Category: accueil-merge

  • Un escape game au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Un escape game au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Il faut que vous trouviez ce spécimen avant que les déménageurs arrivent dans 45 minutes… », lance Mathieu Carvin, médiateur scientifique au Muséum d’histoire naturelle de Marseille. C’est le début du jeu d’évasion. Dès lors, les participants sont replongés dans le passé d’Alain Delcourt, conservateur du muséum, mort avant d’avoir pu transmettre ses découvertes sur un spécimen unique. Afin de les protéger des braconniers, il a caché des indices dans son bureau, mais les déménageurs arrivent pour débarrasser ses affaires…

    Toutes les semaines, du mardi au vendredi jusqu’au 14 août, le jeu proposé permet de se divertir gratuitement et de profiter d’une heure de fraîcheur au sein de l’aile droite du Palais Longchamp (4e). L’escape game est accessible à tous dès 12 ans, habitués comme débutants. Les enfants de moins de 16 ans doivent être accompagnés d’un adulte ou être munis d’une autorisation parentale. L’animation invite à se plonger parmi les insectes, spécimens, fossiles, livres et archives, pour se mettre dans la peau d’un conservateur de musée.

    Immersion garantie

    « Le scénario est appuyé sur une histoire vraie. Alain Delcourt a vraiment découvert un spécimen unique dans les années 80 », raconte Mathieu. Imaginé en 2021, il « évolue chaque année, car le spécimen est encore étudié aujourd’hui et que de nouvelles découvertes sont faites. On veut rester scientifiquement exact », poursuit-il. L’équipe de la médiation scientifique du musée met un point d’honneur à respecter le réalisme et la fidélité scientifique de la mise en scène. « L’escape game a une visée pédagogique, il permet d’aborder différentes thématiques du musée : classification du vivant, conservation, évolution… », explique Mathieu.

    « Dans un grand livre… Il faut trouver un grand livre ! » s’exclame Lina, qui participe à l’escape game, ce vendredi 24 juillet. Le groupe fouille la bibliothèque et les caisses de crânes à la recherche d’indices pour ouvrir le cadenas. Tous se prennent au jeu grâce au décor immersif imaginé par les équipes du musée. « On s’y croyait vraiment ! » applaudit Lina en sortant.

    Réservation sur etemarseillais.fr

  • Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    J’ai de l’expérience en agriculture, j’avais une ferme en Syrie. Travailler dans ce chantier d’insertion me permet de rencontrer du monde, car je n’ai pas beaucoup d’amis ici. » Tamam Ibrahim, réfugié syrien arrivé en France il y a huit ans, a été au chômage pendant quatre mois avant d’être orienté par sa conseillère France Travail vers l’association d’insertion des Jardins du Buëch. Il a enchaîné les emplois de courte durée, sans jamais trouver de situation stable. « J’ai été carrossier, travailleur agricole, j’ai travaillé dans un hôtel… », énumère-t-il. Il compte renouveler son contrat au chantier d’insertion des Jardins du Buëch, jusqu’à la durée maximale autorisée : deux ans.

    « C’était moi le premier

    à être licencié »

    Un peu plus loin dans les plantations de haricots, Olivier, 60 ans, s’active à les récolter. Enfant de la Ddass, il n’a jamais appris à écrire correctement, et a ainsi du mal à trouver du travail, surtout depuis qu’il a dépassé les 60 ans. « À un certain âge, t’as plus de travail, c’est fini ! », lance-t-il à ses collègues, tous mobilisés pour la récolte. « Les patrons préfèrent former un jeune ouvrier plutôt que quelqu’un de 60 ans. » Olivier a enchaîné les emplois physiques et manuels, le transport de charges lourdes, avant d’arriver aux Jardins du Buëch. « Maintenant, il faut savoir écrire, se servir d’un ordinateur. Je n’ai jamais vraiment été à l’école petit, car les éducateurs ne s’occupaient pas tellement de nous tant on était nombreux », regrette-t-il. Ainsi, « quand c’était le moment de licencier, c’était moi le premier ». Il sera accompagné par l’association jusqu’à sa retraite, et espère ensuite « acheter un camion et partir sur la Côte d’Azur pêcher la daurade ».

    À Val Buëch-Méouge, près de Laragne, l’association propose du maraîchage ; mais, à Château-Arnoux-Saint-Auban, les personnes en insertion font également de la rénovation et de la communication. Les Jardins du Buëch ont été créés en 2001 par une équipe de psychiatres de l’hôpital psychiatrique de Laragne, « pour faire de l’accueil thérapeutique et de l’insertion au long cours pour un public désocialisé », explique Jean Busch, chef de culture et encadrant technique.

    L’association accueille désormais également des personnes en situation de handicap ou encore des jeunes éloignés de l’emploi, comme Lorenzo, 20 ans, titulaire d’un bac professionnel, orienté par sa mission locale après avoir travaillé en fromagerie, chez France Travail ou encore chez SFR. Le jeune homme suivra bientôt une formation de convoyeur de fonds.

  • Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Alors que la mini-pelle a déjà commencé à buriner le goudron devant la porte Saint-Lazare d’Avignon pour permettre aux voitures de rentrer à nouveau dans les remparts, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à quelques mètres pour s’opposer à cette décision.

    Didier Bally, membre du collectif Saint-Lazare, dénonce une « décision irréfléchie ». Il s’interroge ainsi sur la « précipitation » de cette opération qui fait partie d’un plan plus large. « Il n’y a aucun avantage, si ce n’est défaire pour défaire ce qui a été fait », insiste-t-il, estimant que cela augure « une modification plus importante de la circulation en intra-muros ».

    Il pointe également que cette circulation ne pourra emprunter, pour l’heure, la rue du Rempart-Saint-Lazare. Et que les véhicules vont croiser ceux descendant de la rue Carreterie, ainsi que les piétons et les cyclistes. « Ce qui pose aussi un problème de sécurité », estime-t-il.

    Modifications possibles

    Contacté par La Marseillaise, l’adjoint au maire délégué aux mobilités, Nicolas Donnadille, assure que cette mesure, qui fait partie du démantèlement du plan Faubourg, permet « d’ouvrir un accès supplémentaire au secteur nord-est d’Avignon intra-muros », estimant que les deux ouvertures existantes, que sont la porte Thiers et la porte Saint-Joseph, ne suffisaient pas. Tout en rappelant que « c’était un engagement de campagne ». Et que des évolutions sont possibles en apportant des « aménagements de sécurité ou de réduction de vitesse » pour dissuader ceux qui aimeraient se servir de ce nouveau passage pour éviter les embouteillages. Et d’assurer que des évolutions sont possibles si les retours des riverains sont négatifs.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • LFI à la conquête des Alpes avec sa caravane et ses candidats

    LFI à la conquête des Alpes avec sa caravane et ses candidats

    Ce n’est pas par hasard que le quartier de Beaulieu, à Sisteron, a été choisi comme étape par LFI pour la tournée de sa « caravane populaire » : c’est un quartier populaire, et surtout, un quartier qui vote très peu. Le taux d’abstention y est particulièrement élevé. Et LFI a choisi de mettre l’accent sur la mobilisation des abstentionnistes, ou des personnes non inscrites sur les listes électorales.

    C’était le cas de très nombreux habitants croisés en porte à porte par les militants lundi soir, pour certains difficiles à convaincre. « Avoir une députée d’extrême droite ? Cela ne me dérange pas, c’est pas grave, chacun vote comme il veut », répond un habitant à Léo Walter, ancien député LFI du département. D’autres, plus réceptifs, apprennent avec les militants à s’inscrire sur les listes électorales. « 20% des gens sont mal inscrits ou pas inscrits », déplore Juliette Lanos, militante LFI à Clermont-Ferrand, qui s’est lancée dans la tournée de la caravane du Sud de la France. Trois autres caravanes populaires parcourent le Nord, l’Est et l’Ouest. L’idée est également de « montrer que les insoumis ne partent pas en vacances » et restent actifs même en dehors des périodes électorales, avance Édouard Richard, militant lillois. « Quand on discute, qu’on parle de fond, du programme, très vite, la diabolisation du personnage de Mélenchon passe au second plan », affirme Juliette Lanos.

    LFI a également profité de cette journée pour annoncer ses candidats pour les sénatoriales : Marianne Mougey, maraîchère et conseillère municipale de Thoard et Maxime Mazi, responsable d’une biscuiterie-chocolaterie à Volx.

  • A Aix-en-Provence, Pierre Gauthier honoré pour ses quatre décennies au Roy René

    A Aix-en-Provence, Pierre Gauthier honoré pour ses quatre décennies au Roy René

    Quarante ans de carrière récompensés et une médaille du Mérite. C’est le parcours réussi de Pierre Gauthier, confiseur emblématique de la maison Roy René. Celui qui prendra prochainement sa retraite a reçu, le 23 juillet, une médaille du Mérite. Un témoignage de « reconnaissance pour le parcours d’exception » de ce salarié, explique l’entreprise dans un communiqué.

    C’est peu après son service militaire, en mars 1987, que ce dernier intègre la confiserie. « Il y découvre les gestes centenaires du calisson et la précision du nougat. Il ne repartira plus », raconte l’entreprise. Passé par toute la chaîne de fabrication, du conditionnement à la production des confiseries, il a travaillé toute sa vie à la préparation des célèbres calissons, nougats ou caramels à l’huile d’olive de la maison Roy René. « Une vie entière dédiée à l’art du confiseur provençal », saluée par cette dernière, qui ajoute la « rigueur et le soin » de Pierre Gauthier dans son travail.

    « C’est grâce à lui, et à tous ceux qui lui ressemblent, que nous pouvons affirmer fièrement que le Roy René, depuis 1920, ne transmet pas seulement des recettes, il transmet la passion d’être confiseur », souligne Laure Pierrisnard, directrice générale de la Confiserie du Roy René.

    Plus qu’une récompense individuelle

    à travers ce prix, la maison rappelle que « derrière chaque calisson, chaque barre de nougat, il y a des hommes et des femmes qui sont les véritables gardiens » du savoir-faire régional, au cœur d’une entreprise fondée il y a plus de 100 ans.

    En effet, la Maison met en avant le travail de ce confiseur : « Ses mains ont accompagné la transformation du petit atelier familial en premier fabricant de calissons d’Aix-en-France. » Pendant près de quarante ans, Pierre Gauthier, comme d’autres salariés, a vu l’entreprise se développer. Une adaptation « aux nouvelles machines et aux exigences croissantes d’une maison en plein essor », saluée par la direction dans son communiqué.

  • Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Face aux réductions demandées par l’État sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, le Collectif Amiante Pays de Sorgues (Caps) 84 se mobilise. L’association assure en effet que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver 800 millions d’euros d’économies sur ces branches, « pile le montant des recettes supprimées pendant la réforme des retraites de 2023 », regrette Guy de Zordi, président de la structure.

    « Dites aux victimes de l’amiante, aux familles endeuillées, que l’on veut réduire les dépenses sur leur dos. Que les malades coûtent trop cher. Alors que ce sont parfois des ouvriers exposés à des substances cancérigènes depuis des années. Ce sont des attaques contre le monde du travail », poursuit-il, excédé. « On a déjà les personnes qui sont touchées par la maladie, et là, elles vont être touchées encore deux fois parce qu’on va refuser les indemnités », abonde Michel Solbès, secrétaire de la Caps.

    Une politique qui influe sur le travail des membres de la Caps, qui s’occupent des dossiers de familles touchées par l’amiante. « Avant, on avait une réponse en trois mois. Maintenant, on attend souvent pas moins d’un an et demi », illustre Édouard, membre actif. Pour le président de la Caps, « ça passera forcément par le portefeuille des Français ». Et il constate avec ses compères qu’il y a « de plus en plus d’entraves », avec « de plus en plus de justificatifs » demandés aux victimes.

    La Caps alerte les élus

    Face à cette possibilité, la structure tente de se mettre en relation avec les personnalités politiques locales. Après des discussions prévues avec plusieurs parlementaires, tels que le sénateur Lucien Stanzione (PS) ou le député Raphaël Arnault (LFI-NFP), des échanges sont également mis en place avec les maires du département. Le maire de Sorgues, Thierry Lagneau (LR), dans un courrier que La Marseillaise a pu consulter, a demandé le soutien de l’Association des maires de Vaucluse (AMV84). Il y « tient à souligner l’importance du travail accompli » par les bénévoles de la structure, « tant dans l’accompagnement des victimes de l’exposition à l’amiante que dans les actions d’information, de prévention et de sensibilisation menées auprès des collectivités et du grand public ».

    À travers cette aide de l’AMV84, la Caps pourrait sensibiliser l’ensemble des édiles vauclusiens sur ces questions. « On estime qu’il y a 70 % des écoles qui n’ont pas encore été diagnostiquées alors que c’est censé être obligatoire », précise Michel Solbès. Le collectif sera aussi présent au forum des associations de Sorgues, le samedi 5 septembre. « Il faut penser à renouveler les membres pour cette bataille », glissent les responsables. Mais pas question de stopper la mobilisation. D’autres actions sont envisagées dans les mois à venir afin d’alerter sur la problématique.

  • La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    Lors du bilan du premier semestre du Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM), le 10 juillet, Hervé Martel avait prévenu : « L’éolien est une filière qui se structure, avec un jeu d’acteurs privés, français et internationaux, et un marché qui se clarifie au fil des décisions. (…) Ils y voient clair sur leur marché, on y voit clair sur nos subventions, on signe un contrat et on démarre [le projet DEOS, Développement de l’éolien offshore, Ndlr]. » Deux jours plus tard, l’institution portuaire clôturait son appel à manifestation pour trouver preneur, via une convention d’occupation temporaire, du foncier de 30 ha dans ses bassins ouest pour lancer l’aménagement de la plateforme début 2028.

    BW Ideol (concepteur de la fondation flottante en béton Damping Pool) et NGE (4e groupe français de BTP) annoncent s’être associés pour déposer leur candidature. L’accord signé prévoit un partenariat à parts égales dans Fos3F, qui vise à développer une ligne de fabrication en série dimensionnée pour produire environ 30 flotteurs par an, soit une capacité annuelle d’environ 500 MW. L’an dernier, 126 millions d’euros de financements publics avaient été sécurisés pour ce projet à 200 millions d’euros.

    Un moment clé

    Le président de BW Ideol souligne : « C’est une réponse souveraine aux besoins de la transition énergétique : des fondations conçues et fabriquées en France, à partir de matériaux sourcés localement, avec plus de 1 300 emplois directs à la clé pour le territoire. » Il rappelle : « Ce partenariat concrétise la création d’une nouvelle filière industrielle de fabrication en série de fondations flottantes, au moment où l’État lance avec l’AO10 le plus important appel d’offres jamais engagé pour l’éolien en mer. » L’attribution de l’appel d’offres, qui porte à plus de 5 GW le développement cumulé de l’éolien flottant en France dont 3,7 GW sur la façade méditerranéenne, devrait être connue d’ici le premier trimestre 2027.

    L’AO6, lui, a été remporté par Ocean Winds et Éoliennes Méditerranée Grand Large pour une capacité totale de 500 MW. La plateforme DEOS respecte son calendrier.

    Au total, 330 millions d’euros seront investis sur la zone Fos 3XL pour proposer une infrastructure, « un élément de la solution logistique » à l’opérateur choisi. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a d’ores et déjà annoncé le concours de l’Ademe à hauteur de 82,3 millions d’euros. « On travaille à d’autres financements, notamment européens », avait précisé le président du directoire le 10 juillet.

  • Accompagner les jeunes vers l’emploi et la formation au Rove

    Accompagner les jeunes vers l’emploi et la formation au Rove

    Des permanences de la mission locale sont organisées dans le cadre de la convention conclue entre la Ville du Rove et la mission locale de Marseille, afin de faciliter l’accès aux droits et aux services pour les jeunes de la commune. Ce service de proximité permet aux jeunes Rovenains âgés de 16 à 25 ans de bénéficier gratuitement d’un accompagnement personnalisé, au plus près de chez eux. Elles se tiennent en effet en mairie, de 9h à 12h, sans rendez-vous, et sont actuellement assurées par Yvette Hua.

    Cet accompagnement porte ses fruits. Depuis le début de l’année 2026, 18 jeunes ont déjà été accueillis ou accompagnés lors des permanences organisées au Rove. Parmi eux, deux sont entrés en formation, quatre ont accédé à un emploi et un a signé un contrat en alternance.

    En 2025, 33 jeunes Rovenains étaient inscrits à la mission locale de Marseille. Ils ont bénéficié de 215 entretiens, ateliers ou informations collectives, et 29 jeunes ont intégré un dispositif d’accompagnement, dont cinq en Contrat d’engagement jeune (CEJ) et 24 en Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea). Enfin, toujours en 2025, deux jeunes de la commune ont bénéficié du Fonds d’aide aux jeunes (FAJ) pour un montant total de 1 340 euros, ainsi que de 2 682 euros d’allocations Pacea, témoignant de l’importance de cet accompagnement pour favoriser leur insertion.

    Prochaine permanence le vendredi 31 juillet. À partir de la rentrée et jusqu’à la fin de l’année, les permanences sont programmées les vendredis 11 et 25 septembre, les vendredis 9 et 23 octobre, les vendredis 6 et 20 novembre, les vendredis 4 et 18 décembre.

  • Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Bientôt huit ans après le dépôt de plainte du 17 janvier 2019 sur la rafle du Vieux-Port, la justice se dirige vers la reconnaissance des crimes perpétrés à Marseille en 1943. C’est l’aboutissement du long combat « pour la mémoire des disparus et la conscience des vivants » mené par le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, son président Antoine Mignemi, 88 ans, rescapé des rafles, et l’avocat Pascal Luongo.

    Ce drame de la Seconde Guerre mondiale a longtemps été occulté. L’opération Sultan a été ordonnée par Hitler et exécutée avec le concours du régime de Vichy et de la police française, du 22 janvier au 17 février 1943. Cette collaboration s’incarne dans un cliché mettant en présence Bernhard Griese, le chef des SS, et René Bousquet, le secrétaire général de la police de Vichy.

    « Je suis extrêmement heureux, confirme Me Luongo, dont le grand-père et les siens furent raflés. C’est une formidable nouvelle que nous avons annoncée aux victimes, aux membres du collectif, car en plus du crime contre l’humanité des rafles du Vieux-Port, les crimes de guerre de la destruction des Vieux-Quartiers sont reconnus aussi. »

    Selon le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, des magistrats du Parquet national anti-terroriste (PNAT) viendront, fin septembre, présenter aux plaignants cette décision historique à l’occasion d’une réunion publique exceptionnelle au Palais Monthyon. Des magistrats expliqueront aux parties civiles les conclusions du long travail d’enquête mené par le pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre. Depuis mai 2019, les investigations ont été confiées aux enquêteurs spécialisés de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), rattaché à la Gendarmerie nationale. Cette réunion doit être suivie d’une commémoration organisée par la Ville de Marseille.

    Interrogé, le Parquet national anti-terroriste en charge de l’enquête, au tribunal de Paris, s’est refusé à confirmer l’information. « Nous sommes en fin d’investigation. Nous travaillons sur une décision qui n’est pas encore prise. Cette décision ne sera matérialisée qu’à partir du moment où les victimes seront informées. »

    « 12 000 Marseillais ont été chassés des quartiers Saint-Jean et de l’Opéra et transférés à Fréjus. 1 500 d’entre eux furent déportés vers les camps de la mort, et parmi eux plus de 804 déportés parce que juifs », avait déclaré le ministre de l’Intérieur, à l’occasion du premier hommage national rendu le 29 janvier 2023 pour les 80 ans des rafles des 22, 23 et 24 janvier 1943. Gérald Darmanin était venu, au nom du président de la République, « réparer cette injustice et signifier sa portée nationale ». L’État reconnaissait que cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale était « bien trop peu relaté dans les livres d’histoire », un épisode dont il avait reconnu qu’il était « à la croisée de la grande histoire et des destins individuels, à la croisée de la honte de la collaboration et de la fierté de la Résistance ».

    Une mémoire occultée

    En mai 2019, le Pnat avait jugé « recevable » la plainte de 24 pages déposée au nom de huit Marseillais survivants et descendants (deux sont décédés en cours d’instruction) de la rafle du 24 janvier 1943 pour crime contre l’humanité. La plainte visait « toute personne ayant commis le crime contre l’humanité à Marseille, Fréjus et Oranienbourg (Allemagne), à l’encontre de la population civile du Quartier Nord du Vieux-Port, à Marseille, entre le 24 janvier 1943 [et] le 19 février 1943 et courant années 1944 et 1945, et en tout cas pour un temps non prescrit, en raison d’une atteinte volontaire à la vie, du transfert forcé de population, de la privation grave de liberté physique et des actes inhumains causant intentionnellement de grandes souffrances et des atteintes graves physiques et psychiques ».

    La plainte détaillait combien la population civile, ces familles pauvres issues pour la plupart de l’immigration italienne et en particulier napolitaine, « a été ciblée pour son lieu d’habitation et ses origines, a vécu des arrestations arbitraires, des persécutions, des transferts forcés, des déportations et des atteintes volontaires à la vie, autant d’actes inhumains dans un plan concerté pour le compte d’un État, l’Allemagne nazie, mais aussi de l’État français de Vichy ».

  • Le site de Tarascon presque condamné, Saint-Gaudens en sursis

    Le site de Tarascon presque condamné, Saint-Gaudens en sursis

    Le tribunal de commerce de Toulouse a tranché lundi : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse pour l’entreprise de pâte à papier Fibre Excellence est rejetée. Un coup de massue pour les 670 salariés de l’enseigne, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier. C’est le maintien des « conditions suspensives », qui rendent, d’après la juridiction, « l’offre irrecevable », a rapporté Christophe Clerc, avocat du Comité social et économique (CSE) de la société.

    La proposition de l’homme d’affaires était en effet subordonnée à plusieurs conditions adressées à l’État. Parmi elles : le rachat à meilleur prix de l’électricité produite par les turbines de l’entreprise et la réintégration du fabricant dans le système européen des quotas carbone. Des exigences que le gouvernement ne lui a pas accordé, comme le suggéraient les récentes déclarations de Roland Lescure, ministre de l’Économie, qui assurait, mardi dernier à l’Assemblée, que « l’offre [n’était] pas au niveau ». « L’offre demande une aide supplémentaire de l’État, sans doute de plus de 100 millions d’euros : donc au-delà des 100 millions que nous sommes déjà prêts à mettre et des 90 millions d’euros qui ont été apportés à cette entreprise, contre un investissement du repreneur [Matthieu Pigasse, Ndlr] de 5 misérables millions d’euros. (…) Aujourd’hui, le compte n’y est pas », avait souligné le ministre. « Cette déclaration est indigne de la part du ministre, qui s’acharne à décrédibiliser cette offre par pur calcul politicien », s’était alors indigné la CGT, dans un communiqué.

    Le tribunal a requis la liquidation du site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, qui emploie environ 275 personnes. Le site de Saint-Gaudens a lui obtenu un sursis inespéré de deux jours, un nouvel industriel s’étant manifesté pour sa reprise.

    Une offre à « consolider »

    Le nouveau candidat, qui souhaite rester anonyme, doit désormais consolider son dossier avant la prochaine audience, mercredi 29 juillet. « Il y a un nouvel industriel qui a fait une lettre d’intention qui donne une caution de deux millions d’euros pour gagner du temps. Mais rien n’est fait », a souligné Sébastien Oustric, représentant CGT des salariés de Saint-Gaudens, à l’issue de l’audience, lundi matin. Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’Industrie, a confirmé l’existence dudit repreneur, qu’il assure avoir rencontré, ce week-end, aux côtés de Carole Delga, présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie. « Mes services, en lien avec la Région, vont se mobiliser pour voir de quelle manière cette offre peut être consolidée », a-t-il ajouté.

    Dernière usine de pâte à papier française, Fibre Excellence représente, en plus de ses 675 salariés, près de 10 000 emplois indirects d’après la CGT. « Si l’État ne suit pas, c’est lui seul qui condamne la filière et les milliers d’emplois qui en découlent », concluait le syndicat dans un communiqué, la semaine dernière.