ». Et dans ce cadre répond en ce moment à un appel à projet du Département pour pouvoir structurer un réseau de ce qu’on appelle les tiers de confiance. Des proches qui peuvent prendre le relais en cas d’ordonnance de placement pour éviter l’institution qui est souvent, par définition, maltraitante. Non pas, insiste Aline Rol, par les professionnels, mais par le fait de regrouper des enfants avec des fragilités, des soucis de délinquance, de prostitution, de drogue… L’idée est donc de proposer des alternatives. Et de poursuivre : « On a monté ce projet de résidence autour de la danse avec dix enfants qui ont été sélectionnés sur volontariat, qui avaient envie de vivre cette expérience.»

    Une pièce qui coupe

    le souffle

    Pendant deux semaines, une en février et pendant ces vacances scolaires, ils se sont donc retrouvés en communauté autour d’une compagnie de danseurs professionnels dans lequel se mêlent déjà avec harmonie artistes valides et en situation de handicap.

    Avec au final, une chorégraphie époustouflante construite de A à Z avec les jeunes sur le thème de la joie.

    Aujourd’hui, dernier jour de résidence, on retrouve les gamins en situation. Et c’est vraiment bluffant. Chacun endossant parfaitement son rôle en s’intégrant dans l’ensemble pour donner du sens. L’idée était de les mettre en situation pour une première restitution avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau sur scène le 12 mai cette fois devant une salle remplie d’un public venu apprécier la qualité de leur travail au même titre que les autres danseurs. Et se mettre en joie.

    « On a eu vraiment un retour exceptionnel », déclare avec beaucoup d’émotion Cécile Martinez, la chorégraphe qui a monté avec eux la pièce de 35 minutes en 8 jours seulement.

    « Ils ont été considérés en tant qu’artistes dès le départ au même niveau qu’une compagnie professionnelle », souligne celle qui a le talent de transformer les faiblesses en force.

    Alors Alison, 14 ans, confie : « Oui, j’avais un peu peur au début mais je me suis dit que ça allait bien se passer. Que c’était l’occasion de créer quelque chose. Et franchement ce qu’on vient de vivre c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie. »

    Anastasia, 14 ans, intervient : « Ça nous a appris ce que, nous, on pouvait faire de nos envies et comment se canaliser dans le spectacle, en confiance. »

    À ses côtés Jasmine, 14 ans également, explique, elle, avoir déjà fait du théâtre et aimer beaucoup la danse. « Je trouve que ça fait découvrir d’autres choses que celles qu’on rencontre d’habitude enfermés dans un foyer. Ça fait changer d’air ! », explique-t-elle.

    Et conclut, des étoiles dans les yeux : « Je suis fière de tout le monde, parce qu’en même pas deux semaines on a fait un fabuleux spectacle, avec de vrais danseurs professionnels, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense qu’on n’aurait pas pu faire ça si on n’était pas en foyer. »

    De toute cette gratitude et ces émotions exprimées on en ressort tout retourné. La magie de la culture.

    « Je suis fière de ce fabuleux spectacle. Tout le monde n’a pas cette chance »

  • Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dès la campagne, Olivier Galzi avait donné le ton, en pointant des dysfonctionnements au sein du service propreté. « Ceux qui nuisent au service doivent être sanctionnés », prévenait-il à l’adresse des quelque 135 agents. Le nouveau maire (DVD) était attendu de pied ferme ce vendredi matin pour une visite du service. Une rencontre virile mais correcte, où Olivier Galzi n’a pas hésité à sortir les muscles, assumant un dialogue qui l’est tout autant. « Si quelqu’un n’est pas content, il vient me le dire en face. On va s’expliquer. S’il a des bonnes raisons, je vais les écouter. Mais si j’ai des bonnes raisons de lui dire qu’il fait mal son boulot ou qu’il ne le fait pas, on va se parler franchement d’homme à homme », pose-t-il.

    Il faut dire que le matin même, des tags hostiles avaient été réalisés invitant les nouveaux élus ou les chefs de service à dégager. « Adam = mafia », pouvait-on lire. En l’occurrence, Michel Adam, adjoint à la propreté et qui officiait dans ce service jusqu’à son départ à la retraite il y a deux ans. Pourquoi réussirait-il en tant qu’élu là où, à écouter Olivier Galzi, le service défaille ? « Cela fonctionnait bien avec Marie-Josée Roig [maire de 1995 à 2014] car l’adjoint était en phase avec le directeur, moi-même, justifie Michel Adam. Depuis, la propreté n’était pas la priorité du maire, donc c’était difficile d’avoir les moyens matériels et la volonté d’agir comme on voulait. »

    Un adjoint qui connaît très bien la maison

    Quant aux tags, le maire préfère les prendre comme un message encourageant. « Cette méthode lâche une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on dérange les ultra-minoritaires qui ont compris que les petits arrangements sur le dos des Avignonnais sont terminés », commente-t-il, annonçant le dépôt d’une plainte contre ces « ennemis de la ville qui agissent comme un poison lent ». Devant une bonne soixantaine d’agents, Olivier Galzi implore : « L’heure est venue de combattre ceux qui nuisent à votre image et à celle de notre ville : n’acceptez plus qu’une grande gueule vous empêche de faire votre travail ou parte avec le matériel de l’équipe pour faire son petit business. »

    Mais il sait aussi se montrer cajoleur : « Vous êtes les ambassadeurs de la propreté d’Avignon, votre action doit être visible reconnue et valorisée. » En ce sens, le premier magistrat promet « un dialogue social apaisé et constructif, ceux qui s’investissent seront reconnus, ceux qui freinent l’action collective devront rendre des comptes ». Des « moyens matériels et humains à la hauteur » sont annoncés. Contrairement à la police municipale, il n’est pas prévu de recrutements supplémentaires. « L’idée, c’est de mieux organiser », précise-t-il.

    À bâtons rompus, plusieurs échanges s’enchaînent avec les agents. Les présents condamnent « les tags qui jettent le discrédit ». « M. le maire, venez voir où on mange et l’état des toilettes, même des animaux n’iraient pas », interpelle Adel. Tout au long de la visite, il prend garde de ne jamais parler d’incurie ni d’impéritie, mais son visage le dit pour lui. Ou alors, il prend la presse à témoin quand un agent lui explique que 100 poubelles dites bi-flux, visiblement inadaptées, ont été commandées malgré l’avis contraire des services concernés.

    Trois mesures globales sont affichées pour une meilleure propreté, où l’adage vertueux du « si c’est propre, je vais faire en sorte de ne pas salir » est mis en avant. Brigades d’intervention rapide et opérations quartiers propres, qui commenceront dès la fin du mois, vont être lancées, pour une sorte de grand ménage ciblé, associant la population. Enfin, la « troisième action, ça va être de suivre la demande de l’usager pour qu’il ne reste jamais sans réponse », conclut Michel Adam.

  • Catherine Lara : « L’enrichissement vient de la différence »

    Catherine Lara : « L’enrichissement vient de la différence »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement sur scène avec la compagnie Kumo pour le spectacle « Identités ». À quoi doit-on s’attendre ?

    Catherine Lara : C’est un spectacle à base de danses urbaines, c’est la culture du hip-hop, du trip-hop aussi, mais c’est avant tout de la danse contemporaine. La compagnie Kumo, ce sont des performers, des danseurs remarquables. J’ai un peu l’impression d’avoir des chats autour de moi, tout est très chorégraphié, c’est incroyable. C’est un spectacle très ouvert basé sur les choses de la vie, la violence, le racisme etc. Tout y est, mais on traite ça avec poésie, on ne fait pas de la politique, nous ne sommes pas là pour donner des leçons à qui que ce soit. Moi, je joue du violon, je bouge avec eux, c’est une danse à ma façon et eux bougent sur une musique que j’ai créée spécifiquement pour eux. Une musique du monde, séduisante et qui se veut très accessible. Ce n’est pas un spectacle élitiste, on n’aurait pas cette prétention-là, heureusement. D’abord parce que j’ai horreur de ça, mais aussi parce que je revendique d’être une artiste populaire, du moins je l’espère, et eux aussi. On vient de tous azimuts et on s’en fout, l’important est d’emmener les gens dans notre voyage.

    Justement, vous parlez de voyage. C’est une rencontre entre deux univers. Comment est née l’envie de cette collaboration qui bouscule les codes ?

    C.L. : J’ai quatre fois 20 ans et eux ont entre 25 et 30 ans, donc, sur le papier, on se dit « mais qu’est-ce qu’ils foutent ensemble ! » (rires). Mais ensemble, on a 15 ans, on a gardé notre âme d’enfant et une seule envie, faire rêver les gens. Je les ai rencontrés en les voyant sur scène et j’ai eu un coup de cœur, un peu comme quand on tombe en amour, on ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est comme ça. En sortant, j’avais les larmes aux yeux tellement qu’ils m’ont touchée. Ce sont des artistes très impliqués par ce qu’ils font. Ce n’est pas seulement de la danse esthétique, c’est rempli de messages, d’émotions au travers de leurs gestes, leur corps… Je suis allée les voir pour leur proposer de faire quelque chose ensemble et on a flirté dans notre amitié pour donner naissance à ce beau spectacle qu’est Identités. Sur scène, on est complice, on se regarde beaucoup, on communique énormément et ça passe quoi !

    « Identités » se décline en trois grands actes : notre relation aux réseaux sociaux, notre place dans la société et notre rapport à l’autre, à la tolérance. Pourquoi avoir mis ces thèmes-là en avant ?

    C.L. : Parce que je trouve que l’on vit dans un monde où la tolérance, la bienveillance, sont presque des notions désuètes, voire démodées. J’en ai marre des réseaux sociaux, de voir toute cette méchanceté, je suis fatiguée de ça. Et Dieu sait que j’aime la modernité, même du haut de mes 80 balais, et cette méchanceté est ce qui me frappe le plus. On avait donc tous besoin d’en parler, de délivrer un message de paix. Notre idée, c’est d’être pacifiques avant tout. On a besoin de ça aujourd’hui, dans tous ces temps de guerres infernaux. Je lisais d’ailleurs un message du Pape, qui était en Algérie, et qui disait qu’il y en a marre de ces gens comme Trump qui veulent toujours être des guerriers. L’intérêt de la vie, ce sont nos différences et il faut les aimer. Aimer que l’autre n’ait pas la même couleur de peau, aimer que les gens ne soient pas comme vous, aimer qu’on n’ait pas la même religion. Les gens sont tombés dans un trip d’ego où il faut absolument leur ressembler, sinon, on est de la merde, donc je me bats pour la différence et pour aimer cette différence.

    Justement, est-ce grâce à cette différence que l’on arrive à trouver son ou ses identités ?

    C.L. : Bien sûr ! Vous savez, l’identité est une immense richesse que l’on a chacun. Et il n’y en a pas un qui ressemble à l’autre, Dieu merci ! C’est affreux la pensée unique ou les troupeaux de moutons. Moi, ce que j’adore, c’est de m’entourer au maximum de gens qui ne me ressemblent pas parce que l’enrichissement vient de la différence avec les autres. Je ne recherche que ça. Dans ce spectacle, au niveau des différences, on ne pouvait pas faire mieux, on n’a pas le même âge, pas les mêmes nationalités, je viens d’une grande école musicale alors qu’eux, leur musique et leur inspiration viennent de la rue. Finalement, on est tellement opposés qu’on a fini par se rejoindre et c’est là que l’amour naît, dans la différence.

    Vous accompagnez la troupe de danseurs sur scène avec votre violon, un instrument que vous pratiquez depuis l’âge de 5 ans. Peut-on dire qu’il est le prolongement de vous-même et qu’il vous permet de garder votre âme d’enfant ?

    C.L. : C’est surtout le grand amour de ma vie. Je crois que c’est d’abord un instrument extrêmement difficile qu’il a fallu travailler longtemps, c’est aussi l’école du courage. Quand on est petit, qu’on a 12 ou 13 ans, qu’on voit ses frères et sœurs aller à la plage et que moi je restais des heures à travailler des gammes et à essayer de comprendre ce qu’était cet instrument si difficile… Eh bien, je ne regrette pas. Cette école m’a donné le goût d’une certaine perfection, je ne me contente pas du minimum et je ne baisse jamais les bras. Quelle que soit la chose que j’entreprends, je fais tout ce que je peux pour donner le meilleur à chaque fois, même si c’est pour cuisiner un plat. Au fond, cette école-là est merveilleuse parce qu’elle nous donne l’amour du beau.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

    LE CONCOURS

    « Je n’aurais jamais cru aller aussi loin, s’émerveille Chloé Muliva lorsqu’on l’interroge sur sa victoire au WorldSkills France. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser mais c’est vrai que c’est agréable, en tant que fille qui évolue dans un secteur à dominante masculine, d’obtenir une reconnaissance. » Une expérience valorisante donc, mais aussi créatrice d’opportunités. « C’est vraiment une superbe aventure. C’est l’occasion d’obtenir des contacts mais aussi de découvrir des métiers que l’on ne connaît pas », liste-t-elle. Surmotivée, elle tente sa chance aux WorldSkills mondiaux 2027, avec l’équipe de France Abilympics.