Category: accueil-merge

  • Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Ils sont une dizaine à astiquer quotidiennement les couloirs, escaliers, et salles de classe du campus Schuman. Pourtant depuis ce jeudi 4 décembre, les agents d’entretien de l’Université d’Aix-Marseille ont arrêté net. « On ne reprendra pas le travail tant qu’on n’aura pas eu gain de cause », prévient Nadia, déléguée syndicale CGT. Voilà plusieurs semaines que ces salariés dénoncent l’absence de visibilité au sujet de l’avenir de leurs postes, depuis que la société Derichebourg a repris la prestation des salariés du campus, le 1er octobre. Sur le campus, entouré d’étudiants venus soutenir leur mobilisation, une poignée d’entre eux raconte les conditions de travail auxquelles ils sont confrontés chaque jour, mais surtout l’avenir incertain quant à leurs contrats. Rien d’écrit, ni posé sur le papier, précise Nadia, mais des « paroles » et des « conversations » qui inquiètent.

    Des engagements écrits

    « On nous parle de réduire le personnel de moitié, sans le remplacer, ou de mutations forcées », explique Nadia, qui insiste sur des conditions de travail déjà compliquées : opérations chirurgicales subies par de nombreux salariés, fatigue… L’équipe d’agents qui l’entoure abonde : « C’est comme si nous, les travailleurs de l’ombre, on n’existait pas, (parce que) les travailleurs de l’ombre, on fait d’eux ce que l’on veut. On ne demande même pas une augmentation de salaire, on demande à garder nos conditions de travail et nos contrats actuels, nos positions aussi. Certains salariés travaillent depuis vingt ans sur les lieux », ajoute Nadia. À cela s’ajoutent des témoignages de dialogue social tendu entre agents et responsables. « Sans eux, nos conditions d’études seraient déplorables », rapporte Hector, soutien des salariés et syndiqué de la Fédération syndicale étudiante (FSE). De son côté, l’Université d’Aix-Marseille (AMU) explique bénéficier de ce marché de nettoyage passé par l’Union des groupements d’achats publics (Ugap). « Suite à leur consultation, c’est la société Derichebourg qui assure avec efficacité le nettoyage de nos 165 bâtiments, indique l’université, qui ne fera pas de commentaire sur cette situation entre la direction de Derichebourg et ses salariés. Toutefois, nous espérons un retour la normale rapide et durable aux profits de nos usagers. » Sollicitée, la société Derichebourg n’a pas pu nous répondre dans les délais avant bouclage.

  • À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    Chez les robes noires, le projet ne passe pas et ne sera pas digéré. Récemment le projet de décret « Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience » (Rivage), proposé en octobre par le garde des Sceaux a été soumis à consultation à différentes instances. S’il est adopté, le projet pourrait empêcher bon nombre de justiciables d’accéder aux instances d’appel et ses propositions « constituent une remise en cause frontale du droit d’appel tel qu’il existe en France », préviennent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel d’Aix. Suivant un mouvement d’ampleur nationale et alors que Gérald Darmanin rencontre ce jour Julie Couturier, présidente du Conseil national des Barreaux, une délégation s’est rassemblée ce jeudi, sur les marches du Palais Verdun pour réaffirmer leur « ferme opposition au projet de décret ». « Pour rappel, ce décret, visant à réformer les voies d’appel prévoit de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros. Cela signifie que les décisions dont l’enjeu financier est inférieur à 10 000 euros ne seront plus susceptibles de contestation, le justiciable pouvant uniquement saisir la Cour de Cassation et ce sans aucune considération pour la complexité juridique de leur affaire », détaillent, d’une même voix, bâtonniers et vice-bâtonniers présents.

    Une « double peine »

    C’est une « double peine » pour les justiciables les plus modestes. Le texte prévoit entre autres et en plus, « de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (…) une atteinte fondamentale au double degré de juridiction » et « d’instaurer un filtrage des appels au profit des présidents de chambre des cours d’appel (…) un magistrat unique pourrait désormais rejeter un appel sans débat contradictoire complet », indiquent les bâtonniers et vice-bâtonniers. La colère est d’autant plus grande chez les robes noires dans un contexte « criant » de manque de moyens : le décret est davantage perçu par la profession comme une « politique de gestion de la pénurie et une véritable confiscation du droit d’accès au juge (…) la justice ne doit pas devenir un simple instrument de réduction budgétaire. Il est au contraire nécessaire que soit fait un investissement à la fois financier et humain, avec plus de magistrats et plus de greffiers », rappellent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel aixoise. « On se retrouve toujours avec des délais qui sont, à la cour d’appel d’Aix, de l’ordre de 3 ans. Dans ce décret, aucune réponse ne nous est apportée sur cette question que nous, bâtonniers du ressort rappelons systématiquement », rappelle Me Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau de Marseille.

    Plus de moyens réclamés

    « On a un manque de moyens criant de la justice. Répondre en supprimant le droit d’appel, c’est inadmissible », ajoute Jean-Michel Ollier, son vice-bâtonnier. « Ce sont les litiges en matière civile, commerciale et prud’homale qui pourraient être concernés par ce projet fait dans un but de gestion des flux et non dans un but d’instaurer l’accès à un juge pour tous, pourtant fondamental », insiste Me Monika Mahy-Ma-Somga, bâtonnière du barreau d’Aix-en-Provence, qui le rappelle : « Lors de la rentrée solennelle du barreau de Paris, le garde des Sceaux, présent a indiqué qu’il ne signerait rien sans l’accord des avocats (…) nous avons rendez-vous le 10 décembre avec le Premier président et nous lui réaffirmerons notre opposition totale à ce projet de décret », assure la bâtonnière.

  • La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    C’est un record. Jamais conseil municipal n’avait vu autant de délibérations être débattues depuis le début du mandat. Près d’une centaine de points étaient à l’ordre du jour, soit près de 4 heures de séance. Record d’affluence, aussi. Rarement, l’hôtel de ville n’avait accueilli un public aussi nombreux, certaines personnes étant contraintes de s’asseoir par terre.

    Loin d’être ordinaire, ce jeudi 4 décembre, le conseil municipal avait des airs de campagne, les oppositions se saisissant de toutes les occasions pour attaquer la majorité et présenter leur projet. À commencer par les avances sur subvention accordées aux associations. Sylvie Wojtowicz, colistière de Jean-Luc Di Maria (LR), a voulu envoyer « un message clair sain et rassurant à l’ensemble de notre tissu associatif », anticipant une victoire, avant d’être reprise par le maire Gaby Charroux (PCF) : « Vous ne pouvez pas vous servir du conseil municipal pour faire votre campagne. »

    Requalification

    et compensations

    Au-delà de nombreux débats à visée électoraliste, certains points ont engagé d’importantes discussions, notamment au sujet du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc. L’assemblée avait à rendre un avis sur l’enquête publique, qui s’est achevée le 13 novembre. L’adjoint au maire délégué à l’environnement Florian Salazar-Martin (PCF), a résumé : « Nous sommes très satisfaits mais nous restons très vigilants sur un certain nombre de promesses faites dans un cadre financier et politique dégradé. » La majorité souhaite avoir l’assurance que l’échangeur du Réveilla, « indispensable à la fluidification du trafic et permettant l’optimisation de la desserte de Martigues Nord », sera réalisé, mais aussi que la RN568 soit requalifiée en boulevard urbain afin qu’elle devienne une 1×1 voie. Une attention est aussi portée aux mesures compensatoires écologiques, qui seront mises en place localement sur les secteurs de Maquemeou, du Vallon du Pauvre homme et de la plaine de Saint-Macaire sur plus de 70 hectares.

    Le conseiller d’opposition Frédéric Grimaud (LFI) a voté contre cet avis, justifiant : « Une autoroute en plus c’est du trafic en plus. Pour moi c’est un paradoxe, c’est un projet qui valide l’autoroutier et qui va augmenter les émissions de CO2. » L’ancien député de la 13e circonscription et élu municipal Pierre Dharréville (PCF) a plaidé, quant à lui, pour un plan global : « C’est une première décision qui en appelle d’autres. Nous allons reconquérir de l’espace urbain, permettre une meilleure circulation, il s’agit de continuer la bataille engagée pour le développement du fluvial, du fret et du transport ferroviaire », notant les insuffisances de la ligne de la Côte Bleue.

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.

  • La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    C’est par une visite sur la chaîne de contrôle douanier de l’entreprise de livraison internationale, UPS, à Marignane que Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, a terminé ce jeudi 4 décembre sa visite en région Paca.

    Une conclusion logique explique-t-il quand les douanes relèvent aussi de la responsabilité de son ministère. « Il y a eu une évolution dans l’organisation de nos administrations, ce n’est plus seulement le ministère de l’Économie et des finances c’est aussi celui du commerce extérieur », indique-t-il. Que les douanes puissent contrôler les millions de colis qui transitent par l’entreprise de fret, afin de détecter les « contrefaçons, les produits illicites des trafics » fait partie de la « crédibilité nécessaire à UPS », et de l’État estime le ministre.

    Préserver l’emploi

    « chez nous »

    Détecter les contrefaçons, c’est aussi préserver « des emplois chez nous », enchaîne-t-il. La contrefaçon, « c’est de l’activité économique que l’on vole à ceux qui fabriquent légalement en prenant leur marque, en les falsifiant pour un prix qui ne rémunère qu’à peine ceux qui sont employés dans des pays lointains pour les fabriquer » insiste-t-il, défendant « une logique sociale ».

    Pas moins de 33 agents travaillent à Marignane, un des trois bureaux de douane des Bouches-du-Rhône avec celui de Fos et de Marseille, « dixième au niveau national », deuxième du département, précise à ses côtés Michael Lachaux, directeur régional des douanes. Ni portuaire, ni aéroportuaire, il dédouane « des flux pour les entreprises de tout le département », et connaît une augmentation de son trafic ajoute-t-il, sachant que dans les Bouches-du-Rhône, plus d’un million de déclarations par an sont réalisées à l’import-export. « Soit plus de 90% du dédouanement de la région », ajoute Michael Lachaux.

    Pour les douanes, les enjeux sont à la fois la lutte contre la fraude et l’accompagnement des entreprises. Une partie importante et méconnue de l’activité douanière.

    Reste que dans le premier aéroport régional en matière de fret, juste après les aéroports parisiens au niveau national, le contrôle des colis a pris de l’ampleur. « On consomme de plus en plus par e-commerce, les entreprises utilisent également le fret express pour des raisons de rapidité et de flux tendus », explique le directeur régional. Au point qu’une cellule spéciale a été créée pour traiter ce flux d’environ 1,1 million de colis dédouanés par an, dont 600 000 importés de pays hors UE et 500 000 à l’exportation.

    Quand on demande au ministre si un renforcement des moyens est alors envisageable face à la masse de travail, il évoque des « méthodes de travail » à repenser, assurant que l’État est mobilisé et qu’une réflexion au niveau européen est aussi engagée. Et de rappeler que « c’est à la demande de la France que l’exonération des colis de moins de 150 euros de valeur », sera supprimée en janvier.

  • L’assassinat d’Abde choque la Belle de Mai

    L’assassinat d’Abde choque la Belle de Mai

    « Sa famille a déménagé il y a 2 ans dans le 14e, mais tout le monde le connaît ici, il était à l’école avec nos enfants », annonce une maman venue consulter la psychologue de la cellule ouverte ce jeudi au centre social qui a sollicité la préfecture. Mais dès lundi, c’est au collège que le traumatisme a dû être géré par l’équipe pédagogique.

    « Des élèves avaient eu accès à une vidéo et on a pris connaissance des détails macabres de cet assassinat », explique Michaël Crolet, le directeur du centre Léo-Lagrange qui a souhaité, ouvrir une cellule en complément de ce qui a été mis en place au collège, « autant que nécessaire, pour un soutien individuel et confidentiel de tous ceux qui en ressentent le besoin, car cet acte d’une violence inouïe a provoqué un énorme émoi ».

    AbderrahimAbderrahim fréquentait le centre social, d’abord pour ses activités, puis « à plusieurs reprises suite à des exclusions du collège ». Le centre a mis en place un dispositif en lien avec l’établissement scolaire destiné à accompagner les élèves exclus des cours et éviter que la punition se répète et de les laisser désœuvrés. 39 collégiens y ont participé l’année dernière. Si la mission première du centre est l’animation, le rôle qu’il joue va au-delà. « On accueille toute réponse à un besoin identifié, précise le directeur, mais face à la recrudescence des violences liées au trafic de stupéfiants, on s’interroge sur notre place dans tout ça, il y a une situation sur le 3e arrondissement qui nous échappe. »

    Le deal est là, il bouge

    Une mère dont deux ados sont scolarisés au collège Belle de Mai patiente devant la cellule du Dispav, « terrifiée par l’horreur de ce massacre. Comment peut-on s’attaquer ainsi à un enfant ? ». Elle a vu Abderrahim grandir, « il était à peine sorti de l’adolescence, un visage d’enfant, un gentil minot, choyé par ses parents. Sa mère est très présente, toujours derrière ses cinq enfants. On ne comprend pas… et on a peur ». Abderrahim était aussi connu de ce riverain du square National, « où il traînait toujours, même après le déménagement. il ouvrait les portes, proposait de monter des courses ». Il assure : « C’est là que ces barbares sont venus le chercher avant de l’abattre aux Arnavaux. On est au centre de trois réseaux, le Moulin, Roy d’Espagne et Bellevue. Les points de deal sont là, partout, ils bougent, une fusillade à Félix-Pyat dimanche, un blessé lundi boulevard national… » À ses côtés, une habitante de la place Cadenat complète, en colère : « Il y a maintenant des feux d’artifice tirés jusque sur la place ! Mais quand on appelle le commissariat du 3e, personne ne vient, il n’y a jamais d’effectifs. C’est quand même pas à nous d’occuper le terrain… que font les élus ? ».

    Rue Loubon, face au square National, les policiers municipaux ont commencé à s’installer dans leur nouveau poste depuis lundi. La Fondation Abbé Pierre avait quitté le bâtiment en 2022 par sécurité pour son personnel, plusieurs fois menacé par les narcotrafiquants.

  • Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    L’actualité avait fait grand bruit, lorsqu’en septembre 2018 près de 30 000 étudiants de 400 écoles d’enseignement supérieur s’étaient engagés « pour un réveil écologique », promettant d’« inciter tous les acteurs de la société […] à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Mais cet appel désormais structuré en collectif s’invite aujourd’hui au cœur du bras de fer autour de la centrale biomasse de Gardanne. Deux ans après l’annulation par le Conseil d’État de son autorisation d’exploitation, un nouvel arrêté a en effet été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône égrenant de nouvelles prescriptions sur quelque 80 pages. Des restrictions particulièrement dures, qui alarment aussi bien les salariés que l’exploitant (notre édition du 03/12). De quoi doucher les espoirs de relance durable, après la réembauche en préfecture des premiers salariés qui avaient été licenciés.

    Or, selon nos informations, l’auteur de cet arrêté, diplômé de polytechnique, est lui-même membre du collectif Pour un réveil écologique, pour lequel il a rédigé un rapport sur le bois-énergie. « Une bible qui permet de poser un regard nouveau, précis et sans concession sur le bois-énergie », décrit l’association Printemps écologique qui conseille les comités sociaux et économiques sur les questions de transition. Et avec laquelle il s’est opposé en 2022 à l’installation d’une chaudière biomasse pour l’entreprise Purina de Nestlé en Loire…

    « Cette note n’a pas pour objet de donner un avis tranché pour ou contre le bois énergie », tempérait son auteur. Mais selon ce responsable de la Dreal, l’usage du bois pour l’énergie n’est pertinent que s’il complète la demande en bois d’industrie, pour financer des coupes d’éclaircie en forêt. S’alarmant des subventions accordées par l’Ademe en faveur de la biomasse pour les chaudières. Et de dénoncer : « La centrale thermique de Gardanne, pour ne citer qu’elle, consomme des volumes considérables de bois énergie pour la production d’électricité alors que la filière bois d’œuvre est extrêmement faible voire inexistante dans la région. » Quant à la pyrogazéification, qui est portée par les salariés de la centrale, il juge son développement « irréaliste », sans fermer la porte à de la recherche industrielle.

    Ces convictions personnelles ont-elles pesées pour rédiger l’arrêté préfectoral, avec ses fortes restrictions qui menacent l’activité de la centrale ? Sollicités, ni l’auteur ni la préfecture n’ont pu nous répondre ce jeudi.

  • Feu vert et panneau stop

    Feu vert et panneau stop

    Le ciel est-il à nouveau en train de s’obscurcir au-dessus de la centrale de Gardanne ? Après 7 ans d’une mobilisation ouvrière constante, l’éclaircie semblait pourtant de mise avec le passage à la biomasse et même l’annonce de la mise en œuvre prochaine du projet de biogaz porté par les salariés eux-mêmes à travers leur association et avec le soutien de leur syndicat CGT.

    La publication de l’arrêté préfectoral qui encadre l’activité a fait l’effet d’une douche froide. Les restrictions qui s’allongent sur 80 pages semblent en effet destinées à empêcher la viabilité du site.

    Troublant après une enquête publique qui avait permis un débat démocratique de qualité en croisant les points de vue des riverains, des associations de protection de l’environnement, des salariés, de l’industriel, des experts… sur un projet redimensionné pour répondre aux exigences parfois contradictoires qui s’exprimaient.

    Situation troublante

    Le trouble est encore plus grand lorsque l’on découvre que le rédacteur de l’arrêté est membre d’un collectif très critique à l’égard de l’utilisation de la biomasse.

    Le dossier de la centrale de Gardanne n’est pas anecdotique. Il ne peut souffrir aucun soupçon de partialité. Son importance pour l’emploi, pour l’autonomie énergétique, pour la décarbonation de la production d’électricité, pour l’avenir industriel de l’ex-bassin minier mérite mieux.

    L’État, garant de l’intérêt général, doit clarifier sa position. Un feu vert ne peut être assorti d’un panneau stop.

  • Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    C’est un brûlant dossier qui arrive sur la table des élus du conseil communautaire du Grand Avignon de lundi prochain et devrait même éclipser le vote du dernier budget de la mandature : l’audit sur la gestion de Tecelys, la SPL (société publique locale) satellite de la collectivité en charge notamment de la gestion des transports. En octobre 2024, nous révélions les lourdes accusations d’irrégularités et d’opacités portées par le directeur général des services (DGS), qui avait préféré quitter son poste face à la situation. Dans la foulée, Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, mais surtout ici PDG de Tecelys, annonçait lancer un audit.

    Réalisée par Auream, un cabinet de conseil du secteur public, la mission d’audit s’est achevée, fin septembre, par la remise d’un rapport de 52 pages, dont les élus n’ont pas été encore destinataires. Seule une synthèse leur a été présentée lors d’une commission dédiée, le 13 novembre dernier. « Je suis très serein, il n’y a pas de dérapage, aucun gaspillage, ni poussière sous le tapis », assurait, le 6 octobre, Joël Guin, lors du précédent conseil communautaire, promettant un débat lors de la prochaine séance, de ce lundi donc.

    Rappelons que Tecelys a la main sur de l’argent public, principalement issu du budget annuel des transports du Grand Avignon, qui va culminer à plus de 100 millions d’euros en 2026. Avec pour l’heure, un bilan copieux en études, mais famélique en réalisations. « L’évolution des transports en commun sur ce mandat, c’est zéro », a asséné Cécile Helle, samedi dernier, en conseil municipal. Généralement discrète en conseil communautaire, la maire (PS) d’Avignon interviendra peut-être sur le sujet lundi.

    L’audit, consulté par La Marseillaise, pourrait faire pschitt quant aux accusations de l’ex-DGS, Alain Cluzet. « Aucune irrégularité constatée, mais des dysfonctionnements organisationnels et contextuels », est-il exposé en résumé. Le travail a été réalisé selon le propre cabinet, par « un trio d’experts spécialisés dans les domaines financiers, juridiques et l’exploitation de transport », qui ont auditionné près d’une trentaine de personnes de la SPL et du Grand Avignon. L’audit s’apparente en réalité à un document de réponses aux accusations soulevées par l’ex-DGS et délivre ensuite une analyse juridique avec quelques recommandations et évaluations du risque.

    « Manque de compétences » et « confusion des rôles »

    Parmi les écueils, le fait qu’Alain Cluzet, lanceur d’alerte dans l’affaire, n’ait pas été audité, « en raison de l’impossibilité de se rendre à Avignon et le refus de la collectivité que l’entretien se réalise en visio ». « Je n’allais pas poser deux jours de congé pour venir en plus chez Tecelys où vous imaginez bien que je n’aurais pas eu une haie d’honneur », justifie l’intéressé, joint par La Marseillaise. En juin dernier déjà, il parlait d’un « simulacre » d’audit. « La seule mission est de répondre à mes allégations de la façon la plus sommaire, ce n’est pas moral qu’un patron fasse réaliser un audit de sa propre activité », poursuit-il aujourd’hui, parlant d’une étude « complètement pipée ». « Le seul auditeur, c’est la CRC », assène Alain Cluzet. Des magistrats qui ont justement démarré un contrôle au Grand Avignon et Tecelys (lire ci-contre).

    Le contenu de l’audit estime que 8 des 19 dysfonctionnements mis en avant par le DGS sont faux, à l’instar de factures de SPL sans service fait. Trois sont invérifiables, comme le fait que l’actuel directeur de cabinet de Joël Guin devienne directeur de la SPL, un seul est vrai (alertes au président), le reste étant des vrais, mais nuancés. La surrémunération du directeur Daniel Audibert n’est pas non plus avérée selon l’audit, bien que les auditeurs se soient vus refuser leur demande d’accès à son contrat de travail et avenants.

    Si l’audit ne relève rien de répréhensible juridiquement voire pénalement, il pointe des dysfonctionnements où, en creux, un certain amateurisme est dénoncé. Notamment depuis que la SPL a récupéré le réseau de transports Orizo mi-2022. Il est question « d’un manque de compétences au sein du Grand Avignon pour une telle opération » et d’une « intégration de l’activité [qui] semble avoir été réalisée au forceps, sans aucune prise en compte de l’organisation de la SPL ». Idem, « une confusion des rôles » et des missions entre la SPL et le Grand Avignon ainsi que « des équipes sous-dimensionnées » auraient participé à une « désorganisation ». De même, l’audit recommande de dissocier la fonction de président de l’Agglo et de PDG de Tecelys. Ce devrait être le cas fin mars, à l’issue des municipales où Joël Guin ne souhaite pas rempiler à la présidence du Grand Avignon. Il laisse également la patate chaude Tecelys à la prochaine mandature.