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  • Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    L’odeur de peinture fraîche dénote de l’impression d’aisance que dégagent les employés des studios d’animation installés depuis seulement quelques mois dans les locaux de la tout juste nommée Grand Avignon Animation, hôtel d’entreprises des industries créatives qui a ouvert ses portes en début d’année. Un secteur qui a le vent en poupe en Cité des Papes et que l’intercommunalité souhaite pérenniser et développer encore plus avec la candidature à l’appel à projet de l’État « Pôles territoriaux d’industries culturelles et créatives ».

    Un projet monté avec d’autres acteurs locaux pour « inscrire Avignon sur la carte nationale de manière plus globale », explique Antoine Kerrand, directeur général adjoint du Grand Avignon, en charge de l’aménagement et du développement. Et plus concrètement de créer plusieurs parcours et projets. À commencer par la création « d’un compagnonnage complet et innovant » en intégrant une option animation dès le lycée par exemple. Mais aussi d’un nouvel espace dédié aux entreprises avec un studio équipé et mutualisé, avec des salles de formation. Ainsi qu’un développement du festival dédié à l’animation « Loop », dont la première édition s’est tenue début octobre en Cité des Papes. Et enfin d’un « Campus de l’innovation » intégré à la Villa Créative. « Un portail des dispositifs de soutien à l’innovation, une cellule de détection et d’accompagnement des projets innovants, et une animation et médiation scientifique et culturelle », précise l’intercommunalité.

    Déposé en octobre, une réponse est espérée courant 2026. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce projet est attendu. Comme pour Laurent Lombard, de l’Université d’Avignon, qui veut « créer de l’osmose dans un contexte morose » avec ce « projet visionnaire pour le territoire et la jeunesse ».

    Installation réussie

    Mais pour ce qui est d’ores et déjà en cours, à savoir l’hôtel de studios d’animation, l’installation se passe bien au vu du fourmillement ambiant. Même si « les choses sont encore balbutiantes », confie Mathieu Morfin, fondateur de Chromatik Studio, l’un des premiers à s’être installé sur le site. Et ce notamment en raison « d’une crise du film d’animation », estimant même que le secteur « est actuellement au fond du gouffre », mais qu’on ne peut en conséquence qu’avoir des perspectives d’évolutions positives dans les mois à venir.

    Un rebond attendu par les acteurs économiques avignonnais. Cathy Fermanian, directrice générale de Vaucluse Provence Attractivité, tout juste sortie des studios Chromatik, se réjouit d’un aboutissement après « un travail de fond de plusieurs années ». Ou encore Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, qui estime que la Cité des Papes est « sur la bonne voie » pour se hisser « au premier rang de l’animation en France ».

  • La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    Le 12 novembre dernier, le tribunal administratif examinait un litige opposant la Ville au Préfet autour d’un projet immobilier, porté par la société Geophoros. La municipalité avait refusé de lui délivrer le permis de construire, une décision contestée par la Préfecture, qui demandait au juge de condamner la Ville à l’accorder. Le 4 décembre dernier, le tribunal administratif a donc donné raison à la Préfecture et décide qu’il est « enjoint au maire d’Aix-en-Provence de délivrer à la société Geophoros Aix Saint-Jérôme l’autorisation d’urbanisme sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement » en annulant l’arrêté du 24 avril 2024, portant refus du permis de construire.

    Pour mémoire, le chantier porté par la société Géophoros, filiale du groupe Bouygues Immobilier, doit s’implanter sur l’ancien site d’Enedis le long de l’avenue Saint-Jérôme. La municipalité estimait notamment que le projet immobilier réparti en deux bâtiments R+4 de 168 logements
    – dont une quarantaine de logements locatifs sociaux – ne s’intégrait pas dans le paysage urbain, risquant ainsi de dénaturer le paysage urbain. Le tribunal a estimé que « le projet s’insère dans un quartier périphérique urbain, la parcelle d’assiette étant entourée de plusieurs immeubles modernes en R+4 ainsi que de quelques habitations individuelles », allant ainsi dans le sens des conclusions du rapporteur public. Sollicitée, la Ville n’a pas dit si elle faisait appel de la décision. E.B.-G.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Ils ont pris l’avion dimanche en direction de Berlin pour un rendez-vous qui fera date. Ce lundi une délégation du « Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 » est l’invitée de l’ambassade de France, pour une table ronde intitulée : « Marseille 1943, les rafles oubliées ».

    Face à eux, un auditoire constitué de quelque 120 élèves allemands qui viendront écouter leur histoire d’enfant et celle de leurs familles qui, entre le 22 et le 24 janvier 1943, comptèrent parmi les 20 000 Marseillais raflés, internés au camp de Fréjus puis déportés par centaines dans les camps nazis parce qu’ils étaient juifs, résistants ou habitants d’un lieu jugé « criminogène ».

    « C’est Marseille qui est mise à l’honneur. Se retrouver 80 ans plus tard à l’ambassade de France en Allemagne pour témoigner comme survivant, est un symbole pour les enfants du quartier Saint-Jean », explique l’avocat Pascal Luongo, porte-parole du collectif. « Que les anciens qui sont les enfants d’hier, viennent raconter à ceux d’aujourd’hui, en Allemagne, dans une transmission directe, cette histoire restée longtemps effacée des mémoires, c’est très fort. »

    à ses côtés, ils seront quatre témoins : Antoine Mignemi, président du collectif qui milite pour faire reconnaître les rafles de Marseille et la destruction des quartiers du Vieux-Port comme crime contre l’humanité, Suzanne Fritz, Gérard Agresti dont le père a été déporté à Sachsenhausen d’où il a pu revenir et témoigner, et Claude Arovas dont la famille a été déportée et exterminée à Sobibor.

    Les héritiers retapent

    à la porte du pouvoir

    L’invitation a été lancée par la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites dont une antenne est rattachée à l’ambassade. Le contact s’est noué en 2024 à Berlin où Pascal Luongo était invité par le Mémorial des juifs assassinés d’Europe, pour l’exposition « Les Indésirables » dans laquelle les rafles de 1943 étaient traitées.

    « Les Allemands travaillent la question de cette catégorie de déportés dans les camps qui n’a pas été jusqu’ici l’objet de nombreux travaux. Ils avaient appris notre existence lors du procès du nazi Schütz, gardien du camp de Sachsenhausen, deux ans auparavant », raconte Me Luongo.

    Cette table ronde sur les rafles oubliées à Marseille sera le point d’orgues du cycle mémoriel des 80 ans de la libération des camps nazis qui a marqué l’année 2025 en Allemagne. Un nouveau cycle s’ouvrira en 2026. Et Marseille y trouvera encore sa place, puisque l’expo « Marseille se souvient » présentée sur le Vieux-Port en 2023, sera montée à Hambourg dans le cadre du jumelage entre les deux villes.

    « Ce symbole très fort d’union des mémoires de nos deux pays, prend tout son sens dans un moment particulièrement troublé où les héritiers de ce qui s’est passé à Marseille, l’extrême droite nazie et l’extrême droite française de Vichy, retapent à la porte du pouvoir », insiste Pascal Luongo. « Ce temps très républicain est aussi important dans notre combat pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis à Marseille ». La procédure est d’ailleurs observée de près outre-Rhin, et l’enquête du parquet national ouverte en 2019 est sur le point d’aboutir selon l’avocat marseillais qui a bon espoir pour 2026.

    En attendant, le collectif poursuit à Marseille ses conférences auprès des lycéens, collégiens et écoliers, avec la volonté que la Ville inscrive cette mémoire dans l’espace public à travers des lieux de commémoration. « Le quartier Saint-Jean disparu, la gare d’Arenc… Il y a un besoin de faire vivre cette mémoire. On a reçu des signaux très positifs de la municipalité sur un changement de nom de place, un travail sur des lieux de commémoration. Tout le monde doit jouer le jeu. On construit patiemment mais vaillamment », reprend l’avocat qui espère s’appuyer sur ce qui est fait avec les Allemands pour faire avancer les choses.

    La commémoration du 83e anniversaire de ces rafles aura lieu le 24 janvier, une semaine avant les « officielles ». En février, un moment autour de la paix est prévu par le collectif avec la communauté de Sant’Egidio, un mouvement d’éducation populaire italien.

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    La Marseillaise : Vous étiez au cœur de l’action lors des grèves de 1995, quel était le contexte et quels souvenirs en gardez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : J’étais secrétaire des cheminots CGT au niveau régional, donc je coordonnais les 30 et quelques syndicats qu’il y a sur la région. Et depuis le congrès de 1993 à Tours, j’avais des responsabilités au bureau fédéral. Au moment de l’annonce de Juppé, le 15 novembre 1995 à l’Assemblée nationale, on était au premier jour d’un conseil national des cheminots CGT. Et comme j’avais en charge de la protection sociale pour la fédération, donc le régime spécial, j’étais directement concerné par la réforme. Au deuxième jour du conseil national, on propose une déclaration de la fédération CGT des cheminots. C’est là qu’on a appelé à la grève, pour le 24. 1995, c’est avant tout le résultat d’un fort mécontentement sur la situation sociale. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : il y avait eu de nombreuses grèves tout au long de l’année, sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail… La grève est partie chez les cheminots, de manière très forte, déterminée et unitaire, pour deux raisons principales. La première, sur la remise en cause du régime spécial de protection sociale, le régime spécial des cheminots. Et deux, contre le contrat de plan état-SNCF qui visait au démantèlement du réseau ferroviaire. Plus globalement, il y avait un contexte politique ambivalent : avec l’élection de Chirac en mai sur la « fracture sociale » d’un côté, et de l’autre Juppé qui annonce ces attaques contre les retraites et l’instauration d’un régime universel d’assurance maladie.

    Comment expliquez-vous l’ampleur des grèves à l’époque ?

    J-M.C : La clé de l’efficacité de ce mouvement tient en trois éléments. Un, la démocratie : parce qu’on l’a lancée, en connaissant l’état d’esprit des cheminots. Deux, l’unité d’action. Et trois, une convergence avec les usagers et à un niveau interprofessionnel. On était quasiment dix ans après la grève de l’hiver 86-87. Et on en avait tiré des enseignements. Pour qu’une grève soit populaire, il faut qu’elle soit portée aussi par les usagers, la population. Pendant dix ans, on avait travaillé ces liens pour expliquer que lorsque les cheminots revendiquaient un meilleur service public, c’était bien aussi pour les usagers. C’est pour cela que certains parlaient de grève par procuration, mais c’était en fait une convergence. Et le 24 novembre, la grève commence et à Marseille, on a une manifestation de 50 000 travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, sur le slogan « Tous ensemble ». Et je me souviens qu’au bout de trois semaines, on était à 120 000. On était loin d’une grève corporatiste puisqu’elle portait des choix de société, entre la solidarité et l’individualisme.

    Il y a des comparaisons avec le mouvement contre la réforme des retraites en 2023, qu’est ce qui a changé depuis ?

    J-M.C : Depuis, on fait face à un pouvoir qui est très autoritaire. On a une maturité dans le mouvement syndical, avec cette volonté d’unité sur des revendications justes de haut niveau. Mais en même temps, on est dans un contexte où le monde du travail est fragmenté, comme la société d’ailleurs. Il y a de plus en plus de petites et moyennes entreprises, un développement de la sous-traitance, de la précarité, ce qui rend plus compliqués les mobilisations et les actions. La SNCF est très bon exemple de ça : ils ont appliqué le « diviser pour mieux régner ». Ce qui fait la force des chemins de fer, c’est son unité. En les fragmentant, on fragilise le service public et on le rend moins performant. Et en fragmentant, on rend plus compliqué les mobilisations, la convergence. Et ça a été fait dans chaque branche d’activité, télécommunication, énergie, etc… Autant de points qui ont pourtant fait la force de notre pays, des piliers qui ont été créés au lendemain de la guerre avec le Conseil national de la Résistance. Et en 30 ans, il y a eu une grosse financiarisation de l’économie aussi, une mondialisation des pouvoirs économiques. Reste qu’en matière de mobilisation, la comparaison entre 1995 et 2023 est loin d’être excessive, au contraire. Le problème, c’est qu’on a certainement, dans le prolongement du mouvement social et syndical, des leçons à tirer sur l’engagement politique. Quelques années après 95, on avait un nouveau mandat de Chirac et Le Pen au second tour… Il faut qu’on ait, au niveau politique, une gauche qui soit à la hauteur de ces défis.

  • À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    Velouté de panais au miel en entrée, cuisse de poulet rôtie accompagnée de polenta, de courge et de crème à la châtaigne et banana bread. C’est le repas que les chefs étoilés Aurore Danthez et Ilane Tinchant, ancien participant de Topchef, ont concocté ce samedi pour 250 étudiants et jeunes marseillais. Organisé par le Secours populaire, le but de l’événement est simple : offrir un repas de fête et un peu de convivialité à ces jeunes qui sont souvent précaires et parfois seuls à ce moment-là de l’année.

    Pour cette 5e édition de distribution de repas de Noël, le Secours populaire a choisi de permettre aux participants de manger sur place, grâce au centre social de Malpassé, qui leur a prêté gratuitement une salle. Avant même que les repas arrivent, ils sont déjà une dizaine à être installés sur de grandes tables, décorées de guirlandes et de boule de Noël avec Mariah Carey en fond musical. Invités par mail, via leur école, le Secours populaire ou la mission locale, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement, seuls ou à plusieurs.

    Kamelia, Ouassim, Walid et Abdelkrim, tous en master d’informatique sur le campus de Luminy, sont venus ensemble, pour partager ce moment. C’est Kamelia qui a amené la petite troupe jusqu’ici. « Moi et Abdelkrim, nous sommes inscrits au Secours populaire depuis un an pour avoir accès à l’aide alimentaire, explique la future informaticienne. On l’avait loupé l’année dernière. C’est bien ce qu’ils font, surtout que ce soit halal, ça nous permet d’en profiter aussi », précise-t-elle.

    « Un repas en plus »

    Contrairement au petit groupe, beaucoup ne resteront pas pour manger sur place, par timidité ou par manque de temps. Mais ce repas offert est d’une grande aide pour eux. « ça me fait un repas en plus à la maison, explique Emeline, 24 ans en recherche d’emploi. J’habite seule, et je n’ai que l’aide de la mission locale, donc c’est assez compliqué. Mais je ne reste pas, parce que je ne connais personne ». Amir et Mohammed prennent également le repas à emporter. « On va aller à la bibliothèque, parce qu’on a des examens la semaine prochaine », confient ces étudiants en BTS de conception des processus de réalisation de produits. Mais Amir, qui est également bénévole au Secours populaire tenait à venir. « L’association m’a beaucoup aidé quand je suis arrivé à Marseille, donc j’essaye d’aller à tout ce qu’elle organise, et quand j’ai du temps j’aide aussi. »

    Un moment de rencontre pour les usagers mais aussi pour les bénévoles. Dont Romuald, alternant en éco-énergétique et bénévole depuis 6 mois au sein de l’association. « Ce genre de moment c’est bien pour nous, ça nous permet de rencontrer d’autres jeunes comme nous, et on peut s’amuser ». Une sociabilité importante pour ce Béninois qui ne rentrera pas voir sa famille pendant les fêtes.

    Alors que l’isolement et la précarité augmentent partout, et en particulier chez les 18-30 ans, l’événement a attiré du monde. Jusqu’à 18h, plus de 200 personnes sont venues récupérer leur repas étoilé. À l’occasion des 80 ans du Secours populaire, ils ont tous pu partir avec une carte-cadeau Cultura d’un montant de 20 euros.

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.

  • Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    « Fermer un accès, c’est discriminer un quartier. » Les slogans sont divers ce samedi matin sur le boulevard des Chutes-Lavie, mais le message est le même : le refus de la fermeture de la rue de la Pépinière. À l’appel du collectif des habitants des Chutes-Lavie, ils sont une quarantaine à s’être rassemblés pour réclamer l’ouverture de ce portail, qui complique la vie quotidienne de certains d’entre eux.

    Le « portail de la discorde », se trouve à l’une des entrées de la cité jardin des Chutes-Lavie. Il a été installé par la copropriété de la cité, gérée en partie par Provence Métropole Logement. Depuis 2020, il n’est accessible que grâce à un badge, empêchant les non-résidents de la cité d’emprunter cette rue. Pourtant, elle est le passage le plus rapide pour accéder à la crèche, au centre municipal d’animation et au parc public situé à l’intérieur de la cité. Sa fermeture pousse les habitants à faire un grand détour pour accéder à ces services publics.

    Un kilomètre de détour

    Apolline a renoncé à mettre son fils d’un mois à la crèche. « J’habite rue de la Pépinière. La crèche est à 2 minutes à pied sans ce portail. Mais avec, on doit faire un détour de 1 km et emprunter le boulevard Guigou, où le trottoir est trop étroit pour rouler avec la poussette. On doit marcher sur la route mais les voitures vont super vite, donc c’est dangereux », se désole-t-elle.

    Un boulevard qui complique aussi la vie de Jean, 70 ans. Ancien habitant du quartier, il vient souvent rendre visite à des amis ou de la famille, et est dorénavant obligé de prendre ce boulevard. « Cette montée est très difficile pour les personnes âgées », se désole le septuagénaire, à qui il manque un poumon. « Et le trottoir est impraticable si on a une canne parce qu’il y a plein de trous », témoigne Mylène, membre du collectif.

    La fermeture rend également les commerces situés en haut de la cité moins accessibles. « Quand on a aménagé, il y a 4 ans, on pensait qu’on avait tout à proximité. Mais avec ce portail on est obligé de prendre la voiture », se désole Apolline. Un problème pour les personnes non véhiculées.

    Fermeture d’une école :

    la goutte d’eau…

    Cette entrave à la circulation a entraîné en septembre, la fermeture de l’école maternelle des Chutes-Lavie, par manque d’élèves. « Ce fut l’élément déclencheur à la création du collectif des habitants des Chutes-Lavie, raconte Nathalie Prost, membre de celui-ci. On était plusieurs groupes à lutter contre ce portail. On a donc fait une pétition contre et on a créé un collectif, ce qui nous a permis de nous regrouper. » Le 5 novembre dernier, il a obtenu une rencontre avec Solange Biaggi, présidente (LR) de Provence Métropole Logement, pour trouver une solution concertée. Le bailleur a décidé à la suite de cette réunion que le portail resterait fermé « au nom de la sécurité et de la tranquillité des résidents ».

    La mobilisation a reçu le soutien du maire (EELV) de secteur, Didier Jau, dès 2022 et depuis novembre dernier, celui de la mairie centrale. Dans une lettre, Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille a notamment exigé du bailleur social, l’ouverture contrôlée de la rue de la Pépinière. « On ne demande pourtant pas la lune, juste un accès piéton en journée, pour nous éviter de faire des grands détours », soupire Mylène, membre du collectif.

    Pétition en ligne : bit.ly/Chutelavie

  • L’OM joue moche mais gagne

    L’OM joue moche mais gagne

    Malgré une soirée compliquée, l’OM termine l’année sur le podium.

    Pour cela, il n’avait pas d’autre solution que battre Monaco. Car les résultats de Lens et Lille, vainqueurs de Nice (2-0) et à Auxerre (4-3), dans l’après-midi, combinés au succès du PSG à Metz samedi (3-2) ne lui avaient pas été favorables.

    Pour l’ultime match au Vélodrome, c’était aussi le minimum que les hommes de Roberto De Zerbi devaient à des supporters qui permettaient de nouveau à l’enceinte du boulevard Michelet d’être à guichets fermés.

    Malheureusement, si les premières minutes ont donné le sentiment d’un OM volontaire et attiré par le but monégasque, au fil des minutes, la bonne volonté marseillaise s’étiolait. Ce dont devait profiter Monaco pour engranger de la confiance. Pour ensuite s’offrir les opportunités les plus franches, dans une première période plus équilibrée que ce que l’on pouvait penser.

    Une première période durant laquelle Geronimo était le gardien le plus en vue. Tandis que Lukas Hradecky n’avait que quelques ballons sans grand danger à négocier. Une première période qui ne laissait augurer rien de bon de la part d’un OM visiblement à bout de souffle et à court d’inspiration.

    Les retouches de Roberto De Zerbi n’allaient pas changer grand-chose. Même s’ils étaient plus présents aux abords de la surface monégasque, les Olympiens continuaient à faire des frayeurs à un Vélodrome qui pensait voir Lamine Camara ouvrir le score. Mais ce dernier était signalé hors-jeu (51e).

    Si dans le dernier quart d’heure, Mason Greenwood semblait enfin entrer dans son match, c’était toujours Gerónimo Rulli qui était sur le gril. L’Argentin avait heureusement retrouvé ses réflexes pour éviter à son équipe une cruelle désillusion. Et après que l’assistance vidéo à l’arbitrage ait annulé un second but monégasque, sur l’action qui suivait, Mason Greenwood sortait enfin de sa coquille pour offrir un avantage inespéré à l’OM.

    OM 1 (0) MONACO 0 (0)

    16e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (64 509 spectateurs)

    Arbitre : F. Letexier.

    But : Greenwood (83e).

    Avertissements : Kondogbia (41e) à l’OM, Vanderson (64e) à Monaco.

    OM : Rulli – Murillo (Balerdi, 59e), Pavard (Paixão, 59e), Aguerd, Emerson- Höjbjerg (c), Kondogbia (O’Riley, 46e)- Greenwood, Vermeeren (Nadir, 82e) , Weah – Aubameyang (Bakola, 86e).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    MONACO : Hradecky – Vanderson, Kehrer, Salisu, Caïo Henrique – Camara (Ilénikhéna, 86e), Zakaria (c) – Akliouche, Minamino (Biereth, 86e), Golovin( Tézé, 74e) – Balogun.

    Entraîneur : S. Pocognoli.

    Le fait de match

    « Autorités/LFP, contrairement à vous, on a la lumière à tous les étages. » Pour étayer son message, le Virage nord a craqué des centaines de fumigènes, alors que François Letexier s’apprêtait à donner le coup d’envoi. Résultat, il a fallu attendre douze minutes avant que la pelouse ne retrouve de la visibilité. Un retard qui va coûter cher à l’OM.