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  • [Entretien] Christine Roux veut « faire rentrer le soleil à Bessèges »

    [Entretien] Christine Roux veut « faire rentrer le soleil à Bessèges »

    À Bessèges, au nord du département du Gard, le maire sortant Bernard Portalès ne se représente pas. C’est une liste citoyenne, « Agir popour Bessèges », conduite par l’élue Christine Roux, qui pourrait faire la différence. Elle deviendrait la première femme élue maire de cette commune au riche passé du bassin houiller, à la croisée des chemins. Très attachée à sa commune, elle explique le sens de son engagement.

    La Marseillaise : Quels sont les axes de la campagne de la liste « Agir pour Bessèges » ?

    Christine Roux : L’enjeu majeur est de travailler sur l’attractivité de Bessèges. Moi je suis Bességeoises depuis plusieurs générations. Quand je vois Bessèges actuellement j’ai mal au cœur. Je le dis souvent quand on me dit « mais tu habites à Bessèges, c’est gris », cela me fait mal. Je ne veux plus l’entendre. Bessèges, moi je l’aime. Oui, il y a des rues à restaurer mais à côté de cela, Bessèges s’est construit autour de la Cèze, à flanc de colline, aux portes des Cévennes. On a nos rivières, nos points d’eau, nos randonnées. Nous avons plein d’atouts. Je veux essayer d’embellir Bessèges et, comme je le dis, de faire rentrer le soleil dans Bessèges.

    Concrètement, cela passe par quelles actions ?

    C.R. : Il faut commencer par travailler sur la propreté. Les espaces verts sont mal entretenus, il faut arriver à un peu plus végétaliser la commune et surtout il va falloir que l’on travaille sur des espaces publics à aménager où l’on va pouvoir se rencontrer, partager, quelles que soient les générations. Nous n’avons pas ça à Bessèges, c’est une ville tout en longueur et nous n’avons qu’une place qui est le parking du supermarché.

    Ce réaménagement de la ville est pour vous très important ?

    C.R. : Oui. Je veux créer plusieurs espaces de rencontres vraiment dédiés aux jeunes mais il y aura aussi un deuxième espace, Place de la Révolution, qui sera intergénérationnel pour favoriser la rencontre entre les habitants.

    Ce cap est fixé. Mais il y a des urgences ?

    C.R. : La propreté, l’embellissement c’est facile à mettre en place. Nous avons le personnel, le matériel. Il suffit de le vouloir. Nous voulons travailler sur le logement. Nous allons voir si nous pouvons préempter des maisons qui sont en train de s’écrouler pour faire des espaces aérés. Il y a des immeubles qui méritent d’être rénovés et d’autres qui méritent d’être tombés.

    Pour cela, il faut des opérations de renouvellement urbain ?

    C.R. : La commune n’est pas du tout inscrite dans les opérations de renouvellement urbain parce que cela n’a pas été le choix de la mairie. Mais il n’y a plus qu’à dire que nous sommes d’accord et tout est prêt pour que nous y soyons. J’ai déjà des discussions sur ce dossier avec la communauté de communes Cèze-Cévennes. Cela va nous aider et cela va aider aussi les propriétaires. On ne peut pas faire seul. Moi, je crois vraiment au territoire. Bessèges, c’est bien mais autour de Bessèges, il y a les autres communes. Il faut que nous fassions les choses ensemble, sinon nous allons mourir.

    Les petits villages doivent travailler ensemble. Dans la communauté de communes, nous sommes 23 communes. Chacun doit avancer à son rythme mais le travail en commun est indispensable. Nous devons aller dans le même sens.

    *Deux autres listes sont en lice : « Bessèges autrement » conduite par Gilbert Baptiste et une liste RN dont le candidat Nathan Casano est pourtant inéligible.

    Une grande histoire

    L’histoire de la commune de Bessèges est indissociable de celle du bassin houiller des Cévennes. Aujourd’hui, la commune compte 2 606 habitants mais au moment de l’activité minière, à la fin du XIXe siècle, Bessèges a connu un pic de 11 404 habitants en 1881.

    Bessèges se situe à 30 km environ au nord d’Alès, la capitale des Cévennes et à une heure trente de la capitale du Gard, Nîmes.

    La commune fait partie de la communauté de communes Cèze-Cévennes. Créée en 2010, elle regroupe 23 communes. Elle est présidée par le maire de Saint-Ambroix, Olivier Martin. À travers sa compétence de développement économique la communauté de communes De Cèze Cévennes a notamment aménagé et entretient une Zone d’activités économiques (ZAE) pour offrir des terrains viabilisés aux entreprises, commerçants ou artisans.

  • Le jazz, miroir au rythme des battements du monde à Marseille

    Le jazz, miroir au rythme des battements du monde à Marseille

    Miles Davis réchauffait son hiver 1959 en enregistrant Sketches of Spain. Un voyage dans les musiques traditionnelles espagnoles dont s’enivrent le trompettiste new-yorkais Michael Leonhart et le danseur-chorégraphe Israel Galvan, « l’un des plus éminents représentants du flamenco contemporain », situe Hughes Kieffer, directeur artistique du Marseille jazz des cinq continents, à propos de ce spectacle inaugural du festival, le 1er juillet, à la Vieille Charité.

    Fidèle à l’esprit du génie Miles Davis, symbole de l’ouverture du jazz aux quatre vents mondiaux, le festival montrera, jusqu’au 12 juillet, comment la note bleue infuse de partout. Rien d’anodin, non plus, à ce que la clôture de sa 26e édition soit assurée par le bassiste phénoménal Marcus Miller avec We want Miles !, projet célébrant une partie de son œuvre. Aux côtés, excusez du peu, de musiciens ayant « accompagné son retour dans les années 1980 » comme le guitariste Mike Stern, le saxophoniste Bill Evans et le percussionniste Mino Cinelu. Un événement à déguster au parc Henri-Fabre (8e), nouvelle terre d’élection d’un festival forcé de délaisser son QG historique du parc Longchamp, depuis l’an passé, en raison du début de la restauration du site.

    Émotions en cascade

    Cinq soirées prendront donc leurs quartiers dans cet écrin de verdure situé à Saint-Giniez. Dont une, dédiée aux vocalistes, le 8 juillet. Invitation sera faite à Celia Kameni pour « son projet personnel, moins jazz, mais plus dans un univers pop. Quand elle se met à chanter, elle peut te faire rire comme te faire pleurer. ça te soulève du sol », image avec enthousiasme Hughes Kieffer. Sans oublier le crooner louvoyant aussi bien du côté du RnB que du funk, José James, qui viendra célébrer les 50 ans de l’album diablement érotique de Marvin Gaye, I want you, aux côtés de la chanteuse China Moses. Le batteur et chanteur qui mêle son jazz au hip-hop et à l’électro, Kassa Overall, complète l’affiche.

    Lors des jours suivants, se produiront aussi, en ces mêmes lieux, les groupes britanniques GoGo Penguin et Ezra Collective et la chanteuse engagée Awa Ly. Un tour du monde qui battra ensuite au rythme de la neo soul de la bassiste Adi Oasis, de la pianiste Manon Mullener et du Sun Ra Arkestra, orchestre cosmique fondé dans les années 1950 par le compositeur et pianiste afrofuturiste Sun Ra (1914-93). Le parc Henri-Fabre sera aussi le théâtre de Xenia França, « chanteuse RnB venue de Salvador de Bahia qui met du jazz à différents endroits de la musique brésilienne », décrit Hughes Kieffer, avant d’embrayer sur la trompettiste néerlandaise Maité Hontélé, qui a « appris son instrument à Cuba et a joué avec les grandes stars de l’île, puis est partie en Colombie. Elle a même été nommée artiste de l’année dans ce pays ».

    « Baume » de tigres

    « Nous voulons être le reflet de ce qu’il se passe dans le monde autour du jazz en proposant des artistes très sensibles qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, mais que nous garantissons comme des trucs de fou », assure le directeur, qui donnera à entendre, à la Vieille Charité, le trio du trompettiste saoudien Abdullah Miniawy, de la chanteuse franco-brésilienne « indomptée » Gildaa ou l’Orchestre national de jazz, dirigé par la cheffe Sylvaine Hélary. Et ce, à l’occasion d’un hommage à la compositrice Carla Bley (1936-2023). Celle-ci est apparue « à une époque où il y avait très peu de femmes compositrices et cheffes d’orchestre. Une icône qui a connu différentes périodes, d’un jazz tirant vers la musique contemporaine jusqu’à un autre, bien plus accessible, avec beaucoup de mélodies », précise Hughes Kieffer. Alors que « les nationalismes et les racismes » prospèrent hélas, le jazz devient un refuge. « Et un baume », estime-t-il, consacrant aussi ce credo avec deux soirées, au Conservatoire et à la Friche Belle de Mai, qui accueilleront respectivement le duo Jean-Pierre Como-Javier Girotto et le DJ et défricheur de musiques mondiales Gilles Peterson.

  • Niska, Huntrill et ElGrande Toto complètent Marsatac

    Niska, Huntrill et ElGrande Toto complètent Marsatac

    Une quinzaine de nouveaux noms ont été annoncés, mardi, par le festival Marsatac, au premier rang desquels Niska. « Je suis le symbole de ce que le rap est devenu : une musique décomplexée qui touche tout le monde », a maintes fois répété le rappeur, programmé vendredi 12 juin au parc Borély. Récemment encore à l’origine du tube Adriano, il surfe sur l’industrie hexagonale depuis 10 ans et diffuse ses rimes sur des musiques inspirées de l’Afrique comme de la pop occidentale.

    Parmi les autres artistes dévoilés, Huntrill et sa trap nonchalante, tout comme la nouvelle Princess du hip-hop français Juste Shani ou encore ElGrande Toto. Une « figure incontournable du rap marocain » qui « combine des productions fusionnant trap contemporaine et sonorités nord-africaines traditionnelles ». Autant de noms qui complètent une affiche déjà bien garnie par des artistes tels que le phénomène de la pop francophone Theodora, le rappeur Disiz, la chanteuse guyanaise de dancehall Bamby, ou la MC martiniquaise Meryl.

    « Collectifs locaux »

    Parmi les nouveautés annoncées mardi, « un troisième espace scénique dédié aux cultures club » verra le jour pour « mettre en avant des collectifs locaux », résume-t-on du côté de Marsatac, dont la 28e édition s’achèvera, dimanche 14 juin, par « une journée ouverte à tous placée sous le signe de la solidarité et du vivre-ensemble » à travers moments musicaux et autres stands de restauration.

    www.marsatac.com

  • La Région au chevet des lieux de santé

    La Région au chevet des lieux de santé

    « C’est à l’État de le faire, mais c’est nous qui payons », a déploré Renaud Muselier en visite à l’hôpital de Manosque, dont les collectivités financent l’extension, avec une nouvelle unité de soins palliatifs et un institut de formation. Sur les 7,9 millions d’euros du coût total, la Région finance plus d’un million, les communes de l’agglomération 1,9, le Département 500 000 euros et l’ARS 1,25 million. « Je tiens à remercier les maires, parce que c’est le seul endroit en France où on a un tour de table de ce niveau pour aider l’État à payer et soigner nos concitoyens, ça n’arrive jamais », a avancé le président de la Région.

    « Si tout va bien », l’extension devrait ouvrir « en 2029 », a expliqué Gilles Dufour, le directeur de l’hôpital. « On a reçu un avis favorable de la commission régionale d’investissement de l’agence régionale de santé en phase d’éligibilité fin 2025. Le dossier est en cours d’approfondissement. La commission régionale d’investissement doit se réunir le 17 mars pour donner ou non la validité et le top départ du projet », a-t-il précisé. « C’est un projet qui ne pourrait pas voir le jour sans le soutien indispensable et exceptionnel des collectivités territoriales », a-t-il salué.

    Une nouvelle maison de santé

    4,5 millions d’euros seront investis pour l’unité de soins palliatifs, avec 12 lits dont deux supplémentaires, et 3,3 millions pour l’institut de formation paramédicale, a détaillé le directeur de l’hôpital. Le président de la Région, le maire de Manosque, la présidente du Département et le directeur de l’hôpital ont rencontré les soignants et discuté notamment du « déficit chronique sur le fonctionnement de l’hôpital » et de « la mise en place d’une restructuration ».

    Plus tôt dans la journée, Renaud Muselier a visité le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier, où le maire David Gehant porte un nouveau projet de création d’une maison de santé. « Les professionnels de santé sont à l’étroit » dans le bâtiment actuel, a expliqué Dr Marjorie Hubeau. Le centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, a déjà permis de recruter de nouveaux médecins, indispensables dans ce département qui en manque cruellement. Dans la région, « on commence à manquer de médecins et la pyramide des âges est plus élevée que dans les autres régions, ce qui veut dire que, dans les cinq ans qui viennent, on va avoir une difficulté beaucoup plus importante », a avancé Renaud Muselier. Le président de Région s’est félicité d’être passé de 12 à 51 centres médicaux depuis le début de son mandat, dont 16 supplémentaires dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Le maire de Forcalquier a expliqué être en train de faire l’acquisition d’un terrain à l’entrée de la ville qui devrait permettre de réaliser la nouvelle maison de santé en 18 mois. « Sans l’aide de la Région, on est incapable de mettre en œuvre des projets comme ceux-là », a-t-il souligné. « On est les seuls en France à faire ça, ce n’est pas notre mission de payer à la place de l’État », a martelé Renaud Muselier, alors que la Région avait financé le centre de soins Paul-Nalin à hauteur de 720 000 euros.

    Renaud Muselier a également visité à Forcalquier la maison des entrepreneurs, l’un des rares centres Europe Direct situés en zone rurale, et le complexe sportif Alain-Prieur, dans lesquels la Région a également investi.

  • Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    L’université Aix-Marseille (AMU) et SOS Racisme ont signé une convention de partenariat le mercredi 4 mars. La salle du conseil au Pharo est remplie pour l’occasion, en présence d’étudiants et de jeunes militants de SOS Racisme. « Cet accord permet d’accompagner les victimes d’actes racistes et antisémites, dans un contexte où la lutte contre ces actes n’est pas à la hauteur », affirme Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

    L’objectif est d’organiser des événements et des formations contre le racisme et l’antisémitisme pour la communauté universitaire. « SOS Racisme vient informer et former les étudiants et apporte un dialogue différent avec sa connaissance du terrain », explique Éric Berton, président d’Aix-Marseille université. « C’est une réponse globale pour les jeunes étudiants victimes et spectateurs d’actes qui ne sont pas acceptables », indique-t-il. L’université avait d’ailleurs signé un partenariat avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en décembre dernier. Les échanges entre les deux acteurs ont débuté en mai 2025 lorsque des étudiants d’Aix Marseille avaient signalé à SOS Racisme des actes de racisme, d’antisémitisme et de sexisme répétés dans différentes facultés de l’établissement. Des étudiants avaient été convoqués en conseil de discipline et depuis, plusieurs d’entre eux ont été exclus de l’université ou partiellement, selon le président.

    Tolérance zéro

    Un étudiant présent dans la salle s’interroge sur « la lutte contre les discours haineux propagés par les syndicats d’extrême droite sur les campus ». Éric Berton explique que l’université ne laisse rien passer et utilise les éléments juridiques à sa disposition : la sanction disciplinaire et la saisie du procureur de la République.

    La Défenseure des droits, Claire Hédon, a publié un rapport le 26 février qui estime que l’impact des dispositifs de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur reste « encore limité ». Pour Eric Berton, l’AMU est précurseure dans le domaine. « Nous sommes sur le bon chemin, déclare-t-il, nous avons mis en place un processus qui libère la parole. » En 2021, la direction a lancé le Service pour le respect et l’égalité (SpRE), importé de l’université de Montréal, et composé de quatre juristes chargés de traiter les signalements. Résultat ? Le taux de saisie a augmenté, à hauteur de 300 en 2025. L’université affiche une tolérance zéro contre les discriminations et les discours de haine avec une campagne d’affichage qui rappelle que ces actes sont des délits punis par la loi.

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet de boulodrome couvert à Marseille où il fait toujours soleil ?

    Benoît Payan : Marseille est la capitale de la pétanque. C’est un pays où on joue à la longue, où dès qu’on est petit, on connaît, on aime et on joue aux boules, et puis on a le plus grand concours de pétanque au monde : le Mondial La Marseillaise. Il y a deux sports très identifiés à Marseille, le foot et la pétanque, et il me paraissait donc logique au regard de la manière dont on vit ça, qu’on ait un boulodrome couvert. Après, bien sûr qu’il fait très souvent beau à Marseille, mais on a aussi des périodes pendant l’hiver où ça joue moins en raison du temps. Il nous faut des jeux de pétanque couverts et cet équipement permet de jouer en intérieur, et extérieur, avec des dizaines et des dizaines de pistes.

    Le projet prévoit aussi l’installation d’un musée ?

    B. P. : Oui, il y aura un musée de la pétanque qui permettra de montrer, avec une très belle muséographie, toute l’histoire des boules, comment tout a commencé. Je ne vais pas partir de la boule avec les clous, du pourquoi et du comment… mais peu de gens savent, par exemple, que les boules ont été amenées par les marins partout dans le monde. Ils débarquaient dans les ports avec leurs boules et jouaient sur les quais…

    Ce boulodrome couvert est un serpent des mers à Marseille. En quoi n’est-ce pas une promesse de campagne ?

    B. P. : D’abord, c’est finançable, ça ne coûte pas très cher en réalité. Et ce qu’on veut en faire, comme on a pu le faire avec le stade nautique Florence-Arthaud avec des stages pour les écoles, c’est un lieu qui vive, où on apprend à des générations à jouer et faire connaissance avec les boules. C’est un sport qui a cette identité marseillaise très forte. Ce grand boulodrome couvert manquait vraiment à la ville, pour les petits et les grands. En 2020, on n’a pas fait de promesses irréalisables et on n’en fait toujours pas. On est sur un objet monde que la ville et les Marseillais méritent. La pétanque comme la longue, est un art de vivre, c’est dans notre ADN. Je veux juste qu’on puisse jouer toute l’année. Et puis surtout, ça va permettre l’organisation d’un grand concours l’hiver. On a le Mondial La Marseillaise l’été, on peut avoir une grande compétition internationale l‘hiver.

    Vous aviez été à l’initiative de l’expo Pétanque ! au Musée d’Histoire de Marseille. Quel est votre lien avec la pétanque ?

    B. P. : Le jour où j’ai annoncé à mes équipes que je voulais faire une exposition dans un musée autour de la pétanque, les gens m’ont regardé comme un Ovni. Or, elle a vraiment bien fonctionné parce que beaucoup de gens ont une histoire avec la pétanque. Les gens étaient heureux de voir cette expo, ces photos et le rapport que la ville entretient à la pétanque. Moi, j’ai un grand-père qui était licencié, un père qui est toujours licencié et petit, il m’a traîné sur tous les terrains et tous les concours qui existent. Quand il n’y en avait pas, j’allais tous les dimanches après-midi à Caujolle regarder jouer. Et donc, quand tu es petit, tu commences à t’y habituer, tu prends une boule dans la main, tu joues. Moi, j’ai un rapport familial à la pétanque, mais il y a des gens qui n’ont pas cette chance et qui vont pouvoir, avec un équipement public vraiment structuré, jouer quand ils ont envie.

    Quelle sera la place des clubs ?

    B. P. : Beaucoup de clubs ont des lieux déjà dédiés, mais on peut imaginer qu’ils puissent venir s’inscrire et puissent, comme pour un stade en fait, prendre des créneaux. Après, si tu as 45 pistes à l’intérieur, un club n’a pas forcément besoin de 45 pistes, mais tu peux organiser ton tournoi l’hiver safe en disant, moi j’ai besoin de 10 pistes…. On est vraiment sur un équipement à vocation locale qui peut recevoir des compétitions nationales et internationales.

  • À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    Philippe Bertrand n’est plus le candidat socialiste à la mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban. La fédération des Alpes-de-Haute-Provence lui a officiellement retiré son soutien ce mardi 3 mars, en raison « de la composition de sa liste », comme a indiqué le Premier secrétaire fédéral du département, Boulares Soltani. Il lui était depuis longtemps reproché de présenter à ses côtés des personnalités ayant des proximités avec la droite et l’extrême droite. L’intéressé a immédiatement réagi via un communiqué, affirmant que sa liste « est et restera sans étiquette », et se présentant comme « à la tête d’une équipe pluraliste et indépendante ».

    Colistiers problématiques

    La tête de liste de l’opposition, ancien premier adjoint de Patrick Martinelli de 2014 à 2020 à Château-Arnoux-Saint-Auban, était jusque-là officiellement investie par le PS. Pourtant, cette situation suscitait de l’incompréhension au sein de la fédération locale. « Quand on voit les personnes à qui il s’est associé sur la liste, des gens de la droite ciottiste et de l’extrême droite, ça nous mettait extrêmement mal à l’aise », assure Sylvie Lyons, secrétaire de la section PS de Digne-les-Bains. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence, le soutien des sections locales de LR et du RN, soutien que la section Rassemblement national du 04 avait ensuite démenti.

    Sylvie Lyons affirme que ses alertes répétées auprès du Premier secrétaire national, Olivier Faure, et du secrétaire fédéral, Boulares Soltani, sont restées lettre morte pendant plusieurs semaines. « On ne peut que se réjouir que le Premier secrétaire fédéral ait rectifié sa position, mais Philippe Bertrand a longtemps affirmé avoir le soutien de la fédération alors qu’il n’en a jamais été question en conseil », s’interroge-t-elle. Pour elle, ce retrait a le mérite de clarifier la position de la fédération, mais à deux semaines du scrutin, il arrive bien tard.

  • Les supporters du Sporting Toulon s’invitent dans le débat

    Les supporters du Sporting Toulon s’invitent dans le débat

    « Alors que le football est le sport le plus populaire, Toulon se distingue comme étant la seule ville parmi les 20 plus grandes du pays à ne pas compter de club professionnel, se privant des retombées sportives, économiques, sociales et sociétales qui vont avec », enrage Emmanuel, un fidèle supporter du Sporting, un club qui a très longtemps brillé et fait vibrer les tribunes de Bon Rencontre avant de tutoyer les abîmes. Et actuellement relégable en Nationale 2 (4e division).

    Une communauté « fortement mobilisée »

    Pour les passionnés de football, « le Sporting est englué dans une gestion inefficace depuis années maintenant ». Et cela, poursuivent-ils, « aussi bien au niveau de la Société anonyme sportive professionnelle (SASP) qui gère l’équipe première, qu’au niveau de l’association qui gère les équipes de jeunes, dont aucune n’évolue au niveau le plus haut de sa catégorie ».

    Les supporters s’estiment par ailleurs méprisés par la direction du club, et se disent obligés de développer eux-mêmes les outils de leur passion à travers des forums en ligne, des réseaux sociaux dédiés et des webmédias. « Car, si le président Claude Joye a réussi le tour de force de vider le stade de Bon Rencontre, il n’en reste pas moins que la communauté des supporters reste fortement mobilisée par ailleurs et milite pour son départ du club », reprend Emmanuel, remonté.

    Et de poursuivre : « À ce jour, nous entendons les prises de position et les promesses des candidats aux élections municipales de Toulon sur le sujet Sporting. C’est une bonne chose au regard des enjeux, de ce que représente cette institution dans l’histoire locale, mais aussi au regard des centaines de milliers d’euros d’argent public attribués au club par les collectivités. »

    Des candidats prévenus

    Pas question, pour autant, de laisser retomber la pression à quelques jours du premier tour. Regroupés comme jamais, ils souhaitent donc les interpeller très clairement : si les choses évoluent positivement après leur prise de fonction, ils seront partie prenante. En revanche, si les engagements ne sont pas tenus, ils sauront faire entendre leur voix pour dénoncer les manquements et faire connaître les responsabilités de chacun.

    Au moins, le message a le mérite d’être clair. La balle est désormais, à nouveau, dans le camp des politiques.

  • À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    La campagne municipale n’a pas manqué de s’installer, aussi, sur le marché d’Encagnane. Dans ce quartier dit populaire d’Aix-en-Provence ce mercredi matin, les militants LFI tractent d’un côté, la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes menée par Marc Pena, de l’autre. Cette fois-ci, aux côtés du candidat, se tiennent Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône et Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Ecologiste et Social à l’Assemblée nationale et députée de la 2e circonscription de l’Isère. Elle était la veille à Hyères, pour soutenir la liste Unie à Gauche. « Aujourd’hui, l’enjeu est celui de la mobilisation, dire aux citoyens que s’ils en ont marre, il y a un moyen de faire autrement et pour cela, il faut aller voter les 15 et 22 mars », assure la députée Écologiste, tract de la liste Aix Avenir en main. Elle constate : « Cela fait 20 minutes qu’on est sur le marché et déjà les questions de logement, de rénovation urbaine, les problématiques de chauffage et d’isolation, reviennent régulièrement. Ce sont des sujets sur lesquels la mairie doit tenir son rôle, dans son rapport au bailleur. Il n’empêche que ça reste des structures financées par le public, c’est un choix ou pas de faire le suivi de ce qu’il se passe. »

    « Basculer » à gauche

    Il y a urgence, pour Cyrielle Chatelain, à mener des rénovations urbaines, végétaliser, et, certes, si les communes sont en proie aux contraintes budgétaires, « dans cette situation difficile, une mairie fait quand même le choix d’investir dans certains sujets (…) Il y a un soutien (national) on est aujourd’hui ici avec un sénateur communiste, la gauche mène globalement bataille pour avoir davantage de moyens pour des collectivités, qu’elles retrouvent une liberté d’administration plus forte ». À ses côtés, Clément-Frel Cazenave (EELV), numéro trois sur la liste, rappelle que « l’écologie politique ce n’est pas juste l’environnement c’est aussi prendre en charge des problématiques sociales (…) ici, on est place Romée de Villeneuve, inaugurée il y a deux semaines : elle est totalement minéralisée. Les habitants ont été concertés sur le sujet, mais leur avis n’a pas été retenu… » Pour le sénateur Jérémy Bacchi, sa présence en soutien au candidat de gauche aixois s’inscrit dans une démarche plus large. « Je suis venu soutenir la liste d’union de gauche et écologiste qu’il conduit comme je le fais dans plusieurs communes de notre département, avec l’idée, plus largement, qu’il peut y avoir plusieurs bascules de villes dans le giron de la gauche, détaille Jérémy Bacchi. Il y a la volonté de créer les conditions pour cela : nous avons signé un accord historique dans 99% des communes que nous portons, pour créer une dynamique globale, et l’emporter dans un maximum de communes. » Ainsi entourés, Marc Pena et ses colistiers s’affairent, eux, à convaincre, distribuer les tracts, entendre les doléances d’habitants et de marchands aussi.

    Des conseils de quartier

    « Nous n’avons jamais eu de place autorisée sur le cours Mirabeau, malgré toutes nos demandes [pour les marchés d’été, Ndlr] », rapporte un vendeur de bijoux et accessoires. « Ils s’arrangent avec certains, c’est toujours les mêmes. Je connais le système. Si je suis maire je le changerai. Ce sera transparent où tout le monde peut candidater », promet Marc Pena. Un peu plus loin, on se plaint des rats dans le quartier, du manque d’arbres, des chaleurs dans les classes l’été… « Alors, qu’est-ce que vous allez changer ? », interpelle une cliente du marché. « Je vais gouverner de manière collective. Je prévois de créer ce qui existe dans la loi mais qui n’a jamais été fait à Aix, des conseils de quartier. »