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  • Il faudra que les Olympiens bossent fort face à Besiktas

    Il faudra que les Olympiens bossent fort face à Besiktas

    C’est une entrée en matière européenne compliquée qui attend le club marseillais.

    En difficulté en championnat avec trois défaites d’affilée avant de recevoir le Paris SG dimanche, l’OM transporte ses soucis d’effectif ce jeudi à Istanbul, pour y débuter face à Besiktas une campagne de Ligue Europa où ses ambitions sont floues.

    Les possibilités réelles de l’OM cette saison et la vraie valeur de son effectif ont d’ailleurs été les grandes questions de l’après-match samedi à Rennes. Marseille s’y est incliné (1-0), comme à Monaco (2 – 0) et contre le Paris FC (3 – 2), et Bruno Genesio a semblé vouloir lancer un appel à sa direction quant aux ambitions d’un club affaibli par un mercato à zéro recrue.

    Au club, on assure pourtant que les inquiétudes de Bruno Genesio sont audibles et que tout le monde reste « pleinement aligné ». Quant à faire un bilan sportif des premières semaines ou de définir des objectifs, ce ne sera certainement pas avant le terrible enchaînement Besiktas-PSG qui attend les Olympiens cette semaine.

    Or, dans ces conditions, le début de la Ligue Europa, que certains dirigeants du club étaient prêts à sacrifier au moment des discussions avec l’UEFA, semble un peu tomber comme un cheveu sur la soupe.

    Car le calendrier est sans pitié pour une équipe toujours privée de Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi, qui donne régulièrement des signes de souffrance athlétique.

    Néanmoins, Bruno Genesio s’est montré positif. « C’est le bon moment pour nous, pour montrer que Rennes était un match d’espoir », a-t-il ainsi confié en conférence de presse. Pour lui, ce face-à-face avec Besiktas, c’est l’opportunité de « continuer à travailler, et garder le lien entre le staff et les joueurs. Il faut montrer aux joueurs que même si seul le résultat compte au haut niveau, nous avons montré des choses très intéressantes ». L’entraîneur olympien qui a surtout confirmé « qu’il y aura un mélange équilibré » dans son onze de départ. Avec en tête qu’il faudra que l’OM bosse fort pour réussir son entrée européenne à Istanbul.

    REPÈRES

    Les supporters marseillais punis

    L’OM sera privé du soutien de ses supporters au stade Tüpras. L’UEFA les a sanctionnés d’une interdiction de déplacement suite à l’usage un peu trop intense de fumigènes, lors de leur dernier déplacement à Bruges, en Ligue des champions. Ce qui n’empêchera pas le stade de Besiktas d’être à guichets fermés.

    Un minot appelé

    Avant de s’envoler pour Istanbul, Bruno Genesio a programmé une séance d’entraînement à La Commanderie. Parmi les joueurs convoqués figurait Antoine Valero, 18 ans.

    Trossard forfait

    Pour le coup d’envoi de sa saison européenne, Vincenzo Italiano pensait disposer de la totalité de son effectif. Mais, à l’heure de la dernière séance d’entraînement, l’international Belge Leandro Trossard a dû jeter l’éponge et est finalement forfait pour la réception de l’OM.

    Michaël Murillo règle ses comptes

    Le défenseur Panaméen, expédié à Besiktas en janvier dernier, a toujours une dent contre Roberto De Zerbi.

    Même si l’Italien n’est plus sur le banc olympien, Michael Murillo a tenu à revenir sur les conditions de son départ, lors de la conférence de presse d’avant-match. « Je crois que tout le monde a compris que j’ai eu un problème avec l’entraîneur, pas avec l’équipe ou le club. C’était personnel, d’une certaine manière, j’ai senti qu’il m’avait manqué de respect. Ils [les dirigeants de l’époque, ndlr] m’ont pratiquement obligé à quitter le club et c’est comme ça que je me suis retrouvé à Besiktas. »

    Il a aussi indiqué son sentiment sur le match d’ouverture de la saison européenne, et les enjeux pour son équipe. « Nous espérons réussir un bon résultat. La saison a très bien commencé pour nous. Nous avons obtenu des résultats importants qui nous ont donné confiance. » Quant à son ancienne, il confie, « j’ai vu la majorité des matches de l’OM. Elle reste une grande équipe avec des joueurs de grande qualité. »

    M.Ga.

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • La bailleur social Grand delta habitat victime d’un pirate informatique ?

    La bailleur social Grand delta habitat victime d’un pirate informatique ?

    Grand delta habitat (GDH) a-t-il été victime d’une immense cyber attaque ? Selon le site French breaches, spécialisé dans les fuites de données numériques, le bailleur social s’est fait dérober quelque 188 000 éléments informatiques, couvrant la période de mai 2018 au 7 septembre dernier, impactant potentiellement 36 000 locataires. Une revendication d’un pseudonyme « fdp » a été publiée, dimanche dernier, sur un forum cybercriminel. Le pirate affirme mettre en vente cette base de données contenant « commandes et interventions, associées notamment à des logements, des occupants, des coordonnées personnelles, des fournisseurs et à l’historique de traitement des demandes », écrit French breaches.

    Contacté, GDH temporise : « Bien que le sujet ne soit pas confirmé, nous le prenons très au sérieux. à ce stade, les vérifications sont toujours en cours », tout en assurant que « nos équipes sont pleinement mobilisées pour mesurer précisément la situation. La protection des données de nos locataires, de nos partenaires et de l’ensemble des personnes concernées reste notre priorité ». Le bailleur appelle aussi à la vigilance : « Pour rappel, nous ne demandons jamais par téléphone, e-mail ou SMS de communiquer des coordonnées bancaires ou des mots de passe, ni d’effectuer un paiement ».

    Risque de faux techniciens et de fraude

    Ce vol de données aurait permis de recueillir des informations ultra détaillées sur les noms et coordonnées des locataires, leurs demandes de travaux, mais aussi les entreprises missionnées par GDH. « Les données pourraient par exemple révéler qu’une intervention a été demandée à une adresse précise, ainsi que le fournisseur chargé de la prestation et l’état d’avancement de celle-ci », analyse French breaches. Conséquence majeure, un risque de faux techniciens et d’ingénierie sociale. « Un fraudeur pourrait notamment tenter de se faire passer pour GDH ou pour une entreprise réellement chargée d’une intervention, afin de demander un paiement, récupérer d’autres informations ou organiser un faux rendez-vous », alerte le site spécialisé. Le bailleur gère plus de 42 000 logements dans sept départements, dont 30 000 en Vaucluse.

  • [Entretien] Pascal Carlier, ethnologue : « Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies »

    [Entretien] Pascal Carlier, ethnologue : « Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies »

    Pouvez-vous expliquer vos différentes interventions lors du festival ?

    Pascal Carlier : Le matin, c’est « comment entrer en relation avec les animaux », c’est un échange avec Ludovic Hadjeras, un artiste franco-algérien. Ses textes ont en commun de raconter des rencontres avec d’autres animaux. Il va lire des textes immersifs qui font part de son ressenti et de sa rencontre avec des animaux. L’après-midi, lors de la table ronde, on va se demander comment l’animalité peut générer le trouble, à travers des phénomènes d’hybridation. La troisième intervention, ce sera finalement plus classique. Je vais faire un atelier avec des collègues en sciences de l’Antiquité. Ils vont lire des textes romains autour du chien. L’idée est de comprendre comment cet animal était perçu à cette époque. Il y aura une autre éthologue qui sera présente, Florence Gonnet, qui travaille spécifiquement sur le sujet.

    Quel est votre rôle en tant qu’ethnologue dans ces discussions ?

    P. C. : Par exemple, ce qui est intéressant avec Ludovic Hadjeras lors du premier échange, c’est que lui parle de son point de vue d’écrivain. Il rend compte de ses émotions et de ses ressentis. Alors que de mon côté, j’essaie de mettre des mots et de la science sur cela. Même si la science, ça stérilise un peu les choses, j’ai vocation à modéliser la relation entre l’humain et les animaux, et sur quelle base elle peut se faire.

    Pour ce faire, j’ai beaucoup travaillé sur l’apprentissage par observation. J’ai fait beaucoup d’études de terrain aussi pour observer certains animaux, mais j’ai également travaillé en laboratoire.

    Pourquoi aller au-delà de l’aspect scientifique ?

    P. C. : Alors, quand on est scientifique, on travaille beaucoup sur la cognition, parce que ça, c’est facile de comparer les animaux, les humains sur la cognition, mais j’essaie d’appréhender les choses aussi du point de vue de la sphère émotionnelle. Je pense que quand on communique avec d’autres espèces ou entre espèces, il y a un champ relationnel qui s’inscrit beaucoup dans ce qu’on appelle le continu en philosophie, c’est-à-dire la sphère émotionnelle. Je pense que cette rencontre est intéressante.

    En quoi la relation humain-animal est intéressante à étudier et à faire connaître au grand public ?

    P. C. : Notre relation au vivant avec un grand V, c’est l’un des grands défis des années à venir, notamment dans un contexte où on parle du réchauffement climatique. Il y a vraiment des choses auxquelles il faut réfléchir. On ne peut plus continuer à être vivant comme on le fait. Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies. L’exemple du sanglier est intéressant. On va l’accuser de tous les maux, mais je constate que les collisions routières sont beaucoup plus fréquentes en période de chasse quand les chasseurs les déplacent.

    De plus, je pense que les individus qui sont capables de respecter les animaux et de les connaître sont des personnes qui sont plus largement respectueuses des autres humains. Ils arrivent davantage à se poser des questions sur l’altérité. En effet, avec l’animalité vient la notion d’altérité, qu’on trouve aussi dans les rapports humains : connaître l’autre, ne pas le craindre et aller vers lui.

    Vous parliez de la relation avec le chien. Comment cette relation a-t-elle évolué ?

    P. C. : Donc, il y avait l’idée que le chien devait être à la fois un gardien. On peut dire qu’il était sélectionné déjà depuis au moins 6 000 ans, comme un animal fait pour comprendre l’homme et le servir. Alors, il y a peut-être moins la composante chien, vraiment de compagnie, qu’on va voir dans le lit. Mais il y a l’aspect, compagnon fiable, sur lequel on peut compter, qui est capable à la fois d’être protecteur et d’être héros.

    Programme de ce mercredi

    Le dilemme du loup-garou : 09h30 – 11h30

    3 bis f – Centre d’arts contemporains — Lecture-dialogue

    Une carte blanche du 3 bis f – Centre d’arts contemporain

    Quand l’animalité nous trouble : représentations, catégorisations, hybridités : 15h – 16h30 Salle de Théâtre — Table-ronde Une carte blanche Maison de la Recherche.

    CAVE CANEM ! : 16h30 – 18h. Le chien entre férocité et fidélité. Premier étage du Cube — Atelier

    festival-sciences-arts.univ-amu.fr

  • [Entretien] Yann Bisiou, université Paul-Valéry : « La priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la prévention »

    [Entretien] Yann Bisiou, université Paul-Valéry : « La priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la prévention »

    La Marseillaise : Depuis quand la consommation de protoxyde d’azote s’est-elle développée ?

    Yann Bisiou : C’est relativement récent. Il y a déjà eu un usage détourné à la fin des années 1950 mais très limité et qui ne concernait pour l’essentiel que les médecins. Cela fait une dizaine d’années que le protoxyde d’azote commence à être consommé avec une augmentation très forte ces cinq dernières années. C’est désormais une consommation du quotidien qui touche toutes les couches de la jeunesse. C’est difficile d’évaluer le nombre de consommateurs aujourd’hui car c’est un produit qui reste très peu de temps dans l’organisme et comme il est légal, il n’y a pas de statistiques sur le sujet.

    Comment expliquez-vous cette explosion ?

    Y.B. : D’abord parce que le produit était légal alors que le cannabis est interdit. La prohibition renforcée sur le cannabis a un impact sur la consommation de protoxyde d’azote. Le protoxyde d’azote va servir de produit de substitution au cannabis. Le protoxyde d’azote n’est donc pas une porte d’entrée vers d’autres drogues. Cette consommation correspond aussi aux attentes des jeunes, je le compare souvent au « binge drinking » pour l’alcool. C’est-à-dire que c’est une consommation qui va vous donner une ivresse immédiate, intense, rapide, et qui va partir.

    Quel regard portez-vous sur la loi Ripost ?

    Y.B. : Nous sommes à la troisième loi en cinq ans (2021, 2024, 2026) et quand je vois une accumulation de lois, je ne suis pas optimiste. Au lieu de considérer le protoxyde d’azote comme un stupéfiant, ce qui est le cas dans certains cas, on a créé une catégorie à part. Il fait partie des produits d’usage courant susceptibles de détournement mais on lui applique le régime des stupéfiants. C’est une zone floue, où les professionnels de l’alimentation ont toujours le droit d’acheter du protoxyde d’azote, ce qui fait quand même beaucoup de monde. Je pense que cette loi Ripost c’est avant tout de l’affichage et qu’elle ne règle pas le problème. Sur les stupéfiants, on a interdit, avec des sanctions quand même très raides, l’usage de cannabis et l’usage de cocaïne. On assiste à une explosion de la consommation de cocaïne – multipliée par trois en cinq ans – donc je ne vois pas comment on peut être efficace avec une loi qui ne l’a pas été pour le cannabis ou la cocaïne. Les pouvoirs publics, les autorités, devraient quand même s’interroger sur l’efficacité de leur stratégie. Il y a un million de consommateurs par an de cocaïne, avec une loi qui va jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité avec peine incompressible pour les organisateurs d’un trafic international. Ça n’a pas l’air d’être d’une efficacité redoutable.

    Des politiques de prohibition ont-elles fonctionné ?

    Y.B. : Oui mais il faut que plusieurs facteurs soient réunis. D’abord, il faut qu’on soit capable d’appliquer la prohibition. Dans l’hexagone, on ne peut pas contrôler les consommations, ni du cannabis, ni de la cocaïne, ni du protoxyde d’azote, parce que le nombre de consommateurs est trop important. La deuxième condition pour que ça marche, c’est qu’il faut un substitut aux consommateurs. Quand on a interdit l’absinthe, on a fait la promotion du pastis, un produit moins dangereux, et ça a marché. La troisième condition, c’est qu’il ne faut pas que ça soit un phénomène de société. Aujourd’hui, il y a environ 400 stupéfiants et il y en a 395 qui ne posent pas de problème. La prohibition pour ces substances fonctionne. Par contre, la cocaïne, le cannabis, l’ecstasy posent problème. Pour le protoxyde d’azote, l’État n’est donc pas en mesure d’appliquer son interdit et c’est ce qu’on a connu aux États-Unis avec l’alcool. Il faut donc se dire que la priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la formation, la prévention. C’est aussi notre modèle de société qu’il faut questionner pour comprendre pourquoi les jeunes d’aujourd’hui recherchent des ivresses rapides et intenses.

    Votre solution c’est donc avant tout de réaliser de la prévention…

    Y.B. : Sur le protoxyde d’azote, on a clairement une problématique d’image. Il y a donc un travail de prévention et d’information à faire. Mais est-ce que l’on sait faire de la prévention dans un système prohibitionniste ? C’est très compliqué puisque vous n’avez pas le droit de parler du produit. Il ne faut jamais oublier qu’un consommateur connaît la dangerosité du produit, plus ou moins bien, mais il en a conscience. S’il a déjà consommé, il en connaît les effets. Si vous ne pouvez pas commencer par expliquer que cette consommation est un plaisir dangereux, éphémère et qu’il y a d’autres moyens d’aboutir à un plaisir plus intense que de prendre du protoxyde d’azote, la base même de votre travail de prévention est sapée.

  • [Entretien] Sylvette Fayet, PCF : « Nous avons gardé les choses qui marchent »

    [Entretien] Sylvette Fayet, PCF : « Nous avons gardé les choses qui marchent »

    La Marseillaise : Quelles sont les nouveautés concernant la tauromachie pour cette feria des Vendanges ?

    Sylvette Fayet : C’est la première feria où on est vraiment en responsabilité. L’abrivado rue Sully, qui ne se faisait plus mais était très attendue par la population et les commerçants, sera de retour le 17 septembre. Pour Pentecôte, les abrivados avaient été rassemblés sur le boulevard Jean-Jaurès ce qui avait créé du mécontentement chez les gens de la rue de la République donc on avait promis qu’on y reviendrait pour les Vendanges. Il y aura aussi une abrivado avec des cabestros boulevard Amiral Courbet. Le dimanche 20, il y aura une autre abrivado rue Notre-Dame, où les cavaliers seront des cavalières. Depuis le 1er septembre, le musée des cultures taurines est aussi gratuit. Le samedi et le dimanche, il y aura des conférences assurées par Gilles Raoux pour en connaître davantage sur le monde taurin. Nous avons aussi inauguré l’infirmerie aux arènes en espérant qu’on n’en aura pas besoin. Ensuite, nous avons gardé les choses qui marchent.

    Vous avez maintenu le même nombre de corridas, pourquoi ?

    S.F. : L’année dernière, il y avait une corrida de plus que ce que prévoyait le contrat avec le délégataire de service public (Simon Casas) et cette année ce sera pareil. Le délégataire a ainsi jugé qu’il pouvait prévoir une course de plus dimanche matin qui pourrait attirer du monde. Nous avons approuvé ce choix mais c’est une proposition de Simon Casas. Nous allons aussi remettre à toutes les personnes qui rentrent dans les arènes pour les corridas des éventails avec des explications sur la couleur des mouchoirs. À noter que le samedi, c’est Macarena de Pablo Romero, la petite fille de l’éleveur Pablo Romero, qui est aussi présidente des corridas à Séville, qui a accepté de présider.

    Le retour dans l’Union des villes taurines françaises (UVTF) entraîne-t-il déjà des changements ?

    S.F. : Oui, avec l’éventail nous remettons à tout le monde les extraits du règlement taurin de l’UVTF. Nous allons aussi faire la saisie des cornes que nous ne faisions pas. Il y aura également une pesée des taureaux au petit matin en présence des membres de la commission taurine extra-municipale. Nous réunissons aussi les membres de cette commission le lundi de la semaine de la feria pour que ces membres puissent voir en priorité les taureaux qui viennent de débarquer. Après, nous travaillons avec l’UVTF parce qu’il faut changer certains articles du contrat qui nous lie avec Simon Casas pour pouvoir appliquer l’adhésion à l’UVTF.

  • Montpellier-Barcelone, une vieille histoire

    Montpellier-Barcelone, une vieille histoire

    Montpellier s’évalue depuis une vingtaine d’années sur l’échelle européenne. Et se mesure à la référence absolue : Barcelone, treize fois vainqueur de la Ligue des champions. Avec son air d’enfant terrible, longtemps incarné par le manager Patrice Canayer, il n’a eu de cesse de contester le maître.

    En quatorze confrontations, il y a eu des étincelles. Des coups de gueule, des coups de Jarnac, des histoires dignes d’une rivalité avec un grand frère épié. Qu’en sera-t-il jeudi 17 septembre à la Sud de France Arena pour les retrouvailles entre les deux clubs ?

    Novembre 2000. Le MHB trône sur le handball français. Il défie Barcelone, sextuple champion d’Europe. Le mythe. À cette époque-là, Puigségur, Golic, les frères Anquetil ou encore Jérôme Fernandez, aux origines catalanes, regardent le Barça avec des yeux envieux. Modèle de prestige, de rayonnement européen, d’identité de jeu. Ils rêvent d’imiter Masip, O’Callaghan, Barrufet…

    Le 11 novembre, ces deux mondes se croisent pour la première fois en Ligue des champions. Bougnol tremble. Et se moque des consignes de sécurité. Avec des spectateurs dans tous les coins, les coursives, les escaliers.

    Les vieux grognards du MHB marchent vers l’éternité. Ils accrochent le Barça (25-25). Ce nul majuscule les propulse, après une victoire fin décembre à Gdansk (Pologne), vers un premier quart de finale. En janvier, sept d’entre eux seront champions du monde. À Bercy.

    Deux ans plus tard, Jérôme Fernandez, métamorphosé au Mondial sous les coups de gueule de Daniel Costantini, file à Barcelone. Premier transfert d’une longue série : Dolenec, Fabregas, Richardson…

    2002. À l’aube de la saison, à Agde, Montpellier croise Barcelone pour un match tout sauf amical. Le MHB mène largement à quelques secondes de la fin. Patrice Canayer demande un temps mort. Et plonge dans une colère noire le mythique entraîneur catalan Valero Rivera (1984-2003).

    Dix mois plus tard, Montpellier décroche la lune. Et le Pampelune de Jackson Richardon. Il s’adjuge sa première Ligue des champions au bout d’une finale renversante. Battu au Pays basque (27-19), vainqueur au retour (31-19). Avec un attentat pas réprimandé de Greg Anquetil, onze buts de Michaël Guigou et les verres fracassés par Stefanovic, laissé sur le banc, au Trinque-Fougasse. Avec Karabatic, Guigou, Omeyer, Dinart, Burdet, Martini… : Le socle des Bleus qui vont dominer l’Europe et le Monde.

    2004. Un an après le sacre européen, et dix ans après son arrivée à la tête du club, Patrice Canayer est sur le point de quitter Montpellier. Pour Barcelone. Où le manager Joan Marin l’a choisi pour succéder à Valero Rivera. Tout le monde tombe d’accord en janvier lors de l’Euro en Slovénie.

    Au cours de l’été, Patrice Canayer signe son contrat à Perpignan. Un contrat suspendu aux élections à la tête du Barça. À la surprise générale, sur fond d’élan catalan, Joan Laporta accède au pouvoir.

    Suite à ce renversement politique, l’entraîneur et manager du MHB propose un gentlemen’s agreement. Et renonce à s’engager sur ce terrain miné. Sans réclamer la moindre indemnité.

    2018. Montpellier plane sur le championnat. En 8e de finale, il tombe sur le Barça. Avec Ludovic Fabregas entre présent et futur. Le pivot de l’équipe de France, éblouissant au Mondial en 2017, joue son ultime saison avec le MHB, son club formateur, avant de rejoindre Barcelone, non loin de sa ville natale : Banuyls (Pyrénées Orientales).

    Avec Fabregas, une tête au-dessus de tout, Montpellier ébrèche à Bougnol le roc européen (28-25). Au retour, au Palau Blaugrana, mené de six buts, à dix minutes de la fin, il s’incline de deux buts (28-26). Et écarte pour la première fois le Barça. La voie du titre est ouverte. Il assomme les Allemands de Flensburg, dompte le champion d’Europe : Vardar Skopje, puis Nantes. Entre dans la légende.

    2024. Ce diable de Canayer crache ses derniers feux. Au cours de l’hiver, le MHB s’impose à Barcelone (34-37), avec onze buts du Brésilien Bryan Monte. En quart de finale, il croise l’autre monument du hand européen : Kiel. Il désagrège les Allemands (39-30) à Bougnol, mais chute au retour sur les bords de la Baltique (31-21). Patrice Canayer ne reverra pas Cologne, ni le Final Four. L’empreinte de son palmarès s’accommode de ce dernier faux pas.

  • La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    Dans plusieurs secteurs du département, notamment dans le Briançonnais, il n’est plus possible d’écouter la station de radio publique France Musique en FM sur son poste de radio. Depuis juillet, il faut passer par internet.

    Radio France indique avoir été amenée à restituer une partie de ses fréquences FM pour des raisons d’économie et d’usage : « L’écoute de la musique se fait de plus en plus via des supports numériques. »

    Fracture territoriale

    La députée Valérie Rossi (PS) a saisi la ministre de la Culture dès la fin de l’été : « La transition vers le numérique et le développement du DAB+ sont nécessaires, dit-elle. Mais la modernisation ne doit pas se traduire par un recul du service public dans nos territoires ruraux et de montagne. » Le DAB+, norme de radiodiffusion numérique terrestre en cours de déploiement, permet aussi de recevoir la radio par les ondes. « Mais ce n’est pas encore partout une alternative effective, tandis que l’écoute par Internet suppose une connexion et un équipement adaptés, poursuit la députée. Ce qui risque donc de créer une nouvelle fracture territoriale et culturelle. »

    Le sénateur Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) a également posé une question au gouvernement le 3 septembre : « Cette situation est particulièrement pénalisante pour ce territoire où une partie de la population, notamment les personnes âgées, ne peut accéder facilement aux supports digitaux. La diffusion hertzienne demeure indispensable pour garantir l’égalité d’accès au service public radiophonique. »

    Agathe Di Lenardo

  • [Université] À Marseille, le refus du tri par l’argent

    [Université] À Marseille, le refus du tri par l’argent

    Ils étaient une centaine réunis, mardi, devant la fac Saint-Charles, pancartes en main, à l’appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de l’Union étudiante, pour dénoncer la hausse des frais de scolarité pour les étudiants extra-communautaires, la baisse des subventions à la recherche, ou la suppression des APL pour 200 000 jeunes. « Du fric, du fric, pour nos services publics, pas pour l’armée, ni pour les flics » : le ton sera vite donné par le cortège.

    « C’est la prolongation de toutes les mobilisations contre ce décret raciste qui instaure des frais différenciés pour les étudiants extra-communautaires », explique Mathis, étudiant en droit à Aix et membre de l’Union étudiante. Inquiet d’un rapport sénatorial prévoyant une hausse généralisée des tarifs, il alerte : « On prône une université gratuite pour toutes et tous. Il est impensable d’instaurer des frais d’inscription de 3 000 ou 4 000 euros, pour des citoyens déjà placés en précarité. »

    Lettre au ministre

    Une analyse partagée par Ilana. « C’est très important que les étudiants du monde entier bénéficient d’un accès aux études », estime l’étudiante en théâtre, rappelant que ces « 3 000 euros représentent trois mois de salaire payés au Smic » et rendent l’accès aux facs « impossible » pour beaucoup.

    Du côté du corps enseignant, l’opposition est tout aussi ferme. Pour Caroline Mauriat, enseignante-chercheuse et co-secrétaire du SneSup-FSU à Aix-Marseille Université (AMU), la mesure laisse planer un risque plus grand : « Appliquer des frais différents pour les extra communautaires porte le germe de faire payer tous les étudiants et faire peser le coût des études sur eux, plutôt que de les financer par nos impôts à travers un budget. » Face à des budgets jugés « insuffisants » et « pas à la mesure des enjeux », le syndicat demande l’abrogation du texte et appelle le président de l’université, Éric Berton, à assouplir le dispositif.

    Le cadre réglementaire de 2026 restreint à 30% le quota d’exonérations accordé par les établissements. Pour AMU – première université de France pour l’accueil international avec plus de 12 000 inscrits –, environ 5 500 étudiants sont directement concernés. La direction assure qu’elle utilisera l’intégralité de sa marge de manœuvre pour soutenir 1 800 jeunes, en ciblant en priorité la continuité des parcours, les boursiers d’excellence et les étudiants issus de zones de conflit.

    Une situation qui inquiète jusqu’à l’hôtel de ville. Dans une lettre adressée cet été au ministre de l’Enseignement supérieur, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, avertit que la réforme et la baisse des aides « excluent dorénavant les étudiants les plus modestes ». Estimant que « l’attractivité de notre enseignement supérieur est en jeu » et qu’« accueillir des étudiants du monde entier n’est pas qu’une tradition » mais « un choix d’avenir », l’élu réclame un réexamen de la situation des étudiants déjà engagés, ainsi qu’une concertation d’urgence entre l’État, les collectivités et la communauté universitaire.

  • Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Organisés par l’institut OSU Pythéas, les apéros Hyperbar de la brasserie Zoumaï (6e) à Marseille, reprennent leur rythme mensuel. Ce 16 septembre de 19h à 21h, le thème abordé est une seule santé (One Health). Le concept repose sur une idée simple : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont profondément interdépendantes. Les crises récentes – pandémie de Covid-19, émergence de nouvelles maladies, pollution de l’air et de l’eau, perte de biodiversité ou encore multiplication des événements climatiques extrêmes – rappellent que les frontières longtemps établies entre santé et environnement sont aujourd’hui largement dépassées.

    Vulgariser la science

    Face à un public de curieux attablés devant un verre, les trois intervenants de cette soirée sont Anthony Gonçalves, adjoint (PCF) au maire de Marseille et délégué à la santé, Zoé Le Monnoyer, chargée de mission « une seule santé » à l’Agence régionale de biodiversité environnement (Arbe) Région Sud et Thierry Tatoni, professeur en écologie AMU à l’Imbe et membre de l’Académie des sciences, lettre et arts de Marseille. À travers des échanges durant toute la soirée, Pression Hyperbar ouvre le débat sur cette question : « la véritable prise en compte de notre santé ne nécessite-t-elle pas de prendre soin du vivant dans son ensemble ? » Grâce à des projections, tableaux et photos à l’appui, chaque intervenant micro en main présente de façon la plus didactique possible la problématique, et tente d’impulser des pistes de réflexion et d’action au sens le plus large possible. Les questions sont ensuite ouvertes dans la salle. Les 21 heures passées, la soirée continue à battre son plein de façon informelle.

    Zoumaï, 7 cours Gouffé (6e)