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  • Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Le narcotrafic au cœur des municipales : à Port-de-Bouc, des résultats « à force d’abnégation »

    Son opiniâtreté lui a valu des menaces de mort et des émeutes, en mars 2023. Depuis le début de son mandat, Laurent Belsola (PCF) n’a « jamais cessé de frapper aux portes des différents ministères de l’Intérieur pour lutter contre le fléau du narcotrafic », rappelait-il, le 22 janvier, lors d’un atelier de campagne.

    À Port-de-Bouc, certains quartiers, comme les Comtes ou les Amarantes, sont touchés par cette problématique. « C’est un enfer pour la population. Les parents n’osent plus se balader avec leurs enfants, les soignants ne peuvent pas entrer dans les bâtiments… concède le maire. Ça brûle tout. » Mais la régularité des opérations menées par les forces de l’ordre ont eu raison de nombreux points de deal. « On en avait six en 2020, il n’y en a plus qu’un qui disparaît puis réapparaît de temps en temps », révèle-t-il.

    Des résultats obtenus « à force d’abnégation ». L’édile, candidat à sa succession, avait d’abord demandé la réouverture du commissariat de police nationale puis l’adhésion au dispositif de Quartier de reconquête républicaine pour avoir des renforts, en vain. « On a obtenu que les forces de police soient présentes de manière pérenne, grâce à l’aide de CRS et de compagnies départementales. Les résultats sont là. Quand le travail de longue haleine est fait, ça paye. Mais il ne faut rien lâcher, ça reste fragile. »

    Désormais, Laurent Belsola demande la création d’un commissariat mixte pour avoir, sous un même toit, les services de police municipale et de police nationale. « Il ne manque que l’accord du ministère de l’Intérieur, confie-t-il. On a les locaux, qu’on veut réhabiliter. »

    « Il faut des moyens et il faut travailler sur du long terme, assène le maire. Au niveau régalien, on est preneur de n’importe quel dispositif. Au niveau de la Ville, on met le paquet sur la prévention. On a nos centres sociaux, nos écoles, le théâtre, la médiathèque, des commerces, la présence d’employés municipaux… On est dans nos quartiers. On a créé une Régie pour sortir les jeunes en difficulté avec le monde du travail, pour les accompagner dans la réinsertion avec des missions en bas de chez eux. La sécurité, c’est un tout. La police et la prévention font partie de ce tout. »

  • Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    L’enseignante, actuellement conseillère municipale d’opposition, est interrogée sur le projet démocratique, social et solidaire dont elle est porteuse, en particulier ici sur les moyensà mettre en place pour juguler la crise du logement ou comment améliorer les dotations aux écoles afin de favoriser l’égalité des chances. Mais aussi comment promouvoir l’usage des transports en commun, faciliter les mobilités et rendre la ville plus solidaire, plus accueillante. Tout un programme.

    Alain Tournay : On ne va pas se mentir, l’école ne va bien du tout. Comment faire en sorte d’améliorer les dotations pour qu’elles soient à la hauteur des besoins ? Pareil pour la restauration scolaire qui a un train de retard, voire un tramway, alors qu’on sait que certains élèves ne font qu’un seul vrai repas par jour à Toulon ?

    Magali Brunel : Alors d’abord, sur la dotation scolaire, je pense qu’il est bon de resituer un petit peu les choses, puisque nous sommes trois élus d’opposition depuis six ans dans la municipalité actuelle. Et c’est un sujet sur lequel on s’est toujours mobilisés. À chaque budget, à chaque occasion où un sujet éducatif était sollicité, on est revenu sur la question d’un meilleur soutien pour l’école, que ce soit sur les dotations aux classes qui servent justement à acheter les fournitures et puis à développer des projets, ou les sorties scolaires et les classes transplantées, puisque ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires.

    Ce sont deux sujets sur lesquels on s’est beaucoup battus, André de Ubeda en particulier, puisqu’il était en charge de la commission éducation. Et on a obtenu d’ores et déjà des choses. La revalorisation des crédits de dotation a été marquante aux alentours de 40 000 euros. Et pareil pour les classes transplantées.

    Mais ce n’est pas suffisant. Il faut avoir une vision un petit peu globale de l’enjeu que c’est d’accompagner toute une génération dans de bonnes conditions matérielles. Et à Toulon, c’est sûr qu’on n’est pas au rendez-vous. Je crois qu’on est dans les plus bas des classements en termes de dotation par élève. Nous pensons que d’abord, on peut y répondre avec, dès la rentrée, une prise en compte de la nécessité d’équiper les enfants de kits scolaires gratuits. Ça se fait à Marseille aujourd’hui, et dans plusieurs autres communes de la région. Ça met tous les élèves à égalité.

    On sait que la pédagogie de projet et l’ouverture hors de l’école, c’est un des moyens de lutter contre les inégalités scolaire et sociale, parce que nos enfants, s’ils reçoivent tous le même enseignement, ils sont à l’école devant le même enseignant, ils n’ont pas le même environnement pour profiter de ces cours qui leur sont dispensés. Donc, c’est sur l’environnement, sur le projet, sur l’ouverture qu’il faut jouer.

    Concernant ensuite la cantine, c’est un sujet qui est, à mon sens, sous-évalué aujourd’hui. L’alimentation en général dans une collectivité, d’ailleurs. Nos seniors s’alimentent mal, et cela accentue leur problématique de vieillissement ; les personnes les plus démunies s’alimentent mal et ça accentue les problématiques de leur vie quotidienne ; et nos enfants, qui sont l’avenir, sont soit mal alimentés, soit s’alimentent mal parce que l’environnement n’est pas suffisamment favorable. Et cela a des conséquences sur leur développement, leur santé, leurs apprentissages. Nous pensons qu’il faut mettre le paquet sur la restauration scolaire.

    De ce point de vue là, on a également des références, avec des municipalités qui ont déjà mis des choses en place et qui ont très bien fonctionné. C’est le cas dans des petites communes comme Correns ou Mouans-Sartoux, qui font office de modèles. Mais c’est le cas aussi à Lyon, qui est quand même une collectivité plus importante que Toulon. Donc, nous, on se situe entre deux. Si on arrive à faire mieux que Correns et Mouans-Sartoux et juste en dessous de Lyon, on ne sera déjà pas si mal.

    Et on a des moyens de le faire, parce qu’à Toulon, tout ce qui est production alimentaire n’est pas mobilisé par des sous-traitants qui donnent des repas prêts à l’emploi. Nous avons des personnels qui sont des cuisiniers et des cuisinières et qui ont donc un savoir-faire.

    Il faut qu’on s’appuie sur ces savoir-faire. Et il faut qu’on réfléchisse à davantage nous appuyer aussi sur nos producteurs locaux, rentrer dans une boucle positive pour qu’eux vivent mieux et qu’ils nous permettent de mieux alimenter nos enfants.

    Salima Arrar : Que prévoyez-vous en termes de politique de santé, et concernant le devenir des cliniques privées ?

    M. B. : Le paysage qui se dessine, c’est celui d’une santé à deux vitesses qui a été encouragée par l’installation de groupes privés. Et puis, il y a l’hôpital public et tous les acteurs de la santé publique qui sont en grande souffrance, notamment du fait de resserrement des budgets nationaux. Avec des corps de métier qui sont en très grande tension.

    Pour ce qui concerne la gouvernance municipale, la priorité est de faire en sorte qu’il y ait une offre de soins pour tous les habitants de la ville. Et donc, de ce point de vue là, pour prendre l’exemple de la clinique Saint-Jean, quand il a été question de son éventuel déménagement sur La Crau par le groupe Sainte-Marguerite, notre rôle a été de mettre en évidence le véritable problème que cela pouvait créer pour ce quartier déjà en difficulté. Il est important de s’attacher à maintenir des systèmes qui fonctionnent là où ils sont implantés, à proximité des habitants. Nous avons eu des réserves sur les conditions de la reconfiguration et l’extension négociée par Madame Massi [maire de Toulon SE, Ndlr], parce que cela impacte un parc, et que nous pensons qu’il faut trouver d’autres solutions que de couper des arbres et de sacrifier de l’espace vert. Parce que c’est aussi une question de santé que les gens puissent bénéficier d’espaces verts. Mais, ceci étant, je le répète, nous soutenons un projet qui consisterait à permettre à une structure existante et qui fonctionne dans l’environnement de rester dans son lieu.

    Nous avons d’ailleurs voté il y a quelques semaines, un contrat local de santé et de santé mentale, qui est une manière pour la collectivité de coordonner l’action des acteurs locaux. C’est un outil intéressant, mais là encore, un outil qui nécessite de la concertation et de la co-réflexion réelle. Ces outils-là ont de valeur que si tout le monde est sollicité, tout le monde contribue : la médecine de ville, les différentes structures privées de santé, la structure publique et les autres acteurs de santé comme le CCAS. Donc nous, nous souhaitons faire vivre ce contrat local de santé pour qu’il soit un véritable organe de régulation, de concertation et d’amélioration de la politique de santé municipale.

    Je termine en évoquant les centres de santé qui sont des lieux où on peut aller se faire soigner, qui sont coordonnés avec l’hôpital et qui appartiennent au réseau de la santé publique. De notre point de vue, il y a un audit à mener pour clarifier où sont les besoins sur le territoire municipal. On a parlé de cliniques privées, d’hôpital public, mais il y a des zones blanches. Dans le quartier de Claret, par exemple, le dernier médecin généraliste va partir à la retraite et il n’y a personne pour le remplacer. Pour nous, il faut répondre à ces problématiques non pas simplement en termes de bâti, en mettant à disposition un local et en laissant faire ceux qui souhaiteraient y aller, mais bien identifier les besoins et faciliter l’installation de médecins qui pourraient être salariés et donc faire partie du personnel public. Cela nous permettrait de répondre aux besoins là où ils sont.

    Xavier Hardy : On est vraiment très soucieux du traitement réservé aux migrants, aux personnes à la rue ou en grande difficulté… Comment allez-vous permettre cet accompagnement social par les structures ?

    M. B. : Nous nous y étions engagés en 2020, nous n’avons pas changé d’avis : nous serons signataires de la charte de l’Anvita [Association nationale des villes et territoires accueillants, Ndlr]. Donc si Toulon en Commun est appelé à mener la municipalité nous assumerons les différents articles de cette charte. Et nous envisageons les actions de solidarité dans la durée. Parce qu’on n’est pas solidaires un jour par an au moment par exemple de la collecte de la Croix-Rouge ou la journée de ceci ou de cela.

    Pour moi, investir la mairie c’est respecter les trois mots qui caractérisent la vie publique : liberté, égalité, fraternité, sans en laisser un de côté. La fraternité se traduit notamment, il me semble que c’est un signe fort, dans la manière dont une ville traite les gens qu’elle accueille : les plus fragiles, les personnes qui ont subi des exils, des traumatismes, des accidents de vie. Nous avons à les accueillir avec humanité. Et c’est ensemble que nous devons le faire.

    Notre programme s’est bâti à la fois dans le collectif mais aussi grâce à des rencontres avec des acteurs associatifs, des acteurs de la solidarité, des personnes aussi qui ont cette expérience-là. Voir des enfants à la rue, des femmes passer des nuits dehors avec leurs petits gamins, ce n’est juste pas possible !

    Alors, comment on soutient ? D’abord en facilitant et en accompagnant le travail des associations. On a la chance sur Toulon d’avoir un tissu déjà créé qui sait travailler ensemble, et donc il faut s’appuyer sur les compétences et sur l’expertise existantes. Aider aussi à l’identification de ces structures, parce que quand on débarque à Toulon dans une situation souvent terrible, qu’on est à la recherche d’un toit et de quoi manger, il faut qu’on ait une solution rapidement identifiable, donc des cartographies qui permettent de savoir à qui s’adresser rapidement.

    Jean-Paul Jambon : Quelles propositions faites-vous
    pour remédier à la carence
    de logement social
     ?

    M. B. : Il y a en fait deux problématiques. Celle de la construction, pour commencer. Et on s’aperçoit que les leviers pour produire davantage de logements sociaux ne sont pas actionnés. La deuxième concerne le vieillissement du parc existant, qui fait qu’on met des habitants, des locataires qui paient leur loyer régulièrement, dans des situations d’indignité du logement. Ce qui rajoute des problèmes, parce que quand on vit dans un logement dégradé on veut légitimement en partir. Et donc on demande à muter, ce qui ajoute, en quelque sorte, une pièce supplémentaire dans la machine.

    Il faut traiter les deux problèmes en même temps et pas de manière différenciée. La construction du logement social, c’est un sujet, lui aussi, sur lequel depuis 6 ans, là dans le cas précis, c’est moi, on intervient en conseil municipal. Au début, c’était M. Falco qui me répondait « Mais Mme Brunel, là, il y a la mer, là, il y a la montagne, il n’y a pas un seul mètre carré de foncier disponible ». Bon, on a trouvé beaucoup de mètres carrés pour faire du logement privé et des belles résidences.

    A priori, il n’y en avait pas pour les classes populaires. Donc évidemment, ce traitement n’est pas admissible. Et ça veut dire qu’il faut mettre en face de cela une stratégie qui marque la rupture. Et pour commencer abaisser les seuils d’obligation à construire du logement social lorsque l’on construit des résidences. Ce qui va augmenter leur nombre dans un espace de mixité sociale.

    Parce que quand on fait cela, on ne construit pas une tour où on concentre des populations issues des mêmes milieux socio-économiques, mais on fait vivre ensemble des populations différentes avec des niveaux d’acceptabilité qui font que nous coexistons et nous coexistons avec harmonie. Donc en cela, on répond à la fois à un problème de logement et à un problème de mixité qui s’enchaîne sur la mixité scolaire. Enfin, vous voyez, c’est la chaîne vertueuse au lieu de rester dans une chaîne de blocage.

    Il est urgent également de rénover le parc social et d’améliorer la vie quotidienne des habitants, parce qu’on a laissé tomber les locataires, on a laissé tomber les cités. Et on a rajouté en plus des problèmes au moment de la rénovation urbaine du centre-ville, c’est-à-dire que les personnes qui vivaient dans le centre ancien depuis des années, on les a déracinées. J’ai rencontré des messieurs qui avaient toujours vécu ici dans ce centre-ville et qui ont été envoyés à la Beaucaire où ils sont perdus, parce que c’est ici qu’ils ont leur cercle.

    Ça, c’est très choquant. Il faut s’engager à ce qu’une rénovation urbaine ne soit pas une façon de sortir les habitants de leur lieu de vie, mais qu’on construise avec eux le logement pour eux et pour demain.

    Sandra Gérard : Nous avons un double problème à Toulon du fait du manque de logements mais aussi de la cherté des loyers. Ce qui oblige beaucoup de salariés à s’éloigner de Toulon, et provoque un engorgement de la circulation… Comment comptez-vous agir sur ces deux phénomènes ?

    M. B. : On est toujours sur la difficulté d’accès au logement. Le problème c’est qu’on est dans un enkystement de la situation qui a conduit, notamment après le Covid, à une augmentation des prix de l’immobilier qui n’a fait que s’accentuer. Et ça continue d’ailleurs du fait du nombre de résidences secondaires qui se multiplient sur la ville et qui ne sont pas découragées. Sans compter le développement des moyens de location de meublés touristiques type Airbnb, mais pas que, et qui bloquent du logement. Parce que c’est plus rentable de louer en succession à plein de touristes qu’à une famille qui en a besoin. Ce qu’on identifie dans les différentes analyses, c’est que, en plus, les effets de la pénurie de logement et la cherté des loyers touchent particulièrement les jeunes actifs et les familles avec enfants qui sont obligés comme vous le dites de quitter Toulon.

    Donc ça signifie qu’il faut absolument apporter des réponses parce qu’on dévitalise une ville aussi. Et il faut d’abord s’attaquer à la question des Airbnb. Il y a des solutions très simples, votées récemment. Donc on a les dispositifs, les outils.

    Dans le Pays Basque, ils ont fait ça de manière très volontariste avec des résultats qui sont évidents. Donc faisons en sorte de limiter les abus. Il ne s’agit pas d’interdire de louer 15 jours son appartement quand on est en vacances, mais bien les abus qui créent du blocage à la location de longue durée.

    Deuxième sujet, la question du prix des loyers. Il y a une façon très raisonnable de faire les choses, c’est de prévoir un encadrement. Un encadrement, ce n’est pas que tout le monde a le même loyer. Le loyer est analysé en fonction de l’offre et dans une marge de manœuvre raisonnable qui permet de valoriser éventuellement un appartement qui est plus attractif par rapport à un autre qui l’est moins, mais dans une proportion raisonnable de façon à permettre aux locataires de payer un juste prix.

    Et puis il y a une troisième solution qui est le permis de louer, qui fait que la municipalité est garante de ce qui est offert à louer aux locataires. Parce que quand vous vous retrouvez à payer 800 euros un taudis ou un endroit ultra-humide, c’est indigne. Et ça ne devrait pas être admissible par une collectivité qui a les moyens de régler cela. Le permis de louer permet de faire en quelque sorte un filtrage pour mettre à la location un logement qui peut effectivement être habité.

    Ça peut être d’ailleurs associé aux aides de la CAF. Donc ça veut dire qu’on a des leviers pour soutenir tout simplement des gens qui sont responsables dans la location qu’ils mettent à disposition. Il ne s’agit pas du tout de faire la guerre à des propriétaires ou à des organismes qui fonctionnent de manière tout à fait citoyenne, mais de se prémunir des abus et des positions de faiblesse dans lesquelles on met les locataires et les gens qui veulent accéder à la propriété.

    C’est-à-dire ?

    Libérer le parc, c’est permettre aussi un accès à la propriété plus facile aux ménages qui à force d’efforts ont pu faire en sorte de dégager des économies pour investir. Là aussi il y a des solutions qui permettent d’acheter le bâti et que le foncier reste à la propriété de la ville, et qui font qu’on peut devenir propriétaire à moindre coût.

    Et quand on s’attaque à la question du logement, on limite aussi les problématiques d’embouteillage automobile qui sont un poison pour les gens, pour les travailleurs en termes d’écologie et de bien vivre dans la ville. Néanmoins, évidemment, il faut faciliter la mobilité quand elle n’est pas contrainte.

    Et pour nous, l’un des points forts de notre programme c’est le tramway comme axe structurant l’ensemble de la métropole de la Seyne, au moins, à La Valette, et si possible plus loin encore. C’est-à-dire l’axe majeur de circulation au sein de notre territoire. Parce qu’il est beaucoup plus efficace et plus écologique. C’est la solution la plus adaptée à notre ville. Et que nous pensons que ce travail sur des investissements structurants, doit être associé avec une gratuité progressive.

    Parce que pour changer de mode de transport, toutes les études montrent dans des métropoles comparables que seulement l’offre ou seulement la tarification ne suffisent pas. C’est l’association des deux qui font qu’à un moment donné un usager, un habitant choisit de passer à une autre modalité de transport. C’est ce que nous voulons faire et nous comptons l’articuler avec les autres moyens de transport intra-urbains qui sont notamment les moyens ferroviaires. On a parlé d’un RER toulonnais mais il n’est pas encore à sa vitesse de croisière.

    Roland Biache : Est-ce que votre programme intègre a minima le maintien des volumes financiers en cours à destination
    des associations, voire a prévu
    de les faire progresser ?

    M. B. : Alors, nous d’abord, on est évidemment convaincus que le tissu associatif c’est le filet de la cohésion sociale. Et c’est souvent, concernant les associations de la solidarité, le filet de survie et le filet de sécurité de toute une série de populations précaires. Donc nous avons un regard absolument attentif à ce tissu associatif. Et ça fait partie aussi des sujets sur lesquels on est intervenu plusieurs fois en conseil municipal parce que le discours abusif de M. Falco était le maintien. On maintient les sommes telles qu’elles ont été accordées l’année précédente.

    Mais comme on peut en faire facilement le calcul, les 23 ans à la direction de cette municipalité de M. Falco, compte tenu à la fois de la hausse des recettes de la ville et de l’inflation, ont abouti à ce que les associations fassent les frais au final de budgets en baisse. Donc nous avons demandé chaque année, non pas qu’on nous parle de maintien, mais qu’on nous parle de réactualisation, au moins, au même taux, et sur lesquelles les associations peuvent s’appuyer. C’est notamment quelque chose qu’on a réussi à obtenir les deux dernières années, parce que notre argument a été entendu et que l’hypocrisie a été quand même levée.

    Nous allons aussi regarder de près l’utilisation de l’argent public, comment on s’en sert, quel est son usage, quel est le public qui en est bénéficiaire. Aller voir concrètement les effets, les résultats. C’est pourquoi la proposition d’une commission de concertation me paraît être une bonne solution, parce qu’elle permet à la fois de voir les bonnes pratiques, d’être clair sur les critères et donc qu’il n’y ait pas, en quelque sorte, de concurrence déloyale.

    On a parlé tout à l’heure des associations de logements. Voilà typiquement un sujet sur lequel on peut avoir des grosses inquiétudes quant à la transparence de leur action. Et donc il est certain que nous, à Toulon en Commun, qui avons une logique participative pour notre propre mode d’action, nous considérons que la concertation et la transparence sont la règle d’or du fonctionnement de toute action citoyenne et donc aussi celle des associations. La proposition de budgets pluriannuels me semble une bonne solution. Je pense que l’idée de se dire qu’on part sur une échelle plus longue pour permettre aux gens de travailler sereinement est une idée à explorer, c’est une réponse au stakhanovisme des dossiers à compléter qui occupent beaucoup les associations au détriment de leur travail sur le terrain et celui des agents municipaux. Et donc peut-être qu’on gagnerait à se faire confiance sur un temps donné, à être réellement attentifs aux bilans et donc à voir de près quels sont les bénéfices et ainsi faire travailler les gens sereinement.

    Je tiens également à dire que la culture n’est pas une variable d’ajustement dans un budget municipal. Pour nous, elle participe de la citoyenneté. Elle est un levier de citoyenneté et elle doit être partout.

    Focus sur les lecteurs

    Alain Tournay, enseignant (responsable syndical)

    Salima Arrar, aide-soignante (syndicaliste et membre du PCF)

    Xavier Hardy, retraité (collectif Migrants)

    Jean-Paul Jambon, retraité (Fondation pour le logement)

    Sandra Gérard, fonctionnaire de catégorie B à l’Arsenal de Toulon

    Roland Biache, retraité (militant associatif)

  • Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Leur départ était prévisible. Installée depuis 1845 sur les hauts de la Blancarde, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion n’existera bientôt plus. Avec son majestueux portail, se refermera fin juin un grand livre d’histoire. L’annonce émeut et inquiète les riverains de la longue allée de la Compassion. Ce territoire bastidaire suspendu au-dessus de la ville, constitue un havre de verdure et de quiétude hors du commun.

    Après la fermeture et la vente l’an dernier du foyer pour étudiants de la rue Saint-Savournin (1er) que la Ville a pu préempter, et la cession en cours du couvent de la Petite Compassion avec son domaine fermier d’un hectare, rue du Docteur Cauvin (12e), la fermeture de la Grande compassion et de son domaine unique de trois hectares, scelle le dernier acte et la dissolution d’une congrégation dont les religieuses s’éteignaient les unes après les autres.

    Le vaste domaine bastidaire des Blancard

    Les familles des dix derniers seniors de cette résidence autonomie qui en avait compté jusqu’à trente, doivent leur trouver une nouvelle destination. Les deux dernières religieuses vont s’en aller comme les huit personnels de ce domaine qui vivait aussi de la location des chambres de deux hôtelleries aménagées dans des corps de ferme. Ce serait d’ailleurs une piste de développement idéal pour un futur acquéreur.

    Cet enclos religieux est le fleuron d’un territoire unique et confidentiel qui compte plusieurs bastides et maisons de maître protégées, un étang. La Grande compassion, c’est une suite de quatre bâtiments reliés avec la chapelle de 1848 à la bastide Blancard posée sur un promontoire avec vue imprenable sur la Bonne mère. Elle possède même un petit musée. Orienté sud-ouest, son jardin à la française est organisé autour d’un bassin rond, des bosquets de buis et des pins centenaires remarquables. Les Blancard étaient une riche famille qui possédait au XVIIe les terres agricoles et des vignes le long de la vallée du Jarret. Le bâti le plus ancien est en réalité antérieur à la bastide. Sa cave exceptionnelle et remarquablement conservée sur double voûte en berceau brisé est de la fin du XVe siècle.

    La congrégation a été fondée en 1843 par Jean-François Régis Barthès (1790-1861) un père jésuite qui repose dans une petite chapelle du parc aux côtés de nonnes. Sa vocation initiale était de s’occuper des enfants. C’est en 1907 qu’elle se transforme en maison de repos pour dames âgées. Plus tard en 1930, elle est reconnue de droit pontifical, ce qui explique que la décision de fermeture a été prise directement au Vatican par le Dicastère des Instituts de Vie Consacrée. Contactée, la Prieure générale de la Congrégation, Marisa Adami, n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

    « Que la beauté du lieu soit préservée »

    Une période d’incertitude s’ouvre pour ce site exceptionnel à forte valeur patrimoniale et historique, convoité par les promoteurs et marchands de biens. La reprise idéale par un Ehpad exigerait de lourds investissements. « On nous a dit que la décision a été prise au Vatican et que la résidence devait fermer fin juin », confie une des propriétaires croisée dans l’allée. « On accueille cette nouvelle avec beaucoup de tristesse et de préoccupation aussi, car c’est un pan de l’histoire de notre allée qui s’en va. Ce n’était pas une maison de retraite comme une autre. Il y a une sérénité, une ambiance très particulière. On est éminemment triste et dans l’incertitude de ce que cela va devenir. Nous voulons que la beauté du lieu soit préservée, que ce ne soit pas rasé et loti » nous dit-elle, ne nous cachant pas qu’à ses yeux, « il y a péril en la demeure ».

    « On se méfie des promoteurs » claque un autre propriétaire qui tient à souligner que lui et ses voisins ont toujours eu à cœur de laisser l’allée ouverte aux promeneurs. « On n’a pas voulu garder jalousement l’allée pour nous en installant un portail à digicode comme on le voit dans tant d’endroits à Marseille. C’est un joyau patrimonial dans la ville qui doit le rester et on aimerait que cette maison protégée reste telle qu’elle est. »

    Le domaine constitue un ensemble paysager exceptionnel qui jouit de protections au PLUi : les bois centenaires de haute tige sont classés en EBC et les bâtiments reconnus comme des éléments bâtis remarquables (EBR) du patrimoine bastidaire. La protection s’étend au portail du couvent orné d’une pietà avec l’inscription en latin « Monstra Te Esse Matrem » (montre que tu es mère) mais aussi aux piliers monumentaux près de l’avenue de Saint-Barnabé, vestiges du grand domaine agricole originel. En cas d’urgence, une instance de classement aux monuments historiques préserverait l’intégrité du site.

  • À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    On a les amis qu’on mérite. Le parti de la France a annoncé, vendredi, son soutien à Franck Allisio, candidat du Rassemblement national à Marseille. Il « a réussi à fédérer le RN, la section locale de Reconquête et le sénateur Stéphane Ravier », argumente son président qui voit pour « le camp national [a] une occasion historique » de ravir la mairie à « l’islamo-collabo Benoît Payan ». Fondé en 2009 par Carl Lang, ancien secrétaire général du Front national, en réaction à la « dédiabolisation » du parti lepéniste, le PDF se revendique d’une « droite nationale, sociale et identitaire », sur fond de nostalgie pétainiste, d’antisémitisme et de néonazisme documenté par nos confrères de StreetPress.

    « Les convictions et le parcours de Franck Allisio sont à l’opposé absolus de ce groupuscule aux relents antisémites et pétainistes. Comme Marine Le Pen et Jordan Bardella nous les combattons », a réagi Olivier Rioult, le directeur de campagne du candidat de l’extrême droite, y voyant « une provocation ». Lui n’assume que les soutiens reconnus, de Stéphane Ravier à Reconquête, et les ralliements « de LR à Horizon ». « A contrario, on défend nos compatriotes de confession juive et ils seront avec nous sur la liste », glisse-t-il en réponse à la droite montée au créneau contre ce soutien sans surprise.

    « Le RN et ses soutiens problématiques. Quand des groupuscules pétainistes, antisémites et néo-nazis se reconnaissent dans un candidat, ce n’est jamais un hasard », écrit Martine Vassal quand son directeur de campagne, Romain Simmarano (Ren) pointe « le silence collectif de la gauche et de Benoît Payan sur ce dossier ». Une gauche qui n’a pourtant jamais rien cédé à l’extrême droite et lui a toujours barré la route, tête haute.

    Distancée dans les sondages, la candidate (DVD) qui assumait cet automne partager des valeurs du RN, cherche surtout désormais à s’en démarquer. Une stratégie à la peine. Vendredi, La Provence soulignait que Christine Frontera, une ex-commandante de police mise à l’honneur jeudi lors de la présentation de son comité de soutien, tractait encore début janvier avec le RN. On a les soutiens qu’on mérite.

  • L’OM se retrouve face à Lens

    L’OM se retrouve face à Lens

    Muette lors des deux premiers matches de 2026, l’attaque olympienne s’est réveillée au Vélodrome. Avec un premier but, inscrit par Amine Gouiri, après moins de trois minutes de jeu.

    En trouvant la faille rapidement, la pointe marseillaise validait les choix de Roberto De Zerbi. En lançant Quinten Timber et Ethan Nwaneri, l’Italien montrait sa confiance en ses dernières recrues. Même si, pour cela, il sacrifiait le soldat Mason Greenwood. Les Lensois avaient tout juste le temps de se remettre, qu’Ethan Nwaneri y allait de son but. La fusée OM était lancée, restait à rester sur la bonne orbite pour combler une partie de son handicap sur l’ex-leader de la Ligue 1.

    Lens avait perdu son trône, après le succès du PSG à Auxerre (1 – 0), vendredi. Au Vélodrome, les « sang et or » espéraient le récupérer. Mais en moins d’un quart d’heure, leur situation s’était quelque pu compliquée. Il restait aux Olympiens à poursuivre sur leur lancée. Montrer qu’ils avaient toujours envie d’exister après deux matches ratés au Vélodrome, face à Nantes et Liverpool.

    Mais, comme celui du Virage sud avant le coup d’envoi, le feu d’artifice marseillais finissait par se tarir. Après la demi-heure de jeu, la rencontre s’équilibrait. Avec des Lensois plus présents dans la moitié de terrain provençale.

    Toutefois, les Olympiens restaient maître de leur sujet. Sur leurs coups d’accélérateurs, ils maintenaient une certaine insécurité dans la défense artésienne. Poussés par un Vélodrome qui avait les avaient retrouvés, les hoplites de Roberto De Zerbi cherchaient la faille pour inscrire le troisième but qui les mettraient définitivement à l’abri. Il arrivait à l’entame du dernier quart d’heure, signé Amine Gouiri pour son premier doublé de la saison en championnat.

    La soirée aurait pu être parfaite, s’il n’y avait encore eu le but stupide. Si la réussite de Rayan Fofana ne privait pas l’OM de sa victoire, il montrait une nouvelle fois le manque de constance olympienne dans les fins de match. Un OM qui entretien l’espoir de jouer les premiers rôles et qui fait perdre la tête aux Lensois, au profit du PSG qui prend le fauteuil de leader, avec un point d’avance sur les Artésiens. Et toujours sept sur les Marseillais.

    OM – Lens 3 – 1 (2 – 0)

    19è journée de Ligue 1.

    Stade Vélodrome 52 673 spectateurs.

    Arbitre : B. Bastien.

    Buts : Gouiri (3, 75), Nwaneri (13) pour l’OM, Fofana (86) pour Lens.

    Avertissements : Saïd (37), Sangaré (61), Thauvin (70) à Lens.

    OM : Rulli – Balerdi ( c ), Aguerd (Pavard, 74), Medina – Weah, Timber (O’Riley, 74), Höjbjerg, Paixão – Nwaneri (Greenwood, 58), Gouiri (Aubameyang, 80), Traoré (Bakola, 74).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    Lens : Risser – Aguilar (Bermont, 77), Ganiou, Sarr – Abdulhamid, Thomasson ( c, Bulatovic, 70),

    Udol – Thauvin (Sotoca, 77), Edouard (Sima, 59), Saïd (Fofana, 70).

    Entraîneur : P. Sage.

  • « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    La Marseillaise : Suite aux incidents survenus après la manifestation de jeudi, le Préfet a interdit celle prévue ce samedi. Quel est votre sentiment ?

    Josiane Durrieu : C’est profondément injuste. On condamne ces violences qui ont été perpétrées après l’ordre de dispersion par des personnes cagoulées dont on ignore l’identité. Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements qui desservent leur cause. Ce sont des militants responsables et calmes qui n’aspirent qu’à la paix et défendent leurs droits alors que les djihadistes les massacrent.

    La Marseillaise : La situation est extrêmement tendue nord de la Syrie ?

    J.D. : Elle est dramatique avec des massacres de Kurdes du Rojava par des groupes islamistes, soutenus par la Turquie et l’armée du régime syrien d’Al-Charaa. Il faut rappeler que ce gouvernement n’a pas été élu, ce sont des islamistes issus d’Al Qaida et Daesh. Même s’il a rasé sa barbe et mis un costume cravate, il reste un djihadiste qui a juste lissé son image pour avoir l’appui des Américains…

    On a eu un moment l’impression que les choses s’apaisaient.

    J.D. : Il y a eu des discussions pour trouver une solution politique et apporter des droits aux Kurdes qui souhaitent avant tout la paix. Ils y ont participé mais malgré ça Al-Charaa leur envoie son armée. Il y a eu des massacres à Alep, avec 400 ou 500 morts, et ça continue au nord de la Syrie, à Kobane, la ville martyre.

    Les Kurdes ont participé à chasser Daesh et désormais la communauté internationale ferme les yeux ?

    J.D. : Tout le monde a lâché les Kurdes alors que sans eux, Daesh contrôlerait tout le Moyen-Orient. Ils ont combattu, avec des milliers de morts, pour la démocratie, mais c’était pour nous aussi. Et aujourd’hui, la coalition qui est toujours dans le nord de la Syrie, reste muette. C’est scandaleux. Elle doit intervenir contre les cellules de Daesh qui se sont reformées et stopper les attaques d’Al-Charaa.

    Vous êtes aux côtés de la communauté kurde dans sa mobilisation. Que demandez-vous ?

    J.D. : On demande au président de la République d’intervenir avec des frappes aériennes parce que la France fait partie de la coalition internationale, pour arrêter les groupes islamistes et les troupes d’Al-Charaa, et éviter les massacres. On ne peut pas laisser tomber les Kurdes. On le leur doit mais on se le doit aussi à nous si on veut faire vivre la démocratie. La France à un rôle à jouer pour que l’Europe se prononce. Si on ne fait rien, Al-Charaa installera un régime islamiste. Ils ont déjà libéré des prisonniers djihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe. Cela aura des répercussions jusqu’en Europe, avec ce que cela comporte en risque d’attentats. Et puis, il y a la Turquie aussi qui veut en finir avec les Kurdes de Syrie.

    Il y a eu des négociations en Turquie.

    J.D. : La Turquie a négocié avec les Kurdes de Turquie mais ça piétine parce que la Turquie ne veut pas d’une région autonome kurde en Syrie car ça créerait un précédent. Nous demandons que les Kurdes du Rojava, puissent garder leur système politique et en étant inclus dans la Syrie. Il faut une région autonome.

    Comment interprétez-vous le silence de la communauté internationale ?

    J.D. : Trump a invité Al-Charaa, on l’a présenté comme un démocrate mais il s’est juste donné une fausse image. Les Américains ont joué la carte des islamistes contre les Kurdes en pensant que ça allait stabiliser la région et qu’il pourrait récupérer et exploiter le pétrole. Trump a fait ce calcul en s’asseyant sur toutes les questions démocratiques.

  • Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Entré en 1993 dans la flotte de la compagnie maritime, le Kalliste, navire emblématique de la délégation de service public entre Marseille et la Corse, réaffecté sur la ligne Marseille-Nador (Maroc) la saison dernière avant sa mise à l’arrêt en octobre dans le port de Marseille, « a énormément servi et peut encore servir. Il y a mieux à faire que sa mise à la casse », défend Jean-Mathieu Figarella, secrétaire de la CGT Méridionale. La direction en a décidé autrement.

    Le 17 septembre dernier, cette dernière avait avancé ses pions lors d’un CSE extraordinaire sur son plan de réorganisation qui mettait forte option sur la vente du ferry. La Méridionale « fait face à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », explique la direction. Aucun départ contraint n’aurait lieu mais un plan de départ volontaire était une probabilité. Le 12 janvier, la direction a confirmé la cession du Kalliste au chantier turc Sok Denzcilik, la « seule offre ferme reçue », précise-t-elle, vente qui ne sera effective qu’après la remise de l’avis issu du rapport d’expertise complémentaire demandé par le CSE.

    Un outil pour contrer GNV

    Pour le syndicat cette décision met en péril des « centaines d’emplois parce qu’on n’a aucune garantie derrière ». Jean-Mathieu Figarella estime que le navire « peut permettre aux compagnies de se positionner sur le port de Sète pour contrer et pour écarter le GNV de l’Afrique du Nord ». Il précise que « dans le cadre de ce programme commun 2026, le Kalliste a potentiellement toute sa place, et s’en débarrasser ainsi, aussi rapidement et dans ces conditions, serait irresponsable ». La direction assure quant à elle que « tous les scénarios d’exploitation se sont révélés structurellement déficitaires ».

    En l’état des discussions, le syndicat CGT de La Méridionale a déposé un préavis de grève à durée illimitée au port de Marseille à compter de l’ordre donné du dernier voyage du Kalliste, non encore communiqué par La Méridionale. Un appel auquel se joint le syndicat CGT des marins de Marseille qui avait déjà déposé un préavis de grève le 2 décembre dernier pour dénoncer une situation « plus tenable », liée à « la concurrence déloyale des compagnies sous pavillon international italien » couplée d’une « mise en concurrence » des compagnies Corsica Linea et La Méridionale sur la Corse.

  • Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Après le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou la semaine dernière, c’est la ministre des Armées et des Anciens Combattants Catherine Vautrin qui était à Toulon ce jeudi, sur le site de la Direction générale de l’armement (DGA). Une visite qui s’inscrit elle aussi dans le cadre de l’augmentation du budget de la Défense (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards) et de la loi de programmation militaire 2024-2030, qu’Emmanuel Macron souhaite faire passer de 413 à 449 milliards d’euros.

    Dans cette optique, la DGA a un rôle central à jouer sur l’aspect capacitaire, en tant qu’outil de la souveraineté française. Sa raison d’être : maîtriser techniquement notre avenir pour créer la force de dissuasion et les outils de défense. Un aspect primordial « dans un monde qui se réarme » et « où les conflits régionaux se multiplient », soutient Catherine Vautrin. « Depuis 2017, le budget de l’armée a suivi une trajectoire inédite et a presque doublé. C’est une nécessité, en aucun cas un luxe. » Son objectif est de permettre la conception de moyens en un minimum de temps grâce aux nouvelles technologies, captées, notamment, dans le domaine civil. Et outre la souveraineté, l’autre but est d’être capable de soutenir les missions de l’Otan.

    La visite du jour était centrée sur le projet DANAE, qui, comme cet acronyme l’indique, vise à doter la Marine nationale d’un Drone de surface autonome naval avec une capacité d’armement embarqué. Un projet d’accélération de l’innovation (PAI), qui devra intégrer des capacités létales et non létales, avec deux types de mission : la protection des ports, et l’escorte de navires, en pouvant être commandé depuis la terre, ou embarqué dans une frégate. Il est imaginé pour « avancer à la vitesse des changements d’aujourd’hui. Nous n’avons plus le luxe d’un fonctionnement de temps de paix. Les temps politiques, industriels et opérationnels se contractent. La période de transition ouverte en 2001 s’achève », reconnaît la ministre des Armées.

    Ce projet consiste en la réalisation de sept drones navals, à plusieurs centaines de milliers d’euros, portés en collaboration par une dizaine d’entreprises (Naval Group, Thales, Exail…), dont certains sont déjà utilisés dans le civil, notamment dans la protection de plateformes pétrolières. Trois seront sélectionnés puis affinés selon les besoins de la Marine, et un seul intégrera l’arsenal maritime français d’ici 2027. À ce titre, des essais ont lieu depuis deux semaines.

    L’innovation, priorité stratégique

    Dans un monde qui se replie sur lui-même, l’innovation est une priorité : « Le champ de bataille connaît son plus grand bouleversement depuis la Première guerre mondiale. On ne pourra tenir que si on innove plus vite que l’adversaire. C’est une révolution permanente, technique, mais avant tout une révolution des mentalités », martèle Catherine Vautrin, qui invite à passer « de la stricte planification à un modèle un peu plus basé sur l’adaptation, devenue indispensable pour toutes les raisons évoquées ».

    Mais la ministre soutient également d’autres aspects liés au développement de l’industrie militaire française : « La France demeure le deuxième exportateur d’armes au monde. Notre Base industrielle et technologique de défense (BITD) n’est soutenable que parce qu’elle exporte. C’est une condition de survie industrielle, et un outil de puissance, car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine. »

    Second aspect, et pas des moindres : la question de l’Europe de la défense, qui peine historiquement à s’affirmer sur la scène internationale. « Nous devons être plus européens dans notre stratégie industrielle, sans aucune naïveté, avec des équipements capables d’agir de concert. Nous ne pouvons parler d’Europe de la défense sans produire ni acheter européen », insiste Catherine Vautrin, non sans pragmatisme : « Mais les clients d’hier sont les compétiteurs d’aujourd’hui. Nous devons donc être offensifs et stratèges. » Et in fine, « pouvoir mieux peser sur l’Otan ». Car face à la folie trumpiste, c’est avant tout de cela qu’il s’agit.

    « Nous n’avons plus le luxe
    d’un fonctionnement de temps de paix »

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation », martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’« éléments infiltrés qui ont provoqué », ne prenant pas part à la manifestation déclarée. « Nos services d’ordre ont été dépassés », concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accrocs au départ des Réformés. « Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles », indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui « condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée ». La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés.

    Rue Saint-Ferréol, puis sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. « J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7e arrondissements Sophie Camard dans une série de messages postés sur X.

    « Provocations extérieures »

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’État turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des « partisans du groupe terroriste YPG/FDS », soit les forces armées kurdes qui combattent l’État islamique dans le Rojava. Puis, la fachosphère s’en est emparée et a instrumentalisé ces vidéos pour vomir sa haine anti immigrations. « Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daech dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens », tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan.

    « Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde », regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. « Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.