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  • [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    Viscéralement attaché aux hommes et femmes du bataillon, mais aussi à une ville, Marseille, avec laquelle il a appris à composer au quotidien, le vice-amiral nous livre, avant son départ, les grands axes de son action mais aussi son analyse sur l’évolution du métier et des risques auxquels les marins-pompiers sont confrontés.

    La Marseillaise : Lorsque vous avez été désigné commandant du bataillon de marins-pompiers de Marseille, quels étaient vos objectifs ?

    Lionel Mathieu : Le premier objectif, c’était de faire un peu le point sur ce qu’était le bataillon contemporain de mon arrivée. Il venait de traverser la période de la crise sanitaire, riche mais difficile. Dans les mois qui ont suivi ma prise de fonction, j’ai dégagé trois grandes orientations. La première c’est ce que j’appelle conserver notre excellence opérationnelle. C’est-à-dire remplir la mission vis-à-vis des Marseillaises et des Marseillais de la manière la plus optimale possible. Et pour ce faire, il faut d’abord continuer à s’entraîner, c’est un élément extrêmement important. Un entraînement conséquent et diversifié pour justement être polyvalent. Il faut aussi que le marin-pompier en opération soit soutenu par des médecins, par de la logistique, que son matériel soit toujours en bon état. Être bon en opération, c’est aussi conserver notre expertise maritime et portuaire. Le deuxième grand axe, c’était ancrer l’humain au cœur du bataillon car sa richesse, ce sont bien ses marins-pompiers et ses personnels. On a travaillé sur une modernisation de ce qu’on appelle la gestion de carrière, sur le maintien de conditions de travail acceptables avec des équipements de pointe, de la sécurité en intervention et des casernes aménagées. Il y a aussi les conditions de vie à l’extérieur du bataillon, le socle sur lequel se bâtit là aussi leur efficacité opérationnelle. Principalement une vie décente pour eux-mêmes et pour leur famille, c’est-à-dire trouver des logements, les aider à garder leurs enfants, trouver des emplois aux conjoints, s’occuper des blessés quand nous en avons, des décès aussi malheureusement. Le troisième axe, c’est de regarder demain…

    Justement, le métier a-t-il évolué ?

    L.M. : Oui parce qu’on a une évolution des risques de plusieurs natures. La première, le changement climatique avec des feux plus forts, des phénomènes météorologiques intenses où on recommence à parler en Méditerranée du risque de tsunami. De là découle l’évolution des énergies. On voit une ville qui s’électrifie de plus en plus. La propulsion des navires est différente, on a la présence de batteries dans les véhicules… Et enfin le troisième élément, ce sont les tensions, la montée de la violence. Elle n’est pas dirigée contre les marins-pompiers mais on est confronté à l’exacerbation de la violence des rapports humains. Derrière l’évolution de ces risques, il y a donc l’évolution de nos techniques, de nos stratégies, de nos matériels avec notamment la numérisation, l’apport de l’intelligence artificielle, il y a aussi un besoin et une volonté d’aller vers plus de partenariats, d’être plus ouverts sur notre environnement, à la fois dans les autres services au public, les universités. Mais aussi d’aller vers la population parce qu’il faut absolument qu’elle soit avertie de ces risques, préparée à avoir des bons comportements. Aujourd’hui, on peut dire que nous ne sommes plus des soldats ou des marins du feu mais des soldats ou marins de la crise. On attend de nous d’être un peu la boîte à outils de tout ce qui est un peu déréglé. Notre intervention à Mayotte par exemple, n’était pas du secours d’urgence mais de la reconstruction. Cela demande une évolution de l’état d’esprit, l’emploi de plus en plus important de nos spécialités, qu’elles soient aquatiques, de secours en milieu périlleux, de risques technologiques, sur l’usage des drones ou des robots, mais aussi de les combiner entre elles. Ce qui requiert une certaine dextérité.

    Vous dirigez aussi l’école des marins-pompiers. Pour vous, la relève est-elle assurée ?

    L.M. : Cette école c’est le projet d’avenir par excellence. C’est là que tout commence, où le jeune a sa première image du bataillon, où on lui donne les bases les plus importantes, celles qu’il va garder tout au long de sa carrière, même si après il repassera dans le cycle de connaissances. C’est un projet sur lequel il faut encore convaincre, parce que ce sont des investissements humains et financiers importants. À terme, on souhaite regrouper les 3 sites sur lesquels elle est répartie en un. On recrute 180 jeunes par an, c’est un peu moins de 10% de l’unité, nous n’avons pas de crise de vocation.

    Quand on est marins pompiers on est militaire mais aussi pompier de Marseille, comment se traduit cette double appartenance ?

    L.M. : Nous sommes une unité militaire qui vit dans la cité. J’ai 350 marins pompiers tous les jours, l’hiver, un peu plus l’été, qui sont en action dans la ville. Ça crée une proximité avec la population qui est extrêmement importante. Nous consacrons 37 minutes à chaque Marseillais par an. C’est ce que j’appelle la vie partagée. Après, il y a l’histoire commune, celle des grands événements heureux, malheureux, ou douloureux qui font cette vie. Parmi les premiers, on a eu les dispositifs de protection qu’on a mis en place pour la coupe du monde de rugby, pour les Jeux Olympiques, la venue du Pape. Encore ce 15 août, les marins-pompiers faisaient partie du paysage lors du spectacle de drones. Pour les événements malheureux, les drames humains, la mort, nous les côtoyons régulièrement. Massages cardiaques, décès de personnes âgées, d’enfants, on est dans les familles. Et puis il y a les événements douloureux comme la rue d’Aubagne ou la rue Tivoli. Il ne faut pas s’imaginer que le marin-pompier, même si de par son métier côtoie des choses difficiles, est insensible.

    Quelles sont selon vous les interventions les plus marquantes de votre temps de commandement ? Que retenez-vous de cette période ?

    L.M. : Au-delà des événements douloureux que nous venons juste d’évoquer, je retiendrai surtout le contact humain avec les marins-pompiers, avec les médecins, tous ceux qui optent pour le bataillon. J’ai trouvé ici une densité humaine que je n’avais pas beaucoup rencontrée, peut-être un peu sur le porte-avions Charles de Gaulle quand j’y ai servi. Je pense que ce qui va rester ce sont ces visages où on voit sourire, fatigue, engagement… Tout ce qui marque. Ces gueules saisies sur l’instant, dans la charge émotionnelle ou la satisfaction du contact avec son chef. C’est une espèce de complicité tout en retenue.

    Quels conseils donneriez-vous à votre successeur ?

    L.M. : En substance, je vais lui dire trois choses : « aime Marseille, aime les marins-pompiers et sois toi-même ».

    Le bataillon en bref

    Plus de 2 500 militaires et civils constituent le BMPM

    17 centres d’incendie et de secours du BMPM sont répartis dans Marseille

    L’unité intervient aussi sur 4 sites à l’extérieur de la ville, l’aéroport Marseille-Provence, Airbus hélicopters, le port de Fos-sur-Mer et celui de Port-de-Bouc.

    Plus de 126 000 interventions en moyenne, soit plus de 340 opérations par jour, sont réalisées chaque année, 81% des missions relevant du secours à personnes

  • À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    « Toutes les économies que j’avais faites en 43 ans de travail fondent à vitesse grand V, si je ne veux pas finir à la rue, je prendrai la décision qui s’impose ». Ces mots proviennent d’Arlette, retraitée de la fonction publique. Par décision qui s’impose, il faut comprendre suicide. Ce témoignage jette un froid, ce mardi midi, dans le réfectoire de l’école Saint-Michel d’Apt. Il est relaté par Ouarda Belaïd, secrétaire générale d’une association de défense de ce quartier de la capitale de Luberon, tristement mis en lumière depuis 4 ans au gré des vagues de gros désordres structurels relevés dans de nombreux bâtiments. Un autre propriétaire, Paul, est lui hospitalisé face à cette situation, « j’ai 1 800 euros de découvert, je vais dans le mur à 200 km/h sans airbag ».

    Des « témoignages poignants », ne peut qu’attester Vincent Jeanbrun. Après avoir visité le quartier, constatant notamment des fissures où il pouvait passer sa main, le ministre du Logement promet « de sortir l’artillerie lourde ». « Tout ce qu’on a vu montre qu’on a ici l’exemple type qu’on a envie d’accompagner avec le projet Anru 3 [rénovation urbaine] davantage tourné vers les sous-préfectures [Apt en est une] », annonce le ministre, convié par le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc. Bâtie à la fin des années 60 sur les hauteurs d’Apt pour loger les militaires du plateau d’Albion, la résidence Saint-Michel abritait alors 874 logements, tous réalisés à la hâte sur un sol argileux. Des logements vendus ensuite en partie à des propriétaires privés, dont beaucoup se retrouvent aujourd’hui pris au piège, avec un crédit à assumer tout en ne pouvant plus y vivre.

    Une crise immobilière pour 15% d’Aptésiens

    De logements de fonction pour militaires, Saint-Michel vire ainsi à la copropriété dégradée. Vincent Jeanbrun, sans annonce précise, confie « regarder collectivement comment on accompagne ceux qui ne peuvent plus habiter sur place », suggérant des dérogations pour qu’un « propriétaire puisse candidater à un logement social » et être accompagné pour suspendre au-delà de six mois son crédit immobilier et les taxes foncières. Côté mairie, « la Ville a déjà engagé 1,8 million d’euros, elle ne peut plus supporter seule cette crise immobilière qui touche 15% de sa population », implore le maire Jean Aillaud (DVD). L’édile sort rassuré de cette visite, souhaitant également que l’Anru englobe le centre ancien d’Apt.

  • La Breaking Cup sur la scène de l’opéra

    La Breaking Cup sur la scène de l’opéra

    Le petit nouveau s’apprête à clore le programme des événements annuels du groupe La Marseillaise. La Breaking Cup revient pour une 5e saison, entre le 7 et le 13 septembre. Une semaine complète d’activités est prévue autour de la culture urbaine avec, en point d’orgue, une compétition de breaking qui se tiendra le dimanche 13, dans un cadre majestueux. Après le Palais du Pharo, celui de la Bourse ou encore l’espace Bargemon, ce tournoi réunira les participants sur le parvis et sur la scène de l’Opéra de Marseille. La Ville ouvre cet écrin d’exception pour l’occasion.

    Le hip-hop entre

    sur la scène de l’opéra

    « Ouvrir l’opéra pour un tel événement, ce n’est pas anodin. Nous voulons porter à Marseille la pratique du sport libre et que celui-ci ait accès à des lieux privilégiés », souffle Yahya Güngörmez, adjoint délégué aux équipements sportifs. Mardi matin, lors de la conférence de presse réalisée dans la salle des Rotatives de La Marseillaise, le programme de la semaine a été détaillé [voir ci-contre]. La place du refuge, au Panier, sera l’hôte de la première journée, puis la Breaking Cup se déplacera dans la ville et au-delà. La Busserine, le 15e arrondissement mais également Septèmes-les-Vallons et Port-de-Bouc seront aussi des terres d’accueil pour cette édition 2026.

    Plusieurs ateliers danse, écriture et graff rythmeront la semaine. Une exposition photo est également prévue « pour mettre en valeur des danseurs hip-hop d’exception ». Cette exposition a été concoctée par le photographe lillois Lamine Jammeh, de son nom d’artiste Lemz.O. Le clou du spectacle sera la journée de dimanche avec la compétition de breaking à l’opéra de Marseille. Pour cela, l’organisation a mis les bouchées doubles en accueillant un jury international composé de neuf personnes, ainsi que 3 disciplines différentes : le popping, le hip-hop et le breakdance.

    Le planning démarrera dès 10h avec des présélections sur le parvis de l’opéra. À partir de 14h30, les 8es de finale débuteront sur la scène principale et les différentes disciplines défileront au fur et à mesure. L’accès sera gratuit pour tous les spectateurs. « Je suis honoré d’être directeur artistique et d’être accueilli à l’opéra, c’est une première pour la culture hip-hop », expliquait Mofak, une nouvelle fois désigné directeur artistique.

    AU PROGRAMME

    7 septembre

    Ateliers sur la place du Refuge (2e arr.), de 16h30 à 19h30, suivis de la soirée de lancement dans la salle des rotatives de La Marseillaise, de 18h30 à 21h.

    8 septembre

    Ateliers sur la plaine des Sports à la Busserine (14e arr), de 16h30 à 19h30.

    9 septembre

    Ateliers à La Paternelle (14e arr.), de 16h30 à 19h30.

    10 septembre

    Ateliers dans le 15e arr. (le lieu n’est pas encore fixé), de 16h30 à 19h30.

    11 septembre

    Ateliers à la Gavotte Peyret à Septèmes-les-Vallons suivi d’un repas partagé et d’un ciné plein air. De 16h30 à 22h30.

    12 septembre

    Ateliers à Cours Landrivon à Port-de-Bouc, suivi d’un repas partagé et d’un ciné en salle. De 10h30 à 18h.

    13 septembre

    De 10h à 19h, finale de La Marseillaise Breaking cup, sur le parvis de l’opéra (1er arrondissement) puis sur la scène de l’opéra pour les derniers danseurs sélectionnés.

    ILS ONT DIT

    Léo Purguette, président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    « La Marseillaise Breaking Cup fait écho à nos valeurs et se trouve à l’intersection du sport, de la danse et de la culture. C’est un événement gratuit regroupant un public populaire. Nous sommes ravis de l’extension vers les villes de Septèmes-les-Vallons et Port-de-Bouc pour cette nouvelle édition. »

    Maryan Barthélémy, directeur des événements de La Marseillaise

    « La culture breakdance est tirée du mouvement culturel et sportif. C’est une discipline qui propage le goût de l’effort ainsi que la fraternité, une notion chère à notre journal. Cette 5e saison de La Marseillaise Breaking Cup s’annonce remplie de surprises et de nouveautés. Nous remercions la Ville pour la mise à disposition de l’opéra. »

    Yahya Güngörmez, élu de Marseille délégué à la pratique sportive libre

    « Tout d’abord, La Marseillaise est un journal qui m’est cher, c’est le journal de la Résistance et je voulais lui souhaiter un bon anniversaire. C’est important. Le breakdance est un art qui se fait sans club, sans licence, au sein même des quartiers. La discipline s’inscrit pleinement dans les idées de la Ville. »

  • [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    La Marseillaise : Pourquoi la sanction contre Julien Thery vous semble-t-elle injuste ?

    Alban Desoutter : Il a relayé un texte critique d’une tribune pro-Israël parue dans Le Figaro en appelant au boycott d’une liste de personnalités signataires. Chaque fois qu’on s’en prend à des relais de l’État d’Israël, il y a cette accusation bien rodée et assumée d’une assimilation à de l’antisémitisme. C’est l’argument numéro 1 utilisé contre des associations ou LFI.

    Tout de même prétendre que Yvan Attal, Michel Boujenah ou Arthur seraient des « génocidaires » parce qu’ils se font des relais de l’État d’Israël, semble disproportionné, non ?

    A.D. : On peut discuter sur le fait qu’il puisse y avoir des complicités et les relais chez les personnalités mais cela fait partie du débat même si les termes peuvent sembler polémiques. Les plus outranciers sont les partisans de l’État d’Israël. Enrico Macias a appelé à éliminer physiquement les militants de LFI [à la TV avant d’être repris et de se rétracter, Ndlr.]. À Lyon II, quelqu’un a eu des positions pour le nettoyage ethnique de la Palestine et a reçu le soutien de L. Wauquiez au nom de la liberté d’enseigner après que son cours a été perturbé par des étudiants. Il n’y a eu aucune sanction. Il y a deux poids deux mesures. L. Wauquiez a même utilisé sa position de président du Conseil régional pour faire un chantage à la subvention. Or, quand J. Thery utilise sa liberté d’expression dans le cadre d’un canal privé sur les réseaux sociaux, indépendamment de ses activités universitaires, là on le sanctionne.

    C’est pour cela que vous dénoncez une « ingérence politique » ?

    A.D. : On a un vrai problème. L’université n’est pas un forum citoyen. Les sections disciplinaires ne sont pas la démocratie participative où chacun – notamment les partisans du gouvernement israélien ou de Trump – va venir dicter à la présidence ce qu’elle doit faire. Celle-ci a cédé à la pression de L. Wauquiez avec son chantage à la subvention. La liberté d’expression doit prévaloir pour tous. Les sanctions ne peuvent intervenir que dans le cadre d’un cours où un enseignant utiliserait sa position pour tenir des thèses anti-républicaines, négationnistes ou racistes. Je ne défends pas la publication de Julien Thery. Je dénonce le fait que sa sanction est disproportionnée et sous pression extérieure. Il peut faire appel auprès du Cneser. Son cas n’est pas isolé. Il y a eu une vague de répression interne dans les universités qui ont toujours eu une tradition de liberté. J’ai moi-même en tant que chercheur subi une sanction déguisée sur mon avancement pour mes prises de position syndicales.

  • L’irrigation des vignes fait toujours débat

    L’irrigation des vignes fait toujours débat

    Autrefois marginale, la pratique de l’irrigation des vignes dans le bassin viticole du Languedoc-Roussillon a connu un véritable essor au cours de la dernière décennie, jusqu’à atteindre un taux de 20% en 2020. Cette évolution est d’ailleurs particulièrement marquée dans les départements de l’Hérault et du Gard, selon la Chambre d’agriculture régionale. Cette pratique soulève cependant la question cruciale de la répartition de la ressource en eau.

    « La vigne n’est pas une culture nourricière et l’eau commence à se faire rare », résume ainsi Rémi Balmassière, co-secrétaire de la Confédération paysanne du Gard. « Selon nous, il va donc falloir sélectionner ce qu’on arrose en agriculture. » Parfois caricaturée, la position de la Confédération paysanne sur la question de l’irrigation des vignes n’est pas un refus catégorique de la pratique. « Nous sommes tout simplement pour un arrosage qui vise à maintenir la qualité et non pas la quantité, explique Rémi Balmassière. Cela se traduit donc par une irrigation saisonnière, qui remplacerait uniquement les orages des mois de juillet et d’août, qui se font de plus en plus rares. »

    La Confédération paysanne prône un contrôle strict de la pratique de l’irrigation des vignes : « Ces contrôles doivent aussi s’accompagner de pratiques agroécologiques, c’est-à-dire qu’il faut augmenter le taux de matière organique dans les sols, afin qu’ils retiennent mieux l’eau. » Le syndicaliste tient également à rappeler que la Confédération paysanne n’est pas opposée aux retenues collinaires, mais seulement aux « méga-bassines ». Une vision en désaccord avec celle du syndicat majoritaire FNSEA, qui prône un plan de stockage massif de l’eau d’ici à 2030.

    Dans l’Hérault, le Département a mis en place un plan Irrigation 2018-2030, visant à « moderniser et à développer les réseaux collectifs de desserte » dans le but de « garantir la pérennité de la viticulture héraultaise ». Selon ce plan, la mise en place de l’irrigation des vignes pourrait représenter des gains potentiels de 300 à 950 euros par hectare de vigne.

  • Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Il y a quatorze ans, les trains s’arrêtaient et les rails commençaient à disparaître sous les herbes. Aujourd’hui, la ligne Alès-Bessèges revient peu à peu dans le paysage. Après trois mois de consultation publique, la première phase du projet, entre Alès et Saint-Ambroix, a franchi une nouvelle étape. Sur 557 observations recueillies, 459 sont favorables à la réouverture de la ligne, contre 98 défavorables. Plus de 6 000 visites ont par ailleurs été enregistrées sur le dossier numérique.

    Un résultat qui donne du souffle à un projet porté de longue date par la Région Occitanie, les associations d’usagers et de nombreux élus locaux. Mais derrière la promesse de revoir circuler des trains se cache un chantier conséquent. Près de 40 millions d’euros doivent être mobilisés pour régénérer les 19 kilomètres de cette première portion : renouvellement complet des voies, remise en état de près de 130 ouvrages d’art, sécurisation des passages à niveau, nouveaux équipements de signalisation et rénovation des haltes de Salindres, Saint-Julien-de-Cassagnas et Saint-Ambroix. Une nouvelle halte est également prévue près du lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès.

    25 minutes pour rejoindre Alès

    Pour la Région, les 40 millions ne constituent pas seulement une dépense, mais un investissement de long terme. La ligne rénovée est conçue pour durer au moins cinquante ans. Surtout, elle doit offrir une alternative crédible à la voiture : 25 minutes seraient nécessaires entre Saint-Ambroix et Alès, contre près de 40 minutes aux heures de pointe par la route. Les études tablent sur 650 à 750 voyageurs quotidiens en semaine scolaire, avec sept allers-retours par jour.

    Les défenseurs du projet espèrent aussi rapprocher le nord du bassin cévenol des lycées, de l’hôpital, des emplois et des formations d’Alès, et ainsi désenclaver le territoire. Des pôles d’échanges multimodaux sont prévus à Salindres et Saint-Ambroix. « C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente », défend Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des transports. Le chantier devra aussi composer avec un milieu naturel qui a repris ses droits depuis 2012. Chauves-souris, papillons protégés et zones humides feront l’objet de mesures spécifiques. Des rails soudés doivent limiter bruit et vibrations.

    Le dernier mot revient à l’État. Après le rapport de Nicole Pulicani, la préfecture devra se prononcer sur l’autorisation environnementale. La Région conserve son cap : Saint-Ambroix en 2028, puis Bessèges en 2030. Le retour du train n’est pas acquis, mais il se dessine.

  • [C’est l’été] Enquêter pour découvrir la forêt alpine

    [C’est l’été] Enquêter pour découvrir la forêt alpine

    « Qui a volé les graines de notre pin cembro ? Le jeu de piste de la Maison du Bois et de la Forêt invite petits et grands à découvrir le musée tout en s’amusant. Afin de retrouver les fruits du conifère de haute altitude, le dernier rendez-vous de l’été est donné ce mercredi 26 août de 14h30 à 18h30. Après 45 minutes d’énigme, il sera possible d’assister à la démonstration, par un menuisier, de tournage sur bois.

    Située au cœur de la vallée de l’Ubaye, la Maison du Bois et de la Forêt propose des parcours interactifs adaptés au jeune public. L’exposition actuelle « De la graine à la planche » présente les métiers et usages du bois, tout en sensibilisant à la protection des forêts, marquées par l’exploitation humaine et le changement climatique.

    L’enquête du Pin cembro propose ainsi d’en apprendre davantage sur ses fruits, plus communément appelés « pommes de pin ». Pour ce faire, les détectives doivent se munir d’un livret spécial jeu de piste à un euro, puis répondre à 12 questions dont les réponses sont disséminées dans le musée. À la clé, un cadeau en bois à personnaliser soi-même !

    Andréa Goyard-de Castro

    Tarifs : adulte, 8 euros ; -15 ans, 4 euros ; -5 ans, gratuit.

  • [C’est l’été] La « Dictée pour tous » vise un record mondial à Marseille

    [C’est l’été] La « Dictée pour tous » vise un record mondial à Marseille

    La place Villeneuve-Bargemon (2e) va se transformer en salle de classe à ciel ouvert. Dimanche 30 août, de 10h à 12h, la « Dictée pour tous » réunira à Marseille les amateurs d’orthographe pour un événement gratuit et ouvert à tous.

    Portée par l’association Action Bomaye, qui organise des dictées géantes depuis 2018, cette édition se fait en partenariat avec la Ville de Marseille et Abdellah Boudour, fondateur de « La Dictée pour tous ». « C’est important pour nous car c’est un moyen de redonner un peu goût à l’écriture et de célébrer la culture française », explique Cézila Ibrahim, coordinatrice de projets de l’association.

    Quelque 2 000 participants sont attendus, avec l’objectif de battre le record mondial actuel, établi à 1 300 participants. Plusieurs personnalités marseillaises liront le texte, dont Dimitri Payet, ancien joueur et capitaine de l’Olympique de Marseille. De nombreux lots seront aussi à gagner, par catégories : primaire, collège, lycée et adulte.

    Distribution gratuite

    de fournitures scolaires

    À la veille de la rentrée scolaire, l’événement entend également accompagner les familles. Entre 1 000 et 1 500 lots de fournitures scolaires seront distribués gratuitement. « On voulait faire profiter au maximum les familles marseillaises qui ont des revenus modestes », précise Cézila Ibrahim.

    La journée se veut aussi intergénérationnelle. « On a la chance d’être sur la très belle place Villeneuve-Bargemon donc ce sera aussi l’occasion de passer un moment convivial tous ensemble, petits et grands, sans limite d’âge », souligne la coordinatrice. Et de poursuivre : « C’est un événement créé pour réunir tout le monde pour une seule et unique cause : la culture accessible à tous, pour tous. »

    Pour encadrer les 2 000 participants espérés, entre 150 et 200 bénévoles seront mobilisés. Les portes ouvriront à 9h30, avant le début de la dictée à 10h. L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles, et les réservations sont toujours possibles via le lien disponible sur le compte Instagram de l’association Action Bomaye.

  • [Entretien] Lucille Guenier : « Nos protocoles de sécurité ont été renforcés »

    [Entretien] Lucille Guenier : « Nos protocoles de sécurité ont été renforcés »

    La Marseillaise : Vous étiez à bord de l’Ocean Viking lorsque le navire a été attaqué par des gardes-côtes libyens. Pouvez-vous revenir sur les évènements ?

    Lucille Guenier : J’étais à bord, comme la plupart des équipes actuellement en mer, le jour de l’attaque. Les gardes-côtes libyens ont tiré sur notre bateau depuis le leur, de classe Corrubia, donc beaucoup plus petit, rapide et agile que le nôtre. Il n’y a pas eu d’abordage [assaut mené par un équipage pour monter à bord d’un autre navire, ndlr], mais c’était le risque. Depuis un an que l’attaque a eu lieu, aucune condamnation n’a été prononcée [malgré la plainte déposée par SOS Méditerranée, ndlr]. Les gardes-côtes libyens sont dans une totale impunité. Ils sont encore actifs. Il y a quelques semaines, nous avons même croisé le patrouilleur [navire des gardes-côtes], qui nous avait tiré dessus l’an dernier. Le constat aujourd’hui, après un an, c’est que rien n’a changé. Au contraire, les choses ont empiré. Ça a été un tournant pour nous en tant que personnel (…) mais pas au niveau politique. Ça n’a engendré aucune conséquence. Au contraire, le soutien aux gardes-côtes libyens par l’Union Européenne s’est amplifié.

    Vous parlez d’un tournant pour le personnel. Pouvez-vous en dire plus ?

    L.G. : D’abord, s’il n’y a eu aucune blessure physique, il y a eu des conséquences psychologiques. L’organisation a donc dû accompagner les équipes pour qu’elles puissent ensuite repartir en mer. Les opérations se sont arrêtées pendant quatre mois. Après, bien sûr, les protocoles de sécurité ont été renforcés et sont désormais beaucoup plus stricts. Il a fallu s’adapter au contexte et au fait que potentiellement, en faisant des sauvetages en mer, il était possible de se retrouver face à des gens qui tiennent des kalachnikovs alors que tout ce dont on dispose, nous, ce sont des gilets sauvetage. On a donc dû adapter nos protocoles de sécurité, accompagner le personnel navigant qui a été victime de cette attaque mais aussi celui qui ne l’a pas été et qui sait dorénavant que quand il opère en Méditerranée centrale, sur un terrain qui, a priori, n’est pas un terrain de guerre, il peut se retrouver sous la menace des balles.

    Avez-vous recueilli des témoignages de réfugiés d’interpellations violentes ?

    L.G. : Oui, très souvent. Les personnes qu’on secourt ont souvent essayé plusieurs fois de traverser la Méditerranée centrale. Elles se font intercepter par des gardes-côtes libyens puis sont, en général, ramenées dans des prisons informelles où elles sont torturées ou rançonnées pour pouvoir sortir. Il y a tout un système de collusion entre les gardes-côtes libyens, les passeurs et les trafiquants de traite humaine. C’est documenté par des journalistes, mais aussi par de récents rapports des Nations Unies. Et ces gardes-côtes sont en partie financés par l’Union européenne, dans le cadre d’une politique d’externalisation des frontières. Des bateaux leur ont notamment été fournis par l’Italie.

    Si cette situation ne cesse pas, si le soutien aux gardes-côtes libyens continue, d’abord les gens vont continuer de périr en Méditerranée, et ensuite, un jour, des personnels d’ONG, qui essaient de porter assistance à ces personnes, seront blessés ou perdront leur vie.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • Un sursis pour les Roms de la Valentine

    Un sursis pour les Roms de la Valentine

    L’audience en référé suspension demandée auprès du président de la Cour d’appel par Maître Adam Borie, l’avocat des 250 personnes qui vivent sur la friche de l’ex-usine Procida, le long de l’Huveaune, et qui devait avoir lieu ce lundi 24 août a finalement été repoussée au 24 septembre après demande de renvoi du conseil du propriétaire d’une grande partie du terrain, Prodev.

    Deux opérations avortées

    Ce dernier assurant que le recours à la force publique pour expulser les familles ne serait pas demandé avant le 30 septembre. Où l’on apprend au passage que deux opérations d’expulsion ont été programmées puis annulées au cours de la période écoulée… C’est donc un « sursis » s’est félicité Maître Borie. De quoi permettre aussi aux enfants, tous scolarisés, de faire leur rentrée. En espérant qu’ils puissent mener leur année à son terme. Une audience en appel de la décision du 24 décembre reste programmée au 23 février 2027.