Category: accueil-merge

  • Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Pour l’heure, la seule nouveauté visible sur le site est le centre d’incendie et secours de Saint-Julien, qui s’est érigé rue de la Crédence, opérationnel depuis le 31 mars 2025. En face, le terrain vacant depuis la destruction des quatre bâtiments du Petit Séminaire, entre 2021 et 2023, doit accueillir une coulée verte en 2027.

    « Vous êtes venu il y a deux ans. On vit toujours avec les mêmes difficultés. » Le 26 juin 2023, un Marseillais avait ainsi interpellé Emmanuel Macron devant près de 350 associatifs et habitants réunis dans le stade de la cité de la Busserine. C’est dire combien les attentes en termes d’amélioration du cadre de vie sont grandes dans les quartiers populaires. Le président de la République était venu annoncer la grande consultation « Quartiers de demain », où parmi dix projets, l’avenir du Petit Séminaire doit se redessiner.

    Trente équipes (trois par site) composées d’architectes, urbanistes et paysagistes, soumettent, ce lundi, leur projet destinés à répondre aux enjeux complexes et singuliers de chacun des dix territoires pilotes à Caen, Colmar, Coulommiers, Corbeil-Essonnes, Le Mans, Lodève, Manosque, Marseille, Pessac et Sedan.

    Construite en 1959 par Georges Candilis pour résorber les bidonvilles, la cité a été la première expérience de réhabilitation urbaine de 1976 à 1986, mais son abandon et sa dégradation avancée ont conduit à la démolition des 240 logements sociaux entre 2021 et 2023. Sur ses 3,7 ha de terrain laissés vides, le long de la rue de la Maurelle, les travaux de réagencement ont déjà été estimés à 3,75 millions d’euros. Plusieurs ateliers, qui associent habitants, CIQ et associations à la réflexion, ont déjà fixé les grandes lignes du projet urbain.

    De la cité au laboratoire

    En s’appuyant sur les qualités paysagères du site, le premier axe impose la gestion des eaux pluviales et de ruissellement, tout en développant des usages à l’attention des habitants. Cette trame verte doit « favoriser l’émergence d’activités intergénérationnelles ». Est aussi prévue « une rénovation énergétique des logements subsistants et la création d’une offre résidentielle qualitative, sociale ou en accession ».

    Enfin, le projet prévoit de retravailler l’offre en équipements scolaires et socio-éducatifs, en transports en commun et en mobilités douces. L’agence Folléa-Gautier a imaginé un « vallon fertile capable d’évoluer avec celles et ceux qui l’habitent, le traversent ». Le Petit-Séminaire se fait « havre climatique », « aire de solidarité » et « port d’attache » avec l’Atelier Marion Talagrand. « Cœur de nature active et attractive au service du redéploiement urbain. Puisant dans les logiques pastorales », pour Ilex.

    Les trente projets sont dévoilés, ce lundi, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, ainsi que les dix lauréats, par les maires des sites concernés. Ouverte au public du 3 décembre au 3 mars 2026, l’exposition des maquettes et photos de « Quartiers de demain » sera par la suite présentée sur site.

  • Les passants sensibilisés à la prévention du VIH

    Les passants sensibilisés à la prévention du VIH

    Au bout du cour Belsunce, une petite foule s’est massée devant le stand dressé par la mairie. Les passants peuvent se servir dans la documentation disposée sur les tables. En plus de multiples flyers sur le VIH, les visiteurs peuvent trouver différents dépliants dédié à plusieurs thèmes : vaccinations (calendriers simplifiés pour les 65 ans et plus, pour les femmes enceintes…) ou encore les préservatifs. Ici, tout a été pensé pour fournir un maximum de conseils a l’ensemble des publics.

    Michèle Rubirola, première adjointe au maire, explique la vocation de cette initiative : « Notre objectif c’est zéro transmission d’ici 2030, mais il y a encore des populations qui ne viennent pas vers le dépistage, par peur, par stigmatisation ou par méconnaissance, c’est donc capital d’être sur le terrain ! »

    De son côté, Élisabeth Créance, responsable du centre de vaccination installé pour l’occasion, explique dans le détail le fonctionnement du stand : « Les personnes qui ont des questionnements sur leur santé virologique ou sérologique sont orientées dans notre local médical par le stand. » Après un questionnaire administratif, puis un autre axé sur le médical, les personnes rencontrent un médecin : « On vérifie déjà si tous les vaccins sont à jour. »

    Le centre de vaccination peut aussi échanger avec les passants sur les pratiques à risque : « Cela peut aller des conditions de vie à la consommation de drogues. Quand on est consommateur, on est quand même beaucoup plus à risque. Un premier Test rapide d’orientation diagnostique (TROD) est alors effectué, avec possibilité d’être orienté et accompagné en fonction des résultats. »

    « Acteurs de leur propre prévention »

    Enfin, pour celles et ceux qui aurait des hésitations ou n’oseraient pas franchir le pas du dépistage, la docteure se veut rassurante : « Quand on parle de santé, il n’y a pas d’obligation. Pour le VIH, je dirais que le meilleur moyen de lutter contre le virus, c’est de savoir. » En France, on estime à 10 000 le nombre de personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir.

    à deux pas du stand de la Ville, le centre LGBTQIA+ de la rue du Chevalier-Roze s’active lui aussi. Carole Blanchard, directrice adjointe au planning familial 13, explique : « On fait de l’info, de la sensibilisation et du dépistage. On va des pratiques sexuelles à risque aux différents traitement autour du VIH en passant par les préservatifs, qu’on distribue gratuitement. » Elle poursuit : « Les étudiants infirmiers vont au contact des gens dans la rue pour évoquer toutes ces questions. On outille les gens pour qu’ils soient acteurs de leur propre prévention ! »

  • Vassal clarifie son refus d’une alliance avec le RN

    Vassal clarifie son refus d’une alliance avec le RN

    Cette fois, la candidate de la droite et du centre pour les municipales à Marseille, Martine Vassal, a été contrainte de clarifier, noir sur blanc, sa position. « Aucune alliance n’est envisageable avec les extrêmes », énonce son équipe de campagne à travers un communiqué transmis à la presse ce lundi, en début d’après-midi. Et d’insister : « Au second tour, il y aura bien Martine Vassal, face à Benoît Payan. »

    C’est que son refus en début de matinée, sur les ondes de Sud Radio, de répondre sur la question d’une potentielle alliance avec le RN au second tour, avait suscité un tollé. « On verra à ce moment-là », évacuait-elle, préférant jeter l’opprobre sur une très hypothétique alliance du maire sortant avec les insoumis. Et de renvoyer dos à dos les candidats lepénistes « qui n’en ont rien à faire des problématiques locales » avec la majorité municipale de gauche : « On a d’un côté l’amateurisme et d’un autre côté l’incompétence. »

    Indignation jusqu’au centre

    « J’espère vraiment que ses mots ont dépassé sa pensée », s’inquiétait à chaud le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Avant de hausser le ton sur les réseaux sociaux. « J’ai honte pour Marseille et les Marseillais, écrivait-il. La candidate de la droite et de Renaissance est prête à s’allier au Rassemblement national pour espérer exister et garder sa place. »

    Une indignation abondamment relayée à gauche. « Prête à sacrifier l’avenir de notre ville et de ses habitants à l’extrême droite pour conserver leurs postes, la droite marseillaise est à la dérive », dénonçait l’adjointe (PCF) aux Solidarités, Audrey Garino, quand le Parti radical de gauche, par la voix de son président Hugo Roche Poggi, assurait que « le camp des modérés marseillais ne peut pas l’accepter ». « Ils font la même campagne bas de plafond, ils finiront ensemble sous le même plafond », taclait de son côté la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard.

    Mais jusqu’aux macronistes la sortie a fait des vagues. « Une fois de plus… une fois de trop », déplorait ainsi l’ex-maire (Ren.) des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. « J’avais demandé le non-franchissement des lignes écarlates, le parti présidentiel doit prendre ses responsabilités », explosait de son côté l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache. Avant de lâcher : « Pour le plan B, les regards vont se tourner mécaniquement vers moi, je vais choisir mon moment. »

    Face à l’ampleur des réactions, la présidente de la Métropole a dû corriger le tir. « En aucun cas il n’a été question d’une alliance avec les extrêmes, que j’ai combattus pendant toute ma vie politique », écrivait-elle sur le réseau social X, soutenue par le président (Ren.) du conseil régional, Renaud Muselier, pour qui « on veut se débarrasser » d’elle. Et le parti de Gabriel Attal de rappeler que le refus d’une alliance avec le RN « est une condition absolue du soutien de Renaissance à tous nos candidats ».

    Le RN applaudit

    « La première clarification qu’il y a eu, c’est quand elle a signé notre charte », rappelle le porte-parole de Renaissance à Marseille, Maxime Boudet. Le texte, qu’elle avait approuvé le 1er octobre dernier, écartait déjà toute alliance avec le RN (notre édition du 02/10). « Là, ça permet de remettre une couche, au moins c’est clair », relativise le militant. « Tout le monde veut parler du second tour avant le premier, certains par calcul politique », déplore pour sa part le porte-parole de la candidate, Romain Simmarano, ciblant « les beuglements de certains qui ont fait du cynisme leur seule boussole » et sommant le maire de prendre position vis-à-vis des insoumis.

    Depuis sa rentrée politique, la candidate n’en avait pas moins joué sur le flou, moins pour se rapprocher des dirigeants du RN que pour espérer rallier le tiers de Marseillais votant pour l’extrême droite. Allant jusqu’aux outrances lorsqu’elle qualifie le centre-ville de « crackopolis ». Quant au RN lui-même, il reste le seul à applaudir cette séquence.

    « J’espère
    que ses mots ont dépassé
    sa pensée »

  • Une alerte rouge lancée au gouvernement

    Une alerte rouge lancée au gouvernement

    La pression monte sur l’exécutif à l’approche du vote solennel. Que contiendra la copie finale du budget pour 2026 ? Le pire reste à craindre. C’est pourquoi les syndicats envoient, ce mardi, leur alerte rouge. À travers plus de 150 rassemblements répartis sur tout le territoire, la CGT, la FSU et Solidaires réaffirment leur rejet du projet austéritaire et antisocial du gouvernement. « Sans la mobilisation du monde du travail, ce budget aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et les travailleuses, pour nos services publics et pour l’avenir de notre pays », fait valoir l’intersyndicale, dans un communiqué. « Rien n’est encore joué », promet-elle, appelant à « mettre la pression ».

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement, c’est la guerre », a martelé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le 27 novembre dernier lors d’une conférence de presse conjointe. « On est dans une situation aujourd’hui où on ferme des lits d’hôpitaux pour construire des obus », renchérit-elle. « Ce n’est pas seulement une formule rhétorique (…) le budget de l’armée a augmenté de 6,7 milliards », indique la dirigeante syndicale, alors que le gouvernement prévoyait d’amputer la santé de plus de 7,1 milliards d’euros.

    La CGT, Solidaires et FSU

    à l’offensive

    Parmi les bonnes raisons listées par la centrale syndicale de Montreuil pour se mobiliser, un terrifiant constat : le Smic n’a pas augmenté depuis 2012 en France, contrairement à nos voisins allemands qui viennent d’instaurer une hausse de 14%. La CGT réclame donc une revalorisation à 2 000 euros brut au 1er janvier 2026, « pour que les salariés puissent vivre de leur travail, et d’indexer les salaires sur les prix pour garantir à tous les salariés le maintien de leur niveau de vie face à l’inflation et stopper les effets de tassement ». Sophie Binet devrait s’entretenir avec le Premier ministre, ce jeudi, de même que la CFDT, FO et le Medef, tout au long de la semaine.

    Dans son analyse du budget publiée en octobre dernier, Solidaires prédisait qu’« une baisse des dépenses publiques aurait des conséquences dramatiques pour les services publics, la cohésion sociale et la transition écologique et alimenterait l’extrême droite, dont les électeurs déplorent tout à la fois les injustices fiscales et le repli des services publics ». Et pour cause, le gouvernement prévoit 30 milliards d’économies, une véritable saignée. Cela prévoit, entre autres, la suppression de 3 000 postes dans la fonction publique, notamment dans l’Éducation nationale, à France Travail, aux Finances publiques et à la Sécurité sociale.

    Pour la FSU, ces mesures doivent inciter à « élever le rapport de force pour arracher des mesures de justice sociale : des moyens pour les services publics et la Sécurité sociale, des augmentations de salaire et la revalorisation des carrières de la fonction publique, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, la sortie de la précarité en commençant par un statut pour les AESH, et l’abrogation de la réforme des retraites ».

    La navette parlementaire suit son cours

    Hasard du calendrier ou pas, le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) fait son retour à l’Assemblée nationale dans la journée, après avoir été largement modifié par le Sénat, dominé par la droite. La chambre haute du Parlement est revenue sur la suspension de la réforme des retraites, concédée par le Premier ministre au PS en échange d’une non censure. Les socialistes ont été reçus, lundi midi, par Sébastien Lecornu et une salve de ministres : Économie, Comptes publics, Travail, Santé et Relations avec le Parlement. « Nous progressons, nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis, nous n’en sommes pas encore là », affirme Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, à la sortie de Matignon. Listant une nouvelle fois les lignes rouges du parti à la rose : « Suspension de la réforme des retraites, prestations sociales et pensions de retraites pas gelées, franchises médicales pas appliquées », insiste-t-il.

    Le chef du gouvernement a reçu les communistes dans la foulée, après avoir consulté Liot et Les Républicains la semaine passée. Il recevra les Écologistes ce mardi et le Rassemblement national le lendemain. Le vote de la partie recettes du budget de la Sécu est prévu dans la semaine, avant un scrutin solennel sur l’ensemble du texte le 9 décembre prochain.

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement,
    c’est la guerre »

  • Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Une main de fer dans un gant de velours ? Nommé le 19 novembre, Jacques Witkowski, nouveau préfet de région, de la zone de défense et de sécurité Sud et des Bouches-du-Rhône, est officiellement devenu, ce lundi 1er décembre, le représentant de l’État sur notre territoire. Tout droit arrivé du Grand Est après le passage éclair de son prédécesseur, Georges-François Leclerc, parti de Marseille rejoindre, le 30 octobre, les ors de la République en tant que directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, il lui a aussi succédé durant trois ans en Seine-Saint-Denis.

    « Je sais ce que je trouve, il sait ce que je vais faire », a-t-il lâché dans un sourire au cours de son allocution, reconnaissant qu’il n’imaginait pas se retrouver dans la cité phocéenne. « Je suis avec vous et tout à vous », assure-t-il néanmoins, devant un large parterre d’élus et de représentants du monde politique et économique. Le style tranche déjà son prédécesseur, le nouveau préfet affichant sa volonté d’être à l’écoute. « Vous me trouverez toujours à vos côtés, c’est dans la lettre que j’ai envoyée ce matin à l’ensemble des maires du département », affirme-t-il. Trois mots « seront toujours [son] guide », détaille-t-il : « Un État lisible, proche, réactif. » Il développe : « Lisible car il faut faire savoir ce que l’on fait. Sur les grands projets, le déficit d’explications, parfois, nous met à la peine. » La proximité, car « il faut que les services de l’État puissent avoir cette attention, avec chacun de nos citoyens ». Pour la réactivité, « vous aurez un préfet qui sera ouvert d’esprit et qui essaiera de faire des choses le plus vite possible… quand ça l’est », s’engage-t-il.

    Le narcotrafic

    en ligne de mire

    « J’ai conscience que les Bouches-du-Rhône, la région Paca, Marseille, ce n’est pas un poste comme les autres », estime Jacques Witkowski, fort de ses « 26 affectations ». Avant de laisser à voir son expérience méditerranéenne, « il y a quelques années à Montpellier » en tant que préfet de l’Hérault de 2019 à 2021, et de faire part de son attachement au sud.

    Il promet d’être « très attentif au développement de l’ensemble de la région Provence Alpes Côte d’Azur » où « de nombreux projets structurants sont devant nous », comme les Jeux olympiques, un dossier sur lequel il a travaillé plus de trois ans lors de son passage en Seine-Saint-Denis. « Un enjeu » dont la Région, est-il persuadé, sortira « gagnante avec le Département et la Ville ». Il pointe également des dossiers départementaux « aussi nombreux et d’une importance considérable » dans « une ville monde, une ville port, Marseille ». « Je n’ignore pas tous les enjeux liés aussi au savoir-vivre ici. Pour bien vivre, il faut être bien logé. Pour bien vivre, il faut avoir un travail », martèle le représentant de l’État.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’essentiel de sa feuille de route a déjà été clairement affichée : la lutte contre le narcotrafic. C’est même pour ça qu’il a été choisi par le président de la République, alors que l’assassinat de Mehdi Kessaci choquait tout le pays. Sous le côté affable, on devine sans peine la rectitude pour ne pas dire la tendance plus que droitière du diplômé de Saint-Cyr et gendarme. Pour mémoire, après des incendies de voitures et autres tirs de mortier pour le Nouvel An 2024 en Alsace, il n’avait pas hésité à convoquer en préfecture les parents étrangers des mineurs fautifs, se réservant même la possibilité de réexaminer leur titre de séjour…

    Pointant la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », celle de la sécurité civile et du quotidien, il assène : « Je m’investirai à 100%. Je serai particulièrement réactif. » Il sera même « à fond », d’« une détermination totale ». Et de menacer « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien », de sa « férocité » toute « républicaine ». Les voilà prévenus…

  • La voix des mineurs resurgit le temps d’un documentaire

    La voix des mineurs resurgit le temps d’un documentaire

    Les coups de pioche se sont tus depuis longtemps en Provence. Les dernières mines, elles, ont fermé au début du siècle. Les gueules noires ont vieilli, beaucoup ne sont même plus parmi nous. Pourtant, dès le 4 décembre, leurs voix résonneront à nouveau, sur le petit écran. Dans son nouveau documentaire Mineurs en Provence, l’histoire oubliée, coproduit par Fred Hilgemann Films et France Télévisions, le réalisateur Lorenzo Consolazione ouvre une fenêtre sur ce qu’était le quotidien des mineurs dans les galeries provençales, la solidarité qui les unissait et les luttes sociales qui ont marqué leur histoire…

    « Autant on connaît l’histoire des mines du nord de la France, celles de “Germinal”. Mais les mines de Provence, ce n’est pas une histoire que je connaissais, pas quelque chose qu’on nous enseignait particulièrement à l’école (…). Les deux histoires sont très différentes, retrace Consolazione. Ce sujet, je suis tombé dessus par hasard, en allant visiter une mine d’ocre dans le Luberon. Je me suis ensuite dit qu’il y avait quelques chose à creuser. »

    Archives sonores

    Ses recherches l’ont conduit au travail de Marie d’Hombres, présidente de l’association Récits. Au début des années 2000, l’auteure réalise des dizaines d’enregistrements de mineurs. « Je suis tombé sur une merveille : elle avait conservé tous les enregistrements. C’est un témoignage qui est exceptionnel, formidable. C’est un autre monde, ce sont des gens qui étaient mineurs au début du siècle et dont les enregistrements nous ramènent dans la Provence du début XXe », rapporte le réalisateur.

    Ce documentaire sera aussi diffusé à travers une série de six épisodes, juste avant le journal télévisé régional de France 3. Ces archives sonores uniques, personnelles et bourrées « d’anecdotes » seront proposées avec des images d’animation, mais aussi des séquences tournées dans chaque recoin de la mine témoin d’Alès, restée intacte, et des entretien, notamment celui de Xavier Daumalin, spécialiste de l’histoire contemporaine de la région. Ces contenus permettent de recontextualiser « la mine dans laquelle les enfants partaient travailler jusqu’à la mine hyper-industrialisée, avant le déclin des mines », précise Consolazione. Le documentaire sera diffusé en avant-première, ce mardi 2 décembre (19h), salle Raymond-Galhuid à Gréasque. Une soirée organisée en partenariat avec la Ville et le musée de la Mine qui, elle aussi, a prêté ses archives pour la réalisation.

    Eva Bonnet-Gonnet

    Inscriptions sur ville-greasque.fr.
    Diffusion ce jeudi à 22h55 sur France
     3 Paca.

  • Martine Vassal contrainte de réaffirmer son refus des « extrêmes »

    Martine Vassal contrainte de réaffirmer son refus des « extrêmes »

    La chasse à l’électorat du RN est un sport périlleux. Invitée sur Sud Radio ce lundi matin, la candidate de la droite et du centre à Marseille, Martine Vassal, a une nouvelle fois refusé de se prononcer contre une alliance avec le parti lepéniste au second tour. « On verra à ce moment-là », a elle répété, préférant renvoyer dos à dos le maire (DVG) Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio, comme elle le fait depuis sa rentrée politique (notre édition du 27/09). « On a d’un côté l’amateurisme et d’un autre côté l’incompétence », balayait-elle, insistant sur une potentielle alliance du Printemps marseillais avec les insoumis.

    De quoi susciter un tollé. «J’espère vraiment que ses mots ont dépassé sa pensée», réagissait à chaud Benoît Payan. Avant de hausser le ton sur les réseaux sociaux : «J’ai honte pour Marseille et pour les Marseillais. La candidate de la droite et de Renaissance est prête à s’allier au Rassemblement national pour espérer exister et garder sa place.» «J’avais demandé le non-franchissement des lignes écarlates, le parti présidentiel doit prendre ses responsabilités», s’irritait de son côté l’ex-secrétaire d’Etat Sabrina Agresti-Roubache. Avant de lâcher : « Pour le plan B, les regards vont se tourner mécaniquement vers moi, je vais choisir mon moment. »

    Face à l’ampleur des réactions, la présidente de la Métropole a dû corriger le tir. « En aucun cas il n’a été question d’une alliance avec les extrêmes, que j’ai combattus pendant toute ma vie politique », écrivait-elle sur le réseau social X, soutenue par le président (Ren.) du conseil régional Renaud Muselier pour qui « on veut se débarrasser » d’elle. Sans convaincre à gauche.

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Dans les prochaines semaines, nous allons vous faire vivre les différentes campagnes au cœur du berceau de la démocratie : la commune. Quelles que soient leur taille, rurales ou urbaines, les communes sont le lieu de la vie quotidienne de tous.

    Les maires, élus et les agents municipaux sont au service des citoyens. En première ligne. Les habitants aussi auront la parole. Car nombreux travaillent le « vivre ensemble », en témoignent la force et le nombre d’associations, sportives, culturelles, humanitaires, de loisirs… Loin de la basse « politique politicienne » et des guerres picrocholines que d’aucuns aiment mettre en scène, le souci premier de votre journal est de faire vivre le débat sur les sujets essentiels qui préoccupent les habitants. Sur les valeurs républicaines et de progrès.

    Alain Giovinazzo, Les Mages (Gard)

    « J’ai envie de le poursuivre, pour que règne ce “bon vivre” chez nous »

    Conseiller municipal depuis 2008, puis maire des Mages depuis 2018, Alain Giovinazzo s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur Jean-Claude Paris, qui a accumulé 37 années de mandat avant lui. « Je me suis posé la question il y a environ un an, et j’ai décidé de continuer parce qu’il me semble que je n’ai pas encore fini mon devoir. Jean-Claude Paris avait fait du très bon travail, et j’ai envie de le poursuivre, pour que règne ce “bon vivre” chez nous », confie le maire de cette commune de 2 200 habitants.

    Quasi-natif du village, Alain Giovinazzo met un point d’honneur à soutenir le monde associatif, qu’il qualifie de « poumon du village ». Il y a d’ailleurs œuvré une grande partie de sa vie, d’abord dans le club local de football, ensuite en tant que parent d’élève. « Les associations permettent l’échange et le vivre ensemble », argue le militant communiste.

    Une mission d’autant plus complexe, ces derniers temps, que les budgets des collectivités locales commencent à crier famine. « Il y a quelques années, 75% du budget servait au fonctionnement. Aujourd’hui, on approche plutôt les 90%. Ce qui fait qu’on n’a plus rien pour investir. Notre marge de manœuvre est de plus en plus réduite », ajoute l’élu qui rencontre aussi de plus en plus de familles plongées dans la précarité. Lors de son prochain mandat, il devrait donc poursuivre les travaux de la « maison en partage », la construction de 9 logements dans le centre ancien et voir naître le pôle médical pour lequel la commune s’était pleinement engagée.

    Prisca Borrel

    Sylvain André, Cendras (Gard)

    « Nous portons un message fort pour la paix et la fraternité » Président de l’association des maires ruraux du Gard qu’il a particulièrement développée puisqu’elle est passée de 38 à 167 membres sous sa mandature, Sylvain André est un élu local reconnu. Il avait d’ailleurs été invité à Matignon lorsqu’Élisabeth Borne était Premier ministre pour lui faire part des difficultés des élus locaux. À Cendras, l’édile communiste porte une politique ancrée à gauche qu’il assume : « Nous avons un programme culturel et festif important qui n’est pas uniquement pour se détendre et passer un bon moment. Il y a une vision politique pour que les gens discutent et échangent entre eux, ce qui est essentiel dans cette période de repli sur soi. Pour moi, être maire, c’est être animateur du village et travailler à des prétextes pour que les gens se rencontrent. Quand tu connais l’autre, ses différences, ça se passe déjà mieux. Nous portons un message fort pour la paix et la fraternité, que ce soit de l’autre côté de la rue, comme de l’autre côté de la planète. La mairie est d’ailleurs adhérente à l’ONG Maires pour la paix. Nous revendiquons cette originalité ».

    Après neuf ans à la tête de la municipalité de Cendras, commune de 1 600 habitants située dans l’Agglomération alésienne, Sylvain André a décidé de se représenter pour un nouveau mandat. « Nous avons beaucoup œuvré sur des questions de solidarité, de transition écologique, de culture, pour les personnes handicapées, les personnes âgées, la santé et la tranquillité publique. Nous voulons continuer ce travail engagé et nous avons beaucoup de projets », explique le maire qui réunit son équipe tous les lundis soir pour piloter ensemble les projets.

    T.A.

    Edouard Chaulet, Barjac (Gard)

    « J’ai l’impression d’être dans les soins palliatifs »

    À 80 ans, Édouard Chaulet n’entend pas raccrocher ses gants de boxe. « Pour moi c’était une évidence. À un moment donné, il peut y avoir un obstacle objectif, comme l’âge, la maladie, ou la mort, mais pas le découragement… Je crois que vivre, c’est lutter. C’est résoudre des contradictions, avancer des solutions et commettre des petites avancées », résume le maire de Barjac, en poste depuis 36 ans. « Gérer une mairie longtemps, c’est un peu comme une œuvre… »

    Sur sa commune, l’élu a initié un festival de chansons à textes en compagnie de Jean Vasca et Jean Ferrat, et créé un cinéma d’art et d’essai. Barjac est aussi réputée pour sa restauration scolaire biologique et autonome, basée sur ses propres cultures maraîchères et son huile d’olive maison. « Nous nous efforçons de faire beaucoup de choses en régie publique. On essaie de s’octroyer une relative liberté », avance-t-il. Mais depuis plusieurs années, l’homme a aussi dû lutter contre un phénomène qui n’était pas forcément de son ressort : celui de la désertification médicale. « On a recruté deux médecins à temps partiel, cela nous a coûté 500 000 euros, et on en cherche encore », constate l’élu.

    Lors du prochain mandat, Édouard Chaulet souhaite rénover les maisons du centre du village et créer de nouveaux logements, dont un habitat inclusif pour seniors et un immeuble dédié aux jeunes ménages ou aux femmes séparées. « J’ai l’impression d’être de plus en plus dans les soins palliatifs à cause d’une politique insuffisante pour le quotidien des gens. On essaie de corriger, d’améliorer, de faire de l’égalité et de la fraternité… »

    P.B.

  • [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    TAXES TRUMP

    LM : Quels sont les effets des droits de douane en Occitanie ?

    S.H. : Trump a une diplomatie économique qui n’est pas celle qu’on a connue pendant des années. Cela génère un inconfort supplémentaire. Il s’amuse avec le dollar sur les taux d’intérêt, que va-t-il se passer pour nos emprunts, nos investissements ? On est sur une inflation contenue autour de 2% mais il suffit d’une mauvaise humeur pour faire monter les taux. En France, l’agroalimentaire avec l’agriculture est le secteur qui souffre le plus des droits de douane. L’aéronautique est passée à 0% sur demande de Boeing. Les sous-traitants automobiles, les produits de luxe, les vins, fromages… sont taxés à 25%. Pour les viticulteurs c’est un vrai sujet. 6 000 emplois pourraient être perdus dans l’industrie de la beauté.

    ENTREPRISES & EMPLOI

    LM : Avec la fin des aides Covid, y a-t-il plus de défaillances d’entreprises ?

    S.H. : Au 2e trimestre 2025 en Occitanie, on a eu +19% de défaillances. Les petites entreprises et de plus de 100 salariés sont touchées dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration. Plusieurs facteurs jouent dont la fin des prêts garantis par l’État (PGE) combinée à l’inflation qui a fait un effet ciseau.

    La verrerie pourrait fermer, êtes-vous inquiet pour l’emploi industriel ?

    S.H. : J’espère que la décision du tribunal pour Perrier va permettre à Nestlé Waters de maintenir le site et le sous-traitant à Vergèze. On est inquiet mais l’Occitanie est la seule région où le solde net d’usines (création/destruction) est positif (+9). Si on veut garder l’industrie, il faudra que la fiscalité, le coût du travail et la simplification soient abordés.

    Les délocalisations ne vous révoltent pas, c’est la loi du marché ?

    S.H. : Pardon tout le monde fait ses calculs. Vous feriez sans doute les mêmes. On peut attendre des grands groupes davantage de responsabilité sur les délais de paiement. Mais pourquoi j’irai produire plus cher ici qu’ailleurs ? Il ne faut pas leur demander de se tirer une balle dans le pied.

    Mais un jour la France ne produira plus rien…

    S.H. : On doit être fort sur les sujets qui créent une forte valeur ajoutée : la RD, l’innovation, le numérique, l’aéronautique. Vouloir garder en France des industries mondialisées, non différenciantes, c’est très compliqué. On peut aussi travailler sur des sujets de souveraineté alimentaire, de défense, de cybersécurité, du nucléaire. Stop aux petits calculs, l’État doit poser les grands enjeux.

    INSTABILITÉ & INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    LM : Quels effets l’instabilité politique a-t-elle sur le moral et les décisions des chefs d’entreprise en Occitanie ?

    Samuel Hervé : Des études de la Banque de France en Occitanie ou le baromètre de la CCI régionale montrent que si on sort le secteur aéronautique qui tire l’économie vers le haut, on a dans les autres secteurs comme le BTP, l’hôtellerie-restauration, le numérique, les services sanitaires, social et à la personne, tous souffrent de difficultés de visibilité, de capacité à se projeter. Comparé à l’an passé, tous voient leurs chiffres d’affaires, perspectives d’investissement (à l’arrêt) et d’embauche diminuer. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangés… On assiste à un grand concours Lépine de toutes les fiscalités possibles. Tout le monde attend. Le contexte international peut aussi un peu jouer quand les règles du jeu peuvent changer du jour au lendemain avec Trump.

    Voyez-vous l’IA comme un atout ou un danger pour l’emploi ?

    S.H. : Le Medef a fait un IA tour dans chaque département. On avait une centaine de chefs d’entreprise chaque fois. L’enjeu c’est de surfer sur la vague et de ne pas se faire submerger. Il faut bien connaître les valeurs de cet outil, ses forces et ses faiblesses, dans son entreprise, indépendamment de l’IA. La cité de l’économie et des métiers de demain avec le groupement Leader et l’appui de la Région ont lancé le programme « IA, on accélère ». Il y a 2 promos de 20 entreprises. On est accompagnés sur les différences d’IA (générative, prédictive…). Par exemple, dans ma PME de restauration collective j’ai une dette technologique à résorber pour récupérer des données accumulées depuis 18 ans. On peut aussi faire en sorte que les collaborateurs se concentrent sur leur cœur de métier. Il y a aussi risque de la substitution. Je ne mettrais pas des garde-fous légaux mais à la main du patron. Trouver des salariés impliqués est précieux, je ne connais pas beaucoup de patrons qui s’en séparent même si la compétence est substituable. On peut acheter de la compétence, pas de la motivation.

    TAXATIONS & RETRAITES

    LM : Vous refusez plus de fiscalité mais les profits du CAC40 sont énormes : 131 milliards en 2024. Ne faudrait-il pas taxer plus les gros et moins les petits ?

    S.H. : Si on regarde l’addition des 53 milliards d’économies, il y en a 31 sur les gros. Il y a en France un CAC40 bashing un peu terrifiant. On devrait se féliciter d’avoir des champions français, européens, ce sont des boîtes transnationales. L’activité de Total est déficitaire en France, ils pourraient s’en débarrasser mais ils la gardent. L’essentiel du prix à la pompe c’est des taxes. Par ailleurs, on demande aux grands groupes de continuer à faire de l’apprentissage alors qu’ils n’ont plus aucune aide. Opposer les grands aux petits c’est une vision idéologique. Les gros sont aussi des donneurs d’ordre. Beaucoup de PME et PTE travaillent avec les patrons du CAC40. A travers eux, on risque d’affaiblir le tissu régional. Aujourd’hui, le capital est moins bien rémunéré en France qu’en Allemagne, en Italie, en Suède. Une étude de l’OFCE montre aussi que le niveau de rémunération (des salariés) comparé à la valeur ajoutée créée par les entreprises est le plus élevée en France.

    Vous étiez dans le Conclave. Pourquoi avoir quitté la conférence sociale ?

    S.H: On est allés au Conclave alors que nos cousins n’y sont pas allés et que personne ne les a questionnés. Cette réforme des retraites était passée, ce n’était plus un objet de discussion. Ça a été remis sur le tapis pour des calculs politiciens, on n’était pas pour. On est allé plus loin que beaucoup de positions qu’on avait pu avoir : sur les carrières des femmes, la prévention de la pénibilité, des carrières longues. Là, avec la suspension, on ne fait plus de prospective, on devient instrumentalisés politiquement, on n’en a pas envie. Pareil sur l’assurance chômage, la réforme était passée il y a 2 ans. On a rouvert la boîte de pandore, c’était du pain béni pour les syndicats (salariés). Je peux concevoir que le 49-3 n’ait pas plu mais il reste un outil constitutionnel. Ce n’est pas un déni de démocratie.

    C’EST QUOI UN BUDGET RESPONSABLE ?

    S.H. : Un budget qui conjugue la capacité d’un pays à pouvoir continuer à faire de la croissance. Si on veut protéger le modèle social, la capacité des entreprises à faire de l’emploi, on ne peut pas assécher les conditions de création de valeur. Il n’y a plus d’incitation fiscale pour les entreprises à créer de la valeur. Les systèmes sont parfois confiscatoires. Ça résonne sur l’investissement, sur l’emploi ce qui fait moins de cotisations sociales qui rentrent. Taper sur les entreprises plutôt que sur les dépenses de l’État ce n’est pas responsable.

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.