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  • [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    La Marseillaise : Vous alertez sur une chaleur précoce propice aux incendies, la saison estivale sera-t-elle compliquée ?

    Éric Brocardi : Effectivement cette hausse des températures brutales fait qu’on peut être amené à s’inquiéter. Vous avez la pluie en profondeur et puis le reste du couvert végétal en surface… Dans les Bouches-du-Rhône, on sait très bien qu’à partir du moment où il y a des vents chauds et ces températures, ça fait effet sèche-cheveux, la strate arbustive va être fortement impactée.

    En déplacement à Nîmes et dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur annonce l’achat de deux Canadair. Des moyens, c’est ce que vous demandez ?

    E.B. : Bien sûr. On peut saluer effectivement la signature de nouveaux moyens de lutte contre les incendies de type Canadair. Ce que l’on regrette simplement, c’est que dans cette commande, il n’est pas prévu une véritable impulsion sur un choix stratégique, industriel et économique pour l’avenir, avec les prochains constructeurs européens et même français, que sont Hynaero et Kepplair. Acheter un avion ce n’est pas comme une voiture, il faut parier tout de suite. On aurait pu essayer d’apporter un soutien à ces deux constructeurs. On risque d’entendre de nouveau la musique d’il y a 5 ou 6 ans, c’est-à-dire l’arrêt de la chaîne de la société qui construit les Canadair qui pendant un moment n’a plus pu fournir des appareils à la France. Alors est-ce que c’est un investissement durable ? On l’espère. Est-ce que c’est un investissement qui défend les intérêts français et européens ? Non.

    Vous réclamez également
    la pérennisation des moyens terrestres…

    E.B. : Les avions seuls n’éteignent pas les incendies, et ça dans les Bouches-du-Rhône, vous le savez très bien. Ce sont les forces terrestres qui permettent de compléter le dispositif d’attaque massive sur un feu naissant, en se déployant sur l’ensemble du territoire. Or la première chose, c’est que dans le cadre du projet de loi de finance, le budget alloué aux collectivités territoriales pour l’achat d’engins supplémentaires a été divisé par deux. Après il faut aussi des gens à mettre dedans. Nous, à la Fédération, on attend du gouvernement une véritable politique ambitieuse et de valorisation sur le sujet du volontariat. On a certes obtenu la bonification des retraites pour ceux qui sont en fin de carrière. Désormais le sujet ce sont les nouveaux entrants. Il faut voir comment on peut se rendre plus attractif, essayer d’enlever toutes les frictions dans le cadre de l’engagement, du recrutement et des mutations.

  • Une application pour mettre le droit du travail au plus près des salariés

    Une application pour mettre le droit du travail au plus près des salariés

    En ouverture du comité de pilotage des Maisons France services par la sous-préfète de Brignoles et la directrice départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (Ddets) qui s’est déroulé jeudi à Brignoles, la plateforme Infotravail-var a été mise en avant.

    « Cette application dédiée aux usagers permet de trouver l’ensemble des renseignements dont ils peuvent avoir besoin en matière d’application du droit du travail », explique Sandrine Polychronopoulos, la directrice de la Ddets.

    Une avancée donc puisque ça met en théorie « le droit du travail le plus près possible de ses bénéficiaires ». Du moins cela facilite l’accès à l’information pour des salariés qui en ont besoin ou qui n’ont pas forcément la possibilité ou les moyens de se déplacer.

    Pour aboutir à la création de cet outil, la Ddets s’est appuyée sur le laboratoire d’innovation publique et sociale varois Insolab 83 et a mobilisé plusieurs acteurs du territoire ; dont les services de l’État, le Centre d’accès au droit (CDAD), le conseil des prud’hommes, le réseau des Maisons France services, France Travail, mais aussi les organisations syndicales, les chambres consulaires et la CAF.

  • Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Un avant-goût de la future direction de la CGT a été entériné lors de cette avant-dernière journée du 54e congrès de l’organisation. Car la commission exécutive confédérale (CEC), et la liste de noms de syndicalistes qui la composent, ont été élues sans modifications par les congressistes. « Tout le monde a été élu, largement élu, c’est une bonne chose », note positivement Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante. « La liste proposée pour composer la commission exécutive confédérale correspond à la meilleure équipe de direction en capacité de porter les orientations confédérales », abonde Myriam Lebkiri, également secrétaire confédérale.

    Si le rôle de cette instance est un poil technique, il faut la voir comme une direction élargie et ciment du futur bureau confédéral, ce dernier étant l’instance dirigeante majeure de l’organisation. « La CEC assure la direction de la CGT et de la conduite de l’action confédérale dans le cadre des orientations du congrès », explique Myriam Lebkiri. C’est de la composition de la CEC dont dépend l’élection du, ou de la future, secrétaire générale de la CGT. À un détail d’importance près : c’est le comité confédéral national (CCN), instance réunissant dirigeants d’Union départementale et des différentes Fédérations, qui élit le bureau confédéral, à partir de la CEC. En clair, le bureau confédéral et le secrétaire général de la CGT sont issus de la CEC, mais après un vote du CCN.

    Au regard des débats du congrès, notamment du vote à une majorité écrasante en faveur du bilan d’activités de la direction sortante, et de la validation sans appel du document d’orientation, Sophie Binet va être sans surprise reconduite en tant que secrétaire générale de la confédération, seule candidate officielle pour sa succession. Des sources concordantes au sein du CNN le confirment. Elle est évidemment présente au sein de la CEC approuvée par le congrès. Le CCN du 29 avril dernier avait approuvé la liste de candidats pour cette CEC dans des proportions parlantes : 79 pour, 5 contre et 12 abstentions.

    Quoi qu’il en soit, le mot de la fin sera dévoilé officiellement e vendredi matin, pour le dernier jour du congrès.

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    Cette année, le mois des fiertés à La Ciotat est organisé par le nouveau collectif La Ciotat LGBTQIA+ aussi connu sous le nom de l’Éventail, en collaboration avec la Collective féministe de La Ciotat, la Culture ça urge !, Amnesty International Aubagne, et le club Jazz Convergences.

    L’événement le plus attendu du mois est la Marche des fiertés : départ prévu à 19h à la Chaudronnerie, samedi 6 juin. « L’année dernière la Marche avait une texture particulière, elle reflétait comment on aimerait que la vie sonne, avec cette joie, cette intensité d’être et cet engagement », raconte Sarah Cassenti, membre du collectif. Le mois des fiertés n’a pas pour seul but de revendiquer l’égalité complète des droits et la protection contre les discriminations et violences pour les personnes LGBTQIA+, elle sert aussi « à ce qu’on se rencontre et qu’on commence à se soutenir », confie-t-elle. Les organisateurs mettent l’accent sur le côté humain du rendez-vous, entièrement porté par des associations et des acteurs ciotadens. « Dans certaines prides, qui sont subventionnées par plusieurs marques, on tend à perdre cette singularité au profit du capitalisme et d’une unique représentation de notre combat », estime Freddy De Angelis, membre du collectif Éventail. Et ce côté humain, il ne s’arrête pas au mois de juin, Michèle Philibert, membre du collectif et propriétaire du bar associatif Le Chaperon Rouge à Marseille, anciennement ouvert aux personnes atteintes du VIH, a initié, à La Ciotat, un dépôt de gerbes pour les personnes homosexuelles déportées, lors de la Seconde guerre mondiale. « Elle a fait le lien avec l’institutionnel », ajoute Freddy De Angelis, une histoire trop souvent oubliée. Ce lien il est aussi particulièrement présent avec la cause féministe, car « comme les femmes, on doit pas être nous, on doit pas être bruyants. Et puis 80% des participants sont des femmes… La convergence des luttes, c’est ça qui permet de faire avancer les pensées », conclut-il.

  • Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Un vieux routier et son ripper transportent une cargaison dans le Sahara algérien, jusqu’à ce qu’ils se fassent voler leur marchandise. Le point de départ de Route algéricaine, projeté le 7 juillet au Théâtre Silvain en ouverture du FID Marseille. Le dernier film en date réalisé par Rabah Ameur-Zaïmeche, invité d’honneur et huit films au compteur déjà auréolés de « succès en salles », de Wesh, wesh, qu’est-ce qui se passe à Terminal Sud, mais « pas suffisamment connu auprès du grand public », estime Tsveta Dobreva, directrice du festival international de cinéma de Marseille qui organise une rétrospective de son œuvre imbibée d’un « mélange de colère et de tendresse ».

    Le FID Marseille projettera 133 films pendant six jours, « principalement dans le centre-ville, à la Baleine, au Vidéodrome2, aux Variétés, à l’Artplexe, à l’Alcazar et au Mucem », plante-t-elle. Au menu de la Compétition internationale, dix premières mondiales parmi lesquelles « l’autoportrait » El anorak rojo du chevronné Adolfo Arrieta ou Anistia 79 d’Anita Leandro, autour de la Conférence internationale pour l’amnistie au Brésil, « grand rassemblement de la gauche exilée » en 1979 pendant la dictature militaire. Mais aussi des œuvres de jeunes talents comme Anna Marziano, aux manettes de la fable écologique au milieu des eaux de Venise, Schima di mondi.

    Du Chili aux Baumettes

    La Compétition française permettra de voir quelques films délicats et politiques comme Chicken soup, dans lequel Caroline Milcent raconte « l’absurdité de l’administration américaine à la veille de la dernière élection de Trump », résume Tsveta Dobreva, ou encore Les beaux visages de Pierre Voland, « documentaire sur l’homosexualité cachée de l’un de ses amis ayant vécu toute sa vie avec ce secret ».

    Internationalement reconnu pour défricher les pépites de demain, le FID étalera encore à travers sa Compétition premier film tout son savoir-faire. Très attendu, Az Zeeb, de Rafael Guendelman, raconte par exemple « l’histoire de sa famille marquée par l’exil et le déplacement entre Chili, Israël et Palestine ».

    Constituée d’une vingtaine de films hors compétition, la section « Autres joyaux » charriera à nouveau son lot de belles découvertes comme Fe sense obres morta és de l’immense réalisateur catalan Albert Serra, « plongée personnelle et provocante dans l’épaisseur matérielle et symbolique » de la peinture d’Antoni Tapies. Parmi les autres curiosités, Studio Baumettes d’Hassen Ferhani, cinéaste algérien établi à Marseille depuis 10 ans qui, pendant sa « résidence » dans cette prison, transforme un atelier « en studio de photographie qui libère et clarifie les rêves et corps des hommes qui se prennent au jeu ».

    Programme complet sur www.fidmarseille.org

  • La ministre Aurore Bergé s’est rendue à Briançon pour échanger

    La ministre Aurore Bergé s’est rendue à Briançon pour échanger

    « C’est vrai que ce banc interpelle, mais c’est justement sa vocation, car je crois que le fléau principal dans notre société, c’est le risque de l’indifférence, c’est de se dire que finalement, tout cela n’est pas notre affaire. » La levée du vent et de la pluie, en cette fin de journée de jeudi, n’a pas empêché la ministre Aurore Bergé de venir inaugurer un banc dédié aux violences faites aux femmes, au parc Jean-Rousson de Briançon, ce jeudi soir.

    Une visite pour combattre l’indifférence face à ces violences, dont les femmes continuent de souffrir et de mourir : déjà 63 d’entre elles ont été victimes d’un féminicide depuis le début de l’année, selon le collectif NousToutes. « Le véritable sujet est là, toute la société doit s’en emparer et se sentir concernée, tant que l’on pensera que c’est une affaire de couple, de famille, privée, la société ne sera pas au rendez-vous », a souligné Aurore Bergé, tout en rappelant le travail essentiel et quotidien déjà effectué par les forces de l’ordre, les magistrats, les soignants et les travailleurs sociaux dans ce domaine.

    Visite à la Maison des Femmes

    Pour mettre en lumière le travail de celles et ceux qui s’engagent contre ces violences, la ministre s’est rendue auparavant à la Maison régionale, un lieu d’accueil, d’écoute et d’accompagnement destiné aux femmes rencontrant des difficultés personnelles, sociales ou familiales, notamment celles victimes de violences. Une structure mise en place en décembre 2025. Sur place, elle a échangé avec l’équipe du CIDFF, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles, qui gère le lieu. Depuis décembre, plus de 300 femmes ont été accompagnées par les équipes du CIDFF.

    Le déplacement d’Aurore Bergé se poursuit ce vendredi matin avec la signature, à l’hôpital de Briançon, d’une charte permettant de recueillir les preuves en cas de violences sexistes au sein des établissements hospitaliers du département.

  • Provence Rugby est devenu un club reconnu de Pro D2

    Provence Rugby est devenu un club reconnu de Pro D2

    Se structurer pour devenir une équipe pérenne en Top 14 ou en Pro D2 est un rêve pour beaucoup de clubs français. Mais chaque rêve à ses obstacles et tout contrôler relève de l’impossible. Le Pays d’Aix Rugby Club l’a vécu depuis le début du XXIe siècle. Rien que sur la décennie 2010, pas moins de trois descentes en Fédérale 1 avec des remontées rapides.

    Les Provençaux ont pris plusieurs fois l’ascenseur, un passage presque obligatoire pour toute équipe ambitieuse. Ancien joueur de l’ARC, Jean-Luc Chovelon détaille les difficultés pour un club de franchir un niveau supérieur. « Il y a un fossé. C’est toujours très difficile pour un club qui monte dans ses dernières divisions de pouvoir continuer sur cette lancée à moins d’avoir des moyens extraordinaires ou de bénéficier de conditions particulières. C’est le lot de tous les clubs qui accèdent pour la première fois à ce niveau. On parle entre Fédérale 1 et Pro D2, mais l’ultime écart est entre la Pro D2 et le Top 14. On le voit en ce moment. Ces dernières années, combien d’équipes qui sont montées de la Pro D2 au Top 14 ont réussi à se maintenir dans les deux ans ? Il n’y en a pas beaucoup. »

    Le Parc devient Provence Rugby

    Le Parc subit un changement majeur avec une nouvelle modification de son nom. En 2015, Provence Rugby voit le jour, mené par Denis Philippon, président depuis deux ans et toujours en place actuellement. « On arrive à un niveau où l’argent et la dynamique économique sont super importants. Il y a un président, Denis Philippon, avec une entreprise qui marche fort. Il s’est entouré aussi de partenaires pour avoir un budget important. C’est l’un des plus gros de la division aujourd’hui », appuie Jean-Luc Chovelon. L’entreprise évoquée se nomme voyageprivé.com. Agence de voyage en ligne, elle est basée à Aix-en-Provence et se trouve être le sponsor principal.

    Le travail effectué porte ses fruits en 2018 et se poursuit les années suivantes. Depuis cette date, Provence Rugby est un club de Pro D2 et franchit les étapes, palier après palier. Le mandat du manager argentin Mauricio Reggiardo a permis au club de remporter la saison régulière en 2024, échouant finalement à monter dans l’élite. Après deux phases finales consécutives, les Aixois sont désormais en finale de D2 pour la première fois de leur histoire. Ce samedi, à Toulouse, le livre d’or peut s’épaissir en cas de victoire, synonyme de promotion. Les hommes de Philippe Saint-André ne sont plus qu’à une marche du Graal.

  • Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Incendies, déchets, cueillettes de champignons illégales… Un nouveau véhicule SSV tout-terrain permet aux gendarmes d’Annot d’arpenter les pistes forestières sinueuses et accidentées des communes alentour et de prévenir les infractions environnementales.

    « Cela facilite le contact avec les gens. Ils ont une approche différente qu’avec le véhicule de gendarmerie bleu, symbole d’autorité. Celui-ci éveille la curiosité », se réjouit le major Gérald Vergnes, au volant du véhicule acquis il y a deux mois. « Dès qu’on croise des gens, on s’arrête. Ils sont contents de voir qu’on vient jusqu’ici et qu’on assure la sécurité dans les endroits éloignés de la civilisation. Cela les rassure », explique-t-il. Ce mercredi, il arpente les pistes forestières accidentées pendant plusieurs heures, à travers rochers et flaques d’eau, en direction de hameaux isolés où ruines, patous et vaches en liberté peuvent être aperçus. Quand il tombe sur une voiture stationnée au milieu de la piste, il part à la recherche de ses propriétaires et scanne leur plaque d’immatriculation pour voir s’ils sont du coin. Cet après-midi, un couple de retraités italiens a bien du mal à se faire comprendre, et finit par lui tendre une carte d’autorisation de cueillette de champignons. « Ceux-là, j’ai vraiment cru qu’on allait les verbaliser ! », lance-t-il en redémarrant.

    « Ici, c’est très réputé pour les champignons. Des camions viennent et ratissent la forêt sans ménagement, faisant de gros dégâts pour cueillir des champignons et les revendre sur les marchés en Europe de l’Est ou en Italie », regrette le major de gendarmerie, installé à Annot depuis un an, après avoir exercé dans les Hautes-Alpes ou encore à Barcelonnette.

    Le seul département équipé

    « Nous sommes le seul département de France à avoir ces véhicules », financés par la Région, affirme-t-il. Quatre autres véhicules similaires sont à disposition des gendarmes de Colmars-les-Alpes, de Riez, de Banon et de Seyne. « Cela nous permet d’aller au contact de gens qu’on n’a pas l’habitude de voir. Ici, il y a beaucoup de hameaux très isolés », qu’on ne peut rejoindre que par une piste forestière caillouteuse et cabossée, explique le major de gendarmerie. « Ce ne sont pas des endroits où on avait l’habitude d’aller », souligne celui qui se rend pour la première fois dans certains hameaux à proximité d’Annot.

    Le véhicule tout-terrain sert aussi pour la recherche de personnes disparues. Il a d’ailleurs été utilisé ces derniers jours pour partir à la recherche d’un randonneur blessé porté disparu. « Ce n’est pas une compétence obligatoire. Cela montre bien que la Région est proche des citoyens et des forces de sécurité », avance Jean-Charles Borghini, conseiller régional siégeant dans la majorité de Renaud Muselier (Renaissance).

  • Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    « Samedi, on vend ce qu’on a de meilleur, c’est du très bon état. Il faut qu’on casse la baraque ! », lance joyeusement Roselyne bénévole depuis 25 ans à la communauté. Et de poursuivre en s’affairant : « Nous n’avons que deux grandes ventes dans l’année, alors on garde les belles choses, les marques pour ce jour-là. Vous allez vous croire aux Galeries Lafayette. » Non sans oublier de rappeler qu’« acheter à Emmaüs, c’est un acte solidaire et engagé ».

    Fermé pendant deux jours pour tout préparer, bénévoles et salariés, environ 70 personnes s’activent à tous les niveaux de la communauté. Du neuf arrive et des invendus repartent au recyclage. À la tête de l’équipe, Hami Kahia-Tani est le nouveau responsable fraîchement arrivé depuis un mois et demi tandis que Stéfania Crotti le seconde. « C’est une vente d’été alors, nous avons beaucoup de mobilier de jardin neuf, au tiers du prix. ça vaut vraiment le coup », détaille Hami. « Mais aussi, des meubles anciens dans la grande salle des ventes, de la vaisselle, des verres, du petit et du gros électroménager. Mais aussi bien sûr des vêtements, des sacs et des chaussures », poursuit-il. Tout au fond du grand hangar, on s’affaire dans la partie électroménager. « On nettoie, on range. On a des vrais climatiseurs, des micro-ondes, des machines à laver, des télévisions… et tout a été contrôlé », présente Patrick compagnon arrivé il y a un an.

    Évoluer sans cesse

    Concernant les vêtements, Hami est sans appel : « Frip insertion à Saint-Marcel, c’est la ligue des champions du textile. » Camélia la responsable sourit et confirme : « Chapeaux, maillots neufs, tongs, sac de plage, serviettes, nous avons. Mais aussi des vêtements griffés, des carrés de soie, et des sacs de marque. » Mais le responsable sait qu’il faut évoluer sans cesse. « Pourquoi pas créer un dressing à 1 euro ? » Le quartier bénéficie de pas mal de donateurs mais la demande est forte. « Ici, tout le monde peut s’équiper. Les plus précaires, mais aussi les curieux sans critères d’âge », assure-t-il. En perspective, il y a aussi la volonté d’installer des bennes à ferraille pour mieux trier les métaux et de former un compagnon. Mais aussi d’arriver à garantir le gros électroménager. Véritable lieu de vie, Saint-Marcel attend beaucoup de monde samedi, et on comprend pourquoi.

    Rendez-vous le samedi 6 juin de 9h à 18h à la communauté Emmaüs Saint-Marcel au 46 Boulevard de la Cartonnerie, 13011, Marseille