Category: accueil-second

  • La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    Si les noms de colistiers proches et le programme restent encore à déterminer, la liste à gauche lance publiquement sa campagne. Rangée derrière Marc Pena, député PS de la 11e circonscription, la liste d’union Aix Avenir, composée des forces de gauche et écologistes (hors LFI), s’est affichée, mercredi soir dans son local rue Granet, derrière son candidat, pour une première rencontre avec le public. Marc Pena est d’ailleurs le premier des quatre candidats en lice pour le fauteuil de maire à avoir tenu une rencontre publique dans un contexte de campagne qui commence à peine à frémir. Chez Philippe Klein (Hor), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), les meetings n’ont pas encore commencé. Sophie Joissains, maire sortante (UDI), n’a toujours pas officialisé sa candidature.

    Chez Aix Avenir, c’est donc l’épineuse thématique du logement qui a été choisie pour rassembler les premières foules. Un débat animé par divers acteurs sur le sujet, dont Agnès Daures (DVG), conseillère municipale d’opposition dans le groupe Aix-en-Partage mené par Marc Pena, et commenté par les chefs de file des composantes de l’union. Pour le candidat, Aix « fait face à une crise du logement d’une ampleur inédite (…) notre ville ne respecte pas la loi SRU et accuse un déficit de près de 3 000 logements sociaux ».

    Promesses

    Avant d’annoncer : « Nous mettrons en œuvre une politique du logement d’abord, en considérant qu’avant toute autre aide, la priorité est de permettre à chacun d’avoir un toit », avec « une transparence totale dans les procédures d’attribution des logements », un « encadrement des loyers » et une « lutte contre les logements vacants et une régulation ferme des locations à courte durée ». Outre les promesses de campagne, le constat de mal logement est là, parmi les intervenants et le public militant, comme curieux. L’une des habitantes d’Encagnane évoque les nuisibles, le froid subi dans cette résidence. Un autre, participant aux maraudes sociales pointe le manque de solutions pour sans-abri : « J’en connais deux qui sont décédés sur la période [hivernale, Ndlr.]. » Constat similaire pour Emma Rose, cette étudiante dont la thèse est axée sur les solutions accueil des personnes à la rue dans Aix. Insalubrité, appartements qualifiés de passoires thermiques, logements délaissés… L’éventail des problématiques est large, le rôle de la majorité pointé du doigt. « On a en face de nous une municipalité bourgeoise et de droite dont le moins qu’on puisse dire c’est que le logement pour tous n’est pas sa priorité, et qu’elle préfère la spéculation immobilière au logement social. Ça campe le décor », pointe Agnès Daures. « Il va falloir se battre pour gagner deux fois. D’abord pour que Marc [Pena] soit élu maire : c’est déjà de ça qu’il s’agit. Le second combat est celui du jour d’après. (…) Il va falloir se battre pour que la commune ai les moyens d’appliquer tous les projets, toutes les propositions qu’on a entendues ce soir. C’est la deuxième étape du combat politique », estime David Tessier (PCF). À suivre.

  • [Entretien] Navid Shomali : « La solution en Iran ne peut venir que du peuple »

    [Entretien] Navid Shomali : « La solution en Iran ne peut venir que du peuple »

    Des manifestations d’ampleur secouent l’Iran depuis plus de deux semaines. Un mouvement qui, à l’origine, était lié au coût de la vie, mais s’est rapidement étendu et réclame désormais la chute du régime, qui est prêt à tout pour sa survie. Quelque 3 428 personnes auraient ainsi été tuées depuis le début du mouvement de contestation, a annoncé, mercredi, l’ONG Iran Human Rights (IHR), qui a également fait état de plus de 10 000 arrestations. Un véritable massacre mené par les Gardiens de la Révolution de la République islamique. Des rapports font état « de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays », affirme l’ONG Human Rights Watch.

    La Marseillaise : Pensez-vous comme le chancelier allemand que le pouvoir iranien vit ses « derniers jours » ?

    Navid Shomali : Les dirigeants européens ont déjà décidé que le régime devait être changé. Certains parlent d’une transition « en douceur », d’autres rappellent leurs ambassadeurs et essayent de réduire leur représentation diplomatique. Le problème est qu’ils ne connaissent pas nécessairement l’Iran. Ils aimeraient que l’Iran soit pro-Occident et pro-Otan dès demain. C’est loin de la réalité. La révolution iranienne de 1979 a mis deux ans à atteindre son stade final, avec des millions de personnes dans les rues. Ce régime brutal, qui dispose de l’un des appareils militaires et sécuritaires les plus redoutables du Moyen-Orient, est conscient que s’il quitte le pouvoir, il n’aura nulle part où se cacher. Il va donc s’accrocher et résister. C’est pourquoi nous sommes très préoccupés par l’ingérence politique des Israéliens, des Britanniques, des Français, des Allemands, des Portugais et de tous les membres de l’Otan. Cela compromettra les attentes sincères des personnes qui sont descendues dans la rue en 2009, 2017, 2018, 2019 et 2022. À chaque fois, ils ont réussi à forcer le gouvernement à reculer. Le régime peut utiliser ces déclarations pour affirmer que les manifestants sont manipulés par des puissances étrangères. Notre parti exige que ces ingérences cessent immédiatement.

    Quelles sont les revendications des manifestants ?

    N.S. : Les manifestations de ces deux dernières semaines sont directement liées à la propagation rapide de la pauvreté ainsi qu’à la corruption en Iran. L’accumulation de richesses par une petite minorité d’individus extrêmement riches, alors que la majorité de la population lutte pour satisfaire ses besoins les plus élémentaires, est insupportable. Ils constatent également que ce ne sont pas seulement des acteurs extérieurs qui ont conduit le pays à sa situation actuelle, mais aussi le régime et ses partisans, ses alliés et les membres de leur famille, par leur corruption endémique et leur pillage effréné de l’économie. Ce sont eux qui, au cours des trois dernières décennies, ont amassé des sommes d’argent astronomiques. Pendant ce temps, les travailleurs ne sont pas payés, les entreprises et les industries font faillite. Environ 60% de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi ils sont dans la rue et prêts à sacrifier leur vie pour changer ce régime et offrir à leurs enfants et aux générations futures une vie digne.

    Le fils de l’ancien Shah, Reza Pahlavi, se positionne comme un acteur clé. Est-ce vraiment ce que souhaite le peuple ?

    N.S. : Pendant 47 ans, les Pahlavi ont vécu dans un luxe absolu grâce aux milliards de dollars qu’ils ont détournés de l’Iran. Lorsque Reza Pahlavi est interviewé, son ignorance de la situation est flagrante. Un document de 200 pages distribué à ses partisans propose clairement une dictature. Bien sûr, pas ecclésiastique, mais une dictature qui conduirait à la création d’un régime despotique dans lequel personne ne serait libre, l’ordre capitaliste serait maintenu et l’Iran serait un allié des États-Unis et d’Israël. Il n’a aucun programme politique, économique, social ou culturel clair pour résoudre les problèmes urgents de plus de 90 millions d’Iraniens. Après 47 ans de régime islamique et 50 ans de pahlavisme avant cela, l’Iran aura vécu sous la tyrannie pendant près de 100 ans. C’est pourquoi les esprits les plus brillants et les plus visionnaires d’Iran doivent s’unir pour trouver un moyen de sauver le pays. Cet homme n’est pas accepté par la population, mais chaque jour, les médias occidentaux invitent dans leurs émissions des politiciens et des personnalités publiques qui font l’éloge de la monarchie, affirmant que Pahlavi bénéficie d’un fort soutien international. Le problème est que l’opposition à l’intérieur du pays a été brutalement et totalement réprimée pendant longtemps, réduisant l’arène de la lutte interne à néant depuis la fin des années 1980.

    La France, le Royaume-Uni et le Portugal ont rappelé leurs ambassadeurs pour dénoncer la répression des manifestants.

    N.S. : Ce sont ces mêmes gouvernements qui ont poussé à l’adoption de sanctions plus sévères contre l’Iran. En octobre, ils ont affirmé que l’Iran avait abrogé ses responsabilités en vertu de l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien. Cependant, le régime et un certain nombre d’experts en droit international ont affirmé que cet accord avait en fait été abrogé par les États-Unis en 2018, lorsque Trump s’en est retiré. L’accord stipulait que si l’un des six partenaires se retirait, il serait rompu. Ces gouvernements rêvent de revenir à l’ère coloniale et retrouver leurs positions. C’est le contraire de ce que l’on attend de pays qui se décrivent comme démocratiques et prétendent respecter le droit international. Si les gouvernements occidentaux n’interviennent pas, la République islamique pourrait s’effondrer sous la pression populaire interne à l’Iran. La solution en Iran ne peut venir que du peuple. Seuls les Iraniens ont le droit de décider du sort de notre pays et de la voie politique qu’il empruntera.

    Pensez-vous qu’il y aura une intervention militaire américaine sur le sol iranien ?

    N.S. : Personne ne peut prédire ce que Donald Trump va faire. Un jour, il dit une chose, et le lendemain, il fait le contraire. Les Américains et l’Occident ont clairement échoué à évaluer correctement la situation en Irak en 2003. Il a fallu de nombreuses années pour pacifier ce pays, sans parler de lui apporter un semblant de stabilité pendant de nombreuses années après cela. Et en termes de superficie, l’Iran est près de quatre fois plus grand que l’Irak. Il n’est donc pas impossible que le régime iranien et les États-Unis reviennent à la table des négociations pour parvenir à un accord. Les Américains auront bien sûr le dessus et finiront par l’emporter, car le régime théocratique est prêt à tout pour rester au pouvoir. Le grand perdant sera le peuple iranien. C’est pourquoi nous espérons que les forces progressistes, démocratiques et nationalistes, ainsi que la classe moyenne, les enseignants, les infirmières et les femmes, s’uniront pour former un front uni qui aspire à la paix, à la démocratie et à un avenir dans lequel les vastes ressources de l’Iran seront utilisées pour construire un pays prospère. En renforçant la solidarité et l’unité d’action entre toutes les forces sociales progressistes engagées dans cette lutte, nous nous efforcerons de faire face simultanément à la dictature au pouvoir et aux menaces de l’impérialisme américain.

  • Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    En Vaucluse, les deux principales villes, Avignon et Carpentras, sont actuellement détenues par la gauche avec des maires à la tête de larges majorités. Sans trop de surprises, c’est là que les appétits, et appréciations différentes, sont les plus marqués, ne permettant pas de présenter aux électeurs une seule large et unique liste de rassemblement.

    Dans la ville-centre, le panorama s’éclaircit, près d’un an après l’annonce de Cécile Helle (PS) de ne pas briguer de 3e mandat. Si, au centre gauche, l’adjoint à l’urbanisme Paul-Roger Gontard est toujours en lice, David Fournier (PS), autre adjoint, est aujourd’hui le candidat qui agrège le plus de soutiens et incarne la continuité. Mathilde Louvain, pour La France insoumise (LFI), tentera de lui disputer le leadership à gauche et pourrait se prévaloir aussi de l’appui de Génération.s et d’un collectif Avignon citoyen. Le PCF oscille encore entre les deux options et doit se déterminer définitivement d’ici à la fin de semaine.

    À Carpentras, le maire Serge Andrieu (DVG) repart pour un second mandat sous son nom propre, en bénéficiant des soutiens de partis de gauche, comme le PS ou le PCF, à l’inverse de 2020 pour les communistes. Les Écologistes, sous tutelle, sont dans l’attente alors que l’une de leurs co-référentes, Olivia Adoplhe-Laroubi, est l’épouse de l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité. Là aussi, LFI ambitionne de monter une liste.

    Dans le reste du Vaucluse, ce sont les profils des candidats et implantation de la gauche de manière générale qui font ou défont l’unité. Les donnes sont semblables à Orange et Cavaillon, guère propices à la gauche. En 2020, elle n’était même pas représentée dans la cité cavare. Cette fois-ci, Patrick Blanès (PS), candidat pour le NFP aux dernières législatives, portera une liste divers gauche, mais sans soutien de LFI. À Orange, face à la guerre que se livre l’extrême droite version Bompard et le RN, un collectif citoyen « Tous orangeois », incarné par Antoine Boudet (SE), est le plus à même de séduire la gauche. Dans la mairie RN du Pontet, c’est aussi une sorte de front républicain qui s’organise autour de Jean-Firmin Bardisa (DVD), qui balaye du PCF à l’UDI.

    À Bollène, LFI sera bien en soutien de la liste « Bollène à gauche », défendue par Daniel Barrière (PCF). Le candidat sera opposé au maire sortant Anthony Zilio (SE), pourtant issu de la gauche, mais « plus assez aujourd’hui » aux yeux de certains. Les insoumis discutent aussi à Morières avec Annick Dubois (PS), qui porte l’unité de la gauche, pour tenter de reprendre la mairie au RN. Enfin, à l’Isle-sur-la-Sorgue, l’ensemble de la gauche se range derrière un non encarté, Christophe Baudet, autour de la liste Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire).

  • Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    On a vendu des produits français, au prix français, traités avec des produits espagnols interdits. Même si peu de volumes ont étés retrouvés, vous devez jugez un mode d’organisation, pas des volumes », martèle le vice-procureur de la République, Michel Sastre, dans son réquisitoire, face au tribunal. De lourdes peines d’emprisonnement et d’amendes ont étés requises par ce dernier à l’encontre des sept prévenus et leurs sociétés. Ils sont mis en examen pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture » (lire notre édition de ce lundi 12 janvier).

    Pour rappel, l’affaire porte sur un trafic organisé de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, puis stockés et potentiellement utilisés sans autorisation de mise sur le marché (AMM).

    Le parquet insiste sur « le sentiment d’impunité d’exploitants prospères qui fournissent les plus grandes enseignes françaises », matérialisé par une démarche simple présentée lors de l’audience : de fausses étiquettes, du film noir pour cacher les produits lors du transport et de fausses factures. Selon le vice-procureur, la « démarche est fondée exclusivement sur la recherche du profit maximal, sans aucune prise en compte des impacts sur l’environnement et la santé des consommateurs ».

    Par ailleurs, Michel Sastre rappelle fermement que critiquer la législation européenne concernant l’import de fruits et légumes revient à « confondre le droit et la politique. Nous sommes là pour appliquer le droit voté à l’Assemblée nationale, non pas pour le faire ».

    Mépris ou négligence

    Pour le vice-procureur, l’argument de la négligence n’est pas acceptable non plus de la part de professionnels et « de grosses entreprises qui dominent le marché ». « Mépriser les règles, c’est mépriser le consommateur », ajoute-t-il. Un discours dans le prolongement de la position tenue la veille par la Confédération paysanne. Pour le syndicat, cette affaire entache la réputation des agriculteurs, même en règle, auprès des consommateurs.

    Les réquisitions du vice-procureur affichent une volonté de faire de cette affaire hors-norme un exemple. Elles tiennent compte « des personnalités, des âges, de l’implication et de la taille des exploitations », précise le parquet.

    Pour Alain H., désigné comme « chef d’orchestre de l’affaire » par bon nombre des parties civiles, 10 mois d’emprisonnement ferme et 65 000 euros d’amende sont requis, ainsi qu’une interdiction d’exercer des activités agricoles. Les réquisitions prononcées à l’encontre des autres prévenus s’étalent entre 8 mois de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende.

    Délibéré attendu le 7 avril.

  • Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Des armes non létales, mais des armes tout de même. Comme annoncé voilà près d’un an, la présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD) a officiellement équipé ce mardi 13 janvier les agents du Groupement d’assistance et de protection (GAP) de la RTM de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Seuls 9 des 99 traminots de cette brigade dédiée à la sécurité ont pour le moment été formés, par une agence composée d’anciens militaires nous précisera Christian, membre du GAP depuis sa création en 2022, qui insiste sur le côté dissuasif et de médiation de sa mission.

    Mais tout devrait aller très vite se félicite l’élue, déjà satisfaite que tous bénéficient déjà de caméras piétons depuis le 19 décembre. De quoi réduire de 40% les incivilités à leur égard et lutter contre le fameux « sentiment d’insécurité ».

    Surtout, la candidate à la mairie de Marseille a vu là une belle occasion de pilonner sur son thème favori. « C’est une belle séquence qui renoue avec la façon de faire de la politique, avec ma majorité et mes élus, quand nous faisons des promesses, nous les tenons », martèle-t-elle, quand « la sécurité est la première de nos libertés ». Et de préciser qu’il aura « fallu se battre » pour obtenir les habilitations tant convoitées, où le soutien de « deux ministres très engagés, Bruno Retailleau et Philippe Tabarot » aura permis d’aboutir.

    Un continuum de sécurité

    En attendant les métros climatisés cet été, on saura que les agents du GAP pourront désormais dégainer s’ils jugent que leur intégrité physique ou celle des voyageurs est menacée, précise Catherine Pila, présidente de la RTM.

    Également présent, le préfet de région, Jacques Witkowski, satisfait. « Un pas vient d’être franchi, vous entrez de plain-pied dans le continuum de la sécurité », résume-t-il, considérant « vain d’opposer les forces de sécurité les unes aux autres ». Pour lui, « il faut plutôt les additionner », chacun « à sa place ». Car police nationale et CRS sont déjà présents sur le réseau. Et « les résultats sont bons » affirme-t-il, taclant Benoît Payan, maire DVG de Marseille et candidat à sa succession, qui n’a de cesse de réclamer des moyens : « Comme quoi avec 40 policiers en ville, on arrive encore à faire des choses ! » Et qu’on ne voit pas là le morcellement d’une activité régalienne de l’État. « On ne répond pas toujours aux questions de sécurité par plus d’effectifs », assène le préfet. Il prône l’utilisation de « moyens modernes » comme les caméras de rues, considérant « le débat d’atteinte à la liberté individuelle » éteint quand elles sont devenues « un élément de fiabilité de la sécurité du quotidien » et que « les concitoyens appellent à avoir encore davantage ». L’ex-gendarme Witkowski assume son côté répressif, « désolé, mais on ne se refait pas », avec du Audiard : « Quand on négocie avec un 11.43 en pogne, on est nettement plus crédible. »

  • L’OM passe sans trembler

    L’OM passe sans trembler

    Après la seule grosse surprise de ces seizièmes de finale, l’OM se devait de faire le job.

    Car, si le PSG n’avait pas à rougir d’une élimination par le Paris FC (0-1) qui évolue en Ligue 1, les Olympiens savaient que, face à Bayeux, pensionnaire de Régional 1, ne pas poursuivre l’aventure en Coupe de France aurait été encore plus humiliant qu’une sortie de route face Carquefou, Quevilly ou Andrézieux, clubs de National 2 qui, dans un passé plus ou moins récent, ont joué un bien mauvais tour aux Marseillais.

    De ces mauvais souvenirs, c’est celui face à Quevilly qui reste le plus douloureux. Car concédé au stade Michel d’Ornano, en quart de finale de la Coupe 2012. Alors, pour les Olympiens, l’occasion était venue d’exorciser ce passage peu glorieux de leur histoire. Bayeux, petit Poucet de la compétition, en a fait les frais.

    Même si certains cadres offensifs étaient restés à la maison, le onze choisi par Roberto De Zerbi n’en conservait pas moins une force de frappe qui devait rapidement éteindre l’enthousiasme normand. Et si Oscar Lecanu gagnait ses deux premiers duels de la soirée, le gardien du BFC ne pouvait rien sur les quatre buts phocéens de la première période.

    Il était tout aussi dépassé par la vitesse d’exécution marseillaise lorsque, en cinq minutes, Mason Greenwood puis Amine Gouiri corsaient l’addition, au retour des vestiaires. L’OM allait même faire mieux qu’à Bourg-en-Bresse, avec neuf buts à son compteur. Face à un adversaire toujours aussi courageux, mais dont les forces s’amenuisaient au fil des minutes.

    Après leur non-match de reprise contre Nantes au Vélodrome, après la frustration d’avoir vu le trophée des champions leur filer entre les doigts à Koweït City, les Marseillais ont su trouver les ressources pour rester dans la course en Coupe de France. Ils ont su éviter le piège de Bayeux pour s’inviter en huitième de finale. Avec un duel face à Rennes, au Vélodrome, qui sera l’occasion d’effacer la frustration d’une ouverture ratée.

    Bayeux 0 (0)

    OM 9 (4)

    16e de finale Coupe de France

    Stade Michel d’Ornano. (20 000 spectateurs)

    Arbitre : G. Angoula.

    Buts : Gomes (13), Traoré (19), Greenwood (26, 50, 90), Gouiri (32, 55), Egan-Riley (80), Maupay (86).

    Avertissements : Gomes (22) à l’OM.

    BAYEUX : Lecanu – Jouan, Delain, Lefèvre (le Calvé, 60), Mayette – Cathrine (Connan, 46), Marazzi (Nambot, 75), Lemasson (Péan, 60) – Aubel – Guillotte (Anquetil, 75), Renaux.

    Entraîneur : E. Fouda.

    OM : de Lange – Murillo, Pavard, Medina ( c, Egan-Riley, 46 ), Emerson (Weah, 46) – O’Riley, Gomes (Bakola, 68), Nadir – Greenwood, Gouiri (Mmadi, 64), Traoré (Maupay, 64).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    Les Olympiens ont bien récité leur leçon

    Angel Gomes titulaire, c’était, avec Facundo Medina capitaine, la principale innovation de Roberto De Zerbi pour ce seizième de finale de Coupe de France.

    Laissé en tribunes face à Nantes et resté à Marseille pour le trophée des champions, l’international anglais se voyait offrir une opportunité. Engranger de la confiance, alors que son départ semble se dessiner. À l’image de Robinio Vaz, qui était à Rome pour discuter de son départ pour la Roma, au moment où ses futurs ex-coéquipiers débutaient leur match face à Bayeux.

    Une entame qui a vu l’OM mordre dans le ballon et imposer le jeu dans la moitié de terrain bayeusaine. Avec deux tirs cadrés de Murillo et Emerson avant la 5e minute, les Marseillais donnaient le ton. Suivaient deux buts d’Angel Gomes et Hamed Traoré pour faire le break avant la 20e minute.

    Pour Bayeux, le rêve virait alors au cauchemar. Avec une lourde défaite qui se dessinait pour le petit Poucet, qui a eu le mérite de ne rien lâcher jusqu’au bout. Alors que, comme à Bourg-en-Bresse lors du tour précédant, les Marseillais ont fait ce qu’il fallait pour poursuivre l’aventure.

    Les 8e de finale

    Avant le coup d’envoi du dernier seizième de finale, le tirage au sort des huitièmes de finale de la Coupe de France a été effectué en direct, sur beIN Sports. Les rencontres auront lieu le 4 février.

    – Toulouse – Amiens (L2)

    – Strasbourg – Monaco

    – Reims (L2) – Le Mans (L2)

    – Nice – Montpellier (L2)

    – Lyon – Laval (L2)

    – Lorient – Paris FC

    – Troyes (L2) – Lens

    – OM – Rennes

  • [Entretien] Anaïs Carpita : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens »

    [Entretien] Anaïs Carpita : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens »

    La Marseillaise : Quels sentiments vous habitent avec cette ressortie du film restauré en 4K ?

    Anaïs Carpita : Mon grand-père avait tourné des films, et notamment un, Le rendez-vous des quais, qui avait été censuré, perdu, disparu. Le film est ressorti une première fois en 1990. J’étais petite, mais cela m’avait beaucoup marqué car je l’avais vu au cinéma. Par la suite, j’ai découvert tous ses courts-métrages. Cela a bercé mon enfance et adolescence. Lors de la sortie de son deuxième long-métrage, Les sables mouvants, qu’il avait écrit a l’époque, mais n’est sorti qu’en 1996, j’étais adolescente. Pour Marche et rêve ! Les homards de l’utopie [2002], j’étais stagiaire assistante sur le tournage. J’avais 17 ans, je me préparais à la fac pour faire des études de cinéma. Je suis donc très émue. C’est beau d’avoir quelqu’un dans son entourage qui a essayé de vivre de son art : il a arrêté d’être instituteur pour se consacrer au cinéma. Savoir que c’est possible n’est pas étranger à ma vocation. Je garde toujours en tête ce que Ken Loach a dit, lors de la ressortie du Rendez-vous des quais en 1990 : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens. »

    La ressortie du film en 4K et
    la restauration d’une partie de
    son œuvre redonne à Paul Carpita
    sa place en tant que cinéaste…

    A.C. : Oui, car il y a aussi des courts-métrages très beaux. Les gens vont les redécouvrir magnifiquement restaurés. Et l’idée, c’est de poursuivre ce mouvement grâce au CNC. Paul Carpita a tourné trois longs-métrages, mais aussi un quatrième, Rencontre à Varsovie. Il va être bientôt restauré. On souhaite pouvoir le sortir en salles, en faire une édition DVD avec ses œuvres presque complètes et que cela soit disponible en vidéo à la demande.

    Quel est le principal caractère révolutionnaire du film, selon vous ?

    A.C. : À la ressortie du Rendez-vous des quais en 1990, on a beaucoup parlé de « chaînon manquant » entre le néoréalisme italien, qui filmait la classe ouvrière dans la rue, avec la Nouvelle vague, qui était un cinéma un peu plus bourgeois. Mais le réalisateur Pascal Tessaud, qui a signé un livre d’entretiens avec Paul Carpita en 2009, dit quelque chose de très juste : les réalisateurs du néoréalisme italien étaient des gens plutôt bien nés qui filmaient des histoires tragiques. Mais, dans Le rendez-vous des quais, mine de rien, même si deux frères se retrouvent chacun d’un côté de la barricade, on sait qu’ils vont se retrouver. La dernière phrase de dialogue du film, c’est : « Nos amis nous attendent. » Malgré la dureté de leur vie, il y a beaucoup de joie, d’optimisme et de solidarité.

    Si la méconnaissance de sa filmographie s’explique par la censure de 1955, pensez-vous qu’elle est aussi causée par un mépris de classe ?

    A.C. : Elle est multifactorielle. Ça vient du fait qu’il ne vienne pas du sérail du cinéma, qu’il tourne sans autorisation, qu’il n’ait pas fait d’école, qu’il vienne du sud… Dans ses différents entretiens, Paul Carpita évoque le montage du film à Paris. Il avait senti quelque chose d’assez méprisant sur les faux raccords. Au début, ils voulaient même couper la scène d’anniversaire de la petite à qui on offre un poupon. À Paris, ils ont trouvé ça naïf et risible. Idem pour la réplique de l’héroïne qui dit « oh ma permanente » quand elle va à l’eau. Pourtant, on n’a pas à être au-dessus de ses personnages. Ça reste une époque et des répliques vraies.

  • Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Saisi par le procureur de la République, le tribunal de Marseille a ouvert, ce lundi, l’examen d’un dossier complexe sur un trafic de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, et utilisés dans les Bouches-du-Rhône ainsi que dans la Drôme (lire notre édition du 12/01). Sept prévenus et six sociétés sont poursuivis dans ce dossier pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non-élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ». Ils sont présumés innocents.

    Dès l’ouverture des débats, la défense a engagé une offensive sur la régularité des perquisitions menées lors de l’enquête. Maître Roubaud, avocat de Didier C., un des agriculteurs soupçonnés, dénonce une perquisition entachée de nullité en raison d’horaires illégaux et d’une contradiction entre l’ordonnance du juge des libertés (JLD) et les saisies effectuées. Il martèle que « les choses n’ont pas été faites à la hauteur des textes et de leur esprit ».

    Le procureur de la République, ayant répondu point par point, affirme que « rien ne permet de remettre en cause les procès-verbaux ni les perquisitions ». Après un premier retrait de la cour pour délibérer sur ces potentiels « vices de procédure », elle déclare que « selon l’article 459 du Code de procédure pénale, les nullités et le fond de l’affaire seront tranchés dans un même jugement ». La cour se prononcera donc sur ces éventuelles irrégularités à la fin du procès.

    « Montée en épingle »

    Maître Babouin est l’un des avocats de Didier C., cet agriculteur chez qui 1 174 litres de produits phytopharmaceutiques interdits ont été retrouvés, dans les Bouches-du-Rhône. Il affirme que son client « conteste fermement l’accusation de l’utilisation de tout produit interdit sur l’exploitation ». Selon lui, l’absence de prélèvements sur les sols et sur les récoltes confirme « l’innocence de son client ». L’avocat dénonce une « montée en épingle » d’un dossier « sans colonne vertébrale » et instrumentalisé « comme règlement de compte par un certain nombre d’associations qui sont parties civiles ».

    Par ailleurs, cette première journée d’audience s’est attelée à l’audition de Alain H., désigné par Judith Sebert, juriste et représentante de France Nature Environnement Paca, comme le « chef d’orchestre » de cette affaire. Onze faits lui sont reprochés, notamment ceux d’avoir importé d’Espagne des produits falsifiés interdits en France ou d’avoir distribué des produits neurotoxiques et dangereux pour la santé humaine et les organismes aquatiques alors qu’ils étaient interdits dans l’Union européenne (UE). Cet homme, déjà condamné pour l’affaire similaire des « carottes de Coutances » (*), reconnaît devant la presse « avoir mis des clients français en relation avec des fournisseurs espagnols », tels que Agronaqui, pour qu’ils puissent acheter des produits quatre fois moins cher qu’en France. Dans un contexte de remise en question du traité UE-Mercosur et de mobilisation nationale des agriculteurs, Alain H. soulève un problème de législation dans l’UE entre les pays. Plus encore, il dénonce ce procès comme « du grand n’importe quoi » puisque « les carottes espagnoles que vous bouffez et qui sont vendues au centre Leclerc sont traitées avec ces mêmes produits. Mais les paysans français n’y ont pas le droit. Où est la logique ? ».

    Il dénonce une concurrence déloyale : « Les produits qui sont à 18 euros là-bas [en Espagne Ndlr], sont à 50 euros ici. En plus, le Smic espagnol est à 825 euros alors que le français est à 1 450 euros. Les pauvres paysans français sont pénalisés sur la main-d’œuvre en plus des produits. »

    Le procès se poursuit jusqu’à mercredi.

    La cour d’appel de Caen (Calvados) a condamné, en 2021, douze agriculteurs à la suite de traitement de parcelles par des pesticides non autorisés

  • Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Cinq agents de la Métropole, formant alors l’équipe de la déchetterie du boulevard Bonnefoy (10e) à la Capelette, ont comparu ce lundi pour corruption passive et vols aggravés de 2019 à 2021. Suspendus 18 mois et à demi-traitement, 4 ont été réintégrés dans d’autres services.

    « À un moment donné, ça suffit ! La corruption, c’est la rupture d’égalité. C’est faire sa loi pour arrondir ses fins de mois », a fustigé la procureure Anne-Sophie Larrouy. L’affaire fait suite aux plaintes d’usagers ayant dû s’acquitter de 5 à 20 euros, un droit de péage à la barrière, pour un service public gratuit aux particuliers.

    En mars 2019, l’un d’eux s’était plaint de s’être vu refuser l’accès tout en voyant trois individus déverser après avoir glissé des billets. « Entre nous, cette fois je te laisse, mais si tu veux revenir c’est 200 euros la journée ou sinon tu vas dans une autre déchetterie », dira un agent à un usager qui était un policier en civil. « Si on ne donne pas les sous, on ne rentre pas », témoigne un autre usager.

    Des professionnels du BTP pas autorisés à déposer, y trouvaient leur compte pour déverser incognito et à peu de frais. Veolia s’était plaint à la Métropole de ce que depuis 2 ans les professionnels jetaient de plus en plus à Bonnefoy. « Ton gardien a pris 300 euros ce matin. Ils attendent que les agents de maîtrise partent et ils font rentrer les camions », avait dit un agent de Veolia. « C’est tellement devenu une habitude que les gâcheurs ont déjà le billet en main en arrivant », témoignait un autre. Contre un billet, des particuliers pouvaient même récupérer une porte, un frigo. Ce qui est interdit. Les agents ont admis revendre des déchets valorisables, un « chiffonnage » qui contourne un marché de récupération.

    « Je ne pensais pas commettre quelque chose d’illégal » explique Yves, 60 ans, qui comme ses autres collègues, admet « 100 euros par mois de pourboire » ajoutant que si la Métropole ne voulait pas que cela se produise « il faudrait mettre des agents manchots et aveugles ». André, 72 ans, soutient qu’il « aidait les clients ». Le mot d’« usager » ne lui vient pas. « On était sympathiques alors ils nous donnaient, ça servait pour déjeuner. » Quant au « chiffonnage » proscrit, « pour moi c’était naturel et logique comme dans toutes les déchetteries ».

    Pour Cédric, 43 ans, « c’était des pourboires pas systématiques pour l’équipe pour manger, boire, acheter des produits d’hygiène car on travaille au milieu des rats ». Il nie toute forme de racket. « Il y a 10 caméras en permanence et des contremaîtres avec nous toute la journée. » La présidente lui fait remarquer que les caméras étaient souvent débranchées et quand elles fonctionnent, « on ne voit jamais les agents aider à décharger et pourtant il y a des remises d’argent dès l’entrée à la barrière ».

    « Qu’on me présente une seule personne à qui j’ai demandé un centime ! » peste Marc « en colère » car pour lui, cette affaire est « une blague pour que la déchetterie passe au privé en disant c’est notre faute ». « On voit un fourgon à l’entrée vous tendre un billet que vous mettez dans votre poche. Eux disent que c’était la contrepartie sans quoi ils ne pouvaient pas décharger », oppose la juge. « On a pu me remettre mais c’est sans condition… » Tony, 37 ans, qui dit avoir été embauché après avoir « posé mon CV à un élu » admet « des pièces, quelques fois 5 euros ». « C’est un acte de gentillesse de gens qui sont contents, ça change de ceux qui vous prennent de haut. »

    « Un modus operandi a été instauré avec un petit manège en place à l’entrée » dénonce l’avocat de la Métropole qui après avoir estimé son préjudice à 527 701,14 euros, a réduit ses prétentions à 20 872 euros de préjudice économique et 10 000 euros de préjudice moral. De quoi outrer les avocats de la défense qui dénoncent « un dossier monté de toutes pièces ». Ils n’ont pas manqué de citer l’ordonnance de renvoi qui pointe « des glissements de pratiques professionnelles pour certaines manifestement tolérées et non explicitement dénoncées en interne (…) au sein de cette déchetterie au climat de travail délétère où les consignes fixées par la Métropole étaient floues, parfois contradictoires et sans cohérence entre les différents responsables d’équipes ».

    Délibéré le 10 février.

  • Rolland Courbis est décédé à l’âge de 72 ans

    Rolland Courbis est décédé à l’âge de 72 ans

    Après le décès de Jean-Louis Gasset le 26 décembre dernier, le monde du football est à nouveau en deuil. Le Marseillais Rolland Courbis, ancien joueur et entraîneur de football, notamment de l’OM et de Bordeaux, est décédé à l’âge de 72 ans, a annoncé lundi la radio RMC dans laquelle il officiait comme consultant depuis 2005.

    Avant de devenir une voix et un personnage emblématique dans le paysage médiatique, Rolland Courbis évoluait au poste de défenseur central. Formé à l’Olympique de Marseille à la fin des années 1960, il a tenté l’aventure corse avec l’AC Ajaccio, puis un bref séjour en Grèce, sous les couleurs de l’Olympiakos, avant de s’installer plus durablement à Sochaux, puis à Monaco, où il sera deux fois champion de France (en plus d’un premier titre acquis avec l’OM en 1972). Il terminera sa carrière avec le SC Toulon, club dont il en prendra la charge entre 1986 et 1990.

    Comme entraîneur, Courbis a roulé sa bosse. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Il a coaché pas moins de 18 clubs différents, avec des expériences à l’étranger, notamment en Afrique (Niger, USM Alger), aux Émirats arabes unis (Al-Wahda) et en Suisse (FC Sion), sans oublier sa pige très éphémère à la tête de la sélection du Niger en 2012. Le Marseillais marquera l’histoire du football français pour sa célèbre « méthode Courbis », qui consiste à mener une politique de transferts effrénée partout où il est passé.

    En 1997, Rolland Courbis fait son retour à l’OM pour relancer une équipe en reconstruction après plusieurs saisons de crise. Il emmènera notamment les Phocéens jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA en 1999 et jusqu’à la deuxième place en championnat.

    Avec coach Courbis, on ne retiendra pas un entraîneur au palmarès bien rempli. Un titre de champion de France de D2 avec Ajaccio et deux trophées acquis avec l’USM Alger seront ses seuls lots de consolation. Mais le monde du football se souviendra de lui comme d’un grand meneur d’homme, d’une grand gueule au franc-parler et d’un aventurier qui n’a jamais reculé devant le moindre défi. Il l’avait encore prouvé lorsqu’il était venu au chevet de l’Olympique Novais, en octobre dernier.