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  • Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    L’heure du retour du train à voyageurs approche à grands pas dans les communes gardoises du Grand Avignon, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. Depuis le lundi 24 novembre, une consultation publique sur le volet environnemental du projet de réouverture de la ligne de la « rive droite du Rhône » Nîmes-Le Teil (Ardèche), passant par les deux communes, a été lancée par l’État.

    À ce propos, une réunion publique s’est tenue ce lundi 1er décembre à Villeneuve afin d’expliquer aux habitants du territoire les enjeux de ce projet, mais aussi les raisons de cette consultation. Car les voies de train existent déjà, mais les locomotives qui relient Nîmes à Pont-Saint-Esprit ne s’y arrêtent pas. La gare est également toujours debout malgré sa fermeture aux voyageurs en 1973. Une ouverture était initialement prévue en 2026, mais l’État a imposé une étude environnementale, ce qui a retardé l’échéance. « Tout ce projet a été figé lorsque nous avons appris que cette étude allait avoir lieu. Nous avions eu de nombreuses réunions depuis des années. Nous aurions sinon entrepris les travaux dès cette année 2025 », confie ainsi Pascale Bories, maire (LR) de la commune gardoise en fin d’assemblée. Comme d’autres gares sur le trajet, une transformation en pôle multimodal est programmée à l’issue de la consultation. « La rive droite du Rhône est la porte d’entrée de l’Occitanie. Cela a donc un attrait particulier avec un territoire industrialisé. Ce projet est un générateur de travail et de tourisme », plaide de son côté Pascal Rousson, président de l’Association des Usagers de la ligne TER SNCF Rive Droite du Rhône.

    Sur place, tout semble presque prêt à accueillir les voyageurs qui souhaiteront se rendre en capitale gardoise ou en Ardèche. Derrière les portes du bâtiment aux stores à demi baissés, une lumière invite à entrer. Et à l’intérieur, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un accueil physique par une employée, avec la possibilité d’acheter billets et abonnements, malgré l’absence pour l’heure d’arrêts. D’autant plus surprenant quand la CGT des cheminots dénonce la disparition de guichets dans des gares qui, elles, accueillent bien des usagers. L’ouverture de l’ensemble de la ligne est prévue pour 2030.

    Espèces protégées

    Une demande de consultation publique et d’étude environnementale qui a surpris au sein des différentes collectivités. Outre le passage de fret, les voies servent déjà aux voyageurs utilisant la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, rouverte en août 2022. Plusieurs points ont en réalité été à nouveau étudiés, car les normes diffèrent selon le nombre de voyageurs qui circulent chaque jour sur les rames. Au niveau environnemental, plusieurs ajustements sont prévus, comme par exemple à Roquemaure, où une espèce protégée de fleur, qui sert de lieu de reproduction aux papillons, se trouve sur la zone de travaux prévue. Les services de l’État recommandent donc de déplacer ces végétaux à l’abri. Des contrôles sur les nuisances sonores ou de risques d’inondations ont aussi été effectués, sans blocage particulier.

    Détail de la consultation du public et des documents sur https://www.registre-numerique.fr/reouverture-rive-droite-du-rhone

  • À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    Il y presque 6 ans, Morières était la seconde commune du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite. Grégoire Souque (RN) devenait maire avec 55,41% des voix face à Annick Dubois (PS). « Il est arrivé par défaut », rappelle la cheffe de file de l’opposition, qui a officialisé sa candidature, ce mercredi, pour les municipales de mars. En 2020, le maire Joël Granier (DVG) s’était finalement porté candidat, se retirant au second tour sans donner de consigne de vote alors que la gauche était théoriquement majoritaire en voix.

    A priori, dans un peu plus de trois mois, l’élection devrait se jouer au premier tour avec le maire sortant Grégoire Souque et donc Annick Dubois, à la tête de « Engagés et solidaires pour Morières », une liste d’union à gauche (PS et PCF principalement) avec 18 colistiers sur 31 non encartés. Mais celle qui est aussi conseillère départementale est loin d’être animée par un esprit de revanche. « On ne part pas en croisade contre Grégoire Souque », glisse un des soutiens. « On veut redonner une âme à Morières, aux habitants qui se sentent tristes et déconsidérés », expose Annick Dubois, qui sent « un élan, les gens viennent d’eux mêmes nous parler ».

    Une gestion autarcique critiquée

    Outre des décisions fortes (fin des repas de substitution à la cantine, départ contraint de la compagnie de théâtre Okkio qui s’était positionnée contre l’extrême droite lors des législatives), marqueurs d’une politique d’extrême droite « qui fracture », Annick Dubois insiste aussi sur « l’absence de concertation, aucune réunion publique n’a eu lieu avec la population ». Une liste de griefs est aussi listée par une anaphore « si nous avions été élus en 2020, nous aurions… ». Parmi les points soulevés, les atermoiements autour de la construction du groupe scolaire (livré pour la rentrée prochaine) qui a changé de lieu et a vu sa facture flamber à 12 millions d’euros, ou la mise à l’écart de l’association gérant la bibliothèque municipale. « Notre première décision sera de lancer un audit sur les finances », annonce la candidate, investie dans la vie locale depuis 40 ans.

    Si le programme sera dévoilé en janvier, car « en 2020 nous l’avions sorti trop tôt et Grégoire Souque s’en était inspiré », Annick Dubois entend « redonner de l’élan culturel, associatif et économique et développer la solidarité ». Une thématique qu’elle connaît pour avoir été durant deux précédents mandats adjointe aux affaires sociales. De quoi mettre en avant son expérience et bilan passé, comme « la structuration du CCAS, la mise en place de la maison de la petite enfance ou d’une mutuelle communale », appuie Annick Dubois, par ailleurs « seule femme vice-présidente du Grand Avignon ».

  • Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Samedi dernier dans nos colonnes, le collectif « Élémentaire Verne et Maternelle Mabily » interpellait les candidats à la mairie de La Seyne pour leur demander de se positionner sur la construction d’un groupe scolaire pour remplacer des établissements vétustes voire dangereux, en tout cas inadaptés à recevoir les élèves en sécurité et dans de bonnes conditions d’apprentissage. Le premier à dégainer est le chef de file des progressistes Stéphane Sacco (GRS).

    « Sans hésitation, je ferai en sorte que ce projet voit enfin le jour », répond-il, en reconnaissant que « la situation actuelle des écoles Verne et Mabily n’est plus tenable ». L’occasion de rappeler pour le candidat de la gauche que « l’éducation est un droit fondamental et que donc la responsabilité d’un élu doit être de garantir à chaque enfant des conditions de travail et d’accueil dignes et sécurisées ».

    Pas question pour lui, une fois aux manettes, d’accepter de faire perdurer plus longtemps cette situation qui fait recevoir des enfants dans des locaux délabrés dans lesquels la présence d’amiante est avérée, les salles de classe et les cours sont trop petites, sans compter le manque d’isolation, d’espaces partagés et de sanitaires.

    Une priorité absolue

    « Ce ne sont pas de simples défauts mais des obstacles au bien-être des enfants et au travail des personnels de l’Éducation nationale et des agents communaux », insiste-t-il. Un manque d’investissement public qui n’a que trop duré, dénonce la tête de liste de « Uni.e.s à gauche pour La Seyne ». Et de poursuivre : « Pour nous, l’école publique doit être une priorité absolue du budget municipal, au même titre que la santé, le logement ou les services de proximité. » Cela fait partie des valeurs avec lesquelles les progressistes ne transigent pas. Étant bien entendu qu’« investir dans un groupe scolaire moderne, fonctionnel et écologique, ce n’est pas une dépense mais bien un choix politique en faveur de l’avenir et de l’égalité ».

    C’est pourquoi, dit-il, il s’engage clairement à lancer la construction, sur un même site, d’un nouveau groupe scolaire équipée d’une restauration scolaire permettant de réduire les déplacements, les pertes de temps et la fatigue des enfants. Des bâtiments conçus avec des matériaux durables, dans une logique écologique pourvus bien entendu d’espaces pédagogiques, spacieux, lumineux et bien isolés mais aussi d’une salle d’éducation sportive et physique et de sanitaires t en nombre suffisant.

    Bref, des écoles répondant tout simplement aux besoins des enfants et des personnels. Un projet qui, assure Stéphane Sacco, sera réfléchi avec les enseignants dans « une approche fondée sur la concertation, réunions publiques et ateliers », pour « un véritable service public de proximité, digne des familles du quartier et de la ville ». Sur le délai pour donner corps à cette promesse électorale, le candidat s’engage à mettre en branle le chantier dès le début du mandat dans la transparence.

  • Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Le plan d’investissement France 2030, doté de 54 milliards d’euros sur 5 ans et dévoilé en 2021, « doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique », indique le ministère de l’Économie. Il se base sur dix objectifs, parmi lesquels la relance du nucléaire, devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables, réduire de 35% les émissions carbone industrielles, ou encore investir dans le champ des grands fonds marins.

    C’est à ce titre qu’Ifremer, centre de recherche océanographique basé à la Seyne-sur-Mer (Var), a confié à Alseamar, entreprise roussetaine leader mondial dans la production de matériaux de flottabilité pour véhicules sous-marin, reconnue pour ses planeurs autonomes et véhicules sous-marins pour les forces spéciales, la conception d’un planeur sous-marin grands fonds, capable d’explorer l’océan jusqu’à 3 500m de profondeur. Un projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), et auxquels s’associent le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Service national d’hydrographie et d’océanographie (SHOM). Objectif : collecter des données au large de Mayotte pour renforcer la connaissance des aléas et risques géologiques et sismiques liés au volcan sous-marin Fani Maoré, découvert en 2019.

    Déploiement en 2031

    La conception d’un tel engin constitue un défi de taille pour Alseamar, qui n’a jusqu’ici jamais dépassé 1 250m de profondeur sur ses planeurs Seaexplorer, utilisés dans la même optique depuis septembre 2021. Les données acquises lors du déploiement de ces prototypes pourront compléter celles déjà recueillies, à la demande d’Ifremer, dans le cadre du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA). « Il y a déjà eu 1 400 jours et plus de 200 millions de points de mesure dans la zone », précise Laurent Beguery, directeur du Département des services et études scientifiques d’Alseamar. « Il y a un besoin de rassurer la population », détaille Christian Tamburini, délégué scientifique CNRS-INSU. « Le programme REVOSIMA émet des bulletins quotidiens et mensuels. Le flanc de Mayotte présente de nombreuses structures volcaniques, ainsi qu’une caldera volcanique appelée “Fer à Cheval”. Le planeur permet l’identification d’émanations de gaz (CO2, méthane), qui peuvent être un indicateur d’activité volcanique, et d’analyser des paramètres physiques et chimiques de la colonne d’eau afin d’identifier des anomalies et anticiper un changement dans le système pour évaluer les risques potentiels. »

    La conception du planeur devrait être achevée en mars 2028, et la production de trois prototypes, ainsi qu’une phase de tests en Méditerranée d’ici décembre 2029. À l’issue de celle-ci, deux nouveaux prototypes seront conçus et déployés à Mayotte en novembre 2031, pour une année de mission.

  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    « Au-delà du ramassage de seringues, nous participons de fait à la lutte contre le trafic de drogues », assure Pierre Alboui, président de la Régie de quartier Belsunce Noailles. C’est en effet dans un contexte de troubles graves liés à l’installation d’un point de deal que la structure a ouvert ses portes en février 2024, sur l’impulsion des élus communistes de la Ville.

    Dans ce quartier paupérisé du centre-ville, la proximité du commissariat de Noailles n’a pas empêché l’installation d’un point de deal sur la place de la Providence. Sous la pression du réseau, le Centre médico-psychologique et la Maison départementale de la Solidarité avaient mis la clé sous la porte. Les rondes policières plus fréquentes n’ont pas eu l’heur de mettre fin aux tirs de mortier, coups de feu et intrusions dans les immeubles. Dans « ce peu d’espace social qui subsiste, nous offrons une alternative à la désertification et contribuons a offrir des perspectives avec des activités d’insertion, du lien social, précise l’associatif, en déplorant, une baisse de 15% de financements d’État, par décision budgétaire ».

    L’aide sociale déraille

    À la Busserine, c’est Shebba, association historique du 14e arrondissement qui a vu son budget fondre de 70% en dix ans. Et ses effectifs salariés dégringoler de 50 à 3 postes. « Ce sont autant de retours à l’emploi, d’actions sociales et de personnes en moins pour occuper le terrain, déplore sa vice-présidente Danielle Sautet Vitiello, et on sait que le deal a horreur du vide. » Pas mieux du côté de l’insertion. Dans le 3e arrondissement le chantier école Appel d’aire qui accueille des jeunes orientés par la PJJ pour les remobiliser vers la formation et l’emploi n’a plus aucune subvention de la Région. Karine Pomar, des chantiers d’insertion Améli Provence, également agréés PJJ, déplore « en 15 ans on a perdu 50% de notre pouvoir d’agir, alors qu’on maintient la paix sociale dans un contexte plus qu’alarmant ».

    Les économies de l’État mettent en danger tous les pans du social. C’est jusqu’à la protection de l’enfance qui devient famélique. Le collectif Alerte 13 réunit une dizaine des plus grosses associations des Bouches-du-Rhône pour dénoncer la baisse des crédits alloués par le Département. Leur mission de protection et d’accompagnement est mise en péril. « J’étais perdue, j’avais fugué. Et dehors, c’est la jungle pour survivre. Les proxénètes d’une copine m’avaient donné deux options, la mule ou la pute », témoigne Alice, qui a été placée en foyer à l’âge de 13 ans. L’aide-soignante de 21 ans, reconnaît : « Si les éducs ne m’avaient pas récupérée, je glissais. Mais dans les foyers ils sont débordés, ça déraille. »

    Dans le Vaucluse, les épiceries dans le viseur

    Très régulièrement, le préfet évoque la lutte contre le blanchiment de drogue, en ciblant des commerces. En particulier les épiceries. Il y a trois semaines, lors du salon des maires, Thierry Suquet a indiqué que deux épiceries avaient fermé depuis juin pour des liens avérés avec le narcotrafic. Depuis début 2025, 71 épiceries ont fait l’objet de fermetures administratives contre 51 l’an passé. « Pour troubles à l’ordre public et vente de produits interdits et qui servent probablement à faire du blanchiment », souligne le préfet. Et d’inviter les maires à fournir « des renseignements exploités par les services en toute confidentialité ». F.C.

  • Une conférence en mémoire des femmes artistes déportées

    Une conférence en mémoire des femmes artistes déportées

    Juives, militantes, résistantes, espionnes, communistes, tziganes, artistes… Nombreuses sont celles qui sont passées par le tristement célèbre camp de concentration de Ravensbrück. Situé à quelques dizaines de kilomètres au nord de Berlin, dans une région que l’on a longtemps surnommé « la petite Sibérie allemande », le camp a accueilli 150 000 femmes. Plus de 90 000 y ont trouvé la mort. Aujourd’hui, il nous est parvenu des témoignages, des photos, des écrits, mais aussi des revue humoristiques, de mode, des portraits, des croquis, des peintures … Une chronique visuelle foisonnante, teintée de solidarité et de résilience, même au plus fort de l’horreur.

    « Elles ont survécu grâce

    à la solidarité »

    « Cette conférence prend place dans un contexte particulier hier, une bénévole qui faisait une collecte a subi une agression raciste, ce moment nous rappel aussi la dimension salutaire de la mémoire de Ravensbrück ! », se désole Farida Benchaa, secrétaire générale de la fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône.

    Pour la militante associative, « le lien entre le Secours populaire et ces femmes, c’est qu’elles ont survécu grâce à la solidarité, elles se protégeaient, partageaient la nourriture : c’est précisément cette solidarité que le Secours populaire porte ». De fait, comme l’explique l’historienne : « Il n’était pas rare que des prisonnières prennent des commandes de dessins ou de peinture des nazis et reçoivent de la nourriture en échange, qu’elles échangeait avec leurs camarades. »

    L’historienne se fait la passeuse d’histoires des femmes de Ravensbrück. Au travers des œuvres et des écrits qu’elles ont laissés derrière elles, elle brosse le portrait de plusieurs artistes venues des quatre coins de l’Europe. France Audoul, par exemple, artiste et résistante, déportée à Ravensbrück en 1943. À l’origine d’une quarantaine d’œuvres montrant des scènes de la vie du camp, elle publiera ses œuvres dans l’ouvrage 150 000 femmes en enfer, en 1966.

    De l’art en enfer

    Hors des frontières européennes, les tragédies jalonnent aussi le destin de femmes artistes, comme le souligne Renée Bensoussan, à l’image de Hripsimeh Sarkissian : « Arménienne de Turquie, cette artiste survit au génocide arménien de 1915 ou elle perd son père, ses frères et ses sœurs. Vingt ans plus tard, en 1938, elle échappe au massacre de Dersim, mené par les turques. Ce n’est qu’après 1947 qu’elle peut retourner dans sa ville natale. »

    Comment ne pas conclure sur l’œuvre de Germaine Tillion, grande ethnologue et résistante française, envoyée à Ravensbrück en 1943, elle y rédigera une opérette un an plus tard. Pour Renée Bensoussan « Le Verfügbar aux Enfers… c’est une œuvre pleine d’humour ! ». Elle poursuit : « Germaine Tillion y combine des textes qui raconte la dure réalité de la détention avec des airs issus du répertoire lyrique. Mais l’œuvre va mettre plus de 60 ans à être portée à la scène, en 2007, lors d’une première représentation au théâtre du Châtelet. » Preuve que malgré leur valeur historique, les œuvres de femmes déportées mettent encore trop longtemps à atteindre le grand public.

  • La santé des habitants au menu de l’Après M

    La santé des habitants au menu de l’Après M

    « Quand José Bové démolissait les fast foods, j’étais contente. » Si Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille et en charge de la santé, rappelle son combat contre les chaînes de restauration rapide, elle ne cache pas non plus son attachement à l’Après M.

    « Un lieu emblématique de lutte, de résistance et de solidarité », comme elle le qualifie, et qui a accueilli toute une journée sur les thèmes de la « santé et de l’alimentation » avec une série d’animations et d’ateliers. Paradoxal pour un fast food, ancien McDonald du quartier de Sainte-Marthe (14e arrondissement), repris par ses anciens salariés au terme d’une longue et âpre lutte ? « Justement, avec la volonté de l’Après M de prendre soin de la population, on travaille avec son équipe pour proposer aux habitants du quartier une réflexion sur ce qu’est une bonne alimentation pour la santé, et la santé globale », développe l’adjointe et médecin de profession. Par « santé globale » entendez par-là qu’elle développe une « approche transversale ». « On parle d’équilibre alimentaire, mais si on mange des fruits et légumes bourrés de pesticides… Il faut donc travailler sur quels aliments on peut prendre : l’assiette dépend du champ ! », poursuit Michèle Rubirola. Elle prend des exemples concrets du travail de la Ville sur le sujet : « Tout autour de l’Après M, il y a des expériences pour des produits sains : on a installé des agriculteurs, il y a des jardins partagés. » Et le lien est tout trouvé avec l’événement du jour au fast food solidaire : on y retrouve la compagnie de théâtre-forum Force Nez pour des animations qui mettent à contribution les clients. Plusieurs professionnels du centre de santé Mareposa et de la Maison de l’infirmière sont également présents pour aiguiller le public.

    Combat pour

    la « fastronomie »

    « C’est essentiel pour notre territoire d’avoir des initiatives comme ça. On a la volonté de transformer la normalité des fast-foods en ce qu’on appelle la fastronomie, avec des produits de qualité », se félicite Abderrahmane Mesbahi, responsable de l’ingénierie sociale à l’Après M.

    Il rappelle le burger étendard de cette politique, « L’ovni » élaboré avec le restaurateur étoilé Gérald Passedat. Et de développer : « Pour la viande, on va voir le boucher d’à côté et on compresse les prix. Sur le bio, il faut qu’on sorte de la périphérie de notre restaurant pour aller chercher des produits frais. Et pour sortir du fast-food classique, on a lancé une gamme de pâtes et de riz et de crêpes maison. » En bref, de la parole aux actes pour les équipes du fast food.

  • Les maisons France Services craignent pour leur survie

    Les maisons France Services craignent pour leur survie

    Emmitouflée dans son manteau, la femme reste là, devant les portes tout juste fermées de la maison France Services du Panier. « Je serai la première quand ils vont rouvrir », se réjouit-elle, dans un français encore hésitant. Même s’il lui faudra attendre encore une heure et demie dans les courants d’air.

    Mises en place à Marseille depuis 2020, ces structures devenues porte d’entrée pour douze services publics différents sont désormais une bouée de sauvetage pour les laissés pour compte de la fermeture par l’État des guichets d’accueil et leur dématérialisation. Mais alors qu’elles sont saturées, elles craignent aujourd’hui pour leur survie face aux menaces qui pèsent sur les contrats aidés et aux retraits de financements, en particulier de la Métropole Aix-Marseille.

    Menaces de fermetures

    Dans un communiqué commun ce vendredi, les six associations qui portent les douze France services à Marseille, regroupées dans le collectif Parads (Point d’accueil en réseau pour l’accès aux droits sociaux) tirent ainsi la sonnette d’alarme. « Face à une incertitude majeure et une forte contrainte budgétaire, nous nous interrogeons sur notre capacité à maintenir le dispositif en l’absence d’un soutien renforcé », écrivent-elles. Ensemble, elles réclament un plan de financement pour assurer leur pérennité en 2026, puis un cadre financier pluriannuel dès 2027. Et d’insister : « Si cette situation devait perdurer, c’est l’accès aux droits de milliers d’habitants marseillais qui serait menacé. »

    Déjà le 20 novembre dernier, elles avaient adressé un courrier commun aux services de l’État et aux collectivités du territoire à la suite d’une réunion en préfecture, s’interrogeant ouvertement « sur l’opportunité de continuer à porter ce dispositif qui met en péril l’équilibre financier de nos associations ». Un ton inhabituel pour des structures habituées à ne pas faire de vagues.

    « Le désengagement de certaines collectivités met à mal de nombreuses structures, et le renouvellement des contrats aidés vient prendre en étau les associations », explique le délégué territorial à l’animation de Léo-Lagrange, Reda Debache. « Ce qui semble être annoncé, c’est que la politique de la ville n’a pas à financer ces structures d’accès aux droits », ajoute la coordinatrice du collectif, Elsa Truze. Sans perspective sur de nouveaux financements, alors que le forfait de base de 50 000 euros par structure labellisée reste très insuffisant. Pour la fédération Léo-Lagrange, qui gère deux France Services au Canet et au Panier, la fin des dotations métropolitaines les priverait en plus d’un tiers de leurs fonds. « La seule solution pour l’instant c’est une fermeture. Le budget prévisionnel de 2026 est en déficit, nous ne pouvons pas le boucler », assène Reda Debache.

    « La question de notre existence se pose », affirme aussi le délégué général de l’Ifac en Méditerranée, Ronan Paturaux. Si l’association qui porte les France Services de la Soude et de la vallée de l’Huveaune a accepté de couvrir leurs déficits, « on ne pourra pas compenser des pertes systémiques », souffle-t-il. Et d’appuyer, en saluant l’engagement des professionnels : « Je suis en colère. Nous ne sommes jamais très revendicatifs, mais nous accompagnons un public très paupérisé, et aujourd’hui nous n’avons pas de réponse à leur donner. Je ne comprends pas le silence des pouvoirs publics. »

    Un « repositionnement » de la Métropole

    Cela d’autant plus que l’accroissement de la précarité alimente toujours plus les tensions. « Il y a plus d’agressivité parce que les gens sont à bout, et ça s’accélère », témoigne-t-il. « On constate une grande détresse, une souffrance psychique très importante », acquiesce Elsa Truze.

    Sollicitée, la Métropole explique qu’elle n’a « pas réduit ses financements dédiés à la Politique de la Ville et oriente désormais ses moyens strictement sur ses compétences obligatoires ». « Le repositionnement de la Métropole n’est donc pas une baisse de financement, mais une clarification », insiste-t-elle, soulignant qu’elle l’a annoncé depuis trois ans et soutient « massivement » les France Services. Le Département de son côté annonce qu’il maintiendra bien ses dotations en 2026 « sur la même base que 2025 ».

    « Nous sommes appelés au secours parce que la Métropole se désengage de façon subite sans nous laisser d’autre choix », déplore de son côté l’adjointe (PS) à la politique de la ville, Audrey Gatian. Et d’annoncer : « Nous sommes en train d’étudier au cas par cas pour trouver avec l’État des solutions pour le maintien des France Services existants. » Dans une réponse détaillée, la préfecture indique quant à elle que « la préfète déléguée pour l’égalité des chances s’est déjà engagée à maintenir les financements de l’État dédiés aux France Services au titre de la politique de la ville en 2026 ». Une analyse des coûts des cinq France Services en situation de fragilité est déjà réalisée et les services de l’État travaillent à un plan d’action pour les soutenir. Ainsi le Département réfléchit à une mutualisation dans ses Maisons des solidarités, tandis que l’État travaille avec la municipalité pour de nouveaux locaux. « Le renouvellement des conventions [des contrats aidés, Ndlr.] sera traité en priorité et avec attention dans le respect du cadre de gestion des postes d’adultes-relais », promet aussi la préfecture. Et d’indiquer qu’elle recevra les structures d’ici la fin de l’année.

    EN CHIFFRES

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    France Services existent à Marseille, avec une spécificité : ils sont portés par des associations. À Lyon, Rennes, Toulouse ou Lille, se sont les intercommunalités qui les financent. Une 13e structure mobile a été lancée le 17 novembre dans les 14e et 15e arrondissement face à la demande.

    66 305

    visites ont été enregistrées à Marseille en 2024, pour 86 408 accompagnements notamment face à des ruptures de paiement de la CAF ou de l’assurance-maladie, des logements indécents…

    50 000

    euros ont été débloqués en urgence par l’Agence nationale pour la cohésion des territoires cet été à la demande de la préfecture pour éviter le risque de fermeture des six France services les plus exposées. Au total, l’État verse 1,1 million d’euros pour les structures marseillaises.

  • Quand l’insertion se voit couper l’herbe sous le pied

    Quand l’insertion se voit couper l’herbe sous le pied

    « Pour nous 15% de baisse de budget, ça représente une équipe, un encadrant et une accompagnatrice en moins, moins de capacité à répondre aux enjeux de la transition écologique, 40 classes qui ne bénéficieront plus d’intervention… », fait le compte Sandy Lachouette, directrice de Paysan urbain. L’impact de la nouvelle coupe budgétaire sur les ruptures de parcours dans l’insertion risque de s’avérer coûteuse pour le territoire.

    Basés sur les trois piliers, emploi salarié, accompagnement social et professionnel, ainsi que des formations adaptées aux besoins, les ateliers et chantiers d’insertion interviennent dans de nombreux secteurs et répondent au retour à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées. Cette saignée pour l’Insertion par l’activité économique (IAE), représente à l’échelle nationale, près de 20 000 équivalents temps plein (ETP) supprimés, soit 60 000 personnes accompagnées en moins. Dans le secteur, la décision a fait l’effet d’une douche froide. « Plus de pauvreté et moins d’investissement dans l’insertion ? Le paradoxe est violent », a réagi Pierre Champeix, administrateur pour Chantier école Paca et président du chantier d’insertion Pain et Partage à Marseille.

    Pour Ameli Provence, dont l’État est le plus gros financeur, la Région s’étant complètement désolidarisée en 2025, suite à une baisse de 35% des aides du Département en 2024, ce sont 20 des 121 salariés en parcours d’insertion qui seront laissés au bord de la route et deux postes permanents qui disparaissent. « Cette restriction budgétaire intervient dans un contexte national de chômage, d’isolement, de santé, de pauvreté très inquiétant, souligne Karine Pomar, or nous intervenons dans tous ces domaines. »

    L’effet cascade

    La participation à l’économie des ateliers et chantiers d’insertion est réelle. « Nous travaillons avec 49 acteurs locaux, et pour ces agriculteurs nous représentons jusqu’à 70% de leur chiffre d’affaires », précise Sandy Lachouette. Sans compter le rôle joué par ces acteurs dans « l’alimentation durable, la préservation de la diversité », pour Paysan urbain. Ou encore « la contribution à l’amélioration du cadre de vie des habitants en centre-ville », ajoute pour sa part Héléna Gantzer directrice de la régie de quartier Belsunce Noailles, qui a développé 23 postes de salariés en parcours d’insertion sur 15 activités différentes en à peine plus d’un an. De quoi couper le souffle à une expérience en pleine ascension et qui répond aux besoins urgents du quartier.

    La Cour des comptes a reconnu l’utilité des chantiers d’insertion « et estime que nos activités réduisent les dépenses sociales allouées à la santé », relève Karine Pomar. Ils plaident le maintien des temps plein auprès du Sénat.