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  • [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    Face aux horreurs des guerres, les populations civiles sont les premières impactées. Des drames et des tragédies que le Département de l’Hérault a voulu mettre en lumière avec sa nouvelle exposition au domaine Pierrevives, jusqu’au 9 mai 2026. Intitulée « Vivre la guerre en Hérault », celle-ci explore le quotidien des habitants durant la Seconde guerre mondiale. L’occupation, les rationnements, la répression, la collaboration, la résistance : aucun aspect n’est oublié, tous représentés par une multitude d’objets et de documents d’époque.

    L’exposition est découpée en quatre parties thématiques. La première, « Sauver », s’attache à montrer la défaite française sous un angle politique. « C’est une sorte de face-à-face entre Pétain et de Gaulle. On montre comment Pétain, qui au départ jouit d’une opinion plutôt favorable et est vu comme le sauveur de la France, l’homme providentiel, va au fur et à mesure devenir le traître », détaille Véronique Sassetti-Aguilera, conservatrice du patrimoine en chef aux Archives départementales de l’Hérault et commissaire de l’exposition. L’inverse de de Gaulle, vu d’abord comme un traître par les institutions avant de devenir l’homme providentiel.

    Un salon reconstitué

    Très vite, le régime de Vichy se met en place et débute avec lui la collaboration avec l’occupant allemand. Un climat de terreur s’installe et il faut donc « Survivre » pour beaucoup d’Héraultais. « On traite des difficultés de ravitaillement, on reconstitue l’intérieur d’un salon des années 1940, on expose des objets insolites comme un poste TSF, des documents de propagande », poursuit Véronique Sassetti-Aguilera. L’absence des prisonniers de guerre puis la mise en place du STO viennent compléter ce sombre tableau. « Il y a vraiment un aspect peur et discrimination puisque Vichy est une administration pléthorique qui enquête sur tout, surveille tout le monde. C’est vraiment un État autoritaire pratiquant des révisions de naturalisation, des lois antisémites, etc. », insiste la commissaire d’expo.

    Dès lors, les Héraultais se sont tournés vers la Résistance ? Pas vraiment, comme le montre la troisième partie, « Collaborer vs résister ». « C’est une période trouble, les choix de collaboration ou de résistance sont exceptionnels, la majorité de la population ne se positionne pas. Elle fait ce qu’elle peut dans un sens ou dans l’autre, en fonction des opinions, parfois par opportunisme. La contingence du quotidien peut également jouer, quand le mari est prisonnier de guerre et que l’on doit nourrir sa famille, cela peut être difficile de se positionner. C’est de la réprobation ou de l’acceptation silencieuse », observe Véronique Sassetti-Aguilera, illustrant ces propos par des Héraultais allant acclamer Franco lors de sa rencontre avec Pétain à Montpellier, en 1941 – le maréchal avait d’ailleurs pris le soin d’interner préventivement des réfugiés espagnols installés à Montpellier au camp d’Agde – tout en écoutant Radio Londres. De l’autre côté, des parcours de vie de résistants locaux sont mis en lumière – notamment Laure Moulin – afin de montrer « qu’il n’existe pas de profil type du résistant ».

    Vient ensuite la fin de la guerre, la libération du département et la « Reconstruction ». « C’est refaire société après la fracture qu’a été la Seconde guerre dans la société française. Avec le travail d’épuration judiciaire et extrajudiciaire, la création de l’État providence, le retour des déportés et des prisonniers. Enfin le droit de vote des femmes et la construction de l’Europe et la réconciliation franco-allemande », énumère Véronique Sassetti-Aguilera.

  • Le festival Charbon Ardent rallume la flamme

    Le festival Charbon Ardent rallume la flamme

    À La Grand-Combe, le mois de décembre commence sous le signe du feu et des émotions. Du 3 au 7 décembre, Charbon Ardent revient pour sa 19e édition, fidèle à son ambition : offrir un festival gratuit, populaire et ancré dans l’identité cévenole. Cette année, la « Symphonie des éléments » servira de fil conducteur à une programmation qui mêlera création artistique, mémoire minière et fête collective. Le froid ne fait pas peur au public, et seule la pluie inquiète la municipalité.

    Un programme bouillant

    Pendant cinq jours, la ville entière s’animera, de la place Jean-Jaurès à l’espace Frida-Kahlo, en passant par le puits Ricard. C’est justement au puits Ricard que se jouera l’un des grands moments du festival. Samedi 6 décembre, la compagnie La Machine présentera « Incandescences », un spectacle de feu et de lumière. Habituée aux performances monumentales à Toulouse, Nantes ou Calais, la troupe promet une création « poétique et lumineuse », spécialement adaptée à ce site classé.

    Autour de ce final très attendu, Charbon Ardent proposera une semaine dense : soirée rap avec Vices & Versets et Benjamin Epps, concert afro-cubain des Panteras, sirènes musicales de la Cie Mécanique Vivante, spectacles de danse, marionnettes, pyromanie ou vernissages. Des centaines d’élèves du territoire participeront aussi à des ateliers artistiques avant des restitutions publiques. La Grand-Combe, autrefois mine de charbon, revendique désormais une autre identité : celle d’une mine de culture.

  • [Maj] Les territoriaux d’Avignon prêts à la grève pour un meilleur salaire

    [Maj] Les territoriaux d’Avignon prêts à la grève pour un meilleur salaire

    Indépendamment de l’appel national à la grève de ce mardi (lire page 2 et 3), les agents municipaux d’Avignon pourraient également cesser le travail à partir de ce jeudi. L’intersyndicale CFDT-CGT-FO-Fédération autonome a déposé un préavis de grève face à la « véritable mascarade », selon Nicolas Garcia, secrétaire FO Territoriaux, des négociations liées à la revalorisation de leur régime indemnitaire. Ou Rifseep, dans le jargon administratif, dispositif de primes et compléments de salaire propre à chaque collectivité.

    Des négociations se sont ouvertes, en début d’année, pour revoir ce régime avec une enveloppe budgétaire initiale de 300 000 euros, destinée aux agents de catégorie C. Soit les fonctionnaires les moins bien rémunérés qui, à Avignon, représentent près de 55% de la globalité des 2 300 agents. « Il faut un geste fort, certains agents font des astreintes et heures supplémentaires juste pour finir le mois », constate Dalila Djoudi, secrétaire CGT Territoriaux. Une dizaine de réunions ont eu lieu afin d’identifier chaque fiche de postes et les critères possibles de réévaluation salariale. L’intersyndicale estime avoir joué le jeu en travaillant ensemble pour avancer des propositions communes et pas en ordre dispersé. En vain. « Nous n’avons pas trouvé de compromis », déplore Marie Douzon, secrétaire de la Fédération autonome. « Nous refusons qu’in fine seulement la moitié des agents soient concernés par cette hausse », poursuit-elle. Selon un premier arbitrage municipal cité par les syndicats, seuls les agents ayant une indemnité inférieure à 200 euros ainsi que cinq métiers (Atsem, agents de bibliothèque, agents d’entretien, assistants de gestion administrative) seraient concernés.

    « On nous a pris pour

    des imbéciles »

    « Nous avions fait une proposition qui concerne tout le monde avec une enveloppe de 375 000 euros et un effet rétroactif que sur 9 mois et non 12 », détaille Valérie Foeller, secrétaire CFDT Territoriaux. « On nous a pris pour des imbéciles car notre proposition n’a même pas été étudiée, on nous a imposé un arbitrage unilatéral », peste Nicolas Lopez. L’intersyndicale en veut aussi à la maire (PS), Cécile Helle, qui ne l’a pas reçue sur le sujet. Elle appelle à un rassemblement le 9 décembre (8h30, devant la mairie), en amont d’un comité social territorial. « Les agents sont en colère, on va le montrer ce jour là », assure Valérie Foeller.

    Contacté, David Fournier, adjoint (PS) à l’administration générale, confie s’être mis en retrait du dossier depuis septembre, ne pouvant « être juge et partie » en tant que candidat aux municipales. Si lundi soir nous n’avions pu joindre le Premier adjoint c’est parce l’intéressé était en réunion jusqu’à tard avec les services de la Ville pour préparer une contre proposition sur la revalorisation salariale en cours de négociation. « Je trouverais dommage que ça ne puisse pas aboutir avec les propositions que l’on va faire », assure Claude Nahoum, joint ce mardi matin, qui réserve la teneur des annonces aux syndicats lors d’une réunion d’ici au 9 décembre, jour du CST. Selon les syndicats, les propositions de la Ville ne permettraient d’augmenter que la moitié des agents de catégorie C. « On était plutôt sur 58 %, nuance Claude Nahoum. L’objectif est de couvrir la totalité des catégories C en augmentant légèrement l’enveloppe prévue de 300 000 euros sans empiéter de trop sur l’enveloppe 2026 [fixée aussi à 300 000 euros et qui doit couvrir le reste des agents C et les B] ». Le Premier adjoint assure ne pas éluder les difficultés financières des agents : « On n’est pas une entreprise privée, on est conscient du travail fait par les agents au quotidien en direction des habitants. Des éléments importants ont échelonné tout le mandat comme la mise en place de la prévoyance, la mutuelle, et la revalorisation modeste des tickets restaurants (5 à 6 euros) ».

  • Les Pères Noël verts reprennent du service

    Les Pères Noël verts reprennent du service

    Que Noël n’oublie personne. » Telle est la mission assignée, depuis 1976, par le Secours populaire français (SPF) à ses Pères Noël verts. « L’idée n’est pas de remplacer le Père Noël rouge, mais de lui donner un coup de main », résume Fabien Albert, secrétaire général du Secours populaire de l’Hérault. « Les Pères Noël verts vont aller chercher des moyens pour acheter des jouets neufs, les mettre à disposition des parents qui ensuite les récupéreront pour les glisser au pied du sapin. Comme ça les enfants n’ont pas vu le scénario qui se joue et tout le monde peut avoir un cadeau à ouvrir à Noël », poursuit-il.

    Rien de moins évident, hélas, par les temps qui courent. En effet, « d’après le dernier baromètre Ipsos/Secours populaire, près d’un parent sur deux (49%) éprouve de la honte de ne pas pouvoir offrir à ses enfants les cadeaux qu’ils souhaiteraient », souligne l’association, qui a lancé le 19 novembre sa tournée des Pères Noël verts. « Cela prend différentes formes : des entreprises qui se mobilisent et collectent des jouets, de préférence neufs ; des écoles où les enfants apportent leurs jouets qui ne sont plus utilisés mais en bon état ; des collectes dans les supermarchés ; ou encore de l’argent collecté par les troncs et grâce auquel on va acheter des jouets neufs qu’on remettra ensuite aux parents », détaille Fabien Albert. Sur les 32 000 personnes accompagnées par le SPF de l’Hérault, un tiers environ sont des enfants, qui pourront profiter de ce coup de pouce solidaire.

    « Des repas et goûters de Noël, des sorties et animations, des distributions de paniers festifs, des dons de jeux et jouets à destination des familles accompagnées par le Secours populaire sont prévues dans toutes nos structures. » À Montpellier, un repas de fin d’année à l’Hôtel de ville sera organisé le 14 décembre, « à destination de près de 300 personnes accompagnées et bénévoles ». Une initiative reproduite sur leurs territoires respectifs par l’ensemble des comités.

    Parmi les actions solidaires organisées dans le département d’ici les fêtes, de nombreuses braderies comme dans le quartier de Figuerolles, à Montpellier, où le local de l’antenne dédie une pièce aux jouets à prix solidaires (du 24 novembre au 18 décembre) ou dans les locaux du SPF 34 au Marché gare, où un grand déstockage est organisé le 6 décembre, de 9h à 14h. D’autres braderies auront lieu dans tout l’Hérault (Sète, 6 décembre, 9h-18h ; Frontignan, 5 et 6 décembre, 10h-17h ; Clermont-l’Hérault, 6 décembre, 9h-12h et 14h-17h ; ou encore une braderie permanente à Pézenas, où l’espace solidarité du centre-ville se transforme en boutique de Noël solidaire). Des opérations paquets cadeaux sont également organisées dans de nombreuses structures, comme à la Fnac de Montpellier du 27 novembre au 24 décembre.

  • La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    Le rendez-vous ne passe pas. Dans une lettre ouverte au président (Ren.) de la Région, Renaud Muselier, une quinzaine de collectifs et associations engagés sur la question de l’accès à l’eau et du soutien à la Palestine, la CGT du conseil régional, la France insoumise et le collectif Vaï demandent l’annulation d’une rencontre organisée, ce mercredi, avec des entreprises israéliennes de l’eau.

    « Christian Estrosi, Renaud Muselier ou Éric Ciotti sont assujettis au traité sur la prévention du génocide », que la France a signé en janvier 2024, insiste Régine Fiorani du collectif Marseille Gaza. « Nous nous opposons fermement à cette collaboration avec des entreprises qui, de près ou de loin, contribuent au crime de guerre et crime contre l’humanité perpétrés par l’État israélien et l’armée israélienne. »

    La délégation de dix sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies de pointe de l’eau doit être reçue au Tholonet, dans le cadre d’un événement organisé par Rising Sud, l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région, avec la Société du canal de Provence (SCP) et le ministère israélien de l’Économie. Au menu : présentations de projets, rendez-vous pros, et visite d’infrastructures hydrauliques…

    La démarche s’inscrit dans une convention de partenariat entre la SCP dont est actionnaire la Région, et Mekorot, la compagnie des eaux israélienne. Elle a été signée en mai 2023, lors d’un voyage organisé en Israël, et s’inscrit dans le plan Or bleu : 620 millions d’euros fléchés d’ici 2028, s’inspirant de ce qui a pu être mis en place en Espagne ou en Israël.

    « Quel est le statut de ce type de rendez-vous du point de vue du droit international ? », interroge Benard Mounier (Eau Bien commun Paca), rappelant que « la privation d’eau est utilisée comme arme de guerre » à Gaza, en violation de l’ordonnance de la Cour pénale internationale de mars 2024 : bombardement des infrastructures d’assainissement et des réseaux hydriques, pollution des nappes phréatiques… La gestion de l’eau est « un outil de domestication des populations » et « le cheval de Troie de l’installation des colons », poursuit Anti du collectif Hydre. « Cette association est condamnable du point de vue de l’action génocidaire qu’il y a derrière, mais aussi du point de vue de l’imaginaire socio-technique qui va contre l’idée même de l’eau bien commun. »

  • [Exclusif] Un rapport étrille les aides aux communes du Département

    [Exclusif] Un rapport étrille les aides aux communes du Département

    C’est un pavé dans la mare que lance la chambre régionale des comptes. Dans un rapport encore confidentiel que La Marseillaise a pu consulter, les magistrats se sont en effet penchés sur les très importantes subventions d’équipements versées aux communes par le conseil départemental depuis 2018. Des aides dont le montant « explique 55% de la dette qu’il supporte, soit plus d’un milliard d’euros », assène d’emblée le document d’une centaine de page. Sans qu’elles ne soient orientées vers les municipalités qui en ont le plus besoin.

    La situation est en effet unique en France. Aucun autre conseil départemental, dans le pays, n’atteint le même niveau de subventions d’équipements parmi ses dépenses d’investissement, aucun autre conseil départemental ne dépense autant par habitant. Au total, ce sont près de 900 millions d’euros qui ont été versés pour les seules municipalités entre 2018 et 2023, des subventions « principalement tournées vers les communes les moins peuplées », note le rapport.

    Pas de redistribution

    Mais ces aides sont versées sans réelle volonté de corriger les inégalités qui fracturent le territoire, ni de soutenir les communes sous-dotées, relèvent les magistrats, évoquant la situation de la Ville de Marseille. « Les dispositifs ne prévoient pas de critère discriminant en fonction de la richesse fiscale des communes », pointe le document, qui ne se hasarde pas à chercher d’autre explication. Au fil du rapport, des graphiques font bien apparaître une poignée de communes, non nommées, mieux subventionnées que leurs homologues de même taille. Mais, depuis 2021, aucune situation qui pourrait relever du conflit d’intérêts au moment des votes n’a été relevée, et la chambre régionale des comptes estime que « l’information mise à disposition des communes apparaît satisfaisante et de nature à garantir un égal accès aux subventions départementales ». Avec notamment de nouveaux critères environnementaux depuis 2020, qui se sont renforcés.

    Cela n’avait pas empêché l’ancien préfet de région, Christophe Mirmand, de tiquer face à certaines subventions pour financer des caméras de vidéosurveillance, des équipements pour les polices municipales. Le 14 novembre 2022, il avait adressé un recours gracieux pour contester certaines de ces dotations, « sans toutefois réserver de suite contentieuse au refus du Département de retirer la délibération litigieuse », racontent les magistrats. Ceux-ci recommandent, malgré tout, de soumettre à l’hémicycle départemental les résultats attendus de ces subventions – ce qui est prévu indique la collectivité – et de « formaliser les règles de gestion des subventions ».

    Mais, si la chambre régionale des comptes s’alarme des montants versés à des communes de plus en plus mises au pain sec et à l’eau par l’État, c’est surtout parce que la dette de la collectivité flambe. Celle-ci atteint 2,2 milliards d’euros, avec un risque de dégradation d’une note financière encore solide qui alourdirait encore la charge financière. Entre 2023 et 2024, sa capacité de désendettement a ainsi bondi de 9,2 à 18,8 années. La crise du bâtiment y a joué un large rôle avec l’effondrement des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui explique « 75% de la diminution de la capacité d’autofinancement brute ». Le rapport passe rapidement aussi sur les coupes austéritaires imposées malgré les responsabilités déléguées aux Départements. Mais il calcule que si le conseil départemental avait versé autant que les autres pour les communes, « sa dette s’élèverait à 869 millions d’euros fin 2023 au lieu de 1,93 milliard d’euros ». Comme s’il suffisait de couper dans la dépense plutôt que de la réorienter vers les priorités.

    La collectivité assume

    La collectivité, elle, assume. « À partir de 2017 et tout au long de cette période, le Département a effectivement décidé d’amplifier son soutien aux acteurs les mieux à même d’agir pour l’attractivité, le développement, la qualité de vie et la transition écologique du territoire départemental », se gargarise sa présidente (DVD), Martine Vassal, dans son courrier en réponse aux magistrats. « Le Département a investi à des niveaux exceptionnels pour accélérer le rattrapage d’une série de retards du territoire », défend-elle. Avant d’ironiser : « L’État, avec ses différents satellites et établissements publics, a été l’un des principaux bénéficiaires de cette volonté. »

  • Deux visions s’engagent à Aubagne pour le scrutin municipal

    Deux visions s’engagent à Aubagne pour le scrutin municipal

    Si à gauche, deux candidatures sont déjà déclarées, d’autres personnalités, non encartées, sont depuis sorties du bois (ou plutôt, ici, de la garrigue). Après Giovanni Schipani, estampillé « sans étiquette », Jeannine Levasseur s’est déclarée, courant octobre.

    Native d’Aubagne, cette femme de 76 ans, « à droite et au centre droit » dit-elle, a été assistante de direction chez Nestlé et a dirigé une entreprise avec son mari. Elle a longtemps été dans l’équipe du maire actuel, Gérard Gazay. Directrice de campagne en 2014, elle a été adjointe à l’urbanisme durant le premier mandat (2014-2020), puis adjointe de quartier.

    Son intervention lors du conseil municipal du 25 mars dernier, au sujet de la véritable superficie du futur Office de tourisme cours Voltaire – « intox ou méconnaissance du dossier ? », interpelle-t-elle alors le maire – a conduit Gérard Gazay à la pousser vers la sortie. Ce dernier lui a demandé de démissionner de son poste d’adjointe, en juillet. Le préfet a accepté sa démission, courant octobre. Toujours conseillère, elle est aussi, depuis cette date, candidate aux municipales. Dans la profession de foi de sa liste « Un nouvel espoir pour Aubagne », Jeannine Levasseur indique : « Depuis plusieurs mois, de nombreux aubagnais m’ont interpellée. Ils se sentent écartés des décisions, ignorés par un maire qui semble avoir oublié ce qu’est la proximité. » Aussi a-t-elle décidé de se présenter « pour redonner à Aubagne le souffle qu’elle mérite ».

    Ex-adjointe de Gérard Gazay, très impliquée dans le social, Valérie Morinière l’a rejointe. Quatre des idées fortes de Jeannine Levasseur sont « un moratoire pour la construction à Aubagne, car là on construit pour récupérer la taxe foncière, or la ville est défigurée. Une meilleure gestion des finances, avec rigueur et bon sens pour que l’argent public serve pleinement l’intérêt collectif. Une gouvernance exemplaire et transparente. Un grand parc urbain au Bras d’Or ».

    « Nouvel élan »

    Dans ce même lieu, le chirurgien Mohammed Salem, qui a inauguré son local de campagne au 9 avenue Loulou-Delfieu le 14 novembre dernier, veut créer un espace « intergénérationnel ». Président de la Commission médicale d’établissement au centre hospitalier Edmond-Garcin, Mohammed Salem avait annoncé sa volonté de partir pour les municipales il y a plusieurs mois. Avec sa liste « Ensemble vers l’avenir », il souhaite « s’engager afin de donner un nouvel élan à cette ville qui s’éteint. »

    « Afin d’enrichir et amender ensemble nos propositions », a-t-il annoncé lors de son discours le 14 novembre, il donne rendez-vous à la population « courant janvier ».

  • [Entretien] Louis Bertignac: « Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir »

    [Entretien] Louis Bertignac: « Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir »

    La Marseillaise : Diriez-vous que votre dernier album solo en date, « Dans le film de ma vie », sonne comme un autoportrait rock ?

    Louis Bertignac : À part la chanson éponyme Dans le film de ma vie, pas tant que cela. Après, cet album raconte des choses que je vis, que je côtoie. Mais comme d’habitude et pas plus que mes albums précédents.

    L’album est en tout cas nourri
    par vos observations
     : dans le titre « Allez vite », vous déplorez qu’« aux infos, à la télé,
    la peur tourne en boucle
     ».
    Dans ce monde-là, est-ce que Ginette Kolinka, mère de Richard, le batteur de Téléphone, qui a accueilli dans sa cave les premières répétitions du groupe, fait figure de boussole pour vous
     ?

    L.B. : Pas vraiment, parce que j’ai été au courant des aventures, si on peut dire, de Ginette Kolinka [survivante du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, Ndlr.], beaucoup plus tard. À l’époque de Téléphone, elle ne nous en parlait jamais et Richard non plus. En revanche, longtemps après la fin du groupe, j’ai entendu Richard me parler de sa mère. J’étais complètement scié, car je n’étais absolument pas au courant de cette histoire. Après, c’est sûr qu’elle ne la criait pas sur les toits. Elle était étonnamment joyeuse tout le temps. Et elle l’est toujours. Car sa deuxième vie, elle a décidé de la vivre dans le bonheur tellement elle a souffert dans la première partie. Aujourd’hui, vu qu’elle a choisi comme mission d’en parler, et surtout aux jeunes pour ne pas qu’ils oublient, forcément, on est tous au courant. Mais même à son fils, avant un certain âge, je pense qu’elle ne lui en avait pas parlé.

    Dans « Jamais », vous regrettez que « chacun ne pense qu’à son petit moi, ici-bas ». Dans cette époque de replis, d’où peut surgir la lumière, selon vous ?

    L.B. : De temps en temps, je me dit que la musique est une bonne chose. L’amour et l’amitié aussi. Mais, à part cela, je ne sais pas trop.

    Le rock a-t-il été une bouée de sauvetage pour vous ?

    L.B. : Clairement. Je ne savais pas quoi faire à l’époque. Vers 14-15 ans, je suis tombé amoureux de cette musique. C’est grâce à des albums comme Let it be ou Abbey road [des Beatles], puis Who’s next et ceux de Led Zeppelin et Jimi Hendrix que j’ai décidé, ensuite, de faire de la musique. Par moi même, puis avec d’autres musiciens. Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir en musique. Aujourd’hui, je pense encore que c’est ce genre de sentiments qui peuvent sauver le monde.

    Dans « Ne crack pas », vous évoquez aussi les dangers et mirages des drogues dures, dont vous avez été une victime. Là aussi, le rock vous a aidé ?

    L.B. : À l’époque de Téléphone, où tous ces problèmes sont arrivés, cela m’a aidé car, dès qu’on partait en tournée, j’arrêtais tout. Partir faire des concerts et quitter Paris, la ville où je connaissais des gens qui se défonçaient, me faisait un bien de dingue. Mais, comme un con, en rentrant chez moi, je retombais dedans. Une petite ligne et c’était reparti. Ça a duré 10 ans. Mais, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le rock qui m’a plongé dedans. Au contraire, ça m’a permis de m’en sortir de temps en temps. Le rock me donnait de l’air.

    Une bouffée d’air que vous avez symbolisé dans « Vas-y guitare », sorti en 1993…

    L.B. : Je me suis rendu compte qu’à certains moments, surtout dans les mauvais, c’est la musique qui me procure le plus de bien-être. Je prends la guitare et je me mets à rêver en jouant. C’est un peu l’histoire de Vas-y guitare : le mec se fait larguer, il prend sa guitare et ça va mieux. Il se fait virer de son boulot, il prend sa guitare. Et ça va mieux aussi.

    Si certains des titres de votre dernier album jettent un coup d’œil dans le rétroviseur, préparez-vous toujours de nouveaux projets ?

    L.B. : J’ai écrit Dans le film de ma vie en même temps que mon autobiographie. Je me suis donc retourné sur moi-même. Je me suis plongé dans mon passé pour retrouver des souvenirs. En ce qui concerne mes projets, c’est de continuer à faire des tournées. En 2026, on va faire des concerts dans le monde entier. Et j’ai aussi un album, un peu opéra, en préparation. ça va parler de la vie d’un jeune garçon qui me ressemble.

  • CGT, FSU et Solidaires appellent à manifester contre l’austérité

    CGT, FSU et Solidaires appellent à manifester contre l’austérité

    Marc Pietrosino, secrétaire général Union départementale CGT, Bouches-du-Rhône

    « On fait face à un budget de la Sécurité sociale qui est pire que ce qui était présenté avant. Il y a le chantage sur le décalage de la réforme des retraites, contre lequel on serait obligé d’accepter le doublement des franchises médicales ou d’autres mesures profondément antisociales. On doit se mobiliser pour dire non à tout cela et donc protéger les plus précaires et démunis. Les élus brouillent un peu les pistes sur ce budget : vote ou pas, ce qui pourrait se passer ou pas… Nous, les organisations syndicales, on envoie un message clair : ce budget, on n’en veut pas. Il y a d’autres moyens de financer la Sécurité sociale. Dans une multitude d’entreprises, la situation sociale est tendue, la colère sociale doit s’exprimer. »

    Alain Tournay, secrétaire départemental FSU, Var

    « On est dans la lignée des deux dernières mobilisations, celles du 18 septembre et du 2 octobre, car la situation n’a pas évoluée au niveau du budget. Les demandes de justice fiscale, sociale et environnementale et la colère des travailleurs sont toujours d’actualité. Les « pseudo négociations » actuelles ne conviennent pas. Prenons un exemple : sur la suspension de la réforme des retraites, nous ne sommes pas dans cette optique, mais bien pour son abrogation. Ce sont quelques miettes, alors que le peuple est contre cette réforme. Ce budget assèche les services publics, entraîne plus de précarité chez les travailleurs et les étudiants. On est sur un budget de régressions sociales alors que les actionnaires s’en mettent plein les poches ! »

    Laurence de Villèle, secrétaire départementale CGT, Vaucluse

    « Depuis le début des débats parlementaires, on observe une alliance de la droite et de l’extrême droite. Si nous, notre ligne, on l’a, on ne sait pas où va le gouvernement. Ils protègent les grandes fortunes et aucune avancée pour le monde du travail n’a été obtenue. Dans un contexte où il y a 211 milliards d’euros d’exonérations aux entreprises sans contrepartie, il y a un choix politique de fait. La colère s’ancre dans notre pays avec un pouvoir d’achat qui ne fait que baisser depuis 20 ans. L’État ne mesure pas la situation sociale des Français. Si les hôpitaux ne vont pas bien aujourd’hui, c’est à cause des innombrables exonérations sociales que l’on offre aux patrons. »

    Alice Richard, co-secrétaire Solidaires, Bouches-du-Rhône

    « Même s’il y a eu des remaniements ministériels, même s’il y a eu quelques modifications dans le budget, il reste très austéritaire. Il y a un certain nombre d’allocations qui ne vont pas être indexées sur l’inflation, avec des conséquences pour les plus précaires. Dans l’Éducation nationale, il y a l’annonce de 4 000 suppressions de postes pour la prochaine rentrée… Alors que le budget de la Défense dépasse celui de l’Éducation ! On se mobilise aujourd’hui pour réclamer un autre budget, un autre partage des richesses. On est sur une date symbolique du côté calendrier législatif, et c’est dans la rue qu’on gagne les mesures de progrès social. Mettre l’argent dans des services publics plutôt que dans l’armée. »

    Richard Roméo-Giberti, secrétaire général Union départementale CGT, Var

    « On est dans une période où il peut être voté, ou pas, un budget hautement austéritaire et qui peut sanctionner toute solidarité nationale. On se mobilise pour mettre la pression sur l’exécutif dans un moment où il y a une dérive de l’utilisation de l’argent public, avec un budget qui ne répond pas aux besoins sociaux. Peu importe le casting du gouvernement, on invite les salariés de ce pays et le monde du travail en général à reprendre en main ses affaires. Tout ce qui peut être arraché doit l’être. Il faut une rupture dans le fond et qu’on arrive à un réel débat autour des orientations budgétaires. Notamment sur la question du budget de la Défense, ce n’est pas possible que ça soit celui qui grossisse le plus. »

    Sylvain Bartet, secrétaire départemental FSU, Vaucluse

    « Il faut se mobiliser car il faut combattre l’austérité et débloquer le verrou salarial, pour nous donc, dans la fonction publique, mais aussi partout ailleurs. Nous devons peser sur le débat politique. Quand on voit comment a été traité le sujet de la taxe Zucman, qui, je le rappelle, pensait en faire une action transpartisane, on voit que les macronistes et la droite agissent comme des boucliers fiscaux pour les grandes fortunes. Quels que soient les gouvernements qui se succèdent, il y a une volonté de maintenir une politique de l’offre au profit des grandes entreprises. Face à cela, on ne peut lutter qu’avec une plus grande pression du monde du travail. »

  • Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Avec le gaz vert, la commune opte pour l’énergie décarbonée

    Sur les panneaux d’entrée de ville, la commune de Roquevaire affiche désormais la mention « Ville engagée gaz vert ».

    Ceux-ci ont été officiellement dévoilés le 26 novembre dernier. La commune achète son gaz naturel via le groupement d’achat du syndicat Territoire d’Énergie 13, qui propose à ses communes adhérentes de s’inscrire dans une démarche de transition énergétique concrète : à partir du 1er janvier 2026, les bâtiments communaux consommeront 10% de gaz vert, puis 20% à partir 1er janvier 2028.

    L’objectif est de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) en favorisant l’utilisation de gaz vert. Produit en France à partir de déchets issus de la filière agricole (lisiers, fumiers), de l’industrie agroalimentaire ou des collectivités (restauration collective, boues de stations d’épuration), le gaz vert a les mêmes caractéristiques et les mêmes usages que le gaz naturel. Il est adapté à toutes les installations existantes, sans travaux, tout en diminuant les émissions de CO2.

    Pour la commune de Roquevaire et ses huit bâtiments alimentés en gaz vert
    – dont l’hôtel de ville et les écoles – 49,8 tonnes d’émissions de CO2 sont évitées, soit l’équivalent de 432 trajets Paris-Marseille.

    « Face à l’urgence climatique, nous accélérons la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable. Ces décisions visent à réduire les risques pour notre planète et à préparer un avenir meilleur », a commenté le 26 novembre l’adjoint au maire de Roquevaire, Alain Gracia.