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  • « Tous ensemble ! »

    « Tous ensemble ! »

    1995 reste gravé dans les mémoires des militants qui ont connu cette bataille. Pour la victoire des forces syndicales. Pour le camouflet infligé à des dirigeants suintant le mépris de classes. Pour les souvenirs d’ambiance incroyable dans les cortèges. Un épisode riche en enseignements, tant sur l’importance de l’unité syndicale que sur l’action interprofessionnelle ou encore le lien avec la société et le soutien de l’opinion publique, sans oublier le relais politique. Si victoire il y a eu avec le beau slogan « Tous ensemble ! », c’est un ouvrage constamment remis sur le métier. Juppé s’attaquait alors aux retraites mais aussi à la sécu, à la casse des grandes entreprises publiques… Il marquait la volonté affichée de rompre avec une société héritée du Conseil national de la résistance et de se tourner résolument vers une politique libérale. Bien d’autres après lui ont continué à creuser le sillon de cette pensée réactionnaire.

    Gangrène libérale

    Bien sûr, la situation a changé et pas en faveur des travailleurs. Les grands services publics ont été explosés, la sous-traitance et la mondialisation ont fracturé le monde du travail, le libéralisme a gangrené les esprits… Mais nulle nostalgie dans cette commémoration. À bien des égards, les grands mouvements contre la dernière réforme des retraites et les actions contre l’austérité budgétaire de la rentrée attestent que l’heure n’est pas à la résignation. Certes, les victoires ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais comme notre une le rappelle quotidiennement avec la citation de Bertold Brecht : « Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Le 13 décembre 1995, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Alain Juppé lâche finalement : « Il faut maintenant sortir de la confrontation. Les conditions sont réunies. » Deux jours plus tard, son gouvernement retire sa réforme des retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux : en trois semaines, le mouvement social le plus important depuis Mai-68 l’a emporté. « Tous ensemble, nous les cheminots, on a gagné », chantaient le lendemain les grévistes de la SNCF dans le cortège marseillais. Une victoire qui fait encore date, trente ans après.

    Alors que le président Jacques Chirac l’avait emporté sept mois plus tôt en faisant campagne sur le thème de la « fracture sociale », la présentation du « Plan Juppé » devant l’Assemblée nationale le 15 novembre fait office de déclencheur. Celui-ci prévoit d’aligner les retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé, dont la durée de cotisation était passée de 37,5 à 40 années en 1993, mais aussi la mise en place d’une loi de financement de la Sécurité sociale avec un objectif de dépenses, un accroissement des frais d’hospitalisation et une baisse des remboursements des soins. C’est que trois semaines plus tôt, le président avait donné la priorité à la réduction des déficits, « ne serait-ce que pour entrer dans la monnaie unique européenne », expliquait-il à Alain Duhamel sur France 2.

    La France paralysée

    Mais cette réforme des retraites arrive dans un contexte social déjà tendu, avec le 10 octobre une grève unitaire des fonctionnaires contre le gel des salaires, une mobilisation à la SNCF deux semaines plus tard, des manifestations contre la réforme de la Sécurité sociale le 14 novembre. « Nous allons réussir ce qu’on n’a pas osé entreprendre depuis 30 ans », n’en fanfaronnait pas moins le Premier ministre devant l’hémicycle, soutenu par une partie du Parti socialiste et de la CFDT. La présentation du contrat de plan état-SNCF deux jours plus tard, avec la suppression de 73 000 postes et la disparition d’un quart du réseau ferré, achève de mettre le feu aux poudres.

    En grève dès le 23 novembre, les cheminots rejoignent la mobilisation des fonctionnaires le 24 novembre, une première journée de mobilisation massive à travers le pays. Le soir même, les assemblées générales votent la reconduction de la grève à la SNCF. Trois jours plus tard, la RATP rejoint le mouvement. Les grands services publics suivent : La Poste, France Télécom, EDF, les hôpitaux, l’Éducation nationale… La France est paralysée, privée de transports. Les divergences entre la CGT et FO sont enterrées, et le 28 novembre, l’unité syndicale est symboliquement scellée : les secrétaires généraux des deux organisateurs, Louis Viannet et Marc Blondel, se serrent la main dans les cortèges.

    Une majorité de médias a beau s’acharner sur la mobilisation dans les premiers jours, l’opinion publique soutient massivement la grève. Et le mouvement va crescendo. Face au durcissement, Alain Juppé annonce à l’Assemblée nationale le 5 décembre qu’il ne retirera pas son projet, et le lendemain tance dans les colonnes de Sud-Ouest : « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas. » Moqué par les Guignols de l’Info sur une chaîne pas encore inféodée à Bolloré, il lance involontairement le « Juppéthon ». Le 12 décembre, l’objectif est atteint. Jusqu’à 200 000 personnes manifestent à Marseille, du jamais vu : la queue du cortège n’a pas le temps de s’élancer du Vieux-Port que la tête arrive déjà place Castellane. Pour la première fois depuis 1947, CGT et FO sont côte à côte, avec une forte présence du mouvement associatif. « Ça va être un tremplin formidable pour gagner », annonce sur FR3 Marcel Carbasse, le secrétaire général de l’union départementale CGT. La suite lui donne raison. Quand bien même Alain Juppé maintient sa réforme de la Sécurité sociale.

  • Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Au pied du mur après son premier match de Champions Cup raté à Edimbourg la semaine dernière, le RC Toulon n’avait d’autre choix que de l’emporter face à Bath, champion d’Angleterre, leader de son championnat, vainqueur de la Champions Cup et de son premier match dans la compétition face au Munster (40-14). Mission accomplie, non sans souffrir, mais avec une âme retrouvée, et un précieux bonus offensif.

    Dans un début de rencontre très physique, les deux équipes se rendent coup pour coup au tableau d’affichage. Ce sont les Anglais qui dégainent les premiers sur une pénalité de l’inévitable Finn Russell (0-3, 9e). Bousculés jusque lors, les Toulonnais réagissent, puisque quatre minutes plus tard, Alainu’uese inscrit le premier essai du match, sur un ballon porté consécutif à une touche (7-3, 14e).

    Après deux pénalités de Russell (16e) et Garcia (19e), ce sont les Anglais qui parviennent cette fois à franchir l’en-but grâce à Hill, suite à une succession de rucks devant la ligne, pour reprendre l’avantage (10-13, 22e). De courte durée, puisque Garcia envoyait une nouvelle pénalité entre les perches (13-13, 25e), avant que Brex ne conclut une attaque initiée par Serin, permettant aux siens de rentrer aux vestiaires avec un avantage de cinq points (18-13, 34e).

    Le RCT prive Bath du Bonus défensif

    Le second acte redémarre sur les mêmes bases. Garcia, sur une nouvelle pénalité, donne un peu d’air aux siens (21-13, 47e). Les Anglais recollent rapidement par Carreras (21-20, 51e). Dans la foulée, Dréan redonne huit longueurs d’avance au RCT (28-20, 55e). Mais Bath n’abdique pas, et replace Toulon sous sa menace sur un essai de Green, en force (28-27, 61e).

    La partie n’a pas encore choisi son vainqueur. Alors, il faut forcer le destin. Et c’est le RC Toulon qui parvient à le faire, grâce à Ludlam, suite à une mêlée à cinq mètres de la ligne, pour l’essai du bonus offensif (35-27, 67e). Garcia, sept minutes plus tard, gonfle encore le score (38-27, 74e). Mais comme trop souvent, les hommes de Mignoni sont victimes de leurs sautes de concentration. Sur une mêlée anglaise, Hennessey se fait oublier et transperce la défense toulonnaise, pour offrir aux siens le point du bonus offensif et remettre, une énième fois, les coéquipiers de Charles Ollivon sous pression (38-34, 74e).

    Un petit bémol sans conséquence, et que le RCT parvient finalement en quelque sorte à effacer, grâce à un ultime essai, en force, de Baubigny, qui enlève, sur la sirène, le bonus défensif aux Anglais (45-34, 80e). Le RC Toulon est relancé dans la course à la première place.

    RC Toulon 45 – 34 Bath (MT : 18-13)

    2e journée de Champions Cup

    Dimanche 14 décembre, 16h15

    Stade Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Amashukeli (GEO)

    RCT : Gros (Priso, 59e), Lucchesi (Baubigny, 41e), Sinckler ; Rebbadj (Mézou, 67e), Alainu’uese ; Ludlam (Quere-Karaba, 80e), Ollivon (c), Mercer (Abadie, 61e) ; Serin (White, 67e), Garcia ; Tuicuvu, Sinzelle, Brex (Smaili, 74e), Dréan ; Ferté.

    BATH : Obano, Dunn, Sela (Van Wyk, 56e) ; Roux (Richards, 55e), Molony ; Hill, Underhill (Reid, 55e), Barbeary (Green, 55e) ; Carr-Smith (Le Roux, 71e), Russell (c) ; Arundell, Redpath (Hennessey, 67e), Ojomoh, Cokanasiga ; Carreras

    Points RCT : 5E Alainu’uese (13e), Brex (34e), Dréan (55e), Ludlam (67e), Baubigny (80e) ; 4T Garcia (14e, 56e, 67e, 80e) ; 4P Garcia (19e, 25e, 47e, 74e)

    Points Bath : 4E Hill (22e), Carreras (51e), Green (61e), Hennessey (74e) ; 4T Russell (22e, 51e, 61e, 74e) ; 2P Russell (9e, 16e)

  • Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    C’est place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc » (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre (lire aussi page 14), que les communistes de Montpellier ont rendu publiques lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies », introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée.

    Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Michaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020 », résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Il rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers… »

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le prochain projet municipal. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix », quelle que soit sa forme : « Une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental », insiste Hervé Martin. La deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule », explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer « on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits. »

    « Nous souhaitons continuer à travailler

    avec cette équipe »

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. « Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances », annonce Hervé Martin. « On propose que la Ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental. »

    Alors que le maire Michaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes précisent : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine », précise Hervé Martin.

  • Richard Gasquet, le dernier bal

    Richard Gasquet, le dernier bal

    Sa première vie a pris fin le 29 mai sur le court de Roland-Garros. Sa vie de tennisman de haut niveau s’est achevée à 39 ans sur la terre de Paris devant le numéro 1 mondial : l’Italien Jannik Sinner. Plus de 1 000 matchs sur le circuit ATP, plus de vingt ans d’une carrière au très long cours à défier les plus grands joueurs de la planète.

    Tout est fini, tout est presque derrière lui. Richard Gasquet n’est pas là pour exhumer aujourd’hui son parcours, pour remonter le temps et corriger la trajectoire d’une carrière à courir après l’attente née de sa précocité et de son « génie ». Mardi 16 décembre, au stade Raoul-Barrière de Béziers, le Sérignanais (39 ans), veut partager sur les terres de son enfance et ce lieu de l’épopée de l’ASB une dernière balle avec ses amis de la génération post-Noah, avec d’autres retraités du haut niveau et le Variétés Club de France, qui rassemble d’anciens sportifs, la plupart footballeurs, sous la mainmise du journaliste Jacques Vendroux.

    Richard Gasquet vient peut-être humer les embruns de l’ex-stade de la Méditerranée en quête des sensations d’une enfance volée ou pour le moins très vite envolée. « Je voulais faire quelque chose à Béziers, parce que c’est là où je suis né. J’allais voir des matches de rugby quand j’étais tout jeune. Le stade de la Méditerranée, c’est un endroit que je connais depuis toujours. J’ai des souvenirs de rugby depuis tout petit, déjà parce que Richard Astre est un ami de mon père. J’ai vu des dizaines et des dizaines de matches au stade, c’est un lieu important pour moi » racontait-il récemment à nos confrères de Midi Libre. Richard Gasquet tombe quelque peu le masque d’un homme introverti, longtemps écrasé par sa réputation de petit génie et les promesses de ses premiers succès au tournoi des As à Tarbes devant Rafael Nadal ou de Monte-Carlo en quart de finale face à Roger Federer. Comme des jeunes footballeurs (Bravo, Ferreri…) ont été étouffés par la succession de Michel Platini, il a fait face à l’après Yannick Noah, dernier vainqueur français d’un tournoi du Grand Chelem (Roland-Garros en 1983), au charisme insolent. « Quand un magazine titre le champion que la France attend, quand tout le monde se retourne sur lui, on imagine tout le poids que ça peut engendrer chez un enfant », explique Julien Gillet, ancien sparring-partner de Richard Gasquet.

    « Une très belle carrière »

    Très tôt dans la région, très vite en France, tout le monde veut imiter le revers à une main d’un joueur, au talent rare. Très tôt, très vite, il est confronté à la médiatisation, au star-system d’un tennis, peut-être trop envahissant pour lui. Très tôt, très vite, au lieu de s’enthousiasmer pour la fulgurance de sa carrière naissante, tout le monde pointe ses échecs répétés en Grand chelem. Lui comme Tsonga, Monfils, Simon… croisent au début du siècle les trois monstres : Federer, Nadal et Djokovic.

    « Il y avait une attente en France, parce que depuis Noah, il n’y a pas eu de vainqueur de grands Chelem. En France, on a une densité de joueurs de haut niveau, mais on n’a pas l’égal des Espagnols, avec des joueurs comme Nadal ou Alcaraz capables de gagner les grands tournois. On lui a dit, mais pourquoi tu n’as pas réussi à en gagner alors que tu étais très fort jeune ? Ce ne doit pas être facile à gérer », relève le coach héraultais, qui se souvient de son style particulier. « Il jouait un tennis peut-être un peu moins puissant que n’est le tennis moderne. C’est du beau tennis, mais c’est vrai que c’est un tennis qui est aujourd’hui un peu moins joué. Il était très très régulier quand même dans ses performances, parce qu’il était très solide, il maîtrisait bien ce qu’il faisait. Pour être encore plus fort, il lui a manqué de servir mieux et de prendre la balle un peu plus tôt du fond de cours », décrypte Julien Gillet, entraîneur de Valentin Royer (58e mondial). Dans ce tennis, et ce sport de haut niveau musclé, Richard Gasquet oppose un jeu, empreint d’esthétique. Pas vraiment dans l’air du temps. Longtemps, peut-être s’est-il réfugié derrière ce jeu léché comme une carapace. « Il a fait tout de même une très, très belle carrière », rappelle l’ancien coach du Montpelliérain Arthur Cazaux. Ancien numéro 7 mondial, vainqueur de 16 tournois, notamment à l’Open Sud de France, présent à trois demi-finales de Grand chelem, deux à Wimbledon, une à l’US Open. « Sur la fin, il était plus démonstratif, plus accrocheur. Au début, c’était un peu moins le cas. On avait l’impression qu’il avait du talent, mais qu’il ne forçait pas son talent plus que ça. Alors qu’en fin de carrière, j’ai vraiment l’impression qu’il était vraiment dans la bagarre », pointe Julien Gillet comme on décèle une énigme.

    Cette vie est désormais derrière lui. Une autre peut commencer. Comme membre de la cellule « expert » de la fédération française. Pour aider peut-être des talents innés à mieux grandir.

  • La campagne de gauche a débuté au Jas de Bouffan

    La campagne de gauche a débuté au Jas de Bouffan

    S’ils avaient affiché leur union par voie de presse, ils n’avaient pas encore fait de déplacement public ensemble. Samedi, les forces de gauche (hors LFI) et écologistes, réunies sous la liste Aix Avenir conduite par Marc Pena, député PS de la 11e circonscription et meneur de la liste d’opposition Aix en Partage, se sont retrouvées pour tracter sur le marché du Jas de Bouffan. « C’est le premier événement de la campagne. On commence par le Jas parce que c’est symbolique des quartiers populaires d’Aix. C’est leur voix qu’on veut porter. Pas que, mais si la gauche n’intéresse pas les gens des classes populaires ou moyennes, elle n’est pas dans son rôle. On est là pour dire aux habitants qu’on va faire une ville ensemble, et pas seulement une Biennale de la culture », lançait Marc Pena. Le défi selon la tête de liste ? « Que les gens votent à nouveau. »

    « Toutes les forces de gauche et écologistes sont autour de Marc, il y a une volonté commune de s’inscrire dans le travail. On n’est pas là pour faire de la figuration. On veut gagner. Il n’y a rien qui voue Aix à rester pour l’éternité une ville gérée à droite, voire très à droite. On a pour ambition de recoudre la ville et sortir de cette fragmentation qui exclut chaque fois plus les territoires populaires », ajoute David Tessier, chef de file PCF.

    « Changer les priorités »

    Plusieurs soutiens de gauche, comme Stéphane Salord, représentant de Génération écologies avec qui les discussions pour intégrer la liste « avancent bien » estime ce dernier, ou Agnès Daures (DVG) se sont ralliés à cette séquence de tractage, poursuivie aux Allées Provençales puis dans le quartier de Puyricard.

    Transport, logement, abandon des quartiers, service public : les sujets phares portés par la gauche ont été abordés entre clients des étals et colistiers d’Aix Avenir. « Vous voulez que ce monde là vote pour vous ? Il va falloir faire des efforts… les jeunes me disent : il y a quoi dans le quartier ? Pas d’associations, pas de commissariat », lance ce gérant de café. « Les gens se sentent abandonnés, rapporte en fin de visite Marc Pena. On veut changer les priorités de la ville, on ne veut pas qu’une ville vitrine. On veut une ville qui ressemble à ses habitants. La majorité des habitants sont des salariés. Les questions du logement et du transport semblent banales mais sont des questions essentielles et elles ne sont pas traitées ».

    « Ce qu’on se propose de faire au nom de la gauche et des écologistes est d’abord de construire l’égalité réelle de tous », ajoute David Tessier. « Aix ne s’hérite pas mais se mérite. On est venu avec nos carnets, nos stylos, on a écouté les doléances des gens. Il y a une volonté de changement », poursuit Clément Frel-Cazenave, chef de file des Ecologistes. Le ton est donné.

  • Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    La spécificité de cette cuisine centrale, c’est qu’elle est conçue pour valoriser et favoriser la cuisine à partir de produits locaux, bio, de saison. On n’est pas dans une cuisine centrale d’assemblage », explique Marie Massart, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine, au lendemain de la pose symbolique, le 3 décembre, de la première pierre de la future Cité de l’alimentation.

    Impulsé il y a cinq ans, le projet est passé en phase de réalisation (les travaux ont débuté en novembre). Implantée dans le quartier Montpellier sud, la Cité de l’alimentation sera adossée au Marché gare (MIN) : « Ce n’est pas un hasard, c’est pour faciliter les interactions avec les producteurs. » Elle accueillera donc le nouveau pôle de production alimentaire de la Ville, en remplacement de l’actuelle cuisine centrale construite en 1982, dont le seuil maximum de production est dépassé depuis presque 10 ans. Dès la rentrée 2028, elle fournira plus de 16 000 repas quotidiens aux cantines des écoles de Montpellier. « La capacité pourra monter jusqu’à 20 000 repas par jour. À terme, il sera aussi sûrement possible de fournir d’autres communes de la métropole », indique l’élue.

    Des cours de cuisine

    pour les enfants

    « Pour respecter l’esprit du “fait maison, frais et de saison” », on y trouvera un pôle de transformation des produits bruts constitué d’une légumerie, d’une mûrisserie pour les fruits et d’un atelier de production des desserts. Par ailleurs, les 80 agents de la cuisine centrale, dont certains, aujourd’hui « n’ont pas accès à la lumière du jour », bénéficieront d’une qualité de travail nettement améliorée.

    Mais la dimension la plus innovante du projet réside dans son ambition pédagogique. « Cette cité de l’alimentation est conçue pour accueillir des classes. Elle a été aménagée avec un amphithéâtre, il y aura un jardin pédagogique, un espace pour proposer des ateliers cuisine et des visites seront prévues sur les coursives, permettant de voir la cuisine se faire », énumère Marie Massart. Le lieu disposera également d’un « véhicule pédagogique itinérant » qui se rendra dans les écoles. Objectif : « Donner aux enfants le goût de la cuisine », les sensibiliser à une alimentation saine.

    D’un montant de 60 millions d’euros, ce projet qui représente un des plus gros investissements du mandat, sera en partie financé par la vente du site de l’actuelle cuisine centrale.

  • A Noves, Laurent Fabre pour prendre le relais

    A Noves, Laurent Fabre pour prendre le relais

    L’actuel adjoint aux Sports et Associations est candidat pour succéder à l’actuel maire Georges Jullien, qui lui passe le relais. Il précise : « Après un mandat de conseiller municipal (2001-2008), cela fait bientôt 6 ans que je suis adjoint de Georges Jullien. J’étais un de ses soutiens de la première heure, mais j’avais mon travail et mes enfants. En 2020, je suis parti avec une très belle délégation et, depuis, je me suis beaucoup investi. »

    Aujourd’hui, cet agriculteur de 57 ans, qui assume ses valeurs de gauche, humanistes, de justice sociale et environnementale, est prêt à prendre la suite, continuer l’immense travail accompli depuis plus de 30 ans par Georges Jullien et ses équipes, en impulsant un souffle nouveau.

    Une liste déjà prête,

    avec 17 élus sortants sur 29

    « Nous sommes fiers de prendre la suite. Le bilan de ces 30 années, on le fait nôtre, pour encore l’améliorer », déclare Laurent Fabre. Georges Jullien insiste : « Laurent a toute ma confiance ; il a toutes les capacités pour être Maire. Je sais que les électrices et les électeurs ne se tromperont pas. Il saura récupérer l’héritage construit et le faire fructifier. » Lui-même, à la demande de toute la liste, sera candidat, mais pour redevenir conseiller municipal. Il dit en souriant : « Après 34 ans, j’ai fait mon temps, je laisse mon brassard de capitaine. Je serai sur la feuille de match, mais comme simple joueur pour donner, si on me le demande, des conseils et ouvrir quelques portes dont j’ai les clés. » En début d’année 2026, Laurent Fabre présentera sa liste et les grandes orientations de son programme.

  • [Série 2/3] Tabagisme et particules de plastique, un cocktail explosif

    [Série 2/3] Tabagisme et particules de plastique, un cocktail explosif

    Le cancer du poumon est une maladie asymptomatique que l’on décèle encore tardivement et donc à un stade métastatique. « 60 à 70% des patients diagnostiqués ont déjà des métastases dans le corps. Ce sont des patients qui ont entre 60 et 65 ans, ce qui est le reflet d’années d’expositions à des cancérigènes respiratoires et essentiellement le tabagisme qui est responsable de 85% des cancers du poumon », explique le docteur Anne Madroszyk, oncologue spécialisée dans le cancer du poumon et responsable du service d’oncologie thoracique à l’Institut Paoli-Calmettes. « Il est le troisième cancer le plus fréquent au monde et le premier en termes de mortalité. En France, on compte 53 000 décès par an liés au cancer du poumon et 80 000 si l’on englobe toutes les pathologies en lien avec le tabac comme les maladies cardiovasculaires ou d’autres types de cancers. » Outre la consommation de tabac qui est la première cause de développement de cancers du poumon (1/5 fumeurs contre 1/100 non-fumeurs), il existe d’autres facteurs de risques. Parmi eux, la consommation de cannabis et la vape, très répandus chez les jeunes.

    Objectif : diminuer la mortalité

    « La pollution atmosphérique est également reconnue comme étant un important facteur de risques, elle est d’ailleurs la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs, touchant 15% des patients contre 10% il y a encore quelques années », souligne-t-elle. « Quand on parle de pollution atmosphérique il y a l’amiante, interdite aujourd’hui mais que l’on peut retrouver chez des patients âgés qui y ont été exposés dans le cadre professionnel. Mais aussi les particules fines comme le diesel, l’industrie ou les fumées d’incendies mais aussi le tabagisme ultra-passif, c’est-à-dire qui reste dans l’atmosphère et qui est partagé par tout le monde. » Sans compter que le sujet de la pollution par inhalation des micro et nano particules de plastiques est de plus en plus pointé du doigt.

    « Nous en sommes encore à un stade expérimental en laboratoire mais des études récentes dont les dernières datent de cet été montrent que ces particules sont partout. À la fois inhalées et ingérées, elles entraînent une inflammation des voies respiratoires et facilitent la mort des cellules saines contre un développement de cellules cancérigènes », déplore le docteur Madroszyk. « C’est une catastrophe planétaire car le plastique le plus dangereux est celui que l’on ne voit pas ! »

    Dès le mois de mars, une étude nationale menée par l’Institut du cancer (INCa) doit être lancée pour mener une campagne d’information sur le dépistage précoce de ce cancer. « Les fumeurs ou anciens fumeurs pourront bénéficier à titre individuel d’un scanner thoracique de dépistage, faiblement éradiant, comme on peut faire une mammographie par exemple et ainsi diminuer nettement la mortalité », conclut l’oncologue.

  • Gaby Charroux a inauguré son local de campagne électorale

    Gaby Charroux a inauguré son local de campagne électorale

    Nous voulons garder une mairie à gauche et un maire communiste qui doit être Gaby Charroux » lance Marc Beltran à plus de 500 autres soutiens de Gaby Charroux rassemblés dans la cour du local de campagne du 1 bd Gérard-Philipe, devenue amphithéâtre le temps d’une inauguration aux allures de meeting.

    Les soutiens au maire sortant ont eu l’occasion d’exprimer leur vision de la campagne. À l’instar de la photographe Caroline Malatrait, autrice d’un travail de mémoire sur la famille Zavattoni et pour qui Gaby Charroux « est le garant de l’histoire sociale et humaine de Martigues, ville façonnée par le travail, la solidarité, non par la spéculation ou l’exclusion ». Et abonde : « Nous sommes saturés de discours simplistes et de peurs instrumentalisées, noyés dans les réseaux sociaux et la désinformation. Il suffit de sortir et de regarder autour de nous pour constater que Martigues a avancé, s’est transformée, sublimée année après année », affirme Caroline Malatrait.

    L’ancien proviseur du lycée Langevin, Marc Beltran, part d’une expérience toute personnelle, mais prise pour exemple. « Comme tout malvoyant de France, on a droit à une télécommande fournie par les Villes » pour le guidage sonore des piétons. « À Martigues, non seulement le service vous donne rapidement l’équipement mais en plus il vous demande votre itinéraire pour vous accompagner ! » souligne l’ancien fonctionnaire.

    Le candidat Gaby Charroux veut toujours plus pour la ville. L’actuel maire l’annonce : « Nous allons demander à récupérer la propreté urbaine et la régie des eaux à la Métropole car on faisait mieux » face au mécontentement des usagers. « Nous refusons la résignation » lance l’édile, dans « un moment charnière où deux visions du monde s’affrontent » au local comme à l’international. Et à 83 ans, « s’il n’y a que mon âge à me reprocher, alors tout va bien ».

    « Son optimisme et son expérience inspirent »

    Il y a de tous les âges dans le public. Marc Beltran parlait d’ailleurs d’« une ville qui a investi dans sa jeunesse ». Selma Bechagra, 21 ans, en atteste. « Le maire nous a aidés dans l’obtention du Bafa avec des stages payés. Ça a été une vraie première expérience professionnelle avec salaire, surtout que je passais en même temps le permis », raconte cette travailleuse sociale de métier. « Notre maire écoute ses citoyens, est proche d’eux et ça fait la différence », assure-t-elle.

    Eddy Dekkiche, étudiant en droit, partage. « Son optimisme et son expérience m’inspirent, comme sa capacité à répondre aux besoins de la ville qui évoluent » relate le juriste, qui s’estime « chanceux d’avoir grandi avec l’éducation, la culture et le sport pour s’épanouir dès le plus jeune âge ».

    Le prochain atelier de la campagne a lieu mercredi 17 décembre à 18h, salle Dufy.