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  • Sur les berges des six lacs, spectacles et pédagogie

    Sur les berges des six lacs, spectacles et pédagogie

    « Bonjour, Messieurs, Dames, est-ce que vous connaissez les créatures qui habitent dans ses montagnes ? » Lorsque Fabrice Arbo, guide de montagne et conteur en tenue traditionnelle de montagnard interpelle les randonneurs, à plus de 2 600 mètres d’altitude, ces derniers sont plutôt étonnés. Mais, très vite, Fabrice déroule les anecdotes, sur l’ours, le loup, le bouquetin, la marmotte. L’auditoire se prête au jeu, surtout les plus petits, et on bascule des anecdotes nature aux légendes de montagne. « Connaissez-vous le dahu ? questionne Fabrice. C’est un grand fainéant ! » Bientôt, le conteur décrit la créature fantastique, sorte de chèvre à queue-de-renard, qui aurait les pattes avant et arrière plus courtes d’un côté que de l’autre, « pour pouvoir traverser la montagne sans avoir à se fatiguer à monter et descendre », explique Fabrice. Ensuite, des cris retentissent, c’est tout le petit groupe qui apprend à glapir comme l’animal, suivant les indications du guide. Bientôt, l’auditoire de quatre randonneurs se transforme en un groupe d’une vingtaine de personnes.

    « On ne s’y attendait pas ! », s’étonne Marie, venue de Lyon à la montagne avec son mari Antoine et leurs enfants Simon et Valentine. « C’était super orignal ! », commente cette dernière. « Le plus dur, c’est d’arriver à capter le public, une fois qu’ils sont là, ils se régalent, confie Fabrice. Les enfants qui viennent ne vont pas forcément choisir d’eux-mêmes un spectacle de contes à moins d’avoir été bercés par ça, mais tous n’ont pas eu cette chance. » Adepte des longues veillées de contes, il a opté cette fois pour un format de quelques minutes, afin de ne pas trop retarder les randonneurs. Une fois leur attention captée, Fabrice s’adresse tout particulièrement aux enfants. « Ils se disent “tiens ! il est bizarre lui, il ne parle pas comme les autres adultes, allez je l’écoute”, et là on rigole et je les fais participer, explique-t-il. Et ça fonctionne ! Dans toutes les sociétés humaines il y a des conteurs, ça fait rêver, c’est intemporel. »

    Les contes de Fabrice font partie des animations du « Voyage dans le monde des six lacs ».

    Chaque semaine, du 15 juillet au 18 août, l’un des six lacs d’altitude d’Orcières accueille des sculpteurs, musiciens et artistes le temps d’une journée pour surprendre les randonneurs et leur proposer une pause artistique au fil de l’eau. Une programmation hebdomadaire en plein air, gratuite pour tous les âges. Le but est de faire du paysage unique des six lacs une véritable scène artistique à ciel ouvert.

    à quelques pas de Fabrice, une petite équipe du Parc National des Écrins présente aux randonneurs des crânes de chamois et de bouquetins, mais aussi des jeux qui consistent à identifier un animal à ses empreintes ou un rapace à sa forme et son envergure.

    Vivre la montagne…

    et la respecter

    « Le but, c’est d’améliorer la connaissance de la faune sauvage du public, souvent les gens connaissent la marmotte mais pas vraiment les autres espèces », présente Marion Moing agent du Parc. Une activité complémentaire aux animations artistiques, si l’affluence estivale en montagne est en hausse, il reste cependant à concilier celle-ci avec la préservation du cadre naturel. « Ça permet d’expliquer les conditions de vie de ces animaux, l’impact qu’a l’humain sur ces espèces, rappeler aussi les réglementations de bivouac, les comportements à respecter avec les chiens de troupeau pour que tout se passe bien en montagne, surtout avec l’explosion de la fréquentation qu’il y a actuellement », explique-t-elle.

  • [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    Une vague aux couleurs criardes sort de la moka, cette cafetière italienne emblématique, pour répandre ses notes, couleurs et la culture de la Botte sur Marseille. Symbolisé sur l’affiche de sa 6e édition, l’ADN de Ciao Moka, ce festival qui, « comme une marée montante, apporte les saveurs, rythmes et histoires d’une Italie vivante, généreuse et toujours en mouvement ». Selon Sonia Nisi, sa fondatrice et directrice, une édition « encore plus pluridisciplinaire » lancée à l’Alcazar jeudi 16 juillet à 17h30 par une rencontre avec Arianna Cecconi, « anthropologue, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille et chercheuse dans le domaine des rêves et du sommeil qui viendra présenter son deuxième roman La ronde des insomniaques ».

    Le lendemain, place aux arts vivants pour Ciao Moka, qui investira le Parc Longchamp dès 19h avec Yaraka. Originaire des Pouilles, un groupe qui « chante dans le dialecte de Tarento, tout en fusionnant les rythmes du sud de l’Italie et de la Méditerranée en général. Ils explorent aussi les musiques africaines et amazoniennes dans une idée de transe », décrit la directrice de ce festival qui poursuivra la soirée pour les amateurs de danse avec des ateliers de pizzica, tarentelle venue du sud de l’Italie, mais aussi de cinéma. Dans le cadre de l’été marseillais et du Ciné plein air, Nous nous sommes tant aimés sera projeté. Un chef-d’œuvre d’Ettore Scola (1974) qui « retrace 30 ans d’histoire italienne après-guerre et les changements de la société. Avec des acteurs phares du cinéma italien (Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, ndlr). Et c’est aussi un hommage au cinéma italien, on voit même Federico Fellini dans le film en train de jouer son propre rôle et de tourner La dolce Vita », développe avec plaisir Sonia Nisi.

    Italo-disco au sommet

    Ciao Moka fera son retour à l’Alcazar le samedi 18 juillet à 16h, où le maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille Stéphane Mourlan « va raconter l’histoire de l’immigration italienne à Marseille aux XIXe et XXe siècles », avant une visite guidée sur les traces qu’elle a laissées dans la ville. Cap ensuite, dès 19h30, sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai avec une triple performance : la danseuse et DJ de house italienne Betty Wesh, la rappeuse et chorégraphe originaire de Vénétie Adriana et le groupe de Valentino Vivace, « nouvelle figure montante de l’italo-disco ». Clap de fin de cette 6e édition de Ciao Moka, dimanche à 17h30 avec une visite guidée de la Belle de Mai autour de l’histoire de ce quartier ouvrier irrigué par l’immigration italienne au siècle dernier. à 19h, la Friche accueillera Niente panico, spectacle de cascades et jonglages imaginé par le circassien florentin Giuliano Garufi, avant un karaoké géant basé sur le répertoire des chansons populaires transalpines.

  • [C’est l’été] La liaison maritime entre Toulon et La Seyne

    [C’est l’été] La liaison maritime entre Toulon et La Seyne

    « Avec le bateau-bus, on allie l’utile à l’agréable. » Sur les quais de Toulon, La Seyne ou des Sablettes, la formule revient souvent. Pour les usagers, les navettes maritimes sont devenues bien plus qu’une attraction touristique : elles facilitent le quotidien en offrant un trajet plus agréable, souvent plus rapide et moins stressant.

    Depuis La Seyne-sur-Mer, Emmanuelle emprunte le bateau-bus pour rejoindre son travail à Toulon. « S’il n’y avait pas ce bateau, je prendrais la voiture. En bus, c’est galère. Là, on évite les embouteillages et les difficultés pour se garer. On gagne en qualité de vie. » Elle souligne aussi la ponctualité des traversées et la fréquence des départs. « Les horaires sont toujours respectés. » Même constat pour Patricia, employée dans un cabinet comptable, qui traverse la rade tous les jours pour aller travailler. « C’est plus rapide, il y a moins de monde, plus de fraîcheur. Qui n’apprécierait pas cette traversée ? » Pour moins de 30 euros par mois avec son abonnement, elle estime y être largement gagnante. « Mes sœurs qui vivent à Lyon me disent que j’ai vraiment de la chance d’aller travailler en bateau. » Pour Mohammed, développeur informatique, le principal avantage est d’éviter les bouchons. « Je ne suis jamais en retard et il y a toujours une place assise. » Avec un passage toutes les vingt minutes et un carnet de dix tickets à 6,50 euros, il juge que c’est « très abordable ». « Si la ligne était supprimée, ce ne serait pas top financièrement. »

    L’été, les bateaux-bus attirent aussi les amateurs de baignade et de balade. Gérard, retraité, ne s’en lasse pas. « Pour aller à la plage avec la serviette sur l’épaule, c’est idyllique. En voiture, c’est plus long et impossible de se garer. Là, en vingt minutes, on est aux Sablettes. » Avant de courir embarquer, il glisse avec le sourire : « Des gens payent pour visiter la rade en bateau. Nous, pour 2 euros, on profite des sous-marins, des voiliers… Si la ligne disparaît, je déménage ! » Puis il s’interrompt : « Bon, je vais prendre le bateau, il va partir sans moi ! » Pour les touristes aussi, l’expérience fait partie des vacances. Venue de Nice, Marie-Ange, a découvert le réseau grâce… à un chauffeur de bus. « C’est un déplacement sympathique tout en appréciant le paysage. Cette semaine, j’alterne entre Saint-Mandrier et les Sablettes pour me balader et aller à la plage. »

    Une alternative

    à la voiture

    Même enthousiasme pour la famille de Blandine, Sabine, Lidwine et Vincent qui embarque régulièrement avec des amis. « C’est magnifique, la vue sur la rade est incroyable. C’est vraiment quelque chose à faire quand on vient à Toulon. » Manon, lycéenne, l’utilise tous les jours. « Je pourrais prendre deux bus, mais je préfère marcher un peu jusqu’au bateau. Il y en a deux fois plus et je gagne du temps. » Elle ne cache pas sa préférence : « Quand j’étais petite, je rêvais de monter dedans. Depuis trois ans, je suis toujours aussi contente de le prendre. » Son amie Yasmine l’utilise l’été pour aller faire du shopping à Toulon ou rejoindre la plage. Pour Xavier, vacancier ariégeois, qui rejoint la gare de Toulon par la mer, la traversée est un plaisir en soi : « C’est pour le plaisir d’être sur l’eau. »

    Le succès du réseau se confirme. En 2024, les bateaux-bus Mistral ont franchi le cap des 2 millions de passagers. Avec 244 départs par jour l’été, une traversée à 2 euros et une correspondance gratuite avec le réseau de bus pendant une heure, ils s’imposent comme une véritable alternative à la voiture.

    Lydia, qui rejoint son travail aux Sablettes, résume l’opinion générale. « Je recommande à tout le monde. Avec les fortes chaleurs, c’est bien plus agréable. C’est dommage qu’on ne puisse pas aller jusqu’à Hyères, Bandol ou Saint-Cyr, ce serait génial. » Pour beaucoup d’usagers, les bateaux-bus transportent bien plus que des voyageurs, ils offrent chaque jour un peu de temps gagné, de stress en moins et le privilège rare de commencer ou terminer sa journée au fil de l’eau.

  • [C’est l’été] À Saint-Rémy, musiciens et chanteurs retiennent la nuit

    [C’est l’été] À Saint-Rémy, musiciens et chanteurs retiennent la nuit

    « Il est de ces lieux où la musique ne résonne pas de la même manière », affirme Mathieu Herzog, directeur du Festival de Glanum établi sur ce site antique datant de l’Empire romain situé au pied des Alpilles. « Le silence y est habité, les pierres portent une mémoire et chaque son semble trouver une profondeur particulière. Lorsque la nuit tombe, l’écoute devient plus intérieure et libre. La musique y prend une dimension presque intime. C’est de cette sensation qu’est née cette 11e édition, placée sous le signe de la nuit », développe-t-il à propos de ce festival qui s’élancera jeudi 16 juillet par les Splendeurs du baroque italien. Nourri par des œuvres de Pergolèse et Vivaldi, un programme interprété par la soprano Gwendoline Blondeel, le contre-ténor Philippe Jaroussky et dirigé par le violoniste Thibault Noally.

    « Paysages nocturnes »

    Dans cette ancienne cité gallo-romaine et véritable musée à ciel ouvert, trois soirées échafaudées comme autant de « voyages », illustreront aussi Les grands airs de la nuit, prévus le lendemain. Le sextet du trompettiste Romain Leleu dispensera des notes jazz aux « résonances cinématographiques », avant la prestation de la grande mezzo-soprano Marina Viotti. Accompagnée du guitariste Gabriel Bianco et du violoncelliste Léonard Disselhorst, elle dépeindra de sa voix puissante des « paysages nocturnes aux multiples visages » suggérés par des compositeurs tels que Schubert, Nino Rotta ou encore Dizzie Gillespie.

    Soirée de clôture du Festival de Glanum prévue samedi 18 juillet avec une création dirigée par Mathieu Herzog lui-même et portée par les voix de Kaïna Blada, Neïma Naouri ou Bastien Jacquemart, sous la forme d’une « version symphonique » de la comédie musicale américaine West Side Story.

  • Un plan d’économies pour l’hôpital de Manosque sur la table

    Un plan d’économies pour l’hôpital de Manosque sur la table

    « Comme dans tous les hôpitaux de France, la période du Covid a été terrible », reconnaît le maire de Manosque après sa réélection à la présidence du Conseil de surveillance du Centre Hospitalier de Manosque ce vendredi. En 2020, La déprogrammation massive d’hospitalisations et de chirurgies avait fait chuter l’activité de l’établissement. « La problématique sur Manosque, c’est qu’en 2023/2024 il n’y a pas eu de reprise d’activité normale, contrairement aux autres [hôpitaux] », rappelle-t-il, pointant la fréquentation des urgences, « passée de 35 000 à 25 000 » passages annuels depuis la crise sanitaire.

    Face à la chute des recettes, alourdie par la dette héritée de la construction du nouvel hôpital en 2007, Camille Galtier plaide pour un « plan annuel et structurel pour accompagner les hôpitaux de proximité ». Selon lui, l’établissement manosquin, associé à celui de Digne-les-Bains, ne pourra jamais rivaliser avec des hôpitaux « rattachés à des locomotives » comme Toulon ou Avignon. « On a besoin de plus d’aide que les autres, d’une aide structurelle et non conjoncturelle. »

    En 2024, Camille Galtier avait démissionné de la présidence du Conseil de surveillance, un geste qu’il présente comme un « cri d’alerte » sur l’impuissance des élus locaux face à l’Agence régionale de santé. Le ton est aujourd’hui à l’apaisement : « Le message est enfin compris à l’échelle régionale, cette collaboration fait du bien. »

    « Il n’y aura pas

    de plan de licenciements »

    Pour redresser la situation, Camille Galtier s’appuie sur un plan élaboré par la Nappe, cabinet d’audit, avec l’ambition d’économiser près de 5 millions d’euros en un an, « sans toucher au personnel », assure-t-il. L’objectif est d’« optimiser l’organisation fonctionnelle de l’hôpital via un redéploiement du personnel vers les services sous-dotés ».

    L’épineuse question

    des urgences

    « Les urgences, c’est la vitrine de l’hôpital. La vitrine d’un hôpital ne peut pas se permettre d’être fermée six heures par jour », lance Camille Galtier. Fermé la nuit depuis deux ans faute d’effectifs – 7 urgentistes disponibles sur les 14 nécessaires – il espère voir le service rouvrir sur ce créneau grâce à l’arrivée de nouveaux praticiens, qui portent désormais l’équipe à 10. Le président appelle, « avec bienveillance », la direction et le personnel médical, à « trouver une solution dans les trois mois ». Il s’oppose en revanche à toute régulation stricte de l’accès aux urgences, y voyant une atteinte au service public. « Même si nous ouvrions 24h/24, sans régulation, on ne ferait pas 100 patients par jour comme en 2020. »

    Fortement appuyé par le rapport de la Nappe, le projet de gouvernance de l’hôpital sera présenté par la direction en octobre. « On a de la marge entre ce qu’on nous propose et ce que la direction va proposer », se félicite Camille Galtier, qui souhaite rencontrer les syndicats avant la rentrée pour en discuter. Confiant, il conclut : « Je sais qu’il y a du personnel dévoué. Tout le monde a pris conscience qu’à Manosque, on peut basculer sur quelque chose de vertueux. »

    Andréa Goyard de Castro

  • France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    Pendant trois semaines, jusqu’au 25 juillet, Avignon bat au rythme du spectacle vivant avec notamment quelque 1 780 pièces programmées par le Off dans 140 salles. Si parmi ces lieux d’accueil, on compte énormément de théâtres éphémères, plusieurs structures éloignées initialement du milieu culturel font aussi leur Festival.

    À l’instar de la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet est d’ailleurs ce jeudi à Avignon où elle débattra (10h30) dans le cadre des États généraux de la culture. Depuis 18 ans, au sein des locaux de la Bourse du travail, le syndicat programme six pièces dans une salle dédiée pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs (notre édition du 7 juillet). « La culture a toujours été indissociable de l’activité syndicale », juge Fred Laurent, directeur du théâtre de la Bourse du travail, à la programmation forcément engagée socialement. « Dès sa création, la grande aventure du festival d’Avignon s’est inscrite dans la dynamique de grandes conquêtes sociales de la Libération : protection sociale, services publics, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émergence de politiques culturelles publiques et décentralisation théâtrale, nouvel essor de l’éducation populaire… c’est pour toutes ces raisons, que la CGT a entretenu avec le festival de fortes complicités », rappelle-t-il. Un combat criant d’actualité alors que le secteur culturel se mobilise contre les coupes budgétaires et que l’extrême droite gagne du terrain. « Il nous faut encore plus dénoncer les menaces qui planent sur la culture et le spectacle vivant, avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée possible du RN au pouvoir », prévient Fred Laurent.

    Un mur d’offres d’emploi pour les artistes

    Dans un registre à la philosophie similaire, la caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières – soit le plus gros comité d’entreprise de France – a mis sur pied son propre festival, très étroitement lié à celui d’Avignon dont il est partenaire. Jusqu’à ce vendredi sur l’île de la Barthelasse se déroule la 24e édition du festival Contre courant. « Depuis 80 ans, les activités sociales défendent une conviction profondément moderne : la culture, comme les vacances et les loisirs, ne doit être un privilège pour personne, expose Anthony Juan, président de la CCAS. Contre courant en est l’incarnation la plus vivante : le spectacle vivant n’est pas un luxe, mais un bien commun, un espace de rencontre, de dignité et de partage qui nous rassemble, par-delà les langues et les frontières. » Dix-huit spectacles y sont programmés autour de 105 artistes. Des représentations gratuites pour les adhérents de la CCAS et à 10 euros pour les personnes extérieures.

    Un service public phare s’investit aussi dans le Festival : France travail. Pas en mettant sur scène des spectacles mais, en partenariat aussi avec le Festival, en organisant plusieurs ateliers, rencontres et permanences jusqu’à ce vendredi. Ce jeudi (10h30-12h30) se tient notamment une table ronde intitulée « Être humoriste aujourd’hui : panorama d’un genre en pleine évolution ». « Être au cœur du festival permet d’être au plus proche des professionnels du spectacle et aux équipes spécialisées d’accompagner professionnels et employeurs de la filière culturelle », souligne Astrid Focké, experte régionale culture à France travail. Un mur d’offres d’emploi est ainsi affiché à l’ISTS (institut supérieur des techniques du spectacle).

    La Banque alimentaire se met au Off

    Pas de répit estival pour la Banque alimentaire de Vaucluse, car « la précarité alimentaire n’a hélas pas de vacances », souligne l’association dont les besoins augmentent de 10 % chaque année (64 000 bénéficiaires). La structure, spécialisée dans la collecte et logistique de dons alimentaires, profite de la visibilité du Festival pour faire connaître ses activités. Une collecte alimentaire est ainsi installée au Village du Off, où « les festivaliers sont invités à déposer des dons alimentaires dans un caddie déposé à l’entrée du village, en privilégiant les protéines végétales et les conserves de poissons », précise la Banque alimentaire. Ce partenariat a été conclu dans le cadre de la RSE [responsabilité sociétale des entreprises] de AF&C, l’association qui chapeaute le Off. La Banque alimentaire a aussi mené des ateliers ludiques sur l’alimentation au Village Tadamm consacré aux enfants.

  • David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    En matière d’actes tombant sous le coup de la loi et de prises de position à caractère xénophobe, David Rachline, le maire (RN) de Fréjus, n’a plus grand-chose à apprendre. Nouvel épisode ces derniers jours avec l’affichage d’une banderole sur la façade de l’hôtel de ville, sur laquelle on pouvait lire « Une OQTF non exécutée est un danger pour les Français ». Celle-ci faisait suite au meurtre d’un jeune homme de 19 ans le 28 juin, à Fréjus, dont le principal suspect est un individu de 20 ans sous OQTF.

    L’édile fréjusien, qui sera jugé en septembre pour favoritisme dans une affaire d’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025, n’a ainsi pas manqué de saisir l’occasion de récupérer ce drame au profit de son idéologie, ce qu’a même dénoncé la famille de la victime. Sans, évidemment, se soucier du fait qu’une large partie des OQTF sont prononcées à cause de lenteurs administratives dans le renouvellement des titres de séjours, et que leur nombre a fortement augmenté suite à la circulaire Retailleau de janvier 2025. « Il n’a pas eu la même réaction pour Hichem Miraoui, assassiné par un fanatique du RN l’année dernière », rappelle Catherine Aubry, co-animatrice de LFI Est-Var. « Il saute à pied joint sur la récupération. Cela montre une nouvelle fois son obsession pour les migrants. »

    « Atteinte grave

    au principe de neutralité »

    Pas au goût du Préfet du Var, qui a saisi le tribunal administratif de Toulon le 10 juillet, par une requête en référé-liberté, afin de demander le retrait de la banderole, au motif que son message « portait une atteinte grave au principe de neutralité du service public. Il est interdit d’apposer sur tout bâtiment public, une inscription symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. »

    La préfecture ajoute que « le message faisait à tort référence à une situation dans laquelle la mesure administrative [l’OQTF, ndlr] prononcée par la préfecture ne pouvait précisément pas être exécutée car elle était l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. » Sachant que la justice lui ordonnerait probablement de le faire, David Rachline a ainsi décidé de retirer la banderole sans attendre le verdict du tribunal administratif lundi. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer. Un dénouement salué par Pierre Daspre, membre du bureau départemental du PCF : « C’est bien que le préfet ait rappelé les principes républicains, il faut respecter la justice et l’État de droit. » « C’était une banderole odieuse et raciste. Le préfet l’a faite interdire sous un autre angle, mais c’est déjà ça », ajoute Catherine Aubry. « C’est cocasse d’être dans l’illégalité quand on veut faire appliquer la législation sur les OQTF », a, quant à elle, souligné Christine Romano, élue d’opposition (PCF) « Fréjus Riposte ! ».

  • Une coupure de courant paralyse une partie de Martigues

    Une coupure de courant paralyse une partie de Martigues

    Dans le quartier de l’Île, tous les rideaux de fer des vitrines étaient descendus ce mercredi en début d’après-midi. Et pour cause : une coupure d’électricité a paralysé une partie de la ville dès mardi soir.

    « Dans la nuit du 14 au 15 juillet, à 00h30, un incident est survenu sur le réseau public de distribution d’électricité dans les communes de Martigues et Châteauneuf-les-Martigues, dans un contexte de très fortes chaleurs. 6 000 clients ont été privés d’électricité », explique Enedis, qui assure avoir immédiatement mobilisé ses équipes pour rétablir l’alimentation dans les meilleurs délais.

    Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés à 80 degrés, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Ce sont des boîtes de jonction (qui servent à relier deux câbles souterrains entre eux) qui sont à l’origine de l’incident de cette nuit.

    Les équipes techniques d’Enedis utilisent un camion équipé de détecteurs afin de localiser très précisément l’endroit du câble souterrain à réparer pour intervenir « au plus juste, en ouvrant la chaussée et en remplaçant le matériel électrique endommagé, tout en limitant au maximum les nuisances pour les riverains et la collectivité », poursuit le gestionnaire, qui s’excuse pour la gêne occasionnée.

  • Peter Knapp raconte l’école d’art du Bauhaus

    Peter Knapp raconte l’école d’art du Bauhaus

    La fondation Vasarely organise une conférence ce jeudi à 19h sur le mouvement du Bauhaus, raconté par le photographe et graphiste Peter Knapp qui a été élève d’un de ses fondateurs. L’événement, organisé par la fondation, est le fruit d’un partenariat avec le festival des nuits photographiques de Pierrevert, qui se déroulera dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin du mois de juillet.

    La conférence permettra de découvrir l’école du Bauhaus, fondée en 1919, à travers les yeux de Peter Knapp qui fut l’élève de Johannes Itten, professeur du Bauhaus. « À 95 ans, il est un des derniers témoins qui peut en parler », insiste Stéphane Kossmann, président des nuits photographiques de Pierrevert. Car avant de désigner un courant artistique, le Bauhaus était avant tout une école d’architecture et d’arts appliqués créée par Walter Gropius à Weimar. Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Johannes Itten y ont d’ailleurs été professeurs. Cette école portait l’ambition de rassembler l’enseignement de toutes les matières artistiques telles que l’architecture, la peinture ou art plastique. Une institution régie par le manifeste du Bauhaus, rédigé par son directeur, qui affirme notamment qu’« il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan ».

    Menacés par le nazisme, car considérée comme une école apprenant « l’art dégénéré », beaucoup de professeurs se sont exilés. Comme Johannes Itten qui est parti à Zurich, où il a continué d’être professeur et où Peter Knapp est devenu son élève. La conférence sera également l’occasion de découvrir le travail de ce photographe et designer qui a notamment travaillé dans la mode. Au début de la conférence, un petit film retracera son œuvre.

    Conférence sur le Bauhaus
    par Peter Knapp, jeudi 19h,
    à la fondation Vasarely

  • [C’est l’été] À Fos-sur-Mer, partez à la découverte de la Côte Bleue

    [C’est l’été] À Fos-sur-Mer, partez à la découverte de la Côte Bleue

    Que vous soyez visiteur ou Fosséen, l’office de tourisme de Fos-sur-Mer organise une croisière tout au long de la Côte Bleue. À bord du bateau le Cisampo, 80 passagers navigueront du Fort de Bouc à la calanque de Niolon, en passant par le quartier de Sainte-Croix, Carry-le-Rouet et la calanque de Sausset-les-Pins.

    « Le rendez-vous est fixé à 8 heures 30 à la Capitainerie de Fos-sur-Mer, pour un départ à 9 heures avec une fin prévue vers midi », précise la direction des festivités et du tourisme. Un aller-retour de trois heures commenté avec des explications sur la faune et la flore, ainsi que des anecdotes sur l’histoire des monuments qui jalonnent la Côte Bleue.

    Admirer la Côte Bleue sous un nouvel angle

    « Depuis la mer, on apprend beaucoup de choses et le visuel est magnifique », vante l’organisation.

    Elle remarque que « les passagers qui embarquent sur le Cisampo viennent de tous les horizons. Il y a des touristes qui sont en visite, tout comme des habitants de la région, mais qui ne connaissent pas la Côte Bleue sous cet angle ». Dans tous les cas, c’est une réelle « découverte pour tous les participants ».

    C’est la deuxième année consécutive que la balade est organisée, avec de « très bons retours des passagers l’année dernière », selon la direction. Un succès que l’office de tourisme a voulu renouveler, en augmentant le nombre de visites. En 2026, la visite aura lieu sur trois dates : le 17 et 30 juillet, puis le 17 août. Une croisière initiée « grâce aux sollicitations des touristes qui ont demandé à pouvoir découvrir la Côte Bleue par la mer ».

    Des visites déjà presque complètes

    Pour réserver sa place, rien de plus simple. Les inscriptions se font soit en se rendant à l’office de tourisme de Fos-sur-Mer, soit en ligne. Les places partent très vite, la sortie de ce vendredi est déjà complète.

    Côté tarif, la place est à 10 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants de moins de 10 ans, et gratuite pour les moins de 4 ans. Attention toutefois, réserver sa place en ligne vous coûtera un euro supplémentaire de frais de gestion.

    Pour réserver en ligne : fossurmer.fr