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  • Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Dans la zone industrielle de Nicopolis à Brignoles dans le Var le bâtiment flambant neuf de la casserie de la Compagnie des amandes est silencieux. Depuis quelques jours, ce n’est pas les amandes qu’on y prépare, mais l’inauguration qui aura lieu ce lundi, en présence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard et du président (Ren) de région, Renaud Muselier.

    Derrière de grands murs anthracite, d’où se détache le logo de la Compagnie des amandes, on sèche, on trie, on égousse et on décortique des amandes françaises. Et pour cela la casserie s’est dotée d’une machine de haute technologie italienne, mise au repos forcé pendant les préparatifs de l’inauguration. Une technologie qui permet de décortiquer plusieurs tonnes d’amandes en quelques jours. Une mécanique que Henry Dessigny, opérateur au cassage, connaît mieux que personne.

    Savoir-faire à réapprendre

    Cet ancien artisan s’est reconverti il y a tout juste un an pour aider son fils dans le projet fou d’ouvrir une casserie en Provence. Initiée et soutenue par la Compagnie des amandes, l’usine reçoit la machine en octobre 2025. « J’ai eu une formation d’une journée avec un Italien, car la machine a été fabriquée là-bas, explique le quinquagénaire. C’est un nouveau métier, parce qu’on n’avait plus trop ce savoir-faire en France. »

    Mais après cette première saison dans la casserie et 250 tonnes de fruits à coques décortiqués, Henri Dessigny est rôdé : « Avant de maîtriser parfaitement la machine, il faut casser une centaine de tonnes d’amande, précise-t-il. Mais comme on ne peut pas les perdre, on est très méticuleux et donc plus lents au début. » Car pour chaque espèce d’amandes, il y a un calibrage spécifique. Ce que l’opérateur appelle ses « recettes », c’est-à-dire les réglages qu’il doit effectuer sur la machine suivant leur taille, la façon dont les coques se cassent, pour que les amandes sortent parfaitement décortiquées. « Après il faut affiner les réglages suivant le producteur, et parfois même suivant les versants, car les fruits n’auront pas toujours la même taille », insiste-t-il.

    Une expertise acquise sur la machine qui lui permettra de gérer deux machines pour la saison prochaine, pour passer à 800 tonnes. « L’objectif est d’arriver à 2 000 tonnes d’amandes décortiquées d’ici 2030 », affirme Benjamin Dessigny, directeur de la casserie. Pour l’épauler, deux nouvelles embauches sont prévues, un agréeur pour vérifier les lots et un cariste pour conduire le chariot élévateur.

    Une augmentation de la production qui suit celle de la demande des agriculteurs d’amandes. « Il y a énormément de gens qui veulent travailler avec nous, explique Henri Dessigny, que ce soit des producteurs ou des distributeurs. Et même si on casse de plus en plus d’amandes, on a aucun mal à revendre les stocks », sourit-il.

    S’il existe encore quelques casseries en France, elles sont souvent de petite taille. Car depuis les années 1950, la production d’amandes a baissé, et avec elle le nombre de casseries. L’ambition est donc de redynamiser la filière tout entière, en cassant les amandes de la compagnie, mais pas seulement. « Nous avons des partenariats avec d’autres agriculteurs. Le but c’est d’arrêter de casser à l’étranger, et de vraiment faire des amandes fabriquées en France », insiste le directeur de l’usine. Car en France, l’amande, on l’aime. Que ce soit à croquer, dans des pralinés, pour les calissons ou pour l’orgeat, les Français la consomment. Mais pour répondre à la demande, on l’importe en masse.

    Actuellement, moins d’une amande consommée sur dix est française. L’ouverture de cette casserie semble donc être un petit pas de plus pour une meilleure souveraineté alimentaire du pays.

    « Le but c’est d’arrêter de casser
    à l’étranger, et faire des amandes fabriquées en France »

  • Toulon renverse Glasgow et poursuit son rêve européen

    Toulon renverse Glasgow et poursuit son rêve européen

    Capables du moindre exploit, même quand leur saison en Top 14 est plus qu’insuffisante. Les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais se sont héroïquement qualifiés pour les demi-finales de Champions Cup, après avoir battu les Écossais des Glasgow Warriors (19-22), samedi, dans leur antre. « On est très, très heureux. On savait que ça allait être un match très costaud et difficile. On les avait battus la saison dernière dans un autre contexte », rappelle Pierre Mignoni, le manager varois, fier de ses joueurs. « On a beaucoup souffert ces dernières semaines. La semaine dernière on a retrouvé notre équipe. Il y a beaucoup de gens qui ne croient pas en nous, mais ce qui est important c’est de croire en nous, croire en chacun, à notre solidarité. On a retrouvé notre groupe, ça fait plaisir », poursuit-il, conscient que la saison en cours est loin d’être une partie de plaisir, surtout en championnat, compte tenu des nombreux blessés de longue durée auxquels il a dû faire face ces derniers mois. « C’est énorme parce qu’on arrive de très loin, on s’est battus comme des diables », lance Baptiste Serin, l’un des grands revenants du groupe toulonnais. « Maintenant, il faut qu’on garde la tête froide. Il y a deux semaines, on était les plus grosses pipes du championnat et maintenant on va vouloir nous encenser. On va continuer à travailler et rester humbles. Il y a des choses à travailler mais ce qui est énorme c’est la solidarité. On était dans une phase compliquée et la victoire de la semaine dernière nous a remis sur le bon chemin. On est contents, on fait mieux que l’année dernière donc c’est très positif mais le chemin est encore long », souligne le demi-de-mêlée âgé de 31 ans.

    Exploits personnels

    Grâce à une défense de fer et des offensives rondement menées, avec des exploits personnels à l’instar des essais de Gaël Dréan (14e, 37e), Jean-Baptiste Gros (29e) et Ignacio Brex (60e). « On a fait une bonne entame de match même si on a été très indisciplinés en première mi-temps, moi le premier », reconnaît Charles Ollivon. « Ensuite on a réussi à prendre la mesure de ce match et de l’adversaire. On y a cru à 200%. En jouant avec la possession on a su scorer, c’est ce qui nous a réussi aujourd’hui, on a tenu le ballon. La qualification, c’est super franchement c’est que du plaisir et ça récompense à la fois nos efforts et les moments difficiles qu’on a eus dans la saison », ajoute l’international français. Les Rouge et Noir disputeront leur demi-finale sur la pelouse des Irlandais du Leinster, le week-end du 1er mai.

  • L’ex-patron d’Orange arrive aux manettes de l’OM

    L’ex-patron d’Orange arrive aux manettes de l’OM

    Ancien président-directeur général de France Télécom et d’Orange, président de GSM Association, directeur de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances sous Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde, directeur adjoint de la Compagnie générale des Eaux, ex-numéro 4 du groupe Veolia et fondateur de la Compagnie générale d’immobilier et de services, devenue Nexity. Après toutes ces expériences, Stéphane Richard, 64 ans, se lance pour la première fois de sa grande et longue carrière dans une aventure sportive en devenant le 38e président de l’histoire de l’OM.

    « C’est la ville où j’ai grandi »

    Pourtant né à Caudéran, une ancienne commune girondine devenue un quartier de Bordeaux à partir de 1965, Stéphane Richard clame haut et fort son attachement pour la cité phocéenne, ville dans laquelle il a déménagé avec ses parents à l’âge de 10 ans. « C’est la ville où j’ai grandi et passé mon bac, avant de monter à Paris pour ma classe préparatoire », raconte le diplômé d’HEC Paris en 1983, puis de l’ENA en 1985. « Je me souviens des ricanements quand je disais que je venais de Marseille. J’ai gardé des liens très forts avec cette ville, j’ai eu une maison et la seule maison que je possède aujourd’hui est à Marseille, j’y ai beaucoup d’amis, c’est une ville que je connais intimement », poursuit-il, en martelant qu’il sait ce que représente l’OM dans cette ville. « Toute la ville pense et respire pour l’OM », insiste celui qui a été proche du club phocéen lorsqu’il était PDG d’Orange entre 2011 et 2022. Il a notamment ficelé un grand partenariat entre les deux institutions : l’entreprise de télécommunications est devenue sponsor principal sur les maillots de l’OM (entre 2017 et 2019) et a accroché son nom au stade Vélodrome. Depuis son départ d’Orange, il est resté proche de Marseille en étant nommé membre du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille.

    Proche du PDG de la CMA CGM Rodolphe Saadé, le Bordelais n’en présente pas moins un parcours marqué par une zone d’ombre. En juin 2025, la cour d’appel de Paris l’a condamné à six mois de prison avec sursis dans l’affaire de la sentence arbitrale controversée de 2008 entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. Pour l’heure, il assure rechercher « l’apaisement », restera à obtenir, la saison prochaine, des performances.

    RÉACTIONS

    Benoit Payan Maire (DVG) de Marseille

    « Stéphane Richard est un homme qui porte Marseille dans son cœur et dans son histoire personnelle et professionnelle. Je me réjouis de le savoir aujourd’hui parmi nous pour assurer cette magnifique et exigeante mission, qui nécessitera toute son expérience, son savoir-faire au service de l’OM et des Marseillais. »

    Renaud Muselier Président (Ren.) de la Région Sud

    « Stéphane Richard est un très bon choix pour le club : un grand professionnel capable d’être un grand président. Il aime le sport, Marseille et l’OM ! Il a toutes les qualités pour réussir. Il peut compter, comme M. McCourt, sur mon soutien. »

    Laurent Lhardit Député (PS) des Bouches- du-Rhône

    « Mes très sincères félicitations à Stéphane Richard pour cette nomination. L’OM gagne un grand manager et je ne doute pas qu’il saura relever les défis pour notre club dans cette belle et si importante fonction. »

    Franck Kodjabachian Président du District de Provence de football

    « J’espère qu’il pourra apporter la stabilité dont a besoin l’OM. On a noué de bonnes collaborations avec eux. Ils ont compris que le football professionnel ne peut pas exister sans le football amateur sans le socle amateur. J’espère que ça perdurera. »

  • Stéphane Richard, nouveau président de l’OM

    Stéphane Richard, nouveau président de l’OM

    Il s’est présenté comme un Marseillaise de cœur. Stéphane Richard, ancien PDG d’Orange, a été nommé nouveau président de l’Olympique de Marseille, ce vendredi, par le propriétaire américain Frank McCourt. « Marseille a besoin d’un leader fort avec une forte expérience entrepreneuriale pour s’assurer que l’OM puisse être rentable et durable », souligne le milliardaire bostonien, qui voulait absolument un candidat qui connait bien la cité phocéenne afin d’apporter du calme et de la stabilité à ce club qu’il dirige depuis une décennie.

    « C’est un honneur et une grande émotion pour moi d’être là aujourd’hui », se réjouit Stéphane Richard, qui voit en l’OM la réunification de ses deux passions : Marseille et le football. «J’ai toujours gardé des liens forts avec cette ville. C’est une ville que je connais intimement. Je sais ce que représente l’OM. Toute la ville pense et respire pour l’OM. Pas seulement pour l’amour du foot, mais aussi pour l’institution en elle-même», poursuit l’ancien haut fonctionnaire de 64 ans, qui succède à Pablo Longoria, et plus précisément à Alban Juster, qui reste président intérimaire jusqu’au 2 juillet, date où Stéphane Richard entrera en fonction.

    D’ici là, l’OM bataillera en championnat pour la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions. L’objectif sportif de la saison comme l’a rappelé Frank McCourt. « L’impact de Stéphane se ressentira davantage à partir de la saison prochaine », glisse l’homme d’affaire américain. Son nouveau protégé sera confronté à de nombreux défis, principalement économiques. le club phocéenne accuse en effet un déficit net dépassant les 100 millions d’euros. L’enjeu porte aussi sur les droits télévisuels, grande problématique du championnat français. Enfin, l’autre grand défi porte sur les relations avec les supporters où la nécessité d’un dialogue apaisé doit être réinventé. Un club à la croisée des chemins.

  • Aix-Marseille : la Métropole des maires face à ses défis

    Aix-Marseille : la Métropole des maires face à ses défis

    Dix ans après la création à marche forcée d’une Métropole longtemps honnie des élus locaux, les maires du territoire veulent lui faire prendre un nouveau cap. Ce mardi matin, dans l’hémicycle du Pharo, c’est selon toute vraisemblance le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, qui devrait succéder à Martine Vassal à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une candidature devenue largement consensuelle sur les bancs du conseil métropolitain, aussi bien à droite qu’à gauche, après une longue campagne menée en coulisses. Avec une promesse : mettre davantage la Métropole aux services des communes.

    Une place pour tous

    « La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires », promettait l’édile salonais dans nos colonnes, ce week-end. De quoi répondre à tous ces maires qui reprochaient à l’institution d’être gérée comme une collectivité. « Il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », déplorait le président (SE) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, à l’occasion de la conférence des Maires de Provence, le 30 mars à Saint-Victoret.

    Pour beaucoup d’élus métropolitains, il s’agit aussi de tourner la page des conflits marseillo-marseillais qui ont émaillé les séances plénières lors de la dernière mandature. De quoi expliquer cette recherche d’un consensus le plus large possible et un alignement sur une dépolitisation d’une institution dont l’hémicycle penche pourtant davantage à droite. Ainsi, la majorité marseillaise fera de nouveau partie de l’exécutif métropolitain, avec une promesse d’un équilibre territorial dans la distribution des vice-présidences.

    Feuille de route chargée

    Il en va de même pour tous les organismes liés à la Métropole. « Ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin », insiste Nicolas Isnard. Parmi eux, la présidence de la Régie des transports métropolitains (RTM) sera assurée par un Marseillais, a-t-il confirmé : « La RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. » De quoi donner une réponse positive au « New Deal métropolitain » réclamé par Benoît Payan (DVG) dans la campagne. Pas de quoi satisfaire les insoumis, qui dénoncent « une grande coalition de la droite, des macronistes et des socialistes ». Et remettent sur la table leur proposition de loi pour supprimer la Métropole, qui resterait pourtant à inscrire dans leur niche parlementaire.

    Le maire de Salon-de-Provence, de son côté, milite pour un recentrage des politiques de l’intercommunalité, invite les maires à reprendre les compétences du quotidien. « Toutes les communes qui le souhaiteront pourront récupérer ces compétences de proximité », expliquait-il à la presse. Et lorsqu’elles préfèrent, comme Marseille, ne pas les reprendre en gestion directe, il promet une gestion au plus près du territoire. « On peut imaginer que les anciens territoires se recréent, que nous mettions là-bas des antennes et que ces antennes fassent fonctionner, mieux qu’aujourd’hui, ces compétences de proximité », défend-il. Comme un retour à ce qui prévalait avant 2023, après pourtant une complexe réorganisation de l’administration. « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! », défendait le président (DVD) du groupe des maires de Provence, Jean-Pascal Gournès.

    Restent les enjeux lourds du territoire, qui peuvent difficilement être découpés à la carte. Après avoir tardé à adopter son programme local de l’habitat, la construction de logements reste en-deçà des besoins, particulièrement pour le logement social, et la rénovation des copropriétés dégradées doit être lancée. Malgré l’adoption d’une feuille de route pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de premiers chantiers sur la table, il reste encore 107 millions d’euros à trouver pour construire les équipements publics nécessaires. S’ajoutent encore les murs financiers attendus sur les transports ou les déchets, l’avenir très politique des délégations de service public de l’eau, de l’incinérateur de Fos ou du tunnel Prado-Carénage… « Pour être président de la Métropole, il faut être un peu maso », plaisantait Georges Cristiani.

  • Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    C’est une décision politique importante qu’aurait décidé Joël Guin. Selon nos informations, le président (DVD) sortant du Grand Avignon renoncerait à se représenter à la présidence, dont l’élection se tiendra mercredi prochain, 8 avril (9h30, salle polyvalente de Montfavet).

    Si le maire de Vedène avait initialement annoncé, avant la campagne, ne pas briguer à nouveau la tête de l’agglo, il avait très sérieusement revu cette option, à tel point qu’un duel avec Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon se profilait. Contacté, Joël Guin n’a pu être joint. Son entourage, a, en revanche, refusé de confirmer sans non plus infirmer la décision. «Vous l’apprendrez bien assez vite », nous a-t-on glissé.

    Ce renoncement pourrait laisser le champ libre à Olivier Galzi, même si d’ici à mercredi, un autre maire du territoire pourrait être poussé à se présenter. Mais, à ce stade, ce n’est pas l’hypothèse la plus crédible.

  • Gard : une campagne marquée par la violence

    Gard : une campagne marquée par la violence

    Hélas, chaque campagne électorale peut entraîner son lot de violences. Mais cette campagne municipale a été un record en la matière. Si le suffrage universel sert justement à trancher de manière pacifique les sujets qui divisent, certains individus utilisent ces périodes pour jouer de l’intimidation ou même des poings. Un peu partout en France, la campagne 2026 a été émaillée de menaces de mort, d’insultes, d’actes de vandalisme et parfois même de violences physiques. Si bien qu’Emmanuel Macron a fait part de sa « préoccupation » devant une augmentation des violences durant cette période.

    Le Gard, où l’extrême droite est en perpétuelle progression, a été particulièrement touché. L’apogée de cette violence s’est déroulé à Nîmes le 20 février lorsque quatre militants communistes ont été violemment agressés par des soutiens de Franck Proust (LR). Les faits se sont déroulés devant un panneau d’affichage sur les hauts de Nîmes juste avant minuit, heure officielle de fin de campagne. « Il y a d’abord un jeune gars qui arrive et nous dit qu’il veut coller pour Franck Proust, on lui dit que ce n’est pas possible », raconte Grégory, l’un des militants agressés. « Il a alors téléphoné et plusieurs voitures sont ensuite arrivées. Dans la première, un gars sort comme une bombe et il commence à venir nous gueuler dessus. Cette personne, c’est un patron de bar bien connu de Nîmes qui est colistier sur la liste de Proust. Il me dit qu’ils vont passer en force et ils sont rapidement dix autour de nous. »

    La situation se tend et face à la fermeté des militants communistes bien décidés à garder le panneau, deux des soutiens de Vincent Bouget sont violemment agressés. « Ils étaient plus nombreux donc on en a pris plein la g… On a été projetés par terre et on a été roués de coups, de coups de pieds et de poings. Ils ont ensuite pris la fuite en voiture. Quelques minutes après, la police arrive. La scène a été filmée par un passant et nous avons pris en photo les plaques d’immatriculation », poursuit Grégory. Deux des militants sont transportés à l’hôpital. Résultat : Grégory souffre d’une fracture du nez et du plancher orbital ainsi que des contusions, qui lui ont valu 15 jours d’ITT. Édouard, l’autre militant agressé, a des côtes et une dent cassée et l’oreille interne touchée également (10 jours d’ITT). Ils ont porté plainte pour violences en réunion. Depuis, six personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées mercredi 1er avril.

    Graffitis et menaces

    Sur place, d’autres présences interrogent, comme celle du fils du sénateur (LR) Laurent Burgoa. Son père a confirmé qu’il était bien présent « sans pour autant être l’un des protagonistes » et confirme qu’il fait « confiance aux enquêteurs pour établir la vérité ». « Il y avait aussi une voiture de l’Usam, le club de hand avec trois personnes qui en sont sorties avec des joggings de l’Usam », précise Grégory. Une présence d’autant plus problématique que le puissant président du club de handball nîmois, David Tebib, figurait aussi sur la liste de Proust. Contacté, Franck Proust n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La violence a également fait irruption à Bessèges. Déjà très tendue, la campagne dans la ville du nord du Gard, émaillée par de nombreuses « boules puantes », a pris une tournure encore plus inquiétante lorsqu’une bagarre a éclaté dans un bar entre des colistiers de Christine Roux et des soutiens de la liste d’extrême droite qui se présentaient dans la commune voisine de Molières-sur-Cèze. « L’un de nos colistiers a été blessé », a confirmé Christine Roux, la future maire.

    L’ancien maire communiste de Saint-Jean-du-Pin, Eric Maubenard, aujourd’hui président du Prolé d’Alès, a également vu débouler chez lui un homme qui a tenté de rentrer dans son domicile tout en proférant des insultes. Il lui a reproché à la fois d’avoir voté pour Christophe Rivenq alors que Maubenard ne vote pas à Alès et d’avoir évincé sa femme du conseil municipal. Celle-ci était sur la liste de Philippe Fages, battue par la maire sortante. Eric Maubenard a déposé une main courante.

    Outre les nombreuses annonces de dépôts de plainte pour diffamation, certains candidats ont aussi été victimes de vandalisme et de graffitis injurieux. Ainsi, à Saint-Jean-de-Valériscle, bourgade de 600 habitants au nord du département, plusieurs élus de la liste du maire sortant Marc Jekal (qui a été réélu) ont été victimes d’incivilités et un ancien élu a même retrouvé sa porte avec une croix gammée et l’inscription « sale nazi ». Trois plaintes ont été déposées.

    Des tags insultants ont également été découverts sur les affiches des deux candidats à Saint-Jean-de-Serres (540 habitants) mais aussi sur le bitume devant leur maison. « Dans la nuit du 14 au 15 mars, avant le premier tour donc, il y avait une flèche qui désignait mon domicile avec écrit « pute et facho », explique Fabien Engelibert. Cet élu d’opposition et membre de l’Après a déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Il n’en est pourtant pas à sa première dégradation. Depuis qu’avec sa femme ils ont fait campagne pour le Nouveau front populaire en juin 2024, accrochant même parfois des affiches sur leur voiture, il dit être régulièrement ciblé : « Pendant la campagne, la porte arrière de notre voiture a été forcée. Après les élections, nous avons eu du vandalisme sur notre ferme puis notre voiture a été vandalisée avec les quatre pneus crevés, les essuie-glaces arrachés. Quelques mois plus tard, un pavé a été lancé sur notre voiture, cassant la vitre. »

    Fabien Engelibert s’interroge sur ce climat de violence dans sa commune depuis 2024, où les actes de vandalisme se sont multipliés : « Des véhicules ont brûlé et toute une série de pneus ont été crevés. J’étais adjoint au maire jusqu’en décembre 2025, en charge de la sécurité et j’ai constaté une accélération à partir des législatives. On s’est posé la question de savoir s’il n’y avait pas une volonté de faire monter un sentiment d’insécurité. Fin août, j’ai pu consulter les vidéos de surveillance et on voit une personne, un grand bonhomme, crâne rasé, chaussé de rangers, qui sort d’une voiture et donne des coups de couteau dans des pneus avant de repartir en petites foulées. »

    Dans le Gard, marqué aussi par des attaques contre les personnes LGBT à Nîmes ou contre le bar communiste du Prolé à Alès, la violence politique est bien de retour.

  • À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    À 60 ans, le Grand port prépare son futur

    Comment dessiner ensemble un avenir pour le port Marseille-Fos ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les participants au colloque organisé par La Marseillaise, le 13 novembre dernier, à l’aube des 60 ans du port autonome (PAM).

    Depuis sa fondation, il y a plus de 2 600 ans par les Phocéens, la ville s’est construite autour de son port mythique. Longtemps géré par la plus ancienne chambre de commerce au monde, qui a accompagné son évolution d’un port colonial à un port industriel, celui-ci se retrouve, aujourd’hui, au carrefour de nombreux enjeux contemporains.

    Longtemps, cette zone industrielle protégée et la municipalité se sont affrontées. « Le port et la ville se tournent le dos, mais il n’y a aucune fatalité à cette situation. Nous sommes dans une phase d’ouverture, de transition », veut croire Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille, nouvelle dénomination depuis 2008. Ainsi, le port a été précurseur dans le branchement à quais de ses navires, qui se poursuit. « L’acceptabilité du port par la ville évolue. Le dialogue est exigeant et extrêmement constructif », fait valoir Jean-Pierre Cochet, alors adjoint (PS) au maire de Marseille en charge du dynamisme économique. Une réponse aux critiques concernant le croisiérisme ou la réparation navale. Et, au-delà de la charte Ville-Port signée en 2013 – qui ne concerne que le bassin Est -, il envisageait la mise en place d’un contrat Ville-Port (inscrit dans le programme électoral de Benoît Payan) qui met l’accent sur la formation et les transports.

    Les perspectives d’emplois et formations liées au maritime sont au cœur du développement du port. « Posons-nous la question de ce que nous pouvons collectivement faire pour promouvoir, dans les écoles, les lycées de la mer, les universités, à tous les niveaux de formation auprès des étudiants et étudiantes marseillais, ces métiers autour de l’activité du port, afin qu’ils puissent choisir de belles carrières, à Marseille, dans ces métiers portuaires, logistiques, maritimes », pousse Christine Cabau Woehrel, ex-directrice du port et actuelle directrice centrale exécutive de CMA-CGM.

    Ainsi, la création d’une école des métiers de la mer est largement soutenue, de la gauche à la droite, en passant par les acteurs économiques et les syndicats. « Il y a notamment dans la réparation navale des métiers en tension. C’est rageant de voir, à 1,5 km du port, dans de grands ensembles, des jeunes qui voudraient travailler et qui ne le peuvent pas, faute de formation. Ils souhaitent se former, voient le port et ne peuvent y accéder », regrette le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. « Aujourd’hui, nous avons des formations de marins grâce au pavillon français, à La Méridionale et à Corsica Linea, mais il faut pouvoir former aussi des charpentiers, des tuyauteurs pour nos entreprises. Il y a aussi une multitude de nouveaux métiers, des spécialistes de pales d’éoliennes », ajoute Olivier Cèbe, membre élu de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Aix-Marseille-Provence.

    17 500 emplois en 2025

    À l’heure de la désindustrialisation massive du pays, alors que la zone marseillaise connaît l’un des taux de chômage les plus élevés de France, « le Port de Marseille essaie de se développer, de sortir de ces difficultés. Il représente 17 500 emplois. Ce bassin d’emplois est une opportunité pour la population marseillaise », souligne Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    Car, au même moment, la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en prenant le virage de la décarbonation, après des critiques reprochant au grand port de manquer de vision stratégique et de se comporter comme un simple propriétaire foncier. Dans la foulée du grand débat public achevé en 2025, la fourniture d’énergie par la ligne THT ainsi que le développement des infrastructures routières et ferroviaires figurent désormais parmi les priorités. « Si on a un sujet à réussir, à court terme, c’est vraiment la transformation de Fos-Berre. Pour la partie maritime, on aura besoin des nouveaux carburants, méthanol de synthèse, qui pourraient être présents à Fos. Cela donnera un avantage compétitif au port de Marseille et permettra de créer plus d’emplois de marins et de dockers », insiste Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Corsica Linea.

    Le port autonome de Marseille (PAM) a fêté, ce 1 er avril, sa soixantième année. Troisième port pétrolier d’Europe et propriété de l’État, il constitue un acteur majeur du développement du territoire. Mais aussi l’un des plus importants employeurs des Bouches-du-Rhône, avec quelque 17 500 salariés pour Marseille seulement, et 42 600 emplois industriels et portuaires sur ses bassins Est et Ouest. Devenu Grand Port maritime de Marseille (GPMM) en 2008, il fait aujourd’hui face à plusieurs défis : réindustrialisation, décarbonation de ses activités et préservation de l’emploi.

    Les dates clés

    1er avril 1966. Suite à une loi de juin 1965, le Port autonome de Marseille (PAM) voit officiellement le jour. L’inauguration officielle de Fos a lieu le 20 décembre 1968.

    17 mai 1974. L’usine sidérurgique Solmer (appelée par la suite Sollac, puis ArcelorMittal), installée dans le bassin de Fos-sur-Mer, démarre son activité en 1974.

    9 octobre 2008. Le décret n° 2008-1033 du 9 octobre 2008 institue le Grand Port maritime de Marseille (GPMM).

    28 juin 2013. La charte Ville-Port est signée par la Communauté urbaine de Marseille (aujourd’hui Métropole Aix-Marseille-Provence), la Ville de Marseille, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le Grand Port Maritime de Marseille, Euroméditerranée, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence et l’État.

    2025. Le Grand Port maritime de Marseille-Fos a présenté, en novembre dernier, un projet stratégique 2025-2029 pour un montant d’un milliard d’euros d’investissement, sur cinq années.

    Témoignages

    Jérémy Bacchi, Sénateur PCF des Bouches-du-Rhône

    « À toutes celles et ceux qui ont pu, un jour, imaginer que les bassins Est pourraient disparaître ou n’avoir que du trafic passager, je dis que c’est une hérésie. Marseille a besoin d’une activité industrielle ! »

    Hervé Martel, Président du directoire du GPMM

    « Le Port de Marseille a vocation à le rester. [Il] offre à Marseille des milliers d’emplois, des infrastructures exceptionnelles, une activité de transport de voyageurs qu’on n’imagine pas transférée en Camargue. »

    Pascal Galéoté, Secrétaire général CGT du GPMM

    « Le Port de Marseille a vécu depuis des années contre la ville. (…) Les choses changent, la ville a compris qu’elle ne pouvait plus s’opposer au port et le port travaille à son acceptabilité sociale et sociétale. »

    Christine Cabau Woehrel, Directrice centrale exécutive de CMA CGM

    « Marseille représente un carrefour majeur au cœur de la Méditerranée, à la croisée de l’Afrique et de l’Europe. Un carrefour de passagers, de marchandises, mais aussi de data. »

    Patrick Maddalone, Membre du Directoire du port de Marseille-Fos

    « Hydrogène, carburants de synthèse, l’acier décarboné : un nouvel écosystème est en train de se mettre en place. Nous espérons que ces projets aboutiront, car ils fourniront alors plus de 10 000 emplois. »

    Olivier Cèbe, Membre élu de la CCI AMP

    « Marseille représente aujourd’hui, avec 2,5 millions de passagers, le premier port méditerranéen après Barcelone. Ces 2,5 millions de passagers qui entrent dans nos territoires, il faut savoir les accueillir. Ils font vivre nos territoires et la ville de Marseille. »

    Laurent Barlet, Directeur des activités industrielles Suez

    « La décarbonation comporte des enjeux de gestion de la ressource. Aujourd’hui, l’eau utilisée par un industriel ou une collectivité peut, moyennant un traitement, être réutilisée par un autre industriel. »

    Julien Fieschi, Directeur général adjoint La Méridionale

    « Le verdissement de notre flotte à quai a toujours été une priorité depuis 2015. Nous avons évité d’émettre plus de 14 000 tonnes de CO² dans le port de Marseille, grâce à cette connexion électrique. »

    Pierre-Antoine Villanova, Directeur général de Corsica Linea

    « Oui, on peut développer des activités d’entreprise en étant responsable sociétalement, socialement et en ayant également un objectif environnemental durable. »

  • Le Département de Vaucluse encore attendu sur sa gestion du RSA

    Le Département de Vaucluse encore attendu sur sa gestion du RSA

    Retour aux dossiers pour le conseil départemental de Vaucluse ce lundi 30 mars avec la première séance plénière de l’année 2026. Mais celle-ci ne débutera pas dans le calme le plus total. Car se tiendra un rassemblement organisé par la CGT des personnels de la collectivité devant l’Hôtel du Département à 8h30 pour alerter sur des « dysfonctionnements graves dans la gestion du RSA » par la collectivité ainsi que pour dénoncer une Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) « engorgée avec des usagers en détresse ».

    Le syndicat explique dans un long communiqué avoir « demandé aux agents de faire remonter des informations concrètes concernant les difficultés rencontrées dans l’accompagnement aux allocataires du RSA ». Il ressort de l’analyse de ces entretiens un « problème structurel » selon la CGT. À savoir une « multiplication des radiations et suspensions de droits, souvent sans motifs clairs », mais aussi « des ruptures de ressources répétées de plusieurs semaines à plusieurs mois » ; des « recours quasi systématiques pour rétablir des situations qui n’auraient pas dû être interrompues » ou encore « des usagers contraints de déposer de nombreuses demandes successives pour un même droit ». Les données sont claires. D’après une enquête de nos confrères de Ouest-France qui ont compilé des données de l’État, le Vaucluse est le département dont le nombre de bénéficiaires du RSA a le plus chuté en France depuis 2021, avec 32,3% d’allocataires en moins. Et ce, alors qu’à l’échelle nationale, cette baisse n’est que de 4,4%.

    « Outil de sélection sociale »

    La CGT développe de son côté chaque point, évoquant des dysfonctionnements dans la gestion administrative et sur le portail du site internet pour renouveler sa demande, listant « des codes de validation jamais reçus, des onglets obligatoires impossibles à compléter » ou encore « l’obligation de renseigner un compte bancaire même lorsque la personne n’en possède pas ». Ces obstacles techniques produisent mécaniquement des radiations. « La dématérialisation devient ainsi un outil de sélection sociale par l’échec administratif », insiste le syndicat CGT. Du côté du conseil départemental, pas de réponse pour l’heure malgré nos sollicitations. Une mise au clair en séance de la part de la présidente Dominique Santoni (LR) est probable si elle est sollicitée. Elle évoquait précédemment que de nombreux ex-bénéficiaires avaient retrouvé du travail pour expliquer cette chute spectaculaire.