Category: accueil-merge

  • [Entretien] Dorian Royère, Collectif France de jeu provençal : « On est vraiment sur la passion et la convivialité »

    [Entretien] Dorian Royère, Collectif France de jeu provençal : « On est vraiment sur la passion et la convivialité »

    La Marseillaise : Comment est-ce que vous êtes venu au Jeu Provençal ?

    Dorian Royère : C’est une passion que mon père m’a fait découvrir tout petit. En jeune, j’ai joué beaucoup à la pétanque parce qu’il n’y avait pas de compétition au jeu provençal mais une fois que j’ai eu l’âge je m’y suis mis, j’y ai pris goût de suite et j’ai arrêté la pétanque pour m’y consacrer totalement. J’ai vite adhéré au jeu et à l’ambiance très conviviale.

    Pourquoi êtes-vous passé de la pétanque au jeu provençal ?

    D.R. : C’est une question de plaisir personnel que ce soit au point ou au tir, et même à regarder. La pétanque, c’est plus compliqué aussi, dès qu’on ne joue pas trop bien, on ne s’en sort pas. Alors qu’à la longue, c’est différent, une boule peut changer complètement la mène et la partie. Je trouve ça très intéressant. On n’a jamais perdu, on n’a jamais gagné.

    Ce sont vraiment deux disciplines différentes ?

    D.R. : C’est quand même très similaire parce que les règles et les boules, sont les mêmes. Après, oui, il y a quand même quelques différences par rapport à la distance, aux règles pour pointer où il faut faire un pas, pour tirer avec il y a les trois pas. Après les parties durent plus longtemps, il faut de la patience et de la concentration. C’est vraiment un sport où tout se passe dans la tête.

    Il y a de moins en moins de jeunes qui jouent aux boules et ceux qui le font, jouent à pétanque.

    D.R. : C’est plus médiatisé, il y a un championnat d’Europe, un championnat du monde, il y a une vraie finalité. Le jeu provençal manque de cela. Peut-être que l’équipe de France qui a été créée, va donner envie à plus de jeunes de l’intégrer avec aussi un championnat d’Europe qui se met en place. Après, il y a surtout peu de concours et un vrai déficit de médiatisation pour donner envie aux jeunes de se montrer. On est vraiment sur la passion et la convivialité.

    Ce championnat d’Europe attendu d’ici 2027 est important ?

    D.R. : La fédération met en place des moyens pour donner aux autres nations l’envie de se développer et d’y participer. Il y a eu une rencontre à l’automne dernier avec la Bulgarie et l’Arménie.

    En France déjà, ça ne se joue quasiment que dans le Sud-Est.

    D.R. : Oui et il y a aussi cette volonté de développement dans la France entière. Il y a quand même un peu des concours qui se font dans le Sud-Ouest et aussi dans le centre, où justement, le collectif France est envoyé pour participer.

  • Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Apprendre à construire un four solaire, à utiliser une imprimante 3D ou encore à faire de la soudure : l’atelier partagé la Fabrique & Co donne accès aux habitants de Forcalquier et de ses alentours à des outils, des machines, des stages et des formations de bricolage en tout genre. L’atelier est né avec l’idée de « rendre le bricolage moins genré » et que « même des gens qui n’ont jamais fait de bricolage, qui ne sont pas à l’aise avec les outils, puissent ici trouver l’accompagnement qu’il faut », explique Frédéric Hafner, l’un de ses fondateurs. Les cinq thèmes développés par l’association sont le bois, le métal, le numérique, la mécanique et le vélo.

    Aménager

    son camping-car

    Cinq bénévoles tiennent l’association : Aurélie pour la menuiserie, Jean-Michel Grès – qui était candidat DVG aux municipales – pour le métal, Philippe pour le numérique, Sylvain pour le bois et le 3D, et Frédéric Hafner pour le vélo.

    La Fabrique & Co organise également des journées thématiques, comme par exemple pour apprendre à aménager son camping-car avec un lit et des meubles.

    L’adhésion annuelle coûte 50 euros, et la mensuelle 20 euros. Pour louer l’atelier pendant cinq heures, il faut compter 15 euros ; et pour une demi-journée de stage, 20 euros.

    En tant que tiers lieu, l’atelier a été subventionné par l’Europe au travers du programme LEADER. Un chantier participatif a été mis en place pour aménager le local vide, situé dans la zone d’activité de Forcalquier, en 2024.

    L’association compte déjà 80 adhérents. Elle fera une journée portes ouvertes le 5 septembre, pendant la fête des associations de Forcalquier.

    51 rue des Ateliers, Forcalquier.

  • Le Parc du Plan, joyau naturel au cœur de la Garde et du Pradet

    Le Parc du Plan, joyau naturel au cœur de la Garde et du Pradet

    Les incendies qui ont meurtri le département du Var ont heureusement épargné un des joyaux du territoire : le Parc naturel départemental du Plan. Rouverts au public depuis la fin du mois de juillet, les 135 hectares d’espace naturel en pleine zone urbaine sont autant d’invitations à la découverte.

    25 millions investis

    Gérée par le Département via la Maison de la nature du Plan à la Garde, la plaine du Plan est l’une des dernières zones humides côtières de Méditerranée, abritant une biodiversité remarquable. « Elle s’inonde annuellement de façon plus ou moins importante, jouant également le rôle de bassin de rétention “naturel », explique le Département.

    Historiquement, « cet espace a longtemps été consacré à l’agriculture. Avec le déclin de cette activité, à partir du début du XIXe siècle, une forêt de frênes ainsi que d’autres types d’activités ont remplacé les parcelles sur une partie du site », rappellent les services départementaux. Il y a désormais 34 ans, la collectivité locale a procédé à des acquisitions de terrains « dans le but de protéger durablement la zone humide, ses fonctions et ses richesses ». Le Département a investi 25 millions d’euros au total entre achat de terrains et des travaux d’une durée de quatre ans. L’Union Européenne et l’Agence de l’eau ont assuré une participation financière respective de 1,24 million et 3, 26 millions d’euros. Le résultat est là. La Maison de la nature propose de nombreuses animations et ateliers. À découvrir également, l’exposition photo intitulée « Var Éternel, des paysages façonnés par le temps » de Jean Belvisi. Avant de programmer une visite la Maison de la nature le Parc conseille de se renseigner sur l’accès au site.

    Car si le feu a épargné le site, le risque incendie est toujours présent. L’extrême prudence est de mise.

    Pour savoir si le site est accessible infos quotidiennes sur le site :

    risque-prevention-incendie.fr/var et cliquez sur la zone « corniche des Maures ».

    Maison de la nature du Plan à La Garde.

    Renseignements : 04.83.95.51.60 ou mdnplan@var.fr

  • L’Atlético de Madrid pour finir la préparation de l’OM

    L’Atlético de Madrid pour finir la préparation de l’OM

    Après l’Athletic Bilbao, l’OM enchaîne sur un dernier match de préparation.

    Cette fois, c’est l’Atlético de Madrid qui va s’opposer aux hommes de Bruno Genesio. Un duel qui rappellera la dernière finale européenne jouée, et perdue par les Marseillais, face aux Colchoneros. Dans le fief de Lyon, le 16 mai 2018, alors entraînés par Rudi Garcia, ils avaient été balayés par la bande à Antoine Griezmann (0 – 3).

    Depuis, les Madrilènes ont su rester au sommet, aussi bien dans leur championnat qu’en Europe. Et si Antoine Griezmann n’est plus là, d’autres Français ont pris le relais. Notamment Robin Le Normand, qui a opté pour la nationalité espagnole afin de jouer pour la Roja.

    Ce match sera l’occasion pour Bruno Genesio d’effectuer une dernière revue d’effectif. À une semaine de la réception de Strasbourg, en ouverture de la Ligue 1 le vendredi 21 août (20h45), l’entraîneur phocéen pourra faire passer un test important à son groupe. « Nous allons affronter une des meilleures équipes européennes, avec à sa tête un des meilleurs entraîneurs du monde » prévient-il.

    Contrairement à ses prédécesseurs sur le banc olympien, Diego Simeone a eu le temps de travailler et mettre en place un schéma jeu sur le long terme. L’Argentin est en poste depuis 2011. De quoi faire rêver la plupart des stratèges de Ligue 1.

    Pas le onze type

    L’OM abordera ce dernier match de préparation en étant rassuré sportivement. La dernière prestation, face à l’Athletic Bilbao, a montré un groupe solide et appliqué. Un groupe qui a visiblement compris les attentes de Bruno Genesio. Mais un groupe qui pourrait encore changer de visage, car le mercato est toujours ouvert et que des changements sont encore en préparation.

    C’est pourquoi, le onze qui débutera ce vendredi en fin d’après-midi, n’est pas à considérer comme étant le onze titulaire dans la tête de Bruno Genesio. Il pourrait l’être, si d’ici le 21 août, personne ne devait partir. Avec néanmoins la certitude que Quinten Timber ne prendra pas part au duel contre les Alsaciens.

    Le Néerlandais purgera un match de suspension, reliquat de la saison dernière. Tout comme le Virage sud sera partiellement fermé. Quant au remplissage du Vélodrome pour la réception de l’Atlético de Madrid, là encore, l’OM sera loin du match à guichets fermés. Une billetterie sera opérationnelle vendredi. En prime, des tarifs promotionnels seront proposés pour les retardataires.

    OM – Atlético

    Vendredi 14 août, stade Vélodrome 17h30.

    OM : de Lange – Weah, Balerdi, Cornelius, Emerson – Højbjerg, Gomes, Timber – Harit, Gouiri, Paixão.

    Atlético : Oblak – Domínguez, Le Normand, Hancko, Martínez – Vargas, Koke, Hjulmand – Mendoza, Martín, Lookman.

  • Provence Rugby prend des premiers repères solides face à Nice

    Provence Rugby prend des premiers repères solides face à Nice

    C’était il y a deux mois, quasiment jour pour jour, Provence Rugby manquait l’opportunité de monter en Top 14 à l’issue d’un match frustrant face à Perpignan. Ce 13 août, les Aixois retrouvaient leur antre de Maurice-David pour une première rencontre amicale. Nissa Rugby, fraîchement promu en Pro D2, a fait le déplacement dans les Bouches-du-Rhône et s’est nettement incliné (42-19).

    Trente joueurs étaient sur la feuille de match, ce jeudi soir. L’occasion de découvrir les recrues – elles étaient six au coup d’envoi – et de faire tourner pour permettre à l’effectif de tâter le terrain, à deux semaines de la reprise du championnat. Les Niçois n’ont pas vu le jour en première période avec cinq essais concédés, deux cartons jaunes et presque aucun ballon dans les 22 mètres provençaux. Un calvaire, sous une forte chaleur (35-0 à la pause).

    Philippe Saint-André a ensuite fait jouer dix Espoirs en fin de partie, les innombrables changements ont rendu la seconde mi-temps plus terne mais le manager était heureux de ce premier rendez-vous.

    Sous les yeux de Victor Wembanyama

    « La première mi-temps a été sérieuse, avec 2 ou 3 pénalités concédées. On a été impliqués. On a l’impression d’être mieux en place qu’à la même époque, la saison dernière. » Transfuge de Grenoble, Thibaut Martel a aussi aimé le fait que les joueurs « se trouvaient bien sur le terrain, avec déjà des automatismes. » La partie s’est déroulée sous le regard de la star du basket français et mondial, Victor Wembanyama, qui va s’entraîner toute la semaine auprès des rugbymen de Provence.

  • Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Un document de 12 pages qui met le feu aux poudres. Après l’émoi déclenché par la mort de Lyhanna, 11 ans, le 4 juin dans le Gers et la mise en examen, pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans, de Jérôme Barella, principal suspect, le ministre de la Justice a transmis un courrier à son homologue de l’Intérieur. Daté du 29 juillet, révélé par Le Monde, il pointe des dysfonctionnements « d’ordre structurel », qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain. » Est également évoqué un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

    De quoi agacer singulièrement les syndicats de policiers. Dans un long communiqué en date du 11 août, la CGT Intérieur réplique en alignant les chiffres issus de ce même document : « 85 047 plaintes en attente, six policiers pour 4 000 dossiers au Mans, 257 millions pour un logiciel qui n’existe pas. » « Le résultat de décisions politiques identifiables, prises en connaissance de cause » assène-t-elle. Pour elle, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur durant 4 ans, « découvre son propre bilan. »

    Tout sur le bureau du ministère depuis 3 ans

    Et « oublie que par sa réforme néfaste, il a démantelé les filières d’investigation (…) et appauvri la police nationale et la gendarmerie dans leur dimension judiciaire ».

    Sur le chiffre édifiant des plaintes en rade, « certaines n’ont jamais quitté le commissariat. D’autres ont été perdues. Rien de tout cela n’est un accident : chacun de ces manques a été provoqué, budget après budget, par des responsables qui savaient », balance la CGT. Et de citer « le rapport interinspections de juin 2023 sur l’engorgement de la chaîne pénale, celui de la Cour des comptes de mai 2023, le rapport d’évaluation des stocks recensant plus de trois millions de procédures non traitées et alertant expressément sur le sort des viols et agressions sexuelles sur mineurs », tous « sur le bureau du ministre de l’Intérieur de l’époque. »

    L’organisation syndicale est allée jusqu’à calculer le temps que les fonctionnaires de police pouvaient consacrer aux dossiers. Reprenant l’exemple du Mans, où six policiers du groupe de protection des familles se partagent plus de 4 000 cas, soit 667 procédures par agent. « Rapporté à la durée légale annuelle de travail -1 607 heures-, il reste deux heures et vingt-quatre minutes par dossier et par an », indique la CGT. Tandis qu’à Amiens, « où trois enquêteurs portent chacun plus de trois cents dossiers, on atteint cinq heures et vingt minutes », complète-t-elle.

    L’enquête, spécificité abandonnée

    Elle pointe également une date, 1995, où l’enquête a « cessé d’être un métier. » Le corps des enquêteurs dissous, « 16 000 inspecteurs de police rejoignent 2 200 officiers de paix » dans le nouveau corps des officiers.

    La CGT établit également une autre bascule, en 2024. Depuis, l’ordre public prime dans la gestion des troupes estime l’organisation syndicale. « Un dossier d’enfant ne fait pas de bruit. Une manifestation, si », commente-t-elle. Elle raconte aussi cet outil numérique daté et inepte, qui « perd des fichiers, découpe les procès-verbaux et impose des ressaisies redondantes des mêmes informations dans des logiciels qui ne se parlent pas. » Le projet « Scribe », lancé en 2016 pour le remplacer, est abandonné en 2021 puis relancé pour « 2028 au mieux » assure-t-elle.

    En conséquence, la CGT exige de « faire de l’enquête un métier », « donner aux enquêteurs un outil qui fonctionne » et « sortir l’enquête de l’arbitrage préfectoral. » Elle réclame aussi la présence des syndicats et des associations de victimes à la réunion prévue le 3 septembre entre les deux ministères.

  • Semaine halieutique à Martigues : le thon se fait rare

    Semaine halieutique à Martigues : le thon se fait rare

    Assises sur un banc à l’ombre de l’hôtel de ville, trois femmes attendent le retour de leurs compagnons. « Ils sont partis en bateau à 5h ce matin, et ne rentrent pas avant 18h. Il faut vraiment être passionné », souffle l’une d’elles. Cette année, ils sont près de 80 à s’être engagés au sein de 18 équipages pour participer à la Coupe régionale de pêche en haute mer, organisée sous l’égide de la Fédération française des pêcheurs en mer dans le cadre de la 21e Semaine halieutique de Martigues.

    Les compétiteurs ont jusqu’à ce samedi 15 août pour ferrer exclusivement le thon rouge. Cette année, la maille à respecter est d’1,6 m. « Tous les spécimens plus petits rapportent des points, mais ils doivent impérativement être relâchés », détaille Jacques Dauber en sortant du bateau podium, chargé de noter les coordonnées des positions de mouillage de chaque embarcation.

    L’impact de la pêche professionnelle

    Mercredi soir, après une première journée de pêche, les équipages ne ramènent aucun poisson à terre. Une bredouille symptomatique que les amateurs éprouvent depuis des années. « Il ne faut pas se mentir, la pêche va de moins en moins bien, reconnaît François D’Aime, un passionné de 84 ans. Avant il y avait des bestioles de 200/300 kg. Aujourd’hui c’est plus que
    rare.
     » La faute à la pêche professionnelle, selon Jacques Dauber. « Ils ont pris tout ce qu’ils pouvaient prendre, et ne laissent que les petits thons d’1,2 ou 1,3 mètre. Aujourd’hui, sur une trentaine de pités, le plus long fait 1,4 mètre. » Il y a quelques années, la maille était encore d’1,8 mètre. Aujourd’hui, même avec 20 centimètres de moins, les pêcheurs ont du mal à revenir avec le bateau plein. Pas question, pour autant, de la revoir à la baisse. « On est là pour ramener du poisson de sport, pas des échantillons », lâche Jacques Dauber, qui s’agace : « La Méditerranée est poissonneuse, mais elle est surpêchée et surpolluée. Selon certaines études, si on continue au rythme actuel, le poids du plastique présent dans les océans surpassera le poids des poissons d’ici 2050. Il faut qu’on se réveille ».

    Du côté des amateurs, la situation n’est pas toute rose non plus. « Les pêcheurs vieillissent, constate le retraité. On a bien des fils et petits-fils qui s’y mettent par tradition familiale, et puis on est dans une commune de pêche, mais ça coûte de plus en plus cher. Tout augmente : les sardines, le prix des places au port, le gasoil… »

    Mais pas de place au découragement lors de cette Semaine halieutique. Au contraire ! Le Martégal se réjouit : « On se retrouve au bord de l’eau, entre amis qui partagent une même passion. C’est convivial ! » Ce vendredi soir, le Club nautique organise une thonade sur les tables disposées près du quai d’honneur. Samedi soir, une paella est au menu.

    Tarifs : 19 euros par adulte et 10 euros par enfant (4 à 11 ans). Billets en vente à l’Office
    de Tourisme de Martigues.

  • Pétanque et longue, ces deux passions provençales

    Pétanque et longue, ces deux passions provençales

    Voilà un rendez-vous pour les amateurs. « On voulait mettre à l’honneur le passé bouliste de notre ville. Port-de-Bouc a compté jusqu’à sept clubs pour 16 000 habitants, chaque quartier avait le sien », note Dweezil Lankar de l’Office de tourisme. « J’ai débuté à Port-de-Bouc au jeu provençal dans les années 85/86 », se rappelle Maryan Barthelemy, le directeur des événements du journal La Marseillaise, organisateur du Mondial La Marseillaise.

    « Il y avait tous les soirs de mars à juin, ce qu’on appelait un brassard rente : une ou deux parties par soir, tu gagnais tu continuais et celui qui gagnait le vendredi défendait son titre en finale le vendredi d’après. Ça existait ailleurs mais c’était très port-de-boucain. À l’époque, gagner ici, au jeu provençal ou à la pétanque, même sur des départementaux ou des régionaux, était un exploit. Port-de-Bouc était un fief des boules. »

    « Durant l’été, dans les années 70/80, chaque semaine à tour de rôle un club organisait son concours à la Mérindole. Les gens venaient de toute la région », reprend Dweezil Lankar. « Il y avait cette grande fête tout l’été et nous on jouait dans la pinède, c’était phénoménal », abonde Maryan Barthelemy. Le nouvel homme fort du Mondial sera avec le Gardois Vincent Meger, historien et « bible » du jeu provençal, un des « conférenciers » du jour sur le boulodrome Charles Scarpelli de la Boule Modérée. Au menu : origine et naissance des deux disciplines, évolution des règles, pratiques des féminines et des jeunes, mais aussi des pistes de développement et des projets d’avenir pour les deux disciplines sœurs qui ont connu des trajectoires différentes.

    « Peut-être que la fédération n’a pas traité le jeu provençal comme la pétanque », note Maryan Barthelemy, vainqueur du Provençal en 1994, champion du monde juniors à pétanque et finaliste de La Marseillaise 1988. « Mais bon on est aussi entré dans un monde de consommation. La pétanque est un jeu rapide, facilement accessible alors que le jeu provençal demande plus de capacité, il est plus lent. Il faut que la fédé se penche sur son avenir. » « C’est sûr que le jeu provençal est en train de décliner et qu’il va falloir au niveau de la fédé se demander ce qu’on veut faire du jeu provençal. Il faut des états généraux », reprend Vincent Meger.

    « On l’oublie et la fédération aussi, mais dans “jeu provençal“, il y a jeu : ce n’est pas le sport que ça vise à devenir et obliger à jouer en tenue sportive, ce n’est plus l’esprit. Et puis il y a cet aspect régionaliste avec peu de sports comme ça en France : la course camarguaise, la pelote basque », souligne encore celui qui anime la page Étoiles du jeu provençal et se place dans une démarche constructive. « Il ne s’agit pas d’opposer pétanque et jeu provençal. Des champions réussissent d’ailleurs bien aux deux. Matraglia était excellent au Provençal et devient un monstre de la pétanque », justifie le Gardois désormais responsable de la commission jeu provençal au sein du comité du Gard. Des garçons comme Philippe Stievenart, Henri Lacroix, Jean-Pierre Ferret ou Mohamed Benmostefa, finaliste de La Marseillaise et deux fois vainqueur Provençal, en sont une illustration. « Les grands joueurs du passé étaient bons aux deux, c’étaient des joueurs complets », rappelle Vincent Meger.

    Pistes de réflexions

    Lui qui a écrit une biographie de René Macari (Une passion nîmoise) en 2015, une des figures charismatiques de la légende du sport bouliste, qui appuie un autre aspect de la culture provençale : la parole, « la galéjade » : « Comme on disait, les boules, c’est un humanisme. Aujourd’hui, c’est plus aseptisé. Henri Lafleur pouvait mettre dix minutes pour jouer une boule. Ce n’est plus possible désormais. Mais il y avait du monde. Aujourd’hui, il n’y a plus grand monde ». S’il voit dans la création par la Fédération d’un groupe France, une avancée en matière de « représentation », il pose d’autres pistes de développement appréciant par exemple la création en 2027 d’un championnat de France mixte pour le développement chez les féminines. Claire Gaudillere, responsable de la commission Jeu provençal à la FFPJP, qui a poussé pour que ce championnat, voir le jour, sera d’ailleurs là pour s’en expliquer.

    Vincent Meger lorgne aussi vers les jeunes et louant le travail, « l’exemple à suivre » selon lui, entrepris dans le Var dans les écoles de pétanque. Ce 14 août à Port-de-Bouc, Dorian Royère, le plus jeune (19 ans) membre de l’équipe de France sera là pour partager son point de vue avec d’autres jeunes champions attendus pour une démonstration.

    La conférence ce vendredi 14 août au boulodrome Scarpelli (18h). Expo et apéritif provençal ponctueront la soirée. Réservation : 04.42.06.27.28.

    « Les grands joueurs du passé étaient bons à la pétanque et au jeu provençal, C’était des joueurs complets »

  • Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    L’opération débute en gare de Carry-le-Rouet, à une heure de forte fréquentation, 19h, ce mercredi, en fin de journée. « La mission est triple, d’une part, on montre la présence des forces de l’ordre dans les gares, ça permet de rassurer, ça permet de ramener de la tranquillité », explique Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, « la deuxième, cela permet de faire des contrôles d’identité, de pouvoir regarder si on a des personnes recherchées. Et troisième chose, ça permet aussi de lutter contre l’usage des stupéfiants », détaille-t-elle.

    Sur le quai, le commandant Jean Yves Curci briefe les hommes qui sont aujourd’hui sous son commandement. Le déroulé est le suivant : Départ de la gare de Carry-le-Rouet direction Niolon en train à 18h35. Durant le voyage, les gendarmes en profitent pour sillonner les wagons avec Scooby, le chien renifleur, en quête de stupéfiants. Une fois à Niolon, « on fera le contrôle uniquement sur les trains à quai, ça va nécessiter une organisation assez particulière, avec des rôles bien définis, et une ambiance “vitesse” sur la recherche de stupéfiants à l’intérieur du train », poursuit le commandant. Action.

    Une dizaine d’hommes et femmes de la gendarmerie embarquent à bord du train, avant de l’arpenter jusqu’à l’autre extrémité. Le reste attend que les premiers suspects leur soient amenés pour les fouiller, et dresser, s’il le faut, les premières amendes. Déjà dans le premier wagon, le chien marque, il a senti quelque chose… « Bonjour Monsieur, c’est à vous ce sac à dos ? » demande un gendarme. L’homme d’une quarantaine d’années dans le couloir acquiesce. « Je vais vous demander de venir avec nous on va le fouiller pour voir si vous ne transportez rien d’illégal ou de dangereux » poursuit le gendarme. S’ensuit le contrôle, le suspect sera finalement relâché, faute d’avoir trouvé du produit sur lui.

    Dans le train suivant, un jeune homme qui revenait de la plage avec ses amis est arrêté : Il a en sa possession quelques grammes de résine, ce qui lui vaudra d’écoper d’une amende de 200 euros. Il pourra tout de même repartir à l’issue du contrôle. Les passagers regardent l’opération se dérouler, et Scooby travailler : « il ne fait que passer, on s’est surtout demandé si il y avait quelqu’un de dangereux ou recherché à bord du train », racontent Marc et Severine, de retour de la plage avec leur bébé.

    « Une personne sur 11

    en possession de stups »

    La volonté de la préfecture de police est d’accentuer la répression sur les consommateurs, sur la base d’un raisonnement simple, comme l’explique la préfète : « S’il n’y a plus de consommateurs il n’y a plus de trafic. C’est pour ça que nous renforçons les contrôles toute l’année mais surtout au cours de la période estivale pendant laquelle la région est davantage peuplée ».

    Afin de mieux comprendre l’ampleur que prend la consommation de stupéfiants, la préfète donne un chiffre : « Une personne sur 11 est en possession de stupéfiants ». Et de poursuivre : « on s’aperçoit que les personnes qui portent sur elles des produits stupéfiants, sont de toutes les classes d’âge et de toutes les classes sociales aussi », observe-t-elle. Au bilan de la soirée : quatre trains ont été contrôlés et neuf amendes forfaitaires délictuelles pour détention de stupéfiants ont été délivrées.

  • Le « rendez-vous des quais », toute une histoire racontée par Claude Martino

    Le « rendez-vous des quais », toute une histoire racontée par Claude Martino

    Plume de La Marseillaise où il a été responsable de la chronique cinéma durant près de 35 ans, Claude Martino propose une édition « revue et augmentée » de son livre sur Le rendez-vous des quais, un « film et ses histoires », truffé de témoignages et documents inédits.

    Savamment décortiquée et contextualisée, cette œuvre majeure, reconnue comme le chaînon manquant entre néoréalisme et Nouvelle vague rappelle l’auteur, c’est aussi l’histoire d’un homme, Paul Carpita, dont Claude Martino fut l’ami. Un instituteur marseillais communiste, militant, qui n’a pas hésité à dégainer clandestinement la caméra sur le port de Marseille, sous prétexte d’un documentaire sur la brandade de morue, pour filmer une grève des dockers contre la guerre d’Indochine.

    Ce réalisateur « amateur » sera aussi méprisé par une intelligentsia dont on sait juste qu’elle est parisienne, rappelle l’auteur. Meurtri, Paul Carpita n’aura eu de cesse de chercher les bobines saisies lors d’une projection en 1955, après censure de l’État. Il faudra attendre 1990 pour que le film soit de retour dans les salles.

    L’histoire dans l’Histoire

    Le rendez-vous des quais, c’est aussi l’histoire dans l’Histoire. Un temps où, comme aujourd’hui, il ne fait pas bon défendre la culture de paix en France, où la direction du PCF, pourtant soutien de la première heure du réalisateur, ne tenait pas non plus à ce qu’on montre « des jaunes » reprendre le travail. Dans les annexes de son ouvrage, Claude Martino propose à ce titre une chronologie qui replace le long-métrage dans son époque.

    Avec son « rendez-vous », Paul Carpita donne aussi à voir le quotidien des « petites gens » explique-t-il. Une vie dure mais où les protagonistes misent sur la solidarité, n’hésitant pas à entrer dans un conflit aux lourdes conséquences pour leurs familles. La réalité sociale, l’engagement mais aussi la poésie qui jalonneront les courts et longs-métrages du réalisateur qui n’a cessé de tourner jusqu’à son dernier souffle.

    « Le rendez-vous des quais,
    un film et ses histoires »,
    de Claude Martino.

    Éditions L’Harmattan,
    22
     euros, dans toutes les bonnes librairies.