Category: accueil-merge

  • Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    « Oui, oui, lui je le connais. Ma mère en prépare ! » lance joyeusement Assia, 9 ans en pointant le labre. L’élève de l’école d’Air Bel (11e) est venue visiter le Village des sciences avec sa maîtresse. Daniela Banaru, maîtresse de conférences à Aix-Marseille université, se prête avec enthousiasme au jeu de la découverte auprès des enfants.

    Au mur, une multitude d’articles « entretien » dédiés aux poissons réalisés pour La Marseillaise en collaboration avec la scientifique, Christian Qui, chef cuisinier, les pêcheurs du Vieux-Port, Chimène Voronkoff pour les illustrations et Marie-Laure Thomas pour les enquêtes.

    « Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quand te consomme-t-on ? Et comment te mange-t-on ? » : telles sont les quatre questions posées chaque semaine à une espèce différente, en fonction de sa saisonnalité. L’idée était de sensibiliser à la diversité des poissons frais, sources de protéines accessibles, disponibles sur les étals du Vieux-Port. Toutes les espèces présentées ont été observées à la vente au marché aux poissons au fil des mois.

    « Fielas, sardines, calamars, poulpes ou encore daurade… Nous avons plus 263 espèces en Méditerranée. Certaines sont davantage pêchées que d’autres, ce qui entraîne parfois leur raréfaction, voire leur disparition », explique Daniela Banaru le doigt sur les articles plastifiés.

    Les enfants témoignent en avoir déjà mangé, mais aussi « en avoir vu nager en mer ». La Grande bleue leur est familière. Eden s’exclame : « Il y en a même un qui m’a mordu ! » « Ça doit être un baliste, ce n’est pas bien méchant », le rassure la scientifique. À côté, Naïssa se renfrogne : « Mais moi, je ne sais pas nager. » Des jeux permettent également de mieux appréhender la faune et la flore marines. Le stand, aux couleurs vives, enthousiasme les enfants. On y croise même le spécialiste du crabe bleu, Guillaume Marchessaux, intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer cette espèce invasive.

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • [Billet] Un mouvement de libération est né…

    [Billet] Un mouvement de libération est né…

    On les disait atones, rivés à leur portable, fascinés par les influenceurs. Les voilà dans la rue, par dizaines de milliers. Pour une école qui leur ouvre un autre avenir que celui préparé par Macron, Lecornu et leurs prédécesseurs.

    Cette révolte est un mouvement de libération. Une jeunesse refuse une école délabrée, la concurrence qu’incarne Parcoursup, la précarité et le carcan des besoins du marché, où seule une partie trouvera son compte.

    Dans le secondaire public, 15 millions d’heures de cours ne sont pas remplacées, jusqu’aux classes de brevet ou de bac. Autant d’apprentissages interrompus, d’élèves abandonnés à leurs difficultés. Et toujours cette injonction : être « les meilleurs » pour échapper au chômage et aux boulots « bullshit ».

    La réponse de Sébastien Lecornu, avec l’aval du président ? Réduire de 200 millions d’euros net le budget de l’Éducation nationale et supprimer plus de 1 588 postes d’enseignants ! Au nom d’une dette dont Macron est responsable et comptable, qui pénalise la France mais rapporte chaque année plus de 60 milliards aux créanciers privés, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.

    Les lycéens ont compris le message : faute de professeur, ce sera encore la permanence ou la cour. Moins de cours, alors qu’on annonce un durcissement des conditions d’obtention du bac, notamment en orthographe.

    Le 17 septembre, les élèves du lycée Antoine-de-Saint-Exupéry, à Créteil, dans le Val-de-Marne, ont exprimé leur refus de ce scenario. Ils ont bloqué leur établissement. Lecornu a répondu par l’envoi de policiers de la BAC, armés de matraques et de Flash-Ball. Traités en délinquants, les jeunes Cristoliens ont reçu le soutien d’autres lycées, mobilisés contre ces violences et contre leur propre sort.

    Le gouvernement se comporte en maltraitant : il abuse de son pouvoir, frappe à l’aveugle, inflige des blessures disproportionnées. Main arrachée, mâchoire fracturée, œil énucléé : des adolescents mutilés à vie. Mais Macron et Lecornu ont échoué à étouffer les revendications par la peur et à retourner l’opinion contre les lycéens. Les parents se sont indignés.

    Selon Elabe pour la MAE, « 80 % des parents se disaient inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants ». Selon l’IFOP pour Elle, 66 % des 15–17 ans sont anxieux face à l’avenir. Et, selon Ipsos, en janvier 2025, 70 % des jeunes de 20 ans jugent le travail plus stressant qu’épanouissant. Des alertes ignorées par Macron et ses gouvernements.

    Mardi, sous la pression lycéenne et populaire, Sebastien Lecornu évoquait « l’ouverture de discussions, « de possibles rallonges budgétaires », et une réflexion sur « Parcoursup », cette machine à produire des inégalités. Ces trop vagues annonces ne répondent pas aux besoins des lycéens, ni à l’inquiétude de nombreux parents

    Le même jour, Marine Le Pen promettait aux marchés financiers 140 milliards d’économies le temps d’un mandat présidentiel notamment en réduisant les dépenses publiques, notamment l’éducation, pour payer les agios de la dette.

    Toujours mardi, Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, présentait des propositions immédiates à engager pour l’éducation : un professeur toujours présent dans chaque matière, la suppression de Parcoursup et de Mon Master, la restitution aux collectivités des 7 milliards spoliés dans le projet de budget pour entretenir le patrimoine éducatif, etc.

    Puis, il a formulé son projet : « Je veux une école et une université de la réussite pour chacune et chacun. » Il prône un « pacte républicain pour la jeunesse et l’éducation »

    Il entend faire de la jeunesse et de l’éducation une grande cause nationale pour les 20 prochaines années engageant toutes les forces vives de la Nation : « C’est l’horizon d’une génération scolaire entière. C’est le temps nécessaire pour inscrire notre action dans la durée et permettre aux jeunes d’en mesurer les effets tout au long de leur parcours ».

    « Ce pacte engage la capacité des jeunes à construire leur vie et celle du pays à réparer la France et relever les défis du siècle » a souligné Fabien Roussel. « Donner à un jeune, quel que soit son milieu, les moyens concrets d’être hautement cultivé et hautement formé, c’est lui donner les moyens d’être libre. Libre de choisir sa voie et de décider de sa vie. » a-t-il insisté ajoutant : « Une jeunesse forte c’est l’assurance d’une France forte ».

    Cette ambition pour la jeunesse est l’un des piliers du « pacte populaire de confiance et de progrès » que nous voulons construire et mettre en œuvre avec le peuple de France » a-t-il annoncé.

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.

  • [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    Marina, 13 ans, en 4e au collège du pays de Banon

    Personne ne s’en doute, mais je peux te dire que les mouches ont une très grande utilité dans la nature car elles recyclent la matière organique morte. Tu as remarqué que grâce à leur odorat très développé, elles sont attirées très vite par tout ce qui est très odorant : les crottes d’animaux, les cadavres, la viande, les fruits, etc. Chaque espèce de mouche (et il y en a des centaines de milliers) a son propre régime alimentaire.

    Les adultes pondent dans la matière organique de minuscules œufs qui vont éclore sous la forme de vers (les asticots). Ces vers sont très voraces et ingèrent une quantité énorme de nourriture par rapport à leur taille. Ils transforment ainsi ce qui est mort en matière vivante. Ils sont comme les mouches adultes très très nombreux et constituent ainsi la base alimentaire de nombreux prédateurs (oiseaux, batraciens, petits reptiles, chauves-souris et une multitude d’insectes et araignées).

    Les mouches sont donc indispensables au fonctionnement de la nature, par leur capacité à recycler la matière organique morte et en servant de garde-manger à d’innombrables animaux. Vive les mouches ! »

    Jérôme ORGEAS Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’Imbe.

  • L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu l’ex-maire d’Istres, 73 ans, coupable de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, le condamnant à deux ans de prison ferme, 200 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, le mercredi 7 octobre, à l’issue d’un procès tenu en juin dernier. Ce dernier devant effectuer sa peine sous bracelet électronique. Mais François Bernardini (DVG) a décidé de faire appel, ont indiqué ce week-end nos confrères de La Provence.

    L’ex-élu était mis en cause pour avoir intégré dans les effectifs de la mairie deux collaborateurs alors qu’ils travaillaient dans une association et en tant qu’entrepreneur. Deux emplois considérés comme fictifs. Autre reproche judiciaire : l’omniprésence de deux cabinets d’architectes dans l’attribution des marchés publics.

    Les maîtrises d’œuvre du complexe nautique d’Entressen et de la salle polyvalente communale La Grange ont ainsi été considérées comme irrégulières par les juges. Pour ce qui est du favoritisme sur un marché de location de voitures, François Bernardini a été relaxé, ainsi que pour la construction de la cité administrative que d’aucuns jugeaient pharaonique.

    D’autres condamnés

    lui emboîtent le pas

    Le ministère public avait requis à son encontre quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, 80 000 euros d’amende, la confiscation d’un appartement, l’interdiction définitive d’exercer une fonction publique et cinq ans d’inéligibilité.

    Pour mémoire, l’ancien leader du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, dont il est exclu en 2001, avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis et une peine d’amende, en 2002, pour des faits de détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux, après avoir là aussi fait appel puis saisi la Cour de cassation.

    Également reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Paris, son ex-directeur général des services, Nicolas Davini, Philippe Colonna, fondateur de la Savim, et Frederik Rill, architecte, ont aussi fait appel, précisent nos confrères. Le premier a été condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis et à 100 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité, trois ans d’exclusion des marchés publics et d’interdiction d’exercer une fonction publique, avec sursis. Le second a écopé de deux ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique pour recel de détournement de fonds publics concernant son emploi fictif. Enfin, le troisième, a été condamné à 50 000 euros d’amende pour recel. Il est également exclu de marchés publics pour trois ans avec sursis.

    À noter que l’ancienne première adjointe, Nicole Joulia, a quant à elle été relaxée.

  • [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    La Marseillaise : Quelles sont les conclusions de ce sondage Opinion Way sur la faim en France ?

    Hélène Quéau : On a des constats assez durs : 13% des adultes Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. Au-delà de ne pas pouvoir manger suffisamment, 39% des personnes disent se restreindre sur leur choix alimentaire. Pour 80% d’entre eux, cela s’explique par des raisons financières, mais ça peut aussi venir de l’absence de choix autour de soi. À Marseille, dans les quartiers Nord, l’offre alimentaire est hyper limitée. Il y a donc des enjeux de déplacements et on connaît aussi les répercussions que la faim entraîne sur la santé : augmentation de l’obésité, des maladies liées à l’alimentation, et effets sur la santé mentale et la capacité à déployer d’autres actions pour sortir de cette situation.

    Et à Marseille ?

    H.Q. : Un des sujets, avec la précarité alimentaire, c’est qu’il n’y a pas de mesure systématisée : c’est pour ça qu’on a lancé ce sondage. À Marseille, un nombre important de personnes fréquentent l’aide alimentaire, le public est très diversifié. Pour chiffrer, on a étudié la vie en squat à Marseille, notamment dans les copropriétés dégradées des quartiers Nord. On estime que 6 000 adultes sont concernés, un chiffre qui grimpe beaucoup avec les enfants. 14% de ces personnes présentent une faim sévère et 50% une faim modérée. à cela s’ajoutent des travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux dans les files de l’aide alimentaire, des retraités… Cette diversité dans les profils de bénéficiaires rend complexe la réponse et prouve qu’il faut regarder à la racine, au niveau des aides sociales, des retraites et de l’inflation qui s’est installée sur les fruits et les légumes.

    Pourquoi reconnaître une valeur constitutionnelle au droit à l’alimentation, déjà inscrit en droit international ?

    H.Q. : Ce droit garantit l’accès à une alimentation non seulement suffisante, mais aussi saine et durable. La France a signé de nombreux traités internationaux à ce propos, mais au vu des chiffres, ce droit n’est pas complètement respecté. Le système d’aide alimentaire ne suffit pas. Il faut des moyens pour qu’on ait plus de choix, pour que les gens qui arrivent dans l’aide alimentaire puissent retrouver un accès autonome, pour que les agriculteurs aient un revenu qui soit suffisant. En plus, on gagnerait de l’argent. Les collègues du Secours catholique chiffrent les coûts de l’inaction à 19 milliards d’euros par an*.

    Quel est l’objet de la campagne de mobilisation lancée par Action contre la faim ?

    H.Q. : On veut un cadre clair pour réaffirmer le droit à l’alimentation, mais aussi pour activer tous les leviers possibles pour le garantir. Du côté des politiques publiques, la loi-cadre pourrait clarifier le rôle d’une politique agricole qui assure une production qui n’impacte pas trop la santé et l’environnement, qui couvre les besoins, qui offre du choix et qui réfléchit au renouvellement des générations agricoles. Le second volet concernerait les politiques sociales, avec un accès au logement qui permettrait un budget dont l’alimentation n’est pas une variable d’ajustement, un accompagnement des jeunes vers l’emploi et une tarification sociale à la cantine, par exemple.

    * Étude « L’injuste prix de notre alimentation »

  • Des abris artificiels pour restaurer la biodiversité

    Des abris artificiels pour restaurer la biodiversité

    Le Biohut® est une nurserie artificielle pensée par Ecocean, entreprise spécialisée dans la restauration des milieux aquatiques. Trente et un de ces abris ont été installés dans la base nautique Florence-Arthaud afin de restaurer les fonctions écologiques d’une zone artificialisée.

    Concrètement, l’abri se présente sous la forme d’une cage remplie de coquilles d’huîtres, offrant un habitat à de nombreuses espèces. « On a des crevettes, des vers, beaucoup de crabes… » recense Anthony Fortin, chargé d’opération chez Ecocean. « Ils servent de nourriture aux jeunes poissons », poursuit-il en désignant les grilles qui entourent la structure et protègent les juvéniles des prédateurs.

    « Le Biohut encourage la biodiversité dans des milieux modifiés par l’Homme », précise Anthony Fortin. Le dispositif n’est pas réservé à la base nautique marseillaise. Il peut être installé dans « n’importe quel port ou marina, à partir du moment où les eaux sont saines, traitées et entretenues ». On en trouve déjà dans une trentaine de ports méditerranéens ainsi qu’à l’étranger, où Ecocean poursuit son développement.

    Les résultats semblent au rendez-vous. La fréquentation de jeunes poissons a été multipliée par 30 par rapport à 2024 et les équipes se félicitent particulièrement de la présence d’un mérou brun, espèce protégée. Même croissance exponentielle du côté des crabes, oursins et crevettes, passés de 2 à 64 espèces recensées en deux ans.

    La Direction de la mer et du littoral soutient des ateliers de sensibilisation auprès du jeune public toute l’année. « On montre aux enfants qu’il y a de la vie sous les ports occupés par les humains et qu’il faut lui laisser de l’espace pour se développer », note Anthony Fortin.

    La Ville distinguée

    « C’est encourageant », se félicite Hervé Menchon (EELV), adjoint délégué à l’environnement et à la biodiversité, alors que la Ville de Marseille est désignée capitale française de la biodiversité. « C’est une reconnaissance du travail accompli en matière de renaturation. » L’élu a mis l’accent sur les actions menées pour préserver les milieux marins comme les espaces terrestres : « On est sur un point de bascule climatique et on agit déjà. » Avant de conclure avec une formule : « Après “sous les pavés, la plage”, “sous les pontons, le vivant”. »

  • Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Au vu des premières minutes de la rencontre, débutée par un coup d’envoi d’Albornoz directement en touche, ce samedi après-midi avait, de prime abord, tout pour être le coup de grâce d’une semaine éprouvante dans la rade. Mais bien que malmenés par le Racing, acculés sur leur ligne d’en-but, auteurs de nombreuses fautes et réduits à 14 au bout de sept minutes, les Toulonnais ont résisté, au prix d’une débauche d’énergie significative de leur envie de se racheter.

    « Je pense qu’on gagne le match sur nos dix premières minutes. Sur notre ligne, on n’a rien lâché. Les joueurs se sont envoyés et ont été très solidaires », salue Franck Azéma, désormais seul aux commandes du bateau rouge et noir. Les prémices d’une réaction d’orgueil attendue suite au départ de Pierre Mignoni, qui avait vocation à créer « un électrochoc », comme on le martelait cette semaine au club. « On peut dire que c’est réussi », appuie l’entraîneur toulonnais après la victoire des siens (29-15).

    L’ex-directeur du rugby du RCT était dans toutes les têtes, avant et après le match. « Des pertes, j’en ai vécues plein. Mais comme Pierre, c’est rare. C’est la première fois avec autant d’émotions et autant d’affection pour la personne, avoue Gaël Fickou, très affecté par son départ. On avait vraiment à cœur de faire un énorme match pour nous, pour nos supporters mais aussi pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club car il y a tout gagné, il a grandi ici. »

    « Il fallait les agresser »

    Ses ex-protégés lui ont bien rendu. Car leur envie n’a jamais semblé décroître tout au long du match, et a permis d’emmener un public de Mayol dont la réaction était forcément attendue, voire crainte. « Tout le monde s’est mis au diapason à partir du moment où ils ont vu que les mecs se retroussaient les manches. Les gens ont senti ça, c’est ce qui fait la force de Mayol », constate Franck Azéma.

    Une communion favorisée par une prestation certes imparfaite, mais bien plus proche des attentes liées à cet effectif. Sans avoir pour autant tout révolutionné en une semaine : « On s’est concentré sur nous, on a fait un plan de jeu qui nous correspondait. On a eu peu de jours pour s’entraîner, donc on a été à l’essentiel », résume Charles Ollivon. « Il y a eu du mieux, notamment dans l’agressivité, dans l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi », note Gaël Fickou, dont la connaissance du Racing, où il a passé les cinq dernières saisons, a bien aidé à préparer la rencontre : « Je ne voulais pas les attendre. Il fallait qu’on les agresse, parce que je les connais par cœur : si on les attendait, on allait se faire pulvériser. » Et c’est finalement cela qui a, selon Franck Azéma, permis de « construire la confiance. D’abord à travers la défense, en ne lâchant rien sur le premier quart d’heure, puis en provoquant des fautes dans leur défense. Petit à petit, on a pris le score et construit le match ».

    Après les deux essais de Gros et Baubigny en première période, illustrations d’un jeu plus direct et incisif, c’est en effet grâce aux pénalités, converties par le pied d’Albornoz, auteur de 19 points et d’un sans-faute, que le RC Toulon a creusé l’écart en prenant à chaque fois les points : « Il y a eu des bonnes décisions de Lewis [Ludlam] et des leaders dans la période qu’on traverse », loue l’entraîneur varois.

    L’objectif sera désormais de poursuivre dans cette voie, en entamant de la même manière l’aventure européenne sur le terrain d’Édimbourg, vendredi : « Quand tu bastonnes comme ce soir, c’est aussi ce qui nourrit ton ambition et le plaisir que tu prends en équipe. Il faut s’appuyer là-dessus, essayer de l’exacerber et de le faire grossir petit à petit dans les prochaines semaines », se projette-t-il.

  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.