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  • Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    « On est dans la sixième semaine de grève, la tension monte. Il faut que la direction réagisse. » Ce mardi, devant les grilles de l’usine marseillaise d’Haribo, Thierry Cambola, délégué syndical FO du site, ne cache pas son agacement.

    Le bras de fer se poursuit avec leur direction depuis plusieurs semaines pour une revalorisation salariale, le seul horizon qu’offrent les négociations est une rencontre au 28 septembre prochain (lire notre article du 31/07). « Le 28 septembre prochain c’est trop loin, c’est inacceptable. Ces négociations auraient pu, et dû, être finies en mars ! », commente, les dents serrées, le syndicaliste. Pas de quoi entamer la détermination des petites mains du géant de la sucrerie… Ni d’obtenir une trêve des confiseurs ou une suspension du mouvement. Devant le piquet de grève, Thierry Cambola assure que la colère des salariés est toujours vive : « On est plus d’une quinzaine de grévistes, ça tourne, et avec les personnes en congé, c’est pénalisant pour la production. L’usine tourne très peu, lundi par exemple ça n’a pas tourné. »

    Une grève

    qui coûte bonbon

    Olivier, également salarié de l’usine et syndiqué FO, confirme que la volonté est bien d’attaquer l’entreprise au portefeuille pour qu’elle revienne à la table des négociations le plus rapidement possible : « C’est de la perte pour eux, il n’y a presque pas de production, les machines démarrent tard, les camions partent à moitié vides. »

    Et l’intersyndicale CGT-FO compte augmenter encore la pression avec l’appel à une mobilisation, ce jeudi, en plus du piquet de grève quotidien. Les grévistes espèrent recevoir un soutien à la hauteur de leur mouvement social. Une délégation de leurs homologues du site d’Uzès, dans le Gard, est également prévue. La CGT de l’usine gardoise appelle d’ailleurs à une grève ce jour. « Il y a une solidarité, on se bat pour Haribo France, pas que pour Marseille mais bien pour tout le monde ! », martèle Olivier. Contactée, la direction d’Haribo explique rester « pleinement engagée en faveur d’un dialogue social constructif et d’une communication directe avec nos salariés ». Mais concrètement, elle renvoie seulement vers la fameuse réunion du 28 septembre.

  • Un accord pour suspendre la chasse dans le Bois Noir

    Un accord pour suspendre la chasse dans le Bois Noir

    Pour la prochaine saison de chasse, les « secteurs directement impactés par l’incendie » seront sanctuarisés. C’est la décision prise par Cyrille Drujon d’Astros, président de la communauté de communes du Pays des Ecrins et Philippe Boisset, président de la fédération départementale de chasse, après leur rencontre ce vendredi. La décision consiste à établir « des cartes d’exclusion de la chasse », qui « comprendront les zones forestières incendiées ainsi qu’un périmètre de protection, destiné à constituer un secteur refuge pour la faune sauvage, particulièrement fragilisée par cet événement », rapporte le communiqué paru ce lundi.

    Cette décision est motivée par « la volonté commune de favoriser la reconstitution des habitats et de laisser à la faune le temps nécessaire pour retrouver des conditions de vie compatibles avec son maintien », expliquent les deux parties. L’accord doit encore être approuvé par les sociétés de chasse de Freissinières et de l’Argentière-la-Bessée. La Communauté de communes recommande aussi d’éviter la cueillette de champignons dans le massif où du produit « retardant » été diffusé par voie aérienne.

    Une pétition nationale pour suspendre la chasse

    L’interdiction de chasser sur les secteurs incendiés est de plus en plus demandée au sein de la société civile et des associations de protection de l’environnement. La pétition « pas de fusil sur les cendres », lancée en juillet sur le site change.org a dépassé 380 000 signatures. Pour l’heure, le gouvernement laisse les préfets arbitrer localement et la Fédération de chasse n’a pas donné de consignes nationales.

  • La Camargue perd son label de parc régional

    La Camargue perd son label de parc régional

    La perte du label de Parc naturel régional (PNR) du PNR de Camargue, faute de reconduction avant février 2026, a fait l’objet d’une lettre ouverte adressée à Anne Claudius-Petit, présidente du syndicat mixte gestionnaire et conseillère régionale (Ren.) écrite lundi par le conseiller communautaire d’opposition d’Arles Nicolas Koukas (PCF).

    « Il est préoccupant que la Camargue se retrouve sans la charte fixant vision et stratégie sur 15 ans », écrit l’élu, estimant que « son renouvellement aurait dû être l’occasion de mettre sur la table l’avenir de la Camargue : le réchauffement climatique, la montée des eaux et les risques inondations, l’érosion du littoral, les risques d’incendies et la préservation de nos écosystèmes », liste-t-il.

    Sollicitée, Anne Claudius-Petit explique que « le début du travail pour la nouvelle charte a commencé début 2022 », mais que « le décès du président du Parc Rolland Chassain, les municipales de 2020, le départ du directeur, un autre avec qui ça s’est pas bien passé et la relation qui n’était pas au beau fixe avec Arles », ont reporté la révision de la charte à 2024 selon l’élue. À noter que Patrick de Carolis avait démissionné en juin 2022 en pointant la décision de la Région de reporter le vote de la charte pour lancer sa révision.

    « On a rattrapé notre retard »

    Nicolas Koukas pointe également le changement d’idée du président de Région (Ren.) Renaud Muselier sur la ligne à Très haute tension : « Il a longtemps porté ce projet avant de changer de position (…) à l’approche des élections sénatoriales », affirme-t-il.

    Anne Claudius-Petit répond que « RTE et l’État doivent trouver des solutions face au rejet massif par les Camarguais » mais considère qu’il s’agit d’un « concours de circonstances malheureux » entre les deux sujets. « La Camargue garde une grande force au-delà du juridique. Même si nous n’avons plus la charte, nous sommes protégés son caractère de réserve biosphère Unesco et son label Ramsar », détaille l’élue.

    La présidente espère présenter la nouvelle charte fin 2029. À moins que le Projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales actuellement au Sénat ne raccourcisse ce délai.

  • Les salles de sport font un carton plein

    Les salles de sport font un carton plein

    Lugubres il y a encore une vingtaine d’années, les salles de sport n’ont jamais été aussi tendance.

    Ouverts du matin au soir, et parfois même 24 heures sur 24, ces vastes espaces remplis de machines capables de solliciter le moindre muscle du corps humain ne désemplissent pas.

    Les étudiants profitent d’une heure libre entre deux cours pour s’y rendre, les actifs mettent à profit leur pause déjeuner ou la fin de leur journée pour s’entraîner, tandis que les retraités privilégient les heures creuses afin de profiter d’un peu plus de tranquillité.

    « En termes de pratiques et de modes de consommation, il y a eu un avant et un après Covid », remarque Thomas, directeur régional des salles Keepcool.

    « On a tous été vachement sédentarisé à cette période-là et dès qu’on a retrouvé notre liberté, on a senti que l’on avait besoin de reprendre soin de nous-même », ajoute-t-il, conscient que le secteur a fidélisé une vague de néo-passionnés.

    « Moi, j’ai besoin de ma séance quotidienne », confie Julien. En plein exercice à la poulie haute pour travailler ses grands dorsaux et ses biceps, le Marseillais s’entraîne cinq fois par semaine, à raison de séances d’une heure trente à deux heures. « Venir à la salle, ça m’a vraiment permis de prendre confiance en moi », explique celui qui prévoit de s’inscrire à des compétitions dans les prochains mois.

    « Quand on fait de la musculation, on adopte tout un rythme de vie. On est obligé de faire beaucoup de sacrifices : il faut bien dormir et avoir une alimentation adaptée si l’on veut obtenir des résultats », ajoute-t-il, fier des efforts qu’il fournit quotidiennement pour atteindre le physique dont il rêvait.

    Besoin de bien-être

    et d’une meilleure santé

    Si l’esthétique occupe une place prépondérante dans l’univers du fitness, tous les adhérents ne franchissent pas les portes d’une salle de sport dans l’unique but de se tailler un corps d’Apollon. Pour certains, l’activité physique répond avant tout à un besoin de santé.

    « À la suite d’un accident, je suis devenu hémiplégique et mon médecin m’a vivement conseillé de pratiquer une activité sportive très régulièrement », raconte Thierry, confortablement installé sur son vélo de biking, les écouteurs dans les oreilles et les yeux rivés sur son écran.

    Habitué du Keepcool de La Valentine, où il s’entraîne trois fois par semaine, il profite des fins de matinée pour effectuer sa séance dans un environnement calme. « J’ai déjà essayé de venir l’après-midi, mais l’ambiance ne me correspond pas », poursuit-il. Face à lui, un jeune couple sort des vestiaires.

    Monsieur s’installe sur le rameur tandis que Madame prend la direction des vélos elliptiques. « J’ai repris sérieusement pour me sentir mieux dans mon corps », souligne Kévin.

    Même s’ils ne s’entraînent pas ensemble, les deux amoureux s’encouragent mutuellement. « Il y a beaucoup de monde qui se regarde. Au début, c’est un peu perturbant, mais on s’y fait au final », glisse Chloé, convaincue que certains regards masculins peuvent déranger.

    Un monde plus féminisé

    Longtemps associées à des espaces austères réservés aux passionnés de musculation, véhiculant une image parfois machiste, les salles de sport ont progressivement évolué pour répondre aux attentes féminines.

    Elles représentent aujourd’hui 48% des adhérents en France et 45% d’entre elles se sentiraient mal à l’aise dans cet environnement.

    Chez On Air Marseille Joliette, ouvert en septembre dernier dans le 2e arrondissement, une partie de l’espace est ainsi exclusivement réservée aux femmes. Une initiative pensée comme une réponse aux freins que certaines peuvent encore ressentir en poussant les portes d’une salle de sport.

    « Pour moi, il faut le prendre comme un espace de transition pour les femmes qui ont du mal avec le regard des autres ou qui ne veulent pas subir le jugement des autres », estime Sophia. Coach sportive certifiée par l’État, elle a découvert l’univers des salles de sport en 2019, à la suite d’un cancer du sein.

    « Le sport a été mon exutoire. Je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse profiter tout le monde, pour que chacun puisse se sentir bien dans son corps et dans sa tête », raconte la passionnée très investie aux côtés de Mathilde, la manager de la salle.

    Cette dernière se réjouit d’avoir contribué à mettre en place une démarche de plus en plus répandue dans le secteur, alors que de nombreuses enseignes cherchent à rendre leurs espaces plus inclusifs.

    EN CHIFFRES

    +7,7 %

    La fréquentation des salles de sport a progressé de 7,7% entre le premier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025.

    5 600

    Le marché français du fitness s’appuie sur près de 5 600 établissements, témoignant de l’engouement croissant pour l’activité physique.

    35 €

    Le tarif médian d’un abonnement à une salle de sport s’élève à environ 35 € par mois. Certaines enseignes proposent toutefois des offres plus accessibles, notamment des formules à « un euro par jour » ou des tarifs préférentiels destinés aux familles.

  • La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    Lison, cheveux blonds attachés, t-shirt vert clair, se penche par-dessus la bouée du zodiac pour ramasser un sac plastique. « Hier, on en a ramassé plusieurs, quand j’ai ouvert le bidon pour les jeter, l’odeur était horrible », raconte Lola. Elles sont toutes les deux salariées de l’association Naturoscope depuis 5 ans, l’une des 17 structures ambassadrices de la campagne Écogeste Méditerranée, qui se déploie sur tout le littoral méditerranéen, financée par l’Agence de l’Eau et la mairie de Marseille. Dans ce cadre, chaque été, plusieurs fois par semaine, Lola et Lison partent en mer pour sensibiliser les plaisanciers aux bons gestes écologiques à adopter en mer pour protéger la posidonie et la biodiversité marine. En moyenne, elles accostent une dizaine de bateaux par jour.

    La plante à fleurs

    de la Méditerranée

    Lola a repéré un bateau dans une calanque de l’archipel du Frioul avec six jeunes écoutant de la musique. Lison tente : « Bonjour, vous connaissez la campagne Écogeste ? », alors que Lola rapproche l’embarcation. Les jeunes répondent par la négative. Lison prend son questionnaire sur les pratiques écologiques : « Vous faites attention lorsque vous ancrez le bateau ? » ; « Euh oui, il faut planter dans le sable », répond Kassim, capitaine du bateau, encore en pleine baignade. Lison insiste car il s’agit de protéger la posidonie, une plante à fleurs sous-marine protégée au niveau national et international. Elle se déracine lorsque les bateaux ancrent aux endroits où elle pousse et quand le fond est raclé par l’ancre. Or, la posidonie protège plus de 400 espèces de plantes et 1 000 espèces animales. Elle est fragile à cause de sa lente repousse. Un garçon du groupe répond : « On n’ancrera pas à ces endroits parce que j’ai peur des algues, croyez-moi ! »

    « Et comment vous gérez les nuisances sonores ? », poursuit Lison, en prenant des notes dans son carnet. Les animaux marins sont sensibles aux bruits ; les ondes sonores se propagent environ cinq fois plus vite qu’à la surface. Le bruit peut poser problème aux animaux marins pour interagir, les paniquer ou causer des blessures. Un garçon aux longs cheveux blonds, avec des lunettes de soleil sur le nez, rigole. « En vrai, on ne met pas la musique trop fort, l’enceinte ne pousse pas trop », dit-il. Lison et Lola qui ont entendu la musique en arrivant, hochent la tête.

    Pensez au savon

    de Marseille

    Dans une autre calanque de l’archipel, un voilier de 15 mètres a posé son ancre. Les deux plaisanciers irlandais arrivent d’Espagne et vivent sur leur bateau depuis janvier 2026. David balbutie quelques mots en français. « Ola, ça va être compliqué, on a un questionnaire en anglais ? », dit Lola en interpellant Louison. « Est-ce que vous donnez de la nourriture aux poissons ? », teste-t-elle en anglais, accompagnée de gestes pour se faire comprendre. « Non, on fait attention, on sait que c’est pas bon pour eux », assure David dans un français sommaire. Les poissons sont une attraction dans les calanques. « Les nourrir permet de les attirer, mais cela menace l’équilibre des espèces, explique Lola. L’Oblade a une façon de se nourrir opportuniste. Elle va manger tout ce que donne le plaisancier, et elle se reproduit très vite, au détriment des autres espèces », décrit-elle, pour exemple. « Et vous faites comment pour les douches ? », poursuit Lola. « Vous utilisez quoi comme savon ? », ajoute Lison. « Il certifié écologique en Australie », répond David. Pour diminuer la pollution en mer, les deux salariées recommandent d’utiliser des savons et des produits certifiés par des labels verts. « Ok, on ne connaît pas ça… Mais n’hésitez pas le savon de Marseille c’est super ! », répond Lison en rigolant. En repartant, Lola sourit, « ils étaient super eux, ils connaissaient tout ».

    Gabrielle Cartellier

  • [C’est l’été] Le plus vieux festival des Hautes-Alpes fête ses 40 ans

    [C’est l’été] Le plus vieux festival des Hautes-Alpes fête ses 40 ans

    « Le festival a su affirmer son nom et sa renommée au fil du temps, grâce à la passion et l’engagement de ses fondateurs en 1985, puis aux membres de l’Association des Amis de Mère Église dès 1996, et qui fête donc ses 30 ans cette année. C’est également la magie du lieu dans lequel il se tient qui fait son charme », rappelle Véronique Filippi, la porte-parole de l’association. Et pour l’occasion, les amis de Mère Église veulent marquer le coup. Dès 15h, ils proposent de visiter le lieu et d’assister par la même occasion à une exposition photo retraçant son histoire, l’architecture du lieu et ses travaux de restauration, mais aussi les éditions précédentes de l’événement. Veronique Filippi poursuit : « Mère Église à la fabuleuse acoustique et l’atmosphère unique que les artistes plébiscitent. » Pour profiter de celle-ci, la chorale paroissiale locale offrira une prestation dans l’enceinte même du lieu saint. L’édifice ne suffisant pas pour accueillir les quasi 1 000 personnes du festival, un pré adjacent est lui aussi investi.

    Spectacle son et lumière

    Dans celui-ci se déroulera d’abord un spectacle de jonglerie avec les échassiers de la compagnie Fart’feulu qui viendront déambuler. Puis il sera possible d’être acteur de l’événement en apprenant les danses traditionnelles du Dauphiné avec l’association Tetrad’lyre, ou en participant activement au spectacle interactif de Bab et les chats dès 20h30. L’entrée au festival et la participation aux activités sont entièrement offertes par l’association des amis de Mère l’église. Restent payants uniquement les food-trucks et la buvette installés sur place, mais pour ceux qui souhaiteraient ramener leur pique-nique, c’est possible. Les élus locaux se joindront à la fête pour un discours, l’occasion de boire un apéritif offert à tous ceux présents sur place. La soirée sera clôturée par un show son et lumière mis sur pied par une entreprise locale, la compagnie One Shot. Directement projetée sur la façade du bâtiment, l’animation sera une surprise pour tous. Véronique Filippi résume l’événement en quelques mots : « Une soirée d’exception dans un lieu exceptionnel avec des animations exceptionnelles. »

    Louis Golliot

  • Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Ce n’est pas la première fois que le projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) rencontre une difficulté. Longtemps les défenseurs (État, Région, Métropole de Montpellier…) de cette liaison de 6,3 km entre l’A750 et l’A709 ont buté sur la question du montage financier. En 2021, le Premier ministre Jean Castex pensait avoir trouvé la recette magique en faisant financer le futur tronçon autoroutier grâce à une hausse des tarifs de l’ensemble du réseau Vinci et sa filiale ASF. Une procédure « d’adossement » jugée illégale par le conseil d’État en 2023 qui a conduit à ce que seuls les usagers de l’A9 payent 10 centimes de plus aux barrières de péage Baillargues et Saint-Jean-de Védas pour financer les travaux estimés en 2021 à 270 millions d’euros.

    Cette fois, c’est la Déclaration d’utilité publique (DUP) qui pose problème. Dans son arrêt du 21 juillet, la cour administrative d’appel de Toulouse saisie d’un recours en annulation, a prononcé un sursis à statuer de 6 mois. Un laps de temps durant lequel elle exige de l’État qu’il corrige les insuffisances majeures relevées. Celles-ci concernent l’étude d’impact environnemental, en particulier les mesures de compensation des risques inondation.

    Repenser un projet

    « plus raisonnable »

    Il faut dire que le tracé du COM passe dans une zone du Plan de prévention des risques inondation (PPRI) classée rouge et que le projet consommerait 80 000m3 de zones d’expansion des crues, entraînant une surélévation de 5 à 20 centimètres du niveau de cours d’eaux (Mosson, la Fosse) adjacents.

    Pas de quoi décourager le directeur opérationnel de Vinci Autoroutes en charge du COM pour qui le projet n’est en rien remis en cause. « On n’a pas été surpris. Les intentions de conclusion de la cour avaient été communiquées », indique Salvador Nuñez qui dédramatise. « L’État va faire une enquête complémentaire par voie électronique (d’environ 21 jours) afin de ré-exposer les mesures que nous avions déjà présentées dans l’enquête environnementale mais qui étaient absentes de l’enquête publique de l’époque ». Selon lui « rien de nouveau ne sera annoncé » et le chantier peut suivre son cours. « Nous n’avons aucune consigne d’arrêter nos travaux préparatoires [débroussaillage, abattage d’arbres, dévoiement des réseaux]. »

    Pour les opposants au projet au contraire, les insuffisances relevées par la Justice sont telles qu’ils demandent à l’État de faire cesser les travaux en vertu du principe de précaution. Celui-ci étant juge et partie, Céline Scornavacca, porte-parole du collectif Autre-COM, ne s’attend pas à du zèle. « On va voir avec notre avocate ce qu’on peut faire. » Blocage ou pas, l’arrêt du 21 juillet prouve selon elle qu’en plus d’être « néfaste pour l’environnement et la santé des riverains », ce projet est mal ficelé. « Les jugements sur les DUP souvent ça passe crème, l’État est suivi. Là, la Justice lui reproche d’avoir changé le projet sans avoir réévalué les effets sur l’eau. Elle rappelle qu’il y a des règles sur les ouvrages d’art qu’il faut respecter. »

    Aux yeux de l’écologiste Lise Florès, cette absence de prise en compte de l’impact climatique est l’occasion de repenser le projet pour en faire une sorte de « boulevard urbain » en deux fois deux voies limité à 70 km/h. « Ne peut-on pas faire autrement que ce plan destiné à permettre aux camions de traverser la France ? Un projet raisonnable en développant les modes de déplacements alternatifs à la voiture, avec une étoile ferroviaire, des liaisons bus et un travail en profondeur sur les équilibres territoriaux afin de limiter les déplacements ? »

    Si dans son arrêt la justice administrative n’a pas retenu l’argument de la non prise en compte du « trafic induit » dans le projet, Céline Scornavacca reste persuadée qu’il s’agit bien d’une autre limite au dossier que l’Autorité environnementale avait soulevé dès 2019 (et ensuite le rapport des Shifters). Par ailleurs, un autre recours contre l’autorisation environnementale accordée fin 2025 par le préfet François-Xavier Lauch doit encore être jugé au Tribunal administratif de Montpellier. « À chaque décision de l’État, il y aura un recours, on s’y attend », soupire Salvador Nuñez. Toutefois, il ne « voit pas de raison objective » de déjà reculer le calendrier du COM. À savoir une livraison du chantier contesté fin 2030 début 2031.

  • Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    « J’ai vraiment un parcours classique », lance la jeune femme devant la presse. À seulement 33 ans, Lucie Roesch coche en effet toutes les cases de ces serviteurs de l’État, bien décidée à « être utile à mon pays ».

    Diplômée de Sciences po, puis de l’École nationale de l’administration (ENA), elle devient auditrice à la Cour des comptes, puis chargée de mission auprès de son premier président Didier Migaud. En 2020, en pleine crise Covid, elle est nommée directrice de cabinet du préfet de l’Ain. L’année suivante, elle rejoint le cabinet de Jean Castex, alors Premier ministre, où elle occupe le poste de cheffe de cabinet adjointe, notamment en charge de ses déplacements. Elle quitte ensuite Matignon en mai 2022 suite au changement de gouvernement. Elle rejoint alors le secrétariat général de la préfecture de l’Aude et devient sous-préfète de Carcassonne.

    Quatre ans plus tard, elle est donc nommée à Alès, « une région que je connais peu mais qui est très attrayante ». Après avoir échangé sur les dossiers les plus importants avec son prédécesseur, Émile Soumbo, Lucie Roesch veut multiplier les rencontres. Pour sa première semaine de fonction, elle a d’ailleurs échangé avec le maire d’Alès, le procureur et a rencontré les forces de l’ordre mardi 28 juillet. « Je veux profiter de l’été, qui est normalement une période un peu plus calme, pour aller sur le terrain », explique-t-elle. Une méthode qu’elle souhaite d’ailleurs poursuivre tout au long de sa mission : « J’ai vocation à passer peu de temps dans mon bureau. J’aime aller sur le terrain, à la rencontre de la population, des entreprises et savoir où l’État est attendu. »

    Lutte contre le narcotrafic

    Lucie Roesch débarque à Alès dans un contexte difficile alors que le maire, Christophe Rivenq, a reçu des menaces de mort signées « DZ Mafia ». « C’est un contexte particulier pour le territoire et ces menaces ont choqué la France entière. J’ai réaffirmé tout le soutien de l’État à Christophe Rivenq. Nous allons poursuivre le travail très intense déjà engagé contre le trafic de drogue. C’est évident que cette actualité va donner une coloration particulière à mes premières semaines, à mes premiers mois ici », explique-t-elle.

    Dans l’Aude, Lucie Roesch avait également été confrontée aux risques, que ce soient les inondations ou les incendies, comme celui de Ribaute qui avait détruit plus de 11 000 hectares l’an dernier. Des risques auxquels elle sera à nouveau confrontée à Alès. Si elle connaît les grands enjeux du territoire, Lucie Roesch devra tout de même attendre l’installation de Fabienne Decottignies comme nouvelle préfète du Gard le 17 août pour affiner sa feuille de route.

  • Les agriculteurs cévenols touchés par les restrictions d’eau

    Les agriculteurs cévenols touchés par les restrictions d’eau

    Il ne manquait que deux ou trois semaines pour les producteurs d’oignons doux des Cévennes. Le ramassage de cette appellation d’origine protégée est en effet prévu autour de la mi-août. Mais touchés par une importante sécheresse et quatre vagues de chaleur depuis mai, les agriculteurs doivent d’ici là composer avec les restrictions d’eau et notamment l’interdiction d’irriguer (même si des dérogations sont possibles). Ces interdictions touchent aujourd’hui la zone du bassin-versant de l’Hérault placée en « situation de crise » par le préfet du Gard. Ce territoire abrite pourtant la majorité des producteurs d’oignons doux mais aussi de nombreux vergers de pommiers. L’inquiétude a donc gagné ces derniers jours les producteurs locaux.

    Si les nappes phréatiques ne sont pas à sec grâce aux importantes pluies de l’hiver et du printemps, c’est la situation des cours d’eau qui inquiète. Or, les producteurs d’oignons, gros consommateurs d’eau, puisent bien souvent celle-ci dans ces rivières. Ils espèrent donc atteindre la récolte sans trop d’impact sur leur production et surtout éviter la situation catastrophique de 2022 où la sécheresse avait entraîné une attaque de cicadelle.

    Les averses du week-end du 25-26 juillet n’ont pas sorti la zone de la situation de crise mais ont permis aux producteurs de gagner quelques jours pour arriver tant bien que mal jusqu’à la récolte d’oignons au bon calibre. Ces quelques averses n’ont d’ailleurs pas empêché les zones Vidourle et Gardon amont de rejoindre les zones Ardèche, Cèze amont et Cèze aval en situation d’alerte renforcée, le niveau d’alerte précédant celui de crise.

    Des retenues collinaires plutôt que des bassines

    Face à cette situation, la Confédération paysanne du Gard a rapidement réagi et a demandé à l’État d’intervenir. Elle demande d’abord que soit déclenché l’état de calamité agricole. « Cela permettrait un niveau de remboursement tout à fait différent pour nous. Tout le monde serait alors remboursé correctement », explique Rémi Balmassière, co-secrétaire et co-trésorier du syndicat agricole dans le Gard.

    La Conf’ demande également le lancement d’une étude dans les Cévennes « pour réfléchir à ralentir l’écoulement des eaux et favoriser l’infiltration dans les nappes ». Cette étude permettrait d’identifier les bonnes pratiques à suivre pour les agriculteurs mais aussi d’adapter au mieux l’urbanisme local. « Les Cévennes sont la zone la plus touchée par le dérèglement climatique dans le Gard. C’est aussi là qu’on concentre une majorité des pluies. On demande que l’on ralentisse le cycle de l’eau. Nous voulons voir comment avec l’ONF (Office national des forêts), avec les forestiers et les agriculteurs, nous pouvons permettre à un bassin-versant de retenir un maximum l’eau, au lieu de la laisser s’écouler dans les rivières. L’idée, c’est de voir comment remplir les nappes phréatiques et les réserves naturelles du sol », détaille l’apiculteur.

    Le syndicat demande aussi la création de retenues collinaires non imperméabilisées qu’il tient à différencier des bassines : « Les retenues collinaires permettent de retenir l’eau qui coule naturellement, le temps qu’elle s’infiltre dans le sol. Une bassine est plus chère, elle est étanche et permet de stocker l’eau grâce à un pompage ou une déviation de rivière, ce qui entraîne aussi de l’évaporation. »

    La Confédération paysanne demande enfin une aide exceptionnelle de 20 000 euros par actif agricole et non pas selon la taille de l’exploitation comme c’est le cas avec la Politique agricole commune (PAC). « Cette mesure coûte très cher, car elle représente un coût de 8 milliards d’euros si tous les actifs agricoles de France en bénéficiaient. Mais c’est à peu près l’équivalent à notre dépense pour notre dissuasion nucléaire par exemple. C’est une comparaison intéressante car, pour nous, l’alimentation est un enjeu stratégique. On ne peut pas se permettre de passer à côté de cet enjeu qui est de nourrir la population en cas de crise », conclut Rémi Balmassière.

  • Une flotte aérienne en deçà des besoins

    Une flotte aérienne en deçà des besoins

    Les incendies se multiplient, s’étendent désormais à l’ensemble du territoire et gagnent en intensité. Pourtant, les moyens aériens de la sécurité civile n’ont, selon le député LFI de l’Hérault Sylvain Carrière, pas suivi cette évolution. « On a 20 bombardiers d’eau, on a 12 Canadair et 8 Dash. En 1980, si on compare, on avait 21 bombardiers d’eau. Donc ça veut dire qu’on a environ le même nombre de bombardiers d’eau que dans les années 80. Or le risque aujourd’hui est très fortement multiplié », souligne-t-il. Pour le député, le constat est sans appel : les moyens n’ont pas évolué au rythme des besoins. Alors que les saisons des feux s’allongent, la flotte doit désormais être en mesure d’intervenir simultanément sur plusieurs fronts, partout sur le territoire. Une réalité qui, selon lui, impose de revoir le dimensionnement des moyens aériens. Pour le parlementaire, cette situation est le résultat d’un manque d’anticipation politique. « Il faut des moyens et des moyens aériens à la hauteur des enjeux », plaide-t-il, estimant que ce décalage traduit une absence d’anticipation face à l’évolution du risque incendie, alors que les feux touchent désormais des territoires jusque-là relativement épargnés et mobilisent les secours sur une période de plus en plus longue.

    Une stratégie jugée insuffisante

    Le député pointe également les hésitations du gouvernement concernant le renouvellement des Canadair. « En 2022, le président Macron nous parle de 16 Canadair qui vont arriver. Puis on nous dit non, ils ont été annulés. Au final, 2 ont été validés, financés avec des fonds européens. Ce sont donc 2 Canadair qui doivent arriver pour 2028 et ils en ont recommandé 2, que l’on n’aura pas avant 2033. » Une succession d’annonces qui nourrit, selon lui, « une illisibilité » de la stratégie de renouvellement.

    Au-delà du nombre d’appareils, Sylvain Carrière s’inquiète du vieillissement de la flotte actuelle. Les douze Canadair en service nécessitent une maintenance importante, réduisant quotidiennement leur disponibilité opérationnelle. « On se rend compte que, là aussi, la planification est en deçà des enjeux du moment. C’est très inquiétant quand on voit qu’on a des incendies de plus en plus étendus, mais aussi de plus en plus violents. »

    « On a un savoir-faire français sur l’aérien, donc on pourrait le faire sans trop de soucis. Mais pour ça, il faut la volonté politique », plaide le député LFI de l’Hérault, pour qui le développement d’une filière industrielle française permettrait de gagner en autonomie. Une condition qu’il juge indispensable pour adapter durablement les moyens de lutte contre des incendies devenus, selon lui, un défi structurel plutôt que saisonnier.