Category: accueil-merge

  • Un nouveau paiement dans les restaurants universitaires

    Un nouveau paiement dans les restaurants universitaires

    Depuis le 4 mai 2026, les étudiants d’Aix-en-Provence, de Marseille et d’Avignon bénéficient du repas à 1 euro. Cette nouvelle mesure a parfois suscité des inquiétudes, comme la crainte d’une trop forte fréquentation et un temps d’attente rallongé. Cela s’accompagne donc d’une réorganisation des modalités de paiement aux caisses pour les étudiants. Il faudra désormais obligatoirement présenter son compte Izly, sur lequel il est nécessaire de créditer de l’argent (carte ou QR code).

    Cela « permet de connaître le statut de l’étudiant avec certitude », selon le directeur général du Crous de l’académie, Marc Bruant. L’objectif est, selon lui, de « s’assurer que les étudiants ne prennent qu’un repas par service et par personne, et de gagner du temps lors du passage en caisse ». En 2025, ce sont environ 1 822 000 repas qui ont été vendus, seulement dans les trois villes de l’académie. Avec une hausse nationale de 12% de la fréquentation par rapport à l’année précédente.

    Régler par carte bancaire

    Auparavant, il était possible de régler le repas uniquement par carte bancaire. « On peut toujours », précise-t-il, mais il est tout de même nécessaire de présenter son compte Izly. Dans le cas contraire, c’est le prix de revient officiel qui s’applique : 8,20 euros. La majorité des caisses seront réservées au paiement par Izly. Une seule caisse par établissement pour la carte bancaire. Cette mesure bénéficie encore d’une phase de transition avant son entrée en vigueur stricte, prévue le mardi 26 mai, dans les 13 restaurants universitaires de l’académie.

    Marie Moreau

  • Remotivés par un métier d’avenir en mettant les mains à la pâte

    Remotivés par un métier d’avenir en mettant les mains à la pâte

    « C’est super stylé ! » assure Amal. « Et 100% fait par nous-mêmes ! », complète Zinedine. Devant la mare du site de Paysan urbain remise à flot d’où s’échappent les coassements des grenouilles, agrémentée d’un garde-corps et d’une pergola en bois, Nizar, Rayan, Amel, Tavi, Zinedine, Pierre-Louis, Anna et Axelle partagent avec décontraction et une fierté non dissimulée leur expérience au sein de l’école Être*.

    Si, aujourd’hui, ce 5e groupe de pré-qualification aux métiers manuels de la transition écologique affiche la complicité d’une équipe soudée, aucun ne se connaissait avant d’entrer dans ce parcours découverte. « Ni en emploi, ni en formation, ils étaient tous en décrochage, mais pas tous pour les mêmes raisons, explique Marine de Haas, responsable du projet, qui a travaillé sur la création de l’école de Marseille en 2022. Cette diversité fait partie de notre pédagogie du faire ensemble. Le chantier est un fil rouge pour l’acquisition de compétences techniques. Avec un travail sur la confiance en soi. »

    Une variété également dans les ateliers pratiques : « Ce parcours est ciblé sur le paysage, il y a un volet construction du bois, maçonnerie paysagère, comme une initiation à la pépinière », précise Clara Touzeau, accompagnatrice socio-professionnelle qui travaille avec les jeunes sur leur projet professionnel.

    « Je vous revois, le premier jour, un peu perdus. Et puis, vous avez pris les outils en main, vous êtes appropriés les lieux et vous êtes venus sous la pluie ou par grand vent », rappelle l’aide architecte. Suzanne, autre accompagnatrice, souligne « les belles énergies. Et la volonté d’aller jusqu’au bout ». Car rien n’était gagné d’avance. Amel, comme Zinedine, reconnaissent un travail « laborieux, voire chaud par moments, avec le stress de ne pas finir un module ». Mais tous sont ravis et ont « beaucoup appris ».

    Remis dans le bain

    « J’avais besoin de passer par cette école », assure Amel, 21 ans, titulaire d’une licence théâtre, qui a « tout arrêté en plein master. Trop stressée, angoissée ». Elle avoue avec humour avoir d’abord été décontenancée par le nom de l’école : « Être, ça sonnait comme une secte. » Très vite, elle réalise : « Être c’est pas paraître, c’est exister et c’est important dans cette société capitaliste qui fait des ravages. Ici, on attache plus d’importance à la bienveillance qu’à la réussite. Parfois, la pression d’un diplôme, ça fait oublier pourquoi on le fait. » Travailler à la fois « de ses mains et sur soi, permet de reprendre confiance en soi. Je sais vers quoi je veux aller : un CAP menuiserie », affirme-t-elle.

    Le manque de confiance était également un frein pour Rayan, 25 ans, titulaire d’un CAP climatisation et d’un brevet professionnel d’aménagement paysager. « Démotivé » par une première expérience « d’agent d’entretien, multiservices », par « manque de sens » et « défaut d’assurance », il estime, avec ce parcours, avoir « été poussé à 100% » de ses capacités. « C’est une autre version de moi, qui a gagné en maturité, qui va au bout des projets. »

    Anna entame une formation bois menuiserie en septembre, Tavi s’oriente sur un master agro-écologie et Zinedine, qui avait lâché un master en géologie et s’épuisait autant qu’il se perdait dans des boulots en intérim, a « retrouvé le plaisir de se lever tôt » et démarre une formation d’électricien en juillet. Autre preuve de la réussite sur ce projet : « Les enfants ont adoré la mare, c’est devenu le site d’attraction de Paysan urbain », se félicite Amel. Et les grenouilles ont validé.

    *Formation gratuite avec prise en charge du transport et des repas du midi. Le projet est soutenu par la Ville et la Métropole

  • Le courage et la dignité de Gisèle Pelicot émeuvent le public à Aix

    Le courage et la dignité de Gisèle Pelicot émeuvent le public à Aix

    Animée par Aquilina, de la librairie Goulard, la rencontre entre Gisèle Pelicot et Judith Perrignon s’est déroulée, ce jeudi 21 mai, dans l’amphithéâtre de la Manufacture d’Aix-en-Provence. Gisèle Pelicot, victime des viols de Mazan. Son ex-mari, Dominique Pelicot, a été reconnu coupable de l’avoir droguée et fait violer par une cinquantaine d’autres hommes. Tous ont été condamnés à des peines de prison, fin 2024.

    Elle est revenue sur son histoire et le récit dont elle témoigne dans son livre Et la joie de vivre, paru le 17 février 2026, aux éditions Flammarion.

    Une salle pleine attendait Gisèle Pelicot, souriante, accueillie par des applaudissements nourris aux côtés de Judith Perrignon, romancière qui a coécrit Et la joie de vivre. Gisèle Pelicot a retracé, au cours de cette conférence, sa rencontre avec Judith, son enfance, sa famille, ses enfants, ses petits-enfants. Elle a évoqué le procès, mais a surtout porté un message d’espoir. Le public a été témoin de sa force, de son courage à continuer de vivre dans ce qu’elle appelle « la lumière ». Son récit se veut comme « une réconciliation entre le passé et le présent, les hommes et les femmes, la joie et la douleur » , a souligné Aquilina.

    « N’ayez pas peur de parler »

    Gisèle Pelicot rencontre Judith Perrignon par le biais de Sophie de Closets, qui est l’éditrice du livre. Un ouvrage qu’elle n’avait pas l’intention d’écrire au départ. « Réflexion faite, je me suis dit que ce livre pouvait être utile, que mon histoire pouvait servir aux autres », raconte Gisèle. Pour Judith Perrignon, « il fallait ce texte, il fallait qu’on connaisse Gisèle, personne ne savait qui c’était ».

    Gisèle Pelicot a été confrontée au deuil, la mort de sa mère, très jeune, mais se rappelle également de l’amour : « ça m’a permis d’être la femme que je suis aujourd’hui. » Son livre ne revient pas seulement les violences extrêmes qu’elle a subies. Il s’agit aussi de l’histoire d’une vie où la joie est un mécanisme, un moyen de se relever face aux difficultés. Judith Perrignon souligne, lors de cette conférence, que ce livre est « un récit de vie qui alterne le déroulé de l’affaire et les souvenirs, la jeunesse, la rencontre ».

    Au moment d’évoquer le procès et le moment où elle a visionné les vidéos tournées par son ex-mari, Gisèle Pelicot : « C’était une violence inouïe, de la barbarie. Comment ces individus pouvaient commettre ces horreurs sur un corps inerte ? C’est un corps mort… »

    Elle dit se reconstruire, sa famille aussi. Pour Gisèle Pelicot, ce livre parle à toutes les générations de femmes et d’hommes. « N’ayez pas peur de parler parce que vous serez entendues, je pense que ce procès a libéré la parole des femmes. Je l’ai fait pour les autres, pour qu’elles osent parler. Faites-vous confiance et avancez. »

  • Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Le 6 septembre 2025 au matin, un cameraman était surpris par un garde du Parc national des Calanques, dissimulé derrière un filet de camouflage pour filmer des loups gris avec du matériel professionnel dans une zone de reproduction du loup. Pour le PNC, ce professionnel a perturbé la meute et ses louveteaux.

    Pièges photos et planque

    Alertés, des inspecteurs de l’environnement le contrôlaient. Il remettait son matériel après avoir conservé la carte SD. Plus tard, il montrait les images enregistrées le jour même où l’on voit des louveteaux, ainsi que des photos anciennes prises durant 15 jours en août grâce à des pièges photos. Ces « camtraps » étaient positionnés au cœur même du site d’élevage et de nourrissage de ces louveteaux nés en 2025.

    Une autorisation de tournage avait bien été délivrée à la société de production en vue d’un documentaire pour Arte sur les écosystèmes face au réchauffement climatique, mais elle avait expiré depuis un mois. Et surtout elle excluait explicitement les prises de vues de loups après refus catégorique et écrit du service d’instruction des autorisations du Parc en février 2024 : « S’agissant du loup, après discussion en interne, nous ne souhaitons pas qu’il y ait d’images de cette espèce. » La réalisatrice avait alors répondu : « C’est bien noté pour le loup, je transmets votre réponse à Arte. » Donc pas d’affût cinématographique du loup gris Canis Lupus.

    En audition, la réalisatrice a reconnu la frustration née de ce refus : « On était dégoûtés, toute la presse en parle et nous, on essaye de faire les choses correctement et on n’a pas le droit de parler de cette espèce. » D’ajouter : « On est tout le temps sur le fil entre l’envie de voir le loup et l’interdiction de le mettre dans le film. On espérait le voir. Pendant deux ans on n’a pensé qu’à lui. »

    Le tribunal a prononcé la relaxe du cameraman, de la réalisatrice et de la productrice du seul délit de « perturbation volontaire illicite d’une espèce protégée non domestique », estimant que la perturbation effective n’était pas caractérisée.

    Si un garde du Parc a témoigné que la meute de loups a délaissé le lieu de rencontre capté par l’opérateur trois ou quatre jours après et que les loups se sont alors déplacés près de la route de la Gineste, un louveteau ayant d’ailleurs été percuté par un véhicule, le garde a aussi précisé que ce déplacement pouvait s’inscrire dans le comportement normal des loups ou être causé par le passage d’un autre promeneur.

    L’intention de perturber est écartée au vu des nombreuses précautions professionnelles prises par l’opérateur qui s’était camouflé et qui gérait ses odeurs pour ne pas être détecté. Il indiquait avoir été à 150 mètres de la zone captée par le piège photo, correspondant au site de rendez-vous des loups, avoir estimé être à bon vent et avoir adopté des précautions olfactives. Il estimait avoir pris toutes mesures nécessaires pour ne pas perturber l’espèce.

    Pas d’autorisation

    En revanche, le tribunal a reconnu le chef opérateur et la réalisatrice d’exercice illégal d’une activité en cœur d’un Parc national. Les échanges d’emails et de messages sur WhatsApp prouvent qu’ils avaient bien conscience de l’expiration de l’autorisation et révèlent une stratégie pour filmer le loup en cachette afin de ne pas éveiller le Parc. Leurs intentions étaient d’intégrer le documentaire destiné à Arte.

    La productrice du documentaire est relaxée. Si la société était bien informée de l’interdiction globale du Parc, rien ne prouve qu’elle a participé aux échanges ni qu’elle avait validé ou rémunéré ce tournage avec des loups.

    Tenant compte de l’absence d’impact écologique direct des faits et de leur casier judiciaire vierge, l’opérateur écope de 2 000 euros d’amende avec sursis. Son matériel de tournage lui est restitué. La réalisatrice écope de 3 000 euros d’amende avec sursis. Une dispense d’inscription au bulletin n2 du casier judiciaire leur est accordée. En réparation de l’atteinte à sa mission statutaire et atteinte à son image, les deux condamnés devront verser 800 euros chacun au Parc national des Calanques. Constituées parties civiles aussi, quatre associations de protection de l’environnement (Aspas, Ferus, LPO Paca et One Voice) recevront chacune 1 000 euros en réparation de leur préjudice moral. Elles dénonçaient une « course aux images » aux conséquences dramatiques.

  • Après l’incendie de 2020, un sentier pour arpenter Castillon

    Après l’incendie de 2020, un sentier pour arpenter Castillon

    Les versants de l’étang du Pourra portent encore les stigmates de l’incendie du 24 août 2020. « Avant, c’était aussi arboré que sur le plateau au-dessus », confie le directeur de l’agence des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Julien Panchout, en pointant la différence de végétation d’une strate à l’autre. Le mégot d’un automobiliste a eu raison de 120 ha de la forêt domaniale du Castillon. Dans sa course effrénée, « aussi rapide qu’un cheval au galop », se rappelle le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF), le feu a également ravagé 40 ha de végétation du Conservatoire du littoral et 170 ha de forêts privées.

    Un peu moins de six ans plus tard, grâce à une démarche partenariale public-privé, un sentier de découverte renaît. Le chemin serpente au-dessus de l’étang du Pourra sur 1,2 km, en contrebas de la cabane des chasseurs. « C’est la dernière pierre d’un projet qui aura duré cinq ans, révèle Alice Triquenaud, adjointe au directeur territorial de l’ONF. (…) Après la gestion d’incendie, il a rapidement fallu planifier les opérations, identifier les enjeux prioritaires. On est sur un site classé remarquable en termes de biodiversité, avec des étangs qui sont des relais pour les oiseaux migrateurs. On a une diversité faunistique et floristique considérable, mais aussi des enjeux d’accueil du public et donc une priorité donnée par nos équipes sur la sécurisation du site. »

    400 000 visiteurs par an

    Au lendemain de l’incendie, les équipes de l’ONF ont donc réalisé un inventaire des dégâts et commercialisé une partie du bois brûlé pour en faire de la plaquette forestière. « Les engins n’ont pas pu passer sur une quarantaine d’hectares, donc on n’a pas pu tout exploiter, il a fallu y aller à la main, et il y a une partie qu’on laisse pour accompagner la régénération naturelle parce que notre stratégie à l’Office », explique Alice Triquenaud. Les bois morts, eux, ont été évacués le plus rapidement possible pour éviter une prolifération de scolytes dans les années à venir.

    Une fois ces premiers travaux réalisés, l’ONF s’est penché sur la réhabilitation du sentier de découverte. « On est partis sur des pierres sèches, on n’est pas repartis sur du bois, avec les impacts budgétaires que ça peut avoir », souligne l’adjointe, fière de l’ingénierie et de l’inventivité déployées pour l’intégration paysagère de ce parcours de randonnée ponctué de panneaux pédagogiques.

    Chaque année, près de 400 000 personnes arpentent les 250 ha du domaine de Castillon. « C’est le poumon vert du territoire, affirme le maire de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet (DVD). L’industrie est une richesse, on y est attachés, mais on cherche l’équilibre entre son développement sans pour autant renoncer à défendre et valoriser cette nature. »

  • Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    À l’intérieur, la sobriété domine, laissant la mer et l’île aride comme seuls éléments de décor. L’architecte Thierry Gueza a voulu y recréer l’atmosphère d’un cabanon marseillais. Le long de son balcon, des panneaux d’illustrations expliquent la faune et la flore maritime et terrestre de l’archipel. Les promeneurs des environs sont les bienvenus et même invités à visiter la Villa Marine, dédiée à la découverte et au respect de ce patrimoine protégé.

    Préserver l’archipel,

    un engagement collectif

    Les divers acteurs à l’initiative de ce projet étaient présents, pour l’inauguration, ce jeudi, fiers de cette convergence de savoirs scientifiques et de cette collaboration entre acteurs publics, associatifs et citoyens. « Ce qui est beau, c’est qu’on arrive à se retrouver hors des étiquettes politiques et construire des ponts entre nous pour protéger la mer », estime Christophe Madrolle (UDE), conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la commission biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques.

    L’objectif affiché est de préserver une « biodiversité exceptionnelle, qui lui a valu le bénéfice d’être incluse dans le périmètre du Parc national des Calanques en 2012 », rappelle Didier Réault, président du Parc des Calanques, par ailleurs vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Un titre qui a notamment gelé tout nouveau projet immobilier sur les îles. « Le Département que je représente, celui présidé par Martine Vassal, a à cœur d’être présent sur l’ensemble de ces espaces naturels et d’y adopter une bonne gestion », ajoute-t-il.

    L’archipel du Frioul accueille chaque année entre 400 000 et 500 000 visiteurs, tout en demeurant un quartier résidentiel de Marseille. Dans ce contexte, la gestion des eaux usées, de l’énergie et des usages humains constitue un enjeu primordial. La Ville de Marseille s’engage et agit aussi par la restauration des milieux naturels, la régulation des usages et le développement de mouillages écologiques. Pour Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de l’environnement et de la biodiversité, cette inauguration marque un moment particulier : « En ces temps compliqués de mise à mal des engagements environnementaux et de défiances croissantes partout dans le monde face aux vérités scientifiques, il es t précieux de pouvoir ouvrir au grand public un nouveau lieu d’éducation à l’environnement », exprime-t-il.

    Un besoin de préservation qui se transmet puisque ce site s’inscrit dans la volonté affirmée par le maire (DVG) Benoît Payan, à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2024, d’offrir à tous les élèves de CM1 et CM2 une expérience au contact de la mer, avant leur entrée au collège. Les travaux de la Villa Marine auront nécessité l’intervention de 13 corps d’état et auront coûté 1,7 million d’euros aux partenaires financiers.

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Un sacré challenge attend Montpellier face à l’Uster du côté de San Mamès

    Un sacré challenge attend Montpellier face à l’Uster du côté de San Mamès

    San Mamès, surnommée la Cathédrale du football, accueille deux chocs du rugby européen.

    La capitale du Pays basque espagnol a été choisie pour être la ville hôte des finales de coupes d’Europe. Samedi, ce sera celle des Champions, qui verra Bordeaux-Bègles tenter de défendre sa couronne face aux Irlandais du Leinster. Mais avant cela, il y aura la mise en bouche, avec un autre club français ambitieux.

    Pour le Challenge européen, le duel verra Montpellier opposé à l’Ulster, le comté d’Irlande du nord. Un choc entre deux des équipes les plus efficaces de la saison dans cette compétition. Montpellier détient en effet le record d’essais marqués (36), alors qu’avec respectivement 239 points pour l’Ulster et 235 pour le MHR, ce sera une confrontation entre la deuxième et la troisième meilleure attaque.

    Passe de trois ?

    Néanmoins, dans une finale, il ne peut y avoir qu’un vainqueur. Et Montpellier, qui a déjà conquis à deux reprises le Challenge, en 2016 et 2021, tentera la passe de trois. Depuis le sacre de Toulon au stade Vélodrome, en 2023, deux clubs anglais ont conquis le titre, Gloucester puis Bath, qui la saison dernière avait dominé Lyon (37-12). Alors que l’Ulster visera une première couronne européenne.

    Pour cette finale, l’habituelle charnière Alexis Bernadet – Alexander Masibaka, titulaire dans les matches européens, cède sa place au tandem du Top 14 Domingo Miotti – Ali Price. Alors que Billy Vunipola retrouve sa place au centre de la troisième ligne, récupérant par la même occasion le brassard. Ce groupe aura pour mission de prendre Challenge, et vaincre le signe indien de trois défaites en trois confrontations face à l’Ulster. Un adversaire qui va, lui, aligner son quinze type.

    Finale du Challenge européen

    Stade San Mamès de Bilbao.

    21h (France TV).

    Arbitre : Matthew Carley (ANG).

    MONTPELLIER : Banks – N’Gandebe, Vincent, Cadot, Taofifenua – Miotti ( o ), Price (m) – Vunipola, Becognée, Nouchi – Verhaeghe, DuGuid – Haouas, Uélése, Forletta.

    ULSTER : Lowry – Baloucoune, Hume, Postlethwaite, Ward – Murphy ( o ), Doak (m) – Augustus, Timoney, McCann – Sheridan, Izuchukwu – O’Toole, Stewaer, Bell.

  • Jean-Christophe Amarantinis nouveau président de l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis nouveau président de l’UPE 13

    L’UPE 13, déclinaison locale du Medef, s’est dotée d’un nouveau président après la longue mandature de Philippe Korcia. C’est Jean-Christophe Amarantinis qui a repris les rênes de l’organisation patronale, ce lundi. Et il a vite pris le pouls du dialogue social dans le département puisque, quelques jours après son élection, son organisation recevait, ce jeudi, l’UD CGT qui venait « demander des comptes ».

    De quoi se pencher sur le profil du nouveau patron des patrons du département. Jean-Christophe Amarantinis est loin d’être un inconnu dans les sphères entrepreneuriales puisqu’il est adhérent de l’UPE 13 depuis 35 ans et était vice-président en charge des territoires depuis 2025. C’est aussi une figure du Synerpa, le syndicat national des établissements, résidences et services d’aide à domicile privés pour personnes âgées. Il est donc président depuis trois mandats de la première organisation professionnelle représentant les entreprises liées à l’économie du grand âge, les Ehpad notamment. Et c’est en lien avec l’entreprise qu’il dirige, JCM Santé, qui rassemble maisons de retraite et services d’aide et de soins à domicile.

  • Ernest Pignon-Ernest réactive les mémoires à Martigues

    Ernest Pignon-Ernest réactive les mémoires à Martigues

    Dur de circonscrire l’œuvre de l’un des pionniers de l’art urbain dans un espace fermé. Un défi pourtant relevé par le Musée Ziem, qui donne à voir au public gratuitement, du 23 mai au 15 novembre, la « carte blanche » qu’il octroie à Ernest Pignon-Ernest. Un « compagnon de route » de la ville de Martigues, où il a construit « un espace artistique avec des habitants qui s’en souviennent encore aujourd’hui », contextualise le troisième adjoint au maire, Florian Salazar-Martin. Et laissé sa trace, notamment dans les années 1980, illustrent certains de ses projets comme Prométhée et la Martégale.

    « À cette époque, on assistait dans la région à des relents racistes et une ville était tombée aux mains du Front national. J’ai presque copié le tableau qui représentait cette femme, qui pouvait venir aussi bien d’un côté que de l’autre de la Méditerranée », rappelle Ernest Pignon-Ernest. « Comme une rétrospective », situe Céline Laudin, directrice du Musée Ziem, qui parcourt la vie et l’œuvre du plasticien niçois, désormais 84 printemps, marquées au fer rouge par sa mobilisation dans le contingent des appelés lors de la guerre d’Algérie, dont on trouve trace sur l’un de ses premiers dessins, réalisé en 1962 : un taureau digne de Guernica collé sur du papier journal de la Dépêche d’Alger.

    Mais ce n’est que quelques années plus tard que celui qui se vouait à l’origine à la peinture, décide « d’intervenir directement sur les lieux eux-mêmes. Pour les stigmatiser et non pas les figurer », se remémore l’artiste, qui répond alors à « une alerte de René Char, qui s’élève contre l’implantation de la force de frappe atomique sur le plateau d’Albion. Mon œuvre n’est pas le dessin lui-même, mais ce qu’il provoque dans la rue », souligne-t-il, devant des photos de son intervention au métro Charonne, tapissant des cadavres sur les marches de la bouche. Pour réactiver la mémoire collective autour de la répression d’une manifestation contre la guerre coloniale ayant provoqué huit morts et 250 blessés en ces lieux en 1962.

    Éphémère vivace

    « La mort annoncée de mes images fait partie de la proposition », répète à l’envi Ernest Pignon-Ernest. Un credo rimbaldien assumé par cet homme qui transpire aussi la littérature par tous ses pores, montre ainsi une série de photos avec le poète du Dormeur du val, de Charleville à Paris. Bordel, un peu de poésie et de politique ne peuvent que hisser vers le sursaut. Sa référence ultime ? Pier Paolo Pasolini, écrivain « visionnaire » qui a annoncé « l’appauvrissement et le recul culturel de la société ». Dans ses performances urbaines, Ernest Pignon-Ernest l’a ainsi placardé sur certains lieux emblématiques de son existence, comme à Ostie où il fut assassiné. « C’est lui qui porte son corps, comme s’il nous disait : qu’est-ce que vous avez fait de ma mort ? », décrypte-t-il. Que dire encore de son hommage à Antonin Artaud dans des salles abandonnées de l’hôpital d’Évry, où le poète marseillais est mort, comme si ce dernier se poignardait le dos à coups de crayon. Autant d’auteurs faisant cruellement défaut dans notre époque aseptisée, son dernier exemple en date étant sa série représentant l’écrivain palestinien Mahmoud Darwich. « C’est l’image de lui en train d’avancer », commente le plasticien devant des images réalisées il y a une dizaine d’années, de Gaza à Ramallah.

    Un éclaireur et des traces

    Ernest Pignon-Ernest réactive et exalte la mémoire humaine, souvent sur les lieux de son affliction. « Cela peut nous suggérer autant d’imaginaires qu’un roman », estime-t-il. Parfois, « pas besoin de mettre un dessin, l’œuvre est déjà là », indique-t-il devant sa série Les expulsés (1977). « Mon matériau, c’est l’événement lui-même, et quelques fois, les lieux », prouve l’un de ses actes réalisé en 1974 – des habitants noirs derrière des barbelés – en réaction au jumelage de sa ville natale de Nice avec celle du Cap, en Afrique du Sud, en plein Apartheid. Doux euphémisme de dire qu’Ernest Pignon-Ernest est habité par la mémoire humaine et des lieux. Symbole suprême avec ses collages en souvenir de Maurice Audin, mathématicien et militant communiste pour l’indépendance de l’Algérie, assassiné par l’armée française, à l’endroit même « où il a été torturé ».