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  • Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    « Ça peut prendre quelques secondes pour fermer une porte, mais des années pour l’ouvrir », citaient avec évocation Jean-Marc Lamoure et Pilar Arcila lors des dernières Rencontres du cinéma de Gindou. Les réalisateurs de Du monde aux portes, projeté en ouverture des Rencontres sciences et cinéma, mardi 9 décembre dans la salle de la Baleine, située sur le cours Julien. « Un documentaire » tendant « vers la fiction » immergé dans le quotidien du Centre hospitalier de Valvert et de ses patients en psychiatrie, dans le 11e arrondissement de Marseille, qui compte huit chambres d’isolement. L’occasion de questionner l’hospitalité, qui connaît une crise profonde dans tous les champs de la société française aujourd’hui, et dont la racine vient « d’hospes, accueillir et hostis, l’ennemi ».

    Le symbole d’un lien entre le cinéma et la recherche dont Risc, organisé par l’association Polly Maggoo, s’est fait une spécialité depuis une quinzaine d’années et qui irriguera cinq jours de projections ainsi que de rencontres dans des salles obscures telles que le Gyptis, le Vidéodrome 2, l’Artplexe, le Polygone étoilé mais aussi le Muséum d’histoire naturelle et celui d’Histoire.

    Questions d’accueil(s)

    Vitrine de productions qui entretiennent une proximité avec les sciences, y compris humaines et sociales, ce festival présente des films qui « questionnent notre relation à l’autre et nos façons de l’accueillir, l’expérience du handicap et de la maladie, les dits et non-dits de nos histoires familiales mais aussi ceux de la grande Histoire », résume son directeur artistique Serge Dentin, ou encore « notre relation à la vérité dans un monde bouleversé par les réseaux et l’intelligence artificielle, brouillant les frontières entre le réel et le virtuel ».

    Toujours liée à la question de l’hospitalité, plus particulièrement à « ce que signifie l’expression être de quelque part », une séance ayant toujours trait à Marseille sera organisée samedi au cinéma le Miroir de la Vieille Charité. Elle sera lancée à 14h par La cité des phoques, « conférence performée » de Camille Goujon qui « monte et démonte l’histoire, rembobine le film déconstruisant la cité phocéenne » à travers « documents, vidéos de ses enquêtes de terrain, récits mythologiques et témoignages scientifiques ». Place ensuite au court-métrage La station, dans lequel la réalisatrice Lisa Chapuisat rend un hommage musical à la dernière station uvale de France, dont le charme désuet mais profondément humain se répand sur le cours Pierre Puget. Là où « Yanis sert du jus de raisin frais dans des petites coupelles dorées » tandis que « des clients s’installent au comptoir et y laissent un peu d’eux-mêmes ».

    Au total, une cinquantaine de films de tous formats sera diffusée pendant la 16e édition de ce festival qui s’achèvera par l’avant-première de Planètes, de Momoko Seto, « odyssée » d’animation « dans un monde microscopique et imaginaire qui évoque les enjeux des migrations environnementales ».

  • Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Ce n’était pas encore la dernière séance, mais cela fleurait drôlement la fin de règne, ce lundi soir, en conseil communautaire du Grand Avignon. Si un ultime rendez-vous est normalement fixé au 9 février, le vote de l’ultime budget de la mandature n’a soulevé aucun emballement majeur, que ce soit un bilan pro domo ou critique acerbe des presque six années de mandat. Même le président (SE) Joël Guin n’aura pas dit un mot sur les finances et ses réalisations, laissant Xavier Belleville, son vice-président (LR) au budget, dérouler son propos.

    « Ce budget 2026 laisse des marges de manœuvre, il faudra faire des choix complémentaires », avance Xavier Belleville, à l’adresse de ceux qui seront aux manettes à l’issue des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars. Un budget, encore une fois voté par la majorité de gauche des élus avignonnais, et pour lequel seul le RN s’est opposé sans qu’un élu d’extrême droite ne prenne la parole pour s’en justifier. Les écologistes se sont, eux, abstenus : Jean-Pierre Cervantès a tracé un programme communautaire des projets à réaliser. Personne n’est revenu sur la hausse prévue puis finalement retirée de l’ordre du jour de la fiscalité sur l’eau (nous y reviendrons dans l’édition de mercredi).

    Autre sujet fort attendu, l’audit sur la gestion de la société publique locale (SPL) Tecelys, qui a notamment la charge du réseau de transports du Grand Avignon (notre édition de vendredi). Là aussi, un quasi-flop, évoqué lors d’un rapport sur le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité, où il n’est nullement fait mention de cet audit. Lors de la précédente séance, Joël Guin avait assuré qu’il « n’y avait pas de poussière sous le tapis » au sein de cette entité, dézinguée par son ancien directeur des services (DGS) qui avait soulevé de lourdes irrégularités. Ce que dément l’audit, évoquant « des dysfonctionnements ».

    Ce lundi soir, Joris Hébrard est monté au créneau sur le dossier, le maire (RN) du Pontet ayant trouvé là un véritable os à ronger depuis 14 mois et le début de l’affaire. « Ce rapport semble conçu pour contrecarrer méthodiquement les dysfonctionnements portés par l’ancien DGS plutôt que pour établir une vérité objective », dénonce Joris Hébrard, accusant Joël Guin, également PDG de Tecelys, « de conflit de gestion et de gouvernance ». Un grief que l’on retrouve dans l’audit, qui recommande de mettre fin à cette double casquette. Et le maire du Pontet de s’en remettre au travail « sérieux et sans complaisance » de la chambre régionale des comptes (CRC) qui a entamé un contrôle sur Tecelys et le Grand Avignon.

    La CRC en juge de paix

    « Je me réjouis qu’elle soit là, c’est moi qui l’ai demandée », répond Joël Guin, tout en laissant sous-entendre que les conclusions viendront « apporter une certaine contradiction » aux propos des accusateurs. C’est bien le seul moment où le président rejoindra Joris Hébrard qu’il fait passer pour un couard. « En commission ad hoc sur l’audit, vous vous êtes illustré par votre silence, vous n’avez pas eu le courage de dire en face des auditeurs que leur travail était bidon », pique Joël Guin. Cette brève escarmouche sera la seule sur Tecelys, SPL qui, comme son nom l’indique, dépend de l’argent public. Aucun élu avignonnais – Tecelys a aussi un volet aménageur, conduisant des travaux en ville – n’est non plus intervenu. « Tout le monde attend les conclusions de la CRC », glisse l’un d’entre eux.

    À la tribune, Joël Guin ne dira pas ce qu’il adviendra des recommandations de l’audit. Notamment sur le cumul non souhaitable des rôles de président du Grand Avignon et de PDG de Tecelys. « Il aurait pu le dire mais on ne va pas changer maintenant [à 3 mois de la fin du mandat] », confie-t-on dans l’entourage de Joël Guin après la séance. Les conclusions de la CRC ne seront de toute façon pas connues avant les élections.

  • Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Aujourd’hui doté d’une réputation de ville de rugby, Toulon a longtemps existé sur la carte du football français. Avec 48 saisons professionnelles (36 en deuxième division, 12 en première), le Sporting Club de Toulon, fondé en 1945, revendique une riche histoire, l’ayant mené jusqu’à la 5e place de D1 en 1988. De grands noms tels que Rolland Courbis ou David Ginola faisaient alors sa renommée. Mais, 37 ans plus tard, alors que le club fête ses 80 ans, le contexte est tout autre. Du record d’affluence de 1985 – 18 000 spectateurs à Mayol pour un Sporting-Monaco –, aux quelques centaines de courageux présents dans les travées clairsemées de Bon Rencontre chaque semaine, ces dernières années, l’eau semble avoir trop rapidement coulé sous les ponts.

    L’apogée de son club, « Djezo », comme on le surnomme au stade, ne l’a pas connue. Ce supporter de 35 ans, président du groupe « Du passé je suis amoureux », est un fidèle de Bon Rencontre depuis 2006. Du Régional 1 (6e échelon français), au National 2 (4e division, niveau actuel du club), en passant par de courts retours en National (3e division, entre 2005 et 2007, puis en 2019/2020), et une relégation administrative en 2011 (la troisième de l’histoire du club), Djezo n’a jamais lâché, malgré un constat implacable : « Toulon est la seule des 20 plus grandes métropoles françaises à ne pas avoir de club dans les deux premières divisions », pointe-t-il, non sans amertume.

    Un propriétaire inflexible

    Ce ras-le-bol est partagé par l’ensemble des supporters du club de la Rascasse et s’exprime depuis trois ans à travers le mouvement « Toulon mérite un grand Sporting », slogan créé il y a 10 ans. « On ne voulait pas que ça reste autour de notre groupe, mais que ça concerne tous les supporters. Lors d’une énième défaite en janvier 2023, dans un stade vide, on était allé à la rencontre du président et des joueurs. On était entré dans le vestiaire, sans violence car ça n’a jamais été notre but, mais ça avait fait impression. Ça a été le point de départ », détaille Djezo.

    Des tracts sont alors distribués, notamment auprès de 350 commerçants « à qui on doit en grande partie le retentissement populaire », salue Djezo, à travers des affiches et une photo collective. « On a eu le soutien de groupes de supporters, comme le CUP, à Paris, des supporters du Celtic Glasgow, de clubs italiens, d’anciens sportifs pros (Sébastien Squillaci, Mathieu Bastareaud, David Girard…), d’un hôtel new-yorkais, dont le patron est Toulonnais, et du chef du Jules-Verne à Paris », détaille-t-il. Preuve que ce combat n’est pas qu’une affaire locale.

    Catalyseur de la colère : la direction, en place depuis 2011, sous la houlette de son actionnaire majoritaire Claude Joye, sans avoir réussi à faire progresser le club. « Il a effacé une dette de près d’un million d’euros, nous ne l’oublions pas », reconnaît Djezo. « Quand il arrive, le projet, c’est la Ligue 2 en 5 ans. » 14 ans après, le Sporting végète au 4e échelon national, « et on regarde plus derrière que devant », s’inquiète-t-il. Les contacts avec la direction sont rompus. Et en dépit de cette stagnation, Claude Joye (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) se refuse à céder le club, malgré plusieurs offres : « Un investisseur toulonnais a fait une offre de 2 M d’euros et promettait d’en investir 18 dans le projet sportif. Il a refusé et fixé un prix exorbitant, 6 M. Ça a mis un terme aux négociations. On a le sentiment qu’il a mis un prix pour dégoûter tout le monde », se désole Djezo. D’après lui, d’autres négociations seraient en cours avec de potentiels repreneurs. « On veut juste un club qui nous fasse rêver, voir du football sans avoir à aller à Marseille ou Nice », milite Djezo, qui « ne veut plus entendre parler de la direction actuelle. En 15 ans, il y a eu assez de temps pour présenter un bilan ».

  • L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    Le chemin de l’union de la gauche pour les municipales risque bien d’être semé d’embûches. Alors que, dimanche 7 décembre, le collectif La Ciotat nous rassemble, « composé de femmes et d’hommes de gauche, écologistes et citoyens » a distribué des tracts en ville, intitulés « Rassembler la gauche, les écologistes et les citoyens, c’est possible ! », Toni Delogu a réagi, ce lundi. « Je trouve cela très prématuré, car au niveau local et fédéral, aucun accord n’a été conclu à ce jour entre le PCF, le PS, les Verts… Il ne faut pas un rassemblement de façade », a-t-il désapprouvé.

    Désaccord sur la tête

    de liste

    Avant d’enchaîner : « On est à ce jour en capacité de monter une liste avec le PS, Place publique, Génération.s et certains membres du collectif “Pour que vive le NFP à La Ciotat”. Mais pas avec le représentant de LFI, Jean-Paul Coste, un mélenchoniste qui nous traite de “traîtres”. » Il poursuit : « Nous avons rencontré les Verts, il y a quelques jours. Ils sont favorables à un renouvellement de l’échiquier politique et à une tête de liste féminine. »

    Si La Ciotat nous rassemble a démarré la campagne des municipales en solo, « c’est parce que chaque jour, on me demande : “que fait la gauche ?” », justifie le communiste Karim Ghendouf. Il précise : « Et il est hors de question que nous laissions l’espace d’expression politique à l’extrême droite. »

    Dans la commune, Daniel Salenc, soutenu par le RN, a été le premier à se déclarer candidat aux municipales. Quant au maire (DVD) Alexandre Doriol, « il est ultraprésent et utilise les moyens de communication de la Ville pour sa campagne qui ne dit pas son nom », attaque le conseiller municipal d’opposition.

    Karim Ghendouf reconnaît que le contenu du tract distribué dimanche est « une déclaration d’intention. Notre volonté est de rassembler toute la gauche sans exclusive. à ce jour, elle n’a pas été entendue. Mais je ne désespère pas que la gauche prenne ses responsabilités ».

    Parmi les « points de blocage » à l’union, il cite « le périmètre de l’union. Nous la souhaitons du PS à LFI. Or, le PS ne veut pas travailler avec LFI et vice versa ». Il évoque aussi un désaccord sur « la méthode » : « Je ne veux pas que les gens soient dans une posture politique, mais qu’ils se mettent autour de la table et travaillent pour leur commune et ses habitants. » Mais le désaccord le plus flagrant concerne la tête de liste. « À ce jour, on n’a pas posé de préalable. Mais on pense avoir une légitimité non négligeable », défend Karim Ghendouf. Le comité de soutien à la liste a d’ores et déjà rassemblé « 150 personnes », indique-t-il.

    La Fédération du PS des Bouches-du-Rhône « a émis le vœu d’une candidature féminine pour la tête de liste », confie la socialiste et conseillère municipale d’opposition Martine Cuccaroni. Native de La Ciotat, engagée en politique depuis 2012, cette monitrice de sport à la retraite « à la fibre sociale » s’est portée candidate. Aux militants ensuite de voter. Pour elle, il est temps que Karim Ghendouf, « qui se présente depuis dix-huit ans dans le cadre d’une liste d’union de la gauche », passe la main, « car ses résultats plafonnent ».

    Nouveau venu, non pas dans le paysage politique ciotaden, mais dans cette nouvelle campagne des municipales : Bernard Ougourlou-Oglou. L’ex-premier secrétaire du PS se présente comme « un social-démocrate au-dessus des partis ». Commentaire de son ex-colistière, Martine Cuccaroni : « Bernard cherche à affaiblir l’union de la gauche ».

  • Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Parmi la trentaine de délibérations inscrites à l’ordre du jour, sept concernaient les finances. Et chacune a donné lieu à son lot de passes d’armes entre oppositions et majorité.

    à commencer par le surcoût des charges de personnel annoncé par la majorité : 630 000 euros. « ça paraît quand même surprenant que ce soit décidé en fin d’année alors qu’on sait que le budget du personnel, qui doit passer auprès des services de l’état, est en général voté avant le 8 décembre. ça ne fait pas très sérieux », lance de son côté Jean-Marc La Piana, conseiller municipal d’opposition et à la tête d’une union de gauche en vue des élections municipales 2026. « Ce n’était pas anticipable, cette année, le vote du budget a été particulièrement tardif », rétorque Arnaud Mazille, adjoint au maire et directeur de campagne de l’édile sortant.

    Surcoût sur trois projets

    Quelques minutes plus tard, la tension remonte au moment d’aborder la délibération visant à programmer un crédit de paiement (AP/CP) pour trois projets : la réhabilitation de la Plateforme jeunesse, celle du cinéma et la construction d’un centre de loisirs, tous en surcoût. « Sur ces trois opérations, nous avons la possibilité de passer 30% de la dépense de l’année précédente », justifie Antonio Mujica, premier adjoint, évoquant des augmentations liées aux « surprises » sur les travaux de rénovation.

    « Une augmentation de 30% sur un projet comme celui de la Plateforme : je me pose la question de la gestion financière de ce projet. Vous dites que les trois décisions (…) ont toutes des surcoûts. Ce sont trois projets différents, mais je me pose la question sur une bonne ou mauvaise gestion du projet (plateforme) », interroge Jean-Marc La Piana. « Monsieur La Piana, question : 12 avenants sur le foyer, 7 sur la maison du peuple, quel commentaire vous faites sur votre gestion ? » intervient Hervé Granier, maire (LR), en référence au statut d’adjoint de son opposant sous l’ancienne municipalité. « S’il y a eu des réalités, j’attends de vous une gestion convenable et je suis surpris de cette mauvaise gestion que je retrouve ici », insiste la tête de l’union de gauche. « Vous êtes le plus fort, on va parler du cinéma, ça vous concerne », tranche Hervé Granier.

    Même schéma d’escarmouches sur le dossier du cinéma 3 Casinos, sujet sur lequel Antonio Mujica brandit un document faisant état de trois années de « réflexion » autour du sort du cinéma, sous l’ancienne municipalité. « Je dis juste qu’en trois ans, vous avez fait beaucoup de réflexion et peu d’action. En six ans, on a quand même sorti un cinéma », se targue le premier adjoint. « Mesquin et irrespectueux de notre travail », rétorque Jean-Marc La Piana. « En termes d’inaction, vous avez tout de même été très efficace », ajoutera son concurrent électoral, Hervé Granier.

  • Le handisport pour tous est vecteur de vivre ensemble à Martigues

    Le handisport pour tous est vecteur de vivre ensemble à Martigues

    Ils accélèrent, tournent, attrapent le ballon, agissent en groupe, et tirent pour l’envoyer en plein dans le filet, entraînant clameurs des uns et dépit des autres. Le match de handball qui se déroule au gymnase Picasso, ce lundi après-midi, pourrait être banal si le bruit des baskets sur le sol n’avait pas été remplacé par celui des pneus des fauteuils roulants spéciaux utilisés en handi hand.

    Les roues cabrées et les armatures de maintien renforcées ne font visiblement pas peur aux élèves du collège Gérard-Philipe de Martigues, qui découvrent le handisport en compagnie de patients en rééducation à la clinique Cap Ferrières. Outre le handball, ils s’essaient à la boccia, une forme de pétanque adaptée avec des boules allégées et parfois un toboggan lorsque le jet à la main n’est pas possible. Du volley assis complète ces ateliers organisés pour la deuxième année consécutive.

    Parmi les élèves, Charlie et Eden, respectivement en 5e et 4e. Toutes deux manifestent le même intérêt à « se mettre dans la peau » des personnes handicapées. Plus encore, Eden souligne qu’« il n’y a plus de différences » quand tout le monde est en fauteuil sur le terrain, même si « on est physiquement différents », complète Charlie.

    « Un petit truc pour que tout le monde joue »

    Nos deux élèves n’en restent pas là de leur réflexion. Eden, élève en Ulis, considère que « faire du sport montre que si c’est compliqué pour certains, on peut faciliter les choses. Car il suffit parfois que d’un petit truc pour permettre à tout le monde de jouer. C’est ça le vivre-ensemble », affirme-t-elle.

    Ce n’est pas un hasard si le terme de vivre-ensemble est également inscrit au dos des maillots des élèves. Karine Coudert, responsable de l’Ulis du collège Gérard-Philipe, est à l’origine du projet « vivre-ensemble », mélangeant les élèves d’Ulis avec les autres élèves sur certains créneaux, comme lors de sorties scolaires.

    « Nous avons un créneau d’éducation physique et sportive (EPS) de deux heures par semaine avec ce groupe, y compris en handisport », détaille-t-elle. Mais le plus gros projet est « la semaine olympique et paralympique qu’on organise au printemps au collège, avec toutes les classes de 5e en plus de notre groupe », pour découvrir ces sports adaptés. Karine Coudert remarque que « le fauteuil leur fait plus occuper le terrain au lieu d’être tous autour du ballon, ils élaborent des stratégies différentes ».

    Ils ne sont pas seuls à faire des découvertes. Jérémy Dussaud, ancien pilote de karting devenu tétraplégique est « hyper heureux de partager ce moment » avec les élèves. « Je ne connaissais pas le handi hand ni la boccia, et c’est un vrai déclic, carrément ! » assure ce patient de la clinique, qui compte se renseigner sur la pratique en club.

    Le handisport a dont fait des émules de chaque côté du fauteuil.

  • Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala a choisi La Provence, où il a fait ses classes il y a 25 ans, pour officialiser, lundi, sa candidature à un deuxième mandat à la mairie d’Allauch. à 42 ans, ce proche de Renaud Muselier resté chez LR, fixe deux priorités : « L’éducation et la sécurité. »

    Dans ce premier mandat qu’il rappelle marqué par une succession de crises sanitaire, sociale, économique, géopolitique, et aujourd’hui institutionnelle, Lionel de Cala met à son actif la restauration de l’hôtel de ville historique et l’ouverture du pôle culturel de l’Usine électrique. Le président du groupe majoritaire Provence Unie au conseil départemental met aussi en avant la nouvelle caserne des pompiers d’Allauch et Plan-de-Cuques « promise depuis 20 ans ».

    Le RN en embuscade,

    la gauche unie

    Un établissement largement financé par le Département, « premier partenaire financier » de la commune, dont les subventions en tout genre sont passées de 820 000 euros en 2020 à 8,3 millions. La Chambre régionale des comptes pointe dans un rapport ces aides dont le montant « explique 55% de la dette » de la collectivité et ne sont pas orientées vers les municipalités qui en ont le plus besoin.

    Le maire défend aussi dans son entretien sa politique en matière de logement social et continue d’espérer une « réforme » de la loi SRU, jugeant « inutilement punitif de devoir verser des pénalités de plus de 1,2 million d’euros à l’État », alors que sa commune ne compte que 7,5% de logement sociaux. Un argument de choix, visiblement, pour celui qui a mis fin en 2020 à 45 ans de règne Povinelli, devançant au second tour (59,66%), la candidate divers droite Monique Robineau-Chailan (24,41%) et l’extrême droite (RN) menée par Laurent Jacobelli (15,91%). C’est Christelle Varnier qui sera, en mars prochain, la tête de liste du parti lepéniste.

    Balayées au 1er tour il y a six ans, les forces de gauche et écologistes ont choisi cette fois l’unité. « Face à la menace grandissante de l’extrême droite et à une gestion municipale conservatrice, nous soutenons une liste écologique sociale et solidaire », indiquait, début décembre, un communiqué signé de l’ensemble des forces de gauche, appelant « tous les citoyens qui le souhaitent » à apporter leurs contributions dans l’élaboration d’un « projet alternatif et concret ». Cette liste sera conduite par Frédéric Dutoit, Dorothée Sudan, Vincent Coulomb et Denise Triscari.

  • [Entretien] Pierre Ouzoulias : « La loi de 1905 est menacée par des forces réactionnaires »

    [Entretien] Pierre Ouzoulias : « La loi de 1905 est menacée par des forces réactionnaires »

    La Marseillaise : La laïcité est-elle menacée aujourd’hui ?

    Pierre Ouzoulias : Profondément. Il faut se replonger dans le contexte de 1905. On dit aujourd’hui que c’est une loi qui permet la liberté de conscience, de culte, etc. C’est aussi une loi qui permet de libérer les esprits du dogme religieux qui pèse sur eux. Dans les discours et surtout les articles de Jean Jaurès, il explique qu’on ne peut pas libérer le prolétariat s’il reste complètement enchaîné dans ses traditions. Pour lui, l’émancipation devait concerner toute la sphère sociale, à la fois le domaine économique mais aussi intellectuel avec la religion. On voit bien qu’en ce moment, montent chez les musulmans et les catholiques, partout, des pensées politiques qui utilisent la religion pour faire avancer une forme de néo-conservatisme, ayant pour conséquence le recul des libertés individuelles, des femmes surtout et la promotion d’un ordre social conservateur. Finalement, je trouve que 120 ans après, la situation que nous vivons n’est pas aussi éloignée que ça de celle de 1905.

    Cette notion est instrumentalisée ?

    P.O. : C’est un principe qui n’est plus compris, utilisé par les uns et les autres, à gauche comme à droite, avec des objectifs qui n’ont pas été ceux de 1905. Cette loi arrive très peu de temps après l’affaire Dreyfus, qui a été le moment paroxysmique où l’armée et l’Église se sont entendues pour faire avancer une vision très nationaliste de la Nation et antisémite. C’est l’époque où on explique que les juifs ne seront jamais de bons Français, qu’ils sont des Français de papier. On retrouve parfois aujourd’hui, dans la façon dont les Français de confession musulmane sont montrés du doigt, quelque chose de similaire. En 1905, c’est au contraire le moment où la République affirme que tous les Français sont des citoyens de plein exercice, indépendamment de leur origine, de leur couleur de peau, de leur confession ou de leur non-confession. La loi de 1905 donne sa pleine puissance au projet républicain d’émancipation du citoyen. Elle est, à ce titre, tout à fait d’actualité car on sent monter des forces réactionnaires avec le développement d’un islam politique très inspiré de ce qui se passe au Proche-Orient, notamment de la pensée religieuse du wahhabisme ou du Qatar, avec des éléments profondément rétrogrades et conservateurs. De la même façon, il y a une forme de catholicisme identitaire comparable à celui de Trump, qu’utilisent tous les moyens de Bolloré et de Stérin, qui est profondément conservateur et anti-républicain. Par rapport à ces deux mouvements la loi de 1905 est menacée, et donc, essentielle.

    Quel rôle joue l’éducation ?

    P.O. : Il est fondamental. La loi de 1905 arrive après les grandes lois de Jules Ferry sur l’école publique, laïque et obligatoire. Le principe est le même : émanciper les esprits, donner une éducation qui permette à chacun et à chacune de se faire sa libre opinion sur tous les sujets qui le concerne, y compris la religion. La loi de 1905 permet la critique de la religion. Il n’y a pas de blasphème en France et c’est quelque chose de fondamental. On voit bien en relisant Jaurès qu’en 1905, il avait l’ambition de libérer l’Église contre elle-même, ayant conscience que les forces progressistes qui visaient à plus d’égalité sociale entre les individus étaient sous la domination d’un épiscopat extrêmement rétrograde. Aujourd’hui, c’est la même chose. Il y a dans le catholicisme, l’islam et le judaïsme des voies progressistes, modernistes, qui sont critiques par rapport à un certain nombre de pratiques religieuses.

    Quel est le cadre législatif à rebâtir autour de cette loi ?

    P.O. : La loi de 1905 n’est pas allée jusqu’au bout de ce qu’elle devait réaliser. Un certain nombre de territoires qui étaient à l’époque des colonies n’ont pas eu le droit à son application. Je pense notamment à la Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Le concordat d’Alsace-Moselle est une incongruité, une espèce de fossile qui n’a plus de sens. La première chose, ça serait qu’elle puisse s’appliquer partout, dans les territoires ultramarins et métropolitains. Nous devons trouver une façon pour que le principe de laïcité soit plus affirmé, plus précisé dans la Constitution, donc à un niveau supérieur de celui de la loi.

  • Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un commerçant de Belsunce a été reconnu coupable, ce lundi, d’« aide au séjour irrégulier » et « travail dissimulé commis à l’égard d’une personne vulnérable », en l’espèce une ressortissante des Philippines qu’il avait fait venir en 2014, à Marseille, et qu’il a exploitée sans contrat de travail pour la virer en 2019.

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a infligé à Thomas B., 57 ans, une peine de 180 jours-amendes à 270 euros, ce qui revient à verser 48 600 euros au Trésor public, ou bien à effectuer six mois de prison ferme, le tout assorti d’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, « compte tenu de la réitération des faits pendant plusieurs années commis au préjudice d’une personne vulnérable ». Le tribunal a confisqué au prévenu une créance de 28 654 euros saisie sur le produit de la vente d’un immeuble. Constituée partie civile, la victime qui a obtenu depuis un titre de séjour, s’est vu allouer 4 000 euros pour son préjudice moral et 2 500 euros pour ses frais de justice.

    Une vaine promesse d’obtention de papiers

    Après une rencontre sur l’application d’appel vidéo Skype suite à une offre d’emploi qu’il avait diffusée sur son compte Facebook, Thomas B. avait financé le voyage en autocar, depuis Milan, de cette jeune femme de nationalité philippine, alors âgée de 31 ans et qui se trouvait à Dubaï. Il l’avait accueillie à Marseille en avril 2014, promettant de lui obtenir des papiers de régularisation. Au départ, il l’avait affectée à vendre des vêtements dans sa boutique, à Belsunce, la rémunérant 100 euros par semaine tout en la logeant gratuitement. Après un mois, il l’avait affectée, pour les mêmes conditions salariales, au ménage de son domicile, s’occupant aussi de l’enfant du couple, et au nettoyage après travaux d’un appartement détenu par sa mère, allée Léon-Gambetta, destiné à la location Airbnb, dont elle allait ensuite gérer l’aménagement, la propreté et la gestion des clients pendant près de sept mois.

    En janvier 2015, il l’avait affectée au nettoyage, à la gestion et à l’intendance des 23 logements de la résidence universitaire que ce chef d’entreprises gérait au 5 boulevard Dugommier (1er). à l’audience, le prévenu a reconnu qu’elle était la « déléguée de locataires, responsable dans les colocations pour faire régner la propreté » et « faisait du ménage un peu partout ». Il est établi aussi qu’il l’a fait travailler dans son restaurant de la rue Longue-des-Capucins. La victime, complètement isolée en France, expliquait avoir travaillé dans l’espoir d’être régularisée et n’avait jamais obtenu de contrat de travail malgré ses demandes. Le prévenu a fini par la virer en janvier 2019 au motif qu’elle avait passé une nuit ailleurs. Selon la jeune femme, il l’a expulsée, a changé la serrure de sa chambre, a pris tous ses documents et supprimé ses e-mails de son ordinateur.

    Le conseil des prud’hommes, qu’elle a saisi en 2021, a considéré qu’« incontestablement », elle gérait contre rémunération depuis 2015 et sous ses ordres la location en Airbnb, et des appartements de la SCI du prévenu à des étudiants étrangers.

    Entendu par les enquêteurs, le prévenu s’est présenté en bon Samaritain, déclarant avoir sans cesse aidé la jeune femme, présentée comme une « fille au pair », en lui offrant « une chambre qu’elle ne payait pas pendant 5 ans » et un pécule hebdomadaire d’une centaine d’euros en guise d’argent de poche. « Elle a rendu service. Ce n’est pas travailler. » « Je lui ai procuré une vie bien meilleure que ce que l’État offre aux sans-papiers. » Il prétendait l’avoir « entretenue comme une maîtresse », lui avoir permis de mener « une vie de princesse ».

    S’agissant de la résidence étudiante, « elle s’en occupait quand je devais m’absenter. Comme elle vivait dedans, je lui ai délégué la gestion en mon absence. Il n’y avait pas de travail défini. Je lui demandais d’aller récupérer des clés, de changer un nom sur une boîte aux lettres, bref, des petits services. Je la logeais gratuitement et elle me rendait service, c’est tout ». Il ajoute, pour parfaire le cynisme : « Pour moi, j’ai sauvé cette femme de sa situation en Italie, de dormir par terre, de garder un bébé pour 100 euros par mois, de vivre comme une esclave. »

    Le prévenu a revendu en 2021, pour 1,2 million d’euros, sa résidence de locations pour étudiants et réinvestit en Angleterre, où il gère notamment une société qui possède huit appartements de vacances dans le Yorkshire.

  • Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Un incinérateur qui ne chauffe pas assez fort pour détruire les Pfas. Entendre les composés « per » et « polyfluoroalkylés », présents notamment dans les textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs. Pour Sébastien Barles, conseiller communautaire écologiste, responsable du collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, et Paul Poulain, ingénieur prévention, le centre Évéré, basé depuis 15 ans à Fos-sur-Mer, n’est pas adapté à l’élimination de certains déchets devenus omniprésents dans les ordures ménagères.

    « En chauffant à 850 degrés, il ne prend pas en compte la résistance au feu des Pfas qui, pour être détruits, doivent brûler entre 1 100 et 1 400 degrés », pose Paul Poulain. De quoi garantir une minéralisation de ce genre de déchets, précise une étude de l’Ineris parue en 2023.

    L’ingénieur prévention dans les assurances et auteur de Tout peut exploser, Enquête sur les risques et les impacts industriels (Fayard), insiste sur la dangerosité de ce polluant méconnu. « 4 700 substances au total listées par l’OCDE », précise-t-il, citant une étude de 2018, mise à jour en février 2025. Si un plan d’action interministériel sur les Pfas a été mis en place en 2024, la réglementation au niveau national et européen de ces substances reste embryonnaire.

    Des bases de données limitées

    Paul Poulain entend alerter et sensibiliser le grand public aux risques sanitaires de ce genre d’installation et au-delà des émissions des zones industrielles. « Ce n’est pas comme si on avait des doutes », considère-t-il, se basant sur une étude de Santé publique France, parue ce 4 décembre, sur l’état de santé des populations autour des grands bassins industriels où la zone de Berre, Fos et Marseille a été prise en compte. Les conclusions de l’établissement public ne sont pas aussi tranchées. Ce dernier indiquant que « des résultats ont montré une association entre une exposition liée à des industries (…) et des surrisques pour certains indicateurs de santé », mais qu’ils sont à « mettre en perspectives, au vu des limites identifiées des bases de données utilisées et du design même de l’étude, qui ne permet pas d’établir de lien causal entre l’exposition industrielle et l’apparition des pathologies étudiées ». Il souligne néanmoins « l’importance de maintenir et renforcer la surveillance environnementale des installations industrielles ».

    Concrètement, « nous avons écrit au préfet de région sur la question du contrôle et de l’accès à l’information », indique Sébastien Barles, pour qui cette question s’inscrit également dans un contexte électoral. « Ce sera un sujet de l’élection métropolitaine, niveau auquel nous comptons organiser des états généraux des déchets », espère l’élu. Paul Poulain ne cache pas non plus ses ambitions. « Je vais rejoindre Vaï pour les municipales, je serai sur la liste dans les 15e et 16e arrondissements, secteur de Marseille le plus impacté » par la pollution estime-t-il, dénonçant au passage une « inégalité territoriale ».