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  • Amiante à ArcelorMittal : la CGT maintient la pression à Fos-sur-Mer

    Amiante à ArcelorMittal : la CGT maintient la pression à Fos-sur-Mer

    Zidane Mirabet, responsable CGT au pôle juridique, l’affirme : « C’est la dernière ligne droite avant la réponse officielle du ministre du Travail, il ne faut rien lâcher. » Après avoir engagé une procédure pour faire classer l’usine fosséenne d’ArcelorMittal comme site amianté en mars 2025, la CGT attend désormais une décision.

    Sans rester dans l’inaction pour autant. Ce jeudi 12 février, le syndicat a invité les travailleurs du site à un rassemblement d’information en présence du cabinet d’avocats TTLA et des députés insoumis Alma Dufour et Louis Boyard pour maintenir « une pression politique », assume ce dernier.

    « Notre objectif est clair : faire reconnaître une réalité industrielle et sanitaire que les salariés vivent depuis des décennies », assène Stéphane Martins De Araujo, représentant CGT. Pour étayer sa requête, l’organisation syndicale met en avant le suivi médical renforcé de plus de 600 travailleurs en lien avec l’amiante et les nombreuses procédures de danger grave et imminent.

    Maitre Julie Andreu, du cabinet d’avocats TTLA en charge du dossier, affirme que les éléments produits par la CGT « apportent la preuve d’une exposition significative à des calorifuges en amiante ». « Arcelor n’a pas fait de cartographie des risques alors qu’elle en avait l’obligation. Arcelor devrait, avant chaques travaux, faire des repérages pour savoir s’ils vous exposaient ou pas. Arcelor ne le fait pas systématiquement. Nous avons donc estimé et démontré au ministère qu’il y avait non seulement une présence importante d’amiante après 30 ans d’interdiction, mais aussi une réelle négligence dans le cadre de l’information et donc une contamination qui risque de provoquer des maladies professionnelles. »

    Des conclusions suivies par l’Inspection du travail, qui a émis avis favorable au classement en juillet 2025, tout comme la Commission des accidents du travail et des maladies professionnelles. « Ces avis ne sont pas militants, ils sont administratifs, techniques, officiels », affirme Stéphane Martins De Araujo, qui estime qu’« il n’y a plus de débat sur les faits, il ne reste qu’un choix, et ce choix il est politique ». Maitre Julie Andreu prévient : « Si le ministre refusait l’inscription, on irait devant le tribunal administratif et on pourrait même envisager d’autres procédures devant le Conseil des Prud’hommes. » Pour Louis Boyard, « ArcelorMittal doit des comptes à la France ». « Il y a des centaines de millions d’euros d’argent public qui ont été donnés à cette entreprise, c’est pas pour qu’elle soit incapable d’assurer la sécurité des travailleurs. »

  • L’OM et Roberto De Zerbi, la fin d’une idylle

    L’OM et Roberto De Zerbi, la fin d’une idylle

    Roberto De Zerbi ne sera pas le Diego Simeone de l’OM.

    Deux semaines après avoir déclaré, dans les pages du Telegraph, qu’il souhaitait ancrer la mission de l’Italien dans la durée sur le banc de l’OM, sur le modèle de Diego Simeone à l’Atlético de Madrid, Pablo Longoria s’est dédit. En signifiant la fin de sa mission à l’ancien entraîneur de Brighton, le président marseillais alimente l’idée d’un club instable. Incapable de gérer une crise.

    Celle déclenchée par l’humiliation au Parc des Princes, dimanche dernier, aura été celle de trop. La défaite historique concédée face au PSG (5-0) a donc scellé l’histoire d’amour entre le gamin des rues de Brescia et un club qui continue de vivre sur son glorieux passé. Et perd au fil des ans les dorures de son blason.

    L’OM demeure bien un club unique en son genre. Mais en cultivant le passé, il en oublie que, depuis 1993, le football a changé. Et avec lui la recette pour rester un grand d’Europe. Tel ces généraux romains portés en triomphe au Capitole et qui finissaient au pied de la roche Tarpéïenne pour avoir abusé de leurs privilèges.

    à son arrivée, Roberto De Zerbi était vu comme celui qui devait ramener une certaine stabilité. « Je signe comme si j’allais rester dix ans. L’idée est de remettre Marseille à sa place et lutter pour le titre », confiait-il, lors de sa première prise de parole officielle, le 9 juillet 2024.

    Si les premières semaines furent idylliques, la première sortie de route, contre Auxerre au Vélodrome le 8 novembre, a valu une mise au point de sa part. L’OM venait d’être puni (1-3) au Vélodrome. Et l’entraîneur de dire, « si le problème, c’est moi, je suis prêt à partir. Rompre mon contrat et partir sans argent ! »

    Il parviendra à sortir indemne de sa première tempête. Après une retraite à Mallemort et une série de bons résultats. Jusqu’à ce qu’une autre rouste, à Reims, n’entraîne de nouveaux propos forts, alors que ses joueurs avaient boycotté l’entraînement. « Je passe pour un criminel, un délinquant. Mais je ne suis pas ça », lâchait-il. Avant de poser la question : « Pourquoi un entraîneur ne dure pas plus de deux ans à Marseille ? »

    Retraite romaine

    Dans la foulée, une seconde retraite, cette fois dans la banlieue de Rome, lui permettait de remobiliser ses hoplites. à la clé, une fin de saison qui, si elle ne permettait pas à l’OM d’aller chercher le PSG, le voyait terminer deuxième. Avec un billet pour la phase de poule de la Ligue des Champions.

    Les clignotants étaient au vert à l’orée de la nouvelle saison. Après une victoire de prestige contre Aston Villa au Vélodrome (3-1), les Olympiens étaient prêts à chasser le titre. Mais, dès la sortie à Rennes
    (1ère journée), la crise est revenue. Une bagarre entre Jonathan Rowe et Adrien Rabiot dans le vestiaire entraînait le départ des deux hommes et un affolement de dernière minute dans le mercato d’été.

    L’OM a pourtant retrouvé un équilibre et entretenu l’illusion d’être un candidat crédible à la succession du PSG, grâce au succès du Vélodrome contre les Parisiens (1-0) et un Trophée de Champions qu’ils ont failli ramener du Koweït. Jusqu’aux deux dernières journées de la Ligue des Champions, où Roberto De Zerbi va toucher du doigt les limites de ses plans de jeu.

    En concédant deux défaites 3-0 contre Liverpool et Bruges, l’OM a été renvoyé à ses chères études. Entre les deux matches, et une victoire face à Lens au Vélodrome, Roberto De Zerbi martelait : « Je suis lié à Marseille. C’est un endroit spécial où beaucoup peuvent critiquer, se sentir le patron. Mon seul patron, c’est Frank McCourt. »

    Après l’improbable élimination de Bruges, il était encore optimiste. « J’étais l’entraîneur de Marseille et je le reste. Je pense encore rester cinq ou six ans parce que j’aime ça. Les joueurs me suivent », disait-il, alors que la rumeur de sa démission courrait. Avant de « demander pardon aux supporters », après la déroute au Parc des Princes, dimanche.

    Il ne pourra pas se racheter une nouvelle fois. Il quitte ses fonctions au petit matin d’un triste mercredi, tel un condamné à la peine capitale. Son adjoint Pancho Abardonado, épaulé par Romain Ferrier, entraîneur de la Pro 2, va relever le gant. Ce départ peut-il en amener d’autres ? En disant « dans pas longtemps, vous verrez qu’il y aura d’autres personnes à notre place », au soir du Trophée des Champions, Medhi Benatia a suscité les doutes.

    « Si le problème, c’est moi, je suis prêt à partir, rompre mon contrat
    et partir sans argent ! »

  • Imbroglio au sein du restaurant l’Italian Queen à Avignon

    Imbroglio au sein du restaurant l’Italian Queen à Avignon

    « On nous avait promis un CDI dans une annonce Pôle emploi. On a été dégagés au fur et à mesure. » Sabrina était aux anges quand elle a été engagée pour une période d’essai dans le restaurant avignonnais de la nouvelle chaîne Italian Queen, qui a investi un emplacement très fréquenté de la Cité des Papes début 2025, dans le bas de la rue de la République. Mais comme une dizaine d’autres personnes recrutées en même temps qu’elle, elle a été écartée après quelques semaines dans l’établissement.

    C’est ce procédé qui est notamment reproché à l’employeur par le syndicat CGT, auprès duquel un groupe d’ex-salariés s’est rapproché. Dans une lettre envoyée aux propriétaires, que La Marseillaise a pu consulter, le syndicat reproche aux franchisés (l’établissement étant le premier lancé en dehors du restaurant initial, situé dans un centre commercial en région parisienne) une « rupture abusive de la période d’essai à l’initiative de l’employeur ». Dix employés ont été « radiés de la société par rupture de la période d’essai » entre les mois de juin et juillet. « On pensait enfin avoir un métier stable. J’aurais pu trouver un logement. Mais un par un, on nous a écartés », regrette l’ex-employée. « J’en veux aux patrons. On s’est fait avoir par des promesses en l’air », appuie Manuel, autre employé écarté. Le syndicat souhaite requalifier ces arrêts de contrat en licenciements, estimant que cette rupture est « abusive », notamment « au vu du fort volume de salariés radiés vis-à-vis de l’effectif initial ». Il demande également la requalification en CDI des contrats de ceux qui ont suivi le stage de formation. Les salariés en question envisagent de saisir le conseil de prud’hommes.

    Les ex-salariés reprochent également une période de travail « comme des salariés » alors qu’ils étaient supposés être en formation. Une période d’une dizaine de jours « sans salaire », assurent-ils.

    « Espèce de rancœur »

    Stéphann Vatinel, directeur de l’établissement, contacté par La Marseillaise, assure depuis le hall lumineux et coloré de son restaurant qu’il n’y a « aucune obligation légale de motivation » de la rupture du contrat de période d’essai. « On a été extrêmement respectueux, à la fois sur le plan de la loi et sur le plan humain », assure-t-il. Il explique ainsi « qu’il fallait prendre des décisions pour certaines personnes dont le profil ne correspondait pas sur le plan professionnel, car on ne s’improvise pas barman, serveur ou pizzaiolo. J’ai deux établissements, donc je ne peux pas m’amuser à faire n’importe quoi ». Tout en regrettant « une espèce de rancœur que ça a créée chez certains qui n’ont travaillé qu’une quinzaine de jours ici ». Il avance même « avoir bien joué le jeu » et « avoir pris des profils en rupture de travail depuis plus de deux ans, sans expérience », et précise qu’au sein de son équipe actuelle, certains sont issus du parcours de formation des employés lésés.

    « Tout était clair dès le départ » pousse-t-il, assurant qu’il n’y a pas eu de promesses d’embauche de sa part. Concernant la période sans salaire, le patron assure qu’ils ont bien été rémunérés par l’organisme de formation qui les prenait en charge à ce moment-là.

  • [Rue de la République] Pierre Huguet : « Là où la République plante son drapeau, le narcobanditisme recule.  »

    [Rue de la République] Pierre Huguet : « Là où la République plante son drapeau, le narcobanditisme recule.  »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire. Ce week-end, Pierre Huguet (G.s), président du groupe Printemps marseillais et candidat dans les 9-10 à Marseille.

    Les écoles

    Didier Gesualdi : L’ancien préfet Georges-François Leclerc a signalé une éventuelle irrégularité dans la passation de marchés publics dans le cadre du plan Marseille en grand pour la rénovation d’une école. Ça fait un peu désordre ?

    Nous l’avons appris par voie de presse avec grand étonnement. Il s’agit de l’utilisation de préfabriqués d’une école. Nous avions rencontré des difficultés avec l’entreprise qui construisait l’école de la Castellane, qui a fait faillite, et il fallait que l’on trouve une solution pour avoir des salles de classe et une cantine pour les élèves. Nous avons alors fait le choix, à l’unanimité – État et Ville de Marseille – de recourir aux préfabriqués utilisés pour l’école de Vayssière dont on avait fini les travaux. Si les choses n’ont pas été bien faites juridiquement tout le monde prendra ses responsabilités mais je veux rappeler que le plan écoles est une chance pour notre ville.

    Léo Purguette : Vous êtes aujourd’hui attaqué sur cette question, mais pouvez-vous dresser le bilan de votre action sur les écoles ?

    Certains candidats font circuler des rumeurs sur le sujet mais le débat politique mérite mieux que cela. Aujourd’hui, après six ans, ce sont 27 écoles qui ont été livrées et des dizaines de chantiers sont lancées.

    Didier Gesualdi : C’est fini « la honte de la République » puisque vous aviez fait campagne sur ce thème ? On vous accuse de ne pas aller suffisamment vite et même d’avoir fait des erreurs administratives, l’enquête le dira s’il y en a une en allant trop vite pour rattraper le retard.

    Nous faisons les choses avec humilité. Nous n’avons pas tout fait, tout bien fait. Par contre, nous pouvons dresser un bilan. Ce sont même les parents d’élèves, les familles qui le font, qui voient les travaux dans les écoles, les enseignants qui aujourd’hui peuvent accomplir leur mission de service public. Donc je laisse les familles, les enseignants, la communauté éducative répondre à ces attaques qui sont indignes car le débat public mérite mieux que des fake news.

    Bilan de mandature

    Léo Purguette : Au-delà des écoles, qu’est-ce qui vous a rendu fier dans ce mandat et que n’avez-vous pas réussi à faire par rapport aux engagements de 2020 ?

    Ce qui m’a rendu fier est de pouvoir rétablir la dignité. La dignité concernant les écoles, concernant les seniors car nous avons mené une politique active en leur direction, c’est aussi la politique de solidarité envers les personnes les plus vulnérables et je tiens à rappeler ici le bilan de ma collègue Audrey Garino, exemplaire dans la lutte contre la pauvreté. C’est aussi de pouvoir assurer la tranquillité publique, avec la police municipale qui a fait l’objet d’une attention particulière avec le doublement des policiers municipaux et une présence de police équipée dans tous les quartiers de la ville.

    Didier Gesualdi : C’est suffisant ce doublement ? Dans votre programme vous voulez encore multiplier par deux à terme… C’est un des sujets forts des critiques de la droite et du RN.

    Ce que nous voulons, c’est une police de proximité et personne ici ne va imaginer que la police municipale va remplacer les missions de la police nationale.

    Didier Gesualdi : Mais la police nationale n’y est plus ?

    C’est la raison pour laquelle nous avons misé sur la tranquillité publique. Le maire a annoncé récemment que nous allions mettre des postes de police municipale dans chaque arrondissement, Ce qui signifie pour les 9e et 10e arrondissements que nous allons pouvoir installer une police de proximité.

    Narcotrafic

    Léo Purguette : La campagne est dure. La semaine dernière, Renaud Muselier, très offensif sur ce plateau a parlé de syndrome de Stockholm au sujet d’Amine Kessaci mais aussi Michèle Rubirola. Votre réaction ?

    Je pense surtout à la famille d’Amine qui a très mal vécu les propos qui ont été tenus et qui attend des excuses pour les propos abjects que monsieur Muselier a tenu sur ce plateau. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si madame Vassal cautionne ces propos. Je l’invite à méditer la phrase de Jean-Claude Gaudin : la politique est dans tout mais la politique n’est pas tout.

    Didier Gesualdi : Derrière la petite phrase, il y a la question du narcotrafic. Avez-vous fait suffisamment ?

    Tout le monde comprend bien que ce n’est pas la police municipale qui va lutter contre le narcotrafic qui est à l’échelle internationale. Pour autant nous avons pris nos responsabilités car c’est une question à 360°. Il y a la question de la sécurité mais il y a aussi le volet social et notamment le retour des services publics. C’est par exemple l’enjeu du plan Écoles, des mairies mobiles… Parce que là où la République plante son drapeau le narcobanditisme recule.

    lFI

    Léo Purguette : Pensez-vous qu’il faudra au 2nd tour se rassembler avec Sébastien Delogu, qui a, lui aussi, tenu sur ce plateau des propos qui ont fait réagir jusqu’au maire de Marseille ?

    Monsieur Delogu a fait le choix, il y a plus d’un an, de la division. Il a encore dit il y a peu que Benoît Payan ne serait plus le maire de Marseille. Cela signifie quoi ? Que c’est l’extrême droite qui va diriger cette ville ? Le sujet est là. Donc on ne peut pas jouer aux apprentis sorciers et je ne suis pas sûr que les électeurs de la France insoumise, de cette partie de la gauche partagent cet objectif. Le danger est présent. L’important est le rassemblement le plus large derrière le Printemps marseillais et Benoît Payan pour vaincre l’extrême droite.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas un désaccord de façade avec LFI pour se retrouver au 2nd tour derrière l’excuse de battre le RN ou la droite ?

    La politique, ce n’est pas de la façade. Ce sont des convictions et des valeurs.

    Les 9-10

    Léo Purguette : Vous êtes candidat dans les 9-10 qui n’est pas votre secteur d’origine. Pourquoi ?

    C’est un secteur que je connais, où j’ai travaillé pendant plus de 10 ans comme enseignant à la Capelette. On sait que l’extrême droite peut remporter ce secteur. Le fait d’avoir le président du groupe Printemps marseillais qui se présente est un message envoyé : il n’y a pas de fatalité et l’espoir est incarné par le Printemps marseillais. Prenons les transports, les habitants des 9-10 vivent un enfer avec cette inauguration du tramway dans la précipitation par Martine Vassal qui a créé le chaos. Une politique publique des transports se construit de manière sérieuse et comme l’a dit Lionel Royer-Perreaut, le précédent maire de secteur, on ne livre pas un tramway sans parking relais.

    Léo Purguette : Vous citez Lionel Royer-Perreaut. Vous êtes d’accord avec lui ou lui est d’accord avec vous ?

    Il n’appartient pas à la même famille politique que moi, nous n’avons pas le même parcours, pour autant je dois reconnaître que c’est un maire de secteur qui a été très apprécié des habitants car il leur a consacré une grande partie de sa vie.

    Le rassemblement national

    Léo Purguette : Le contexte difficile avec les questions de sécurité et de narcotrafic a tendance à mettre du vent dans les voiles du Rassemblement national qui se présente comme la solution. Les sondages où on vous voit à égalité avec le RN vous inquiètent-ils ?

    Le RN se nourrit des colères, des peurs, des appréhensions des transformations que notre monde connaît. Les Marseillais ne sont pas étanches à ces inquiétudes profondes. Face au RN, le Printemps marseillais, et Benoît Payan, est le seul rempart. C’est aussi le sens de ma candidature dans les 9e et 10e arrondissements : empêcher le RN de s’y implanter.

    Didier Gesualdi : Comment comprenez-vous que des habitants, malgré tous ces propos, disent « on n’a jamais tenté… »

    Mais le Rassemblement national a déjà été tenté dans d’autres villes. Regardez Fréjus, Béziers, Perpignan. On ne peut pas dire que dans ces villes les choses se passent bien pour les habitants. Donc l’enjeu est de montrer qu’il y a une alternative. Et cette alternative, c’est le Printemps marseillais, c’est Benoît Payan et ce sont les politiques publiques que nous menons depuis 6 ans et qui feront reculer l’extrême droite.

    Didier Gesualdi : Est-ce que Benoît Payan a raison quand il fait du RN le seul adversaire. On vous accuse d’avoir confisqué le débat. Est-ce que la droite n’a pas sa place ?

    Ce ne sont pas les politiques qui confisquent le débat. Il y a des intentions de vote et elles sont claires. Un sondage n’est pas une élection mais aujourd’hui les intentions de vote sont en train de se cristalliser et on voit bien que l’élection va se jouer entre le RN et le Printemps marseillais. C’est un fait. Que la droite le vive mal, je le comprends, mais il faut voir aussi quel est leur bilan sur cette ville. La droite a favorisé les fractures entre les habitants, opposé les habitants. Le bilan de la présidente de la Métropole sur la question des transports en commun notamment, est une catastrophe. Cela fait 6 ans que les Marseillais sont punis d’une certaine manière. On récolte aussi ce qu’on a semé et la droite récolte ce qu’elle a fait dans cette ville, qu’elle a abîmée.

    Didier Gesualdi : Un bastion de la droite. Vous ne partez pas favori…

    Tout est possible en politique. Dans cet arrondissement, la droite est divisée, affaiblie et vidée d’une partie de ses cadres qui sont allés au RN. Et aujourd’hui, l’élection va se jouer entre le Printemps marseillais et l’extrême droite. Il y a une très forte mobilisation derrière moi, je ne me présente pas seul. C’est un collectif qui est bien déterminé à ne pas laisser passer l’extrême droite dans ce secteur.

    Propreté et métropole

    Didier Gesualdi : Sur la compétence propreté. Quelle est la proposition du Printemps marseillais ? Que tout le monde comprenne bien : vous voulez la compétence pour la mairie ?

    Tout le monde a compris aujourd’hui que la propreté c’est la compétence de la Métropole. Il faut mettre des moyens pour faire en sorte que la ville soit propre. La proposition qui a été faite est celle de la présence d’un cantonnier par quartier. Aujourd’hui, personne ne comprend qui fait quoi. Quand les gens élisent quelqu’un, ce n’est pas pour entendre, ce n’est pas moi, c’est l’autre. Il y a quelque temps, il y avait la possibilité de récupérer la compétence de la propreté, sauf que la présidente de la Métropole ne nous donnait pas les moyens de la récupérer. Avec cette élection des 15 et 22 mars, l’objectif est bien de se donner les moyens de récupérer la gouvernance de la propreté dans de bonnes conditions.

    Léo Purguette : Changer la majorité de la Métropole fait partie de vos objectifs pour ces municipales ?

    Une Métropole n’est pas une collectivité locale. Aujourd’hui, la légitimité est issue des élections municipales. La Métropole, c’est un établissement public de coopération intercommunale. Elle doit être au service des villes, des maires et des habitants et non être utilisée comme cela a pu être fait les six dernières années contre les habitants de Marseille.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Ahmed :

    Êtes-vous favorable à une réouverture de la piscine municipale de Luminy ?

    La piscine municipale de Luminy est à l’image de ce dont on a hérité en 2020. Une piscine abandonnée, qui s’est délabrée alors que c’était un équipement extrêmement apprécié par les habitants du quartier comme par tous les Marseillais qui allaient y apprendre à nager. C’était un peu le symbole de la dégradation des services publics dans cette ville. La question de la natation est fondamentale dans notre ville. Il faut que les enfants apprennent à nager. C’est ce qu’on a fait dans le cadre du plan sport à l’école. On a mis en place des activités dont la natation.

    Durant ce mandat on a travaillé le dossier, une procédure est en cours avec des éléments déjà votés en conseil municipal comme le lancement de la réhabilitation de cette piscine et de celle des quartiers Nord. D’ici la fin du prochain mandat la piscine de Luminy sera donc rouverte pour le bénéfice des habitants de notre ville.

  • [Entretien] « Le combat, c’est de tirer les gens vers le haut »

    [Entretien] « Le combat, c’est de tirer les gens vers le haut »

    La Marseillaise : Vous attaquez votre dernier album par la chanson « Les battements du cœur » où vous insistez sur « le meilleur dans l’humanité » dans « ce monde si compliqué ». Déceler le beau en ces temps incertains, c’est ce qui vous permet de ne pas sombrer ?

    Louis Chedid : Pas que pour moi, mais aussi pour beaucoup d’autres. Entre la réalité médiatique et la réalité du quotidien, il y a un fossé. Il faut de temps en temps décrocher des réseaux sociaux et de leurs flots d’images, sinon on est submergé, comme c’est en ce moment le cas avec la vague Epstein. Un truc de fou furieux. Bien sûr, ces gens-là sont des monstres, mais il y a autre chose. Il y a aussi des gens qui sont bienveillants, qui s’aiment. C’est bien de le rappeler de temps en temps.

    Se permettre de telles évasions relève parfois du luxe, notamment pour
    les gens qui galèrent au quotidien…

    L.C. : Je suis absolument d’accord mais j’en connais aussi qui galèrent et qui essayent quand même de garder la tête haute. Évidemment que ceux qui galèrent ont plus de difficultés à voir la vie en rose mais, moi qui ai la chance de faire des choses que j’aime et me passionnent depuis longtemps, je n’ai pas envie d’en rajouter dans la morosité ambiante. Dans ma vie, je parle aussi des choses qui me touchent comme sur Anne, ma sœur Anne, mais je ne suis pas hors de la réalité malheureusement malheureuse. Je pense que, si j’ai un rôle à jouer, c’est d’essayer de tirer les gens vers le haut, et pas me laisser envahir par toutes ces scories tellement présentes aujourd’hui.

    Est-ce que votre album est aussi destiné à réhabiliter le fait de rêver, terme aujourd’hui souvent utilisé de manière péjorative ?

    L.C. : Qui n’est pas rêveur ? Tous les enfants rêvent. Nous, les artistes, on a cette chance de continuer à rêver. Sinon on n’écrit pas, on ne fait pas de musique. C’est comme une mise en demeure pour continuer à avoir un pied dans l’enfance et imaginer le reste. C’est presque un devoir de faire en sorte que les gens ressortent de votre expérience avec quelque chose en plus. Quand j’ai lu des bouquins de Jack London ou d’Alexandre Dumas, ou d’autres œuvres, je me suis senti plus fort, plus humain, faisant partie d’un tout. Et non pas isolé avec un téléphone à regarder que Jack Lang est un monstre. Peut-être l’est-il, mais moi j’ai envie de parler de gens qui font des choses bien et sont bienveillants avec les autres. Il y en a plus que les autres.

    Quelles sont justement les figures ou lueurs qui vous ont habité pendant la conception de l’album ?

    L.C. : Des gens comme les Beatles. Ils ont fait du bien à beaucoup de monde. Des personnes qui changent notre vision. Aujourd’hui, on ne parle plus de cela mais uniquement d’argent. Moi, je fais partie d’une génération où l’on ne parlait pas d’argent en famille. C’était même vulgaire. Désormais, il suffit de voir toutes ces émissions ringardes où on ne fait que demander « combien vous gagnez ? ». C’est minable. Ce n’est pas cela la réalisation d’une vie, mais plutôt d’être bien dans la sienne et de faire du bien aux autres.

    Quelle a été la genèse du titre « Comme vous », qui évoque les gens qui fuient leurs pays et leur accueil ?

    L.C. : Avant, parler de l’immigration se cantonnait à l’extrême droite, mais maintenant, tout le monde s’est emparé de ce thème, à gauche comme à droite. Ils ont compris que ça pouvait exciter une partie de la population électorale. Moi, d’une certaine manière, je suis aussi issu de l’immigration : mes parents étaient du Liban et d’Égypte, puis sont venus s’installer en France. Il faut arrêter de faire penser aux gens qui n’ont pas suffisamment de recul, et qui sont parfois ignorants, que les immigrés sont tous des bandits, des criminels qui vont venir piquer le pain des Français. Croient-ils que les gens qui sont par exemple partis de Gaza sont partis de bon gré ? Non, ils n’ont pas le choix. C’est ça ou on meurt. La plupart des immigrants, ils quittent leur pays car ils ne peuvent pas faire autrement.

    Votre dernier album dénote par sa douceur dans ce monde de brutes, contrairement à vos débuts où vous sembliez plus révolté…

    L.C. : Chaque album correspond à un moment de vie. Je pense qu’aujourd’hui, le combat, c’est de tirer les gens vers le haut. Car sur les écrans, tout est fait pour vous tirer vers le bas, vous foutre dans un climat d’angoisse. Et pourtant, il y a autre chose dans la vie.

    L’un de vos tubes « Anne, ma sœur Anne » dénonçait le racisme et le fascisme rampant en France dans les années 1980. Que vous inspire aujourd’hui la dédiabolisation de l’extrême droite, plus que jamais aux portes du pouvoir ?

    L.C. : Je suis triste d’avoir eu raison il y a 40 ans. J’aurais pourtant adoré que cette chanson soit obsolète pour que je la foute à la poubelle. Je suis profondément désolé que cette stratégie de l’immigration soit devenue un leitmotiv pour tous les partis politiques et que tous les gens qui disaient à l’époque qu’ils n’accueilleraient jamais l’extrême droite dans leurs médias, soient aujourd’hui les premiers à le faire. Que le RN soit devenu le premier parti politique de France, c’est un truc de dingue. On les a laissés envahir le paysage. Certains autres politiques ont compris que l’extrême droite était l’épouvantail qui leur permettait d’être ensuite réélus. C’est d’un cynisme fou. Après, moi, je crois en l’humanité. Le peuple finit toujours par retrouver la raison et sortir du marasme, même si c’est parfois après une vague de choses extrêmement négatives. Ce n’est pas les politiques qui vont nous sortir de là.

  • Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Après six ans d’une mandature Patrick De Carolis caractérisée par une adhésion surprise au parti de droite Horizons, l’expulsion de la Ligue des droits de l’Homme de la Maison de la vie associative ou encore la menace de déloger l’Union locale CGT de la Bourse du travail, Nicolas Koukas répond aux lecteurs de « La Marseillaise », depuis son local de campagne.

    Bouchra Nait : Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire, l’été dernier, avec l’Appel d’Arles. Extraordinaire, car les Arlésiens se sont organisés et ont appelé à une candidature unique à gauche, et les partis se sont saisis de l’appel. Mais une fois élu, comment faire vivre la démocratie, faire en sorte que les citoyens soient au centre et parties prenantes de la politique municipale, et comment respecter les avis contradictoires et son opposition ?

    Nicolas Koukas : Lorsque Patrick De Carolis a été élu, il nous a donné, à l’opposition, des locaux dans une cave sans fenêtre. Bien évidemment, on a demandé à déménager et on s’est retrouvé à côté des pompes funèbres. Cela a tout de suite donné le caractère du personnage et sa façon d’envisager ses rapports avec l’opposition. Ce n’est pas la manière de faire que je porterai. Il y a une crise de vocation des élus, des candidats aux municipales qui n’arrivent pas à boucler leurs listes, faire confiance à des élus est de plus en plus compliqué et les élus locaux, qui étaient protégés jusqu’alors, ne le sont plus. Il est important, dans ce contexte, de respecter son opposition et de lui donner les moyens de travailler. Jusqu’alors, nous n’avions qu’une seule réunion commune par mois, annoncée cinq jours avant. Nous mettrons en œuvre de vrais outils pour bosser avec tous les élus, majorité et opposition comprise, dans des commissions de travail plénières revisitées, pour que tous les élus aient accès aux documents préparatoires. Cela inclut les commissions techniques préparatoires et la plus grosse de l’année, celle dédiée au budget, pour qu’on puisse le coconstruire avec les habitants. Alors oui, ça demandera du temps et de l’énergie à consacrer à tous ceux qui ont signé l’Appel d’Arles, qui viennent de quartiers différents et sont en attente de faire les choses différemment. Ça demande une organisation particulière et, bien sûr, une volonté politique, mais il faut que cela se traduise par des effets concrets derrière. Il faut une organisation du fonctionnement municipal qui va de pair avec ce qui est porté par les élus. On ne peut plus faire la chose publique comme on faisait avant. Les habitants sont en attente d’autre chose et pas de pseudo-conseils de quartier mis en place par Patrick De Carolis, où il a placé quasiment partout ses amis, pour les tenir et qu’il n’y ait finalement pas de débat. C’est une attente d’autant plus forte que, depuis les législatives, on a vu tout le peuple de gauche demander à se rassembler dans une union la plus large possible. Ça n’a pas totalement marché, ce n’est pas grave. Il y a plusieurs gauches, mais ce n’est pas elle notre adversaire : c’est le RN et la macronie sortante.

    Sébastien Ali : Quel est votre positionnement sur le projet de déménagement de la Bourse du travail initié par le maire actuel ? Cette place est occupée depuis 126 ans par l’Union locale CGT.

    Nicolas Koukas : On a été clairs depuis le début sur cette volonté de Patrick de Carolis de museler la CGT. C’est une décision irresponsable qui ne va pas dans le sens de l’histoire. On a besoin des syndicats dans leur lieu symbolique, où ils sont implantés depuis 126 ans. Des centaines d’Arlésiens ont été syndiquées, engagés, y compris dans la Résistance. Je ne crois pas qu’on puisse lutter contre la xénophobie et le racisme en fermant une Bourse du travail. Au contraire. Pour nous, il est hors de question de faire déménager la Bourse et on sait très bien que le bâtiment ne peut pas accueillir l’Office du tourisme car il est n’est pas accessible, c’est un leurre. Je crois qu’il surfe sur ce sujet pour récupérer un électorat plus obscur. Ma conviction, c’est qu’il faut être fier de ce bâtiment, on fera tout pour le conserver et qu’il continue à vivre. Car c’est bien sûr un lieu de réunions syndicales, mais qui rayonne aussi sur les activités culturelles, permet des expositions d’associations et d’étudiants en juin, au moment de la feria. Je ne peux vraiment pas imaginer qu’on enlève le fronton « Bourse du travail » quand on se rappelle qu’Arles s’est construite avec les syndiqués. On oublie que beaucoup de syndicalistes arlésiens des champs, dans les années 30, étaient à la CGT et se sont levés face au patronat. Pendant la guerre aussi, seul Pétain voulait fermer la Bourse du travail, le parallèle n’est pas très flatteur pour le 1er magistrat. Alors oui, on observe un discours national et international qui n’incite peut-être pas le maire à défendre ce projet pour la Bourse du travail, mais moi je m’en fiche : on a besoin de porter nos valeurs d’engagement politique, syndical et associatif. La CGT à la Bourse du travail, elle y est, elle y reste.

    Martine Charrière : Souvent, la moitié de la population est oubliée dans les discours. Est-ce qu’il y aura une délégation dédiée aux droits des femmes et un partage équitable et non genré des délégations ? Pour éviter d’avoir la petite enfance confiée aux femmes et l’économie aux hommes…

    Nicolas Koukas : Je vous rassure Martine, vous m’aviez fait remarquer cet oubli lorsqu’on a appelé notre groupe Le Parti des Arlésiens et tu avais raison. Oui, je crois qu’aujourd’hui, ça fait partie de l’histoire. Moi, je mise sur l’expérience. Sur notre liste, il va y avoir une énorme partie dédiée à la société civile, à plus de 60% ne faisant pas partie d’un parti politique, mais ayant une expérience significative dans un domaine particulier. On veillera à ce qu’elles ou ils puissent occuper des délégations qui ne laissent pas penser à du saupoudrage. On aura aussi une commission extra-municipale dédiée pour travailler avec toutes les associations qui gravitent autour de ce sujet, comme le centre d’information sur les droits des femmes et des familles [CIDFF, Ndlr], afin d’être au plus près des attentes des Arlésiennes. Et pas qu’au niveau des élus, y compris au niveau de l’administration, où des postes à responsabilité ont trop souvent été occupés par des hommes. Comme la direction générale des services, exclusivement occupée par des hommes, la direction de cabinet ou des ressources humaines, qui sont trois postes clés dans le fonctionnement de la commune. Il y aura une conseillère municipale ou une adjointe chargée de ces questions-là, qui aura une feuille de route construite non pas verticalement, mais horizontalement pour avoir une évaluation des politiques publiques et pour répondre aux attentes des associations.

    Jean-François Ruiz : Concernant les équipements sportifs de la ville, notamment les piscines, les gens se plaignent qu’elles ne sont pas en bon état. Les écoliers doivent composer avec une seule piscine à l’année, car l’autre est souvent fermée. Comment faire ?

    Nicolas Koukas : Sur ces sujets anciens, je vois que la majorité en place s’est aussi cassé les dents par rapport aux promesses qu’ils avaient pu faire. Arles n’a pas les équipements sportifs ni les piscines adaptées pour une ville comme la nôtre. Je vois deux pistes. D’abord, une réflexion portée à l’échelle intercommunale, car on sait que ça peut se jouer à ce niveau. Le maire est censé être président de la communauté d’Agglomération. Le bilan de Patrick de Carolis est fondé sur la Ville, mais il y a zéro bilan en termes d’attractivité sur son mandat à la présidence de la communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette [ACCM, Ndlr]. Notre spécificité à Arles, avec ses villages et ses quartiers, fait que nos équipements sont particulièrement vétustes. On ne va pas proposer de tout raser et reconstruire gratuitement. Il y a cette envie dans les associations que je rencontre de réaliser un complexe autour de l’eau, mais d’un point de vue budgétaire, on n’a pas les moyens de le porter aujourd’hui. Alors, il faut être pragmatique sur ces sujets de grands équipements : on peut tout à fait avoir des partenariats avec du privé, et pas n’importe lequel, lorsque l’objet est bien défini. Faire croire que le public peut répondre à toutes les attentes d’un territoire est faux, c’est un communiste qui le dit. On vit dans une société où on voit que des Villes ont porté des projets similaires qui ont permis la réalisation de l’équipement. Sur la piscine, je pars de cette réflexion-là. Il y a un sujet au croisement des trois intercommunalités d’Arles, de Saint-Martin et de Tarascon, qui devraient fusionner, mais ça n’est pas encore réglé. Je pense qu’à l’ouest du département, il devrait y avoir une intercommunalité qui puisse répondre aux besoins du territoire. Il faudra hiérarchiser les priorités et ce n’est pas simple. L’histoire d’Arles fait qu’aujourd’hui, on doit aller chercher la reconnaissance qu’elle n’a pas. Le maire doit aller voir les finances de l’État tous les mois pour dire qu’il y a une spécificité arlésienne, car on ne gère pas 50 000 habitants sur 759 km2 avec les mêmes dotations qu’une autre moins étendue. Cette proposition est inscrite dans le programme. D’autres communes ont cette même difficulté et les recettes doivent être différentes, car sinon, on ne répond pas aux exigences dans le temps, on fait que du saupoudrage et on obtient de la colère.

    Savéria Herrati : Le Covid a servi de prétexte à l’Europe et à la commune pour réduire les subventions et ne plus écouter les besoins de la ville en matière historique, sachant qu’on marche sur des vestiges médiévaux et romains. Prévoyez-vous des mesures en termes de préservation et de valorisation du patrimoine ?

    Nicolas Koukas : Dans les années 1970-1980, tous les maires qui se sont succédé ont fait le choix de faire de la culture, du tourisme et du patrimoine les leviers du développement économique. C’est encore le cas aujourd’hui. Depuis 6 ans, la mandature De Carolis n’a pas répondu avec efficacité aux attentes et à la réalité de ce territoire. Quand le Pôle culture patrimoine a une baisse de 100 000 euros de sa subvention, la majorité met en difficulté la réalité d’une entreprise, de ses activités qui permettent dans ce bâtiment de rassembler des acteurs spécifiques et, surtout, elle nie la réalité. En 1997, on a eu la chance d’avoir un contrat état-Région pour rénover beaucoup de monuments, dont les arènes, et jusqu’en 2020, on avait des budgets d’urgence pour intervenir dès que le bâti était en difficulté. Ces budgets n’existent plus. Maintenant, allez dans les arènes, les murs tombent à côté de la billetterie. Il est urgent de réenclencher cette volonté politique. On a un ancien directeur du service patrimoine avec nous, qui a connaissance des acteurs et financeurs pour répondre le plus vite possible à ces exigences. Comme je l’ai fait avant, je porterai également la classification du territoire de Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco : c’est une chance pour la ville, mais aussi pour la Camargue menacée par la montée des eaux. On ne fait rien : pas de plan local d’urbanisme, pas de réflexion avec les autres maires. Le danger serait d’opposer les différents acteurs économiques, environnementaux et les manadiers alors qu’il faut les rassembler et faire communauté autour du patrimoine. On n’aurait pas nos monuments à Arles, ce serait plus compliqué.

    Lucile Venet : Quel est votre projet pour la culture ? À Arles, certaines cultures s’effacent.

    Nicolas Koukas : Il faut répondre à la demande de culture pour tous. On nous avait critiqués « Le drôle de Noël », où l’on trouvait tout le monde : c’était une vraie feria avec tous les Arlésiens. Mais il faut réimaginer et remettre de la culture à d’autres périodes de l’année. L’équipe en place a fait des choses, mais il y a d’autres projets à sortir avec des acteurs culturels pour proposer des moments importants dans l’année. Avec de la culture populaire, pas que la tradition ou le folklore. Ma mère s’appelle peut-être Mistral, mais je pense que trop de tradition tue la tradition. On voit les Arlésiennes partout, tout le temps. Il faut réunir les acteurs culturels arlésiens pour envisager de monter des initiatives importantes, je pense à Luma et les associations de quartier. Il y a besoin de se rencontrer pour éviter les malentendus et que des murs de glace se créent. On aura plusieurs élus en charge des cultures pour avoir des perspectives et des évaluations des politiques culturelles publiques.

    Bouchra Nait : Arles est riche en patrimoine, mais s’appuie trop sur le tourisme ; il y a trop de chômage. Comment rééquilibrer et encourager plus d’entreprises à s’installer pour générer plus d’emplois ?

    Nicolas Koukas : On a la chance d’avoir cette ville très focalisée sur le tourisme. Mais les transports ne vont pas avec, on n’a pas pensé les besoins de travailler ni de s’amuser pour les habitants. On n’a imaginé Arles que comme une petite ville de Provence, belle, mais pas forcément pour y vivre. Il y a besoin de diversifier les activités. Je tacle souvent De Carolis qui parlait de venir avec son carnet d’adresses, de faire venir plein d’acteurs économiques… Mais il est venu sans. C’est aussi méconnaître l’histoire d’Arles que de penser que le plan local d’urbanisme (PLU) permettrait d’avoir des terrains au nord et à Trinquetaille pour l’activité économique, ce n’est pas entièrement le cas. Je ne vais pas promettre 1 000 emplois comme il l’a fait, car le sujet est bien plus complexe que ça, on ne fait pas des slogans qu’on ne peut pas tenir. L’idée est plutôt de prendre son bâton de pèlerin pour inciter les acteurs économiques à venir ici. On avait modifié le PLU en zone nord pour installer Shopping promenades. Il reste du foncier pour accueillir des activités qu’il faut adapter au territoire arlésien, pas comme à Saint-Martin, où ils vont installer un grand centre logistique Vinted où l’on paye les gens une misère. S’appuyer uniquement sur le tourisme ne permet pas de résoudre les problèmes de logement avec le phénomène Airbnb, ni ceux des rues commerçantes malmenées par les fermetures. Je suis très heureux de voir Patrick De Carolis reprendre notre proposition « soviétique » de 2020 de créer une société coopérative foncière pour permettre à la Ville de disposer d’un outil de préemption. Nous avons un label « métier d’Art », mais il n’y a pas de portage, pas de schéma, ni de ligne directrice. Je n’ai rien contre les épiceries de nuit, mais je sais que le local de campagne de De Carolis en deviendra une, ce qui fragilisera le quartier. Ce schéma doit être porté au sein de l’Intercommunalité.

    Jean-François Ruiz : Les agriculteurs aussi ont des difficultés face à la montée des eaux et à la salinité, notamment les riziculteurs et les céréaliers. Comment les aider ?

    Nicolas Koukas : Ce n’est pas une compétence municipale, mais il faut y être attentif. Pour en avoir discuté avec le directeur de la Tour du Valat, on voit en Camargue une explosion des extensions agricoles, un positionnement porté par le syndicat des riziculteurs. D’autres ont des réflexions plus scientifiques, disant qu’il faut retourner sur une proximité et une forme d’expérimentation pour faire évoluer les productions. On sait qu’on va dans le mur avec la chute du riz. La montée des eaux et la remontée du sel vont mettre en difficulté des dizaines d’agriculteurs. C’est pour ça que j’en reviens à faire classer la Camargue, qu’il y ait une prise de conscience de certains élus qui ne veulent pas regarder la réalité en face. Le trait de côte évolue. Comment y répondre ? C’est en tout cas le rôle d’un maire de faire connaître ce qui ne fait pas plaisir.

    Savéria Herrati : On a parlé des emplois : il faut permettre l’arrivée de nouveaux habitants, jeunes, étudiants, travailleurs et familles. Mais l’accès au logement est pitoyable. Quelles sont les solutions et quel est le poids de la municipalité dans ce sujet ?

    Nicolas Koukas : La question se pose dans beaucoup de villes. Airbnb a bouleversé les communes touristiques comme la nôtre, avec un nombre de locations passé de 1 800 en 2020 à plus de 3 000 aujourd’hui et des rues complètement fermées. Il y a la volonté très claire de notre part de réguler les nuitées et d’instaurer un système de quotas par quartiers, comme à La Roquette et l’Hauture, qui sont ravagés par ce phénomène. Il faut permettre aux familles de revenir vivre dans le centre-ville et aux propriétaires de rénover leurs logements. J’en reviens à la société foncière, je souhaite que, demain, les bâtiments libérés ne soient pas vendus, mais d’en faire du logement pour les familles. L’idée est d’enrayer la spirale de réduction d’habitations depuis 2020.

    Lucile Venet : Les jeunes n’ont pas de lieux où se rencontrer, entre villages et quartiers, qui soient intergénérationnels avec des adultes référents. Il serait intéressant de discuter d’une maison des jeunes avec eux.

    Nicolas Koukas : Il y avait une maison des jeunes avant sur le boulevard des Lices, qu’un maire de droite avait fermée. C’est une question centrale remontée de beaucoup d’ateliers de l’Appel d’Arles. Les centres sociaux sont aussi en difficulté. Dès notre élection, nous devons programmer des Assises des jeunesses de tous les quartiers et villages, car ils ont des histoires et des parcours différents. Il leur faut un lieu d’accompagnement avec des animateurs qui savent faire. Je pense à l’auberge de jeunesse, un lieu pas loin de la piscine Cabassud. On pourrait y accueillir des activités à l’année avec un espace tiers-lieu dédié à la jeunesse. Pour les hameaux, pourquoi ne pas expérimenter la maison de la jeunesse itinérante ? On a un bibliobus, mais on peut imaginer aussi d’ouvrir des activés l’été dans les écoles.

    Nicolas Juan : J’attends de la Ville qu’elle passe à une autre phase pour son littoral, notamment la plage de Piémanson. Il faudrait la valoriser, avec un parking par exemple, non ?

    Nicolas Koukas : Il faut aborder à la fois la question de la plage et le développement de Salin-de-Giraud, en portant un projet touristique écoresponsable, car on a évolué en termes de sécurité et de protection du patrimoine : on n’ira plus y camper comme avant. Mais il y a une discussion à mener avec les habitants et l’État pour savoir comment utiliser au mieux cet espace-là en respectant le littoral. Faire un parking sera très compliqué : l’État se protège par rapport au risque d’accidents.

    Nicolas Juan : Il faut pour ça pérenniser la traversée du Rhône. Les Saliniers sont pour la construction d’un pont, mais en attendant il faut rehausser le service du bac. Beaucoup de Saliniers travaillent sur le Port ou vont chez le médecin en traversant.

    Nicolas Koukas : Il faut un service public qui fonctionne sur des horaires élargis pour permettre à ceux qui travaillent à Fos de rentrer en évitant le grand tour. On se battra au Département pour ça. On a aussi besoin de cette mobilité pour se soigner. La question se pose à Salin, pour que les plus âgés puissent rester à domicile le plus longtemps possible, alors que le nombre de services de soins à domicile a baissé en 6 ans. Pour les plus jeunes aussi, il y a des problèmes de garderie. Sans oublier le besoin des médecins. Pour tous les hameaux, on propose de dérouler le tapis rouge aux médecins qui veulent s’installer sur Arles, avec une convention sur plusieurs années. Nous aurons dix personnes dans notre équipe venant de ce secteur-là. Car c’est la préoccupation numéro 1 des Arlésiens. Il nous faut, dans notre équipe, des expériences et des métiers pour nous rendre le plus opérationnels possible. Le rôle du maire est aussi d’assister au conseil d’administration de l’hôpital, en crise avec la menace de fermeture de la maternité et des lits dans les services de cardiologie et de gastro-entérologie, qui sont passés de 36 à 18. L’hôpital est menacé : nous avons besoin de ce service public de santé fort, avec des spécialistes disponibles.

    Focus sur les lecteurs

    Bouchra Nait, présidente de CIQ

    Sébastien Ali, ouvrier plasturgiste et militant CGT

    Martine Charrière, ancienne responsable de centre de formation

    Jean-François Ruiz, régisseur à la fondation Luma

    Savéria Herrati, ingénieure géophysicienne

    Lucile Venet, professeure de SVT en lycée

    Nicolas Juan, habitant de Salin-de-Giraud, ancien élu

  • [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Bryan Coquard règle le sprint avec autorité

    [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Bryan Coquard règle le sprint avec autorité

    Le cyclisme offre souvent des surprises car il est impossible de prévoir à l’avance certains aléas de course. La météo, les tactiques des autres équipes, les échappées… Tellement de paramètres à prendre en compte pour, peut-être, lever les bras sur la ligne d’arrivée. Parfois, les pronostics précédant l’épreuve ressemblent trait pour trait au classement final. C’est ce qu’il s’est passé, ce dimanche, lors du 58e Grand Prix de Marseille-La Marseillaise.

    À l’issue des 145 km de course, « Le Coq’ » était fier en passant devant le stade Vélodrome. Deuxième en 2021, Bryan Coquard (Cofidis) a en effet enfin accroché le Grand Prix cycliste à son palmarès suite à un sprint rondement mené sur le boulevard Michelet. Bien emmené par deux de ses coéquipiers, le sprinteur de poche (1,69 m) a choisi le côté droit de la route pour battre ses adversaires lors d’une course ensoleillée à Marseille et ses environs. Le très jeune Belge Steffen De Schuyteneer (Lotto-Intermarché) est le dauphin du Français, alors que le Néerlandais Alex Molenaar (Caja Rural) complète le podium du jour.

    Un dernier tiers de course haletant

    La tension est montée crescendo lors de cette épreuve dominicale. La première partie de course a été douce, avec la traditionnelle échappée qui s’est mise en route avant le Pas de la Couelle, première difficulté du tracé. Ils étaient six à s’isoler à l’avant, dont deux coureurs de l’équipe locale AVC Aix. Thomas Brough et Joseph Brookes ont montré le maillot vert de leur formation avec brio. Le dernier cité, en tête les trois quarts de la journée, a même été élu meilleur combatif.

    Finalement, les deux montées répertoriées ont été un moment de transition durant ce Grand Prix. Le peloton n’a jamais offert plus de deux minutes aux fuyards et ils ont fini par se faire reprendre dans la descente du col de l’Espigoulier. Mais il restait encore 50 km à parcourir. C’est à ce moment que la course est devenue plus folle. Au niveau de Cuges-les-Pins, Unibet Rose Rockets s’est porté en tête pour utiliser le vent à bon escient. La formation française a réussi à créer des cassures dans le peloton. 32 coureurs se sont retrouvés en tête, suivis par deux groupes de chasse.

    Lors de ce final avec beaucoup de dénivelés, ils sont cinq à avoir tenté de s’enfuir. Jordan Labrosse notamment, mais aussi le Marseillais Clément Izquierdo, offensif et en vue sur ses routes locales. Mais le peloton est revenu à chaque fois. Le champion de France 2024, Paul Lapeira, a attaqué en descente, prenant 20 secondes au maximum et se faisant rejoindre dans la Gineste. L’un des favoris venait de brûler sa cartouche : il ne gagnerait pas devant le Vélodrome. L’épreuve a ensuite même failli offrir une grosse surprise avec Axel Mariault et Louis Hardouin, coureurs d’équipes continentales, la troisième division mondiale. Les représentants de CIC Pro Cycling Academy et Van Rysel Roubaix ont cru à l’exploit, mais ont été repris au kilomètre par les équipes des sprinteurs.

    Cofidis a été la formation la plus maligne et la plus organisée sur cet interminable boulevard Michelet. Les lieutenants de Bryan Coquard ont verrouillé la tête du groupe et ont pu dérouler leur stratégie. Il suffisait de faire le boulot pour l’ex-spécialiste du cyclisme sur piste. à droite de la chaussée, il a évité les chutes pour s’imposer avec un vélo d’avance.

    Sur le podium, il a tout de suite remercié son équipe : « Aujourd’hui, j’ai gagné grâce au travail de mes coéquipiers. Ils m’ont parfaitement emmené et je n’avais plus qu’à réussir mon sprint ». C’est ce qu’il a parfaitement réalisé, alors que les derniers hectomètres ont été marqués par l’accrochage entre un cycliste Lotto-Intermarché et un autre de Élite Fondations. Le bruit sourd de l’impact sur le bitume a glacé le public. Les deux hommes se sont difficilement relevés, cinq minutes après cette chute. Le seul incident d’une 48e édition du Grand Prix à la hauteur des attentes et avec des spectateurs conquis.

  • [DIRECT] Suivez le 48e Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise

    [DIRECT] Suivez le 48e Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise

    Nouveau parcours, sans la route des Crètes mais tout aussi palpitant. Retrouvez ci-dessous notre direct tout au long de la journée.

    (Patientez quelques secondes pour voir apparaitre notre direct)

  • Peloton, échappée, braquet… Le petit glossaire du vélo pour les nuls

    Peloton, échappée, braquet… Le petit glossaire du vélo pour les nuls

    Le peloton. Le groupe de coureurs le plus massif. Il se forme en début de course et dans le cas d’une course d’un jour, comme le GP la Marseillaise, il finit par exploser sous le coup des attaques (lire plus bas).

    L’échappée. Il s’agit du (ou des) groupe(s) de coureurs ayant décidé de prendre de l’avance sur le peloton, généralement dans les premiers kilomètres de la course.

    Le Grupetto. Le groupe se trouvant à l’arrière de la course.

    Une attaque. Ce terme désigne l’accélération d’un coureur pour prendre de l’avance sur le peloton ou l’échappée. Les coureurs derrière lui deviennent des poursuivants.

    Prendre la roue. Se placer derrière un coureur, à proximité de sa roue, pour bénéficier de l’aspiration (réduction de la résistance au vent et de la quantité d’énergie nécessaire pour pédaler, grâce à l’abri généré par le coureur devant soi). Quand ceci est effectué avec abus, sans prendre de relais, on parle de « sucer la roue ».

    Prendre un relais. Se placer en tête d’un groupe de coureurs pour permettre à chacun de bénéficier, à tour de rôle, des phénomènes d’aspiration.

    Remettre du braquet. Redoubler d’intensité dans son pédalage. Le braquet correspond aux « vitesses » du vélo, c’est-à-dire la distance parcourue sur un tour de pédalier grâce au rapport entre pignon et plateau : plus ce rapport est grand, plus la vitesse l’est.

    Coup de bordure. Un mouvement tactique durant lequel les coureurs se placent en file indienne, en biais, en bord de route, du côté opposé au vent lorsque celui-ci est latéral et important. L’aspiration se réduisant, et les coureurs à l’avant produisant un grand effort pour résister au vent, ils peuvent créer des écarts importants avec les coureurs derrière eux.

    Baroudeur, grimpeur, sprinteur, puncheur, rouleur. Les différents profils de coureur. Le baroudeur est un spécialiste des longues échappées (du début à la fin de la course), le grimpeur apprécie les parcours vallonnés, le sprinteur est puissant, rapide et capable de s’imposer sur une arrivée groupée, le puncheur est explosif et aime les montées courtes et raides, tandis que le rouleur est à l’aise sur les contre-la-montre et les longues étapes.

  • L’OM craque encore en fin de match

    L’OM craque encore en fin de match

    Les Olympiens étaient partis sur de bonnes bases. Allant chercher les Parisiens dans leur moitié de terrain, ils ont été rapidement récompensés par un but de Mason Greenwood, sur penalty. Pour ensuite continuer à pousser, mais sans parvenir à faire le break. A l’image de Timothy Weah achoppant sur Kevin Trapp (22e).

    A la demi-heure de jeu, les Marseillais, avec leurs recrues Quinten Timber et Ethan Nwaneri titulaires, ont petit à petit desserré leur étreinte. Ce dont profitèrent les joueurs de Stéphane Gilli pour sortir de leur coquille. Sans parvenir à tirer au but, malgré la fébrilité défensive marseillaise.

    A la pause, l’OM menait. Un avantage malgré tout logique. Mais que les hommes de Roberto De Zerbi se devaient de gonfler afin d’éviter une nouvelle désillusion.

    Au retour des vestiaires, alors que le Paris FC s’enhardissait, un coup d’accélérateur de Mason Greenwood, présent dans tous les bons coups, suite à un ballon récupéré par Pierre-Emile Höjberg, offrait le second but olympien à Pierre-Emerick Aubameyang à la conclusion. Le break olympien arrivait ainsi au bon moment.

    Pour la seconde fois de la soirée, une bonne moitié du stade Jean-Bouin laissait éclater sa joie, lançant quelques chants entendus habituellement au Vélodrome. Alors que pour Kevin Trapp, qui restait sur dix victoires en autant de matches disputés dans le but du PSG et l’Eintracht Francfort, se dessinait une première défaite face à l’OM.

    Les Marseillais avaient repris la main. Leo Balerdi avait le troisième but au bout de sa tête. Mais le montant droit de Kevin Trapp l’entendait autrement (74e). Il restait à assurer un succès sans concéder de but, afin d’apaiser certains doutes. Geronimo Rulli s’y appliquait devant Luca Koléosho (7e7). Mais ne pouvait rien sur la reprise de la tête, à bout portant, de Jonathan Ikoné. Jusque là tranquille, la soirée marseillaise se compliquait dans le money time. Après cinq interminables minutes de temps additionnel, et après un raté d’Amine Gouiri, Geronimo Rulli concédait un penalty dans les dernières secondes, offrant à Ilan Kebbal l’occasion d’égaliser. Que le Parisien ne loupait pas. Permettant ainsi à son gardien de but de conserver son invincibilité face aux Olympiens.

    PARIS FC – OM 2 – 2 (0 – 1)
    20e journée de Ligue 1.
    Stade Jean Bouin. 19 929 spectateurs.

    Arbitre : J. Pignard.
    Buts : Ikoné (82), Kebbal (90+4) pour le Paris FC, Greenwood (18 sp), Aubameyang (54) pour l’OM

    Avertissements : M. Lopez (43) au Paris FC, Medina (72), Traoré (82), Rulli (90+3), Nadir (90+5) à l’OM.

    PARIS FC : Trapp – Gory (Ollila, 61), Mbow, Kolodziejczak, Otavio, Sangui – M. Lopez ( c, Munetsi, 46 ), Camara (Geubbels, 85) – Kebbal, Krasso (Ikoné, 61), Simon (Koléosho. 61).
    Entraîneur : S. Gilli.

    OM – Rulli – Balerdi ( c ), Aguerd, Medina – Weah (Murillo, 80), Höjbjerg, Timber (Nadir, 80), Paixão (Vermeeren, 80)– Greenwood, Aubameyang (Gouri, 67), Nwaneri (Traoré, 67).
    Entraîneur : R. De Zerbi.