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  • Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 confère de nouveaux ressorts aux préfets : les injonctions d’expulsion des bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans le trafic, la fermeture de commerces, et les interdictions de paraître. Un arsenal déjà usité par le préfet du Var, à six reprises dans le premier cas, cinq pour le deuxième, et 22 pour le troisième. Ces mesures administratives complètent un cadre législatif qui a permis la saisine 1,3 million d’euros et de 2,06 millions d’euros de biens immobiliers dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Mais aussi de 713 kg de cannabis, 474 de cocaïne, et de près de 17 millions d’euros d’avoirs criminels, notamment.

    Prévention puis sanction

    « Il faut assécher par la base, les consommateurs, par le haut, les avoirs, et par les prestations sociales. En somme, par l’argent », affirme Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon. C’est le sens de la convention signée ce mercredi entre les institutions judiciaires et la CAF du Var. Cette dernière pourra prendre en compte les revenus et patrimoines illicites, et recalculer les prestations, repérer d’éventuels trop-perçus, et établir des sanctions, voire des poursuites. « Cela concerne l’ensemble du foyer, donc aussi les fraudes des mineurs », précise Julien Orlandini, directeur de la CAF du Var.

    Des mineurs qui bénéficient de dispositifs de prévention, notion « qu’il ne faut pas opposer à la répression. Elles fonctionnent ensemble », prône Nicolas Prisse, directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). De nombreuses actions de sensibilisation ont été mises en place, ainsi que deux projets d’accompagnement de jeunes sujets aux addictions et à l’exclusion sociale, institués en 2024 en Provence Verdon et dans les quartiers prioritaires toulonnais. Pour compléter, un dispositif expérimental vient d’être engagé par le Parquet de Toulon, la mairie et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À l’intention des jeunes de 13 à 16 ans, il consiste en un accompagnement de six mois, à l’issue duquel la procédure pénale est classée sans suite si le concerné ne récidive pas. Mais dans le cas contraire, le mineur sera, cette fois, poursuivi devant le juge des enfants.

  • D’abord une question de budget

    D’abord une question de budget

    La lutte contre le narcotrafic sera l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale dans 10 jours, Sébastien Lecornu ayant accédé à la demande du groupe socialiste. Tant mieux, l’ampleur du problème mérite que la représentation nationale en prenne la pleine mesure. Mais pour toutes celles et ceux qui en subissent les conséquences partout en France et singulièrement à Marseille, l’heure n’est plus au débat. Elle est à l’action.

    C’est une des questions prioritaires qui devraient structurer la discussion sur le budget de l’État pour lui permettre de faire face à cette lame de fond.

    Les habitants des quartiers que le narcotrafic a rendu invivables et à qui il a pris des enfants, n’ont pas besoin de déclarations, ils veulent des résultats. Pour en obtenir, il faut un État fort de ses services publics : plus de policiers, mieux formés, plus de douaniers, plus de magistrats, plus de présence humaine, plus de prévention, plus d’accompagnement à la sortie des addictions…

    Répondre aux besoins

    Cela suppose de tourner le dos au dogme de l’austérité qui depuis trop d’années a affaibli l’État en le privant de ses moyens d’actions. C’est à une logique de réponse aux besoins qu’il faut passer. Beaucoup d’argent existe dans notre pays, il doit être mis à contribution pour servir l’intérêt général en reprenant le dessus sur la pègre.

    Oui, le nouveau préfet de région a raison, il faut une « férocité républicaine » face aux criminels assoiffés d’argent pour qui la vie humaine n’a aucune valeur. Cette ambition exige des moyens à la hauteur du défi. Les parlementaires qui se prétendent du camp de l’autorité devraient y songer avec sérieux en remisant leurs obsessions libérales.

  • La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    Un projet municipal se dessine pour sauver de la démolition la résidence senior du Roy d’Espagne fermée il y a un an et demi après le départ contraint des derniers résidents. La Ville de Marseille a officialisé, mercredi, sa décision de préempter l’emprise foncière en shuntant le promoteur Sifer qui attaque le refus de permis.

    « La Ville de Marseille souhaite porter un projet de résidence autonomie de nouvelle génération, s’inscrivant pleinement dans l’évolution des politiques de prévention et d’accompagnement du vieillissement », annonce dans un communiqué la municipalité qui entend ainsi « préserver une offre de résidence à destination des seniors, particulièrement ancrée dans ce quartier ». L’opérateur sera son centre communal d’action sociale (CCAS). L’école voisine devant être rénovée, la mairie souhaite l’intégrer au projet pour faire « émerger un pôle intergénérationnel en lien avec la communauté scolaire ». Pour ce projet ambitieux, elle espère la collaboration du Département, « seule autorité compétente pour attribuer les agréments de résidence autonomie ».

    C’est un immense soulagement pour le Collectif Roy d’Espagne très mobilisé. « C’est la solution idéale qui était dans nos rêves. On échappe à un projet immobilier dévastateur », réagit Perrine Seghier. « Je suis extrêmement satisfaite. C’est un positionnement fort et volontariste de la Ville pour préserver les services publics et prendre soin de ce quartier », déclare Olivia Fortin, la maire des 6-8 qui invite à se rappeler que « ces bâtiments rénovés avec de l’argent public et évacués de leurs résidents devaient être démolis sur des principes financiers au bénéfice d’un projet immobilier de standing qui avait soulevé l’indignation des habitants du quartier ». Elle est confiante pour la suite. « On va tout faire pour que les choses avancent et mettre en place un service public qui maintient les équilibres de ce quartier. Nous allons construire avec le CCAS un projet intergénérationnel avec l’école voisine. »

    Sifer Promotion avait conclu il y a deux ans une promesse de vente pour démolir et construire 125 logements de standing. Pour sécuriser l’opération, il avait avancer 3 millions d’euros à l’Entraide en grande difficulté. Le refus de délivrance opposé par le service de l’urbanisme le 23 avril dernier d’un permis a tout fait capoter. Sifer a fait une nouvelle offre à L’Entraide qui l’a acceptée d’où la déclaration d’intention d’aliéner transmise le 1er septembre en mairie. La Ville de Marseille a saisi cette opportunité pour préempter pour un montant qui n’est pas encore précisé. Dans un récent entretien accordé à La Marseillaise, Hervé Cilia, le président du groupe Entraide en redressement judiciaire estimait à 12 millions d’euros la valeur de la parcelle de 12 720m² qui comprend six bâtiments d’habitation et un centre médical.

    Déféré préfectoral

    La voie est-elle aussi dégagée pour la Ville ? L’avenir le dira. Car avant de partir, le préfet de région Georges-François Leclerc a laissé une surprise dans un tiroir : un déféré préfectoral. Estimant que le permis déposé par le promoteur respecte parfaitement la réglementation et le PLUi, il a saisi le 15 octobre le tribunal administratif d’une requête en annulation du refus de permis, ses services estimant le projet de 125 logements bien intégré à son environnement. Un soutien de poids pour Cyril Simon, le directeur général de Sifer Promotion, qui confirme à La Marseillaise « avoir effectivement contesté le refus de permis de construire ». Que se passera-t-il si le juge administratif venait à annuler le refus de permis ? Peut-être rien si la Ville réussit à finaliser sa préemption.

    « C’est un positionnement fort et volontariste
    de la Ville »

  • A Marseille, Hervé Menchon quitte le groupe des écologistes

    A Marseille, Hervé Menchon quitte le groupe des écologistes

    Moi j’aime la mer, mais je n’aime pas le brouillard en mer », image Hervé Menchon. Ce mercredi, l’adjoint (EELV) à la Mer a annoncé dans un communiqué son départ du groupe Écologistes et pluriel-s, invitant les autres élus « à clarifier rapidement leur position ».

    « Ce n’est pas une question d’inimité ou de frustration, mais dernièrement des signaux ont été envoyés par des membres du groupe qui sont contraires aux orientations prises par mon parti », justifie-t-il. Alors que les Écologistes se sont prononcés à près de 90% pour l’alliance avec le Printemps marseillais (notre édition du 15/10), il cible ainsi l’alliance du collectif Vaï, mené par l’adjoint Sébastien Barles, avec les insoumis, mais aussi l’implication du président (EELV) du groupe Fabien Perez dans le think tank Écologie des solutions, au côté du conseiller régional (UCE) Christophe Madrolle. « Chacun a le droit de défendre les valeurs auxquelles il croit, mais il faut de la cohérence », plaide Hervé Menchon. « Je prends acte qu’il quitte le groupe, mais je ne comprends pas la raison », répond de son côté Fabien Perez, répétant que « ce groupe reste partie prenante de la majorité, il n’y a pas d’ambiguïté ». Quant au président du groupe Printemps marseillais Pierre Huguet (G.s), il indique qu’il « est bien sûr le bienvenu ». Rappelant que le prochain conseil municipal est le dernier avant les municipales.

  • Plaintes après des tags sur une église à Marseille

    Plaintes après des tags sur une église à Marseille

    C’est par un communiqué ce mercredi matin que le diocèse de Marseille a exprimé « sa grande tristesse » face aux tags réalisés dans la nuit de dimanche à lundi sur les murs de l’église des Chartreux (4e), « avec des phrases insultantes et incitant à la violence ». « S’en prendre à une église, c’est toucher en plein cœur la communauté catholique », déplore le diocèse, indiquant que la paroisse a déposé plainte.

    Le maire (DVG) de Marseille lui-même annonçait la veille que la municipalité comptait également déposer plainte et que ces services allaient nettoyer les inscriptions indiquant que « la seule église qui illumine est celle qui brûle », et que « si Dieu existe il faut le butter ». « Voilà le résultat d’années de laisser-faire », dénonçait la candidate de la droite et du centre évoquant un tag « christianophobe », alors que le sénateur d’extrême droite Stéphane Ravier s’était filmé devant les lieux plus tôt dans la journée. L’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles assurait de son côté que la Ville était alertée « depuis plusieurs jours ».

  • Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    La Marseillaise : Que représentent pour vous, dans le contexte actuel de tensions nationales et internationales, les scrutins municipaux des 15 et 22 mars prochain ?

    Patrick Malavieille : Ces élections municipales de 2026 sont le premier rendez-vous démocratique majeur après une période institutionnelle agitée et dont nous ne sommes pas encore sortis, et la dernière étape avant l’élection présidentielle de 2027. C’est une séquence politique décisive pour la vie des gens.

    Au moment où l’État asphyxie financièrement les collectivités et notamment les communes, c’est l’occasion pour la population de refuser la casse des services publics et de réclamer, haut et fort, la libre administration de nos villes et de nos villages.

    Dans le Gard, mais la question se pose également pour l’Hérault et plus largement l’Occitanie, est-ce que ce scrutin peut réconcilier les citoyens avec la politique ?

    P.M. : Je le crois. Les habitants de nos communes sont profondément attachés à la vie locale, à la proximité. On le voit au travers du mouvement associatif qui reste fort, avec des engagements puissants. On le voit aussi avec des mobilisations locales, pour l’emploi, pour l’école, pour l’hôpital…

    Et en dépit des restrictions budgétaires, il y a beaucoup d’énergie locale, avec des citoyens pragmatiques et ambitieux pour le coin où ils vivent. Je crois que cette énergie pourrait être le levier de la reconstruction du lien civique.

    Pour la gauche, l’enjeu est de conforter des majorités municipales mais aussi de conquérir de nouvelles communes. Je pense notamment à Nîmes. Votre analyse ?

    P.M. : L’enjeu est immense. Reconduire partout des majorités sortantes de gauche, travailler partout pour rassembler autour de projets territoriaux ancrés dans l’intérêt général, voilà à mon sens ce que devrait être notre ligne de conduite.

    Dans les majorités sortantes, les élus communistes travaillent beaucoup et sont reconnus pour leur travail. Il faut l’amplifier. Pas question pour nous, comme l’a rappelé Fabien Roussel à Marseille, de présenter des listes face à des maires sortants, PS, LFI, Verts ou se réclamant de la gauche. Ailleurs, il faut travailler au rassemblement de toute la gauche, pour que nos communes, petites et grandes, soient des points d’appui pour la population. Un rassemblement sur la base d’un projet collectif construit avec les citoyens. C’est la démarche engagée notamment à Nîmes avec Vincent Bouget et Amal Couvreur.

    Face aux défis sociaux, démocratiques et écologiques, nous devons être force de propositions, dans une réflexion renouvelée qui place la commune comme le socle institutionnel majeur en lien avec les intercommunalités, les Départements et les Régions.

    Vous avez été député, maire de la Grand-Combe, vous êtes conseiller départemental. Au regard de vos actions et de votre expérience la question d’une décentralisation réelle se pose-t-elle ?

    P.M. : Cela fait longtemps que l’on en parle. Il y a longtemps qu’elle est promise mais jamais vraiment réalisée. C’est même l’inverse qui se produit depuis quelques années. Il faut redonner aux maires davantage de pouvoir de décision et, j’insiste, d’expérimentation. Les maires sont fatigués de la complexité que nous impose l’État dans de nombreux domaines. L’intransigeance, la tutelle de l’administration centrale sont insupportables. Souvent des décisions prises à Paris sont loin, très loin des réalités du territoire. Exemple : la carte de la politique de la ville… Et parfois, on arrive à des situations ubuesques où l’État en Région, préfets et sous-préfets qui sont souvent à l’écoute des élus locaux, se battent presque contre leurs propres services ! Mais que l’on ne se méprenne pas, les communes ont besoin de l’État, notamment avec des dotations à la hauteur des charges qui leur ont été transférées mais aussi pour accompagner les territoires où l’industrie s’est effondrée. En un mot, ce n’est pas d’un État en moins dont nous avons besoin mais d’un État en mieux.

    Alors que sur le plan national c’est la confusion, les municipales peuvent-elles être un moment de clarification ?

    P.M. : La défiance envers les institutions nationales, Président de la République, Gouvernement, Parlement, atteint des sommets, du jamais vu ! Et dans le même temps, un ancrage demeure encore solide, c’est le lien des Français avec leur commune. Alors que beaucoup de nos concitoyens sont dégoûtés, il faut bien le dire par l’actuelle séquence politique, un récent sondage montre que 70% des Français se déclarent intéressés par les prochaines élections municipales. Cela se vérifie sur le terrain où les élus locaux sont perçus de manière différente. Il me semble que la commune reste un îlot de confiance dans une mer de défiance et notamment ceux qui ont le plus de difficultés peuvent y jeter l’ancre !

    Santé, logements, transports, écoles, services publics, etc. Les priorités sont nombreuses. Comment montrer que l’on peut répondre à ces besoins et tordre le cou à la résignation ?

    P.M. : Il faut partir des réalités locales et des besoins de la population. Et à chaque fois, en faire des batailles publiques en s’appuyant sur les forces vives des localités. L’austérité imposée par l’État aux collectivités locales menace directement nos services publics. L’enjeu de mars 2026 sera de répondre aux besoins de la population par le développement de ces services. Il nous faudra en faire une mobilisation populaire et une question politique majeure par l’intervention des usagers et des travailleurs. Je propose que l’on réfléchisse à la structuration d’une commission locale des services publics par commune en y impliquant les usagers, les agents, cela pour ouvrir un débouché aux luttes locales et contribuer à des avancées immédiates et concrètes. N’attendons pas le grand soir mais travaillons pied à pied pour des jours plus heureux.

    L’extrême droite mène une véritable guerre culturelle et idéologique. Résister est nécessaire mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aussi la combattre par des projets ?

    P.M. : Le RN et les idées qu’il véhicule, sont un poison pour le pays. Il faut rappeler que ce parti s’est construit sur les vestiges du régime de Vichy, régime contre lequel s’est érigée la République. Cela pour montrer que les attaques continuelles contre les contrepouvoirs, qu’ils soient institutionnels ou médiatiques, ont bien pour objectifs l’affaiblissement du débat public et la ruine de la démocratie. Mais cela ne suffit pas ! Il faut être ambitieux et novateur dans la manière de construire au niveau local les solidarités humaines. Logements, emploi, transports, santé, culture, sport, éducation, sécurité. À chaque fois, prenons bien la mesure de notre capacité à y répondre. Parlons à l’intelligence de nos concitoyens en les requestionnant sur le concept du vivre ensemble. Abordons la question du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, des violences faites aux femmes, de la paix, de l’avenir de la planète…

    Mettons en garde aussi contre les vieux refrains réactionnaires, nationalistes, patriarcaux, virilistes. Contre aussi les chansons tristes de déni climatique et du complotisme. Les élections municipales vont nous servir aussi à tout cela.

    Et si, il y a une chose à réarmer en France, c’est bien les consciences. Nous allons nous y employer.

  • Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Où est passé le Rassemblement national à Saint-Gilles ? Comme souvent lorsqu’il siège dans l’opposition, le RN est complètement absent des débats. Sa tête de liste en 2020, Christophe Lefèvre, qui a depuis cédé aux sirènes de Reconquête !, est absent de la commune et les deux autres élus de sa liste au conseil municipal font acte de présence lors des séances mais ne prennent jamais la parole. Aujourd’hui, rien ne garantit que le RN soit en capacité de former une liste. Un fait étonnant dans une ville qui a pourtant donné la majorité à Jordan Bardella aux Européennes (51%) et à Nicolas Meizonnet aux législatives (56%).

    Le maire sortant, Eddy Valadier (LR) semble donc avoir le terrain dégagé pour décrocher un troisième mandat dans la ville de 14 400 habitants. Il n’a pour l’heure pas encore annoncé sa candidature. Il devra tout de même affronter un ancien allié, à savoir Christophe Sévilla, ex-membre de l’UDI qui a reconnu avoir entamé des discussions avec le RN sans qu’elles aient abouti.

    La gauche veut progresser

    Inconnu en 2020, le socialiste Paul Gabriel avait à peine dépassé les 10%. Suffisant tout de même pour siéger au conseil municipal et se faire connaître de la population. S’il ne rejette pas tout le bilan d’Eddy Valadier, notamment dans « l’embellissement de la ville », l’élu d’opposition a déjà annoncé sa candidature pour apporter une vision différente sur la démocratie participative : « Nous voulons associer les habitants aux décisions qui peuvent être prises. Il faudrait créer des comités de quartier qui pourraient avoir un petit budget pour mettre en place une action qui leur tient à cœur. Nous voulons aussi créer une maison de la vie associative pour aider les associations dans les dépôts de subventions. Il y a aussi un problème de desserte, au niveau des transports en commun, avec une partie de la ville qui n’est pas desservie. »

    Paul Gabriel mènera ainsi une liste d’union de la gauche avec les communistes. « Nous voulons mener une démarche progressiste et écologiste. Le but c’est de faire mieux qu’en 2020 », confirme Alain Nunez, secrétaire de la section Camargue Vidourle du PCF qui sera présent sur cette liste.

  • [Entretien] « Écrire des articles ce n’est pas un crime »

    [Entretien] « Écrire des articles ce n’est pas un crime »

    La Marseillaise : Comment appréhendez-vous l’ouverture de ce procès en appel ?

    Maxime Gleizes : C’est un moment important mais on a toujours été véhiculés par beaucoup de choses positives, donc on a de l’espoir. Il y a des signaux positifs, mais on reste prudent parce que ça fait plus d’un an et demi qu’on dit qu’il n’y a rien, qu’il va rentrer demain. Au final, la seule réalité c’est qu’il risque une grosse peine de prison lors de ce procès en appel.

    Quels sont les chefs d’accusation le visant ?

    M.G. : Il lui est reproché d’être entré dans le territoire avec un visa touristique – normalement il devait avoir un visa journalistique – d’apologie du terrorisme et mise en danger de la sécurité de l’État.

    Vous avez pu lui rendre visite en octobre. Dans quel état était-il ? Quelles sont ses conditions de détention ?

    M.G. : On a pu se parler pendant une demi-heure, à peu près, derrière un plexiglas. Quand je l’ai vu en octobre, on n’avait pas encore la date de l’appel. On n’en a pas beaucoup parlé. Il était bien sûr un peu aminci mais très bronzé. Il a deux heures de sortie le matin, deux heures l’après-midi et comme ça fait depuis cinq mois qu’il est en Algérie… Il a aussi le corps très athlétique parce qu’il fait beaucoup de sport, il lit et écrit beaucoup. Il n’est pas content d’être en prison évidemment mais il est très bien traité par les gardes et par les autres prisonniers, tout le monde l’apprécie dans la prison. Globalement, il va bien. Il n’est pas malheureux. Il était très content de me retrouver, de me voir. En tout cas, il n’était pas miné et ça nous a aussi quand même beaucoup rassurés de savoir qu’il vit bien en attente de son procès. Il a un moral d’acier.

    Dans ce contexte de tensions entre Paris et Alger, la libération de Boualem Sansal est une source d’espoir ?

    M.G. : N’importe quelle personne y verrait plutôt un signe positif que négatif. C’étaient les deux personnalités, l’une franco-algérienne et l’autre française, incarcérées du moment. La libération de l’un, on se dit qu’elle favorisera aussi la libération de l’autre. Le cas de Boualem Sansal était aussi un cas épineux. J’ai l’impression que celui de mon frère l’est moins, donc c’est vrai que ça augure de bons espoirs. Même si les deux affaires sont très très différentes, il ne s’agit pas des mêmes canaux. L’Allemagne a été un acteur important à la libération de Sansal. Dans le cas de mon frère, ce ne sont pas les mêmes personnes qui tirent les ficelles de cette libération. Mais en tout cas, c’est plutôt une bonne nouvelle.

    Les deux cas ont été instrumentalisés ?

    M.G. : Je pense que ça n’a pas arrangé le schmilblick. S’il y avait eu une très bonne entente diplomatique du moins entre la France et l’Algérie, il n’y aurait pas eu ces scénarios. Ça me paraît évident. C’est être au mauvais endroit, au mauvais moment. Il y a des signes annonciateurs d’un apaisement entre la France et l’Algérie depuis, c’est pour ça qu’on a envie de surfer là-dessus et de s’imaginer finir les fêtes tranquillement, en famille.

    La mobilisation de la profession une source d’espoir ?

    M.G. : Lui, n’était au courant de rien, comme il n’a pas la télé française, il ne sait pas du tout ce qui se passe. En Algérie, on parle peu de l’affaire, ce qui est aussi plutôt bon signe, parce qu’il n’est pas repris par d’autres champs politiques. Quand je lui ai parlé des interviews, des articles sur lui, des gens mobilisés, des actions qui se font pour lui, il s’est dit mais pourquoi pour moi ? La mobilisation du monde du foot, des clubs de Ligue 1, des personnalités publiques et journalistiques, comme Denis Brognard, Hervé Matou et même Benjamin Biolay, toutes ces personnes, on les remercie.

    Le cas de votre frère rappelle que la liberté de la presse est menacée, partout, notamment en Algérie ?

    M.G. : On n’est pas obligé de prendre cause forcément pour mon frère et de l’affaire en elle-même. Mais ça raconte énormément sur ce qu’on peut dire parce que ça ne reste que des mots sur du papier. Ce n’est pas un crime d’essayer de faire des livres, d’écrire des articles, de faire son travail tout simplement. À moins de heurter la sensibilité de certains, ça ne reste que des mots sur du papier.

    Le 29 juin dernier, le journaliste Christophe Gleizes est condamné à sept années de prison pour être entré dans le pays avec un visa touristique, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». La justice lui reproche d’avoir été en contact, en 2015 et 2017, avec un dirigeant du club de foot de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), par ailleurs responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. Son procès en appel s’ouvre aujourd’hui.

  • Une cruelle défaite pour les poloïstes marseillais

    Une cruelle défaite pour les poloïstes marseillais

    La victoire n’était pas primordiale, mais elle aurait fait beaucoup de bien au moral. Le Cercle des nageurs de Marseille s’est incliné, mardi soir à domicile, face à la grande équipe de Barceloneta (11-12), considérée comme la bête noire des poloïstes phocéens, à l’occasion de la cinquième et avant-dernière journée de la première phase de la Ligue des Champions.

    Malgré ce troisième revers dans cette campagne européenne, acquis après avoir subi deux désillusions récemment contre Sabadell, puis Hanovre, les coéquipiers du capitaine Ugo Crousillat, suspendu pour cette rencontre face aux Espagnols, restent deuxièmes de la poule D. Peu importe le résultat entre les deux autres écuries du groupe, ce mercredi, le CNM devra absolument s’imposer à Sabadell, le 11 février 2026, pour espérer obtenir son ticket pour la seconde phase de la Ligue des Champions.

    Privés de Crousillat et Bodegas, toujours blessé depuis le déplacement à Barceloneta, les Marseillais ont mis en place une défense de fer pour contrecarrer les plans des Catalans. Au-delà d’un solide Petar Tesanovic dans les cages, l’ensemble des poloïstes au bonnet blanc ont fait un effort pour gêner les offensives adverses. Le Cercle des nageurs de Marseille a profité de cet avantage pour se retrouver dans des situations favorables face au portier espagnol.

    Aguirre en pleine forme

    Thomas Vernoux, leader offensif de la formation phocéenne et capitaine pour l’occasion, a d’abord pris les choses en main, avant d’être rejoint à la mi-temps par un triplé du discret, mais néanmoins efficace, Alexandre Bouet. La pause, rallongée par un problème technique, a refroidi les locaux, laissant rapidement revenir Barceloneta à une longueur d’avance, grâce à un Unai Aguirre en feu dans sa cage lors des deux derniers quart-temps.

    Le rapport de force s’est d’un seul coup inversé et les Catalans en ont profité pour rattraper leur retard, et même passer devant au tableau d’affichage, pour la seule fois du match, à deux minutes du coup de sifflet final. Radomir Drasovic a eu une balle d’égalisation à quinze secondes du terme sur un pénalty, mais Aguirre a une nouvelle fois joué le rôle de bourreau des Marseillais.

    Quart-temps : 4-1, 4-4, 2-3, 1-4.

    5e journée – Ligue des Champions

    Au bassin olympique Pierre-Garsau (990 spectateurs)

    Arbitres : MM. Kovacs-Csatlos (HUN) et Schwartz (ISR)

    MARSEILLE : Tesanovic (7 arrêts) – Larumbe (1 but), Ondo Methogo, De Nardi, Nagy, Vernoux (cap, 2 buts), Drasovic (1 but), Bouet (4 buts), Marion-Vernoux (1 but), Spaic, Vanpeperstraete, Kalogeropoulos (2 buts), McKnight, Gbadamassi. 17 fautes personnelles.

    Entraîneur : Milos Scepanovic

    BARCELONETA : Aguirre (17 arrêts) – Munariz (cap), Velotto, Valls, Sanahuja (3 buts), Echenique (2 buts), Bustos.J , Burian (1 but), Tahull, Vigvari (3 buts), Biel (2 buts), Bustos.A, Delmas, Gomila. 17 fautes personnelles, dont 3 exclusions (Velotto, Sanahuja et Morales). Entraîneur : Francisco Fernandez

  • À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    Business plan », « chiffre d’affaires », « gestion en bon père de famille ». Ce mardi soir au parc des expositions d’Avignon, on pourrait croire qu’une entreprise tenait son séminaire annuel. Devant environ 500 personnes, c’était en fait un candidat aux municipales qui présentait son programme. En l’occurrence Stéphan Fiori. Se revendiquant avec fierté comme le seul prétendant sans aucun soutien d’un parti politique, ce chef d’entreprise dans les assurances passe à l’étape supérieure après son officialisation de candidature il y a deux mois.

    Très éphémèrement encarté LR puis proche de Julien Aubert, Stéphan Fiori ne laisse rien au hasard pour « redonner espoir » dans une ville où, à l’entendre, il ne se passerait rien ou que du déclin. Très travaillée voire formatée, sa présentation de programme a vu se succéder une dizaine d’intervenants avançant des propositions toutes chiffrées. Il propose ainsi 7,9 millions d’euros d’économies – dont une partie sur le personnel, qu’il veut pourtant choyer (hausse des tickets restaurant) – et 4,6 millions d’euros de nouvelles recettes. En faisant notamment des touristes des vaches à lait (augmentation des tarifs du palais des Papes ou du pont, parkings plus chers).

    Impossible de se livrer à un inventaire à la Prévert des mesures, que certains qualifieraient de conservatrices (uniforme à l’école) ou poujadistes (retour de la voiture en centre-ville, fin de la verbalisation du stationnement pour défendre le petit commerce). Parmi les annonces phares : la création d’un tunnel sous la Rocade (300 millions d’euros) qui résoudrait les maux de pollution et circulation.