Alors, durant la balade, elle n’hésite pas à faire profiter aux autres de ses connaissances. De passage à quelques centaines de mètres de la plage des Catalans, elle raconte à Sarah, une animatrice de MJC, l’histoire du musée subaquatique et de ses statues immergées dans la Méditerranée. De l’autre côté du pointu, Phil, le guide de cette sortie en mer, livre lui aussi son savoir sur la ville. À quelques mètres du port du Vallon des Auffes, il raconte l’histoire d’une immense bâtisse blanche, qui servait autrefois de bistrot, d’un bâtiment de la Légion étrangère où venaient « se réparer les soldats de retour d’Algérie ». Ou encore de la porte d’Orient, « hommage aux combattants marocains et algériens venus libérer la France pendant la Seconde Guerre mondiale ». À la barre, cet ancien cuisinier, devenu capitaine de bateau, dresse un constat : « La plupart des Marseillais ne connaissent pas la ville vue de la mer. » Ces activités sont l’occasion de faire découvrir ses secrets au plus grand nombre. Parmi les visiteurs, « des centres sociaux, mais aussi des personnes âgées », explique-t-il. À l’image de la quinzaine d’adolescents d’une MJC de l’Ariège présente ce jour-là. Des passagers dont les retours semblent positifs. Comme Joseline et Maryse, déjà présentes la semaine dernière. Ces deux Marseillaises ont décidé de revenir car selon elles, « rien que pour rester sur l’eau, ça vaut le coup face à ces fortes chaleurs ». Après une heure de balade, elles se disent toujours aussi « émerveillées par les paysages ». Convaincues de revenir, une nouvelle fois pour une escapade au coucher du soleil.
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Succès public pour la première partie de La Biennale d’Aix-en-Provence
Pendant la Biennale, chaque recoin de la capitale de Provence devient un lieu de recherche artistique. L’art, se veut accessible à tous au cours de cette manifestation culturelle qui occupe les lieux patrimoniaux de la ville. Pour sa troisième édition, la Biennale d’Aix a mis l’Italie à l’honneur.
Sa première partie, lancée le 11 avril, s’est achevée le 14 juin. Quelques semaines après ce premier volet, les équipes de la Biennale en tirent un bilan « positif », avec « 50 propositions artistiques réparties sur 8 week-ends, dont 48 en accès libre et 26 dans l’espace public et jardins ». Pour illustrer son succès, quelques chiffres sont mis en avant. Parmi les expositions et performances de cette première partie, celle du Collectif XY, dont les acrobates ont voltigé sur le haut du cours Mirabeau pour ouvrir cette Biennale. 16 000 personnes, ont assisté à ce lancement. Le 23 mai, à l’occasion du Temps fort Art contemporain, 5 000 personnes ont été recensées pour assister à Monumental, parcours nocturne dédié aux arts numériques.
La seconde partie à venirPour l’exposition De Hugo Pratt à Corto Maltese, présentée par le Festival de bande dessinée, en partenariat avec la Biennale, ce sont plus de 10 000 visiteurs qui ont été accueillis à la Galerie de la Manufacture, où elle était exposée. Pour l’installation-performance Dream, imaginée par le chorégraphe italien Alessandro Sciarroni et qui a valu l’ouverture spéciale de l’église de la Madeleine, fermée pour restauration, 400 spectateurs ont été enregistrés sur la seule après-midi du samedi 6 juin. Si la plupart des œuvres et performances s’en sont allées, deux programmations majeures restent encore. À commencer par La mode italienne, de Marino Parisotto, visible à La Manufacture jusqu’au 31 juillet, et l’exposition Incarnation, Carte Blanche à Jeanne Vicerial, exposition installée dans quatre lieux de la ville, jusqu’au 4 octobre.
Par ailleurs, les esquisses de la seconde partie de la Biennale ont été dévoilées. Elle s’ouvrira le samedi 12 septembre, après une pause estivale, et de la même façon qu’en juin : le Collectif XY offrira une performance sur la Place Romée de Villeneuve, dès 18h30. Par la suite, quelques rendez-vous phares sont à noter. Côté contemporain, La Passeggiata (d’après), de Chiara Camoni est à voir jusqu’au 7 novembre à la Chapelle des Andrettes et le Festival Les Promesses de l’aube est porté par la Ville d’Aix-en-Provence, en partenariat avec AMU, est prévu dans plusieurs lieux, sur plusieurs dates. Également, le week-end d’ouverture de la Biennale des imaginaires numériques aura lieu les 30 et 31 octobre.
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Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue
Le concert hommage à Queen se tiendra-t-il le 4 septembre au théâtre antique d’Orange ? C’est la question au cœur de l’audience qui se tient, ce lundi, devant le tribunal administratif de Nîmes. Le producteur du spectacle, David Hardit, conteste la décision du maire RN Jean-Dominique Artaud d’annuler l’événement, programmé par l’ancienne municipalité.
Le spectacle gratuit devait réunir 600 choristes bénévoles. « Ce n’est pas normal qu’un maire annule arbitrairement un spectacle », tempête l’organisateur qui demande au tribunal « l’annulation de la décision du maire ».
Le maire RN justifie son choix par « un arbitrage budgétaire ». Contacté par La Marseillaise, il invoque une dépense de 300 000 euros, après un éboulement bloquant une route depuis novembre. Et d’ajouter : « Le but est de rétablir l’équilibre financier tel que le recommande la chambre régionale des comptes. »
Raisons budgétaires contestéesPour David Hardit, l’argument économique ne tient pas. « Il n’y a pas de souci de finances », balaie-t-il. Il s’appuie sur une attestation signée par l’ancien maire Yann Bompard (Ligue du Sud), faisant état d’un excédent de deux millions euros dans les comptes de la Ville en 2025. L’ancien édile y assure que « le spectacle ne menace absolument pas les finances publiques ». David Hardit conteste aussi les montants avancés par le maire actuel. « Il annonce 150 000 euros alors qu’avec la technique ça va lui coûter 75 000 au plus. » Selon lui, l’économie réalisée par le maire en cas d’annulation serait bien inférieure aux 100 000 euros annoncés : « Il nous doit 41 000 euros donc il économise 25 000 », assure-t-il, en référence au contrat signé avec l’ancien maire, qui prévoit le versement de 41 125 euros à la production.
Le document stipule aussi qu’une annulation n’est possible qu’en cas de force majeure. « Dans le contrat, il n’y a pas les raisons budgétaires », martèle David Hardit. Pour le producteur, les premiers pénalisés restent les choristes. « Ils ont réservé hôtels, trains et ont dû poser des jours de congé, déplore-t-il. Et là on leur dit : “Restez chez vous“. » Il estime leur préjudice à près de 90 000 euros.
Avant de saisir la justice, le producteur assure avoir « épuisé tous les recours ». Il dit même avoir proposé au maire de prendre à sa charge le reste du coût du spectacle. Si son recours est rejeté, il fait une promesse : offrir le spectacle à une autre commune.
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Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne
Les incendies continuent de se propager violemment dans différentes régions d’Espagne. C’est depuis le milieu de la semaine, l’ouest de la communauté de Madrid et les régions d’Avila et de Tolède qui sont la proie des flammes et depuis samedi la province de Castellon. Depuis samedi, c’est près de Valencia à Manises que s’est déclaré un incendie désormais sous contrôle, on déplore une personne décédée. Un autre front s’est ouvert à Vall d’Uixo dans la province de Castellon où 16 000 personnes ont été évacuées, cet incendie très préoccupant est actuellement hors de contrôle.
Les incendies de la région de Madrid et d’Avila, qui étaient encore dimanche matin difficiles à contrôler du fait du vent qui souffle sans discontinuer, sont contenus depuis hier après-midi. Au moins 88 500 personnes ont été contraintes d’évacuer leurs maisons ou de s’y confiner. 45 000 hectares ont été décimés. L’état d’urgence nationale a été décrété par le gouvernement pour les régions de Madrid, Avila et Tolède. Au total en Espagne ce sont 120 000 personnes qui sont d’ores et déjà affectées par ces incendies. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a fait le point de la situation ce dimanche à 11 heures depuis le poste de commandement à Navaluenga région d’Avila.
Un pacte d’État face
à l’urgence climatiqueEntouré du maire d’Avila et du président de la communauté Castilla- Léon, Pedro Sanchez a adressé ses remerciements et sa reconnaissance aux effectifs des services publics : « Je voudrais ajouter à ces remerciements, la communauté autonome de Castilla la Mancha qui hier a intégré le commandement unique que nous avons créé suite aux incendies dans la province de Tolède. Je salue l’aide de notre pays frère, le Portugal », relevant que la nuit de samedi sur le front des incendies avait été plus positive, il a insisté sur la nécessité pour les populations impactées de privilégier la prévention et la vigilance. « Samedi, nous donnions le chiffre de 130 000 hectares affectés depuis le début de l’année, aujourd’hui nous sommes au-dessus de 150 000 hectares plus de 20 000 hectares brûlés en plus en moins de 24 heures, avec une dizaine d’incendies, et 32 depuis le début de l’année. C’est-à-dire six fois plus que l’année dernière à la même date. » Le chef du gouvernement a estimé qu’il était nécessaire que tous les acteurs politiques et institutionnels, civils et sociaux aient une réflexion ensemble. « C’est une exigence, c’est un devoir moral que nous devons matérialiser dans un grand pacte d’État face à l’urgence climatique. Les incendies ont toujours existé mais leur multiplication, ces climats extrêmes où l’on passe d’une tempête à un grand incendie, nous indiquent ce que la science nous a dit déjà depuis longtemps, nous devons non seulement donner une réponse à ces événements climatiques, mais on doit aussi intégrer les données de la science pour que nous faisions les meilleures politiques en faveur de nos concitoyens. On doit le faire à tous les niveaux en mettant les ressources économiques nécessaires », a affirmé Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement a conclu en réaffirmant la présence de l’État et sa vigilance de tous les instants face à cette catastrophe et annoncé de prochaines mesures : « Mardi en conseil des ministres nous approuverons un Royal décret-loi pour déclarer les zones affectées en catastrophe naturelle et apporter toutes les aides nécessaires aux citoyens et collectivités. »
Hier après-midi, l’incendie de Vall d’Uixo dans la province de Castellon demeurait incontrôlé avec un bilan provisoire de 4 500 hectares détruits. Le dispositif en place a été renforcé par l’envoi de plusieurs hélicoptères.
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Dans les Hautes-Alpes, le feu toujours en cours ne progresse plus
Selon un point d’information de la préfecture des Hautes-Alpes, dimanche soir, « le feu [entre les communes de L’Argentière-La Bessée et Freissinières] n’a plus progressé depuis maintenant 24h grâce à l’action des groupes d’intervention et de lutte mobilisés toute la journée. La surface parcourue par le feu reste estimée à 510 hectares. Aucune victime civile n’est à déplorer. Aucune habitation n’a été endommagée ».
La préfecture précise que « depuis le début de la crise, cinq sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés au cours des opérations. L’action des secours se concentre désormais sur le traitement des nombreux points chauds persistants, pour éviter et combattre toute reprise de feu par moyens terrestres comme aériens. Un drone de reconnaissance a été affecté aujourd’hui à la détection de ces points chauds ». Un total de 136 sapeurs-pompiers et militaires, appuyés par 46 engins, demeurent mobilisés pour lutter contre l’incendie. L’hélicoptère bombardier d’eau léger, affrété par le territoire ainsi que les deux hélicoptères bombardiers d’eau (renforts nationaux), sont affectés au traitement des reprises dans les endroits difficiles d’accès.
Pour la préfecture « les chutes de pierre restent un risque majeur, à la fois pour la sécurité de nos intervenants, et pour la réévaluation des mesures d’évacuation et de fermeture des routes. Les mesures de protection des populations, notamment l’évacuation de certaines habitations demeurent inchangées ». Dès ce lundi, les services experts de l’État décideront d’une stratégie de réévaluation de l’exposition aux chutes de blocs des hameaux évacués. Pour garantir la sécurité des personnes et faciliter l’action des secours, la RD 138A et RD38 entre la RD138A et Pallon restent fermées à la circulation. La RD 38B qui avait été interdite sauf aux riverains est rouverte.
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Des cours de stand-up pour des apprentis humoristes
Notre objectif c’est que nos élèves fassent de l’humour leur métier. » Sébastien Mei, fondateur du Marseille Comedy Club, voulait « élever le niveau général des humoristes marseillais ». Alors il a eu une idée : proposer des cours de stand-up au cœur de son Comedy Club, et encadrés par plusieurs professionnels marseillais de l’humour, dont Pascal Tino. 2025-2026 signe la première année de cette formation.
L’apprentissage se déroule pendant un an et se divise en deux formules. Pour les humoristes débutants ou avec peu d’expérience, deux heures par semaine sont conseillées : « On reprend la base d’une blague, avec la prémisse, l’angle et la punchline », décrypte Sébastien. Pour les plus rodés, un parcours professionnalisant existe. Au programme, six heures de cours par semaine, avec des week-ends animés par des humoristes de renom, comme Tania Dutel. « Et chaque samedi à 18h, on organise une scène dédiée à nos élèves pour qu’ils puissent tester leurs blagues en conditions réelles », ajoute le fondateur.
Une expérience riche en rencontres. Après trois ans de stand-up, Laurent Ledon a opté pour la formation professionnalisante du Marseille Comedy Club : « On a parlé avec beaucoup d’humoristes confirmés et ça a enlevé mes points d’interrogation sur la profession. » Il explique que chaque intervenant a son domaine de spécialité. « J’ai appris comment positionner mon corps et ma voix de manière comique. Mes sketchs aujourd’hui ont vraiment progressé par rapport à l’année dernière », raconte l’humoriste.
Tarifs : 80 € par mois pour 2 heures par semaine. 230 € par mois pour 6 heures par semaine.
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Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette
Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.
M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »
« Un chef étoilé
pour 40 couverts »Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.
Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.
« Tout projet est voué
à l’échec »« Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.
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![[C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/747461c5690a4d6f40b35d9b2eba0dce.png)
[C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique
Il y a un an, Patrick Fustier n’avait « pas le temps de stresser ». De la mi-juin à la mi-juillet 2025, le co-président du collectif « Sauvons le Nîmes olympique » enchaînait les réunions et les démarches pour empêcher le club gardois de sombrer. Menacé d’une rétrogradation jusqu’en Régionale 1, le NO avait finalement obtenu son maintien au quatrième échelon national devant la DNCG. « Franchement, nous y avons toujours cru. C’est l’ADN du collectif », assure-t-il aujourd’hui.
Depuis, le club a repris des couleurs. Derrière une nouvelle direction constituée autour d’entrepreneurs locaux, les Crocos ont joué la montée jusqu’au bout, échouant à seulement un point de la première place. Dans les tribunes, le public est également revenu : près de 5 000 spectateurs de moyenne, selon Fustier, et jusqu’à 7 000 ou 8 000 personnes lors des dernières rencontres à enjeu. « Le bilan est vraiment positif quand on se retourne sur le chemin parcouru », estime-t-il. Avec, tout de même, « un petit goût d’inachevé ». Car pour celui qui considère que la place du NO demeure dans le football professionnel, la renaissance ne sera complète qu’avec une remontée sportive.
Le modèle local constitue néanmoins une première victoire. Face à un football français où les clubs passent sous pavillon étranger et se fondent dans des systèmes de multipropriété, Patrick Fustier défend un autre chemin. « Nîmes est un club populaire, dans une ville populaire. Il s’est toujours bâti sur un ancrage local. »
De supporters à garde-fousCréé en 2023 dans l’urgence, Sauvons le Nîmes olympique n’a pas disparu avec le danger. L’association revendique désormais 2 100 adhérents, dont environ 750 socios ayant participé financièrement au sauvetage. Elle est également entrée au capital du club et dispose d’une voix au conseil d’administration. « Il y a Bastia, Sochaux et nous. Quand on y réfléchit à tête reposée, c’est quand même pas mal », sourit Patrick Fustier. La proximité avec la direction ne doit pourtant pas faire taire les critiques. Le collectif entend servir de « courroie de transmission » entre les tribunes et les dirigeants, mais aussi de « garde-fou » en cas de nouvelle dérive, une possibilité inenvisageable du temps de Rani Assaf.
Sa mission est donc loin d’être achevée. « Le club est encore en quatrième division et joue dans un stade provisoire. On pourra peut-être souffler quand il sera revenu en Ligue 2 et dans un stade des Costières de nouveau en usage. » Sur ce dossier, Patrick Fustier affiche son optimisme. Après avoir interpellé tous les candidats aux municipales, le collectif peut désormais compter sur plusieurs relais à la mairie : son ancien co-président Dimitri Pialat, délégué aux équipements sportifs, l’adjoint Bruno Ferrier et le maire Vincent Bouget, tous des amoureux du club. La visite organisée aux Costières à la fin du mois de juin a conforté ses espoirs.
Pour le retour du football, Patrick Fustier vise l’été 2028. « Si, dans deux ans, nous étions de retour aux Costières, ce serait super. En termes d’émotion, je pense que cela déborderait dans le stade. » Peu importeraient alors l’adversaire ou le niveau : « Les gens reviendraient simplement pour dire que nous sommes de retour dans le vrai stade. » Car les Antonins n’ont jamais remplacé les Costières dans son cœur. « Au gré de ma vie, j’ai fréquenté les quatre tribunes. Je me suis quelque part approprié ce stade, je m’y sens un peu chez moi. »
Il se souvient des derbies, de la demi-finale de Coupe de France face à Montpellier et des soirées européennes contre Budapest ou Stockholm. Autant de souvenirs qui lui rappellent que le destin d’un club n’est jamais écrit. Après avoir maintenu la flamme lorsque le NO vacillait, les supporters rêvent désormais de la rallumer aux Costières. « Impossible n’est pas Nîmois. »


