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  • À Aix-en-Provence, Rocher Mistral condamné à des amendes et des travaux

    À Aix-en-Provence, Rocher Mistral condamné à des amendes et des travaux

    Le feuilleton judiciaire se poursuit depuis 2021, année du lancement du parc d’attractions Rocher Mistral. Propriétaire du château de La Barben, Vianney d’Alançon y développe, avec sa société (SAS) Rocher Mistral, un projet qui suscite de nombreuses polémiques et mobilise autant ses défenseurs que ses opposants.

    Ce millefeuille judiciaire avait connu un premier jugement en novembre 2023. À l’issue de cette décision, le tribunal avait ordonné à la société et à Vianney d’Alançon de remettre en état plusieurs aménagements du parc, dont certains avaient été réalisés avant l’obtention des autorisations nécessaires.

    La SAS Rocher Mistral et Vianney d’Alançon avaient par ailleurs été condamnés à des amendes avec sursis de 70 000 et 20 000 euros, mais relaxés concernant les atteintes à l’habitat d’une colonie de murins à oreilles échancrées, un volet du dossier défendu par France Nature Environnement (FNE 13).

    En février dernier, l’affaire revenait devant la cour d’appel. Après sept heures d’audience, l’avocat général avait reconnu l’atteinte portée aux murins, mais aussi un début de remise en l’état du site, effectuée entre 2024 et 2026. Pas de quoi, pour autant, effacer l’infraction de départ aux yeux de l’avocat général, qui demandait d’entrer « en voie de condamnation » au sujet des constructions illégales. Initialement attendu le 8 avril, le délibéré n’a finalement été rendu que ce mercredi. Résultat : des amendes revues à la baisse, mais cette fois sans sursis.

    Un an pour tout corriger

    La SAS Rocher Mistral et le propriétaire sont respectivement condamnés à 50 000 et 5 000 euros d’amende ferme. Dans son arrêt, la cour explique vouloir « préserver un avenir possible au Rocher Mistral, mais repensé dans le strict respect des lois applicables » et rétablir l’autorité « des services de l’état, sérieusement bafoués dans ce dossier ». L’entrepreneur et sa société disposent également de douze mois pour remettre en état plusieurs secteurs du parc d’attractions, notamment les galeries, l’espace d’accueil et la guinguette. Chaque jour de retard entraînera une astreinte de 150 euros.

    La cour d’appel reconnaît aussi le fait « d’avoir détruit l’habitat du murin à oreilles échancrées », selon le conseil de la FNE13, Me Mathieu Victoria. Il regrette néanmoins « l’absence d’obligation de remise en l’état » de leur espace d’habitation et l’absence d’un préjudice écologique. L’avocat souligne tout de même la condamnation d’une entreprise « coupable d’avoir détruit une espèce protégée pour son activité économique ».

    « En résumé, sous réserve d’une lecture attentive de l’arrêt, on peut considérer qu’il y a contradiction à dire qu’on veut préserver l’avenir de Rocher Mistral, en lui laissant des parkings, mais pour des visiteurs qui viendront voir quoi ? », réagit Me Bruno Rebstock, avocat de Rocher Mistral. Il ajoute : « C’est une déception. Nous avons longuement plaidé à juste titre et de manière légitime qu’il y a deux manières de voir le patrimoine. Soit on laisse les pierres rouler les unes sur les autres doucement au fil des années, la mousse pousser (…), soit, parce que l’état et les collectivités locales – faute de moyens – se désengagent de l’entretien de ce patrimoine, et c’est donc le domaine privé qui a la charge de le faire vivre ». S’il estime qu’une « analyse plus fine » de l’arrêt reste nécessaire, Me Rebstock considère que « de toute évidence, cela met en péril l’équilibre économique de ce projet ».

    Chacune des parties se réserve la possibilité de saisir la Cour de cassation.

  • [Exclusif] Benoît Payan va rencontrer le pape Léon XIV vendredi

    [Exclusif] Benoît Payan va rencontrer le pape Léon XIV vendredi

    Trois ans après la visite du pape François à Marseille, c’est à Paris que Benoît Payan rencontrera son successeur, à l’occasion du déplacement du pape Léon XIV en France. Convié par la présidence de la République avec le maire (PS) de Paris Emmanuel Grégoire, il participera à la rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique organisée à l’Élysée, vendredi matin.

    « Nous connaissons les liens forts qui ont été créés entre Marseille et le pape lors de la venue de son prédécesseur en 2023 », explique-t-on dans l’entourage du maire, en se disant « très honorés » de l’invitation. Et de rappeler le rôle important joué par le cardinal Jean-Marc Aveline.

    «Je le connais un peu, il a été mon patron pendant deux ans, témoignait ce mercredi matin, sur France Inter, l’archevêque de Marseille, à l’origine de cette visite en France. Quand je lui ai proposé, c’était oui, mais il fallait trouver la date, c’était plus compliqué ». C’est alors qu’il se rendait à l’aéroport pour revenir à Marseille qu’il a appris que le pape acceptait, après l’annulation d’un voyage. « Ce jour-là, je m’en souviens, j’avais gardé 24 heures de silence total pour prendre la mesure intérieure de cette nouvelle et de tout ce qu’elle permettrait », partageait le cardinal.

  • Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier de la BAC Sud de Marseille comparaissait mardi pour violation du secret professionnel, détournement de fichier à des fins privées et une poursuite rarement utilisée de prise de mesure suivie d’effet pour faire échec à la loi. Le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer toute fonction dans la police.

    Alexis C., 47 ans, brigadier-chef à la BAC Sud de Marseille, nie avoir informé son ami Loïc D., 45 ans, responsable de la sécurité du rooftop le Limone à La Ciotat, de l’arrivée le 26 juillet 2025 d’inspecteurs de l’Urssaf et de policiers pour contrôler les contrats de travail des employés de l’établissement de nuit ouvert sur le toit terrasse du cinéma CGR.

    Ce n’était pas le premier contrôle de l’Urssaf ainsi planté. En juin, des opérations avaient été mises en échec à Marseille par des fuites. Le Pop Club à Vaufrèges où travaille aussi Loïc D. avait fermé 30 minutes avant l’arrivée de la patrouille. L’enquête de l’IGPN a révélé des échanges nourris entre les deux prévenus, très amis. Tatoués sur les doigts et jusque sur le crâne, ils fréquentent le même club de motards.

    Sur les téléphones saisis, les messages s’enchaînent : 22h23, le policier qui est en repos envoie un texto « répond urgent » car Loïc n’a pas décroché à l’appel WhatsApp. 22h24, les deux amis se parlent 20 secondes. 22h25, le chef de la sécurité envoie deux textos à ses patrons : « Urssaf part de Marseille pour contrôle Limone » – « Tu es sûr ? » – « Mon pote m’a appelé pour m’avertir » – « Il faut mettre les agents de sécu à l’abri. Que ceux qui n’ont pas de contrats se mettent à couvert » ordonne le patron. Loïc contacte aussi des potes militaires « ils vous ont pas grillé en videurs ? »

    « Je ne suis pas avisé de ce contrôle et je ne vois pas par quel moyen je peux l’être. Je suis ciblé particulièrement car je suis l’ami de Loïc, mais cette année, plusieurs policiers ont été contrôlés travaillant dans des établissements de nuit », réfute le policier muté en police secours. Pour lui, la concomitance du contrôle et des SMS, « c’est un concours de malchance ».

    « C’est une fille sur le parking qui m’a prévenu » assure Loïc D., très défavorablement connu avec 7 mentions au casier et contre lequel 9 mois ferme sous bracelet sont requis. L’ambulancier ultra-tatoué était sorti d’un an de prison en août 2024 pour des violences conjugales en récidive. Il admet avoir « beaucoup de contacts policiers dans [s]on téléphone ». Pour l’ambiance, c’est l’ex-leader de Blood and Honour Hexagone (BHH), un groupuscule néonazi dissout par Emmanuel Macron en juillet 2019.

    « Tous les deux, vous échangez régulièrement sur un contrôle de police pouvant avoir lieu. Le 14 février 2025, il y a ce SMS d’Alexis qui vous écrit “fais gaffe ce week-end je ne bosse pas” » note la juge. Le policier avance une autre explication, protectrice : « Avec les règlements de compte au Miami [4 morts en mai et août 2023, à la Valentine], j’ai des raisons de l’avertir. J’assure la sécurité de tout le monde, des boîtes, des commerces de nuit, des prostituées aussi. Je sais, ça peut faire un peu Batman d’avertir un ami que je ne travaille pas ».

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « la chronologie est imparable sur l’origine de la fuite même si on n’a pas identifié d’où le policier tenait l’info. Cette téléphonie indiscutable est corroborée par une source anonyme du commissaire divisionnaire de La Ciotat ».

    « C’est un bon policier qui a toujours été exemplaire. Il a quelques fois fait passer son amitié en premier. Les fuites pourraient venir d’autres policiers pouvant faire des gâches dans ce genre d’établissement » a plaidé Me Pierre Gassend. Sur le fouinage dans un fichier d’État, « il y a pléthore de policiers qui abusent. Ne soyons pas hypocrites c’est une pratique courante ». Délibéré le 16 octobre.

  • Quatre jours pour célébrer la culture gitane et faire tomber les préjugés, à Montpellier

    Quatre jours pour célébrer la culture gitane et faire tomber les préjugés, à Montpellier

    À Montpellier, l’histoire gitane est ancienne. « On fait partie du patrimoine de la ville », rappelle Stéphane Hernandez, représentant de l’association Cap Gély Figuerolles, co-organisatrice, avec la Halle Tropisme, du festival international Mosaïque Gipsy Bohême. Une histoire portée par des artistes comme Manitas de Plata, les Gipsy Kings ou la famille Baliardo.

    Basée dans le quartier historique gitan Cap Gély-Figuerolles, l’association du même nom mène des actions socioculturelles et travaille à faire connaître l’histoire et le patrimoine gitans. Depuis l’obtention de l’agrément de l’Éducation nationale l’année dernière, elle intervient notamment dans les écoles et collèges.

    La musique constitue naturellement un fil rouge de cette transmission. L’association est d’ailleurs chargée, par le ministère de la Culture, de porter la reconnaissance de la rumba catalane au patrimoine culturel immatériel de la France. « Une première étape vers une reconnaissance au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco », espère Stéphane Hernandez. Née dans les quartiers gitans de Barcelone à la fin des années 1950, la rumba catalane mêle notamment flamenco, rythmes afro-cubains, rock et musique populaire catalane. Elle sera au cœur du festival international Mosaïque Gipsy Bohème, qui propose notamment, samedi 26 septembre à 17h, un atelier découverte suivi, à 20h30, d’un concert des Barcelonais Sabor de Gracia, véritables ambassadeurs de cette musique. Le vendredi 25 (20h30), c‘est à travers la danse que le festival célébrera la rumba catalane.

    « Un festival du partage »

    La programmation fera également entendre d’autres expressions musicales. Jeudi 24, pour l’ouverture, dès 19h, Paul Guta Band, formation portée par un violoniste virtuose, fera voyager le public vers les musiques tziganes des Balkans et le jazz manouche. À 20h30, Los Reyes Héritage, venus d’Arles et issus de la famille des Gipsy Kings, prendront le relais pour un hommage musical au célèbre groupe. Vendredi 25 à 19h, Adelante duo Mixte explorera les sonorités gipsy à travers un duo porté par les guitares, les rythmes flamenco et les influences méditerranéennes. Enfin, dimanche 27, les Montpelliérains de Los Kemados assureront la clôture du festival.

    Cette édition introduit par ailleurs le théâtre dans la manifestation, avec « L’Itinéraire nomade », proposé samedi 26 à 18h30. En cinq tableaux mêlant récit, musique, chant et danse, ce spectacle suivra la vie d’une famille gitane, de la naissance à la mort.

    Trois expositions permettront de découvrir cette culture sous un autre angle. La première, réalisée en partenariat avec la Cimade, sera consacrée à l’antitsiganisme et donnera lieu à une table ronde vendredi 25 à 18h. Une autre présentera des maquettes de campements tsiganes réalisées à partir de photographies par France Warangot, aujourd’hui disparu. Enfin, « Mondes tsiganes », exposition itinérante du Musée national de l’histoire de l’immigration, retracera l’histoire, les modes de vie et les cultures tsiganes, mais aussi les persécutions et le génocide.

    Fête foraine, jeux gonflables, atelier de rumba et paella géante (tous les soirs) compléteront le programme. Pour Stéphane Hernandez, l’essentiel est dans la rencontre.
    «
     C’est un festival qui fait du bien, un festival du partage, de la convivialité et du vivre ensemble, pour lutter contre les préjugés et les a priori sur la population gitane et tsigane. »

  • Un festival fait fourmiller les initiatives contre l’extrême droite

    Un festival fait fourmiller les initiatives contre l’extrême droite

    Le nom résume l’esprit de la manifestation : les Fourmilières veulent fonctionner de manière collective, horizontale et décentralisée. Durant 17 jours, du 25 septembre au 11 octobre, des collectifs indépendants vont faire vivre, de Montpellier aux Cévennes en passant par l’Aude, l’Aveyron, la Lozère ou les Bouches-du-Rhône, un festival placé sous le signe de la solidarité et de l’antifascisme.

    Une initiative impulsée par le Quartier généreux, café associatif montpelliérain. « L’idée était de fédérer un certain nombre d’acteurs autour de la défense d’un héritage : les conquis sociaux, de prendre de la place sur des sujets progressistes et d’ouvrir vers d’autres imaginaires », explique Thibaut, membre de la coordination du festival et de la batucada militante La Battante. L’appel a rencontré un écho au-delà des espérances : plus de 100 collectifs sont désormais impliqués et près de 200 événements recensés. Une dynamique qui prend une résonance particulière à l’approche d’une élection présidentielle où l’extrême droite est donnée favorite. « L’idée est également de sortir de nos entre-soi militants pour reprendre un peu de terrain face à l’extrême droite dans un territoire, le sud de la France, où elle est très présente », insiste Thibaut. « L’enthousiasme des collectifs investis vient aussi du fait que cette initiative prend un peu d’ampleur et que ça permet de peser sur cette année particulière. » Un espace de riposte qui fourmille de propositions dessinant un autre projet de société face à cette menace « réelle autant que croissante ».

    « Un formidable moyen de convergence des luttes »

    Pour participer, chaque collectif doit adhérer à une charte commune, qui laisse toutefois chacun libre du choix de la thématique abordée : antinucléaire, féminisme, antiracisme, lutte contre les violences policières, écologie, solidarité avec la Palestine, critique du masculinisme ou encore questions carcérales. Une diversité qui se retrouve aussi dans les formats : conférences et rencontres littéraires côtoient ateliers d’éducation populaire, concerts, théâtre, cinéma, expositions, mobilisations dans l’espace public… « Cette charte et cette initiative des Fourmilières constituent un formidable moyen de convergence des luttes, qui est toujours appelée à gauche mais jamais atteinte », estime Thibaut.

    De Montpellier

    aux Cévennes

    À Montpellier, l’un des temps forts aura lieu le 30 septembre à la Halle Tropisme. Le Quartier Généreux y proposera une journée familiale avec lectures jeunesse engagées, ateliers et kermesse antifasciste. Un arpentage autour de Décoloniser le dancefloor, d’Habibitch, précédera une rencontre avec l’autrice, avant une soirée musicale avec Planète Boum Boum et Habibitch.

    Le débat d’idées aura également sa place. Le sociologue Ugo Palheta interviendra notamment le 9 octobre à la Carmagnole, à Montpellier, autour de son travail consacré à la progression de l’extrême droite. La Carmagnole accueillera également trois formations – des conférences en ligne – proposées par StreetPress autour de la lutte contre l’extrême droite (les 1er, 7 et 15 octobre). Pauline Ferrari, autrice de Formés à la haine des femmes, sera pour sa part à La Mauvaise Réputation le 2 octobre pour parler des réseaux masculinistes et le théâtre Pierre Tabard proposera pour sa part Boxeur, une histoire antifasciste. Le cinéma sera également mobilisé, avec notamment à Sète, le 29 septembre, une projection consacrée au terrorisme de l’ultra-droite suivie d’un débat avec le journaliste d’investigation Ricardo Parreira et Sophie Mazas (LDH 34), puis, le 11 octobre, un rendez-vous autour du documentaire Main basse sur l’eau.

    Du côté de Ganges, la programmation du 6 au 11 octobre mêlera lecture publique, théâtre, parade populaire et banquet autour d’un couscous préparé avec des légumes de récupération. À Lodève et sur le Larzac, la programmation sera particulièrement dense, avec 40 à 50 rendez-vous sur les trois week-ends : tables rondes, théâtre, concerts et conférences, dont une avec l’historienne Ludivine Bantigny (à Marcillac-Vallon) et une autre avec le sociologue Ugo Palheta (à Millau) le 10 octobre.

    « L’éventualité

    d’une seconde édition »

    Les Fourmilières essaimeront également dans le Gard. À Alès, un stage d’autodéfense féministe est prévu les 26 et 27 septembre. À Bagnols-sur-Cèze, où l’extrême droite réalise des scores importants, un pique-nique solidaire et antiraciste sera organisé le 3 octobre. À Sauve, une journée antifasciste est organisée par la librairie le même jour dans la cour des artisans. Au Vigan, les 29 et 30 septembre, les organisateurs misent sur l’éducation populaire dans le quartier des Arènes : football avec des équipes mixtes, bouturage, scène ouverte, expression artistique et réappropriation de l’espace public, avec également un four à pizza itinérant.

    Les mobilisations dans l’espace public ne seront pas oubliées : marche pour le climat, la paix et les solidarités le 26 septembre, week-end de mobilisation contre le centre de rétention administrative (CRA) de Béziers les 3 et 4 octobre ou encore Fiertés vénères, la Pride radicale de Nîmes, le 10 octobre.

    Au-delà de cette première édition, la coordination réfléchit déjà à la suite. « On fera d’abord le bilan, mais il y aura deux axes pour l’après : faire vivre ces réseaux, car ce sont des dizaines de collectifs qui ont travaillé ensemble, donc plein de rencontres et de partages, et l’éventualité d’une seconde édition. »

    *Tout le programme sur : https://les-fourmilieres.org

  • Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    À Nîmes, l’été semble désormais déborder du calendrier. Après des vagues de chaleur à répétition, septembre a encore fait tomber des records dans le Gard, le thermomètre pointant jusqu’à 38,2°C à Nîmes-Courbessac. Cet été, la ville a dépassé les soixante journées à plus de 35°C. Le 8 septembre, une semaine seulement après la rentrée, les cours ont même été suspendus dans trois lycées nîmois, où certaines salles approchaient les 35°C.

    Un avant-goût de ce avec quoi la cité romaine va devoir composer. Son centre historique très minéral, ses rues étroites et son bâti ancien emmagasinent la chaleur. Et tous ne disposent pas des mêmes armes pour y faire face. Au CHU, les médecins l’ont constaté cet été  : précarités sociale, économique ou médicale aggravent l’exposition. Quand un logement reste à 35°C, fermer les volets ne suffit plus. Travailleurs en cuisine ou dans les commerces, personnes âgées, enfants, habitants de logements mal isolés et même animaux subissent ainsi beaucoup plus durement la fournaise.

    Cet été, la réponse immédiate s’est déjà installée dans le quotidien municipal : registre canicule du CCAS, bâtiments climatisés ouverts comme refuges, carte des îlots de fraîcheur et, en cas de vigilance rouge, gratuité des piscines et musées. Dans les 83 écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, tandis que la ventilation nocturne est expérimentée.

    Sortir de la gestion de crise

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas : la nouvelle majorité veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78M d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles.

    Symbole de ce changement de cap, la fontaine de la place aux Herbes, seule fontaine d’eau potable de l’Écusson, a été remise en service début août après plusieurs années d’arrêt, désormais avec un système à la demande. En parcourant le centre, les nouveaux élus n’avaient « pas trouvé une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis ! », raconte Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation.

    À plus long terme, la municipalité veut bâtir avec des paysagistes et les habitants un vaste plan de végétalisation, en identifiant les rues et places à renaturer. « L’arbre est le meilleur outil », défend l’adjointe, qui assume aussi le retard pris : « On est vraiment en retard comparé à d’autres villes de la même strate. » Brumisateurs sobres en eau inspirés de Grenoble et voiles d’ombrage, comme à Séville, doivent également être expérimentés dès les prochains étés. Le futur parc des anciennes pépinières Pichon, 14,5 hectares au sud du centre-ville, doit enfin constituer, à partir de 2027, un nouveau relais de fraîcheur à l’échelle de la ville.

    Le chantier dépasse donc largement quelques arbres et fontaines. Entre transformation de l’espace public et adaptation du bâti, Nîmes s’engage dans un travail de long terme dont les premiers effets seront scrutés dès les prochains étés.

  • Le Grand Avignon assouplit son règlement des déchetteries

    Le Grand Avignon assouplit son règlement des déchetteries

    « Cela nous a donné du fil à retordre mais on est arrivé à un consensus entre nous. » Ce lundi soir en séance du conseil communautaire du Grand Avignon, Grégoire Souque, maire (RN) de Morières, n’évoque pas le vote du budget. Le vice-président en charge des déchets fait état de la révision du règlement d’accès aux déchetteries du territoire. Un document pourtant modifié en février dernier qui visait « à améliorer l’accueil, la fluidité et l’équité d’accès aux équipements », exposait alors le Grand Avignon.

    Mais, à l’usage et face aux nombreuses complaintes des particuliers, la collectivité a revu sa copie. « Toujours à l’écoute de ses usagers, le Grand Avignon fait évoluer les conditions d’accès à ses déchetteries pour proposer un service public plus souple et mieux adapté aux réalités du quotidien », indique pudiquement, dans un communiqué, l’agglo ce mardi. La norme reste le plafonnement à 18 passages par an dans la limite de 3 m3 par jour. Un seuil jugé trop faible, notamment pour l’évacuation de végétaux.

    Ainsi, à compter du 1er octobre, 10 passages supplémentaires par an sont autorisés pour les végétaux. Et même 10 encore de plus pour les « personnes soumises à une obligation légale de débroussaillement, sur présentation d’un justificatif », précise le Grand Avignon. Attention, ces 10 passages en sus « ne sont pas automatiques : ils doivent faire l’objet d’une demande anticipée auprès du Grand Avignon, afin de permettre l’enregistrement et le traitement du dossier ». Second changement notable, une dérogation exceptionnelle peut être accordée pour des apports volumineux, au-delà des 3 m3 quotidiens. Et ce en cas de décès, sinistre ou déménagement. Là encore, il faudra montrer patte blanche en prévenant au moins 96 heures avant, une offre uniquement valable sur le site d’Avignon Courtine.

    Enfin, les particuliers pourront accéder aux déchetteries avec un utilitaire jusqu’à 3,5 tonnes, style camionnette et grand fourgon. Interpellé par Annick Dubois (PS) sur le fait que cette disposition pouvait inciter les professionnels à se faire passer pour des particuliers et éviter de payer, le président Olivier Galzi, président (DVD) assume ce « risque et ne pas pénaliser l’usager », qui serait moins tenté par un dépôt sauvage.

  • Des pompiers satisfaits de l’échange avec le préfet

    Des pompiers satisfaits de l’échange avec le préfet

    Après près de deux heures d’échanges intenses avec le représentant de l’État, quelques sapeurs-pompiers sont ressortis rassurés. Un mouvement de grève a été lancé le 8 septembre par l’ensemble des organisations syndicales de la profession. Pour le syndicat autonome des employés (SAE 13) du service départemental d’incendie et de secours (Sdis), il était essentiel de faire remonter plusieurs difficultés, notamment le manque d’effectifs et la forte sollicitation des sapeurs-pompiers volontaires.

    Cyril Bardo, vice-président du syndicat autonome des employés du 10-13 et pompier, déplore l’état global de la profession : « On observe que le financement des services d’incendie n’est pas suffisant. Il y a un fort manque de personnel, en quelque sorte la protection civile et les services d’incendies sont les parents pauvres de l’état. Il faut que le préfet prenne en considération la problématique et qu’il le fasse remonter au plus haut niveau étatique. » Une rencontre qui aura permis de faire remonter différents problèmes.

    « Étonné de beaucoup

    de choses »

    Présent à l’entrevue, Pierre Davisseau, président du SAE 13, se dit confiant pour la suite : « Il a entendu toutes les recommandations qu’on avait au niveau national et départemental. D’ailleurs, en rédigeant la synthèse qui sera envoyée au cabinet du ministre dans les prochains jours, il a été étonné de beaucoup de choses. Nous sommes satisfaits de l’échange, il a compris qu’on n’était pas là pour soutirer des sous, on veut pérenniser ce qu’on peut et faire les emplois statuaires pour compléter les gardes ».

  • [Maj] Avignon : choc au sein de la majorité après le décès de Michel Adam

    [Maj] Avignon : choc au sein de la majorité après le décès de Michel Adam

    « Aujourd’hui, l’équipe municipale est en deuil », annonce ce mardi matin, Olivier Galzi. Le maire (DVD) d’Avignon fait part de la « disparition de notre ami Michel Adam, adjoint à la propreté et aux espaces verts ». L’élu, âgé de 65 ans, a été victime d’un malaise cardiaque lundi soir, peu après 20h, à la sortie du conseil communautaire tenu à Montfavet. Très rapidement pris en charge par les nombreuses personnes encore présentes à ce moment là, équipées d’un défibrillateur, avant l’arrivée des pompiers et du Samu, Michel Adam n’a donc pas survécu.

    « Michel n’était pas seulement un ami, c’était un frère d’armes dans la bataille que nous menons pour redresser notre ville. Le résultat spectaculaire qu’il avait obtenu en quelques mois sur le front de la propreté, était le fruit de son engagement : TOTAL, sans calcul, ni réserve », loue Olivier Galzi. Retraité de la fonction publique, Michel Adam avait travaillé pendant 40 ans dans les services municipaux d’Avignon jusqu’à devenir chef du service de la propreté. Une mission qu’il poursuivait désormais en tant qu’élu depuis mars.

    « Michel avait accepté à ma demande d’abandonner son travail au sein d’une société de nettoyage pour remplir la mission que je lui avais confiée : rendre notre ville, plus belle et plus propre. Il avait accepté de renoncer à une situation confortable, parce qu’il avait le sens de l’intérêt général, et qu’il aimait sa ville comme personne », rappelle le maire, très affecté, qui pense « aujourd’hui à ses enfants et à sa famille » et « pleure la disparition d’un homme de valeur et de conviction ». Michel Adam était un cadre de la majorité, en lien quotidien avec Olivier Galzi sur une thématique qui était l’une des trois priorités du mandat.

    Cette disparition brutale ébranle forcément la majorité, dont plusieurs membres ont été des témoins directs du drame, mais aussi car Michel Adam était apprécié. « Un homme doté d’un immense goût de vivre, d’un humour communicatif et d’un sourire généreux qu’il partageait volontiers », souligne la Ville dans un communiqué. La prochaine séance du conseil municipal lundi prochain, 28 septembre, sera forcément chargée en émotion. Cela reste encore à confirmer, mais selon l’ordre de la liste aux municipales, Stéphane Gérard est appelé à le remplacer au sein de l’assemblée municipale.

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.