Category: accueil-merge

  • [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Maryan Barthelemy : J’ai 53 ans. J’ai un parcours dans l’événementiel depuis 25 ans. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies dans le sport pétanque. J’ai été joueur. J’ai ensuite basculé dans l’organisation d’événements. J’ai été chef de projet et directeur d’agence chez l’organisateur des Masters de pétanque et du trophée des villes. J’ai aussi été consultant pour de nombreuses chaînes de télévision : TF1, TMC… J’ai ensuite créé ma boîte, MB Events avec laquelle j’organise des événements pétanque notamment tournés vers le monde de l’entreprise.

    Le Mondial La Marseillaise
    à pétanque et vous, c’est une histoire qui ne date pas d’aujourd’hui.

    M.B. : C’est vrai. Cela remonte à 1988. À l’époque nous étions 3 juniors à faire la finale, chose qui ne s’est jamais reproduite même si des jeunes comme Tyson Molinas, Joe Casale ou Adrien Delahaye l’ont gagnée en étant junior.

    Quand on vous a parlé de devenir directeur des événements du groupe La Marseillaise,
    quelle a été votre réaction
     ?

    M.B. : Je n’y ai pas cru. Lorsque Pierre Guille m’a appelé pour m’annoncer son départ je croyais qu’il voulait me parler d’organiser un événement en commun auquel on avait réfléchi ensemble il y a quelque temps. J’ai donc été surpris. J’ai ensuite été reçu par les dirigeants et, c’est un poste incroyable qui ne peut pas se refuser. Déjà, travailler dans sa passion c’est quelque chose de formidable. Essayer de diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! Le challenge est tellement passionnant, tellement intéressant que j’ai maintenant hâte d’entrer sur le terrain ! C’est un événement aux multiples facettes. J’en connais déjà certaines mais j’ai vraiment hâte de travailler avec tous les bénévoles, les commerciaux. C’est une grosse machine, on va se mettre en ordre de marche pour suivre ensemble le même cap. On va se renouveler en respectant toute l’antériorité de cet événement unique avec ce qu’a apporté Michel Montana puis Pierre Guille.

    Le Mondial La Marseillaise à pétanque n’aurait pas lieu sans ses bénévoles. Quels sont vos liens ?

    M.B. : J’espère que tous les bénévoles vont continuer. Je les connais depuis longtemps. Maurice Caumel, Didier Lalanne, Thierry Marque, André Picca, Daniel Simon, Sylviane Bourrelly sont des personnes de grande valeur. On se souvient ensemble de Maurice Vial qui est malheureusement décédé, on sait à quel point on a besoin de tout le monde et on va tout faire pour leur rendre la tâche la plus facile possible. On va notamment essayer que le maximum de parties se déroulent à Marseille intra muros car c’est important pour les participants. Il faut trouver des solutions au regard de la croissance de l’événement.

    Quels sont vos rapports
    avec les instances sportives
    de la pétanque
     ?

    M.B. : J’ai appelé Michel Le Bot, quelques minutes avant cette interview, parce que je me devais d’annoncer la nouvelle au président de la Fédération française et dès que nous aurons fini j’adresserai un mail à Gérard Schneider, président luxembourgeois de la Fédération internationale avec lequel j’entretiens aussi d’excellentes relations. Il y a quelques semaines, j’ai rencontré le délégué Romain Barré sur un événement. On a parlé des heures et des heures du Mondial La Marseillaise à pétanque alors que je ne savais pas encore que j’allais occuper une responsabilité importante dans l’organisation de cet événement. Je ne considère pas que j’arrive en terrain conquis pour autant. Il y a beaucoup d’innovation à entreprendre. On doit se développer avec des partenaires privés car les collectivités sont en difficulté sur les moyens dont elles disposent. Nous allons tenter d’apporter des nouveautés pour trouver des nouvelles ressources qui sont essentielles.

    Vous êtes d’abord connu dans
    le monde de la pétanque, mais
    les événements de La
     Marseillaise c’est bien plus large que cela.
    Ça aussi c’est un défi
     ?

    M.B. : Oui il y a quatre grands événements. Le Mondial bien sûr mais aussi le Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise dont Marc Poggiale a pris la présidence. Il aura lieu le 1er février et il est en grande partie lancé. Je serai donc plutôt en observation. Ensuite nous tiendrons La Marseillaise breaking cup au printemps et bien sûr, il y a la Tournée d’été La Marseillaise. J’ai tout aussi hâte de l’organiser. J’ai toujours été un homme de tournée, les Masters de pétanque en étaient une. Tous les événements se montent de la même manière, c’est un puzzle où il faut trouver les meilleurs prix, les meilleurs prestataires. Les soirées de la Tournée d’été seront toujours aussi festives, on est sur une dynamique puisque l’année passée il y avait une quinzaine de dates.

    À nos lecteurs

    C’est à vous, chères lectrices et chers lecteurs, aux côtés des bénévoles et salariés de La Marseillaise, que nous avons souhaité réserver la primeur de l’annonce du renouvellement du pôle événementiel du groupe La Marseillaise. La croissance de nos événements et le départ de Pierre Guille vers de nouveaux horizons professionnels nécessitent une réorganisation pour accompagner notre développement. C’est dans cet esprit de conquête que Maryan Barthelemy, spécialiste de la pétanque et professionnel de l’événementiel, est nommé directeur des événements du groupe La Marseillaise. Rafaël Jacquelain, directeur commercial marchés privés, est chargé du sponsoring. Marc Poggiale, président du conseil de surveillance, est élu président de l’association ESCS, organisatrice du Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise. Jean-Luc Corréard, spécialiste du cyclisme, est nommé directeur de course. Le dispositif sera complété par un nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque dans les prochains jours.

    Léo Purguette,

    président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    président du Mondial La Marseillaise à pétanque

  • Un deuxième succès européen qui redonne des couleurs à l’OM

    Un deuxième succès européen qui redonne des couleurs à l’OM

    Après les contre-performances au Sporting Portugal (2-1, le 22 octobre) et contre l’Atalanta Bergame (0-1, le 5 novembre), l’Olympique de Marseille a réussi à sortir des sentiers battus, mardi soir au stade Vélodrome, en s’imposant face à Newcastle (2-1). Une grosse écurie anglaise qui s’était pourtant offert le cador Manchester City quelques jours avant. Cette deuxième victoire en Ligue des Champions permet aux Marseillais d’entretenir l’espoir d’une qualification pour les barrages, avant de se déplacer sur la pelouse de l’Union Saint-Gilloise, le 9 décembre.

    « À part les dix premières minutes, où on était dans les nuages, un peu perdu, après on a fait un gros match », s’est réjoui Roberto De Zerbi en conférence de presse d’après match. « On a bien joué, mais pas très bien. On a créé des occasions et peu subi. On a gagné un grand match, je suis vraiment très heureux, pour les joueurs aussi. C’est vraiment une belle soirée », a poursuivi le technicien italien, également ravi d’avoir titularisé le jeune Darryl Bakola (17 ans) pour la première fois de sa jeune carrière. Un pari qu’il a reconnu « risqué » sur le papier, mais qui s’est avéré gagnant sur le terrain. « Sa personnalité, son courage, la manière dont il a joué m’a plu, malgré quelques erreurs. Les joueurs, ce ne sont pas comme les abricots. Les abricots mûrissent sur l’arbre, les joueurs sur le terrain. Donc, il faut prendre des risques. C’était sa journée. Le Vel’ est un stade généreux pour les jeunes de son centre de formation, ça l’a aidé, même dans ses erreurs », estime l’entraîneur olympien, préférant le physique et la fraîcheur du minot à des joueurs plus expérimentés comme Matt O’Riley ou Angel Gomes. « Je lui ai demandé de jouer comme il l’aurait fait au parc avec ses amis, sans pression », a ajouté Roberto De Zerbi, conscient de posséder une pépite dans son effectif.

    Grandissime Aubameyang

    « C’est un jeune joueur avec beaucoup de talent », reconnaît Benjamin Pavard, auteur d’un match solide défensivement face aux Magpies. « Il avait déjà joué quelques matches et il l’a montré encore ce soir. À 17 ans, être titulaire en Ligue des Champions, ce n’est pas rien. Ça prouve ses qualités. Je ne lui ai pas beaucoup parlé, je lui ai juste dit de prendre du plaisir et de jouer avec ses qualités. Et on a vu qu’il a fait un gros match. C’était important de gagner, on devait réagir après la défaite contre l’Atalanta. Je ne vais pas revenir dessus, mais on a perdu des points. Il fallait gagner aujourd’hui (mardi) et c’est fait. On est très contents et on va vite se reposer avant le match contre Toulouse samedi », a insisté l’international tricolore. Ce succès n’aurait jamais vu le jour sans l’expérience et le second souffle de Pierre-Emerick Aubameyang. L’attaquant gabonais de 36 ans ne cesse de démontrer qu’il est capable d’être aussi clinique qu’auparavant.

    Grâce à son doublé inscrit mardi soir, 21 ans après celui de l’Ivorien Didier Drogba face à ce même adversaire en demi-finale retour de la Coupe de l’UEFA 2004, il compte désormais 59 buts en compétitions européennes (tours préliminaires inclus) et égalise ainsi le record d’un certain Thierry Henry. « Auba n’a rien à prouver à personne, il n’a juste qu’un défaut, c’est qu’il a 36 ans. En espérant qu’il pourra jouer 10 années en plus, car c’est vraiment un champion », a martelé Roberto De Zerbi, en ayant à l’esprit que l’ancien avant-centre de prestigieuses formations comme Arsenal, Chelsea, le Borussia Dortmund ou le FC Barcelone a officiellement dépassé les 400 buts en carrière. « C’est du Auba », a souri Timothy Weah, fils de l’illustre « Mister George ». « On sait que c’est un joueur de très haut niveau. On savait qu’il peut faire ça dans les grands matches. C’est un top joueur et on le voit sur le terrain. J’espère continuer à jouer avec lui et continuer à lui donner des passes décisives parce que c’est un kiff de jouer avec lui », a commenté le latéral américain, qui considère son aîné comme un exemple.

  • Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Au cœur du quartier Corot, dans le 13e arrondissement de Marseille, se cache désormais un trésor bien gardé. Celui d’un complexe sportif flambant neuf, nommé en hommage à Félix-Weygand, militant syndicaliste et Résistant, qui va profiter à l’association des Minots de Marseille. Cette dernière est née en 2020 de la fusion des clubs du CA Saint-Just et de l’USC Minots du Panier. L’association y dispose de son siège, son bureau administratif et son club-house, permettant d’accueillir chaque semaine ses 610 adhérents pour des rencontres et des entraînements.

    En plus du terrain de football à onze déjà existant, le site s’enrichit d’un nouveau terrain annexe, dédié à la pratique du football à huit, et d’un nouveau terrain de futsal en plein air, unique à Marseille. Il a été co-financé par la Ville de Marseille, la Fondation Treizième Homme de l’Olympique de Marseille représenté par le président Pablo Longoria, la Fondation CMA CGM et la Ligue Méditerranée de Football, représentée par Éric Borghini. Avec la rénovation des vestiaires, de la tribune et des deux terrains synthétiques, la Ville de Marseille a investi près d’1,5 million d’euros pour finaliser le complexe, comptabilisé parmi les 28 équipements sportifs rénovés ou reconstruits depuis 2020.

    « Les éducateurs

    nous comprennent »

    « On est très fiers d’être doté de telles infrastructures », se réjouit Guillaume Boina, président des Minots de Marseille, le club qui compte le plus de licenciés en futsal au sein de la cité phocéenne. « Notre objectif, aujourd’hui, est de pérenniser nos activités, parce qu’on a évolué très vite. Nous mettons un point d’honneur à être un acteur social important dans la vie de notre territoire via des actions que nous réalisons, comme des forums pour l’emploi avec des acteurs du monde sportif », souligne le dirigeant, animé par le désir de permettre aux jeunes des quartiers avoisinants de devenir « de bons citoyens ».

    « Le sport est le meilleur vecteur d’insertion sociale pour nos jeunes, surtout quand on connaît la délinquance présente dans notre ville », martèle Salim, éducateur socio-sportif en charge de la catégorie U9 (moins de 9 ans), conscient que le football a permis à certains de connaître une autre vie et, ainsi, « s’éloigner du mauvais chemin ».

    « Le football, ça commence petit et ça commence dans de la dignité. On y apprend la vie, mais on doit l’apprendre dans de bonnes conditions. Pour nous, les conditions dans lesquelles on apprend le football sont essentielles », développe Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, fier de « refaire ce qui avait été laissé comme ça, de manière un peu indigne », pour la jeunesse phocéenne.

    « Pendant des années, ce côté social s’est éteint et, aujourd’hui, les clubs de foot arrivent à raviver cette flamme-là. C’est important d’utiliser ce sport populaire et aimé de tous pour pouvoir aider un maximum de jeunes et les tirer vers le haut », ajoute Salim, lucide sur le fait qu’une association comme les Minots de Marseille dépasse les frontières du sport. Le club s’investit au quotidien dans de nombreux projets sociaux comme l’aide aux devoirs, des formations d’encadrement et d’arbitrage, des actions solidaires, ou encore à travers des opérations de sensibilisation pour la lutte contre le harcèlement et la violence dans le sport. « Les éducateurs nous comprennent », insiste Jawad, 13 ans, reconnaissant du travail qu’accomplissent les éducateurs au quotidien. Salim était son entraîneur, il y a quelques années, et a eu un impact dans sa vie. « C’est comme mon grand frère », lance le jeune homme.

  • [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    Ce jeudi, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est consacré à la France insoumise, qui porte huit textes : une résolution sur le Mercosur, l’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer, la nationalisation d’ArcelorMittal, la défiscalisation des pensions alimentaires perçues, la gratuité totale des parkings des établissements publics de santé, une résolution pour faire respecter le droit international à Gaza, l’exonération des apprentis de la CSG et enfin l’abrogation de la retraite à 64 ans. Le texte sur ArcelorMittal, soutenu par la CGT, sera particulièrement scruté.

    La Marseillaise : Comment abordez-vous cette niche parlementaire durant laquelle vous défendrez la nationalisation d’ArcelorMittal

    Aurélie Trouvé : De manière combative, optimiste et déterminée. Il y aura 500 travailleurs d’ArcelorMittal devant l’Assemblée, c’est quand même leur outil de production mais aussi notre souveraineté industrielle qui est en jeu. Il n’y a pas d’autre alternative, ce qui fait que cette nationalisation est légale. Personne n’a avancé une autre solution, à part d’espérer peut-être un jour qu’ArcelorMittal accepte d’investir, aucun élément probant permet de le penser. La stratégie de la famille Mittal, depuis qu’elle a récupéré Arcelor en 2008 est d’étouffer la production européenne, le principal concurrent de leur propre production en Inde, au Brésil et aux États-Unis.

    Le PDG d’ArcelorMittal France estime que la nationalisation « ne changera en rien les problèmes structurels ». Que répondez-vous

    A.T. : Cela ne peut pas expliquer tout le désinvestissement parce que les difficultés elles sont partout, pas seulement en Europe. Par ailleurs, il y a des perspectives de demandes importantes. ArcelorMittal a fortement diminué sa dette et augmenté sa trésorerie. La productivité en Europe qui est à peu près équivalente à celle des États-Unis. Il n’y a aucune raison qu’ArcelorMittal sous-investisse à ce point-là en Europe alors qu’il investit bien davantage dans les autres pays.

    Cette nationalisation est estimée à 3 milliards d’euros ?

    A.T. : Ce montant de 3 milliards d’euros n’a pas été démenti en commission des Finances, puisque même M. Ferracci, l’ancien ministre de l’Industrie, a dit qu’il se reposait sur l’Institut de La Boétie qui a chiffré cette nationalisation à 4,4 milliards. Je lui ai répondu qu’effectivement, j’avais participé à ce chiffrage. Sauf qu’ici, évidemment, on est plutôt sur 2/3 de la production qu’on avait chiffrée, puisqu’ArcelorMittal France, c’est 2/3 de la production française. Donc c’est tout à fait cohérent avec les chiffres de La Boétie. Ces trois milliards, ce n’est rien à côté du coût de la suppression de 15 000 emplois directs et 80 000 indirects. Ce n’est rien à côté de la perte d’un actif aussi stratégique que l’acier car tout est fait d’acier quasiment autour de nous. Cette perte signifierait une dépendance énorme à tout risque, à toute rupture d’approvisionnement, à toute envolée des prix des marchés internationaux. C’est une dépendance aux pays tiers qui est inacceptable pour l’économie française, et qui serait catastrophique.

    En commission des Finances, les macronistes et la droite ont voté contre ce texte, l’extrême droite s’est abstenue, ce qui a permis son adoption. Ces stratégies ont changé ?

    A.T. : Pour les macronistes, non. Ils continuent à s’y opposer avec leurs arguments dogmatiques qui ont mené à la situation économique qu’on connaît en France, c’est-à-dire une chute des investissements productifs, de la balance commerciale et une productivité du travail en berne. Que les macronistes continuent dans leur logique mortifère pour la production française, soit. Là, par contre, les masques tombent pour le RN parce qu’ils se sont abstenus en commission des Finances. Comme ils n’osent pas voter contre, ils ont décidé de nous empêcher de voter, tout simplement. Ils ont déposé 285 amendements sur les 335, pour ce qui concerne RN et UDR. C’est une vengeance en jouant avec la vie des salariés d’ArcelorMittal. En réalité, je pense qu’ils sont très gênés par ce texte. Parce qu’il se trouve que, par exemple, Frédéric Weber, qui est député RN, a défendu la nationalisation de Florange il y a 10 ans, alors qu’il était à la CFDT d’ArcelorMittal. La question est de savoir s’ils sont définitivement sur la ligne Bardella, qui est « vive les grands patrons, vive la grande finance, quitte à brader notre production française », ou pas. Donc, ils nous empêchent de voter, ce qui est une façon de trancher.

    Quels autres textes pourraient obtenir une majorité ?

    A.T. : La résolution sur le Mercosur peut être adoptée car c’est une manière de s’opposer fermement à la position actuelle du président de la République, qui est en train de trahir le monde agricole et l’économie française. Le président de la FNSEA a lui-même parlé d’une rupture du contrat avec l’agriculture française. Le texte sur les colis aux Outre-mer, pourrait trouver une majorité car c’est une anomalie hallucinante. C’est-à-dire que nos concitoyens d’Outre-mer payent des colis à des prix faramineux, la mission de service public postal ne s’y applique pas, c’est une discrimination honteuse. Et cela risque d’empirer vu que le gouvernement a décidé de couper encore dans les budgets de La Poste.

  • L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    Deux mois après leur appel au rassemblement à gauche pour les élections municipales de mars, l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale) rallie le candidat socialiste David Fournier.

    Une décision qui « n’est pas sortie du chapeau », assure Frédérique Boyer, cofondatrice de l’Après 84, qui évoque des discussions « de plusieurs mois » avec plusieurs candidats. Elle estime « que c’est le seul qui répond à un désir d’union » et insiste sur le fait qu’ils rejoignent « David Fournier et pas le Parti socialiste ». Yves-Marie Cardine, co-référent de l’Après 84, parle d’une « étape importante », d’un « moment charnière » ou encore d’un ralliement qui n’est « pas un accord d’appareil ». Notamment face à « l’extrême droite qui menace la vie commune », poursuit-il.

    Tandis que David Fournier se réjouit d’une décision qui entre « dans la volonté commune du rassemblement des forces de gauche », tout en annonçant fièrement que plusieurs autres organisations politiques allaient également se joindre à eux, dans les prochaines semaines. Il tiendra son premier grand meeting le vendredi 5 décembre à la salle polyvalente de Montfavet.

    Tout en évoquant la volonté « de rassembler le plus largement possible » car « Avignon mérite une équipe de gauche engagée », l’actuel adjoint à l’administration générale insiste particulièrement sur des aspects programmatiques « en direction des plus faibles et des plus fragiles pour une meilleure justice sociale ». Yves-Marie Cardine ajoute : « On n’est fort que s’il y a un programme clair et solide », avant de présenter les « 10 mesures emblématiques de l’Après ». Parmi lesquelles on retrouve la sécurité sociale de l’alimentation, des cantines bio locales plus poussées, des assemblées de quartier décisionnelles, un moratoire sur les projets climaticides et les bureaux trop nombreux, ou encore la pédagogie, la tranquillité publique et la sécurité. Une manière de répondre au candidat Place publique, Benoît Belvalette, qui estimait que la question du leadership prenait le dessus sur le programme.

    « On a la dynamique »

    Ce ralliement ne réduit toutefois pas le nombre de candidats à gauche en Cité des Papes, avec toujours en lice Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (la Convention), Mathilde Louvain (la France insoumise) et donc Benoît Belvalette (Place publique). « Mais à gauche, la dynamique est de notre côté », lance Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon, avant que le candidat ajoute avoir « la dynamique tout court ». Il précise que les liens avec les autres candidats « ne sont pas rompus », avec des discussions encore « en fin de semaine dernière et en cette fin de semaine ». Mais aussi avec Farid Faryssy, ancien co-chef de file des insoumis pour les municipales, qui a annoncé quitter LFI après
    la nomination de Mathilde Louvain comme tête de liste.

  • Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Ces deux dernières semaines, le froid a fait son retour dans le Var. Localement, le mercure est parfois descendu sous les 0°C et quelques flocons sont tombés à très basse altitude, tandis que les reliefs du Haut-Var ont légèrement blanchi. Une première offensive hivernale qui rappelle que le soleil et la chaleur ne sont pas un apanage annuel. Et qui, surtout, marque le début d’une période particulièrement difficile pour les personnes précaires et sans-abri. En France, depuis le début de l’année, 614 d’entre elles sont décédées.

    C’est pourquoi comme chaque année, la préfecture du Var met en place son dispositif de mise à l’abri hivernal. Piloté par la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) sous l’autorité du préfet, avec le soutien des associations de terrain et du Siao 115, celui-ci est en place depuis le 1er novembre.

    Un plan à deux niveaux

    Un dispositif complémentaire aux 955 places d’hébergement d’urgence mises à disposition toute l’année par les services de l’État et les associations, et qui doit permettre « d’offrir un accueil pour toute personne qui demande à être à l’abri en cas de températures ressenties négatives », affirme la préfecture. Deux niveaux d’alerte sont ainsi établis : le niveau 1 pour les températures comprises entre -1°C et -4°C, et le niveau 2 pour les températures inférieures ou égales à -5°C.

    Le niveau 1 implique l’ouverture de deux accueils de nuit (7 places en file active sur l’agglomération de Hyères et 10 places à destination des femmes seules à Toulon), de 5 salles paroissiales et associatives (44 places) en plus des 8 places déjà ouvertes sans condition climatique sur les agglomérations de Hyères et Saint-Raphaël, des huit accueils de jour avec des extensions horaires, mais aussi des mises à l’abri hôtelières complémentaires au sein de 11 établissements partenaires, et la mise en place d’un tiers-lieu alimentaire pour les familles à la rue ou hébergées à l’hôtel. Le niveau 2 consiste en un renforcement de l’alerte, via l’intensification des maraudes effectuées par les équipes mobiles et les bénévoles. Au total, ce dispositif permet d’accueillir 955 personnes par jour.

    Pour encadrer ce dispositif, le Siao-115 du Var mobilise ses équipes sur le terrain et dans les centres d’appels et informe la DDETS du Var en temps réel de l’évolution des demandes. Un médecin est disponible sur Toulon pour coordonner le parcours de soins des personnes vivant à la rue, avec des interventions du Smur dans le cadre de la régulation médicale du centre 15 suite à un signalement au 15, 18 ou 112. Si une personne refuse la mise à l’abri alors qu’elle semble en danger, il appartient aux agents d’user de toute leur persuasion et, en cas d’échec, de prévenir le Service d’aide médicale urgente (Samu) qui activera les moyens de secours adaptés. La préfecture invite à multiplier les dons matériels (vêtements, nourriture, kits d’hygiène…) et pécuniaires auprès des associations, et à appeler le 115 en cas de repérage d’une personne sans-abri en difficulté ou en danger.

  • Loi littoral : la polémique continue sur la propriété Fliche

    Loi littoral : la polémique continue sur la propriété Fliche

    « Depuis quelques jours, les engins de chantier sont entrés sur la propriété Fliche et des algécos sont en place », alarme l’océanographe Dominique Calmet, à la tête de l’Association de protection de l’environnement (APE), qui veille scrupuleusement à l’application de la loi sur cette commune varoise. Selon lui, l’alerte concerne, ici, le lancement des travaux, « alors que le dernier permis de construire délivré en 2024 fait toujours l’objet d’un recours contentieux en annulation devant le tribunal administratif de Toulon ».

    Un équilibre difficile

    Il pointe également « la destruction des ruines, dont la surface ne doit pas être comptabilisée pour établir celle d’une éventuelle reconstruction », qui a eu lieu le samedi 15 novembre. L’association dénonce en outre des marchés liés à cette nouvelle phase de travaux, signés par le maire de Saint-Mandrier « sans la moindre présentation à une commission communale », pour un montant de 3,7 millions d’euros. Ces marchés ont été approuvés lors d’une délibération du conseil municipal du 29 septembre, qui portait sur l’augmentation du coût global de l’opération. Pour mémoire, le projet, plusieurs fois retoqué, concerne la construction d’un centre aéré. « Mais ne respecte toujours pas la loi littoral », s’insurge l’association.

    La commune de Saint-Mandrier incarne un bon exemple des enjeux et des conflits liés à l’application de cette loi, qui a pour objectif de concilier protection de l’environnement et aménagement équilibré.

    « Le projet n’est donc pas purgé de tout recours », insiste Dominique Calmet. Le président de l’APE fustige donc le choix de la municipalité de « passer en force et de dépenser l’argent public sur un chantier qui pourrait être stoppé net par la justice ».

    Joint par téléphone mercredi matin, le maire (LR) Gilles Vincent dément catégoriquement l’empressement dénoncé. « On a une décision de justice du tribunal administratif qui nous permet de commencer les travaux. » Il poursuit, agacé : « Mais bon, ça suffit maintenant. Ce sont des gens qui se sont présentés aux élections municipales. Donc ils nous attaquent sur tout. »

    Pour lui, il ne s’agit que d’acharnement, puisque « le tribunal a considéré que le permis de construire est valide et donc qu’il n’y a aucune raison d’empêcher la municipalité de commencer les travaux ». En face, l’APE continue de reprocher la non-conformité du projet avec la loi littoral et annonce faire appel de la décision si nécessaire.

  • La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    Il est un peu plus de 11h et les salariés de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) en grève pénètrent, en silence, dans l’Espace des Libertés où se tient la journée de l’association. Après les avoir accueillis par une brève allocution, Augustin Moyolo, le directeur général de cette association qui gère 4 établissements dans le secteur médico-social, Saint-Thys, les Violettes, Decanis à Marseille, et la Gauthière à Aubagne, leur demande si quelqu’un veut prendre la parole. Les salariés alors, toujours en silence, lui tournent le dos et s’en vont… Ambiance.

    Depuis 10h du matin, les grévistes et les délégués syndicaux (DS) de la CGT se sont massés devant l’Espace des Libertés. Sophia Meberki, DS aux Violettes, a lancé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons grève, c’est à cause du mépris de la direction. » Dans la foule, les pancartes brandies donnent le ton : « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi ! ». « L’engagement on l’a, la reconnaissance on l’attend ! ».

    Grève très suivie

    aux Violettes

    Une des principales revendications de la CGT porte en effet sur les salaires. « On était prêts à une revalorisation même minimale, avec par exemple plus 7 euros pour les plus bas salaires », expose Sophia Meberki. « La direction nous dit qu’elle n’a pas d’argent, mais dans le même temps elle a acheté un nouveau siège social à Gémenos à plus d’un million d’euros… », épingle-t-elle. En milieu de matinée, Bernard Cresta, DS CGT central, annonce « 95% de grévistes aux Violettes, 45% à la Gauthière, 30 à 40% à Saint-Thys, 90% lors du débrayage d’une heure trente à Decanis ».

    Accompagnante éducative et sociale aux Violettes, Esther, 47 ans, témoigne : « On se donne corps et âme pour un salaire avec lequel on n’arrive pas à boucler les fins de mois. On fait des heures supp’. On voudrait de la reconnaissance, qui passe entre autres par la revalorisation salariale. » Joint par téléphone, Augustin Moyolo, directeur général de l’Araimc, a argué : « La CGT demande à ce qu’on augmente les salaires de tout le monde, avec un coefficient multiplicateur appliqué chaque année. Mais en 2025, nos établissements sont en déficit d’activité. On ne peut pas donner cette prime. Notre financement repose sur les subventions de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental. Et je ne peux pas déroger à la convention collective. Chaque année on essaie de faire quelque chose au niveau social, mais on ne peut pas mettre en difficulté notre association. » Quant au nouveau siège social, « il a été financé avec nos fonds d’investissement pour améliorer les conditions de travail des salariés ».

  • Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    La faculté d’économie et de gestion d’Aix accueillait, mercredi, une journée régionale de formation dédiée à la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le sport. Une initiative proposée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof). Le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps), situé à côté de la fac et relais institutionnel sur le sujet, et la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) ont également piloté cette journée.

    Des ateliers se sont tenus l’après-midi alors que la matinée était consacrée à des interventions de professionnels. Parmi eux, Roxana Maracineanu, ancienne championne de natation et ministre des Sports entre 2018 et 2022. Secrétaire générale de la Miprof, elle mène la lutte pour former les personnes qui entoureront les victimes de violences sexistes et sexuelles : « On crée des outils de formation et nous pilotons ça avec l’Observatoire national des violences faites aux femmes pour délivrer une réalité que personne ne peut contester, qui est celle des données et des chiffres. »

    La championne du monde du 200m nage libre 1998 a évoqué ses combats lorsqu’elle était au gouvernement et la difficulté de libérer la parole : « Ce n’est pas un travail facile que de parler des violences, parce que personne n’a envie de les aborder. On va rencontrer des victimes, les entendre. Et dire aussi aux personnes qui étaient autour de ces victimes et qui ont dit ne pas avoir su “qu’est-ce que vous faites encore là, Monsieur ? Vous n’avez pas agi, votre rôle, ce n’est pas que de rapporter des médailles”. »

    Les rôles détaillés

    Cette matinée de sensibilisation a offert aux 250 personnes installées dans le nouvel amphithéâtre de la faculté, un point global sur les VSS, avec chaque spécialiste, dans chaque domaine. La Miprof a d’abord expliqué les formes de violence et leurs impacts avec, en point d’orgue, une définition générale des VSS : actes et comportements à caractère sexuel exercés sous la contrainte, en raison du genre, dans le but de dominer.

    Deux gendarmes et une magistrate spécialistes de la jeunesse ont détaillé leur champ d’action, avant que l’une des juristes du Comité national et olympique du sport français (CNOSF), Anne-Sophie Weisz, s’étende sur les sanctions pour les agresseurs. Cette journée, riche en échanges, a permis de sensibiliser et d’informer sur un sujet majeur.

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.