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  • Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Malgré les remous, les marins grévistes de la Corsica Linea tiennent la barre et ont poursuivi leur mouvement social. « On a reconduit, ce vendredi matin, la grève à l’unanimité car on est toujours en attente de réponses de la part de nos dirigeants », tempête Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    Toujours au cœur du conflit : l’affrètement du navire Massalia, détenu par La Méridionale, sur des lignes de la Corsica Linea, en lieu et place d’un autre navire de cette dernière. « Ils mettent un bateau de La Méridionale pour supprimer les emplois de la Corsica Linea ! », résume et s’insurge Frédéric Alpozzo, également délégué CGT chez Corsica Linea. Pour rappel, voilà plusieurs jours que les marins de la CGT Corsica Linea, avec leurs homologues du Syndicat des travailleurs corses (STC), étaient en grève et perturbaient les traversées entre Marseille et la Corse. Le port de Bastia était même bloqué une partie de la journée de vendredi.

    Car même si la grève a été reconduite, des discussions « encourageantes » ont eu lieu jeudi soir. « On a eu des échanges avec notre direction et la CMA CGM [propriétaire de La Méridionale, Ndlr]. On a demandé que des discussions se rouvrent entre les deux compagnies et que dans l’intervalle, elles suspendent l’affrètement du Massalia », explique Frédéric Alpozzo. Avant de développer la position de la CGT : « On a proposé une solution : suspendre l’affrètement, le Massalia peut ainsi continuer son activité, le personnel est conservé dans les deux compagnies. » La direction de Corsica Linea a notamment proposé un décalage de l’affrètement du Massalia en janvier.

    « Ava Basta ! »

    De son côté, La Méridionale se disait même « arrangeante » pour trouver une porte de sortie. Un début d’avancée certes, mais qui demandait des engagements concrets. Frédéric Alpozzo reste ferme : « C’est à Corsica Linea de suspendre cet affrètement. »

    Justement, le consortium corse CM Holding, à la tête de Corsica Linea, s’est fendu, vendredi après-midi, d’un communiqué à l’intitulé sans équivoque : « Ava Basta ! [Ça suffit en français, Ndlr] ». « Rien ne justifie cette grève. Le dialogue a été tenté. Il se heurte aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale », juge le consortium. Avant d’assurer que l’affrètement du Massalia est « un projet de réorganisation de notre flotte, qui n’implique aucune suppression de CDI ».

    Notons qu’entre-temps, le STC a décidé de lever son blocage du port de Bastia, annonçant avoir obtenu un protocole d’accord de sortie de grève avec la direction. D’autant que le consortium menace à demi-mot de se retirer de la compagnie : « Les actionnaires ont décidé d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea. Cet engagement n’est pas inconditionnel. » Plus que ça, les actionnaires expliquent qu’une nouvelle stratégie risque d’être mise en place : « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale décidée par le Consortium. »

    Quoi qu’il en soit, une nouvelle assemblée générale de la CGT des marins de Marseille est prévue, ce samedi matin.

  • Pour sa rentrée, Marc Pena déjà tourné vers 2027

    Pour sa rentrée, Marc Pena déjà tourné vers 2027

    À l’aube de l’examen du dernier budget du mandat, c’est à Septèmes-les-Vallons que le député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, Marc Pena, a tenu à faire sa rentrée politique, « une ville qui vote toujours à gauche aux municipales, et j’entends qu’elle vote à gauche à d’autres élections », justifiait-il dans un sourire.

    Dans cette rentrée marquée par les mobilisations sociales, il appelle le gouvernement à entendre la colère des lycéens, « plutôt que d’y répondre par la répression ». « Lorsqu’ils réclament des professeurs, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent rien faire du matin au soir ! » ironise-t-il. S’il condamne les violences, il souligne que ces jeunes mobilisés « ont une conscience aiguë que leurs parents triment et ne trouvent pas toujours de quoi subvenir aux besoins de leur famille ».

    Cette rentrée politique est aussi l’occasion pour lui de jouer depuis Septèmes-les-Vallons le match retour du dernier conseil municipal aixois. « Madame Joissains n’est pas toujours calme », ironise-t-il. Tandis que la maire (UDI) d’Aix disait être prête à quitter la Métropole, le député réplique : « Oui, il faut réformer la Métropole, mais il ne faut pas la défaire à tout prix ».

    Saluant la victoire de la gauche unie aux sénatoriales, disant sa fierté de la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, il alerte sur le budget dont l’examen va commencer, « une véritable provocation ». « Pour l’instant, nous n’allons pas transiger sur les lignes rouges, annonce-t-il. Si ce sont les classes populaires, les classes moyennes qui portent l’essentiel de l’effort pour le pays, ce sera sans nous ! »

    Défendre l’union

    Mais surtout, il a le regard tourné vers les échéances de 2027, face à la menace de l’extrême droite. « Les propos de Jordan Bardella, même s’ils ont dix ans, sont les propos qui structurent le RN depuis sa construction », attaque-t-il. Certain que les anciens ministres macronistes seront sanctionnés par les électeurs, lui qui s’affichait auprès d’Olivier Faure à Marseille assure qu’il peut « y avoir une gauche républicaine, sociale, parlementaire, responsable tout en étant sur ses fondamentaux extrêmement exigeante qui peut encore séduire ».

    Il l’assure, il reste « un défenseur continu de l’union de la gauche », celle de la gauche qui lui « est chère », dans laquelle il ne cite pas les insoumis. « Ce qui se joue devant nous est bien plus important que nos différences », l’appuie l’adjoint PS marseillais Yannick Ohanessian. « C’est à nous, les militants de base, de faire remonter les choses pour qu’au plus haut on ait les conditions de créer une véritable union », défend aussi le maire (PCF) de Septèmes, André Molino. « Jamais on n’aurait pensé que cette circonscription soit à gauche, reconnaît de son côté Marc Pena, au moment d’aborder les législatives. Je suis persuadé qu’elle peut le rester et que l’on sera au rendez-vous. » Comme une annonce de candidature.

  • Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné un propriétaire à démolir partiellement sa villa. Le jugement fait primer le cahier des charges du lotissement du Roucas Plage, avenue des Alpilles, 8e, à Marseille. Ses règles internes à valeur contractuelle sont plus restrictives que le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

    Le propriétaire, Romain Teboul, défendu par Me Olivier Burthez-Doucede, devra supprimer le troisième niveau de la villa située dans le périmètre protégé des balcons remarquables du Roucas blanc et de la colline de la Garde. Comme le demandait l’association syndicale autorisée (ASA) du Roucas Plage, défendue par Me Alain Xoual, il devra ramener les surfaces de plancher créées de 226,5m2 à 150m2. Il devra replanter les six arbres de haute tige abattus et végétaliser en pleine terre au moins la moitié de la surface du terrain. Pour s’assurer de sa bonne exécution, le jugement du 14 septembre rendu par la 3e chambre civile prononce une astreinte de 300 euros par jour de retard passé le délai de 10 mois. L’exécution provisoire n’est toutefois pas prononcée.

    Un permis modificatif surprise

    Les juges ont pleinement appliqué le règlement du lotissement en considérant que les colotis ont entendu « de façon non équivoque » donner une valeur contractuelle à ces règles « afin de préserver le cadre de vie au sein du lotissement en limitant la hauteur des constructions, en favorisant la végétalisation et en limitant la densité de construction dans des proportions supérieures à celles prévues par le plan local d’urbanisme ».

    Sa construction en 2023 avait suscité la colère de l’ASA du Roucas Plage et d’un collectif de résidents (La Marseillaise, du 13 juin 2023). La villa moderne a été bâtie après démolition d’une maison provençale de deux niveaux. Le permis de construire accordé en juin 2022 autorisait une construction de 4 pièces pour 226,5m2, alors que la déclaration réceptionnée quelques jours plus tard en préfecture au titre du contrôle de légalité mentionnait 150m2, comme sur l’affichage… Puis cinq mois plus tard, un permis modificatif surprise, non transmis à l’ASA, autorisait une élévation à 9,8m, une surface de plancher de 226,5m2 et un niveau en sous-sol. L’affaire avait soulevé beaucoup d’interrogations sur le process d’instruction du dossier par le service de l’urbanisme.

    La construction doit être mise en conformité pour respecter le maximum de deux niveaux et de 7m de hauteur par rapport au sol naturel, une surface de plancher qui ne dépasse pas 33% de la surface du terrain et 50% de la surface du lot plantés de végétaux en pleine terre.

    Les juges ont retenu que Romain Teboul avait une « connaissance incontestable des règles applicables et son intention délibérée de ne pas les respecter en déposant une demande de permis modificatif sans en informer l’ASA du Roucas Plage ».

  • Jour de fête en vue à Marseille avec Comores-Sénégal

    Jour de fête en vue à Marseille avec Comores-Sénégal

    Sénégal-Comores, c’est un peu les retrouvailles en famille.

    Entre le pays de la côte ouest africaine, et l’archipel des îles de la Lune, les quelque 7 500 kilomètres séparant les deux nations n’empêchent pas des liens amicaux très forts. Et se retrouver pour une rencontre amicale à Marseille, où les communautés comoriennes et sénégalaises occupent une place de choix, c’est un peu comme si les Cœlacanthes et les Lions de la Terranga jouaient à la maison.

    Ce face-à-face constituera la première confrontation officielle entre les deux nations. Sur le papier, elle s’annonce déséquilibrée, entre un Sénégal habitué des grands rendez-vous, aussi bien en Coupe d’Afrique des Nations, dont ils sauront le 8 octobre si leur victoire face au Maroc est confirmée par le Tribunal arbitral du sport, qu’en Coupe du monde, et des Comores qui ne comptent que deux participations à une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations.

    Confirmer la dynamique

    Néanmoins, le temps d’un match, le passé va s’effacer. Ne comptera que le terrain. Et l’envie pour les acteurs de confirmer leur récent succès lors des éliminatoires de la prochaine CAN.

    Depuis leur élimination en seizième de finale de la dernière Coupe du monde par la Belgique (2-3 après prolongation), les Sénégalais ont changé de sélectionneur. Patrick Vieira est venu au chevet des Lions de la Teranga. Pour son premier match, son équipe a ramené un nul du Mozambique (1-1), avant d’aller s’imposer en Éthiopie
    (1-0). C’est donc un Sénégal qui retrouve petit à petit la confiance qui va se présenter sur la pelouse du Vélodrome.

    Côté Comores, les hommes de Hubert Velud restent sur deux victoires et une défaite en trois matches. Le dernier en date les a vus venir à bout de la Namibie (1-0), ce qui leur permet de rester dans la course à la qualification pour une troisième phase finale de Coupe d’Afrique des Nations.

    Pour la petite histoire, le tirage au sort fait que les Comores seront officiellement l’équipe recevante. Un petit symbole quand on sait qu’à Marseille vit la plus importante communauté comorienne hors de l’archipel. Ce sera l’occasion pour ces Marseillais de vivre un moment particulier.

    Côté sénégalais, ce sera l’opportunité pour les ex-Olympiens Pape Gueye, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr de retrouver le stade Vélodrome. Avec sans doute une titularisation pour les trois hommes.

    Match amical

    Dimanche, 15h, stade Vélodrome.

    COMORES : Pandor- Abdallah, Kari, Omari, Youssouf – Mohamed, Youssef, Bourhane – Hadji, Ali, Ahmed.

    Sélectionneur : Hubert Velud.

    SENEGAL: Y. Diouf – Mal. Sarr, Mendy, Mam. Sarr – E.H. Diouf, Camara, Gueye, Mbayé – I. Ndiaye, Diao, I. Sarr.

    Sélectionneur : Patrick Vieira.

  • La fille de Che Guevara en visite dans l’Hérault

    La fille de Che Guevara en visite dans l’Hérault

    Pour Béatrice Abella, il y a urgence. Selon la secrétaire du comité France Cuba Hérault, la plus grande île des Caraïbes traverse une période critique depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en 2025. « Quand le bloc de l’Est est tombé, les Cubains ont vécu ce qu’on appelle la « période spéciale », qui a été extrêmement difficile économiquement. Mais ça n’a jamais été comme aujourd’hui. Les États-Unis assument d’affamer le peuple pour qu’il se retourne contre le régime », explique Béatrice Abella.

    Afin de susciter un soutien au sein de la population française, les membres du comité France Cuba Hérault ont eu l’idée d’inviter Aleida Guevara pour une série de rencontres publiques. La fille du Che, âgée de 64 ans, est une infatigable ambassadrice de son pays. Dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad–Graines de solidarité », elle va parcourir le sud de la France tout au long de la première quinzaine du mois d’octobre. Elle s’exprimera dans l’Hérault, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et en Haute-Garonne.

    Une pétition lancée

    Le coup d’envoi sera donné à Béziers le samedi 3 octobre à 18h au théâtre de la Colonie espagnole. Après une conférence sur la crise que connaît son pays, Aleida Guevara échangera avec l’assistance. Dans la ville dirigée par le maire d’extrême droite Robert Ménard, le rendez-vous revêt une signification particulière. « Il était important que la parole d’Aleida Guevara soit entendue à Béziers. Ce n’est pas un hasard. Tout ce qui apporte des valeurs qui vont à l’encontre de ce que Robert Ménard défend, on le fait vivre avec plaisir », déclare Béatrice Abella, elle-même biterroise. Lundi 5 octobre, Aleida Guevara interviendra à Montpellier à 18h à l’espace Jacques 1er d’Aragon, à la suite de la projection du documentaire À l’assaut du ciel, Cuba ou la solidarité anti-impérialiste ! Cette production de l’association La Brèche revient sur l’événement internationaliste de la conférence de la Tricontinentale organisée à La Havane en 1966.

    L’objectif de ces interventions est de sensibiliser le public mais aussi d’encourager l’action. Les personnes intéressées peuvent se rapprocher du comité France Cuba Hérault pour contribuer à des opérations humanitaires. Il est aussi possible de soutenir une pétition postée sur la plateforme Change.org et intitulée « 64 ans de blocus contre Cuba. La France doit agir ». Fin septembre, près de 2 200 signatures avaient été recueillies. Le Comité souhaite remettre le document final au gouvernement français avant le vote prévu à l’Organisation des nations unies (ONU) sur l’embargo américain imposé à Cuba. Béatrice Abella espère que le projet « Graines de solidarité » favorisera également une mobilisation des décideurs au niveau local. À Montpellier, Aleida Guevera devrait recevoir un accueil officiel de la part d’élus. D’après Béatrice Abella, des échanges avec la ville de Montpellier et la Région Occitanie sont en cours afin de mettre en place une coopération cubano-française dans le domaine de la santé. Pédiatre de profession, Adeila Guevara est particulièrement attentive à ce sujet.

    * Le programme pouvant évoluer, le public peut se renseigner en écrivant à contact
    @francecubaherault.com

  • La Région accompagnerait le projet pour Fibre Excellence

    La Région accompagnerait le projet pour Fibre Excellence

    En Paca, la Région Sud ne s’est pas engagée financièrement, contrairement à la Région Occitanie, pour aider à redresser l’entreprise Fibre Excellence Provence, liquidée par le tribunal de commerce de Toulouse. « Ce n’est ni la même situation, ni le même format économique, ni les mêmes conditions et on ne sait même pas combien ça vaut, car le liquidateur ne nous a pas encore donné tous les documents », justifie Cyril Juglaret. Le président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud était cependant autour de la table avec Patrick Chauvin pour l’Agglo ACCM et Lucien Limousin, vice-président du Département, pour étudier le nouveau projet porté à Tarascon par les ex-salariés et l’UD CGT 13.

    Cette réunion « de suivi », qui fait suite à la liquidation de l’entreprise, au licenciement de ses 270 salariés, sans compter l’impact sur quelque 5 000 emplois induits dans la filière bois, avait été réclamée par le syndicat. Pour la Région, « la priorité serait évidemment d’essayer de retrouver une activité papetière ». Mais dans l’urgence, elle « ne peut pas se priver de chercher toutes les solutions pour garder une activité sur ses 35 ha inestimables ».

    Au-delà du papier

    Cette fois, le projet pique légèrement l’intérêt : « Il a évolué vers d’autres activités et pas uniquement l’industrie papetière, reconnaît Cyril Juglaret. On peut les accompagner, mais le projet économique leur appartient. » Un engagement qui reste a minima. Or, le temps presse et parallèlement, la Région « continue à prospecter pour la vente du site avec une trentaine de partenaires économiques mobilisés ».

  • La Foire de Marseille, un voyage pour les papilles

    La Foire de Marseille, un voyage pour les papilles

    Tatouages maoris sur les bras et chapeaux tressés vissés sur la tête, deux musiciens entonnent des airs polynésiens à l’aide d’une guitare et d’un cajon. À quelques mètres, des odeurs de lait de coco et des arômes acidulés s’échappent d’un food-truck. Lancé en 2015 par Teheiura, le candidat star de l’émission Koh-Lanta, le Manatoa (signifiant « l’esprit du guerrier » en tahitien) a fait escale à la Foire de Marseille pour proposer, entre autres, du thon mariné au jus de citron et du poulet sauté au lait de coco. « Le but, c’est de faire voyager la culture culinaire tahitienne en France », explique Teheiura en marchant pieds nus devant son stand. Flânant devant le camion-restaurant, Geneviève et Emmanuelle ne s’y arrêteront pas, elles ont déjà avalé un repas cubain et créole. Si ces deux retraitées viennent tous les ans à la Foire, c’est précisément pour « manger ce que l’on ne peut pas manger à la maison, des choses exotiques ».

    Sur un espace de 6 000m², 150 exposants de restauration sur place et à emporter sont présents au Parc Chanot, pour le plus grand bonheur des gourmands marseillais.

    Entrée gratuite

    samedi à partir de 19h

    Dans l’Esplanade 1, Mouna, vêtue d’un tablier en wax aux motifs colorés, s’affaire devant une marmite. Son stand, les Délices de Mouna, propose des spécialités sénégalaises : poulet yassa, thiéboudiène au poisson, mafé, bissap,… Pour cette restauratrice habituée des férias et festivals, venir à la Foire de Marseille est à chaque fois un plaisir : « Ici, la cuisine sénégalaise est bien accueillie parce que c’est une ville cosmopolite. »

    Côté terroir, les régions françaises ne sont pas en reste. Le bien nommé restaurant « La Normandie », présent à la Foire pour la 36e année consécutive, affiche ses diverses spécialités régionales sur sa carte. Ici, les saucisses pur porc ont été préparées par les moines trappistes de l’abbaye de Bricquebec. « Chez nous, ceux qui viennent manger, c’est plus des habitués qui viennent ici depuis une dizaine d’années », assure le restaurateur, Christophe Guérin. Arborant des chapeaux de lutin rouge, Patrice, 59 ans, et Isabelle, 57 ans, lorgnent devant les différentes échoppes des restaurateurs. Pour ces deux habitués venus ce matin du Castellet, « le plus difficile c’est de faire un choix qui satisfait les goûts du groupe ». Face à ce casse-tête, ils déplorent qu’il n’y ait « pas de chaises et tables en libre-service pour pouvoir se rejoindre après s’être restauré à différents stands ».

    Ce samedi 3 octobre, la Foire de Marseille consacrera une nouvelle soirée aux plaisirs culinaires. À partir de 19 heures, l’entrée sera gratuite. Une dernière occasion de parcourir les stands de restauration et de découvrir, avant la clôture lundi, des plats savoureux.

  • Claude Kupfer veut « préserver ce qui fait l’âme » du Camp des Milles

    Claude Kupfer veut « préserver ce qui fait l’âme » du Camp des Milles

    La Marseillaise : Comment votre parcours vous a-t-il conduit à la présidence de la Fondation du Camp des Milles ?

    Claude Kupfer : Je suis un enfant de la République. Après la [Seconde] Guerre, mes parents y ont été accueillis. Je suis né 10 ans après, j’ai fait mes études. Par la suite, je suis devenu préfet, c’est-à-dire un serviteur de l’État. C’est ce parcours qui m’a animé tout au long de ma carrière. L’OSE, que j’ai dirigé pendant trois ans, travaillait déjà sur la Mémoire. C’est une association dont les activités sont présentées au rez-de-chaussée du Camp des Milles, à travers une exposition. Par ce travail, j’ai ensuite rencontré Alain Chouraqui, avant de prendre des fonctions de trésorier. Ce poste est une suite logique. Il y a aussi une dimension personnelle, puisqu’en visitant pour la première fois le site mémoriel, j’ai découvert qu’un des deux premiers enfants de mon père, qui ont été déportés puis assassinés à Auschwitz, était passé par le Camp. Il y a une dimension encore plus intime dans tout cela.

    Dans quel état d’esprit prenez-vous ces fonctions ?

    C.K. : Celui de continuer l’œuvre entreprise. En rappelant que sans Alain Chouraqui, ce lieu n’existerait pas. C’est lui qui, pendant des années, s’est battu pour que ces murs ne deviennent pas un supermarché, ou autre. Il a consacré toute son énergie et son talent à déployer cette œuvre de mémoire et tous les vecteurs qui permettent de comprendre comment le racisme, l’antisémitisme, l’exclusion de l’autre peuvent conduire au pire. C’est cette orientation qui sera la mienne : combattre avec nos moyens. Nous ne sommes pas des acteurs politiques, nous offrons à la réflexion un socle fondé, scientifique, pluridisciplinaire, pour montrer comment les choses peuvent aboutir au pire et les raisons qui doivent nous amener à lutter, quelle qu’en soit la forme.

    La tâche est lourde, c’est une responsabilité immense, mais exigeante. Par les temps qui sont les nôtres, l’explosion des actes antisémites, les extrémismes identitaires, cette tendance au repli sur soi… On ne rester sans agir. C’est une tâche qui correspond aux valeurs que j’ai entendu incarner tout au long de ma vie.

    S’il y a une volonté de poursuivre le travail engagé, y a-t-il aussi celle d’apporter des nouveautés au site ?

    C.K. : Des projets, il y en a un grand nombre qui vont voir le jour. Ils étaient en gestation depuis des années. On va commencer les travaux de modification d’une nouvelle salle des Artistes, où seront présentées les œuvres de personnes qui ont été internées, réalisées pendant ou après leur période d’internement. On va accueillir, en mars 2027, l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste et à la lutte contre l’antisémitisme (IHRA). On est candidat à l’inscription sur la liste indicative du Patrimoine de l’Unesco. On a en projet – ce n’est pas encore bouclé – de mettre sur pied une exposition qui s’intitulera la « Fabrique de la démocratie », qu’on espère présenter au public, d’abord chez nous, d’ici la fin de l’année, avant de la rendre itinérante.

    Il y a un certain nombre de points sur lesquels j’aimerais mettre l’accent. On a ici un modèle unique, celui du parcours entre un volet historique, mémoriel, réflexif et éducation (VR). Je garde l’ambition de le faire partager par d’autres lieux dans le monde, le faire connaître et augmenter, si l’on peut, la fréquentation de ce lieu, peut-être en instaurant des moments de gratuités de visite en cette période de baisse pour le pouvoir d’achat. Montrer que ce lieu est un lieu de mémoire, d’avenir… Je voudrais aussi mettre l’accent sur la formation, en direction de la communauté éducative, des personnes qu’on dit en situation d’autorité. On a été lauréats d’un appel d’offres de l’Union européenne qui nous permet de former jusqu’à 19 000 personnes, et on attend les résultats d’un autre appel à projet au mois de novembre, qui va nous permettre de former à l’Histoire de la Shoah et les moyens de lutter contre l’antisémitisme. Nous souhaitons aussi renforcer et développer le mécénat auprès des entreprises. L’État et les collectivités territoriales sont à nos côtés, mais si l’on peut augmenter nos capacités à faire plus, nous le ferons. On va également digitaliser, rendre plus attrayant le schéma dans le volet réflexif. Globalement, je veux garder le cap, la trajectoire de ce qui fait l’âme de cette institution.

    Vous prenez les rênes dans un contexte particulier : élection présidentielle en préparation, montée des extrêmes… Comment poursuivre votre travail dans ces circonstances ?

    C.K. : Ici, il y a une formule que je fais mienne : on ne parle pas de l’actualité, on parle du présent. Je suis sidéré, d’une façon générale, de voir que l’antisémitisme soit encore une source de violence, verbale ou physique. Pour le reste, on est dans une période électorale, je considère que c’est une chance : on est dans un pays où les opinions s’expriment. En même temps, on voit bien que ce qui se passe montre que les fondements de la démocratie, par la mise en cause des institutions, la critique des élites, traduit un moment de bascule. Saisissons cette opportunité. Je parlais de l’exposition que nous espérons mettre sur pied sur la « Fabrique de la démocratie » : j’aime ce mot fabrique. C’est quelque chose qui nous appartient tous. Cette fabrique nous interpelle tous. J’espère pouvoir la diffuser. On ne prend pas parti, on éclaire. Aux citoyens, aux dirigeants et ceux qui le veulent ensuite de se saisir de ce que nous proposons, qui reposent sur des analyses scientifiques pluridisciplinaires, pour ensuite faire le choix qui leur appartient.

    Vous accueillerez l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) en 2027. Quels sont les enjeux de cet événement pour le site mémoriel ?

    C.K. : Que l’IHRA se réunisse dans ce lieu exceptionnel est une reconnaissance de la qualité de notre travail. C’est la première fois que ce congrès international se tiendra dans un lieu de mémoire. Que le Camp des Milles soit choisi est évidemment une reconnaissance et une exigence à poursuivre le travail qui est nôtre. Ça va représenter entre 300 et 400 personnes : diplomates, chercheurs…

    Parmi les dossiers dont vous héritez figure celui de l’inscription du site au patrimoine mondial de l’Unesco. Où en est-il ?

    C.K. : C’est un dossier lourd. Lorsque le ministre des Affaires étrangères est venu, il a rappelé son soutien. Nous avons rencontré, avec Alain Chouraqui, le responsable du ministre de la Culture, pour nous guider à travers ces démarches. On reste battants. Nous souhaiterions être inscrits sur la liste indicative [liste de sites qu’un pays envisage de proposer à l’inscription au patrimoine mondial, Ndlr.] au plus tard en janvier prochain, pour en faire la présentation auprès de l’IHRA.

    Un point sur lequel vous souhaitez insister ?

    C.K. : Celui de saluer les équipes de la Fondation, qui réalise un travail avec engagement, même si les sujets sont parfois graves, sérieux. Tous nos combats pour la démocratie sont de plus en plus nécessaires.

  • Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    C’est une opération d’intimidation », prévient Mohamed Bourras, délégué syndical CGT chez Carrefour – Supply chain qui faisait partie des 11 représentants du personnel (plus un salarié) envoyés par le groupe devant le tribunal mercredi 23 septembre. « C’est un message que la direction a voulu faire passer et qui ne s’adresse pas qu’aux salariés de Saint-Gilles mais à tous les salariés de Carrefour. Ce message est simple  : “Si vous vous mobilisez pour vos conditions de travail et vos salaires, la seule réponse sera les tribunaux”. Le dialogue social chez Carrefour passe par les tribunaux. D’ailleurs, nous, à Saint-Gilles, nous avons plus de 200 dossiers devant les conseillers prud’homaux. »

    Le 16 septembre, les salariés gardois ont en effet débuté un mouvement de grève pour réclamer « l’application d’un accord signé en 2007 sur l’harmonisation de l’intéressement à la productivité qui doit atteindre 25% du salaire de référence ». L’intersyndicale reproche à Carrefour de ne pas appliquer cet accord sur la plateforme de Saint-Gilles. D’après son calcul, cette harmonisation permettrait aux salariés de toucher entre 100 et 120 euros de plus selon leur poste.

    Négociations en cours

    Sur les 420 salariés du site, près de 150 ont donc participé au mouvement de grève parce que « comme beaucoup de salariés en France, ça devient très compliqué de finir le mois notamment à cause d’un prix de l’essence à 2,30 euros ». Après trois jours de mobilisation, la direction de Carrefour a donc assigné douze salariés en justice, leur reprochant d’avoir bloqué le site. Le lendemain de l’audience, le jeudi 24 septembre, la justice a finalement donné raison à tous les salariés et débouté Carrefour. « À aucun moment nous n’avons bloqué le site. Nous étions sur un ralentissement d’activité. Nous ne sommes pas des voyous. Nous ne sommes que des salariés qui faisons la richesse de cette entreprise et qui cherchons juste un minimum de reconnaissance », précise Mohamed Bourras. Suite à ce mouvement de grève, la direction nationale de Carrefour a envoyé une représentante pour négocier. Les salariés ont donc levé la grève pour laisser les négociations se dérouler dans le calme fin septembre. Mais Mohamed Bourras prévient : s’il n’y a pas d’avancée avant le 2 octobre, le mouvement repartira.

  • La Fête de la science met les saveurs au menu

    La Fête de la science met les saveurs au menu

    Cette année, la Fête de la science titille les papilles avec le thème « Saveurs savantes ». Pas moins de 917 actions sont prévues dans 109 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Insolite ? Pas vraiment. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs lors de la présentation de cette 35e édition. En biologie, en physique-chimie, en sciences humaines et sociales, en écologie ou encore en santé, à travers l’approche globale « One Health », l’alimentation est explorée sous toutes ses dimensions : santé publique, environnement, biodiversité, mais aussi résilience des systèmes alimentaires.

    Diffuser la culture scientifique

    Vendredi, les scolaires ont pu se précipiter avec avidité vers les premières installations, parcours et visites. Tout au long du week-end, les villages ouvrent tour à tour leurs portes à des familles toujours plus nombreuses à venir découvrir la science. Populaire et gratuite, cette grande fête favorise le partage des savoirs entre citoyens et scientifiques.

    à Marseille, l’association Les Petits débrouillards est la cheville ouvrière du Festival des sciences, organisé du 10 au 12 octobre, sur l’esplanade Bargemon (2e). « La culture scientifique et technique est plus que jamais un outil de lutte contre la désinformation. Mais aussi une fête pour (re)découvrir les plaisirs de l’expérimentation dans des domaines nombreux », explique Solène Merer la directrice de l’association en Région.

    Et de poursuivre : « Notre enjeu à nous, Petits débrouillards, est de maintenir une mobilisation importante sur ce temps fort, malgré des financements en baisse, en général pour les porteurs, et couvrir au maximum le territoire régional pour que tous les publics puissent avoir des propositions. »

    Pour continuer à attirer un public toujours plus nombreux, il faut renouveler la programmation, mais aussi accompagner les chercheurs vers de nouveaux formats de médiation, plus ludiques et accessibles. « Escape game, jeux de rôle, spectacles, projections, dégustations, expérimentations… sont au menu de cette édition » conclut Solène Merer.

    Informations et programme complet sur fetedelascience.fr

    « Un outil
    de lutte
    contre la désinformation »