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  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    À l’issue d’un scrutin extrêmement serré et d’explications de vote aux allures de règlements de comptes, les députés ont adopté l’ensemble du budget de la Sécurité sociale pour 2026.

    Les voix du PS et l’abstention in extremis des Écologistes ont changé la donne. Le texte est désormais transmis au Sénat.

  • Gilles Picard devient le nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque

    Gilles Picard devient le nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque

    Après Maryan Barthelemy, nommé directeur des événements, le renouvellement de l’organigramme du Mondial La Marseillaise à pétanque se poursuit avec la nomination de Gilles Picard à la fonction de président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque à titre bénévole. « L’arrivée de Gilles Picard est une excellente nouvelle, son expertise, son professionnalisme, son expérience de haut niveau, correspondent pleinement aux ambitions qui sont les nôtres pour cet événement hors norme », se félicite Léo Purguette, président du groupe La Marseillaise et du Mondial La Marseillaise à pétanque.

    Retrouvez un entretien avec Gilles Picard dans La Marseillaise de ce mercredi 10 décembre.

  • Ligue des champions : les supporters de l’OM sont dans la place en Belgique

    Ligue des champions : les supporters de l’OM sont dans la place en Belgique

    Il est 11 heures, place du Jeu-de-Balle. Une personne, maillot floqué au nom de Balerdi, se réfugie chez «Le Marseillais». De loin, il a repéré une patrouille de police, descendant la rue Blaes. « Ouf, c’était moins une ! » Hervé a échappé à ce qui aurait pu le conduire en garde à vue, pour non-respect des règles vestimentaires édictées par le bourgmestre de Saint-Gilles.

    « C’est stupide, cette décision. Je ne comprends pas notre bourgmestre. Il n’a rien compris aux liens d’amitié entre notre club et Marseille. » Maillot de l’US Saint-Gilloise sur le dos, Emeline est une amie de Hervé, figure de la pétanque dans son fief de Lunel-Vieil et supporter de longue date. « Nous vivons une passion commune pour le football, l’OM et Saint-Gilles », commente ce dernier.

    Ils ne sont pas les seuls à défier la loi. Au «Marseillais du jeu de balle», devenu le quartier général des supporters sans billet, ils trouvent un endroit pour patienter. Faire connaissance et regarder le match sur écran géant en soirée. Anthony et ses potes sont de Uchaud. Ils croisent Hamed. « Je viens du Portugal et je cherche un billet », bredouille-t-il. Quand il apprend qu’il lui faudra retourner en France, vers Lille, pour trouver son sésame, il se résigne. «Tant pis, je regarderai le match ici. »

    Même décision pour ce groupe de la Vieille Garde. « Nous avons tenté le coup. Mais, il est impossible d’avoir des billets. Nous aurons droit à l’ambiance dans les bars », soupire Gilles.

  • Alternante, mais menacée d’expulsion à Avignon

    Alternante, mais menacée d’expulsion à Avignon

    « Je suis une battante, pas une menace. Je veux juste travailler », confie avec le sourire, mais le regard inquiet, Fatou*. Cette Ivoirienne de 18 ans est sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), depuis quelques semaines, car elle représenterait « une menace pour l’ordre public ».

    Pourtant, aujourd’hui, elle est en contrat d’alternance dans une entreprise vauclusienne tout en suivant un cursus, une semaine par mois, à Marseille. Et craint de se retrouver à nouveau bloquée dans un pétrin administratif. « J’ai peur de la réaction de mon patron, mais je vais être obligée de lui dire à un moment donné. Alors que tout se passe bien et que je peux potentiellement signer un CDI d’ici les prochains mois », déplore-t-elle avec amertume, ajoutant qu’elle a besoin de ce job pour valider sa formation avec des examens en janvier.

    Elle dit avoir fui son pays d’origine car elle aurait été mariée de force à un homme bien plus âgé qu’elle, qui la battait et abusait d’elle sexuellement. C’est sa tante qui a organisé son départ pour la France. Un long périple à travers le Mali, l’Algérie, la Tunisie et l’Italie, avant d’arriver finalement à Paris. S’en sont suivis des allers-retours dans des hébergements précaires, entre foyers, associations et parfois même la rue. C’est donc dans la bâtisse de l’association Rosmerta, à Avignon, que la jeune femme vit désormais.

    Action en justice

    Alors qu’elle « rêve de travailler un jour à l’hôpital », depuis le décès de son père quand elle était toute jeune, Fatou ne sait pas encore si elle doit retourner dans son pays d’origine, où elle craint d’être à nouveau confrontée à l’homme abusif qu’elle dit avoir quitté à ses 16 ans.

    Un référé de mesure utile a été déposé par l’avocate de l’association pour suspendre l’OQTF, « ce qui lui permettrait de récupérer un récépissé à la préfecture. Et donc de continuer le travail et d’aller au bout de son contrat sans trop de soucis », confie Jenny Prager, membre de la commission juridique de l’association. Une procédure qui prendrait un à deux mois.

    Du côté de la préfecture de Vaucluse, contactée par La Marseillaise, on assure que les OQTF sont prises « si la personne ne répond pas aux conditions d’obtention d’un titre de séjour définies par la loi ou si elle trouble l’ordre public ». Interrogé sur la question, le préfet Thierry Suquet a toutefois estimé que s’il y a un enjeu lié aux métiers en tension, une régularisation peut être envisagée. « S’il y a une impossibilité à vous reconduire, on peut regarder au titre du travail un maintien sur le territoire  », assurait-il. En 2025, la préfecture a émis 1 565 mesures administratives liées au droit du séjour des étrangers.

  • Avignon : les agents territoriaux lèvent leur préavis de grève

    Avignon : les agents territoriaux lèvent leur préavis de grève

    Il n’y aura pas de grève ni rassemblement prévu ce mardi matin devant l’Hôtel de ville d’Avignon. L’intersyndicale (CFDT-CGT-FO-Fédération autonome des agents territoriaux) a levé le préavis de grève illimité déposé depuis jeudi dernier après s’être mis d’accord avec la Ville quant à une revalorisation salariale (Rifseep).

    « Nous avons obtenu la revalorisation de tous les agents de catégorie C, à l’exception des encadrants qui faisaient partie de la deuxième phase du réexamen du Rifseep prévue en 2026 », indique l’intersyndicale dans un communiqué. Le point bloquant jusque-là était que seulement 60 % des agents étaient concernés par cette augmentation.

    « Sur l’enveloppe des 300 000 euros prévus pour 2025 et autant en 2026 nous avons ponctionné sur celle de 2026 où il restera environ 170 000 euros », détaille Claude Nahoum, le Premier adjoint. Plus de 1 000 agents vont ainsi voir leur fiche de paye augmenter de 15 à 80 euros selon les postes. « Les 132 Atsem [agents des écoles maternelles], qui avaient un petit Rifseep à 160 euros, vont prendre 80 euros supplémentaires avec une rétroactivité sur 9 mois, et ce juste avant Noël », se félicite Nicolas Garcia (FO).

    L’intersyndicale a joué la prudence, acceptant « à contre-cœur, l’arbitrage du cabinet du maire qui menaçait de supprimer l’enveloppe budgétaire de 300 000 euros et de la rétroactivité de 9 mois à laquelle les agents auraient pu prétendre ». « On n’a pas voulu prendre de risque », concède Nicolas Garcia qui ne digère tout de même pas la méthode. Cet accord sera conclu ce mardi matin en comité social technique (CST).

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : Jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagé il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    La Marseillaise : Ces réponses
    vont-elles charpenter le programme de «
     Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr.], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : On construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’ils nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, çà c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, çà c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

    Bouget en tête au premier tour

    Selon un sondage, Vincent Bouget arrive en tête du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, devant le Rassemblement national. Réalisée par Le Réveil du Midi et l’Institut Quorum, l’enquête crédite Vincent Bouget de 28% et le candidat de l’extrême droite (pas désigné) de 27%. La droite pointe en 4e et 5e position avec 22% pour Franck Proust et 8% pour Julien Plantier devancé par les 9% de Valérie Rouverand (Ren). La FI obtient 6%. Le scrutin est ouvert avec une dynamique à gauche incarnée par « Nîmes en commun ».

  • [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    La Marseillaise : Vous étiez présent vendredi au Cercle de Saint-Barnabé pour présenter les événements que vous organisez en Corse et en Espagne. Êtes-vous toujours aussi compétiteur malgré tout ?

    Claudy Weibel : Je suis un peu en transition, j’avoue que j’ai décidé cette année de me retirer de l’équipe nationale belge. Bizarrement et psychologiquement, j’ai l’impression que tout s’arrête. Je ne pensais pas que ça allait faire un effet comme ça, mais j’étais décidé et je ne reviendrai pas sur ma décision. Du coup, ça me vieillit un peu, je deviens nostalgique des super moments que j’ai vécus, notamment ceux en Moselle à Metz Ronde Pétanque avec Serge Sala. Mais aujourd’hui, je porte une autre casquette, celle d’organisateur, parce que j’ai une société événementielle qui s’appelle Pétanque Events depuis dix ans maintenant. Personne ne le sait spécialement, parce qu’on me voyait encore comme un joueur. Ce nouveau rôle ne m’a pas effacé du milieu de la pétanque, mais tout doucement, je me suis retiré des grosses compétitions, et comme je ne suis pas trop demandeur, on me voit de moins en moins.

    Vous avez récemment annoncé votre retraite internationale. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

    C.W. : C’est un peu de ne plus être avec les anciens, les potes, les amis avec qui on a tout gagné (« Dédé » Lozano, Jean-François Hemon, dit « Tichon » et Michel Van Campenhout). Progressivement, on a arrêté de jouer ensemble et il y a des nouveaux qui sont arrivés. C’est difficile à recréer une très belle entente. Je pense que le niveau a vraiment monté dans les autres nations, et puis j’ai perdu un peu de motivation. En plus, on a fait un fiasco cette année au championnat d’Europe et ça a vraiment agi comme un déclic en moi. Je me suis dit que c’était le moment. En plus, Gustave Muntz, qui a toujours été mon coach, mon sélectionneur, et qui est devenu un ami, a lui aussi cédé sa place. J’arrête en même temps que mon coach avec qui j’ai tout vécu.

    On fête cette année les dix ans de votre titre de champion du monde tête-à-tête, où vous êtes comme on dit à Marseille « à jamais le premier ». Est-ce le plus beau titre à vos yeux ?

    C.W. : J’ai été au Luxembourg, j’ai été champion de Luxembourg. J’étais en Belgique, j’étais champion de Belgique. J’étais en France, j’étais champion de France. Je pense que chaque étape a été importante. Mais le Graal, c’est quand on a été pour la première fois champion du monde, parce qu’on tournait autour depuis plusieurs éditions. Par contre, quand j’ai été champion du monde en 2015, il faut savoir que ma sélection a vraiment été remise en question, que ce soit par la fédération, par mon entourage et par mes sponsors de l’époque. Et quand je réussis à gagner ce titre en ayant battu en 8e de finale le joueur qui avait fini premier des groupes, puis enchaîner avec Dylan Rocher, Diego Rizzi, puis une finale mémorable et phénoménale face à Sami Atallah, c’était incroyable. J’ai souvent dit que je suis né sous une bonne étoile. Ce titre a été émotionnellement pour moi, le plus beau, parce qu’il était improbable.

    Parmi les grandes compétitions, on ne vous associe plus aux Masters qu’au Mondial La Marseillaise à pétanque…

    C.W. : Je n’ai strictement rien contre La Marseillaise, au contraire, j’aime y participer, mais ce n’est pas mon but premier. Mais quand j’y vais, j’y vais vraiment avec le plaisir. J’y suis toujours allé avec des amis, je n’ai pas vraiment fait des grosses séries. J’ai souvent joué avec des amis ou des sponsors, mais j’y suis allé dans un esprit ultra-convivial, c’est-à-dire que je prends mon apéro, je bois mon petit pastis, avec cet état d’esprit marseillais. Il va peut-être y avoir du changement maintenant, avec le changement de direction, peut-être avec des autres idées, peut-être avec du renouvellement. Peut-être que ça va monter en gamme, peut-être que ça va faire plus une grosse compétition pour les gros joueurs, plutôt que la masse. Mais, là, comme je ne vais plus faire les championnats du monde, comme je ne fais pas trop de nationaux, il est clair que l’année prochaine je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant, et surtout avec une très bonne équipe.

  • Cédric, un cœur marseillais qui bat au pays des Marolles

    Cédric, un cœur marseillais qui bat au pays des Marolles

    Place du Jeu de Balle, son bar est un véritable rayon de soleil.

    Au cœur des Marolles, dernier quartier populaire de Bruxelles, Cédric Uttwiller et son associé ont su fédérer la passion du football pour deux clubs, L’OM, et l’Union Saint-Gilloise. « Depuis que nous sommes là, c’était un doux rêve que nos deux clubs se retrouvent en coupe d’Europe », explique-t-il.

    La nouvelle formule de la Ligue des Champions a permis que ce rêve s’exauce. « Dès le tirage, ça a été la folie ici. Les habitués sont venus se renseigner sur les billets, réserver leur écharpe souvenir. Et les plus anciens ont ramené leurs souvenirs. » Car ce mardi, ce ne sera pas la première fois que Marseillais et Saint-Gillois seront opposés.

    « C’était en 1961. À cette époque, l’Union, c’était le club belge. Et l’OM n’avait pas fait le poids », rappelle Cédric. Aujourd’hui, « Saint-Gilles, c’est le club des copains qui aiment le vieux foot belge ».

    Pour ces retrouvailles, il ne sera pas au stade ce soir. « C’était trop compliqué pour les places. Et pour les supporters de l’USG, c’est un petit dilemme. Car ironie du sort, un des fondateurs du groupe, c’est Antonin, qui est Marseillais. »

    En effet, les trois-quart des membres de son club de supporters belges, les Union Bhoys, sont aussi supporters de l’OM. Certains vont régulièrement au Vélodrome. Son bar, au nom prédestiné (Le Marseillais du jeu de balle), sera une annexe du Parc Astrid, où l’USG a dû se délocaliser car son stade n’est pas aux normes européennes. « La plupart des habitués seront avec nous, pour vivre le match autour d’un bon pastis [il en a jusqu’à 90 à sa carte, Ndlr] et je mise sur une victoire de l’OM », confie Cédric.

    Il espère « que nous allons enfin voir l’OM de nos rêves. Un OM qui sait se faire respecter et pas celui de Madrid ».

  • [Entretien] Lisa Ribeaud : « Ce budget de la Sécu inverse les solidarités »

    [Entretien] Lisa Ribeaud : « Ce budget de la Sécu inverse les solidarités »

    La Marseillaise : L’instabilité politique conduit, cette année, à une élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale assez chaotique. Est-ce que cela vous inquiète en tant que responsable mutualiste ?

    Lisa Ribeaud : Oui, on assiste à des allers-retours incessants entre le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Des mesures sont annoncées puis retirées. Des parties de textes sont créées puis supprimées puis réintroduites, des compromis de dernière minute sont passés… Encore à l’heure où on se parle. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. On ne parle pas d’ajustement technique, mais de l’accès aux soins, de l’hôpital, des restes à charge… Bref, de la vie quotidienne de millions de personnes. Je suis outrée que le budget de la Sécurité sociale fasse l’objet d’un marchandage permanent.

    Plusieurs acteurs du mouvement social ont qualifié ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale de « musée des horreurs ». Partagez-vous ce constat ?

    L.R. : Totalement. S’agissant du texte initial qui a posé le cadre de la discussion, l’analyse que je fais, c’est qu’il inverse les solidarités fondées par la Sécurité sociale il y a 80 ans. On passe d’un système où la maladie était prise en charge collectivement, à un système où – de plus en plus – on demande aux personnes fragiles, aux personnes malades de payer pour générer des recettes qu’on n’est pas capable de trouver par ailleurs. C’est insupportable et c’est d’une grande violence. Il y a plusieurs mesures qui méritent leur entrée au musée des horreurs. Premièrement, le doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires. Ce sont ces petites sommes qui restent à la charge des patients lorsqu’ils vont chez le médecin ou à la pharmacie. On sait que ces franchises, qui ne sont pas d’un montant spectaculaires, constituent néanmoins des barrières financières à l’accès aux soins, surtout lorsque les personnes malades doivent s’en acquitter de manière répétitive. Ça va finir par peser très très lourd.

    Le gouvernement parle de responsabiliser les patients. Vous n’êtes pas d’accord ?

    L.R. : Par ailleurs, politiquement, le message est assez détestable : on parle de responsabiliser les patients, mais les patients ne sont pas responsables de leurs maladies. On ne choisit pas d’être malade. Les patients ne sont pas responsables de ce qu’un médecin met sur l’ordonnance. Pour moi, en revanche, c’est le gouvernement et les décisions politiques qui ont été prises ces dernières années qui sont responsables de la situation actuelle de la Sécurité sociale et du manque de financements pour combler son déficit. Plutôt que d’aller chercher de nouvelles recettes, on pointe les personnes malades, je trouve assez insupportable d’inverser les responsabilités de cette manière.

    On pourrait vous dire que des restes à charge importants, c’est plutôt un argument pour développer des mutuelles.

    L.R. : Ce n’est pas du tout notre conception. Nous, aux Mutuelles de France, on se positionne en complémentarité de la Sécurité sociale. Plus elle transfère des charges sur les mutuelles, plus on est obligé d’augmenter les cotisations et notre vocation, c’est que la population puisse être couverte pour une Sécurité sociale de haut niveau et par des mutuelles qui restent accessibles financièrement. Le combat de Solimut et des Mutuelles de France, c’est que la santé soit un droit pour tout le monde. Pour cela, il n’y a rien de mieux que la Sécurité sociale, qui a une base de mutualisation extrêmement forte puisqu’elle couvre l’ensemble de la population. En tant que mutuelle héritière des mutuelles ouvrières, on n’a aucun intérêt à rembourser de plus en plus de dépenses. Ce n’est pas soutenable financièrement pour nos adhérents. La seule chose qui se passe avec ce type de logique, c’est que les personnes ne prennent plus du tout de mutuelle.

    Au-delà du doublement des franchises médicales, quelles sont les mesures qui vous choquent dans le projet de budget de la Sécurité sociale ?

    L.R. : Il y a une mesure qui peut sembler administrative sur le papier, c’est de pousser les personnes qui ont une maladie chronique qu’on appelle « stabilisée » à sortir du dispositif des affections de longue durée. Il faut être extrêmement vigilants à la façon dont cela va se mettre en place. Il y a 14 millions de personnes en affection de longue durée. Une personne qui a un diabète stabilisé, elle reste diabétique. De même, une personne qui a le VIH et dont la charge virale est indétectable, reste porteuse du VIH. Si leur maladie est stabilisée, c’est parce que ces personnes ont pu avoir un accès aux soins, remboursés à 100%. Le risque, c’est que sans cela, elles recourent de moins en moins aux soins et donc que leur maladie chronique soit aggravée. À titre individuel c’est dramatique et à titre collectif, on sait qu’une maladie mal prise en charge ensuite coûtera plus cher et contribuera à désorganiser le système de soins.

    Encore une fois, plutôt que d’aller chercher des recettes supplémentaires, on s’en prend à des personnes malades qui sont considérées comme « plus assez malades ». C’est une logique très dangereuse. Ensuite, pour moi, le dernier élément qui mérite son entrée au musée des horreurs, c’est l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). C’est le chiffre qu’il ne faut pas dépasser. Son augmentation était fixée dans le texte à 1,6%, alors qu’on sait que l’augmentation naturelle des besoins de santé est de 4 à 5% avec le vieillissement de la population, les maladies chroniques et l’innovation médicale. Donc, si on applique ce taux-là, on va demander un effort insoutenable à notre système de santé. On décide de volontairement sous-financer la Sécurité sociale et, ensuite, on se sert de cela pour fermer des lits voire des services à l’hôpital…

    Après avoir été supprimée en première lecture, les députés ont réintroduit en séance, vendredi 5 décembre, la taxe d’un milliard d’euros sur les cotisations mutualistes. Vous vous y opposez, mais les mutuelles n’ont-elles pas leur part d’effort à faire ?

    L.R. : Répétons-le : quand une taxe augmente, elle finit inéluctablement par peser sur le bénéficiaire final. Au-delà de la mesure financière lourde pour les adhérents, ce sont les « arguments » invoqués avec désinvolture qui nous alertent et nous révoltent. Plus d’une heure durant, nous avons entendu, de la part des députés en séance, des propos fallacieux, insensés, insultants, qui remettent en cause l’intégrité du mouvement mutualiste. Mettre en cause l’intégrité des mutuelles, c’est attaquer le système de protection sociale solidaire que nous défendons. Nos entreprises relèvent de l’économie sociale et solidaire, sont à but non lucratif et à gouvernance démocratique. Ce sont les adhérents, élus par leurs pairs, qui ajustent les tarifs au strict nécessaire pour garantir les équilibres, payer les prestations et assurer les services aux populations que nous protégeons. Nous ne pouvons pas laisser s’installer ce discours. Nous ne pouvons laisser sans rien dire les mutuelles se faire insulter avec leurs adhérents, leurs militants, leurs salariés. Nous ne pouvons pas accepter que les mutuelles deviennent les boucs émissaires de décisions prises par les mêmes députés depuis des années, comme les transferts de dépenses vers les complémentaires, ou le définancement organisé de la Sécurité sociale, qui sont les véritables causes du niveau des cotisations mutualistes. Personne n’est dupe sur les jeux politiques en cours. Une partie des députés a sacrifié délibérément le pouvoir d’achat des ménages au profit d’un accord tactique pour faire passer un texte quel qu’en soit le contenu.

    Votre prédécesseure avait déjà lancé une carte-pétition contre la taxation « habituelle » des mutuelles en expliquant que les hamburgers étaient moins taxés que les cotisations mutualistes. Où en êtes-vous ?

    L.R. : Cette campagne produit ses effets auprès d’une partie des députés, nous continuons à dire que ces taxes sont profondément injustes parce qu’elles visent la santé et pénalisent les personnes âgées, fragiles ou qui ne sont pas salariées et qui ne bénéficient pas de l’aide de leur employeur. Nous poursuivons ce combat en mobilisant nos militants mutualistes pour interpeller les pouvoirs publics et aussi expliquer les enjeux dans la population avec un message fort : stop à la casse de la Sécurité sociale et stop à la taxation des mutuelles. Dans le cadre des 80 ans de la Sécurité sociale, nous avons mené plusieurs initiatives à Marseille, en Île-de-France, à Nice… qui ont été des moments de rassemblement populaire pour penser ensemble un autre avenir pour la Sécurité sociale.

    Comment faire autrement ? Quand on dit qu’il n’y a pas d’argent, vous n’y croyez pas ?

    L.R. : De l’argent il y en a ! Il y a beaucoup de déconstruction de discours à faire autour du financement de notre système de Sécurité sociale. Il y a tout un discours gouvernemental qui consiste à dire que la dépense sociale est trop élevée en France et du coup qu’il faudrait la maîtriser pour « sauver notre modèle ». Des économistes qui travaillent à évaluer notre dépense sociale, comme Anne-Laure Delatte, démontrent que quand on compare avec d’autres pays européens, on est dans la moyenne par habitant d’autres grands pays comparables. C’est un premier élément important à rappeler. Deuxième élément fondamental : ce n’est pas la dépense le sujet. L’augmentation des dépenses est inévitable, l’enjeu, c’est comment la financer. Qui contribue  ? À quelle hauteur ? Sous quelle forme ? Notre système de Sécurité sociale souffre d’un sous-financement chronique. Pourquoi ? Parce qu’on parle de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations imposées par le gouvernement à destination des entreprises. Le gouvernement fait ce choix politique, mais il demande à la Sécurité sociale de le financer puisqu’il ne compense pas les montants. Il y a aussi toute une part des richesses produites qui ne contribue pas au financement de la Sécurité sociale. Ce serait aussi un levier important pour financer correctement notre modèle de protection sociale.

    Si on vous suit bien, vous appelez les parlementaires à rejeter le projet de budget de la Sécurité sociale dans son état actuel. N’y a-t-il pas un risque de chaos ?

    L.R. : Moi, j’appelle surtout les parlementaires à construire un budget à la hauteur des besoins, qui finance correctement notre Sécurité sociale, qui protège les plus malades et ne les pénalise pas, qui fasse fonctionner la solidarité collective. Je pense que c’est cela qu’on attend d’un débat parlementaire de haut niveau. La Sécurité sociale est trop importante pour être l’objet de marchandages. C’est ce qui permet à notre société de rester unie, c’est un socle de cohésion. Il faut aussi avoir cela à l’esprit quand on est parlementaire et que l’on vote sur l’avenir de la Sécurité sociale.

    Une campagne offensive contre la taxation des cotisations mutualistes

    Solimut et les Mutuelles de France poursuivent leur campagne de cartes-pétition contre la taxation des cotisations mutualistes. Vous pouvez y prendre part en vous rendant sur le site https://pas-de-taxe-sur-ma-sante.fr qui vous permettra de calculer vos économies si la taxe est supprimée et d’interpeller vos parlementaires.