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  • Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    « Il est des offensives qui ne disent pas leur nom. Des infiltrations qui avancent masquées, sous les oripeaux du civisme, de l’engagement, de la bienveillance. » Le secrétaire général de la CGT Educ’action Olivier Gérard va droit au but dans son courrier envoyé à l’académie de Nice pour mettre en avant la manœuvre idéologique cachée, selon lui, derrière le prétendu « Passeport du Civisme ». Ce document est distribué dans les écoles des municipalités varoises d’extrême droite et de droite dure que sont Fréjus et Saint-Raphaël.

    Le syndicaliste rappelle que cet outil « personnalisable par les maires » a été mis en place avec le soutien du « Fonds du bien commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, proche de la droite et de l’extrême droite, à l’origine du projet Périclès, l’acronyme de Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, Européens, souverainistes. « Son projet vise à fédérer des sensibilités allant de la droite conservatrice à l’extrême droite, dans une stratégie assumée de conquête idéologique », rappelle la CGT qui met en garde sur le fait que l’école semble devenir un terrain stratégique.

    La « Grande vadrouille » pour évoquer 39-45

    « À Saint-Raphaël, les élèves doivent lire l’édito du maire, admirer une vingtaine de photos d’élus municipaux désignés comme référents », pointe Olivier Gérard. Et d’ironiser sur « la proposition d’action civique d’une grande puissance, comme la visite du musée Louis de Funès, ou la projection collective des Aventures de Rabbi Jacob pour lutter contre les discriminations et le racisme, et même découvrir la période de la Seconde Guerre mondiale, grâce à la Grande vadrouille. »

    Le secrétaire de la CGT Educ’action précise que l’agrément ministériel de ce passeport plus que controversé a été retiré en novembre 2024. Entre-temps « beaucoup d’autres responsables ou personnalités ont promu ce support idéologique jusqu’à ce que le ministère en pointe les lacunes pédagogiques et les limites sur la neutralité ».

    « Rien ne se fait de manière cachée »

    Le problème est que « ces initiatives portées par les municipalités ne font l’objet d’aucune validation académique préalable ». Et s’inscrivent « en dehors du cadre des programmes scolaires et des principes de neutralité et de laïcité ». Olivier Gérard ajoute que « leur mise en œuvre se fait sans concertation avec les enseignants, qui ne disposent pas toujours des moyens ou du recul nécessaire pour en évaluer les contenus pédagogiques ». Ce flou est d’autant plus problématique, insiste-t-il, que ces supports, sous des apparences civiques et consensuelles, peuvent constituer de véritables chevaux de Troie idéologiques, difficiles à identifier sans vigilance collective.

    La CGT demande donc à la rectrice de rappeler aux maires concernés les limites de leur rôle en matière pédagogique. Et de « garantir que l’école reste un espace neutre, laïc et protégé des influences politiques ».

    Pour le maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier la polémique n’a pas lieu d’être. Le premier magistrat a d’ailleurs tenu à nous répondre en personne sur le sujet : « C’est un dispositif qui reçoit un très bon accueil de la part des enseignants et qui est mis en place avec la participation des directeurs d’école », explique-t-il, en assurant que « rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini ». Et d’insister : « Il ne s’agit pas d’une éducation parallèle. D’ailleurs lorsqu’on a remis les passeports du civisme cette année, le préfet était présent. » Pour le très droitier premier magistrat, il s’agit « de mobiliser des centaines de jeunes chaque année avec une grande réunion avec les parents autour des valeurs du civisme, du respect, de la citoyenneté ». Pas plus ?

    Il dit ne pas connaître les raisons qui ont amené le ministère à suspendre son agrément à ce dispositif. En tout cas affirme Frédéric Masquelier, « il n’y a rien d’idéologique, sauf si on considère qu’apprendre le respect, les valeurs de la citoyenneté et le civisme, c’est idéologique ». La balle est à présent dans le camp de l’académie qui doit éclaircir sa position et donner des gages du respect de la neutralité de l’école.

  • Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    L’avenue Hélène Boucher est la rue des élections municipales. Samedi 22 novembre, le maire candidat François Bernardini (DVG) a inauguré sa permanence de campagne au 14, à quelques mètres seulement de celle de son « voisin de palier » et principal opposant politique Robin Prétot (LR). Malgré le vent glacial, plus d’une centaine d’habitants se sont réunis pour soutenir l’édile.

    Sur l’estrade, François Bernardini était entouré de son mentor, le président du conseil régional de 1981 à 1985 Michel Pezet (PS), des maires de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône René Raimondi (ex-PS) et Martial Alvarez (DVD), ainsi que du sénateur communiste Jérémy Bacchi. « Devant tant de personnes issues de courants différents, on peut se dire : “Quelle bouillabaisse !”, reconnaît l’élu. Ce n’est que la traduction véritable de tout ce que j’ai pu initier depuis 2008 et qui a permis d’emporter des gens différents dans un esprit commun avec une valeur essentielle qui est celle de la loyauté envers un programme et une ville ».

    Suzelle Ayot, élue à Istres et conseillère régionale, a délivré un message de la part de son président Renaud Muselier (Ren) : « Istres mérite de garder François Bernardini à sa tête. Vous avez un grand maire. C’est un bâtisseur, un visionnaire reconnu comme celui qui a transformé sa ville comme personne ».

    C’est justement ce que lui reproche son adversaire Robin Prétot, qui a fait du ralentissement de l’urbanisation son cheval de bataille. En mars 2026, ce sont ces deux visions de la ville qui vont s’affronter. Martial Alvarez assure : « Dans cette période confuse, (…) on a besoin d’un capitaine, d’un vieux briscard, de quelqu’un capable de porter de négociations fortes ». L’expérience suffira-t-elle à François Bernardini pour rester « indéboulonnable », comme Renaud Muselier le dit ?