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  • L’héritage de 1936 vibre à la Bourse du travail d’Alès

    L’héritage de 1936 vibre à la Bourse du travail d’Alès

    Pour saisir toute la portée pour la classe ouvrière du Front populaire en 1936 il faut « remonter aux grands mouvements historiques et notamment à 1789 ». Jean Vanhaute place d’emblée l’événement dans le temps long. Car pour comprendre combien les conquêtes sociales de 1936 structurent encore aujourd’hui le monde du travail – les congés payés en sont l’exemple le plus parlant – le responsable de l’Institut d’histoire sociale CGT du Gard (IHS 30), image son propos par des dates clés.

    Son récit de « l’histoire du Front populaire » a donné le coup d’envoi, lundi 5 octobre, de la quinzaine dédiée aux 90 ans de cette grande expérience politique et sociale organisée à la Bourse du travail d’Alès jusqu’au 16 octobre. Cette conférence-débat, animée par Françoise Verna, rédactrice en cheffe adjointe de La Marseillaise, a démontré que sans luttes il n’y a pas de progrès social. « La bourgeoisie ne donne jamais rien et quand elle donne, sous la contrainte, elle tente de reprendre. Mais même quand elle reprend, elle ne peut pas tout reprendre », résume l’historien de l’IHS devant un public attentif et participatif.

    Des expositions et

    des films en libre accès

    « Les conquêtes sociales ne sont pas tombées du ciel. Elles sont le résultat de mobilisations collectives. Aujourd’hui, on renvoie les citoyens à leur individualité. La leçon du Front populaire, c’est cette force du collectif », a souligné Jean-Luc Gibelin, vice-président communiste de la Région Occitanie, venu représenter la présidente de la Région, Carole Delga.

    Jean Vanhaute relate la prise de conscience des classes populaires, sans aucun droit sous l’Ancien Régime, puis actrices de l’abolition des privilèges pendant la Révolution en 1789. « Si des historiens disent que la Révolution française fut bourgeoise, petit à petit la classe ouvrière va naître et prendre conscience de sa condition. » Et de citer 1830, 1848 et, surtout, 1871 et la Commune. « Ce fut essentiel. Pendant quelques mois, les ouvriers ont vu concrètement qu’une autre société était possible », insiste Jean Vanhaute. En 1895 la naissance de la CGT est aussi une date clé pour le mouvement ouvrier.

    Fort de ces décennies d’histoire sociale, le sursaut face au nazisme et au fascisme, au pouvoir en Allemagne en 1933 et depuis 1920 en Italie, marque le début de la naissance du Front populaire, après le coup de force des Ligues d’extrême droite, le 6 février 1934. Face au péril, la CGT se réunifie et la SFIO, le PCF, puis les radicaux s’unissent aux législatives du printemps 1936. Surtout, dans les usines la « base » a poussé à ce sursaut et à l’unité. « Ce que les ouvrières et ouvriers vivaient, c’était des conditions de travail épouvantables, sans droits. Le front populaire est parti des entreprises et pas des états-majors syndicaux et politiques », met en relief Jean Vanhaute. Il ajoute une dimension importante : « Le Front populaire c’est aussi un bouillonnement artistique, sportif. Le théâtre est accessible… » Autant de facettes que des collégiens et lycéens gardois vont découvrir à l’aide des expositions de la CGT, de la CFDT et de la Région, ainsi que des films sur cette histoire commune. Après l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, on apprendra grâce aux historiens que le Front populaire portait en lui le futur programme du Conseil national de la Résistance (CNR) et sa grande œuvre, la Sécurité sociale.

    Bourse du travail, quartier Rochebelle, place Georges Dupuy, Alès. Ce vendredi 9 à 17h, rencontre-débat « la démocratie face aux fascismes » avec Gérard Six, secrétaire général CFDT Occitanie et Sébastien Valpellière, délégué syndical central CFDT. Vendredi 16, à partir de 19h, guinguette, buvette et restauration par la Cantine solidaire. Infos Maison
    de Ma
    Région 04.67.17.88.30.

  • De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    Début septembre, la préfecture de l’Hérault a pris l’initiative de nouvelles règles en matière de code de la route, spécifiques au département. Selon l’arrêté préfectoral, « tout conducteur d’engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) doit être coiffé d’un casque homologué correctement attaché et d’un gilet jaune réfléchissant ». Au terme d’une phase préalable d’information, une verbalisation pourra être appliquée à partir du dimanche 11 octobre. Le non-port du casque pourra entraîner une amende de 135 euros et l’absence du gilet pourra coûter 35 euros.

    Mais qu’est-ce qu’un engin de déplacement personnel motorisé ? Outre les trottinettes électriques, les EDPM comprennent tous ces véhicules intermédiaires apparus récemment. Il s’agit des monoroues, de leurs équivalents à deux roues, les hoverboards, et de ceux comportant une poignée, les gyropodes, plus connus sous le nom du fabricant « Segway ». La préfecture inclut aussi les « cyclomobiles légers », c’est-à-dire les trottinettes électriques avec un siège, les draisiennes électriques et les vélos dotés d’une poignée d’accélérateur.

    Cinq fois plus d’accidents

    La démarche de la préfecture vise à « responsabiliser les usagers des EDPM et à permettre de mieux les protéger ». Entre 2021 et 2025, dans l’Hérault, le nombre d’accidents impliquant des EDPM a été multiplié par cinq. Les nouvelles règles s’ajoutent à celles déjà existantes dans le code de la route. À Montpellier, elles complètent le dispositif mis en place par la municipalité. Dans le centre-ville, les conducteurs d’EDPM doivent mettre pied à terre.

  • J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    J-L Roumégas veut porter la voix des pompiers

    Ce sont 110 000 hectares de forêt partis en fumée, les moyens de sécurité civile débordés, le manque de Canadairs, des pompiers exténués… » Pour Jean-Louis Roumégas, qui revient sur un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, « tout cela était prévisible. On sait depuis deux ans qu’il y a un besoin de modernisation de la sécurité civile », estime le député écologiste de l’Hérault, qui dénonce une « impréparation » face à des risques naturels appelés à augmenter avec le changement climatique.

    Au cœur de l’été, le groupe Écologiste et Social a donc décidé de se saisir du sujet à travers une proposition de loi déposée en juillet, qui doit notamment permettre de garantir des financements pérennes et d’adapter la sécurité civile française aux nouveaux enjeux. Ce 5 octobre, dans le prolongement de la mobilisation nationale des sapeurs-pompiers, Jean-Louis Roumégas a choisi de présenter ce texte aux côtés de représentants de l’intersyndicale des pompiers de l’Hérault venus témoigner des difficultés rencontrées sur le terrain.

    « Ce qu’on revendique en premier lieu, c’est un financement pérenne adapté aux besoins réels », explique Gassien Gambier, président d’Avenir secours. « Sur le montpelliérain, entre l’année dernière et cette année, le nombre d’interventions a augmenté de 15%, mais pas le budget… » D’où, insiste-t-il, la nécessité de recruter des sapeurs-pompiers professionnels, « car il en manque énormément ». Sur cette question des moyens, la proposition de loi écologiste prévoit de mettre en place des financements pérennes via une hausse de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance consacrée à la sécurité civile, une taxe de séjour affectée aux services d’incendie et de secours (Sdis) – le tourisme accroissant les besoins de secours – ou encore une contribution des compagnies d’assurances, détaille Jean-Louis Roumégas.

    Santé et retraite à 55 ans

    Les syndicats réclament également un recentrage du secours à la personne sur « de l’urgence pure », afin de limiter les transports par carence (lorsque les pompiers interviennent faute d’ambulance privée disponible, parfois sans urgence médicale), ainsi qu’une meilleure prise en compte de la santé des sapeurs-pompiers, à travers notamment la reconnaissance de maladies professionnelles. « On a un taux de cancers beaucoup plus élevé que dans le reste de la population et une espérance de vie moindre quand on est à la retraite », souligne Gassien Gambier. Le texte écologiste comporte tout un volet consacré à « la santé physique et mentale » des pompiers, et prévoit également un retour à 55 ans de l’âge légal de départ à la retraite pour les sapeurs-pompiers professionnels. Il propose aussi de créer des classes de jeunes sapeurs-pompiers dans les collèges et lycées, afin de favoriser l’engagement au sein de la profession. Enfin, la proposition de loi entend développer une « culture du risque » dans la population, en généralisant notamment la maîtrise des gestes qui sauvent via une formation annuelle aux gestes de secours dans les établissements scolaires et l’enseignement supérieur, ainsi que pour les enseignants, les salariés, les élus et les agents publics.

    Le texte pourrait être examiné en décembre à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une niche parlementaire du groupe.

  • À Nîmes, les lycéens bloquent pour leur avenir

    À Nîmes, les lycéens bloquent pour leur avenir

    Eh, les gars, on lâche rien ! » Le cri fuse devant les grilles du lycée Alphonse-Daudet. Ce mardi 6 octobre, il est à peine 8 heures et le boulevard Victor-Hugo a des allures de cour de récréation insurgée. Une centaine de lycéens occupent les abords de l’établissement. Pancartes brandies, slogans repris en chœur, un barrage filtrant tient lieu de blocus. « T’as pas cours, toi ? », lance un garçon à son camarade. « Si justement, mais aujourd’hui c’est à nous de tout leur apprendre ! » Éclats de rire. Sous le regard de la police, l’ambiance est bon enfant : « On veut le bac, pas la BAC », ironisent les lycéens. La détermination, elle, ne faiblit pas.

    Après une semaine de blocages et d’interpellations dans les lycées nîmois, les jeunes entendent reprendre la main sur leur mouvement. « On nous fait passer pour des casseurs, mais vous croyez qu’on se lève à 6h pour venir regarder des poubelles ? », s’agace une élève. « On voudrait juste être écoutés pour une fois. » Dans la foule, une pancarte résume l’état d’esprit : « Dans la rue aujourd’hui pour ne pas y être demain. »

    L’école de la désillusion

    Car derrière la colère, il y a du concret. Les salles transformées en fournaises l’été, les plafonds qui s’effritent, les enseignants absents et jamais remplacés. « Au dernier étage, l’été, c’est un sauna. On n’est pas là pour transpirer, on est là pour apprendre ! », ironise un lycéen. Sa voisine enchaîne : « Et après on vient nous parler de nos téléphones comme si c’était le problème numéro un. C’est du foutage de gueule ! » « Et encore, nous, à Daudet, on est plutôt bien lotis, faut être honnête », reconnaît un lycéen. « Allez voir dans les lycées des quartiers populaires, à Mistral ou Darboux. Là-bas, c’est encore pire. On se bat aussi pour eux. »

    Sans oublier Parcoursup, cette machine à sélectionner qui cristallise les angoisses. « On nous répète de travailler pour réussir. Mais même avec de bonnes notes, t’es pas sûr d’avoir une place après le bac. On fait comment, nous ? » À 17 ans, l’avenir a déjà un goût d’incertitude. « On ne demande pas la lune. Juste des profs, des classes correctes et une chance de s’en sortir. »

    La veille, Carole Delga est venue rencontrer une délégation de lycéens à Philippe-Lamour. La présidente de Région a évoqué les travaux à engager contre la chaleur, sans annonce nouvelle. « C’est bien de discuter, mais nous, on veut du concret », résume un garçon.

    Les heures passent. Des élèves d’autres établissements convergent vers Daudet, les chants reprennent de plus belle. Direction le Carré d’art, où quelque 1 500 manifestants se retrouveront à 14h avant de gagner la préfecture, aux côtés des enseignants et des syndicats. « Bon, on y va ? », lance une voix. Les sacs remontent sur les épaules. Ce 6 octobre, les lycéens ont choisi leur salle de classe : la rue. Et leur leçon du jour ressemble furieusement à un cours de lutte sociale.

  • [Chroniques Méditerranéennes] Les mots de la Méditerranée dans le contre-dictionnaire des migrants

    [Chroniques Méditerranéennes] Les mots de la Méditerranée dans le contre-dictionnaire des migrants

    Réduit à un chiffre ou à une marchandise anonyme à répartir, le migrant, perçu comme un « envahisseur », n’a ni âme ni identité. Pourtant, il possède une arme : la parole.

    Un moyen sûr au milieu de la dérive de voyages qui n’ont qu’un seul but : exister dans ce monde. Si le sabir était la lingua franca de la Méditerranée, forgée dès le Moyen Âge pour communiquer dans les ports, une nouvelle langue est née aujourd’hui pour se défendre, pour partager les chances de survie, pour raconter le voyage, sa géographie, le rapport au pouvoir, l’urgence et la solidarité.

    Une langue sans nom, mais que l’équipage du Tanimar – un collectif de chercheurs des universités de Gênes et de Parme utilisant la navigation comme méthode ethnographique pour étudier les déplacements des migrants – a réussi à identifier. C’est ainsi qu’est né le Contro Dizionario del Confine (Éd. Tangerin), un ouvrage qui consacre une explication détaillée à chaque mot employé par cette humanité invisible.

    « Parce que chaque mot a une histoire – expliquent les auteurs –, ce dictionnaire en rassemble et en analyse quarante-deux, classés par ordre alphabétique et correspondant à des termes significatifs pour ceux qui tentent de franchir la frontière italo-tunisienne. Pour ceux qui cherchent à braver le régime frontalier européen, de plus en plus violent, et qui, pour cette raison, sont entravés, agressés et criminalisés. »

    Beaucoup de ces mots sont issus du français. En voici quelques exemples. Arnaqueur : désigne celui qui tente une escroquerie, comme l’organisation de faux voyages vers l’Europe, la vente de visas contrefaits ou l’utilisation d’embarcations dépourvues de moteur adéquat. Dans ces cas-là, un avis de recherche est lancé – une chaîne d’information sur les réseaux sociaux permettant d’identifier l’escroc ; outre le fait de le discréditer, cela peut déclencher le fakop, une amende infligée pour non-respect des règles dans une situation de fuite.

    Le mot « migrant » est remplacé par aventurier, pour évoquer l’idée d’un voyage, d’une fuite loin de la misère. « C’est un état d’esprit plus qu’un itinéraire, confie l’une des personnes interrogées ; cela implique aussi une mentalité de soldat, car le chemin, on le sait, est ardu. Un voyage a un but, alors que l’aventure n’a pas de destination. C’est la capacité à affronter l’inconnu. »

    Un mot identique pour les hommes et les femmes. « Une femme court plus de risques qu’un homme – raconte une témoin – ; j’ai moi-même été victime de violences sexuelles. Si elle n’est pas soutenue, la femme a recours à la prostitution pour avancer sur son chemin. »

    Le terme le plus courant pour désigner le fait d’avoir réussi est « Boza ». « Mais ce n’est pas facile. Cela signifie avoir gagné, avoir réussi. »

    La conscience d’être voué à l’exploitation et de constituer une ressource s’exprime par l’expression « or noir ». La référence renvoie à la couleur de la peau, à des corps contraints à un travail mal payé et dépourvu de droits. « Il n’est pas facile de trouver une mine d’or, mais il est facile de trouver des migrants. C’est la traite. Quand on a un Noir, en Tunisie ou en Libye, c’est comme avoir du bétail. Les Libyens vous achètent aux soldats tunisiens pour quelques euros, puis réclament une rançon à votre famille. C’est un vaste marché. La vente de migrants que nous sommes est plus lucrative que le trafic de drogue. » Derrière chaque mot se cache un monde. Ce monde-là.

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome.

  • Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Prévention des incendies, accès aux pistes forestières, protection des espaces naturels, mise en valeur du patrimoine… L’Association de protection du Faron (ADPF) qui a obtenu le classement du site en 1991, après un long et âpre combat, entend contribuer à un vrai projet de gestion du massif toulonnais. C’est tout le sens du Livre blanc présenté à la presse vendredi matin au sommet du mont toulonnais.

    Créée en 1983 pour s’opposer à de nombreux projets de promoteurs qui l’auraient défiguré, l’association n’a jamais cessé de défendre cet espace naturel. Elle veut continuer à sensibiliser et alerter les pouvoirs publics sur les menaces qui continuent de peser sur ce site de 440 hectares de forêt communale et 800 hectares de propriétés privées laissés pour bonne part à l’abandon. Et dénoncer les entorses à la loi qui sont légion. Comme la construction illégale du docteur Viard, un ancien élu Front national de la mairie de Toulon condamné en 1997 et 1998 qui a remis la bâtisse en état de ruine en 1998. Mais qui a rebâti en 2008. Une affaire qui dure depuis 1995.

    Le président de l’ADPF Jean-Pierre Calistri a présenté ce Livre blanc comme un outil pour dessiner l’avenir en pointant la nécessité de la mise en place d’un véritable schéma directeur, accompagné d’un plan de gestion forestière à l’échelle du massif afin d’anticiper les risques, organiser les accès et trouver un équilibre entre la sauvegarde de la biodiversité et les interventions indispensables à la sécurité.

    L’association souhaite notamment que le droit de préemption soit utilisé pour l’acquisition des parcelles privées afin de faciliter une gestion plus cohérente. Elle appelle aussi à mobiliser les collectivités et les financements susceptibles d’accompagner cette politique.

    L’ADPF a pointé que certaines anciennes pistes de défense contre les incendies (DFCI) ne répondent plus aux besoins opérationnels des pompiers. « Les colonnes de véhicules de secours doivent pouvoir faire demi-tour », souligne Jean-Pierre Calistri. Et de poursuivre : « On ne peut pas se rabattre sur une intervention exclusivement aérienne », la nuit les actions devant en effet s’interrompre. Et dans un massif exposé au Mistral, les conséquences pourraient être catastrophiques. L’association plaide donc pour un programme pluriannuel de remise en état de ces pistes, accompagné d’une réflexion sur les réserves d’eau disponibles.

    Elle souhaite également que soit étudiée la possibilité d’un Plan de prévention des risques d’incendie de forêt (Prif), susceptible, de renforcer les obligations d’entretien sur certaines parcelles privées.

    L’association propose aussi que le Fort Faron vendu à la Ville pour un euro symbolique en 1985 soit entretenu et ouvert au public.

    Appelé à disparaître, le zoo, lui aussi, pourrait évoluer en espace pédagogique présentant la faune, la flore et les milieux méditerranéens, et devenir un point de départ pour mieux comprendre le massif.

    Le Faron pourrait ainsi raconter davantage son histoire, avec en plus une signalétique adaptée, tout en sensibilisant les visiteurs à la fragilité de son environnement.

    Le président d’honneur et fondateur de l’association Michel Bonjardini rappelle enfin qu’un peu plus bas se trouvent des oliveraies et des vignes. Des zones agricoles qui ont fonctionné jusque dans les années 60. Encore une belle idée que seraient des remises en culture pour faire vivre ce mont toulonnais par une production locale estampillée.

    La bonne nouvelle, c’est que la municipalité entend aussi, même si on ne connaît pas encore le retour de la consultation publique, préserver durablement ce patrimoine naturel et historique.

  • [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    Des morceaux de troncs d’arbres ont enregistré, il y a 14 300 ans, des éléments chimiques issus de cette éruption solaire hors-norme. Celle-ci a provoqué une arrivée massive de particules dans l’atmosphère, générant différents éléments. Notamment du carbone-14 qui a fini dans du dioxyde de carbone, lui-même absorbé par les arbres lors de la photosynthèse. L’accélérateur de particule AixMicadas du Cerege a observé un pic particulièrement élevé de carbone-14, daté d’il y a 14 300 ans. « Le signe d’une éruption deux fois plus importante que la plus grosse connue jusqu’alors », précise Edouard Bard. Celle-ci s’était produite en l’an 774 de notre ère et avait été observée dans des cèdres du Japon, en 2012.

    Bascule

    Cette découverte de 2012 a rebattu les cartes. « Jusque-là, nous pensions que le carbone-14 était produit uniquement par des protons issus du rayonnement cosmique galactique », explique Edouard Bard. Les scientifiques expliquaient les variations de la teneur en carbone-14 dans l’atmosphère par les fluctuations du champ magnétique solaire qui dévie plus ou moins les protons venus de la galaxie. Mais ces fluctuations sont lentes. La variation de l’an 774 est trop brutale. Il faut trouver une autre origine : « L’éruption solaire est la piste privilégiée », souligne le chercheur.

    Depuis, d’autres anomalies majeures en carbone-14 ont été identifiées et associées à des éruptions solaires exceptionnelles : en 660, 5259 et 7176 avant notre ère, par exemple. Mais celle d’il y a 14 300 ans est particulièrement intense. Elle s’est produite par le passé et pourrait donc se reproduire à nouveau. Cela serait problématique quand on sait les dégâts que peuvent provoquer les éruptions solaires sur les réseaux de télécommunications et les satellites. « D’où l’importance de mieux comprendre ces éruptions géantes, ce qui les provoque et leur fréquence », conclut Edouard Bard.

  • Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour la première fois depuis septembre 2022 – à l’exception d’une rencontre la saison dernière sur le terrain du LOU, alors que l’ancien demi-de-mêlée du RCT avait été victime d’un burn-out -, Pierre Mignoni, qui a quitté ses fonctions de directeur du rugby du club toulonnais mardi, n’a pas pris place sur le banc, ni dans les tribunes de Mayol ce samedi après-midi face au Racing 92.

    Après une semaine de préparation difficile, et un début de saison raté, les hommes de Franck Azéma espéraient repartir de l’avant, mais montraient des signes de fébrilité dès le coup d’envoi. Albornoz envoyait inexplicablement le ballon en touche, permettant aux Franciliens d’obtenir une mêlée et de s’installer dans le camp toulonnais. S’ensuivait une succession de phases de jeu visiteuses, pour autant de fautes varoises, qui conduisaient à un carton jaune pour Kyle Sinckler (7e), symbole de la nervosité des siens.

    Une efficacité offensive retrouvée, le sans faute d’Albornoz au pied

    Mais après avoir résisté à l’orage, les Rouge et Noir reprenaient le jeu à leur compte. Avec une adresse retrouvée ballon en main, ils parvenaient, comme trop peu souvent depuis le début de saison, à mener des attaques rapides et étaient logiquement récompensés grâce à Gros, en force (7-0, 21e). Six minutes plus tard, Baubigny, sur un maul porté consécutif à une touche, concrétisait une deuxième fois la domination varoise (14-0, 28e). Mais piqué, le Racing réagissait dans la minute, grâce à Gibert, qui exploitait les largesses sur la droite de la défense toulonnaise pour aplatir sous les perches (14-7, 31e). Juste avant la pause, le Racing se voyait refuser un essai pour un en-avant du passeur Naituvi, et malgré dix dernières minutes plus difficiles, le RCT regagnait les vestiaires avec l’avantage au score.

    Dans un second acte plus cadenassé, le RCT s’en remettait au pied de Tomas Albornoz. L’ouvreur argentin (43e, 58e, 63e, 68e) profitait de l’indiscipline parisienne pour donner jusqu’à 16 points d’avance au RCT et faisait oublier les maladresses de Melvyn Jaminet dans ce secteur ces dernières semaines. Les hommes de Patrice Collazo réduisaient cet écart par Hughes, en force (26-15, 70e).

    Les dix dernières minutes s’avéraient une nouvelle fois compliquées pour les coéquipiers de Lewis Ludlam, en infériorité numérique après le carton jaune reçu par Quere-Karaba (74e). Mais Albornoz poursuivait son sans-faute et enquillait une nouvelle pénalité de 50 mètres (77e) pour entériner une victoire plus que bienvenue avant de se déplacer à Édimbourg, vendredi prochain, pour la première journée de Challenge Cup.

    RC Toulon – Racing 92 (MT : 14-7)
    6e journée de Top 14
    Samedi 10 octobre, 16h35
    Stade Félix-Mayol, Toulon
    13 225 spectateurs
    Arbitre : M. Marbot
    Points RCT : 2E Gros (20e), Baubigny (27e) ; 2T Albornoz (21e, 28e) ; 5P Albornoz (43e, 58e, 63e, 68e, 77e)
    Points Racing : 2E Gibert (30e), Hughes (70e) ; 1T Seunes (31e) ; 1P Seunes (55e)
    Cartons jaunes : Sinckler (7e), Quere-Karaba (75e) pour le RCT

    RCT : Gros (Ametlla, 59e), Baubigny (Damond, 56e), Sinckler (Gigashvili, 56e) ; Kpoku (Cancoriet, 51e), Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer (Quere-Karaba, 69e) ; Serin (White, 64e), Albornoz ; Ferté (Jones, 41e, Rebbadj 75e), Fickou, Brex, Tuicuvu (Gigashvili, 12e ; Tuicuvu, 17e) ; R. Rebbadj (Keletaona, 72e). Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke (Kharaishvili, 56e), Escobar (Basse, 76e), Bamba (Tupou, 56e) ; Lainault (Martins, 46e), Taofifenua (Joseph, 48e) ; Diallo (Hughes, 46e), Manyarara (Sanconnie, 69e), Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.) (Spring, 64e). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Universités d’Oser la France à Avignon : nouveau lieu et soutien appuyé du préfet

    Universités d’Oser la France à Avignon : nouveau lieu et soutien appuyé du préfet

    Après le refus du Rouge Gorge, salle de spectacle avignonnaise, d’accueillir les universités de rentrée du mouvement politique de Julien Aubert (LR), Oser la France, prévues le 17 octobre, le responsable politique a annoncé, ce samedi 10 octobre, avoir « trouvé un nouveau lieu », sans en révéler l’emplacement.

    À la suite de la mobilisation d’un collectif d’associations vauclusiennes, dont NousToutes 84, la direction de l’établissement avait annoncé, vendredi, mettre fin au contrat de location.

    À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    Les universités de rentrée du mouvement Oser la France doivent accueillir notamment Sarah Knafo (Reconquête), François Fillon, Natacha Polony, Valérie Boyer (LR), François-Xavier Bellamy (LR) ou encore Jean Branco.

    Sur les réseaux sociaux, samedi, Julien Aubert a estimé que « sous la pression d’une nébuleuse de collectifs et groupuscules locaux émargeant à l’extrême-gauche, un théâtre privé qui accueillait depuis 3 ans nos événements a dû se rétracter. Campagne d’intimidation sur sa façade, appels aux boycotts, tentative de déstabilisation économique : nos opposants n’ont pas attaqué l’organisateur de la manifestation, ni ses invités mais le lieu. Alors que le secteur de la culture souffre des coupes budgétaires, être prêt à tuer un lieu de culture au nom de son Idéologie, c’est extrêmement grave. C’est une censure qui ne dit pas son nom. Ces méthodes rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. »

    L’ex-député ajoute avoir lancé une pétition pour « défendre la démocratie et la liberté d’expression contre l’intimidation ».

    Le préfet de Vaucluse a également choisi de prendre position dans ce dossier. Dans un communiqué, publié ce samedi, Thierry Suquet « regrette qu’un climat de pression conduise à l’annulation d’un événement politique et fasse peser le risque d’une restriction de fait du débat public. Agiter le spectre de la violence pour empêcher une réunion politique est inacceptable, et constitue une vraie menace pour la démocratie. La confrontation des idées doit relever du débat, non de l’intimidation ou de la censure des idées divergentes. »

    Contestant « tout risque avéré pour l’ordre public et toute incapacité des forces de police à faire face aux éventuelles manifestations », le préfet « appelle à faire vivre, par le dialogue et la contradiction, une vie publique ouverte à la diversité des opinions. »

  • À Manosque, les lycéens sont déçus

    À Manosque, les lycéens sont déçus

    De nombreux lycéens se sont montrés déçus de l’affaiblissement de la mobilisation et des annonces de sanctions du maire de Manosque, Camille Galtier, jeudi. « C’est dommage de punir tout le monde, alors que c’est une minorité qui casse et que la mobilisation de mardi s’est bien passée », a avancé Léon, élève en classe de première au lycée professionnel Martin-Bret.

    L’édile veut interdire les aides de la commune et de l’Agglomération pour les manifestants condamnés et a décidé d’annuler une soirée rap gratuite à destination des jeunes. Il a reçu quatre lycéens, mercredi. « Tout le monde n’a pas les moyens de se payer une place de concert, on nous prive de culture », a déploré Sacha, élève en terminale au lycée Martin-Bret, au lendemain de sa rencontre avec le maire. « On lui en a parlé, mais il nous a répondu qu’il ne comptait pas revenir sur sa décision », regrette le lycéen de 17 ans, décrivant l’attitude de l’édile comme de la « provocation ».

    Les quatre lycéens reçus par Camille Galtier, mercredi, ont évoqué auprès de lui « un projet de bus gratuit » pour les élèves qui doivent suivre leur spécialité dans un autre lycée, arrivent en retard et ratent une partie de leurs cours à cause du temps de trajet. « Rien n’est gratuit. Si c’est gratuit, c’est qu’il y en a qui payent derrière », leur a répondu le maire, selon Sacha. « On s’attendait à une discussion, à quelque chose d’ouvert pour essayer d’améliorer la situation. Cela nous a surpris et dérangés. C’était lui qui essayait de nous imposer sa vision des choses et de nous dire que ce qu’on faisait, c’était mal », a affirmé Jana, élève de 16 ans, en terminale au lycée Esclangon. « Dès qu’on avait des choses à dire, il nous contredisait. » Les mesures de sanctions prises par l’édile « vont plus attiser la haine qu’autre chose, c’est jeter de l’huile sur le feu », selon la lycéenne. « Pourquoi toujours faire des économies sur la culture ? », s’est-elle interrogée. Annuler cette soirée gratuite, « c’est priver les gens qui n’ont pas de moyens de la culture », a avancé l’élève, qui regrette la présence de casseurs qui ont « décrédibilisé » la mobilisation, la semaine précédente.

    Des élèves reçus par

    la directrice académique

    « Il nous a dit qu’il avait 40 000 euros à rembourser pour les dégradations », mais cette somme ne doit pas être prise du « budget culturel qui est réservé à la jeunesse », a argumenté Camille, 16 ans, élève en première à Esclangon. « Il nous a dit qu’il était 1 000 fois plus déçu que nous, mais lui peut se payer un autre concert aux arènes de Nîmes ou à La Défense Arena. »

    Quatre lycéens des trois établissements ont été reçus par Véronique Blua, directrice académique des services de l’Éducation nationale des Alpes-de-Haute-Provence, à 11h, au lycée Esclangon. « Elle était vachement plus ouverte à la discussion que le maire. Elle était très à l’écoute et comprenait bien nos revendications. Elle n’était pas là pour nous faire la morale. Cela fait du bien après la rencontre avec le maire », s’est réjouie Jana.