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  • Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Légitime défense ou passage à tabac ? Pour l’avocat général, cela ne fait aucun doute : Guillaume D. « a été passé à tabac » et Merlin Longuet « ne peut évidemment pas justifier d’une quelconque légitime défense et doit être condamné. Il est évident qu’il a porté nombre de coups de poing et de matraque à la victime ». Le public était venu en nombre mardi pour soutenir ce prévenu bien connu dans la région de Forcalquier, puisqu’il avait fondé le Café des Libertés et était très actif dans le milieu militant et l’organisation d’événements.

    Le récit de Guillaume D., confirmé par plusieurs témoins, relate que Merlin l’a frappé au sol dès son arrivée sur Forcalquier, son fief, car il considérait qu’il n’y était pas le bienvenu. Selon lui, ces tensions entre eux venaient du fait qu’il avait refusé de mettre le feu à Radio Zinzine, média de la communauté autonome Longo Maï, mission que Merlin « lui demandait pour l’accepter dans son groupe ». Guillaume D. a affirmé avoir reçu « quatre ou cinq » coups de matraques derrière la nuque, avoir été ceinturé et frappé au visage alors qu’il était au sol. Plusieurs hommes s’en seraient pris à lui.

    Merlin plaide lui la « légitime défense » et accuse notamment Guillaume d’avoir porté le premier coup et d’avoir simulé un malaise . « C’est la seule manière que j’ai trouvée pour arrêter de me faire agresser », affirme-t-il. Il évoque un « coup de tête sans aucune sommation » et une « attitude provocatrice pour chercher le conflit ». Selon lui, Guillaume D. aurait prémédité son acte et aurait prévu de le violenter depuis plusieurs jours. « Il a morflé, je peux pas le nier », a-t-il tout de même reconnu, avouant avoir commis des violences et détaillant les techniques de boxe anglaise qu’il avait alors utilisées contre Guillaume D.

    Un lourd casier judiciaire

    Même si Guillaume D. « était venu alors qu’il n’était pas le bienvenu, cela ne justifie pas que l’on exerce sur lui des violences graves », a avancé l’avocat général. « Vous vous présentez sous un bon jour, mais vous avez un casier judiciaire à onze mentions », a rappelé la présidente. Merlin Longuet a notamment déjà été condamné pour violences conjugales.

    L’avocat général a tout de même proposé de transformer la peine de huit mois d’emprisonnement de Merlin Longuet en peine avec sursis. Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en 2024, Guillaume D. à 1 000 euros d’amende et Merlin Longuet à une peine de huit mois d’emprisonnement sous bracelet électronique, dont il a fait appel.

    L’avocat de Merlin Longuet, Me Louis Ramuz, a plaidé la relaxe, avançant qu’il ne pouvait être prouvé que la blessure de Guillaume D. avait été provoquée par Merlin Longuet. Interdit de département, le militant a expliqué être désormais en train de monter une boutique de produits locaux et « vivre d’amour et d’eau fraîche », s’étant occupé des ânes et des poules de ses amis.

    L’audience a été perturbée à plusieurs reprises par la présence de nombreux soutiens de Merlin Longuet qui avaient omis d’éteindre leurs téléphones portables. La décision a été mise en délibéré au 2 septembre.

  • L’Olympique de Marseille pas encore fixé sur son sort

    L’Olympique de Marseille pas encore fixé sur son sort

    L’attente a été longue et l’avenir de l’Olympique de Marseille n’est pas encore décidé. À 19 heures et pas une seconde de plus, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), gendarme financier du football tricolore, a révélé que le club phocéen recevait un sursis après examen de son dossier. Cet organe de la Ligue de Football Professionnel a précisément partagé ce message : « Sursis à statuer dans l’attente d’éléments complémentaires demandés au club par la DNCG. »

    La DNCG s’est donc montrée patiente avec l’équipe encore dirigée par Habib Beye, à l’heure actuelle. Mercredi dernier, l’UEFA infligeait à l’OM une sanction au niveau européen, à cause de son lourd déficit (105 millions d’euros rien que sur l’exercice 2024-2025). 10 M d’amende et une obligation de réduire ce trou dans la banque, sous peine d’être exclu de toutes compétitions continentales dans 12 mois.

    Trop peu de mouvements pour statuer dès à présent

    Les Marseillais étaient représentés par leur futur président Stéphane Richard, ce mardi. L’homme doit prendre ses fonctions le 2 juillet, mais s’active, depuis sa nomination en avril, pour arriver dans les meilleures dispositions au club. L’ancien PDG d’Orange a débarqué seul, peu avant 10 heures, au 34 boulevard de Courcelles, siège de la DNCG. Une audience s’est tenue 60 minutes plus tard dans les bureaux situés dans le 17e arrondissement de Paris. Cette réunion devait à l’origine se tenir le 18 juin, mais la sentence de l’UEFA a rebattu les cartes.

    La demande d’informations complémentaires est actuellement on ne peut plus logique. Un remue-ménage était annoncé lors du mercato estival avec quasiment l’entièreté de l’effectif disponible à la vente. Mais au mois de juin, aucun mouvement dans le sens des départs ni du côté des arrivées. Concrètement, l’Olympique de Marseille ne peut pas encore présenter d’améliorations à propos de sa santé financière. Le dossier le plus chaud est celui de Mason Greenwood, plus que jamais en instance de départ [voir ci-contre]. Avec un salaire estimé à 350 000 euros brut par mois, la sortie a été désignée à Pierre-Emerick Aubameyang et les points de chute sont nombreux pour le Gabonais, sur tous les continents. D’après plusieurs médias français, Leonardo Balerdi a également refusé un transfert à Leverkusen, qui aurait rapporté 25 millions d’euros à son club.

    Comprenez que pas grand monde ne sera retenu, car le champion d’Europe 1993 est en cure et doit impérativement dégraisser. Qu’attendre des deux prochaines semaines  ? Des ventes, bien évidemment, pour rester dans les clous au moins au niveau national. Une nouvelle audition devrait avoir lieu début juillet et l’OM est toujours sous la menace d’un encadrement de la masse salariale, au minimum. La logique voudrait que le gendarme financier s’aligne sur la position de l’UEFA, mais d’ici là, les Olympiens auront peut-être envoyé plusieurs des leurs vers d’autres cieux contre des chèques importants.

    La Roma vers une grosse offre pour Greenwood ?

    Tout le monde est donc sur le marché des transferts à Marseille, mais un joueur fait plus parler de lui depuis le début de ce mercato. Mason Greenwood représente la plus grande ressource financière en cas de vente durant l’été. La Roma est, depuis quelque temps, le club le plus insistant pour s’offrir l’Anglais.

    D’après le journal italien la Corriere dello Sport, les dirigeants romains seraient prêts à envoyer entre 15 et 20 millions d’euros immédiatement pour Greenwood + 35 millions en plusieurs versements. L’OM continuerait de demander 55 millions pour son attaquant star, alors que le club est en quête de liquidités rapidement.

    P.G.

  • Les droits des femmes virent à l’extrême droite dans les 11e et 12e arrondissements de Marseille

    Les droits des femmes virent à l’extrême droite dans les 11e et 12e arrondissements de Marseille

    C’est au dernier moment que le maire (RN) des 11-12 Olivier Rioult a inscrit à l’ordre du jour du conseil d’arrondissements une convention de partenariat avec l’association éclats de femmes, « qui effectue un travail remarquable pour accompagner les femmes victimes de violences et de harcèlement » défend-il, afin d’accueillir à titre gracieux ses permanences et relayer ses actions. Et pour cause : financée par le milliardaire Pierre- Edouard Stérin, l’association proche du groupuscule identitaire Nemesis a été créée par la vice-présidente de l’UDR ciottiste, Claire Geronimi. « Vous faites de la cause des violences sexistes et sexuelles une récupération honteuse à la seule fin de votre discours anti-migrant », dénonçait dans l’opposition l’adjointe (DVG) Rebecca Bernardi, s’alarmant d’un accompagnement « sans expérience et sans expertise professionnelle ». Une association sans antenne reconnue à Marseille, « dont il est très difficile d’avoir des rapports de gestion », pointe Sylvain Souvestre (LR). Qui interroge : « Pourquoi ne pas travailler avec des associations marseillaises ? » Et de s’étonner de ce soutien quand le maire d’arrondissement reste collaborateur parlementaire d’un député UDR.

  • Procès du marché du soleil : corruption et sens des affaires

    Procès du marché du soleil : corruption et sens des affaires

    Des chaussures de sport contrefaites en affaires, des puffs ou des cartouches de cigarettes à la revente en échange d’« informations »… Yanis E., Ali T. et Grégory P., trois policiers municipaux ont été auditionnés ce mardi 23 juin par le président Adrien Fauchier Delavigne pour le deuxième jour du procès du marché du soleil. Tous trois ont formellement démenti être en cheville avec Leïla Hireche, gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, en charge notamment de récolter les loyers, quitte à faire dans l’extorsion selon les enquêteurs.

    « Je ne voulais pas aller acheter directement, je voulais éviter les problèmes. Elle s’est proposée si j’avais besoin d’affaires. Je lui ai payé directement en liquide une paire de baskets », se défend le premier, qui assure n’intervenir qu’en cas de bagarre. Au président qui l’interroge sur les accusations d’un commerçant locataire du marché, selon lequel « Barbichette », est venu avec un autre collègue vider l’équivalent d’un box de contrefaçons, Ali T., doté de l’attribut poilu, nie aussi. « Je n’ai jamais été mêlé de près ou de loin à ce genre d’activité », répond l’ex légionnaire, « naturalisé par le sang versé » après avoir été blessé par balles en Côte d’Ivoire. Quant à Grégory P., de la brigade motorisée, surnommé « bolo » par ses collègues pour « neuneu », insiste son avocat, il semble ne pas percevoir la gravité de l’affaire. « Vous n’avez pas à donner des infos confidentielles à des gens, vous l’avez compris ? Je n’en ai pas l’impression… », s’agace le président citant un PV qu’il a transmis à Leïla Hirèche.

    Pas moins de 24 000 euros sous le matelas

    Vient le tour de Georges Dahan, président fondateur du marché du soleil, de répondre aux questions. Tout sourire, kipa sur le crâne, mais visiblement diminué, le vieux monsieur de 81 ans dit ne pas comprendre les raisons de sa présence à l’audience. Visionnaire, le gérant de la société AMG Promotion a eu l’idée d’acheter deux entrepôts mitoyens, « au 67 et 63 rue Bon Pasteur » quand ferme le marché Velten en 1987 explique-t-il. Il a embauché par la suite « Léïla, qui a remis de l’ordre », et surtout permis de récupérer un million d’euros de loyers impayés. Sur la vente de produits contrefaits, « après le Covid, quelqu’un en a fait, ça a marché, tous les voisins ont continué. Je savais que c’était pas trop autorisé », commente celui qui a déjà été épinglé par les douanes en 2005, pour loterie prohibée, travail dissimulé, abus des biens ou du crédit d’une SARL, condamné à payer 894 123 euros de pénalité proportionnelle et autant de droits fraudés.

    S’il n’a pas agi, c’est en raison de la présence d’un meneur, « très virulent avec Mme Hereche, j’avais peur pour elle ». Pire lorsque ferme le marché du soleil en février, après une saisie record de 206 054 marchandises contrefaisantes d’une valeur de près de 42 millions d’euros, il va jusqu’à solliciter le paiement d’une somme aux douanes en échange de pouvoir laisser les commerçants continuer à vendre, inquiet de la faillite pointe le président.

    L’octogénaire ne semble pas non plus gêné de posséder 24 000 euros de liquide sous son matelas, retrouvés lors d’une perquisition. « Les Français ont des bas de laine, à 80 ans je pouvais bien avoir des économies » rétorque-t-il. S’il a vendu tous ses biens, à part un appartement en Israël où il se rend régulièrement pour voir ses « quatre filles et 17 petits enfants », il ne manque pas d’idée d’investissements s’étonne la procureure qui lui demande où il comptait trouver l’argent pour racheter un village vacances dans le Var ou aménager un terrain dans la Loire pour y mettre des bungalows.

    « Il y a des prêts Madame », renvoie Georges Dahan sans se démonter, confirmant être prêt à vendre le marché pour profiter de sa famille, moyennant 12 millions d’euros, à la Sogima dès novembre 2025.

  • La Métropole veut réécrire le budget du préfet

    La Métropole veut réécrire le budget du préfet

    Pour la première fois depuis qu’ils ont fait le choix délibéré de ne pas voter les budgets de l’institution, menant tout droit à une mise sous tutelle préfectorale, les conseillers métropolitains se réunissent ce mercredi dans l’hémicycle du Pharo. Une semaine après la copie présentée par le préfet, ordonnant de couper 53 millions d’euros dans les dotations aux communes, les questions budgétaires s’imposent logiquement à l’ordre du jour.

    Mais tandis que les services de l’état prônaient de couper dans les attributions de compensations (AC) reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, la Métropole s’oriente désormais bien vers les préconisations de la chambre régionale des comptes, dont le rapport doit être présenté en début de séance. Au-delà des 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement et les investissements de l’intercommunalité, repris intégralement par le préfet, les magistrats financiers proposaient de sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire créée en 2023 pour réduire les inégalités entre les communes. Une solution qui touche au premier plan la municipalité marseillaise.

    Hausses de tarifs

    Dans une délibération ajoutée au dernier moment à l’ordre du jour, le président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard propose « de modifier les modalités de versement de la dotation de solidarité communautaire 2026 », compte tenu du contexte budgétaire. Au moment du refus de voter le budget le 28 avril dernier, les conseillers métropolitains avaient pourtant bien pris soin d’approuver les 66 millions d’euros de cette dotation aux communes, qui devait être versée avant la fin du mois de juin. Celle-ci désormais « fera l’objet d’un versement unique d’ici la fin du mois d’octobre », énonce le rapport.

    Pourtant préférée par la municipalité marseillaise, l’option préfectorale de toucher aux attributions de compensation « ne peut pas être mise en œuvre techniquement de manière simple », expliquait le vice-président (LR) aux finances David Ytier dans nos colonnes ce week-end. En plus d’un vote aux deux tiers du conseil métropolitain et des communes concernées, elle nécessitait la réunion d’une commission locale d’évaluation des charges transférées (Clect). Initialement prévue à l’ordre du jour, la création de cette commission a été finalement retirée. De quoi paver la route à une prochaine décision budgétaire modificative, qui doit être présentée lors d’un prochain conseil métropolitain au mois de juillet pour arbitrer les coupes entre les différentes communes et les projets abandonnés.

    En attendant, derrière le pass RTM à 10 euros pour les moins de 26 ans cet été, l’hémicycle va approuver des hausses de tarifs pour les navettes de l’aéroport ou du Frioul, tandis que la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali ouvrait la porte à l’abandon de la gratuité pour les jeunes et seniors en septembre. En attendant les négociations de plus long terme : un groupe de travail avec onze membres doit être créé pour élaborer un nouveau pacte financier et fiscal pour la Métropole.

  • Pour un autre regard sur les consommateurs de drogue

    Pour un autre regard sur les consommateurs de drogue

    Dans les locaux du Bus 31/32, quelques flyers sont posés sur les tables autour desquelles s’assoient les habitués du lieu. Dessus, les informations relatives à la marche qui aura lieu ce vendredi au départ de la gare Saint-Charles figurent aux côtés de la phrase « Soutenez. Ne punissez pas ».

    Au programme : des prises de parole d’associations, un « hommage aux victimes de la politique répressive », et des concerts. Mais surtout, la présence de consommateurs dans la foule. « Il y a Radio Galère qui nous accompagne et qui va faire un micro-trottoir, avec les usagers, pendant la marche », détaille Amandine Alix, directrice de l’association Autosupport des usagers de drogues (ASUD).

    « L’idée pour les consommateurs, c’est de pouvoir se montrer et de montrer qu’ils ont des avis militants, politiques, qu’ils veulent défendre leurs droits », ajoute Max De Laverny, chef de service d’ASUD.

    Réduire les risques

    La structure, qui est un Centre d’accueil et d’accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) a été fondée par et pour les usagers. Elle défend l’idée d’une politique axée sur le soin plutôt que la répression, et d’une législation plus souple. « Les salles de soin sont indispensables, mais derrière, on défend aussi une politique de réduction des risques », insiste-t-il. Et cela passe par la distribution de matériel, un accompagnement et des maraudes pour sensibiliser. « On n’est pas dans une idée de les faire arrêter, mais de dire “D’accord, tu consommes, et on va t’accompagner pour le faire bien” », vulgarise Amandine Alix.

    À Marseille, les associations constatent une hausse du nombre de consommateurs. « L’année dernière, ASUD était à 600 personnes, là on en a plus de 1000 », affirme Amandine Alix. Dans le même temps, les dispositifs de répression du trafic se renforcent, sans résultats visibles. « Après les opérations Place Nette, les points de deal se sont déplacés, ce qui a dispersé aussi les usagers, qu’on pouvait moins accompagner », constate-t-elle. Les associations tentent de convaincre les différentes institutions de l’importance de la réduction des risques. « Ces personnes trouveront dans tous les cas un moyen de consommer », martèle Max De Laverny, « La réduction des risques, ce n’est pas du militantisme, c’est de la science. » Pour l’heure, l’État n’a expérimenté que deux salles de consommation en France, à Paris et à Strasbourg. Marseille attend…

  • À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    C’est un chantier bien moins visible et symbolique que celui de la destruction des tours Eurodif (notre édition du 12 avril 2025) mais d’une forte ampleur industrielle qui est en train de s’opérer sur le site nucléaire de Tricastin. Alors qu’après une grosse année de travail, les trois tours de refroidissement de l’ex-usine George-Besse ont définitivement disparu du paysage, Orano s’attelle à l’extension de l’usine George-Besse II. Un projet industriel hautement stratégique pour l’un des leaders de la fabrication de nucléaire, qui a ouvert ses portes à la presse ce lundi pour une visite de chantier.

    Inaugurée il y a plus de 15 ans, l’usine George-Besse II a pris le relais de sa grande sœur spécialisée dans l’enrichissement d’uranium. « C’est un savoir-faire unique au monde depuis plus de 60 ans, on transforme de l’uranium pour permettre de fournir en énergie bas carbone les centrales nucléaires », resitue Pascal Turbiault, directeur d’Orano Tricastin. Actuellement, l’usine couvre l’équivalent des besoins électriques de 90 millions de foyers par an, soit la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne confondues.

    Plus de la moitié

    du chantier achevée

    « Le projet d’extension va permettre d’augmenter notre capacité de 30% », précise le directeur et ce afin de répondre à la demande croissante en la matière. Orano, qui exporte 70% de sa production, a d’ailleurs été retenu pour construire une usine d’enrichissement aux États-Unis. À Tricastin, le chantier s’élève à 1,7 milliard d’euros et mobilise jusqu’à 1 000 personnes (lire les chiffres). « C’est l’un des cinq plus gros chantiers industriels actuellement en France », s’enorgueillit Christophe Mei, chef du projet d’extension de George-Besse II. Après la pose de la première pierre en octobre 2024, « 55% des travaux ont été réalisés dont déjà 98% de génie civil », précise-t-il. L’usine agrandie donnera sa pleine mesure d’ici à 4 ans. Actuellement, 14 modules d’enrichissement d’uranium composent l’usine, 4 nouveaux sont en phase de construction.

    « Dès le début de George II, le site a été pensé pour une future extension, ce qui permet de construire sans interruption d’activité, on ne pourrait pas se le permettre car les carnets de commandes sont pleins », fait valoir Christophe Mei. Preuve « du dynamisme », selon Pascal Turbiault, Orano doit embaucher 1 000 personnes dans tout le Sud-Est et quelque 1,3 milliard d’euros doivent encore être investis à Tricastin « pour renouveler et moderniser nos installations ».

    « Pour enrichir l’uranium, on utilise la technique de l’ultra centrifugation, un peu comme un panier à salade où les éléments les plus lourds sont plaqués contre les parois », vulgarise Christophe Mei. Entre la dalle surélevée par 480 plots ou 60 km de tuyauterie à poser, la visite passe par l’immense salle des centrifugeuses en travaux, où les photos ne sont pas autorisées. Mais on peut s’imaginer le grand champ des tulipes de Jonquières en floraison. En moins « instagrammable ».

    CHIFFRES

    800

    kilomètres de câbles vont être intégrés dans cette extension mais aussi 60km de tuyauterie (acier et aluminium) et 1 400 tonnes de charpente.

    180

    entreprises au total participent au chantier, mobilisant 300 à 500 personnes en moyenne avec des pics à 1 000.

    2030

    sera l’année de mise en service complète de l’usine étendue. Dans deux ans, une partie des nouveaux modules seront opérationnels.

  • La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    « Aucun engagement, à ce stade, ne peut être pris quant au maintien sur site de l’ensemble du personnel affecté à la Plateforme Industrielle Courrier de Vitrolles ». Le message du directeur de la PIC de Vitrolles, cœur battant du traitement des courriers dans les Bouches-du-Rhône, à l’adresse des salariés de La Poste est sans détour. En date de ce 22 juin et sous la forme d’une « newsletter », la direction du site aborde le « projet de transformation » ainsi que « l’évolution de ses activités ». Une bonne nouvelle ? Pas vraiment aux yeux de la CGT, qui alertait dès l’année dernière sur une potentielle disparition de la PIC en tant que telle (lire notre article du 20/08/2025). « Tout ce qu’on pressentait, c’est confirmé ! », s’alarme Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée du site. Et pour cause : quand la direction évoque une « nouvelle orientation industrielle », la CGT y voit une « fermeture ». « Ça serait une transformation si on gardait tous les agents, mais là on diminue le courrier et les effectifs… On ne va plus être une PIC, le statut va changer. Faire du multiflux, c’est un métier différent que de faire du courrier ! », explique Sabrina Manca. Il faut dire qu’elle en sait quelque chose : « J’ai déjà fait trois fermetures de PIC ailleurs en France, il ne reste que la moitié des effectifs ». Avant de développer : « Les casiers pour trier le courrier vont disparaître, ou être fortement réduits. Avec l’installation d’une machine qui s’occupera des colis, les effectifs vont être réduits, forcément ».

    Ce qui est certain, c’est que la direction, dans sa newsletter, confirme bien une « transformation vers une plateforme industrielle multiflux » avec notamment « l’implantation d’une machine colis ». Et surtout des études « logistiques et organisationnelles » pour préciser le « périmètre des futures activités colis et le périmètre des activités complémentaires (courrier, Log’issimo…) ». En clair, le maintien d’un flux courrier est bien stipulé, mais relégué au second plan face aux colis. D’où l’inquiétude syndicale : « Ils ne garderont que quelques machines pour trier les tournées des facteurs… Une partie du courrier va partir sur la PIC de Montpellier. Sur 244 salariés, on ne sera plus que 150 à 180 salariés à la fin » dénonce Sabrina Manca. Même principe pour le courrier alpin, traité sur la PIC de Vitrolles à l’heure actuelle : « Le courrier du Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence ira à Toulon ! ».

    Toujours dans la newsletter, le directeur du site assure que « chaque personne concernée par les évolutions des activités disposera d’une solution adaptée avec la garantie d’une réorientation professionnelle et d’un accompagnement individuel et personnalisé au sein du bassin d’emplois ou sur une PIC de proximité ». Pas de quoi rassurer la CGT : « Qui va aller à Montpellier quand on a ses enfants scolarisés à Marseille ou son mari qui travaille dans le département ? Le plus grand nombre de postes ouverts pour les reclassements des agents, c’est facteur. Mais justement, la plupart des personnes qui travaillent en PIC en viennent… ». L’organisation syndicale évoque même un « plan social déguisé » tant elle prévoit de la casse dans les effectifs. « Il y aura des abandons de postes, des licenciements pour inaptitude, des reclassements pour ceux qui peuvent et veulent… », se désole Sabrina Manca.

    Contactée pour avoir plus d’éléments, La Poste doit revenir vers nous prochainement. Mais l’entreprise table sur un début des travaux prévisionnel pour février ou mars 2027, et une mise en service à la fin de cette même année.

  • Le Mondial La Marseillaise entre en scène

    Le Mondial La Marseillaise entre en scène

    N’ayons pas peur des mots. Le Mondial La Marseillaise à pétanque, plus grand concours de la discipline au monde, fait son grand retour du 3 au 8 juillet dans les mythiques allées du Parc Borély.

    « C’est un honneur de me retrouver devant vous pour présenter cette 65e édition de La Marseillaise, une compétition que je connais bien. J’ai perdu en finale en 1988, j’ai passé huit ans perché en haut d’une tribune à commenter en moyenne 17 parties par édition. Je l’ai vue évoluer, grandir, de loin comme de près. J’ai touché le Graal sans jamais l’atteindre. En tout cas, je lui dois beaucoup », reconnaît Maryan Barthélémy, nouveau directeur des événements du journal La Marseillaise.

    Organisateur reconnu dans le monde de la pétanque, il a la lourde responsabilité de piloter, depuis plusieurs mois, la préparation de cette nouvelle édition. « Je n’ai qu’une seule envie : faire grandir l’événement, le moderniser tout en préservant ses valeurs, son ADN et en restant fidèle à son histoire populaire », poursuit le successeur de Pierre Guille. Ce dernier laisse derrière lui une édition 2025 qualifiée de « stratosphérique », marquée par tous les records : 4 784 équipes engagées, près de 16 000 joueurs répartis sur l’ensemble des concours et, fait historique, la victoire inédite d’une équipe étrangère sous les couleurs malgaches.

    Un Mondial populaire

    Avec plus de 3 675 équipes déjà inscrites à dix jours du coup d’envoi, soit 250 triplettes de plus qu’à la même période l’an dernier, tous les indicateurs sont au vert. « Tout laisse à penser que l’édition 2026 devrait battre un nouveau record de participation », glisse Léo Purguette, président du groupe La Marseillaise.

    Fier du pouvoir d’attraction d’un événement qu’il considère comme « le plus beau moment de l’année », il rappelle ce qui fait, selon lui, l’essence même du Mondial : son caractère profondément populaire et républicain. « La Marseillaise, c’est aussi une attention particulière portée à la culture et à la création », ajoute le directeur éditorial du journal La Marseillaise, en saluant l’artiste Claude Luca, auteur de l’affiche de cette 65e édition.

    « C’est une tradition populaire qui perdure : celle d’un artiste qui, avec son pinceau, donne une identité visuelle au tournoi. Tu es apprécié de tous les boulistes, qui te croisent sur les terrains en train de croquer leurs moments de victoire, parfois de défaite, et aussi de rigolade. Ton talent est proportionnel à ta modestie, c’est-à-dire très grand », souligne Léo Purguette. Une exposition des œuvres de Claude Luca, et de son fils Pierre-Marie, sera présentée dans l’espace VIP.

    Les célébrités également au rendez-vous

    Les célébrités auront aussi le droit à leur épreuve. Samedi 4 juillet, sur les coups de 20h30, quatre triplettes de stars se feront face lors d’un mini tournoi baptisé Mondial des célébrités, au Parc Borély. Elles seront accompagnées d’un entraîneur/champion qui tentera de les guider vers la victoire finale. Parmi les invités de cette première édition, nous retrouvons le nageur Florent Manaudou, Patrick Bosso, l’humoriste Julien Vinh, Bengous ou encore Paga et Cédric des « Marseillais ». Des footballeurs pourraient faire la surprise d’y participer aussi. Cet événement remet au goût du jour l’emblématique Trophée des artistes, habituel rendez-vous d’ouverture du Mondial La Marseillaise, qui avait été arrêté en 2020. Sous un nouveau format, cette compétition entre people se veut plus spectaculaire. Les 12 invités seront équipés de micros pour que chaque spectateur puisse se mettre dans l’ambiance du tournoi et entendre chaque parole des principaux intéressés. Ils seront coachés par un champion de la discipline. Un rendez-vous qui se veut remplit de bonne humeur, à quelques heures de lancer officiellement la 65e édition. Les différentes parties durant la soirée seront commentées par Guillaume Claret, accompagné du tennisman Benoît Paire, originaire du Vaucluse et grand fan de pétanque.

    P.G

    ILS ONT DIT

    Gilles Picard, Président délégué du groupe La Marseillaise

    « J’ai pu participer à de grands événements sportifs mais celui-ci, la Marseillaise, il est extraordinaire. Par l’adhésion qu’il suscite auprès du public, par son caractère mondial, festif et rassembleur. De ce point de vue, Marseille est bien la capitale mondiale de la pétanque. »

    Patrick Fara, Président du comité bouliste 13

    « Je pense que ça va être une édition exceptionnelle. Avec Maryan Barthélémy aux manettes, je pense que ce sera une belle année. Il a exprimé le besoin d’apporter des nouveautés et nous sommes là pour l’accompagner, au comité bouliste. On a tout mis en place pour que ce soit une belle réussite. »

    Romain Pastor, Conseiller municipal aux traditions et à la culture

    « La Marseillaise est une compétition qui dure car elle a conservé les traditions de ses pères fondateurs. Elle a su évoluer avec le temps en s’ouvrant aux féminines, aux jeunes, aux personnes handicapées. La Marseillaise continue également de lier le monde amateur et le professionnel avec brio. »

    Maryan Barthélémy, Président des événements du groupe La Marseillaise

    « Le Mondial La Marseillaise est accessible à tous, mais en même temps, elle reste un rêve inaccessible pour la majorité des gens. C’est un Himalaya car tout le monde peut y participer, mais il faut se rendre à l’évidence que peu atteindront le sommet. »

    David Galtier, Conseiller régional

    « La Région est fière d’être partenaire de ce Mondial, sous l’impulsion du président Renaud Muselier. Nous l’accompagnons car il porte véritablement des valeurs auxquels nous croyons. Nous félicitons aussi les 350 bénévoles, tous ceux qui rendent cette aventure possible. »

    Recueilli par Pierre Gorge

  • Un nouveau Samu pour plus de réactivité

    Un nouveau Samu pour plus de réactivité

    Derrière les grues et les camions qui s’activent à l’arrière du centre hospitalier de La Timone, à Marseille (5e), un nouveau bâtiment se détache. C’est ici que les équipes du service d’aide médicale d’urgence (Samu) 13 ont déménagé à la fin du mois de mai.

    Inaugurés ce mardi par le préfet de région, le directeur de l’assistance publique hôpitaux de Marseille (AP-HM), le directeur de l’agence régionale de santé et celui de la région Sud, ces locaux flambant neufs s’inscrivent dans le projet de modernisation de l’AP-HM, porté notamment par l’Etat dans le cadre de Marseille en Grand. Un nouvel espace qui permettra au Samu de répondre aux crises au niveau départemental, régional et zonal, incluant aussi l’Occitanie et la Corse.

    « Faciliter les choses »

    Le Samu est un service qui permet d’orienter au mieux les patients par téléphone vers les urgences ou la médecine de ville suivant l’urgence, et peut également déployer un transport médicalisé. Ce nouvel espace marseillais permettra notamment d’élargir son champ d’expertise, avec en plus d’un centre de régulation, un centre anti poison et des dispositifs de prévention contre le risque suicidaire.

    « Cet endroit change beaucoup de choses, c’est vraiment plus agréable d’y travailler », affirme Marine Jarzembowski, médecin au Samu depuis 2021. Le nouveau bâtiment de trois étages permet notamment le stationnement de tous les véhicules du Samu au même endroit, alors qu’ils étaient avant éparpillés sur le parking de l’hôpital « ce qui facilite les choses », souligne la médecin.

    La salle de régulation, où le personnel répond et régule les appels, est pourvue d’écrans supplémentaires « pour voir en temps réel les entrées aux urgences et donc diriger au mieux les patients qui nous appellent », explique Marine Jarzembowski. Ce qui permet d’éviter au mieux l’engorgement des urgences. De nouveaux outils informatiques et téléphoniques permettent également une « réponse en 45 secondes en moyenne », indique le Dr Faouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13.

    Ces nouveaux locaux ont également été pensés pour pouvoir s’adapter à des situations de crise. Des postes supplémentaires dans la salle de régulation sont par exemple prévus pour permettre des renforts. Par ailleurs, trois salles de crises modulables permettent au Samu de réagir rapidement et gérer « des épisodes majeurs comme les JO, des coupes du monde, des épidémies comme l’hantavirus ou des crises climatiques comme aujourd’hui », explique François Crémieux, le directeur général de l’AP-HM. Le nouvel épisode caniculaire que connait la région entrainant une augmentation des appels montre la nécessité de ce lieu qui permet une meilleure prise en charge de ce flux.

    Un argument pour les JO

    Le bâtiment est également certifié « bioclimatique » afin de mieux s’adapter à l’augmentation des températures. Un isolement extérieur, des brise-soleil ainsi que des brasseurs d’air permettent d’utiliser le moins possible la climatisation dont le bâtiment est doté, et de l’utiliser peu quand elle est nécessaire.

    Un projet sorti de terre en deux ans que la région Sud a également soutenu, y voyant une réponse adéquate aux crises à venir et essentiel au rayonnement régional. « Cette excellence logistique a été un des arguments décisifs lors de notre candidature pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver et paralympiques de 2030 », affirme Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région sud.

    ET AUSSI

    Le Département mobilisé pour aider les personnes fragiles

    Le Département des Bouches-du-Rhône s’appuie notamment sur les 50 Maisons du Bel Age, pour aider les personnes âgées face à la canicule. Une veille sanitaire est également assurée, avec des appels téléphoniques réguliers aux 7 000 personnes isolées de plus de 85 ans recensées. Les travailleurs sociaux du Département sont aussi sensibilisés pour accompagner les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie.

    FO rappelle leurs droits aux salariés

    Face à ces fortes chaleurs, de nombreux métiers peuvent devenir dangereux. Lorsque les mesures de prévention mises en place par l’employeur ne suffisent pas à assurer la sécurité, les salariés peuvent faire valoir leur droit d’alerte et de retrait, indique l’union départementale de Force ouvrière. L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles recommande de prendre des mesures de prévention à partir de 28°C pour les activités physiques, et 30°C pour les activités sédentaires, rappelle-t-elle.

    Un dispositif de prévention à Martigues

    La municipalité de Martigues entend porter une attention particulière aux enfants accueillis dans les crèches et les écoles, qui sont d’ores et déjà dotées d’équipements de rafraîchissement ou climatiseurs. Les personnes vulnérables peuvent s’inscrire sur un registre communal.

    Des écoles climatisées à Port-de-Bouc

    La Ville de Port-de-Bouc a décidé de lancer une commande exceptionnelle de climatiseurs, face aux fortes chaleurs annoncées pour la semaine prochaine, « afin de garantir des conditions d’apprentissage et d’enseignement plus supportables dans les écoles de la commune » jusqu’aux vacances d’été. La commande comprend l’acquisition de 24 climatiseurs et 24 ventilateurs, répartis en fonction des besoins identifiés dans les établissements.