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  • [Entretien] Manuel Minervini, Rifondazione comunista :« Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement »

    [Entretien] Manuel Minervini, Rifondazione comunista :« Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement »

    La Marseillaise : Quelle est votre première réaction à votre élection comme maire de Molfetta ?

    Manuel Minervini : C’est bien sûr une réaction de joie, de grande satisfaction. C’est le fruit du travail collectif réalisé par ma coalition progressiste durant des semaines. Nous avons investi les places de la ville pour écouter les attentes des citoyens et dire la nécessité de porter aux responsabilités des élus déterminés à agir pour une ville plus juste, plus inclusive, plus verte, une ville attentive à l’importance d’une croissance soutenable, capable de donner un cap politique constructif au monde du travail.

    C’est une première depuis des décennies pour un membre de Rifondazione comunista. Quelle est selon vous la clé de votre succès ?

    M.M. : Le secret de cette victoire réside très certainement dans la capacité de notre parti à être bien implanté sur le territoire avec un siège physique, des militants très actifs et d’avoir réussi, par un travail de longue durée, à mettre en responsabilité une nouvelle génération à laquelle j’appartiens. Je ne suis pas un cas isolé, je suis entouré de nombreuses jeunes femmes et hommes fortement engagés et qui ont étudié le terrain pour être efficaces. En résumé, nous avons conjugué radicalité et enracinement car les deux ne peuvent pas être séparés. Si on fait un travail de pur marketing, aucune victoire ne peut être envisagée. Il est nécessaire, y compris quand le vent souffle dans la direction opposée, de tenir bon dans la durée. C’est ce qui aide à être prêts et organisés dans les moments plus favorables.

    Dans un pays dont le gouvernement est héritier du fascisme, quel rôle peuvent jouer des municipalités progressistes ?

    M.M. : Les communes peuvent faire beaucoup. Elles peuvent mettre en œuvre des politiques publiques pour une ville plus accessible qui n’oublie pas les personnes les plus fragiles, le droit au logement, le droit à une vie digne. Elles peuvent réunir les conditions nécessaires à la revitalisation d’un tissu productif créateur d’emplois mais aussi soutenir l’amélioration des conditions de travail et les aspirations à avoir un salaire décent, à avoir accès à des lieux publics qui soient des espaces de respiration. Je pense notamment aux parcs publics et aux plages qui ont été très privatisées dans notre ville. Les communes peuvent aussi mettre en œuvre des politiques d’égalité des droits pour les personnes handicapées. Les communes sont capables de nouer des coopérations entre elles et travailler en lien avec les Régions. Elles peuvent faire beaucoup à condition de partir des besoins des citoyens. Pour que cela ne reste pas une simple déclaration d’intention, il faut créer des cadres de participation citoyenne. Par exemple, dans la campagne, nous avons proposé une grande consultation des comités de quartiers pour que chacun puisse s’exprimer mais surtout s’impliquer dans la chose publique.

    Quelles seront vos premières mesures ?

    M.M. : Nous avons porté une mesure essentielle durant ces dernières semaines : nous allons bloquer un projet de construction délirant sur le port de Molfetta qui boucherait l’horizon et serait en contradiction avec la vocation de notre port. Nous allons aussi rapidement mettre en sécurité les plages de notre ville qui ont subi une privatisation du littoral de très grande ampleur tandis que les espaces publics accessibles à tous ont été abandonnés sans aménagement ni police. Nous avons également en tête l’idée d’organiser un événement culturel pour l’été qui soit décentralisé dans les quartiers périphériques de Molfetta et qui implique les acteurs culturels locaux. Nous héritons d’une politique culturelle avec des événements peu nombreux mais de grande taille qui sont confiés à des opérateurs extérieurs à la ville alors qu’elle recèle une grande diversité et une grande vitalité culturelles qui doivent pouvoir s’exprimer. Ce sera aussi pour nous une manière de « faire ville ensemble ».

  • Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    En appuyant sur le bouton rouge de la mise sous tutelle le 28 avril dernier, c’est une réaction en chaîne qu’ont déclenchée les élus de la Métropole Aix-Marseille. Parmi les victimes collatérales, des commerçants impactés par les chantiers métropolitains ne reçoivent plus le moindre centime des indemnités promises.

    C’est le cas à Aubagne du Régence, bien situé sur le cours Voltaire où le Val’tram doit entrer en service en 2027. Il y a deux semaines, celui-ci a vu son électricité coupée en plein service en raison d’impayés. « Ils ont bloqué pendant plus de deux ans la ville, et nous étions en face des dépôts du chantier du tramway, témoigne un responsable du restaurant. À partir de là ça a été la catastrophe. Cela a impacté la clientèle, la moitié du chiffre d’affaires a été perdue. » Son dossier avait été validé par la commission métropolitaine d’indemnisation amiable (CMIA), qui compense chaque semestre à hauteur de 60% des pertes constatées les professionnels touchés par les grands chantiers réalisés par l’institution. « Mais le dernier versement a été bloqué », déplore le responsable. Et face aux impayés, le courant coupé en plein service.

    « Stricte réserve juridique »

    « Une bonne dizaine de commerçants sont concernés, place Castellane à Marseille ou à Aubagne, partout où il y a eu des travaux », alerte Bernard Marty, le président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans les Bouches-du-Rhône (Umih 13). Il déplore que ces indemnisations, déjà prévues, ne soient pas versées. « Nous ne sommes pas responsables des résultats financiers de la Métropole, tempête-t-il. Il y a des engagements pris, on aimerait qu’ils soient respectés. Tous ces commerçants sont en danger ! »

    « Il y a des situations très compliquées, nous avons identifié ce problème comme étant prioritaire », acquiesce l’adjointe (DVG) marseillaise au commerce, Rebecca Bernardi. « Tant que la situation n’est pas débloquée avec la chambre régionale des comptes, rien ne peut être versé », déplore-t-elle, alors qu’une commission qui devait se réunir a été annulée.

    « La Métropole est pleinement solidaire des commerçants impactés par les grands chantiers de transport », indique-t-elle, avec 268 dossiers déjà traités. Pour ceux qui ont déjà été validés, « le versement a subi un léger décalage technique lié au renouvellement de l’exécutif métropolitain » et doit être débloqué par les Finances publiques la semaine prochaine. Mais pour les nouveaux dossiers, elle reste « temporairement soumise à une stricte réserve juridique concernant l’engagement de nouvelles dépenses », jusqu’à la notification officielle du budget par le préfet début juillet. Après la validation lundi, la chambre régionale des comptes doit de son côté présenter sa copie ce jeudi, tandis que les maires de la Métropole se réuniront le 15 juin pour l’étudier.

  • Le Mondial débute entre stars et tensions

    Le Mondial débute entre stars et tensions

    Cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme celle de tous les records. Pour la première fois, la Coupe du monde est organisée conjointement par trois pays d’Amérique, qui s’apprêtent à accueillir le gratin du football mondial. États-Unis, Mexique et Canada sont les trois hôtes de cette 23e édition à rallonge du plus grand événement sportif planétaire (11 juin-19 juillet). Un tournoi XXL s’apprête à débuter, ce jeudi, avec pas moins de 48 nations représentées -pour le plus grand bonheur de la Fifa, financièrement parlant- et des matches disputés dans 16 villes, de Monterrey à Vancouver, en passant par Seattle, Kansas City et New York.

    Une compétition polémique depuis ses prémices, mais dont l’intérêt sportif reste intact. L’Espagne de Lamine Yamal est l’équipe la plus impressionnante de ces derniers mois, mais les favoris sont nombreux. La France (voir ci-contre), le Portugal et l’Argentine, championne en titre, seront redoutables. Les doutes s’accumulent autour du Brésil, de l’Allemagne et de l’Angleterre, avec une liste presque sans stars. Les deux meilleures nations africaines, Maroc et Sénégal, ont enfilé leur costume d’outsiders dans la quête du dernier carré.

    La Coupe du monde n’a pas encore commencé que les États-Unis reçoivent carton rouge sur carton rouge. La planète football a déjà trouvé sa première figure marquante du tournoi avec l’officiel somalien Omar Abdulkadir Artan. Désigné meilleur arbitre africain 2025, l’homme de 34 ans a été refoulé à son arrivée aux États-Unis après 11h d’interrogatoire et de rétention administrative, avant d’être renvoyé vers Istanbul. En cause : des documents jugés non conformes selon les services américains de protection des frontières. « J’avais les bons papiers et le bon visa. Malgré les circonstances, je garde une attitude positive », affirme l’arbitre. « La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte », se contente de déclarer l’instance organisatrice.

    Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai, avec des problèmes de visas observés pour des supporters, journalistes, sans parler des délégations, comme l’Iran ou l’Irak. Donald Trump a durci sa politique migratoire, avec une implication accrue de l’ICE, police de l’immigration, alimentant un climat d’inquiétude. De son côté, la Fifa s’efforce de se dédouaner de ces situations, malgré la proximité affichée entre son président, Gianni Infantino, et Donald Trump.

  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Tarascon et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise. Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.

    Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal de Fibre Excellence avait refusé tout net de mettre la main à la poche. Aussi, « moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • [Quoi de neuf] « Localement, le gros problème c’est le logement »

    [Quoi de neuf] « Localement, le gros problème c’est le logement »

    À l’occasion de ses 75 ans, l’UFC-Que Choisir a fait évoluer son nom pour devenir « Que Choisir Ensemble ». Née en 1951, l’association est composée d’associations locales dans tous les territoires, dont l’Hérault. En septembre Que Choisir Ensemble-Montpellier va célébrer ses cinquante ans d’existence lors d’une grande journée de rencontres et de débats, le 18 septembre. Outre le thème central du logement, l’association milite pour l’accès aux soins.

    Françoise Verna : Rappelez-nous les domaines d’intervention de Que Choisir Ensemble Montpellier. Y a-t-il des spécificités de l’aide apportée aux consommateurs dans le territoire ?

    Gilbert Rieu : Il faut savoir que l’association locale a 1 600 adhérents. Nous intervenons dans la région de Montpellier : c’est le Lunellois, le Gangeois, le Clermontais… Les spécificités nous les mesurons dans l’accueil des consommateurs au quotidien, lors de nos permanences du lundi au vendredi matin. Localement, le gros problème c’est le logement. C’est pour cela que nous avons orienté nos actions autour de cette question. Cela va être le cœur d’un anniversaire local, celui des cinquante ans de notre association, le 18 septembre qui aura pour thématique principale le logement. Historiquement, le logement n’était pas une culture d’action des associations de défense des consommateurs. Mais depuis plusieurs années, on prend en compte le fait que c’est un besoin essentiel au niveau du consommateur. Donc on est engagé franchement sur cette question avec une dimension qui a été développée par Marina Seccal-Bersinger [ancienne présidente et désormais trésorière nationale], avant mon arrivée, vis-à-vis des bailleurs sociaux. Nous nous sommes manifestés lors des élections dans les organismes avec des succès remarquables et nous préparons les prochaines. C’est une action importante sur le Montpelliérain.

    Olivier Nottale : Cela consiste en quoi de défendre les locataires des bailleurs sociaux ?

    Marina Secall-Bersinger : Nous sommes particulièrement militants et nous portons ce combat. Sur le logement social, nous sommes déjà en campagne puisque les élections vont se dérouler de novembre à décembre pour siéger au sein des organismes. Nous avons déjà des bénévoles sur le terrain. Nous avons ciblé trois bailleurs sociaux : ACM Habitat, Hérault Logement et FDI Habitat. Au niveau national nous étions arrivés premiers chez CDC Habitat. Localement, cela a permis de créer une commission logement qui se réunit deux fois par mois avec des bénévoles et des locataires qui nous ont rejoints. Cela permet, au niveau local, d’organiser des rendez-vous conso’ dans les résidences. Nous y parlons problèmes d’énergie, des thématiques qui les intéressent, etc. C’est en lien aussi avec notre campagne nationale qui porte sur le logement, pas seulement social.

    Françoise Verna : Là encore, Y a-t-il des particularités locales ?

    Marina Secall-Bersinger : Sur Montpellier, ce que nous souhaitons cibler lors de nos cinquante ans c’est la problématique du logement des étudiants.

    Nous sommes dans une ville où il y a un problème entre l’offre et la demande. Et puis nous voulons aussi travailler sur tout ce qui est « contractualisation ». On a aussi gagné un combat pour pouvoir changer d’assurance emprunteur. Pour nous qui souhaitons nous adresser aux jeunes, en première accessibilité, le fait de pouvoir dénoncer son assurance emprunteur fait gagner des dizaines de milliers d’euros.

    Olivier Nottale : Marina Secall-Bessinger, outre vos responsabilités de trésorière vous êtes également déléguée nationale à l’accès aux soins de l’association Que Choisir Ensemble. Comment vous agissez ?

    Marina Secall-Bersinger : Je commencerai par notre légitimité. Nous avons sorti notre première étude sur la fracture sanitaire en 2012. Nous l’avons actualisée et nous mettons à disposition des outils. Vous pouvez voir, en allant sur notre site, l’équipement médical autour de chez vous. La richesse de notre analyse c’est que ce n’est pas simplement une problématique géographique. Nous sommes allés plus loin parce qu’il n’y a pas qu’une fracture démographique mais aussi une fracture financière. La problématique, notamment locale, ce sont les dépassements d’honoraires. C’est là que l’usager de la santé a de grosses difficultés.

    Françoise Verna : Pourtant, à Montpellier il y a tout pour se soigner…

    Marina Secall-Bersinger : Oui, tout le monde est là, les spécialistes, etc. Mais à quel prix ? Quand on voit le problème du désengagement de l’État, le report sur les complémentaires santé et l’augmentation de ces complémentaires, il y a beaucoup de gens qui ne peuvent plus se soigner même s’il y a des médecins. C’est ce travail que l’on porte et nous alertons régulièrement les politiques.

    Olivier Nottale : Vous pesez sur eux ?

    Marina Secall-Bersinger : En ce moment revient au Sénat la loi Garot à laquelle nous nous sommes associés et qui concerne l’installation territoriale des médecins. L’article premier est passé et c’est la navette avec le Sénat. On invite les associations locales à saisir les sénateurs.

    Recueilli par F.V.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    On les pensait enterrées et voici que les Zones à faibles émissions (ZFE) pourraient refaire surface. Bien que mises aux oubliettes par l’Assemblée nationale, les ZFE pourraient ressurgir à la faveur de la décision du conseil constitutionnel. « 9 Sages [les 9 membres du Conseil constitutionnel, Ndlr] ont décidé de piétiner les votes de l’Assemblée nationale, du Sénat et l’avis de 8 Français sur 10 », rumine Laurent Jaoul (sans étiquette). Opposant de la première heure à ce dispositif qui devait améliorer la qualité de l’air grâce à un système n’autorisant que les véhicules les moins polluants à circuler dans les métropoles et grandes agglomérations, le maire de Saint-Brès n’est pas pour autant surpris par ce revirement. « Je m’en doutais parce que les Sages sont à la botte de Macron, qui est favorable aux ZFE. »

    Pour autant, au motif que les ZFE constitueraient une entrave au principe de se déplacer librement voire une sorte d’assignation à résidence pour les foyers n’ayant pas les moyens financiers de changer de véhicule, Laurent Jaoul ne croit pas à un retour immédiat sous cette forme. Après une première fronde qui a conduit à une mise au placard des ZFE, « je ne vois pas comment les maires les mettraient en place ». Le maire de Saint-Brès apporte une précision importante. « Durant sa tournée des 31 communes, le président de la Métropole, Michaël Delafosse (PS), est venu me voir. Il m’a clairement dit qu’il ne voulait plus entendre parler des ZFE », affirme Laurent Jaoul.

    Les « Gueux » sortent une application référendaire

    Officiellement, aucune annonce de ce type n’a été formulée par Michaël Delafosse. Mais sa vice-présidente qui, à l’origine, tenait à la mise en place du dispositif d’État le plus tôt possible, semble beaucoup plus souple désormais. « Nous sommes dans un État de droit. Le Conseil constitutionnel a décidé, on attend la clarification de l’État », résume Julie Frêche. L’élue socialiste rappelle que les ZFE faisaient partie de la stratégie mobilités de la Métropole parce qu’elles étaient « une obligation pour les territoires de plus de 150 000 habitants ». Si elle compte continuer à « prendre sa part » dans la lutte contre la pollution, Julie Frêche ne met plus forcément les ZFE en première ligne. « Il n’y avait aucune harmonisation, le dispositif était mal pensé. Il faudrait des mesures d’accompagnement pour les personnes en difficulté. »

    Pour elle, ce sujet complexe nécessite d’y mettre de la nuance. « Il faut le traiter avec sérieux, rigueur. Et prendre en compte la grogne. » Pour autant, Julie Frêche rappelle que « la France va devoir se positionner sur le sujet, c’est une demande de l’Europe ». Allergique aux vignettes Crit’Air, Laurent Jaoul ne l’entend pas de cette oreille. Le collectif des « Gueux », qu’il avait monté avec le metteur en scène Alexandre Jardin, reprend du service. « On va lancer une application référendaire pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grands sujets », confie Laurent Jaoul. Et devinez quoi ? Le questionnaire sur les ZFE sera l’un des premiers proposés ainsi qu’un autre sur les prix à la pompe.

  • Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    À Vergèze, on ne compte même plus les gouttes d’eau qui font déborder la bouteille. Fleuron industriel du Gard pendant des décennies, Perrier se retrouve de nouveau pris dans la tourmente du scandale des eaux minérales. Pour rappel, en janvier 2026, plus de 200 000 bouteilles contaminées au Pseudomonas aeruginosa, une bactérie susceptible de provoquer des infections graves chez les personnes fragiles, ont dû être détruites. Or en mai 2026, une enquête de France Info révèle que près de 900 000 bouteilles ont été détruites depuis juillet 2025, et que plus de deux millions sont actuellement immobilisées sur le site gardois de Nestlé Waters, propriétaire de la marque. Quelques semaines plus tôt, le groupe avait pourtant assuré au média que des analyses de vérification avaient « finalement écarté une quelconque contamination ».

    Plus troublant encore : près de 14 millions d’autres bouteilles, ayant pourtant fait l’objet de détections similaires, ont finalement été autorisées à la vente par la préfecture du Gard. Le chiffre claque comme un bouchon qu’on arrache trop vite. L’ARS Occitanie a assuré dans un communiqué d’urgence que les contrôles de Nestlé étaient « tous conformes ». On notera l’élégance du procédé : c’est le contrôlé qui contrôle.

    Depuis fin mai, l’affaire dépasse la seule chaîne d’embouteillage. Le 19 mai, une quarantaine d’agents de la DGCCRF et des officiers de police judiciaire ont perquisitionné le site de Vergèze ainsi que le laboratoire d’analyses de Vittel, dans le cadre d’une information judiciaire pour « tromperie » ouverte après une plainte de l’ONG Foodwatch. Et un autre front est apparu : celui de l’environnement, avec des difficultés signalées dans le traitement des eaux usées et la consommation d’eau du site. Tout cela deux mois à peine après que Nestlé Waters ait organisé une visite orchestrée de son usine pour rassurer l’opinion publique.

    Encore plus récemment, Bonneval, minéralier savoyard, a saisi les tribunaux administratifs du Gard et des Vosges pour faire annuler les arrêtés autorisant Nestlé Waters à commercialiser Perrier, Contrex et Hépar sous l’appellation « eau minérale naturelle » tout en recourant à des filtres de microfiltration à 0,45 micron : une désinfection partielle que la réglementation interdit. La Maison des eaux minérales naturelles a de son côté interpellé la ministre de la Santé, qui a prudemment renvoyé la balle aux préfets.

    Face à la tempête, Nestlé Waters a sorti son parapluie communicationnel, piloté par une nouvelle directrice de communication fraîchement issue du cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Le groupe assure que « tous les produits commercialisés peuvent être bus en toute sécurité » et que leur protocole relève du fonctionnement normal d’une usine agroalimentaire. Mais à force de révélations, la bulle de confiance semble chaque jour un peu plus proche d’éclater pour Perrier.

  • La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    « Pressions », « menaces » ou « procédures disciplinaires » à l’intention de délégués CGT ou de salariés syndiqués… L’Union locale (UL) de la CGT Timone-Capelette a dénoncé, mardi, les pratiques de plusieurs structures qu’elle soupçonne de recourir à une forme de « discrimination syndicale ».

    « Depuis plusieurs mois, les organisations composant notre Union locale constatent une multiplication de situations préoccupantes visant des militants, élus et syndiqués CGT engagés dans la défense des salariés et l’amélioration de leurs conditions de travail, note François Batista, secrétaire général de l’UL. Nous nous réunissons aujourd’hui pour rendre visibles ces éléments, mais aussi pour envisager des initiatives qui puissent nous permettre d’inverser la situation. » Parmi les structures pointées du doigt : l’Amicial, association d’aide à domicile. L’une de ses salariés, déléguée syndicale et élue au CSE, serait, d’après l’UL, actuellement en arrêt de travail des suites d’une « agression verbale » de la part de sa direction. Elle serait également « l’une des seules employées toujours sous-classée au regard de son ancienneté et de ses diplômes ». L’UL insiste sur la multiplicité des cas identifiés qui « interrogent sur des pratiques patronales qui tendent à fragiliser l’exercice des libertés syndicales ». Ces revendications seront portées lors de la mobilisation prévue le 25 juin, à l’appel de la CGT Santé et action sociale, pour défendre les salaires et les conditions de travail.

  • [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    La Marseillaise : Pour quelle raison vous réunissez-vous à nouveau ?

    Francis Fournier : Nous l’avons décidé car notre maire Gaby Charroux a été averti il y a un peu plus d’un mois par la direction de La Poste que le bureau de Ferrières serait totalement fermé les trois premières semaines d’août. Mais aussi, que le bureau de Jonquières serait fermé pendant toutes les vacances scolaires entre midi et 14h. En clair : La Poste ne remplacera pas les congés estivaux des travailleurs. Nous avons évidemment été reçus par le maire et nous lui avons suggéré de demander une audience auprès de la nouvelle direction des établissements de La Poste de Martigues. Et nous avons bien l’impression que pour l’instant, cette demande est restée lettre morte.

    Quels sont vos plans de mobilisation en réaction ?

    F.F. : Il est clair qu’on ne va pas mener une bagarre du même niveau que lors de l’annonce de la fermeture totale annoncée du bureau de Ferrières. Mais quand même ! On a pu observer quelques fermetures intempestives du bureau de La Couronne, et on sait qu’à Croix-Sainte le bureau sera fermé tous les mercredis à partir de septembre. On le sait bien malgré le fait que nous savons que la direction de La Poste ne donne plus aucune info aux organisations syndicales et à leurs délégués.

    Le contexte est-il si tendu que cela à Martigues ?

    F.F. : Les inquiétudes sont nombreuses pour le service public postal ! Je rappelle que la distribution des colis à Notre-Dame-des-Marins est interrompue depuis des années, et que les habitants doivent aller les retirer au Carré pro du bureau de Ferrières. Comment vont-ils faire en août ? La distribution du courrier avait aussi été interrompue pendant plusieurs mois à l’été 2025. Nous avons aussi des inquiétudes pour la Plateforme industrielle courrier de Vitrolles [PIC, Ndlr] qui pourraît être supprimée et le tri déplacé à Montpellier. Sur la Côte bleue, ça va être la roulette russe des fermetures cet été également. Tout ça contribue à habituer les gens à ne plus aller à La Poste et à justifier des fermetures au prétexte de la baisse de fréquentation. Alors si cette fermeture estivale à Ferrières a bien lieu, elle ne passera pas comme une lettre à la poste. Nous avons besoin d’être nombreux et de bien structurer notre lutte qui a déjà été victorieuse une fois. On sait faire et nous saurons être à nouveau un îlot de résistance.

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.