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  • Adapter les conditions de travail au climat

    Adapter les conditions de travail au climat

    « Quand on parle de fortes chaleurs, on parle d’un enjeu de vie ou de mort pour de nombreux travailleurs et travailleuses », martèle d’emblée Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. La centrale syndicale a présenté jeudi lors d’une conférence de presse, un plan de lutte pour l’adaptation des conditions de travail au changement climatique. Hasard du calendrier (ou pas), dans son 8e rapport annuel publié quelques heures plus tôt, le Haut Conseil pour le climat (HCC) pointe « les impacts du changement climatique [qui] deviennent de plus en plus dangereux ». La France « n’est pas prête », estime l’organisme indépendant créé en 2018, jugeant « impératif » qu’elle « change d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation ». Parmi les 82 recommandations formulées – auxquelles le gouvernement a six mois pour répondre – le HCC réclame le renforcement du « cadre réglementaire en santé au travail ».

    La CGT a pris les devants et tiré la sonnette d’alarme. À l’issue d’une réunion avec les différentes fédérations, au moins dix morts au travail sur ces trois épisodes caniculaires, ont été recensés. Sophie Binet intime le ministre du Travail de publier « immédiatement » les chiffres officiels des accidents mortels liés à la chaleur. À ces drames s’ajoutent des « centaines de malaises » et « d’accidents » : « des travailleurs et des travailleuses qui poursuivent leurs journées malgré les vertiges, la déshydratation, les nausées ou l’épuisement, parce que les objectifs de production fixés par les patrons, eux, ne connaissent pas la canicule », pousse la numéro 1 de la CGT.

    La centrale a mis en ligne le 4 juillet dernier sur son site internet un « calculateur de chaleur »*. Cette grande enquête nationale élaborée par les statisticiennes de la CGT, la Dares et la Drees vise à recueillir des témoignages de salariés et recenser leurs revendications. Les premiers résultats sont édifiants. Sur les 5 000 personnes ayant répondu en cinq jours seulement, 9 salariés sur 10 jugent les dernières canicules « pénible », « très pénible » ou « insupportable ».

    Au moins 10 morts

    au travail

    Dans ce plan, l’une des mesures principales est l’interdiction systématique du travail en extérieur au soleil, ou entre midi et 18h à partir des alertes orange et rouge, y compris pour les travailleurs micro-entrepreneurs ou abusivement considérés comme tels (livreurs à vélo liés aux plateformes numériques), en prévoyant le maintien des rémunérations, sans report des heures de travail, écrit le syndicat. Météo France a placé en vigilance rouge neuf départements de l’Ouest et 76 départements en orange pour la journée de vendredi. Dans le BTP, « on en est à une bonne grosse douzaine d’hyperthermies sévères, ce qui veut dire qu’il y aura potentiellement des séquelles permanentes », gronde Frédéric Mau, de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT.

    Le syndicat réclame par ailleurs la création d’un système de congé intempéries avec maintien du salaire à 100 %, qui peut être activé en cas d’alerte orange ou rouge, sur validation du CSE et financé par une cotisation des plus grosses entreprises. « Il y a besoin (de) mesures pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses et que ces mesures soient prévues par le Code du travail pour garantir l’égalité des droits », poursuit Sophie Binet, refusant que le sujet soit renvoyé « au bon vouloir des employeurs ».

    Le Premier ministre présidera ce vendredi une cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule. Face à cela, le système de santé est, une nouvelle fois, en première ligne. « Il y a des morts à l’hôpital, dans les Ehpad et à domicile (…) On sait que bilan va être terrible », s’alarme Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT Santé et Action sociale. La fédération prévoit une minute de silence le 8 septembre « pour celles et ceux qu’on n’aura pas pu sauver » et une journée de mobilisation le 15 septembre. Toutes les professions sont en tension. « L’hôpital n’a pas de climatiseurs donc il en demande aux pompiers », souffle Sébastien Delavoux, animateur réseau CGT Sdis. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pendant ce temps, la saison des feux est déclarée, plus violente que jamais. « D’année en année les interventions augmentent et les moyens diminuent », grince le sapeur-pompier, « l’été ne fait que commencer ».

  • Un Mondial La Marseillaise à couper le souffle !

    Un Mondial La Marseillaise à couper le souffle !

    Comment ne pas s’émerveiller devant un tel événement ? Le Mondial La Marseillaise à pétanque a franchi une nouvelle étape. Où s’arrêtera-t-il ? Une seule explication à ce déferlement humain autour de ce monument de la pétanque : son caractère festif.

    Cette fête est devenue rare dans une société souvent aseptisée. L’amour que lui portent les passionnés est un véritable acte de fidélité. Une fidélité multipliée par 10, 100 ou 1 000 pour ces hommes, femmes et enfants venus de plus de 90 départements, sans autre ambition que d’être présents pour immortaliser cet instant, cette journée, ou davantage si affinités, dans une ambiance nulle autre pareille.

    Ce joyeux et long cortège déferle, tous les ans, à Marseille et son mythique parc Borély. C’est un peu Noël en été pour les participants. Ne nous y trompons pas : certains nourrissent l’ambition d’aller le plus loin possible, de se frotter à un ténor de la discipline afin de « mourir heureux ». Fanny, Alsacienne dont le prénom résonne comme un hymne à la pétanque, confiait il y a quelques jours : « J’ai offert à mes parents ce voyage à Marseille. Ils en rêvaient. Il fallait voir leur joie. » Colette et Olivier participent à leur premier Mondial, comme des centaines d’autres férus de pétanque.

    « Quand la boule roule, l’esprit s’envole »

    La popularité est l’ADN de cette Marseillaise qui n’a aucun équivalent dans le monde. La pétanque y retrouve son esprit jovial et détendu, sous le soleil des longues journées d’été. Comme le dit le dicton : « Quand la boule roule, l’esprit s’envole. »

    Et les ténors, me direz-vous ? Ils sont toujours plus nombreux et toujours plus forts. Une véritable pléiade de champions du monde, d’Europe et de France : Rocher, Robineau, Bonetto, Foyot, Fournié, Suchaud, Grandet, Loy, Chiapello. Cocciolo, Puccinelli, Malbec, « Tyson » Molinas, Durk, Rousseau, Madagascar et on en passe. Seuls manquent à l’appel Rizzi, Fazzino et Quintais. Hatchadourian, victime d’un accident, est absent, tout comme Jean « Moineau » Feltain.

    Tous savent combien la souffrance, l’abnégation et les capacités d’endurance sont indispensables, au-delà de leurs qualités intrinsèques, pour revêtir l’habit de lumière, mercredi.

    « Pour être performant dans une compétition de cette longueur il y a des critères à respecter, comme celui de s’économiser, se reposer entre les parties, boire beaucoup d’eau, marcher le moins possible », nous confiait récemment Jean-Michel Puccinelli, triple vainqueur. C’était la devise des anciens Albert Pisapia (recordman de victoires avec ses sept titres) ou Jean Kokoyan (six victoires). Car oui, le talent seul ne suffit pas.

    Le Mondial, c’est aussi les femmes et le Grand Prix féminin Paprec. Elles ont ouvert le bal ce vendredi et, là aussi, un nouveau record a été établi avec 186 équipes engagées. Quel bond en avant en seulement quelques années ! Chez les jeunes, 195 triplettes ont pris le départ du Trophée Crédit Mutuel des jeunes. L’avenir s’écrit déjà en lettres d’or.

    Le premier jour fait office de tour de chauffe, avec pour ambition d’éviter la sortie de route lors des premières parties. Les pièges peuvent rapidement se refermer sur les grands favoris dans un brouhaha indescriptible, face à des triplettes survoltées par la grandeur de l’événement.

    Le Mondial La Marseillaise à pétanque, c’est aussi une déferlante de pays étrangers, avec 30 nations présentes. Le premier de la classe reste Madagascar, qui a bouleversé la hiérarchie l’année dernière en signant une victoire historique. Les héros de l’île Rouge sont de retour. En ordre dispersé, certes, mais avec la même ambition : décrocher la lune une nouvelle fois. Ils ont ouvert la voie et pourraient faire des émules. De nombreuses nations progressent et parviennent désormais à franchir un, voire deux jours de compétition.

    L’Allemagne championne d’Europe à la surprise générale participe aux Masters. Elle est le chef de file des pays en pleine expansion, avec 34 équipes présentes. Au total, 130 équipes étrangères prendront le départ, dont de nouveaux venus comme le Mexique, la Bulgarie, l’Autriche ou la Slovénie. L’Afrique s’implante de plus en plus, encouragée, encouragée par les succès de ses représentants. Ces pays souhaitent se distinguer dans une compétition où la médiatisation joue un rôle essentiel. Le Togo rejoint ainsi le Sénégal, l’Algérie, le Maroc et Madagascar.

    À l’heure où le monde sportif a les yeux braqués sur un autre Mondial à l’échelle financière pharaonique, le Mondial La Marseillaise poursuit son envol avec une dimension plus humaine, mais un point commun demeure : une notoriété toujours plus grandissante et une ferveur à vous couper le souffle.

  • Les sites cézanniens rouvrent et dévoilent de nouvelles histoires

    Les sites cézanniens rouvrent et dévoilent de nouvelles histoires

    Révélés au grand jour à l’occasion de l’Année Cézanne, ces deux sites avaient ensuite fermé afin de poursuivre leur restauration. Près d’un an plus tard, la Bastide du Jas de Bouffan, demeure de jeunesse du peintre Paul Cézanne, et l’Atelier des Lauves, niché sur les hauteurs d’Aix et témoin de ses dernières années, accueillent à nouveau le grand public. Dès ce samedi 4 juillet, les visiteurs pourront (re)découvrir ces deux lieux emblématiques jusqu’au 31 octobre 2026, avant une nouvelle fermeture programmée.

    Derrière les murs de ces sites chargés d’histoire, les travaux de restauration se sont poursuivis avec minutie afin de leur redonner leur éclat d’antan, explique Pierre Laforest, administrateur des sites cézanniens. Parallèlement, un important programme de recherche scientifique est en cours. Dans la ferme de la Bastide, la Société Paul Cézanne, cofondée par Denis Coutagne en 1998, va s’installer pour y développer un centre international de recherche et documentation dédié au peintre.

    « L’engagement de la Ville était de rouvrir ces sites tout en tenant le pari de montrer des monuments en cours de restauration, pour permettre aux visiteurs de se familiariser avec le travail patrimonial de restauration, de diagnostic et de découverte. Des recherches qui nous amènent à mieux connaître le peintre », note la direction du Patrimoine de la Ville.

    « Ouvrir tous les ans au public impose une organisation particulière. Ici, on fait des études fondamentales, en même temps que des travaux, de la muséographie et tous les lots techniques. Ça donne quelque chose d’étonnant, y compris auprès de nos partenaires », souligne David Kirchthaler, chargé des opérations monument historique pour la Ville d’Aix.

    Dès samedi, les visiteurs pourront se plonger dans les premiers pas de Cézanne en tant que peintre, mais aussi dans l’histoire de la Bastide et de sa restauration. Ils pourront découvrir l’Atelier des Lauves, recréé presque à l’identique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les oliveraies de l’époque cézannienne y ont été replantées et retrouveront, à terme, l’aspect du paysage immortalisé par le maître aixois.

  • Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Sur la départementale du Col du Télégraphe, l’odeur de cendre envahit les narines. C’est au bord de cette deux fois deux voies, du côté de Lançon, que le feu s’est déclenché mercredi soir, aux alentours de 20h. « Ça fait partie des endroits vraiment à risque malheureusement, parce qu’il y a beaucoup de circulation et de passage », souffle le capitaine Philippe Bodin, chef de secteur sur l’intervention. Après avoir parcouru près de 275 hectares pendant la nuit, l’incendie a été déclaré fixé ce jeudi matin, à 10 heures.

    Le cocktail était hélas parfait pour attiser les flammes : mistral et tramontane, avec des rafales allant jusqu’à 90 km/h, une température avoisinant les 30 degrés et une hydrométrie en berne. « On a lutté toute la nuit dans une zone assez inaccessible avec des conditions météorologiques extrêmement défavorables », relate Jean-Luc Beccari, chef de corps départemental des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Le concours des deux Canadairs de la flotte nationale de la société civile dès le petit matin et les moyens au sol conséquents ont finalement permis de maîtriser le feu.

    Devant la météo toujours hostile, un important dispositif du Sdis 13 est resté sur place ce jeudi pour éviter toute réactivation des foyers. « On surveille le secteur pour continuer à préserver la partie qui n’a pas brûlé », explique le capitaine Philippe Bodin devant une opération de traitement des lisières et de noyage. La RD113 est toujours fermée à la circulation et ce, jusqu’à 19 heures ce soir afin de permettre aux pompiers de travailler en toute sécurité.

    Une vague de solidarité

    Si le pire a été évité grâce à l’intervention massive des 254 pompiers mobilisés, qui ont « lutté toute la nuit pour sécuriser les zones habitées », environ 600 personnes vivant dans les quartiers des Guigues et des Emeries, à La-Fare-les-Oliviers, ont été évacuées vers le centre culturel Jean-Bernard par mesure de précaution. Ils ont finalement pu rejoindre leurs logements au petit matin, peu après 6 heures.

    Le maire Jérôme Marciliac témoigne : « J’ai jamais vécu ça, en plus aujourd’hui j’aurais dû être en formation cellule de crise, je l’ai vécu en direct ! Ça s’est passé dans une ambiance calme, apaisée et sereine. Ça aurait pu être bien plus compliqué. Il y a eu une grosse vague de solidarité dans la commune. Les commerçants du village Vival et la Farigoule et nos bouchers ont offert des victuailles et des boissons. » L’association des parents d’élèves du collège a également porté les plateaux-repas destinés à la soirée du bal des 3e, qui se déroulait dans le gymnase de l’école Olivier Guirou et qui a été écourtée au vu des circonstances.

    Caroline fait partie de ces Farens qui sont allés soutenir les riverains touchés. « J’ai pleuré, j’ai pensé à toutes mes amies, à tout le monde. On s’est tous appelés, parce que ça reste un village où tout le monde se connaît, puis on est allés au centre culturel discuter avec les papis et mamies. Ils étaient en pyjama, ça m’a brisé le cœur. Si j’avais pu ramener tout le monde à la maison je l’aurais fait. »

    La cheffe d’entreprise, qui habite chemin des Teses, n’a pas dormi de la nuit : « On voyait les flammes arriver, elles étaient quasiment à notre porte vers 22h30, avant de dévier assez soudainement, raconte-t-elle. J’ai des animaux, des chevaux, des chiens, des oiseaux… J’ai commencé à baliser. Et puis j’ai aussi mon salon de coiffure et d’esthétique de l’autre côté. J’aurais pu tout perdre, autant mon travail que ma maison. »

    Neuf départs sur dix sont d’origine humaine

    Si aucun dégât matériel n’est à déplorer du côté de Lançon, l’incendie de Rognac, qui s’est déclarée au même moment mais a été maîtrisé plus rapidement, a été plus dévastateur.

    Les flammes ont parcouru 40 hectares et atteint la zone industrielle. Les entrepôts de l’entreprise de travaux publics Vincent TP ainsi que les locaux de Signal Market ont été détruits entre 20h30 et 4h. Cinq habitations attenantes ont été touchées. 140 sapeurs pompiers sont restés sur place dans la journée de jeudi pour surveiller les points chauds qui subsistaient.

    Après ces deux sinistres, les pompiers ont un mot d’ordre : « Soyez citoyens. » Ils rappellent que neuf départs d’incendie sur dix ont une origine humaine. L’accès aux massifs forestiers reste interdit.

    ET AUSSI

    Le maire de Marseille veut le retour des canadairs à Marignane

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille n’en démord pas, « il faut que les canadairs reviennent à la base de Marignane », a-t-il déclaré lors du dernier conseil municipal, vendredi dernier (notre édition des 27-28 juin). Le départ des bombardiers d’eau à la base de Nîmes en 2017 n’a toujours pas été digéré. Et de rappeler l’incendie qui a très durement frappé l’Estaque et touchés plus de 90 maisons, il y a un an. « Nous devons continuer à réclamer des moyens car nous sommes en difficulté quand ils ne sont plus accordés », a-t-il martelé. Le débat sur cette question est loin d’être clos.

    Le bataillon des marins-pompiers en renfort

    « Ce mercredi, 70 marins-pompiers ont été envoyés en renfort pour intervenir sur les feux dans les départements des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault, indique le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ils y ont passé la nuit. »

    Ce jeudi, « le détachement de l’Hérault est revenu tandis que 30 marins-pompiers sont restés mobilisés sur le feu de Lançon de Provence », précise-t-il. Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont également été épaulés par leurs homologues des Sdis des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l’Ardèche et du Var.

    L’incendie de Fréjus sous surveillance

    Ce jeudi matin, « le feu de Fréjus est toujours sous surveillance », a indiqué la Préfecture du Var. Celui-ci avait parcouru mercredi en milieu d’après-midi une trentaine d’hectares mais avait obligé à l’évacuation de 2 200 personnes par précaution tandis que d’autres ont été confinés.

    « Les opérations de noyage et de traitement des lisières qui ont duré toute la nuit se poursuivent encore aujourd’hui », a-t-il précisé jeudi, avant de remercier l’ensemble des personnels mobilisés.

    Des massifs forestiers à haut risque

    Dans les Bouches-du-Rhône, 13 massifs forestiers sur 25 sont classés en risque incendie très sévère ce vendredi : Alpilles, Arbois, Castillon, Chaîne des Côtes, Chambremont, Côte Bleue, Lançon, Les Roques Montagnette, Pont de Rhaud, Quatre Termes, Rougadou, Sulauze. L’accès, la circulation, la présence et les travaux y sont strictement interdits en raison d’un mistral avec des rafales pouvant atteindre 65 km/h. Dans le Var, l’accès est déconseillé (risque sévère) dans sept massifs forestiers : les Monts Toulonnais, la Sainte-Baume, les Maures, la Corniche des Maures, l’Estérel, le Haut-Var et le Centre-Var.

  • Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Cette renommée ne concernait pas seulement les arts de la table. Dans le catalogue de cette exposition, Marina Laffon-Borelli, Régis Bertrand, Jean-Manuel Sanchez et Daniele Maternati-Baldouy, qui fut entre 1995 et 2012 la conservatrice du musée de la faïence du Château Pastre, examinent les liens profonds que les grands feux pouvaient entretenir avec les mutations de la vie religieuse. À côté de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament de multiples provenances – le Sacrifice d’Abraham, un Bon Samaritain, le profil sur fond bleu de l’évangéliste Saint Jean qui figure sur l’affiche -le musée de Notre-Dame réunit en plaques décoratives des portraits qui se souviennent de Della Robbia, des Christs, des Crucifix et des statues de la Vierge, des objets du culte principalement issus de la fabrique de Joseph Fauchier, proche du quartier de la Porte d’Aix.

    Gravement endeuillé par les décès de six enfants, Fauchier œuvra jusqu’en 1751. Les séquences religieuses de son travail s’accordent avec le ressaisissement de Marseille au lendemain des catastrophes engendrées par la Peste de 1720. En témoigne à sa façon un mélange de sincérité et de fraîcheur, la singularité de la Vierge à l’enfant qui illustre cet article. Les polychromies bleues et jaunes de cette statue, les motifs floraux de ses vêtements, ses gestes qui ne cachent pas la nudité et la blondeur de l’enfant, son discret déhanchement ainsi que des menus détails (entre autres, au bout de ses sandales, le vernis de ses ongles) étonneront les visiteurs.

    Exposition « Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    L’annonce début juin par le Centre national du livre (CNL) a fait l’effet d’une bombe. Pour la première fois depuis que ce recensement existe, il s’est fermé plus de librairies (85) l’an passé en France qu’il ne s’en est ouvert (83). Si en 2025 les fermetures concernaient majoritairement des structures créées dans la dernière décennie, les librairies historiques ne sont plus épargnées en 2026.

    Deux enseignes majeures, Gibert et le groupe Nosoli, propriétaire du Furet du Nord et de Decitre, viennent d’être placées en redressement judiciaire. Si la librairie montpelliéraine Gibert n’est pas directement visée, il n’en est pas de même de son homologue Sauramps, qui célèbre ses 80 ans cette année. Depuis plusieurs mois, la rumeur d’une mauvaise santé financière enflait au fil de témoignages de salariés inquiets. Le propriétaire, l’architecte François Fontès, avait d’abord tenté de rassurer sans convaincre. Le mois dernier, l’absence de Sauramps lors de l’événement majeur de la Comédie du livre avait fait grand bruit à Montpellier. Le couperet est tombé quelques semaines après. La librairie historique, qui avait déjà été reprise en 2017 par le groupe Ametis et qui accuse environ 3,5 millions d’euros de pertes et une absence de trésorerie, vient à son tour d’être placée en redressement judiciaire le 15 juin (lire page 6). François Fontès n’est pas décidé à laisser tomber. De leur côté, la Région Occitanie de Carole Delga (PS) et la Métropole de Michaël Delafosse (PS) ont signifié leur soutien. L’audience est fixée au tribunal de commerce le 3 juillet.

    Sur les 3 400 librairies que compte l’Hexagone et qui vendent près d’un livre sur deux, des centaines d’autres librairies indépendantes seraient au bord du gouffre. Chaque fois, le scénario se ressemble. Les librairies sont prises en étau entre la hausse de leurs coûts fixes (loyers, matières premières, personnel…) et l’érosion continue du lectorat (-6% des ventes au premier trimestre 2026, selon le CNL), que la période Covid n’avait que freinée un temps. Le CNL précise que l’érosion que subit le livre papier est générale. Elle touche toutes les tranches d’âge et tous les milieux sociaux.

    Creuset social

    Impossible aussi de ne pas penser à la concurrence de la grande distribution (+6 points) ou à l’impact d’internet. Mais pour Marion Mazauric, qui dirige la maison d’édition Au Diable Vauvert, dans le Gard, le numérique (+6%) est un faux coupable. « Ce phénomène de décroissance de la lecture n’est pas nouveau, il a 40 ans. On aime incriminer les plateformes (…) mais on peut être connecté et lire beaucoup. Nous avons beaucoup de geeks dans nos lecteurs  », assure-t-elle.

    Pour l’éditrice gardoise, la perte de la pratique de la lecture est surtout corrélée à la dégradation de la situation sociale de nombreux Français. « Une poignée ont tout, beaucoup d’autres n’ont rien. Quand vous vivez sous le seuil de pauvreté comme 40% des Nîmois, vous ne passez pas vos journées à lire des romans ». Et d’ajouter : « De plus en plus de gens sont dans des vies qui les éloignent de la lecture ». L’écosystème traduisant parfois le manque de demande. « Le Gard est l’un des départements les plus pauvres de France. D’Aigues-Mortes à Sommières, il n’y a pas une seule librairie ». Marion Mazauric observe par ailleurs un impact de l’apprentissage raboté et de la place réduite de la lecture à l’École. « L’éducation populaire a aussi beaucoup décru », déplore-t-elle.

    Aujourd’hui, l’éditrice invite l’ensemble des acteurs à faire bloc autour des libraires. « Ils sont le poumon du secteur du livre. Sans eux, on n’existe pas. On doit être très attentif à tout ce qui peut les aider ». Au-delà de l’appel aux lecteurs, elle aimerait que l’État prenne enfin ses responsabilités. « Le tissu des librairies françaises est unique au monde. Elles ne sont pas un commerce comme les autres, elles constituent un commerce d’utilité publique ». Dans la lignée des demandes du Syndicat de la librairie française (SLF), l’État est appelé à agir concrètement. Par exemple en pratiquant des allègements immédiats sur les loyers ou les charges. Bien d’autres mesures sont possibles. Il y a urgence.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • [Exclusif] Matthieu Pigasse se porterait au secours de Fibre Excellence

    [Exclusif] Matthieu Pigasse se porterait au secours de Fibre Excellence

    En redressement judiciaire, l’avenir de l’industriel Fibre Excellence et ses plusieurs centaines de salariés devait être scellé ce mercredi avec une audience au tribunal de commerce de Toulouse. Mais suite à l’arrivée d’un investisseur «surprise» et «de renom», le tribunal de a renvoyé son audience, au 6 juillet prochain. Et pour cause : ce dernier serait, selon nos sources, Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et connu comme le millionnaire « progressiste ». Ce dernier aurait formulé une lettre d’intention appuyant l’unique projet de reprise pour l’entreprise, la veille de l’audience. Notons que, pour l’heure, son identité n’est pas dévoilée officiellement, les interlocuteurs du dossier invoquant le secret des affaires.

    Et si la direction comme les représentants des salariés n’ont rien précisé à propos de cet investisseur surprise, reste que Fibre Excellence a salué sa venue via un communiqué de presse diffusé dans la foulée de l’audience au tribunal : « La mobilisation de cet acteur, prêt à s’engager pour la souveraineté industrielle, permet d’envisager la consolidation de l’actuel projet de reprise porté par la direction de Fibre Excellence, ou le dépôt possible d’une nouvelle offre ».

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »