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  • La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    De retour pour sa 4e édition, qui se tiendra du 19 au 21 mars. 2026, Babel Music XP a dévoilé il y a quelques jours sa sélection officielle. Si ce forum et marché international à taille humaine s’impose peu à peu à la force de ses bras et tête au service de la filière musicale dans un secteur plus que jamais concentré dans les griffes des multinationales, il propose aussi une partie festival et grand public. Si les théâtres de ces musiques du monde propagées par des artistes prometteurs et chevronnés n’ont pas encore été annoncés, la seule certitude résidant dans le fait que le public les trouvera dans des salles du centre-ville comme l’an passé, on connaît désormais les 31 groupes qui garniront la programmation.

    « Ces projets investiront Marseille et ses lieux culturels, faisant dialoguer esthétiques, langues et imaginaires au fil de trois jours et trois nuits de découvertes sonores », indiquent les organisateurs de cet événement. Issus de « 25 pays et réunissant 111 artistes », des groupes qui feront voyager le public dans ce que les musiques actuelles du monde ont de plus électrisant.

    Notes mondiales en fusion

    Du Liban à la Corée du Sud en passant la Mongolie, l’Asie et le Moyen-Orient figurent parmi les parties du globe les plus représentées lors du 4e Babel Music XP. Avec quelques groupes aux sons venus de Palestine, cette terre aux inspirations musicales toujours prolixes, pluriséculaires mais aussi diablement modernes véhiculés par sa diaspora. Tel est le cas du multi-instrumentiste « parcouru par l’exil » Ahmed Eid, « qui fait le lien entre ses ancrages, entre Ramallah et Berlin » à travers un « répertoire de chansons pop mêlant musiques arabes traditionnelles et contemporaines, groove lancinant et arrangements électroniques ».

    L’Afrique et l’Amérique du Sud ne seront pas non plus en reste. Entre autres illustrations, le duo congolais « électro-punk et afro-rap » Article 15 ou encore la chanteuse et percussionniste vénézuélienne Rebecca Roger Cruz dont la voix ensorcelante, nourrie aux rythmes afro caribéens, se répand sur des rythmes rock comme flamenco et jazz. Le continent européen sera aussi dignement représenté, de « la nouvelle voix intense des traditions populaires italiennes ». Lavinia Mancusi aux polyphonies occitanes revisitées par le duo Cocanha.

    www.babelmusicxp.com

  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] Jouer du bon d’achat pour ses courses de Noël à Marseille

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] Jouer du bon d’achat pour ses courses de Noël à Marseille

    « Rien que le mot budget fait mal », soupirent Marie et Noëline dans l’une des allées du centre Bourse. dès le mois de novembre dans l’hypercentre de Marseille, la course aux cadeaux se prépare lentement. « J’ai seulement commencé à trouver des idées, j’achète les cadeaux à partir de décembre », explique France gérante d’une chambre d’hôte, en sortant d’une boutique rue de la République. L’heure est donc davantage à la liste au papa Noël, mais aussi et surtout à l’achat des décorations, calendriers de l’Avent et du sapin.

    Le magasin Gifi dédie justement son entrée aux traditionnelles décorations vertes, rouges et dorées. Au milieu des boules de Noël, des conversations spontanées se nouent. « Il n’y a pas de petites économies », affirme Marie-line, retraitée. Souad, accompagnée de ses deux filles et tenant dans ses mains un panier étincelant de bleu et d’argenté, abonde : « Les temps sont durs. » « Notre niveau de vie baisse mais les salaires ne bougent pas », explique-t-elle. Si sa fille a pu choisir de nouvelles décorations, c’est grâce à un bon d’achat obtenu à Halloween dans le magasin.

    Quelques rayons plus loin Nesrine tient dans ses mains un petit sapin en plastique multicolore, « je me suis laissée tenter par la promotion, il est à 60 centimes ». Comme Souad, Nesrine bénéficie du même bon d’achat et peut ainsi s’offrir ce petit plaisir.

    « Les prix se sont envolés »

    « Mon budget pour les fêtes a augmenté. J’achète les mêmes choses pour faire plaisir à mes filles mais les prix se sont envolés », ajoute-t-elle. Parfois, elle s’adonne aux ventes privées à la recherche des jouets commandés en moins cher. « Je préfère acheter moins mais des choses qui durent plus longtemps, je réfléchis davantage avant de dépenser mon argent », résume enfin Souad.

    Marie, juriste, arpente, elle, les étals du Sostrene Green. Cette année, elle se laisse tenter par la tendance des calendriers de l’Avent à personnaliser. « Ça revient plus cher au final » reconnaît-elle, mais elle ne veut « pas que (ses) enfants soient impactés par les problématiques financières ». Et d’expliquer « compenser les gros achats dédiés aux enfants dans les cadeaux des adultes ».

    Isa, vendeuse au petit Souk, à deux pas du Vieux-Port, partage ce constat : « Chaque année, le plus gros budget est dédié aux enfants, ça ne change pas. » Isa, comme Olivier, vendeur à Maison du monde, constatent une tendance de paniers davantage composés « de petits accessoires déclinés pour chaque membre de la famille ». « On vend beaucoup de décorations roses cette année et autres couleurs peu communes, mais surtout des sapins artificiels », souligne encore Olivier, avant de préciser : « Pas pour l’écologie, mais les épines dérangent. » France et Nesrine aussi ont un sapin artificiel. « C’est bien plus rentable à long terme », précisent-elles.

  • LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    Habitué ces derniers mois à convier la presse pour communiquer autour de travaux de voirie et d’aménagements dans les quartiers, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, avait le ton plus grave ce lundi matin. « Je suis en colère, tout et n’importe quoi circule en ce moment sur la LEO, l’arrêté anti-poids lourds et le pont de Rognonas, il faut remettre les pendules à l’heure », annonce-t-il. S’il est le seul élu à parler, c’est bien la parole de la Ville qu’il engage et, à travers elle, la maire Cécile Helle (PS). « La véritable histoire, c’est ça », conclura-t-il plus tard au sujet de trois dossiers connexes liés aux mobilités et à la santé : la liaison Est-Ouest (LEO), l’arrêté anti-poids lourds sur la Rocade retoqué par l’État, et l’arrêté pris fin octobre par le Département des Bouches-du-Rhône, interdisant la circulation des plus de 26 tonnes sur le pont de Rognonas qui franchit la Durance pour entrer dans Avignon.

    « Je regarde avec intérêt l’arrêté pris par la présidente des Bouches-du-Rhône [Martine Vassal, DVD] qui n’a pas eu besoin de faire de concertation pour, mais je m’en réjouis car cela va diminuer le trafic sur la Rocade », glissait, fin novembre, Cécile Helle en conseil municipal. Un « arrêté politique en catimini », grince Fabrice Tocabens pris pour raisons de sécurité sur la base d’une étude « que ni les services de la Ville, ni ceux du Département de Vaucluse n’ont eu, un véritable acte de mépris ». Un simple panneau sur le rond-point d’avant a été installé. Depuis ce lundi, la Ville a déployé plusieurs panneaux d’information, « en amont pour se mettre en conformité ». Quelque 700 poids lourds seraient impactés par des détours de 24,5 km au sud et 16 km au nord. « Mme Vassal* et le préfet des Bouches-du-Rhône doivent prendre leurs responsabilités et faire appliquer cet arrêté sinon ils mettraient en danger la population », relève l’adjoint benoîtement.

    Un « mépris de classe » pour la Rocade

    Autre arrêté, cette fois concernant la Rocade et les plus de 38 tonnes que la Ville voulait interdire en journée du carrefour de l’avenue Pierre-Semard à celui de l’avenue de Tarascon. Un projet retoqué par la préfecture. « Même s’il y a un enjeu de santé publique, les enjeux de ferroutage et de desserte locale n’étaient pas résolus, les solutions de contournement et de déviations avancées par la Ville ne fonctionnaient pas », justifiait le préfet Thierry Suquet il y a 10 jours. « On a concerté pendant dix ans, l’État nous a baladés et a enfumé la galerie, à force de mentir je souhaite que la population soit au courant qu’on nous mène en bateau et que l’État ne joue plus son rôle », fulmine Fabrice Tocabens, rappelant que la réduction du nombre de poids lourds sur la Rocade est une mesure qui figure dans le plan de protection de l’atmosphère qui s’apprête à être validé en préfecture.

    Enfin, sur la LEO, l’adjoint accuse l’État de se « défausser sur la Ville ». « Les 300 millions d’euros [coût réévalué de la LEO], personne ne les as, donc si l’État pouvait arrêter de mentir, le débat serait un peu plus serein », accuse Fabrice Tocabens, qui n’exclut pas de saisir la justice pour « mise en danger des populations ». « Si la Rocade passait au pied des Alpilles ou du Luberon, le problème serait réglé depuis longtemps, il y a un mépris de classe, les pauvres on s’en fout », attaque-t-il. LEO reconfigurée le long de la Durance, réalisation du barreau de Rognonas, jonction A7/A9 à Orange ou encore gratuité de l’autoroute entre Avignon nord et sud, « il n’y a pas une solution unique mais une boîte à outils », réitère l’adjoint.

    * Contacté, le Conseil départemental n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Dans un département qui a envoyé à l’Assemblée nationale 7 députés RN sur 8, et dans un moment où les extrêmes droites parviennent à l’échelle internationale à imposer une lecture révisionniste de l’Histoire, mettre en avant le devoir de mémoire est un impératif politique.

    C’est ce qui en substance a été rappelé ce lundi, à Toulon, à l’occasion du 84e anniversaire de l’assassinat de Gabriel Péri au Mont Valérien par les troupes d’occupation nazies. Un hommage poignant, rendu par le président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) Gérard Estragon. Et ce aussi bien à l’égard de l’ancien député communiste né à Toulon qu’au capitaine de corvette Honoré d’Estienne d’Orves et à la revendeuse des Halles de Toulon Esther Poggio. Tous trois payant de leur vie le refus de la défaite morale et de la soumission après un engagement sans faille dans la Résistance.

    Le premier, issu de la diaspora corse par son grand-père et Italien par sa grand-mère maternelle, est, rappelle Gérard Estragon, dès l’adolescence saisi par trois passions indissociables : le journalisme, le socialisme et la politique.

    « Le lit des régimes despotiques »

    Il tiendra la rubrique de politique internationale du journal L’Humanité durant quinze ans. Pacifiste lucide, mais farouche antifasciste, il dénonce très tôt la montée en Europe de ces idéologies mortifères. « Et pressent que les lâchetés, les renoncements, les intérêts égoïstes, l’exacerbation des nationalismes et la paupérisation des classes populaires font le lit des régimes despotiques conduisant à la guerre. »

    Un fascisme qui surgit quand les élites économiques préfèrent la dictature à la réforme sociale, analyse-t-il alors.

    Le président de l’Anacr en profite pour rappeler que seuls 80 parlementaires auront le courage de dire « non » à Pétain, et parmi eux six sont alors varois. « C’était un autre temps », lance-t-il. Malheureusement, en effet.

    Pour Honoré d’Estienne d’Orves, « c’est sa foi bouleversante en Dieu, qui lui a permis de toiser la mort sans frémir ».

    Alors que pour Gabriel Péri, c’est son engagement pour des lendemains qui chantent « dans un monde où l’exploitation de l’homme par l’homme ne sera plus la règle ». Une soif d’idéal qui entre le reniement et la mort, leur feront choisir la mort.

    À ces deux parcours s’ajoute celui d’Esther Poggio, « fille d’immigrés italiens dont les Halles restaurées portent fièrement son nom ». « Nombreux sont les enfants issus de l’immigration qui ont donné non seulement leur force du travail, mais également leur vie pour la France », souligne le président de l’Anacr. Ça aussi il est bon de le rappeler.

    Dès la fin 40, la résistante procure des fausses cartes d’identité et approvisionne les maquis des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Arrêtée le 3 juillet 1944, elle sera exécutée le 15 août, le jour du Débarquement de Provence.

    « En 2025, puisons, dans ces vies exemplaires, le courage nécessaire pour résister au populisme racoleur des manipulateurs de l’opinion publique qui fondent leur succès détestable sur la haine, la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, la peur de l’autre et le nationalisme borné. » Gérard Estragon concluant que « résister, à notre modeste niveau, c’est s’opposer à cette xénophobie, à ce racisme dont les manifestations croissantes ne peuvent qu’inquiéter ».

    L’esprit de résistance

    « Cette transmission de la mémoire est absolument vitale, pas pour la connaissance pure et éthérée mais parce qu’elle a des conséquences sur notre vie, sur notre futur, et sur l’avenir de l’humanité », explique le conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF).

    Et de poursuivre : « Il y a des menaces terribles qui pèsent sur notre pays. Il faut absolument les combattre avec la même intelligence et le même courage qu’Honoré d’Estienne d’Orves, Esther Poggio et Gabriel Péri. »

    Même son de cloche pour la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi : « C’est bon de rappeler ces beaux exemples. Et cet esprit de résistance qui doit continuer à nous animer. »

  • Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Une dernière fermeture pour clore l’année Cezanne. Au terme de l’été, une majorité des tableaux du Musée Granet sont repartis, les rénovations de la Bastide ont repris. Il ne restait plus que la Petite galerie Cezanne, et l’exposition « À hauteur d’enfant », inaugurée le 4 février dernier, dont l’accueil s’est achevé ce lundi 15 décembre. Une dernière cérémonie en présence des organisateurs, des équipes culturelles de la Ville et du maire mais aussi des mécènes du projet a permis de révéler un premier bilan fructueux autour de la Petite galerie. « Oui, l’exposition de la Petite galerie était un vrai succès, et l’affluence en témoigne. Plus de 43 000 visiteurs, 12 000 élèves : c’est le marqueur essentiel pour tous ceux qui ont œuvré (…) une exposition de cette classe, ludique, éducative avec une immersion complète dans l’univers cezannien a vraiment conquis tout le monde », pointe Rémi Clamens, directeur du site aixois de Technicatome, entreprise mécène de ce musée cezannien dédié aux plus jeunes. Tout comme le groupe Ortec, représenté ce lundi soir, qui a entre autres œuvré à la rencontre entre l’univers Cezannien et plusieurs enfants malades de l’hôpital de la Timone, à Marseille.

    Une année « très réussie »

    « Sur l’année Cezanne, ce sont plus d’un million d’euros qui ont été recueillis de nos entreprises sur les manifestations des événements, précise Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. La Petite galerie Cezanne, c’est la première en France à avoir ouvert pour les enfants en alliant le talent, la curiosité, l’ingéniosité, une pédagogie fine et légère à la gratuité, c’est-à-dire l’accès pour tous les enfants à cette petite Galerie », poursuit l’édile de la Ville, qui précisera l’accueil de 424 classes, 3 878 participants aux ateliers, 1 700 visiteurs issus du champ social (centre de proximité comme les établissements de santé) accueillis sur le temps de programmation de l’exposition. Ce sont aussi 424 classes qui ont pu bénéficier d’une visite, dont 232 d’Aix-en-Provence et 114 du Pays d’Aix, pour un total de 12 000 élèves, selon les chiffres de la Ville. Victime de son succès, l’ouverture de la Petite galerie Cezanne avait d’ailleurs joué les prolongations : initialement prévue en octobre, la fermeture avait finalement été actée pour le 21 décembre. « Ça a été une année très réussie, puisque 350 000 visiteurs se sont rendus à l’exposition du Musée Granet et dans les lieux la Bastide, l’Atelier des Lauves nous avons eu 100 000 visiteurs, poursuit le maire. C’est énorme : les retombées pour la Ville sont de 40 millions d’euros. De même que les retombées médiatiques. Nous avons investi un million sur la communication, et ce sont 50 millions de retombées si nous avions dû commander l’ensemble des articles diffusés. » Il faudra néanmoins attendre le conseil municipal, programmé ce vendredi 19 décembre, pour que des chiffres affinés soient révélés et qu’un bilan d’ensemble soit tiré. Quant au devenir de la Petite galerie Cezanne : « Nous allons reproduire ce type d’événement pour les enfants », conclura Sophie Joissains, qui ajoute : « Ce serait dommage de ne pas le reproduire, c’est encore en cours de réflexion. »

  • Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Bijoux dorés fantaisies, chouchous cousus à la main, vaisselle, ameublement, jeux pour enfants, vêtements ou sacs à main… La toute nouvelle boutique solidaire du collège Jean-Moulin (15e) n’a rien à envier aux vitrines de la rue Saint-Férreol. Entièrement imaginée et construite par les élèves de sections d’enseignement adapté de 4e et 3e, elle était inaugurée lundi dans l’atelier habitat de l’établissement, aménagé pour l’occasion. Devant professeurs, principale du collège, parents d’élèves, élus et presse locale, 5 des 56 élèves impliqués ont résumé l’ambition de leur projet, pensé pour « s’entraider » et « protéger la planète ». « Nous sommes fiers d’être allés jusqu’au bout de notre projet avec peu de moyens, mais avec toute la générosité des élèves et des adultes de l’établissement », se sont-ils timidement enorgueillis. Du sol au plafond, les jeunes ont repensé les lieux : accompagnés de leurs professeurs, ils ont imaginé et conçu la décoration, fabriqués une partie des meubles, étals et produits, mais aussi nettoyé et étiqueté tous les vêtements et objets récoltés grâce à un appel aux dons lancé dans le collège. De quoi créer un lieu « élégant », des mots de la principale, basé sur le concept de troc : chaque don permet d’accéder à un certain nombre de points servant de monnaie dans la boutique.

    « Donner c’est recevoir »

    Partie d’un triste constat des professeurs, notant chaque année les difficultés que rencontraient certains élèves pour se vêtir, l’idée d’une boutique solidaire a émergé en septembre, au sein d’une équipe pédagogique déterminée à transmettre les valeurs de l’esprit d’équipe et de la solidarité. « On avait constaté que les élèves n’étaient pas à l’aise pour récupérer des affaires lorsqu’on organisait des distributions spontanées, détaille Dorra Bourraoui, professeure d’Hygiène Alimentation et service, depuis deux ans enseignante des Segpa à Jean-Moulin. Ce système est beaucoup moins stigmatisant, d’abord parce que la boutique est très belle, mais aussi parce qu’il implique tout le collège. » Et l’intérêt du projet est aussi pédagogique. « On a allié nos forces (…) pour travailler sur un tas de compétences, avec la possibilité de réfléchir sur la citoyenneté, la fraternité, la surconsommation… », a détaillé Anne-Sophie Di Pascuale, professeure spécialisée Segpa, pétillante d’enthousiasme. « L’objectif c’est que nos enfants, enfin nos élèves et que leurs familles en profitent. On espère que le projet se pérennisera », a-t-elle poursuivi.

    Ouverte pour deux jours seulement, la boutique, pour l’instant éphémère, recevra les élèves donateurs mais aussi quelques profils ciblés par les assistants sociaux de l’établissement. Le magasin leur sera réservé pour 15 minutes, de façon qu’ils puissent librement choisir leurs articles. Au gré des débats organisés avec les élèves autour du projet et des concepts de solidarité, d’entraide et de fraternité, est né le slogan de l’opération : « Donner c’est recevoir ».

    « Nous avons donné de nous-même et nous avons reçu, avant tout, satisfaction et fierté », ont conclu les jeunes.

  • Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    De nouveau, Le César pourra faire son cinéma. Ce jeudi, le conseil municipal de Marseille doit approuver la cession du bail commercial des salles obscures situées place Castellane en faveur du Théâtre des criques et du Lucernaire, pour y installer un nouveau tiers-lieu culturel. De quoi redonner vie à cet espace emblématique créé en 1938 par Marcel Pagnol, et dont le tribunal des affaires économiques de Paris avait prononcé la liquidation le 12 septembre 2023, alors que son gérant se disait étranglé par un loyer « beaucoup trop élevé » (notre édition du 15/09/2023).

    Viabilité économique

    « Ce projet a été sélectionné afin que Le César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant d’abord sa vocation première : le cinéma », explique la délibération soumise au conseil. Celui-ci proposera ainsi des salles de projection de 50 et 90 places pour des films art et essai, ainsi qu’une salle hybride de 200 places qui permettra à la fois des projections de films grand public ou des représentations de théâtre. S’ajouteront un café bar et un carré librairie pour compléter le tout.

    « C’est une excellente nouvelle, se réjouit l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. Plusieurs projets de qualité ont été déposés, nous avons eu le choix, qui s’est porté sur un projet culturel, viable économiquement, avec une équipe jeune et dynamique. » La municipalité, le 26 janvier 2024, avait en effet décidé de préempter le fond commercial pour éviter que ne se perde la vocation culturelle des lieux, et avait approuvé le cahier des charges de l’appel à candidatures le 20 juin dernier. « Il y a plusieurs mois de travaux et d’investissements à faire avant de rouvrir », explique cependant l’adjoint. Le temps de rafraîchir l’édifice et de le réaménager, avec des subventions demandées par les porteurs du projet au Centre national du cinéma.

    Benoît Payan défend son bilan

    Invité surprise de la conférence de presse de présentation du conseil municipal, le maire (DVG) Benoît Payan a tenu à remercier sa majorité, « pour le travail qu’elle a fait pendant ces six années ». Une action qu’il compare aux douze travaux d’Hercule, « avec des travaux titanesques pour remettre des services publics sur pied ». Il reconnaît ainsi trois premières années compliquées, pointant la responsabilité à « une gestion particulière pendant des décennies ». « Les services ne se parlaient pas entre eux », appuie-t-il. Et d’énumérer les réalisations du mandat, de la réduction de la dette de la collectivité aux rénovations des écoles, les dossiers débloqués de la rénovation urbaine, la cantine gratuite pour 10 000 élèves. « Nous avons commencé à voir des réalisations dont d’aucuns nous disaient qu’elles ne pourraient pas se faire », vante Benoît Payan. En témoigne le doublement de la police municipale, mais aussi l’embauche de 1 000 agents dans les écoles, le passage d’un demi temps plein pour le logement à 120 personnes. De quoi préparer sa campagne.

  • La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    L’esprit de fêtes n’a pas régné sur le dernier conseil métropolitain de la mandature. L’opposition entre l’exécutif de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie de Marseille, et la majorité municipale de gauche en gestion, a agité les débats. Pour ouvrir la séance, la présidente avait pris soin de vanter les mérites d’une Métropole qui « se porte bien » et « avance sur ses priorités ». Un discours mis à mal au fil des 143 rapports. Une poignée a suffi.

    Pierre Huguet (G.s) a tiré le premier en pointant l’abandon des politiques à destination des plus précaires. « Un retrait pensé, assumé, un effacement méthodique » dans une ville comptant 42 quartiers politique de la ville quand « ailleurs c’est des largesses ». « Les Marseillais s’en souviendront », assène le chef du Printemps marseillais au conseil municipal. « Stratégie électorale » répond Martial Alvarez (DVD), expliquant que le désengagement était annoncé.

    Dans la foulée, Yannick Ohanessian (PS) réclame une équité de traitement pour le Bataillon des marins-pompiers de Marseille quand l’hémicycle vote une contribution exceptionnelle au Sdis pour les efforts engagés cet été sur le front des incendies. « Dans ma commune la majorité des sapeurs volontaires sont des marins-pompiers », répond Marc del Grazia, maire (DVD) de Roquefort-la-Bédoule.

    « Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    En matière de voirie, Perrine Prigent (PM) rappelle les bénéfices perdus du Tunnel Prado Carénage, l’échec du plan vélo, l’obstination sur le boulevard urbain sud. Avant elle, Anne Meilhac (PM) pointait le manque de place de parkings, et Sophie Camard celui de démocratie. « Les meilleures maisons de la Métropole sont les mairies », glisse la maire (GRS) des 1-7 alors que la Métropole entend créer 25 « maisons » de ce type. Elle reviendra à la charge sur les déchets rappelant que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères apparaît inversement proportionnelle au service.

    Le ton monte avec le Contrat d’obligation de service public de la RTM. Marie Batoux (PM) explique que son groupe votera contre ce texte qui « marque le renoncement à une régie publique de qualité », « affiche des objectifs sans donner de moyens pour les atteindre » et promet des pénalités. L’élue craint un « affaiblissement structurel de la régie » en vue de son « ouverture à la concurrence ». Le groupe communiste lui s’abstient, réitérant par la voix d’Yves Mesnard, le maire (DVG) de Roquevaire, sa « demande de suspension du contrat en l’état et de prorogation du contrat actuel par voie d’avenant » afin de permettre un travail approfondi avec les syndicats, représentants des usagers et élus.

    « Une agitation pour rien » assure Catherine Pila, la présidente (LR) de la RTM défendant « un contrat ambitieux » et « une confiance mutuelle et renouvelée », signé, gage de bonne foi, sur huit ans. « Non il n’y aura pas de privatisation », lance-t-elle accusant les élus marseillais.

    Martine Vassal finit par sortir de sa réserve. Accusant l’opposition de mentir et d’agiter le chiffon rouge pour bloquer Marseille pendant les fêtes, elle interpelle le maire (DVG) « élu sur un mensonge ». Invitée à ne pas tomber dans un débat marseillo-marseillais par Benoît Payan, elle voit rouge : « Le débat, on va le faire le jour où vous aurez le courage d’être candidat. Vous devriez nous dire merci pour le BHNS, le tramway, le métro… le milliard qui nous a été donné, on l’a dépensé. Vous êtes sur les écoles la honte des dépenses publiques. Ne prenez pas les Marseillais en otage, la révolution des transports est active. Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    Vivement la campagne.

    En bref

    Hommage

    Alors qu’à l’extérieur, les drapeaux étaient en berne, Martine Vassal a ouvert la séance sur une minute de silence « en hommage aux victimes de l’attaque antisémite » de la plage de Bondy à Sydney et « en signe de solidarité avec la communauté juive », après avoir demandé un renfort de sécurité dans tous les lieux de culte.

    Première

    Christian Denans, le tout nouveau maire d’Aurons, a fait ses premiers pas lundi au conseil métropolitain. « Une première et une dernière séance », a plaisanté Martine Vassal au moment de le saluer. Pour Jean-Pascal Gournès, maire de Meyreuil, c’était une première à la présidence du groupe métropolitain d’intérêt communal où il succédait à Georges Cristiani.

    Enjeux

    Sur le rapport n° 1, du projet partenarial d’aménagement du golfe de Fos et de l’étang de Berre, Gaby Charroux, le maire (PCF) de Martigues a tenu à rappeler quatre enjeux : la rénovation de l’hôpital de sa commune avec « un calendrier et des moyens identifiés », la nécessité d’un « plan cohérent » autour du contournement en matière de transports publics, de logement, d’urbanisme, la prise en compte de « l’espace stratégique » du chenal de Caronte et la définition « à la parcelle près et validé par les communes » du périmètre de l’opération d’intérêt national.

  • À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    « Rien ne rentre et rien ne sort. » Devant l’usine d’Arkema du quartier de Saint-Menet à Marseille, ce lundi, plusieurs dizaines de salariés tiennent un piquet de grève nec plus ultra. Un grand écran et une sono pour être connectés avec leurs homologues d’autres sites dans le pays qui sont en mouvement également, un chapiteau pour se protéger du mistral et un barbecue qui tourne à plein régime…

    Voilà depuis jeudi dernier qu’ils ont débuté une grève, reconduite très largement jusqu’à jeudi prochain sur le site lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée à midi. « On demande la réouverture des NAO [négociations annuelles obligatoires] et une vraie hausse de salaire, de 160 euros sur le salaire de base pour tout le monde ! », résume Rémi Thuaire, délégué syndical du site, salarié posté polyvalent dans le secteur amination qui fait les 3×8.

    Ce dernier ne cache pas son énervement quant au déroulement des NAO : « La direction prévoit une hausse générale de seulement 1,2%, c’est méprisant quand on connaît les finances du groupe. Et avec un talon (augmentation minimale) de 35 euros bruts, c’est le plus bas depuis 2002 ! » Son organisation syndicale met en avant le fait qu’Arkema aurait bénéficié de plus d’une dizaine de millions d’euros d’exonérations de cotisations sociales cette année.

    Une proposition jugée « correcte » par la direction

    « La situation financière du groupe est très saine, les propositions pour les salaires sont très faibles. Et on nous annonce des dividendes d’un très bon niveau. L’action est à 8% de rendement… », explique Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT Arkema Marseille. Avant de s’indigner : « On va distribuer 100% de notre résultat net après impôts, notre bénéfice, à nos actionnaires ! ». Concrètement, la CGT revendique 160 euros d’augmentation pour tous et espère bien que la direction « revienne à la raison ». Philippe Gomez, directeur du site explique que l’entreprise a regardé « deux paramètres » pour justifier cette proposition de hausse d’1,2%, qui est jugée « correcte » : « L’inflation et les résultats du groupe, en deçà de ce qui était prévu ». Il prend pour exemple « l’action du groupe en baisse cette année ». Avant de noter « qu’un retour à la table des négociations n’est pas prévu à ce jour ».

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.