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  • [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    La Marseillaise : Nous allons commémorer dimanche l’anniversaire de l’exécution de Gaston Crémieux. Aujourd’hui, que reste-t-il de sa mémoire
    à Marseille
     ?

    Michèle Bitton : Le premier de ces lieux de mémoire à Marseille, chronologiquement, c’est son caveau au carré israélite du cimetière Saint-Pierre. Il a été enterré tout de suite après son exécution, son corps a été donné immédiatement à la famille, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais ce n’est que l’année d’après qu’un monument funéraire a été élevé, qui existe toujours. Il est indiqué dessus : dédié à Gaston Crémieux, par sa femme et les républicains de Marseille, parce qu’ils ne pouvaient pas en dire plus, en 1872… Une plaque a été apposée au pied de ce monument dans les années 1880, par l’Association culturelle des juifs du pape. Et il y a le boulevard Gaston-Crémieux dans les années 1920, sous la mandature du premier maire socialiste de Marseille, Siméon Flaissières. Durant la Seconde Guerre mondiale, le boulevard a été débaptisé, mais ce n’était pas le seul. Et ce n’est qu’en 2021, pour le 150e anniversaire de la Commune, après le changement de municipalité à Marseille, que Benoît Payan a fait apposer une plaque au Pharo. Il y avait eu des tentatives auparavant, par les Amis de la Commune de Paris, de mettre une plaque là-bas, qui avait été arrachée.

    Sur le boulevard Gaston-Crémieux, il est présenté comme un leader de la Commune de Paris, pourquoi celle de Marseille reste dans l’ombre ?

    M.B. : C’est une grosse erreur que j’ai signalée… Mais la Commune de Marseille n’a pas autant d’envergure. La Commune de Paris avait des ambitions que Marseille n’a pas eu le temps d’avoir, elle n’a duré que treize jours, et il n’y a eu durant ces treize jours que des luttes internes, ils n’ont pas eu le temps de promulguer des décrets qui auraient fait sa gloire, comme à Paris.

    Qu’est-ce que le travail d’avocat de Gaston Crémieux reflète des luttes sociales à Marseille à la fin du XIXe ?

    M.B. : C’était l’époque où les premiers socialistes se battaient pour abattre l’Empire. Il s’est inscrit dans ces luttes pour la République. Il n’a jamais été adhérent de l’Association internationale des travailleurs, mais il a beaucoup aidé les syndicats ouvriers à se constituer. À l’époque, c’étaient des associations mutuelles, de prévoyance, professionnelles, pour la transmission du savoir-faire. Il les aidait à rédiger leurs statuts, faisait des conférences populaires pour éclairer le peuple, leur apprendre le fonctionnement des institutions.

    Lesquelles de ses plaidoiries
    vous ont marquée ?

    M.B. : Une femme avait été accusée parce qu’elle avait été agressée par un homme, qui voulait l’épouser. Elle lui avait balancé du vitriol à la figure. Il a gagné le procès, elle n’a pas été condamnée. Et surtout il y a eu le procès très fameux, moins politique, moins féministe, l’affaire des empoisonneuses. C’étaient des femmes qui avaient empoisonné leurs maris, avec l’aide de leurs amants. Elles devaient être condamnées à mort, il a réussi à éviter qu’elles ne soient pas condamnées à mort. On ne lui connaît pas dans sa carrière de défense de grande cause politique, mais il a pris une grande part à la campagne électorale de Gambetta, le premier député socialiste élu à Marseille, en 1869.

    Pourquoi Gaston Crémieux a-t-il été le seul dirigeant politique de la Commune de Marseille à avoir été fusillé ?

    M.B. : Ça, c’est la grande question. Il y a eu trois hommes condamnés à mort dans le même procès, au mois de juin 1871. Étienne et Pélissier ont été graciés, mais pas Gaston Crémieux. L’avocat Roger Vignon, dans son livre, considère que c’est un procès inique, parce que sur la cinquantaine de questions auxquels devaient répondre les juges, pour savoir par exemple s’il avait été coupable « d’embaucher les soldats », la réponse a été non. Et il a été quand même condamné. Et sa condamnation a été maintenue.

    Des lieux de mémoire restent à créer ?

    M.B. : Le comité des Amis de la Commune Gard-Cévennes se bat depuis des années pour faire apposer une plaque sur sa maison natale. Et je suis en train de travailler sur les 26 condamnés à mort fusillés en France. Il y a eu 110 condamnés à mort en France après la Commune, et 26 ont été maintenus après que la commission des grâces ait refusé de leur accorder leur grâce. Dont Gaston Crémieux à Marseille, et deux soldats qui ont refusé de tirer sur les communards, qui ont été fusillés au Pharo. S’il y a une stèle installée, ce sera bien de rappeler ces soldats. Un autre lieu de mémoire qu’on essaie de mettre en place, c’est à la Plaine. Il y avait une grande salle de spectacle, l’Eldorado, au 22, place Jean-Jaurès. Dans cette grande, le 22 mars 1871, Gaston Crémieux a prononcé un discours fameux qui a été à l’origine de la Commune de Marseille. Le lendemain, la préfecture avait appelé à une manifestation en faveur de Versailles, et les Marseillais n’étaient pas d’accord et ont manifesté en solidarité avec la Commune de Paris. L’année dernière, nous avions fait un pochoir à cet endroit. On aimerait bien que ce soit pérenne.

    Rendez-vous ce jeudi à partir de 16h30
    à la brasserie le Terminus, entrée libre
    et gratuite dans la limite des places disponibles. La présentation sera précédée d’un dépôt de gerbe devant la plaque commémorative de Gaston Crémieux.

  • Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Un chauffe-eau qui pète, une voiture qui lâche… Le Crédit municipal vient en aide aux « travailleurs pauvres », ceux qui n’ont pas accès au prêt bancaire, insiste son directeur, Benoît de Rosamel, 30 ans de carrière dans la banque, en poste depuis un an. Fier d’être à la tête de cette « très vieille dame qui a eu 350 ans il y a deux ans » et issue des Monts-de-piété dans l’Italie du Moyen Âge, il tient à en rappeler le fonctionnement « car son rôle s’est perdu, les gens ne savent plus que cela existe ou se disent que ce n’est pas pour eux », or « ce n’est pas plus humiliant qu’un crédit à la consommation ».

    Cet établissement bancaire de plein exercice, « satellite de la Ville », souligne Benoît de Rosamel, dont une part du résultat -environ 850 000 euros l’an dernier- est reversé au Centre communal d’action sociale (CCAS), se concentre sur deux activités : le prêt sur gage pour lequel les Crédits municipaux ont le monopole et le micro-crédit. « Un bien de valeur, quel qu’il soit, sauf l’immobilier, on l’expertise et on vous prête, dans les 10 minutes, sans conditions de ressources », précise le directeur du Crédit municipal qui ne compte pas moins de 16 000 clients actifs sur une base de 40 000.

    Permettre de « réaliser

    des projets »

    De quoi « permettre à 50 000 personnes à Marseille de vivre mieux ou de réaliser des projets ». Une centaine de personnes par jour ose pour le moment, passer la porte du 37, rue Saint-Bazile (1er). Le micro-crédit permet d’emprunter jusqu’à 8 000 euros sur une durée jusqu’à 84 mois pour un taux d’environ 4% sans frais de dossier, sachant que le contractant peut rembourser à tout moment sans pénalité. « On peut prêter des sommes très petites », témoigne Benoît de Rosamel.

    Cette année, le Crédit municipal renoue également avec sa grande vente aux enchères de prestige, organisée à l’hippodrome Borély le vendredi 5 décembre. Avec des pièces qui sortent de l’ordinaire comme ce lingot d’or ou ces montres et bijoux de luxe. Autre opération exceptionnelle pour Noël, un « dégagement » gratuit. Les clients du Crédit municipal bénéficieront de la restitution gratuite d’objets déposés en gage, jusqu’à 50 euros et pourront durant tous le mois de décembre récupérer leurs biens sans avoir à rembourser ni le capital emprunté, ni les intérêts, précise Christelle Gerlier, directrice générale déléguée.

  • CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    « Le nouveau budget n’a rien à envier à celui qu’avaient sorti Bayrou et les autres. Pire, le gouvernement fait maintenant du chantage avec la suspension de la réforme des retraites », dénonce Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. L’intersyndicale réunissant CGT, FSU et SUD Solidaires reprend la lutte contre une incessante politique d’austérité menée au détriment des services publics, de l’emploi et de la solidarité, avec un appel à la grève et à manifester le 2 décembre à 10h30, au départ des Réformés.

    Mobilisées en version large les 10 et 18 septembre, les organisations syndicales avaient « remis à l’ordre du jour les questions de justice fiscale, sociale et environnementale et d’empêcher le vol de deux jours fériés », rappelle Alice Richard, pour SUD Solidaires 13. Le débat budgétaire va se poursuivre au Parlement. Une raison pour continuer la lutte, d’autant plus que « le gouvernement persiste dans ses aides massives aux grandes entreprises qui licencient », souligne Franck Balliot pour la FSU. « Et pour la première fois, le budget de la Défense est passé devant celui de l’éducation nationale. »

    Le refus d’une économie de guerre

    « Alors même que la politique de Macron est un échec », déplorent les trois syndicalistes, le gouvernement s’entête « à vouloir faire payer les retraités et les malades longue durée ». De même qu’ils refusent un horizon dessiné par une escalade de déclarations guerrières. « Toutes ces ressources permettraient au contraire de restaurer les services publics et d’augmenter les salaires, de revenir à un droit à la retraite à 60 ans », estiment les organisations syndicales. De quoi répondre aux besoins de plus en plus urgents de milliers de citoyens. Car c’est jusqu’au secteur associatif, qui pallie les carences de l’État, que ce dernier serre la ceinture au dernier cran.

    La CGT a réuni des dossiers chauds, estimant que cette politique qui mène à « la perte en compétence d’emplois industriels ne sera pas sans incidence sur l’emploi public et privé ». De nombreux préavis sont déjà sur la table. Les salariés de Pamar, de la CPMM, de la Centrale de Gardanne, les agents des trois fonctions publiques où le gouvernement a encore prévu de supprimer 3 000 postes, les marins et les énergéticiens ont appelé à faire font front commun dans cette nouvelle mobilisation.

  • Un accord stratégique signé pour l’extension de Fos 2XL Nord

    Un accord stratégique signé pour l’extension de Fos 2XL Nord

    Une extension de 120 mètres linéaires de quai et 3,3 hectares de terre-pleins permettant l’accostage simultané de deux navires porte-conteneurs parmi les plus longs du monde, soit 400 mètres…

    Hervé Martel, président du directoire du port de Marseille Fos, et David Elbez, directeur des investissements des terminaux France et Afrique du groupe MSC/TIL, ont signé ce mardi 25 novembre, à Fos-sur-Mer, un accord sur le lancement de l’extension du terminal Fos 2XL Nord, exploité par Seayard, indique dans un communiqué le Grand port maritime de Marseille (GPMM).

    Cet aménagement fait partie du projet Fos 3XL, qui « intègre la création d’un quai public de 330 mètres et 16 hectares de terre-pleins, dédié au traitement des barges fluviales conteneurs et à l’accueil de navires car-carrier sur le même linéaire exploité par Seayard et sous convention MSC », précise le GPMM.

    À l’horizon 2031, ces aménagements permettront d’augmenter la capacité d’accueil, de réduire l’impact environnemental en favorisant le report fluvial et de soutenir la croissance des trafics de conteneurs, détaille la direction du GPMM, qui se félicite d’un « partenariat inédit » s’appuyant « sur un montage financier novateur associant fonds publics et privés ».

  • [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    [Entretien] Loïc Delpech : « Par devoir, on ne pouvait pas courber l’échine »

    La Marseillaise : Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de votre combat ?

    Loïc Delpech : L’aboutissement sera concret quand on aura fait émerger notre projet complètement. Mais, aujourd’hui, c’est une belle victoire avec ces trois embauches, dont une réembauche. Deux ont été licenciés car ils étaient avec nous pendant la lutte avec la CGT et donc dans le projet depuis le début. C’est donc une première victoire qui doit en amener d’autres, avec la réembauche progressive de tous les licenciés jusqu’en janvier 2027.

    Comment s’est déroulé le passage d’une association de travailleurs à la création d’une société d’exploitation ?

    L.D. : La CGT de la Centrale a monté son association, l’ATCG, pour qu’elle porte ses projets. Cette association a créé une société, dont je suis président, la Speg, société de production d’énergie gardannaise. Laquelle a ensuite monté le projet BioMéthane Provence (BMP) avec l’entreprise partenaire Gazotech. Et, à la fin, on a créé la société d’exploitation Provex, qui appartient indirectement aux salariés, puisqu’elle appartient à BMP, c’est-à-dire la Speg et Gazotech. Mais aussi à GazelEnergie, à hauteur de 20%, qu’on ne dédouane pas, puisqu’à l’origine des licenciements. D’où l’accord signé, en juillet dernier, avec la CGT, BMP, GazelEnergie et l’État, qui oblige tout le monde.

    Vous perpétuez l’histoire du bassin minier avec ce projet ?

    L.D. : De par l’histoire des mines, du syndicat des mineurs, on ne pouvait pas courber l’échine et se faire licencier comme ça. On avait ce devoir de faire en sorte que la centrale continue à vivre. On le devait aussi aux salariés licenciés. C’était un devoir de mémoire qu’on s’était tous fixé au syndicat : qu’on continue à être une terre d’industrie et d’emplois. Et nous y arrivons par la lutte et l’intelligence collective.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.

  • Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    En lieu et place des sièges du parterre, les échafaudages tutoient désormais les balcons. Après deux mois de préparatifs, le chantier de rénovation du théâtre du Gymnase est enfin lancé, quatre ans après la fermeture des lieux. Des travaux chiffrés à 18 millions d’euros et prévus pour durer deux ans. « Un chantier exceptionnel pour un Gymnase exceptionnel », sourit le maire (DVG) Benoît Payan.

    « Ce qui posait problème à l’origine, c’est un problème de sécurité : le balcon s’affaissait parce qu’il y a eu des infiltrations d’eau, mais aussi des travaux dans les années 1980 », rembobine l’architecte Ignacio Tillard, du cabinet Panorama architecture. Et de détailler : « Un certain nombre de poteaux ont disparu pour améliorer la visibilité de la scène depuis les places défavorisées, ce qui a provoqué des problèmes de structure. » À quelques semaines des municipales en 2020, les balcons fragilisés avaient dû être interdits d’accès, avant la fermeture totale, un an plus tard, de ce théâtre à l’italienne ouvert en 1804, classé Monument remarquable.

    Après la dépose du lustre, il reste à démonter les garde-corps de la corbeille pour leur restauration, avant la démolition des balcons. « L’ensemble des moulures va être reproduit grâce à des recherches d’archives, de photos, avec l’ajout de toutes les décorations qui ont disparu après-guerre », explique l’architecte. La reconstruction des balcons sera aussi l’occasion d’en améliorer le confort, avec l’élimination totale des poteaux qui gênaient la vue, « une prouesse technique exceptionnelle », insiste Benoît Payan. Les peintures du plafond seront aussi restaurées, le parterre rendu accessible de plain-pied depuis la rue, les équipements scéniques modernisés, un parquet posé pour améliorer l’acoustique. « Ce sera vraiment un stradivarius », apprécie le directeur du théâtre, Dominique Bluzet. À l’extérieur, les escaliers seront retirés pour redonner toute leur dimension aux portes d’entrée, le hall modernisé. « Ce n’était pas la peine de faire une rénovation au rabais, appuie l’adjoint PCF à la culture, Jean-Marc Coppola. Quand on a un des plus anciens lieux de culture de Marseille, on met d’emblée le paquet. » Un modèle pour la restauration à venir de l’Opéra.

    Plus rapide qu’à Paris

    « Je trouve lamentable qu’on abandonne ainsi la culture, ici sur la Canebière », lâchait pourtant la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, le 3 novembre. « Elle s’attendait à voir des grues devant le théâtre, tance Benoît Payan. Il faudra que quelqu’un se dévoue pour lui expliquer que pour refaire un théâtre, il n’y a pas de grues. » Et de souligner le chemin parcouru, notamment grâce à la gratuité dans les musées : l’exposition Detaille au Musée d’histoire bat déjà des records de fréquentation. « Beaucoup considèrent que la culture n’est pas une priorité dans les temps difficiles, or, elle est notre humanité », appuie l’édile. Quant au délai pour restaurer le théâtre du Gymnase, « nous avons été beaucoup plus rapides que les Parisiens, qui ont mis neuf ans et demi pour rénover le théâtre de la Ville », se réjouit Dominique Bluzet.

  • The Inspector Cluzo, bonne graine de rockers à Marseille

    The Inspector Cluzo, bonne graine de rockers à Marseille

    Même s’il a été plus citadin depuis l’été dernier avec leur tournée américaine, puis européenne, où ils ont notamment assuré des premières parties du grand Neil Young, le bon air de leurs Landes natales ne cesse de les rendre goûtus. Pas juste les oies grises qu’ils élèvent dans leur ferme près de Mont-de-Marsan, mais aussi les deux drôles d’oiseaux-rockers qui composent The Inspector Cluzo, en concert à l’Espace Julien, jeudi 27 novembre. Car quand il ne gambade pas dans sa ferme gasconne, le groupe nourrit au bon grain son public à coups de riffs savoureux. De sa production à sa diffusion, une chaîne sur un mode d’autogestion artisanale, qui se porte tant bien que mal, loin des griffes de l’industrie musicale, comme le prouve encore le 10e album Less is more.

    « On s’est demandé s’il y avait encore de la place pour des artisans comme nous, en pleine phase d’industrialisation musicale telle qu’on la vit. Désormais, il n’y a plus que des multinationales. Un groupe comme le nôtre est obligé de passer par les mêmes gros tuyaux que les géants, mais pas avec les mêmes moyens et règles », souligne le guitariste et chanteur Laurent Lacrouts, aux côtés du batteur Mathieu Jourdain. Des « rockers farmers » qui, depuis une quinzaine d’années, ont fait le choix de ne faire appel à aucun tourneur, propulsés par le seul produit de leur travail, agricole comme musical. « Notre producteur artistique Vance Powell [The White Stripes, Tinariwen…, Ndlr] a partagé ce constat. Mais il nous a encouragé en nous disant que l’essence du rock, c’était justement d’aller à contre-courant de tout ce qui se faisait », rappellent les membres de ce groupe qui joue tout en live, « sans bandes », et possède son propre label Fuck the bass player.

    Landes of blues

    Fidèle à leur credo, Less is more est un « album blues-rock qui tabasse », sans s’empêcher quelques incursions : rocksteady, comme l’illustre Catfarm, titre émaillé d’un reggae hardcore. Des Landes à la Jamaïque, réunis par les sons du terroir. Au total, 11 morceaux dans la lignée d’un blues du Mississippi qui les poussent à explorer des contrées inattendues. Mais toujours fidèles à leur « écologie de terrain », héritée du propre travail de leurs cultures. Rien d’étonnant à ce qu’ils rendent hommage dans une chanson à Thoreau, philosophe naturaliste américain du XIXe siècle, à l’origine d’ouvrages comme Walden ou la vie dans les bois et La désobéissance civile, « qui a influencé Martin Luther King ou Gandhi. Quand la désobéissance civile est intelligemment faite, pour le bien commun, et pacifique, c’est très efficace », constate The Inspector Cluzo, qui a réussi il y a quelques années à sauver de la grippe aviaire ses oies landaises. Un esprit indépendant et en paix aussi à l’œuvre sur le dernier titre de leur opus, Almost cut my hair, reprise d’un titre signé en 1970 par le super quatuor folk Crosby, Stills, Nash & Young, avec la guerre du Vietnam en toile de fond.

  • [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    À l’occasion de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), se tenant jusqu’au 23 novembre, le délégué régional de l’Agefiph Daniel Dias et Ludovic Petiteau, fondateur de l’entreprise adaptée Talaron Services, spécialisée dans l’informatique, reviennent sur les avancées du monde de l’entreprise en faveur de l’handicap.

    Louis Dupin : Cette édition s’ouvre 20 ans après la loi handicap de 2005 qui visait à promouvoir l’égalité des droits et des chances pour tous. 20 ans plus tard, quel bilan en tirer ?

    Daniel Dias : La loi de 2005 posait un cadre qui était ambitieux et qui était nécessaire. Elle comporte dans son contenu une dimension emploi assez forte. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ? Il y a des avancées réelles. Le taux de chômage est passé de 17% à 12%. Alors il reste deux fois supérieur à celui de la population en général mais il a baissé de manière assez significative. Autre donnée chiffrée, on a aujourd’hui 1,3 million de personnes handicapées qui sont en emploi. Avant la loi elles étaient 600 000. Cette loi elle était ambitieuse. Est-ce que les résultats qu’on a obtenus collectivement aujourd’hui sont à la hauteur de ses ambitions ? Malheureusement pas tout à fait. Il reste encore énormément de choses à accomplir. Pour appuyer la semaine de l’emploi, on a, avec le concours de l’Ifop, publié une étude montrant que si 60% des personnes en situation de handicap reconnaissent des avancées depuis la loi 2005, elles ne sont que 12% à parler d’avancées majeures. Les personnes en situation de handicap elles-mêmes disent aussi que c’est insuffisant.

    Olivier Nottale : Qu’a apporté cette loi pour votre entreprise ?

    Ludovic Petiteau : Talaron Services est une entreprise de développement informatique donc on réalise des sites web, tout type d’application pour nos clients. C’est une société que j’ai créée en 2010, 5 ans après la loi de 2005, le monde de l’handicap n’était pas encore beaucoup porté sur les entrepreneurs comme moi, mais plutôt sur le monde associatif, les Centres d’aide par le travail [ex-Esat, Ndlr.]. Mais la loi de 2005 a voulu justement les attirer en créant un type d’entreprise qu’est l’Entreprise Adaptée. On a un accord avec l’État qui fait que notre entreprise s’engage à avoir minimum 55% de notre personnel en situation de handicap. Pour notre part, nous chez Talaron Service, on est à 90% à peu près de personnel en situation de handicap sur une cinquantaine de collaborateurs.

    Louis Dupin : La loi de 2005 met en place des quotas obligeant que 6% de l’effectif d’une entreprise soient des travailleurs handicapés. Aujourd’hui, seules 55% des entreprises la respectent, comment l’expliquer ?

    Daniel Das : Il y a plusieurs freins à l’embauche d’une personne en situation de handicap. D’abord, même s’ils ont diminué, restent des a priori, des préjugés qu’il faut arriver à lever collectivement. Il faut donner à voir que c’est possible, que l’entreprise n’est pas seule pour embaucher une personne en situation de handicap. Le deuxième obstacle qui demeure aujourd’hui, même si sur ces dernières années le fossé s’est aussi réduit, c’est le décalage entre les attentes des entreprises en matière de formation et de niveau de qualification et le public handicapé. Ce public est plus âgé, moins formé, moins qualifié et il a une durée d’inscription plus longue à France Travail que le reste des publics. Sur le sujet de la formation, il s’agit aujourd’hui de créer toutes les conditions pour qu’une personne en situation de handicap puisse accéder à une offre de formation qui corresponde aux besoins des entreprises. Aujourd’hui, 10% des publics qui accèdent à l’offre de formation en Occitanie sont en situation de handicap.

    Ludovic Petiteau : Pour la majorité des personnes en situation de handicap, l’handicap arrive en cours de vie – le handicap de naissance représente qu’une petite partie. Pour que ces personnes puissent continuer à travailler, elles passent par une période de reconversion professionnelle. Et effectivement, ce qui fait peur souvent dans l’entreprise, c’est de prendre quelqu’un qui a une quarantaine d’années, mais qui est débutant dans le métier alors qu’elle pourrait embaucher un jeune sortant d’école. Or, le travailleur handicapé a déjà une expérience professionnelle, un savoir-être, un savoir-vivre dans l’entreprise que le jeune débutant n’a pas forcément.

    Lousi Dupin : La question de la formation fut au centre du salon Handijob, qui s’est tenu à Montpellier, dans le cadre de la SEEPH. Ces événements sont importants ?

    Ludovic Petiteau : C’est vraiment un moyen pour les différents entreprises de la région de rencontrer un public dédié au monde du handicap. Du personnel les aide à communiquer, il y a des interprètes des langues des signes, des accompagnants, des éducateurs qui vont pouvoir mettre en place une relation avec les entreprises. En plus des entreprises, sont aussi présents des centres de formation sur ces journées-là. Et ça permet d’échanger entre personnes, entre professionnels, pour avoir des idées de métier à faire plus tard.

    À écouter sur divergence-fm.org.

  • À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    Changement sur le réseau des transports en commun de la Métropole de Montpellier. À un mois de l’inauguration de la ligne 5 de tramway, la collectivité gérée par le socialiste Michaël Delafosse a réorganisé l’offre de transports afin de prendre en compte cette nouvelle ligne. « Cette inauguration aura des conséquences sur le réseau de bus, avec de nouvelles articulations de mobilité et davantage d’offre de transports », détaille le président.

    Ainsi, dès le 20 décembre
    – jour de l’inauguration – les riverains pourront découvrir les 24 lignes de bus optimisées sur les 40 que compte le réseau. Des changements qui ne seront pas immuables. « Ce n’est pas une science exacte, on voulait répondre aux besoins des habitants. Il y aura peut-être des difficultés qui nous seront remontées à partir du 20 décembre, on va être dans le dialogue. Un comité de suivi de la mise en place de la nouvelle offre l’ajustera en permanence », soutient Michaël Delafosse.

    Si certaines lignes ont déjà fait l’objet d’adaptations – notamment le bustram, les lignes 9, 14 et 16 en mai 2025 – d’autres seront mises en service en décembre. À l’instar des lignes 6 et 7 qui fusionneront pour assurer une continuité de la ligne – les riverains devaient changer de bus au Peyrou jusque-là – entre l’Hôtel du Département et Euromédecine. « Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas beaucoup de lignes transversales. La navette des universités sera remplacée par une ligne 13 avec davantage de connexions aux lignes 1, 2 et 5 de tramway », souligne Julie Frêche, vice-présidente PS de la Métropole aux mobilités. Et ainsi de permettre une continuité entre Occitanie-Hôpitaux-Facultés et Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

    Pensée aux 4-Boulevards

    La ligne 15 (Place-de-France – Sabines) sera prolongée jusqu’à la gare Sud-de-France. Quant à la ligne 17 (Gare-Saint-Roch – les Bouisses), « son itinéraire sera modifié et ne passera plus par le boulevard Berthelot. Ce qui représente une cinquantaine de bus en moins chaque jour. Cet itinéraire apaisera le collectif des 4-Boulevards », poursuit Julie Frêche.

    Montpellier n’est pas la seule affectée par ces changements. Au nord de la métropole, la ligne 22 permettra de relier Montferrier-le-Lez à Jacou, en passant par les terminus des lignes 2 et 5 de tram. Prades-le-Lez verra la ligne 23 modifiée et renforcée. La ligne 26 devient la ligne de Montferrier-le-Lez. Côté ouest, la ligne 34 (Cournonsec-Mosson) est renforcée tandis que la 38, partant de Cournonsec, sera prolongée jusqu’à la station de tram Grès de Montpellier. « Elle préfigure la future ligne de bustram », précise Julie Frêche. Les lignes 11, 17 et 20 seront également renforcées. À Villeneuve-lès-Maguelone, la ligne 44 sera coordonnée avec les horaires des trains de façon à favoriser l’intermodalité. Enfin, la ligne 27 de transport à la demande devient une ligne régulière reliant Montaud à Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.