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  • À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, la défense de l’hôpital public se fait sur deux jambes. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est autant à l’aise lorsqu’il s’agit de dialoguer avec les institutions de l’hôpital et de l’État que lorsqu’il s’agit de récolter et rapporter les revendications des syndicats CGT de l’hôpital et alentours, comme le 22 janvier dernier (ci-contre).

    Depuis trois ans les syndicats CGT du golfe de Fos associés à celui de l’hôpital bataillent pour obtenir un plan d’investissement de 170 millions d’euros et la création de 90 emplois statutaires à taux plein, notamment face aux urgences régulièrement saturées lors d’épidémies hivernales. Récemment, l’Hôpital et l’ARS annonçaient un nouveau plan immobilier de 60 millions d’euros, créant un nouveau plateau technique et agrandissant les urgences. Pour le maire, « les investissements sont très inférieurs à ce que nous revendiquions », mais « c’est une bonne nouvelle, mieux que rien, qui invite à ne pas lâcher le combat », estimait-il en début d’année.

    Une participation financière

    Car si la santé est censée être une compétence étatique, le maire communiste de Martigues en fait un cheval de bataille. « 170 000 habitants sont couverts par l’hôpital. La mutation du territoire va augmenter les besoins, cela demande une planification sérieuse y compris en matière de sécurité industrielle et nous avons à cœur de porter ses revendications à l’État », considère l’édile.

    La Ville a déjà financé le nouveau mammographe de l’hôpital. Et pour le prochain mandat, Gaby Charroux compte bien préempter les locaux commerciaux du centre-ville pour y favoriser l’implantation de cabinets médicaux. « C’est un levier » assure-t-il.

  • LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    Aux côtés des habitants de Jean-Jaurès (14e) ou de Consolat (15e), l’ex-chef du service de sécurité des immeubles à la Ville de Marseille, Dominique Dias (Vaï !), l’assure : « La jungle dans le logement, c’est fini, pour de vrai ! » Avec ses colistiers de la liste insoumise pour les municipales à Marseille, l’ingénieur d’État présentait à la presse, ce jeudi matin, le programme de Sébastien Delogu face à une crise du logement qui s’est aggravée.

    « La première chose, c’est stop démolitions, on ne signera plus de permis de démolir », lance-t-il. Quitte à perdre les 650 millions d’euros de l’état fléchés sur la rénovation urbaine à Marseille ? « Nous dénonçons de fausses concertations auprès des habitants qui n’ont pas choisi les démolitions, il restera à convaincre l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr] qu’il y a un vice de forme », répond Sébastien Delogu, qui promet un rapport de force avec l’état.

    Les Insoumis promettent aussi de construire au moins 6 000 logements par an, dont la moitié en logement social, plus que les 4 500 visés par le programme local de l’habitat. Et de commencer par un « plan d’urgence » : « Mille logements d’ici l’hiver prochain. » La moitié doivent être réquisitionnés, pour d’autres, la Ville se substituerait aux propriétaires de logements en péril pour accélérer les travaux, et la lutte contre les Airbnb sera renforcée avec leur interdiction en résidence secondaire. La brigade du logement mise en place par le Printemps marseillais doit être doublée et un comité populaire du logement mis en place, avec les collectifs d’habitants, pour « évaluer les politiques publiques du logement ». Et les militants insoumis de pointer l’ensemble des bailleurs sociaux, des collectivités. Sans distinction. « à partir du moment où ils rentrent dans l’institution, ils prennent l’habit de l’institution », assume le directeur de campagne, Hedi Bounouar.

  • Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, les collectivités et les maires se mobilisent pour financer l’extension de l’hôpital, avec de nouveaux lits en soins palliatifs et un institut de formation. 24 communes de l’agglomération participent et ont voté la somme allouée à l’hôpital en conseil municipal. « Il y a des débats et de l’opposition car c’est à l’État et pas à nous de payer pour la santé, mais j’explique que l’extension sera bénéfique pour soigner les habitants de notre commune », avance Laurence Depieds, maire candidate à sa réélection du petit village de Saint-Martin-de-Brômes, commune pour laquelle cet investissement représente une somme importante.

    Dans cette même ville de Manosque, le centre de santé Oxance, menacé de fermeture, est au cœur des débats pour les municipales. Le Regain Manosquin, liste d’union de la gauche menée par Patrick Rousset, veut soutenir et accompagner le centre de santé Oxance « dans son développement », recruter des médecins salariés et créer un service de garde « en lien avec l’hôpital public ». Le maire sortant, candidat à sa réélection, considère lui que « contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé ».

    Des urgences souvent fermées

    La fermeture régulière des urgences agite également les candidats. Le maire de Manosque avait démissionné du conseil de surveillance de l’hôpital en juillet 2024. « Je ne peux que regretter l’inaction face à mes alertes répétées pendant plus de trois ans. Les premières fermetures des urgences de Manosque ont démarré en janvier 2022 et personne ne s’en est ému, ni révolté, aucun représentant de l’État, ni aucun élu, mis à part mon équipe municipale et moi-même », avait-il déploré. Le Regain Manosquin veut de son côté « maintenir les fonctions du maire au conseil de surveillance afin d’être force de propositions et d’impulsion de décisions visant au développement des activités du centre hospitalier ».

    À Sisteron, face à ces fermetures, la liste d’union de la gauche s’engage à « faire pression » pour rouvrir les urgences et veut recruter des médecins salariés, affirmant être déjà en contact avec des praticiens intéressés. L’équipe de Demain Sisteron ! prévoit de leur fournir des locaux et un service de secrétariat qui leur permettrait de se concentrer sur l’aspect médical.

    « J’ai voulu prendre un arrêté humoristique pour interdire les AVC, car les urgences de Sisteron sont souvent fermées, même la journée, alors il faut aller jusqu’à Digne ou Manosque, c’est compliqué », explique le maire de Bayons, petit village situé à plus d’une heure de ces deux villes. Lui-même fait partie des plus de 20 000 habitants du département sans médecin traitant. À Oraison, la candidate Isabel Gamba propose de créer une bourse pour inciter les jeunes médecins à venir y exercer…

  • Urgence santé

    Urgence santé

    Partout dans les communes la question de la santé s’exprime comme une préoccupation majeure des habitants. Au-delà de la situation d’urgence de l’hôpital public révélée par la crise covid et qui toujours malheureusement d’actualité, c’est la capacité à être suivi médicalement qui est désormais déniée à une partie de la population.

    Pénurie de médecins généralistes, impossibilité d’obtenir des rendez-vous dans des délais décents chez des médecins spécialistes, grandes difficultés à trouver un interlocuteur la nuit ou le week-end…

    Les déserts médicaux sont désormais généralisés des communes alpines rurales jusqu’aux quartiers populaires de Marseille.

    Réponse progressiste

    La situation est alarmante et, sous la pression des demandes, nombre de candidats ont intégré à leur programme des propositions pour tenter de l’améliorer même si la santé, comme la sécurité, relève avant tout de l’État.

    Maisons médicales destinées à attirer des professionnels de santé, centres regroupant des médecins salariés, mutuelles municipales, investissements dans le matériel des hôpitaux, création d’accueils en amont des urgences… La campagne des municipales voit fleurir des projets qui visent tous à corriger les effets de décennies de décisions politiques libérales qui ont entraîné la France, qui se prévalait autrefois d’avoir le meilleur système de santé au monde, dans les difficultés que nous connaissons aujourd’hui.

    Pour les progressistes, ces municipales doivent être l’occasion d’apporter des réponses locales mais aussi de tracer une perspective de changement profond à l’échelle nationale.

  • À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    « La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
     et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »

    Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.

    Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.

    Aide au maillage territorial

    Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

  • Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Des interpellations qui interviennent alors que s’est clôturée, ce mercredi, la procédure visant le marché du soleil, avec la convocation de 18 personnes, dont 3 personnes morales, devant le tribunal correctionnel, du 22 au 26 juin, pour « détention, production et vente en bande organisée de marchandises contrefaisante » et « blanchiment aggravé et blanchiment douanier », communique le parquet de Marseille. Début février, une opération avait permis de saisir 206 054 articles contrefaisants, d’une contre-valeur estimée à près de 42 millions d’euros. Depuis le 2 février, le Marché du soleil fait l’objet d’une fermeture administrative. Un autre policier municipal a été entendu sous le régime de l’audition libre, ainsi qu’un fonctionnaire de la préfecture, et tous quatre sont placés sous contrôle judiciaire pour corruption active, passive et trafic d’influence. Selon nos informations, les trois policiers municipaux, âgés d’une quarantaine d’années, renseignaient les commerçants du marché du soleil sur les activités de police en échange de réductions, de vêtements, de baskets contrefaites, des faits dans le viseur des douanes depuis plus d’un an. Sans qu’il n’y ait de contrebande de cigarettes, contrairement aux indications du Figaro. Les trois agents étaient des policiers expérimentés recrutés par la Ville de Marseille entre 2018 et 2019 et issus d’autres polices municipales ou de la gendarmerie. « Dès que nous avons pris connaissance des faits, nous avons pris des mesures conservatoires en attente du jugement », confirme la directrice de la police municipale, Céline Lefléfian. « Il ne faut pas que cela jette l’opprobre sur l’ensemble des agents », ajoute-t-elle, saluant le travail de ses équipes.

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».

  • [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    La Marseillaise : Pour la première fois lors des élections municipales de mars 2026, la parité obligatoire sur les listes électorales s’applique même aux communes de moins de 1 000 habitants. Qu’est-ce que cela va changer ?

    Geneviève Tapié : Depuis la première loi sur la parité, le nombre de conseillères municipales a bondi. Entre 2001 et 2020, on est ainsi passé de 31,7% de femmes dans les conseils municipaux à 42,4%. Ce chiffre incluait les communes de moins de 1 000 habitants, qui sont désormais soumises à la parité également. Donc à la fin du mois de mars 2026, la part de femmes dans les conseils municipaux devrait atteindre les 48%, bien qu’avec une petite déperdition possible, parce qu’il y a eu quelques autorisations de proposer des listes incomplètes. Cependant, il faut bien comprendre que la part des femmes à la tête des exécutifs, c’est-à-dire le nombre de femmes maires, progresse de son côté bien moins rapidement. Aujourd’hui, elles ne représentent qu’environ 20% des maires de France.

    Quelle est la situation en Occitanie ?

    G. T. : L’examen des 6 317 listes candidates au premier tour des prochaines élections municipales dans les 4 446 communes d’Occitanie révèle que les femmes ne représentent toujours que 20,11% des têtes de liste pour 2026. Par ailleurs, l’Hérault est un peu au-dessus de cette moyenne, avec 23,44% de femmes en tête de liste, et le Gard n’en compte que 18,40%. Pourtant, l’Occitanie est une région avec de nombreuses femmes à des postes de commandement, puisque la présidente de Région est Carole Delga et que quatre départements sont présidés par des femmes (l’Ariège, l’Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales).

    Qu’est-ce qui explique que les femmes soient sous-représentées dans les mandats de maires ?

    G.T. : D’abord, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas assez de contraintes légales pour ces élections. Pourtant, on l’a fait pour les élections départementales, donc c’est possible de changer la loi pour instaurer la parité des maires. La deuxième raison, c’est que plus on monte dans les communes importantes et qui ont des moyens, moins il y a de femmes candidates. Ainsi, nous nous sommes rendu compte que les hommes laissent leur place principalement dans des communes dotées de peu de moyens. Sur le mandat sortant, il y avait 19% de femmes maires et 72% d’entre elles l’étaient dans des communes de moins de 1 000 habitants. Et ce manque de contraintes légales a aussi des conséquences dans les intercommunalités, parce que l’usage veut que ce soient les maires des communes qui y siègent et que ce n’est pas un scrutin au suffrage universel. C’est la raison pour laquelle le pourcentage de femmes dans les intercommunalités est honteux : il est inférieur à 30% ; le nombre de vice-présidentes est inférieur à 15% ; et le nombre de femmes présidentes est à peine au-dessus de 5%. Si elles sont rarement à la présidence des intercommunalités, c’est parce que les communes plus importantes y ont davantage de représentativité, et les femmes sont plus souvent à la tête de petites communes, qui ont donc moins de représentativité.

    Donc selon vous, la solution passe par les évolutions législatives ?

    G. T. : Oui, pour que les choses changent, il faut des lois. Notamment parce que souvent, la société est en avance sur ses élites et ses décideurs. La preuve étant que si vous leur demandez, une majorité des Français est favorable en principe à ce que les femmes soient maires. Mais même avec une opinion publique favorable, il y a toujours des résistances. Ce combat pour faire évoluer la loi se mène à plusieurs échelles, et notamment au niveau européen. Rappelons que la première loi sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes de 1972 était la traduction dans le droit national d’une directive européenne. Nous, à l’Observatoire régional de la parité, nous menons donc une action internationale poussée, notamment avec des femmes allemandes, parce que si la Commission européenne prend une directive sur la parité des mandats de maire, les États membres seront obligés de suivre.

    Propos recueillis par Nina Bailly

  • Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Nous tenons des permanences toutes les semaines. Depuis quelque temps, des dizaines d’étudiants nous contactent car ils n’ont toujours pas reçu de confirmation du renouvellement ou de la demande de leur titre de séjour étudiant », explique Mathéo, membre de Réseau université sans frontières (RUSF) 34, qui accompagne des étudiants étrangers dans leurs démarches administratives.

    « Habituellement, dans ces cas-là, on contacte un délégué du défenseur des droits, qui interpelle la préfecture et nous permet, souvent, d’accélérer la situation, ou tout au moins d’avoir une réponse. Cette fois, malgré l’intervention du délégué du défenseur des droits, rien ne bouge », poursuit le militant.

    L’association a donc multiplié les sollicitations de la préfecture, laquelle a fini par répondre qu’« à ce jour plus de mille dossiers sont à traiter », au motif que « le service qui traite des demandes “étudiant” connaît actuellement une surcharge de travail et un sous-effectif croissant », rapporte RUSF. « La dégradation des conditions de travail des agents et la dégradation du service rendu aux usagers sont les deux faces d’un même problème : les coupes budgétaires et les politiques répétées d’austérité dans les services publics », dénonce l’association.

    « Cette situation alimente l’angoisse, l’incertitude et la précarité de nombreux étudiants dont la situation dépend directement de ces démarches administratives », insiste RUSF. Certains peuvent en effet voir leur année invalidée par l’impossibilité d’obtenir une alternance ou un stage faute de titre de séjour. Qui plus est, « sans titre de séjour on ne peut pas travailler à côté de ses études », complète Mathéo, qui pointe également l’impact psychologique de ces dysfonctionnements administratifs : « Il y a des étudiants qui font des crises d’angoisse, ils nous disent qu’ils sont débordés par la situation, que ça les stresse. Beaucoup envisagent d’abandonner leurs études. Ils vivent dans la peur d’un contrôle de police », décrit-il.

    Plus globalement, l’association dénonce les politiques menées au niveau national, jugées discriminantes : la loi « bienvenue en France », qui instaure des frais d’inscription différenciés, les étudiants extra-européens payant 16 fois plus cher (2 850 euros pour une inscription en licence et 3 879 euros pour un master) ; la décision récente du gouvernement de supprimer les APL (aide pour le logement) pour les étudiants non européens ; ou encore l’annonce d’un « travail » engagé pour « renforcer la sélectivité des étudiants étrangers », « ce qui risque une nouvelle fois de dégrader leurs conditions d’accueil et d’études ».

    Outre l’abrogation de ces mesures, RUSF 34 réclame « la mise en place de mesures exceptionnelles pour traiter les dossiers les plus urgents et la garantie qu’aucun étudiant ne soit pénalisé du fait des retards administratifs. » L’association revendique également « le recrutement immédiat de personnel supplémentaire » et appelle les étudiants concernés à se faire connaître*.

    * Par mail sur : rusf34montpellier@gmail.com

  • À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    L’action publique en faveur de la jeunesse relève de plus en plus des politiques locales, décisives. Les programmes progressistes des listes en lice aux élections municipales des 15 et 22 mars accordent ainsi une place cardinale aux besoins des jeunes, dès le plus jeune âge. Dans les deux capitales de l’Hérault et du Gard, Montpellier et Nîmes, les listes de gauche, notamment celles conduites par Vincent Bouget à Nîmes et le maire-candidat, Michaël Delafosse, à Montpellier, en font des piliers de leur programme.

    Que les candidats soient tous deux professeurs d’Histoire et de Géographie n’est sans doute pas étranger à leur attention au développement du service public communal en direction des plus jeunes de leurs concitoyens. Mais au-delà, leurs programmes partent du principe que l’avenir des communes passe par leur jeunesse et la façon dont on la considère, la soutient et l’encourage.

    « Favoriser l’autonomie »

    À Montpellier, la liste de Michaël Delafosse annonce poursuivre « le soutien à l’offre de loisirs proposée aux jeunes dans les maisons pour tous » et ce « en ouvrant de nouveaux centres pour les adolescents à Marcel Pagnol et Albert-Dubout ». Le but ? « Renforcer les activités culturelles, sportives et éducatives, favoriser l’autonomie des ados » et, surtout, « proposer des lieux de rencontre, d’expression et d’épanouissement dans les quartiers », précise le programme. Soulignons que sur l’accès aux activités sportives, la carte Montpellier sport permet déjà à tous les habitants, pour 5 euros par an, d’avoir accès à la pratique de 50 disciplines ; un dispositif piloté par l’adjoint aux sports, Hervé Martin (PCF), numéro trois de la liste pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains. Le programme propose également d’accompagner les jeunes dans le financement de leur projet, comme l’obtention du Bafa (animation) ou du BNSSA (brevet de surveillance de baignade et sauvetage), en contrepartie de 25 heures d’activité par an au sein d’une association. Autre engagement de la liste de Michaël Delafosse, confortée Montpellier en tant que « ville universitaire internationale » et ce « dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de remise en cause des droits des étrangers dans le monde ».

    « Réseau nîmois de réussite solidaire »

    À Nîmes, la liste conduite par Vincent Bouget a conçu le programme avec les intéressés et les habitants. Pour le collectif Nîmes en commun, « la réussite des jeunes est l’affaire de tous ». L’engagement pris est de réunir « chaque année des centaines de jeunes, un collectif de parents, de responsables d’associations, d’entreprises et de services de la Ville ». Dans son programme, Nîmes en commun précise que « ce réseau nîmois de réussite solidaire suivra personnellement les jeunes de la ville jusqu’à ce que chacun ait trouvé sa voie ». Et d’expliciter cette volonté politique en ces termes : « Ensemble, nous lutterons contre toutes les formes d’autocensure, de discriminations et libérerons les ambitions et potentiels de la jeunesse ».

    Dans l’enquête menée par le collectif pendant un an et demi auprès des Nîmois, 49% font de l’éducation et de la jeunesse la priorité, tous quartiers et générations confondus.