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  • [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    La Marseillaise : Si vous deviez noter la préparation de cette rentrée, vous mettriez combien ?

    Stéphane Audebeau : Je mettrais 4 sur 10. Pas la moyenne, parce qu’il y a très peu de choses qui changent alors que les enjeux sont énormes. Le ministre n’a annoncé aucune mesure importante face aux dysfonctionnements du système éducatif. L’École continue donc à s’enfoncer doucement mais inexorablement. Le premier problème reste la lourdeur des effectifs. On parle de baisse démographique, mais elle se traduit surtout par des suppressions de postes de titulaires, d’AED et, on le craint, de contractuels. Dans l’académie, tous les départements sont concernés et le Gard a été particulièrement touché par les suppressions de postes décidées lors de la préparation de cette rentrée.

    Le ministère répond justement qu’il y a moins d’élèves. Pourquoi ne pas réduire aussi les postes ?

    S.A. : Parce que cette baisse démographique devrait au contraire être une chance historique. On pourrait enfin réduire les effectifs par classe. Dans l’académie, il faudrait plus de 120 équivalents temps plein pour retrouver le taux d’encadrement d’avant les années Macron-Blanquer. On tourne autour de 28 élèves au collège, parfois 30 autour de Montpellier. Au lycée, on dépasse régulièrement 35, parfois 36. Pour faire vraiment du suivi individualisé au collège, notamment avec les élèves à besoins particuliers, l’idéal serait plutôt autour de 20. Même en éducation prioritaire, on peut monter jusqu’à 25 élèves par classe. Or ce sont justement des établissements où l’accompagnement individuel est essentiel. On pourrait profiter de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer durablement les conditions d’apprentissage plutôt que supprimer les moyens en proportion.

    Le ministère affirme pourtant que 96% des postes proposés aux concours ont été pourvus. Ça ne vous rassure pas ?

    S.A. : Non, parce que le nombre de postes mis au concours a lui-même baissé. Cela ne garantit pas qu’il y aura un professeur dans chaque discipline partout. On sait qu’il y aura encore des manques, notamment en français, mathématiques, anglais ou technologie. Et même si les postes sont pourvus la première semaine, les absences arrivent vite. On manque de titulaire sur zone de remplacement (TZR), de remplaçants, et il faut ensuite chercher des contractuels dans l’urgence.

    Vous alertez aussi sur les AED et les AESH…

    S.A. : Oui. Dans le Gard, des postes d’AED ont aussi été supprimés au nom de la baisse démographique. Mais ce n’est pas mécanique : qu’un établissement ait 200 ou 180 élèves, il faut toujours ouvrir le collège, surveiller les permanences, faire fonctionner la vie scolaire. Pour les AESH, c’est un problème permanent. Avec des contrats de 24 heures payés autour de 900 euros par mois, on n’attire pas. Et avec la mutualisation, certaines doivent passer d’un établissement à l’autre ; des élèves n’ont parfois qu’une heure d’accompagnement par semaine. Pour nous, c’est une forte dégradation. Une AESH peut ainsi devoir choisir entre accompagner un élève pendant une évaluation en mathématiques ou en laisser un autre sans aide dans un autre cours. On perd aussi la continuité du suivi, alors que la connaissance de l’élève et de ses besoins est essentielle. Et, derrière, une partie de cette charge retombe sur les enseignants.

    Qu’est-ce qui explique selon vous la crise d’attractivité du métier ?

    S.A. : Le salaire reste essentiel, parce qu’il traduit la reconnaissance d’une profession. Un enseignant débute aujourd’hui à moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 1980, un débutant à bac +5 gagnait autour de trois fois le Smic ; aujourd’hui, on est à peine au-dessus. Mais il y a aussi les conditions de travail : classes chargées, tâches supplémentaires, nouvelles missions. Et pendant ce temps, le ministre parle du téléphone portable ou du 11-Novembre. Pour nous, c’est un écran de fumée : les vrais problèmes, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves.

    À quelques jours de la rentrée,
    est-ce qu’il reste encore des choses
    à faire bouger ?

    S.A. : Oui, il faut se battre jusqu’au dernier moment. Les suppressions de divisions sont actées, mais les effectifs réels peuvent obliger à revoir certaines décisions. La première semaine, on va intervenir partout où il faudra obtenir des créations de classes. Le problème, c’est que beaucoup d’arbitrages ont déjà été faits en juin ou juillet. C’est au moment où les élèves arrivent réellement dans les établissements que certaines situations deviennent intenables : une division qui manque, des inscriptions impossibles ou des classes beaucoup plus chargées que prévu. Le syndicat compte donc utiliser les remontées des établissements dès les premiers jours pour réclamer des ajustements.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    Nouvel épisode dans les relations devenues complexes entre la nouvelle municipalité RN de Monteux et la Maison des jeunes et de la culture (MJC). Cet été, l’association fondée en 1964, avait vu sa subvention passer de 45 000 à 5 000 euros. Un premier coup dur mais qui ne remet pas en cause, pour l’heure, le fonctionnement de la MJC prête à reprendre toutes ses activités le 7 septembre.

    Mais, ce lundi, un acte plus symbolique a décontenancé la MJC. « Nous avons eu la surprise de voir des agents communaux démonter l’enseigne de la MJC, sans que quiconque nous ait contactés, relate Olivier Fraysse, administrateur de la MJC. Ce sont nos salariés qui ont découvert cette action, nous avons essayé de comprendre pourquoi en interrogeant les services communaux, sans réponse de leur part, alors que c’est la Ville qui avait mis ses lettres il y a quelques années. » Aucun contact n’a été depuis établi entre les deux parties. Un choix que le maire Patrice de Camaret motive par le fait que la MJC n’est pas la seule occupante de ce bâtiment communal, nommé l’Atelier. « Il y a plusieurs associations qui y vivent et il était important de dire, c’est un bâtiment municipal. Donc on enlève celle qui précisait que c’est son territoire. Or, ce n’est pas le sien », justifie l’édile sur Ici Vaucluse. La MJC préfère prendre la nouvelle avec ironie : « Nous aimons imaginer que les services communaux vont faire à notre enseigne un brin de toilette et une nouvelle peinture avant de la raccrocher pour le début de saison ! »

  • Hommage à Mala Kriegel assassinée par les nazis

    Hommage à Mala Kriegel assassinée par les nazis

    Alors que la Libération de Marseille a commencé, que nos fondateurs ont pris d’assaut le siège du journal collaborationniste Le Petit Marseillais et que La Marseillaise paraît au grand jour depuis le 24 août, le destin de Mala Kriegel bascule boulevard Oddo dans le 15e arrondissement de Marseille alors qu’elle n’a pas encore 32 ans.

    Accompagnée de trois autres résistants, elle diffuse notre journal. Leur voiture ornée d’un drapeau tricolore est stoppée par une patrouille nazie en embuscade. Ils sont tirés du véhicule, plaqués au mur, traités de terroristes. Un coup de sifflet. Ils sont laissés pour morts.

    Tombée au sol, Mala Kriegel est très grièvement blessée. Elle touche ses blessures, perd beaucoup de sang, comprend qu’elle va mourir. Pour lui éviter de répéter son geste, les camarades qui lui portent secours lui couvrent le corps d’exemplaires de La Marseillaise.

    Une héroïne

    Première femme du résistant Maurice Kriegel-Valrimont, Mala Kriegel vivait à Marseille avec le résistant communiste allemand, Hermann Burkhardt.

    Elle était née Mala Ehrlischster le 15 septembre 1912 à Varsovie, en Pologne. Juive, communiste, résistante, elle était tout ce que les nazis haïssaient. Elle était une héroïne, notre sœur en humanité, elle est notre honneur.

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.

  • Après les plaintes, Delogu en garde à vue

    Après les plaintes, Delogu en garde à vue

    Avant de se rendre au commissariat de l’Évêché (2e arr.), le député LFI de Marseille n’avait pu s’empêcher de publier un autoportrait, en commentant : « C’est l’heure ». Devant l’hôtel de police marseillais, son avocat Me Yones Taguelmint se réjouissait devant la presse d’une convocation rapide, trois jours après l’altercation qui a opposé des policiers en civil en intervention dans son immeuble au parlementaire. « C’est bien que la justice puisse avancer, enquêter à charge et à décharge », glissait brièvement son conseil quand le député entrait sans faire le moindre commentaire. Mais l’audition libre s’est rapidement transformée en garde à vue « dans le cadre de l’enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet de Marseille à La Marseillaise, confirmant une information de l’AFP. Une flagrance qui permet de passer outre l’immunité parlementaire, et un cap supplémentaire franchi dans cette affaire.

    Plainte déposée contre X

    Trois policiers en civil du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun avaient déposé plainte pour outrage contre le député après une intervention lundi après-midi dans l’immeuble où il réside, lui reprochant d’avoir fait obstruction lorsqu’ils pénétraient dans le hall du bâtiment pour appréhender le voleur d’une montre de luxe, et de les avoir insultés, notamment en les traitant de « trou du cul ». Des faits contestés par le parlementaire, qui affirme avoir demandé aux forces de l’ordre de s’identifier alors qu’ils s’engouffraient à sa suite dans l’immeuble, et avoir été bousculé et injurié par l’un des policiers. Dans les enregistrements de vidéosurveillance largement diffusés, on entend cette fois l’un des policiers traiter le député de « trou du cul ». Après l’avoir annoncé, l’avocat de Sébastien Delogu confirme ce jeudi avoir porté plainte contre X mercredi soir, pour injure et violence physique par personne dépositaire de l’autorité publique.

    L’altercation est remontée jusqu’à la place Beauvau et le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez lui-même s’est empressé mercredi après-midi d’apporter « évidemment mon soutien aux forces de l’ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République ».

    Le député a annoncé sa sortie hier soir aux alentours de 22h sur les réseaux sociaux, remerciant les forces de l’ordre «qui se sont comportées de manière irréprochable».

  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • [C’est l’été] En mission avec l’équipage du Dragon

    [C’est l’été] En mission avec l’équipage du Dragon

    Le Dragon de la Sécurité civile est encore bâché en ce premier matin de juillet mais Michel Romani, copilote et mécanicien (MOB), est déjà sous l’appareil, aidé de Sébastien, secouriste chez les marins-pompiers, pour brancher le « bambi bucket ». Un gros sac de 800 litres, accroché à un long câble, qui s’ouvre et se ferme comme une corolle, et permet d’intervenir en cas d’incendie. Il s’agit ce jour-là d’aller le tester sur le plateau de l’Arbois dans le cadre d’un exercice avec les pompiers 13. « On l’a reçu il y a 15 jours, nous sommes les seuls à l’avoir avec Bastia » nous explique Thierry Cacherat, pilote, chef de base de Marignane et de la zone Sud. C’est lui qui a élaboré ce test avec le Détachement d’intervention héliporté des pompiers. L’idée : travailler de conserve pour transporter l’eau depuis la « berce » (un conteneur transportable par camion) jusqu’à un réservoir dans la colline. Même si, en pratique, le Dragon sert plutôt à la reconnaissance du commandement du centre opérationnel de zone pour évaluer le comportement du feu et à guider le largage des Canadairs. « On se pré-positionne, on allume le phare, ils nous voient et peuvent y aller » précise Thierry. De quoi gagner une à deux norias par heure, soit 24 tonnes d’eau.

    Mais il est temps de décoller. Trois boucles de contrôle récalcitrantes plus tard, c’est parti. Casque sur la tête, en dialogue permanent, MOB et pilote ne font qu’un. « Contact dans 5 mètres, tu peux reculer, c’est bon, je suis avec toi » indique Michel tandis que Thierry assure le vol stationnaire. Porte ouverte, le guidage se fait aussi visuellement. Passé l’atterrissage impeccable dans la garrigue et le brief avec les pompiers, c’est reparti pour l’entraînement. Le Dragon effectue des virages précis pour se positionner et remplir le sac. L’appareil des sapeurs lui, transporte le réservoir. Le tout dans un ballet impressionnant de dextérité. Thierry aux manettes, Michel à la porte, assis les jambes dans le vide. Le vent ne facilite pas la tâche. Durant plus d’une heure, les mouvements s’enchaînent. « On est en plein dans les turbulences avec un pendule, il faut calculer » commente Thierry.

    Faux départ

    Retour à la base. On retrouve là le reste de l’équipage du jour, Hugues, médecin militaire, un pro de la gestion de crise, et Nahiti, infirmier à l’AP-HM et sapeur-pompier volontaire. Le temps que pilote et MOB notent scrupuleusement leur compte rendu de vol, on se prépare à déjeuner… Ou pas. L’alerte est donnée, un arrêt cardiaque sur le port de Carro. En 15 minutes à peine, le Dragon redécolle. « Quel âge ? » s’enquiert Hugues qui prend des notes, « personne d’autre ne peut y aller, on va essayer de le sauver ». En vol, Nahiti prépare une seringue, Hugues a sorti le stéthoscope. Dans l’appareil règnent calme et concentration. L’hélico posé à deux pas de l’eau, l’équipe de secours saute à terre. La réanimation est « compliquée » nous détaille le médecin, où il faut faire avec les moyens du bord pour s’abriter du soleil et pouvoir intuber le patient dans une relative obscurité. Une « intervention de haute technicité » pour Hugues mais qui ne permettra pas de sauver le presque sexagénaire. Accepter de ne pas réussir à tous les coups fait aussi partie du job, « il se sera bien battu » estime-t-il. « Notre équipe est formée à travailler dans cet environnement particulier, le plus dur c’est d’être confronté à la détresse humaine » nous confie Thierry. Avec Michel, ils sont restés en retrait, disponibles pour transporter les appareils nécessaires.

    Le repas expédié, commence l’attente. « Il y a des jours où on n’arrête pas, d’autres où il ne se passe rien… » raconte Michel. Tout le monde suit avec attention les départs de feu, un peu partout. L’hélico des « copains du Var » a été appelé en renfort.

    18h. Nouvelle alerte, deux kayakistes en difficulté. Le Dragon passe en mode nautique, tout le monde en gilet de sauvetage. Une consigne : tirer sur la manette rouge si l’appareil s’abîme en mer, mais « seulement une fois qu’on est dans l’eau ». Rassurant. Un plongeur, déjà équipé, est embarqué au centre de secours de la Côte bleue. Tandis que le vent a forci, brinquebalant le Dragon, l’équipage, toujours zen, cherche des yeux les imprudents. Faux départ : un bateau de secours est déjà là. On n’aura pas le plaisir de se frotter aux vagues… Au retour, mauvaise surprise, l’électricité est coupée. Le vent qui forcit encore inquiète tout le monde. « Au-delà de 50 nœuds, on ne peut pas décoller » explique Thierry. À 21h, il faudra pousser les lourdes portes du hangar à la main pour rentrer l’hélico sur sa palette à roulettes téléguidée. Bien qu’indispensable au secours, la base ne dispose pas de groupe électrogène… Au loin, un énorme nuage de fumée obscurcit le ciel. Le feu a démarré à Rognac. Hugues, pompier volontaire sur la commune, se prépare à enchaîner sur une longue nuit…

  • [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    [C’est l’été] Grande soirée des jeux vidéo à la médiathèque de Martigues

    « Ça me tient à cœur de pouvoir mettre un point final à l’été en proposant un rendez-vous qui rend l’accès au numérique gratuit et facile pour tous », confie Jean-Emmanuel de Micas, porteur du projet de la soirée gaming, organisée ce vendredi soir. Cet événement gratuit, porté par les Espaces Publics Numériques (EPN) en partenariat avec le Fablab de la Ville de Martigues et en collaboration avec la médiathèque Louis Aragon, propose une soirée autour du jeu et de la culture numérique.

    Petits et grands pourront se retrouver à la médiathèque Louis Aragon, dès 18h, pour jouer à des jeux vidéo, des jeux de société et faire des karaokés. « Les plus jeunes auront accès aux jeux vidéo actuels, les parents pourront retrouver ceux de leur jeunesse, notamment des jeux vidéo des années 1980-1990, et les montrer à leurs enfants, toute la famille et les amis pourront aussi se réunir autour de jeux de plateau (jeux de cartes, jeux de société) », détaille le porteur du projet.

    En savoir plus

    sur le monde du jeu vidéo

    « La société Pixelan, partenaire du projet, propose aussi une activité physique avec des dalles lumineuses au sol, où il faudra appuyer sur celles qui s’allument », ajoute-t-il. Tout au long de la soirée, des animations sont prévues, avec notamment un tournoi de jeux de foot. À l’étage, un stand proposera des quiz et un karaoké.

    La collaboration avec la médiathèque Louis Aragon permet aussi de proposer une conférence animée par Enzo Russo. « C’est un game designer, son métier c’est de réfléchir en amont à la manière dont on joue à un jeu. Grâce à son expérience, il va pouvoir expliquer et transmettre son savoir au cours d’une présentation, puis répondre aux questions du public », explique Jean-Emmanuel de Micas. La conférence prévue à 19h, « permet aussi aux jeunes de se projeter dans un métier et d’avoir un exemple de parcours pour y arriver ».

    « C’est un projet qui a ses défis, mais il me tient à cœur. On va d’ailleurs désormais proposer une soirée par trimestre, la prochaine est le 30 octobre », conclut, Jean-Emmanuel de Micas ravi.

    Gabrielle Cartellier

  • Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    D’un côté, Fabien Roussel, le communiste. De l’autre David Lisnard, l’ultralibéral. Tous deux réunis sur le terrain de Roland-Garros par le Medef. Interrogés sur les décisions à prendre pour que la France produise plus, le secrétaire national du PCF, propose de « planifier la réindustrialisation de notre pays et d’arrêter le “stop and go” ». Pour permettre aux entreprises d’avoir de la « lisibilité », notamment en ce qui concerne l’énergie. Un « avantage compétitif énorme » pour reconstruire une « industrie forte et utile ».

    De son côté, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) estime que l’« [on] a trop administré l’économie ». Dès lors, il énumère ses propositions presque caricaturales : « libérer le capital et le travail (…) l’industrie, le foncier, lutter contre l’artificialisation des sols », rendre « la fiscalité et les charges compétitives ». Sous les applaudissements des patrons, il plaide pour toujours moins d’impôts, appelant à « cotiser moins pour gagner plus ». « On a le record du monde de la dépense publique, des impôts et des charges », renchérit le président de Nouvelle Énergie. Ce fan revendiqué du président d’extrême droite libertarien argentin Javier Milei, pousse le train jusqu’au bout : « le soviétisme ça n’a jamais marché », raille-t-il.

    Face à une audience qui lui est peu favorable, le chef des communistes intime les patrons à « produire plus », rappelant que les aides publiques aux entreprises ont atteint 211 milliards d’euros en 2023. S’il n’est pas contre ces aides, il veut les conditionner : « à la relocalisation et à la création d’emplois en France », impulser un choc d’investissement massif, en particulier dans la formation. Et ce, afin de « reconstruire une France industriellement forte » et souveraine.