Author: tecnavia

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    la jeunesse

    Amélie Lambiel : Quelles sont vos priorités concrètes pour favoriser l’emploi des jeunes sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Il faut permettre aux jeunes de se loger et leur proposer des conditions de vie qui leur permettent d’échapper à la précarité ; ce qui est une situation que beaucoup de jeunes, même à Gap connaissent aujourd’hui. Donc augmenter l’offre existante en logement social, faciliter l’accès aux jeunes pour les résidences étudiantes et créer des résidences intergénérationnelles. Favoriser le tissu économique local fait essentiellement de petites entreprises, celles-ci ayant besoin d’avoir plus de visibilité et de soutien au niveau local, favoriser les embauches. Il faut diversifier les formations et l’offre universitaire sur le territoire de notre ville, ce qui va nous permettre de donner plus d’opportunités aux jeunes gapençais qui souhaiteraient rester pour étudier et travailler mais aussi à des jeunes de l’extérieur pour venir s’implanter à Gap. Je dirai que soutenir la jeunesse, c’est un acte politique et une des priorités de la liste Union pour Gap, qui d’ailleurs comprend de nombreux jeunes.

    Amélie Lambiel : Ce sont de beaux projets mais quels budgets comptez-vous allouer pour ces actions ?

    Élie Cordier : On aura un fonctionnement du budget à taux constant pour la ville de Gap. Aujourd’hui la ville dispose de ressources importantes, on est la septième ville de France où le taux municipal pour la taxe foncière est le plus élevé. On va faire le choix de réorienter les priorités budgétaires pour la ville. On ne va pas augmenter les impôts locaux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat notamment des jeunes mais travailler à budget constant en ayant d’autres priorités, en particulier sur les actions sociales.

    le Handicap

    Fatiha El Ouannassi : J’ai rencontré une personne en situation de handicap en colère et on la comprend parce que se déplacer en ville, c’est peu ou pas de transport adapté, des trajets refusés, des horaires impossibles, résultat : une liberté amputée. Or, se déplacer est un droit. Que ferez-vous concrètement dès la première année pour améliorer la vie des personnes handicapées ?

    Élie Cordier : La première priorité sera d’associer les acteurs locaux, ce qui ne se fait pas actuellement. De nombreuses associations s’investissent sur les différents types de handicap aujourd’hui. Il faudrait déjà identifier les différents besoins pour des réponses spécifiques. Par exemple, sur le handicap visuel : faciliter les passages piétons. Pour les fauteuils roulants faciliter l’accès aux trottoirs et organiser des places de stationnement mieux adaptées à la voirie. En matière de handicap, il y a ce qui dépend de la commune comme la voirie, les transports urbains qui dépendent de la communauté d’agglomération et aussi l’accessibilité des lieux privés qui dépendent de leurs propriétaires pour la mise en conformité avec la loi. Il y a un énorme travail à faire en centre-ville de Gap avec un bâti plutôt ancien qui est à mettre aux normes et en conformité pour l’accessibilité. Nous avons un premier volet qui dépend de la mise en accessibilité des lieux publics mais qui n’est pas encore tout à fait abouti. Par ailleurs, la mise en accessibilité des transports urbains devra être mise en pratique avec le renouvellement de la flotte de transports. L’accessibilité des trottoirs, la correspondance des passages piétons et des trottoirs importe beaucoup pour les déplacements des personnes à mobilité réduite, on ne s’en rend pas compte quand on est valide. Il faut aussi accompagner les commerces privés qui accueillent du public pour être en conformité et tout simplement appliquer la loi. On va être bientôt dans le 21e anniversaire de la loi de 2005 sur la mise en accessibilité. Il reste énormément à faire et on a un vrai travail à mettre en place en associant tous les acteurs du territoire. Il faut recenser, écouter, dialoguer et agir.

    Fatiha El Ouannassi : Que proposez-vous pour les transports accompagnés ?

    Élie Cordier : La chance que nous avons à Gap, je tiens à le rappeler, c’est que des élus de gauche se sont mobilisés il y a plusieurs décennies pour faire de Gap une des premières villes à avoir des transports urbains gratuits. Évidemment, cette gratuité doit être préservée. Nous maintiendrons donc cette gratuité et le service à la demande qui existent déjà. L’idée est bien sûr d’amplifier ces services. Toutes ces mesures représentent un enjeu important : lutter contre l’isolement des personnes âgées ou en situation de handicap et créer du lien social.

    la santé

    Michel Garcin : Il est très difficile de trouver un médecin généraliste à Gap, quant aux dentistes et spécialistes, il faut aller à Aix-en-Provence. Avez-vous engagé une réflexion pour faire venir des médecins dans notre ville ?

    Élie Cordier : Plus qu’une réflexion, c’est une de nos priorités. Je suis extrêmement étonné que nous soyons la seule liste pour ces élections à parler réellement du sujet d’accès aux soins. J’entends dire que ce n’est pas un sujet municipal mais qui dépasse la commune comme si on ne pouvait rien faire en la matière. Comment attirer des médecins connaissant le problème de pénurie nationale ? Notre projet phare sera d’implanter un centre municipal de santé (CMS). Dans un CMS, la ville prend à sa charge une infrastructure, le secrétariat, l’entretien pour libérer du temps aux médecins, à la différence d’une maison de santé où la commune se contente de délivrer un permis de construire. Cela fait donc appel à un nouveau type de professionnels de santé qui souhaitent être déchargés des tâches administratives pour se libérer du temps médical, avoir un rythme de vie plus équilibré entre vie professionnelle et privée. Par ailleurs, ce CMS vient en lien avec les dispositifs existants, hôpital public CHICAS, polyclinique des Alpes du sud et médecine de ville. Cela facilite de plus l’accès aux soins en étant sur une tarification en secteur 1. Nous sommes là au cœur du service public municipal.

    la Pauvreté

    Jacqueline Amouriq : Sur le programme d’Union pour Gap, on a vu que vous voulez travailler sur tous les quartiers. Pourriez-vous nous préciser ce que vous avez l’intention de faire dans tous ces quartiers où les gens sont en grande difficulté ? Je rappelle que le taux de pauvreté à Gap est de 15%.

    Élie Cordier : Je constate dans les consultations citoyennes et le travail de porte-à-porte, une précarité qui devient de plus en plus palpable. Tout d’abord, lutter contre la précarité suppose bien évidemment de favoriser le développement d’entreprises pour augmenter la création localement, cela suppose également une action dynamique de la commune pour désenclaver le territoire gapençais. On dispose de plusieurs outils au niveau de la commune pour identifier et accompagner les gens en situation de précarité : le premier travail étant d’avoir une vision claire de qui doit être accompagné en priorité, pour cela, le Centre communal d’action sociale (CCAS) est un outil privilégié. On constate des logements avec des températures de 12-13 ou 14°C en hiver dans des immeubles très mal isolés, donc, il y a des programmes massifs à mettre en place avec l’Office public de l’habitat 05 (OPH 05) pour rénover, requalifier ces logements. Il convient aussi de recréer une vie de quartier et de faciliter l’accès aux transports urbains car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir une voiture. Par ailleurs, il y a également un enjeu d’accès à la vie associative, sportive et culturelle. C’est pourquoi nous proposons un PASS Jeunes qui donnera un accès facilité à une inscription dans un club de sports ou une association culturelle et permettra de recréer du lien social. Plus largement, nous rencontrons des personnes en situation d’isolement qui ne voient personne de la semaine. Ces situations contribuent au sentiment d’insécurité. C’est là où la commune peut agir par un travail d’action sociale et par un travail sur des sujets de sécurité en développant des effectifs de police municipale et de médiateurs pour favoriser le travail de proximité et de lien avec la population. La tranquillité et la sécurité ne doivent pas être uniquement une affaire de répression mais il faut aussi un dialogue, une écoute, une proximité.

    les violences faites aux femmes

    Jacqueline Amouriq : Quelles propositions faites-vous pour répondre au problème des violences faites aux femmes ?

    Élie Cordier : La ville de Gap doit soutenir des acteurs qui font un travail formidable : une association, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 05) qui fait un travail important en matière de repérage et d’accompagnement des situations difficiles. La commune doit assumer un rôle en termes d’hébergement d’urgence. Quand on détecte une situation de violences, il faut que la ville soit là pour accueillir immédiatement car les solutions proposées par l’État ne sont pas suffisantes. Il y a un modèle qui fonctionne bien, c’est celui des appartements relais municipaux. Ces appartements relais, une fois instaurés à Gap, permettraient d’accueillir sur une période de 6 à 12 mois la personne victime de violence le temps de retrouver une solution pérenne. Repérer, écouter, c’est le minimum, il faut proposer des solutions temporaires en urgence pour prendre en charge les femmes victimes de violence.

    la végétalisation

    Jacqueline Amouriq : À Gap, on a de belles places mais tout cela est minéral, est-ce qu’on peut y remédier et reverdir la ville ?

    Élie Cordier : La végétalisation est effectivement une priorité de notre programme. Aujourd’hui, en ville de Gap, on a un site fortement minéral et je vois les permis de construire délivrés et l’artificialisation à outrance alors que le nombre d’habitants n’augmente pas. On a l’impression que la politique urbanistique se limite à construire, construire, construire… En termes de végétalisation je distinguerai celle qui concerne le centre-ville et l’hypercentre qui est la partie la plus minérale de notre commune et celle de la ville dans son ensemble. Sur la végétalisation de cet hypercentre, c’est évidemment un enjeu d’une ville plus verte, plus agréable à vivre, plus esthétique. C’est aussi un enjeu de résilience du territoire contre le réchauffement climatique, des canicules et des risques naturels. Notre ville est aujourd’hui vulnérable face aux pluies diluviennes et aux risques d’inondations. Nous sommes en effet sur un site minéral situé en fond de vallée. Il faut donc que nous soyons une ville protectrice capable de lutter contre les risques naturels en arrivant à limiter et réduire l’artificialisation des sols, à végétaliser, à reverdir et à faciliter l’écoulement de l’eau. L’accès à la nature est facile autour de Gap car on a des sites majestueux comme le domaine de Charence, les collines de Saint-Mens et de Puymaure qui sont une richesse mais qui ne doivent pas occulter la nécessaire végétalisation des lieux et des espaces de vie. Cette végétalisation doit aussi avoir lieu dans toute la ville , par exemple, ponctuellement des petits marchés de quartiers qui pourraient recréer de la vie sur des places qui deviendraient agréables à vivre ou encore faciliter un libre accès à la culture avec du mobilier urbain, avec des livres, qui pourraient s’insérer dans le paysage. Une idée qui peut paraître anecdotique : l’installation de bancs dans un quartier ou sur une place, c’est recréer de la vie, un moyen pour les habitants de tisser du lien, d’échanger entre eux. Comme cela, on crée une ville plus verte, une ville agréable, accueillante et vivante.

    l’eau

    Michel Garcin : La ressource en eau pour la production d’eau potable concernant la ville de Gap se trouve essentiellement dans le Champsaur. Peut-on considérer qu’une erreur majeure a été commise par le maire actuel en s’extirpant du syndicat intercommunal qui gère la ressource du Drac. Quelle action comptez-vous entreprendre pour rétablir ces relations ?

    Élie Cordier : Concernant l’approvisionnement en eau, le sujet est simple, c’est retrouver le chemin du dialogue. Aujourd’hui nous avons à Gap, préfecture des Hautes-Alpes, une ville qui ne parle plus aux élus du Champsaur pour des questions de mésentente personnelle et de discordes individuelles d’élus avec d’autres élus. Le problème, c’est que le territoire est perdant en la matière. L’eau est un bien commun, il est normal que chaque territoire défende ses intérêts mais il faut aussi avoir la capacité d’aller plus loin et de défendre les intérêts du territoire tout entier. Aujourd’hui l’insécurité de l’alimentation en eau potable qui pèse sur Gap est un réel problème dont nous n’avons d’ailleurs pas suffisamment conscience collectivement. On est passé plusieurs fois devant un risque majeur que la commune ne puisse plus être alimentée en eau potable. Je vous rappelle que la ville est une commune agricole, donc on a un double problème, l’approvisionnement en eau pour la population et pour les activités agricoles. Et moi, je voudrais relier le sujet des ressources, de l’approvisionnement en eau avec celui du réseau. Ce dernier a été confié par la majorité actuelle au privé, à Véolia, par le biais d’une délégation de service public de 12 ans. Confier un bien aussi précieux que la ressource en eau à une entreprise privée pour cette durée pose évidemment un problème de souveraineté pour la gestion de notre réseau pour les prochaines années. Or, l’enjeu actuel est que pour un litre d’eau potable à Gap, il y a entre 1 litre sur 3 et 1 litre sur 4 perdus au niveau du réseau. Il conviendrait donc de se réapproprier le réseau d’eau par une régie municipale. Nous faisons confiance à une gestion publique de l’eau, on parle de quelque chose qui n’a pas à être une prérogative du secteur privé, on parle d’un bien commun. La réappropriation du réseau d’eau par une régie municipale sera une priorité mais je ne peux le dire pour le prochain mandat car la commune est liée à Véolia pour les 12 prochaines années donc ce sera un enjeu à moyen, voire à long terme.

    la Culture

    Amélie Lambiel : En ce qui concerne la vie culturelle, quelles sont vos propositions ?

    Élie Cordier : Le projet phare en matière culturelle sur le prochain mandat, ce sera la création d’un pavillon de la culture et de la vie associative car il y a un manque aujourd’hui en termes d’espaces de travail, de répétition et de création pour les associations de la ville de Gap. Je rappelle que la ville de Gap comprend plusieurs centaines d’association, c’est une des villes les plus riches en matière de vie associative mais il faut la soutenir. Ce pavillon de la culture doit être un lieu de rencontre, de création et d’émulation entre différentes disciplines artistiques. Il faut également capitaliser sur l’existant pour l’amplifier et le rendre plus dynamique, cela passe par des subventions pluriannuelles pour donner plus de visibilité aux associations, par des facilitations d’accès aux salles municipales et par un soutien financier accru à nos infrastructures, notamment au Tempo, au Quatro et à la médiathèque. On a la chance d’avoir une scène nationale à Gap, il faut également la soutenir en terme financier et sur l’aspect des locaux. On a une salle de concert formidable qui pourrait accueillir encore plus de concerts si les moyens étaient au rendez-vous. On peut imaginer un festival des musiques du monde ; pourquoi ne pas imaginer un salon du livre thématique qui pourrait avoir lieu en fin de printemps. On a une cinémathèque d’images de montagne, un lieu unique en France qui réunit toutes les archives du cinéma de montagne sur des dizaines d’année, un patrimoine richissime en la matière que peu de Gapençais connaissent pour le moment. Donnons à cette infrastructure les moyens de travailler et œuvrons autour de l’identité culturelle du territoire. Nous sommes en effet un territoire carrefour, une ville au carrefour entre la montagne et la Provence, entre la France et l’Italie proche, un territoire qui ne sait pas vraiment se définir, il y a une identité de l’entre-deux, il faut donc mettre la création culturelle au cœur du territoire. La culture est menacée par la baisse des crédits alloués au niveau national et par une offensive réactionnaire qui se met en place au niveau mondial.

    la Sécurité

    Fatiha El Ouannassi : Pensez-vous renforcer la présence de la police municipale et des médiateurs à Gap ?

    Élie Cordier : Aujourd’hui l’immense majorité des moyens alloués par la commune pour la sécurité et la tranquillité publique sont mis dans des caméras vidéo. 500 caméras à ce jour, ce qui, après la ville de Nice fait de Gap le taux le plus élevé de caméras par habitant. Aujourd’hui on constate une démagogie totale qui consiste en une sécurité d’affichage puisque la majorité actuelle se targue d’installations massives de caméras, sauf, que le soir et le petit matin, personne n’est au centre de supervision urbain pour pouvoir intervenir à l’aide des caméras si besoin. Lors d’un cambriolage ou d’un délit routier, c’est bien beau d’avoir des caméras si personne n’est présent pour aiguiller ou aider sur les interventions. Donc, on pourra toujours réfléchir à des installations ponctuelles de vidéosurveillance là où cela paraît nécessaire mais la meilleure façon d’assurer la sécurité de nos concitoyens, c’est de mettre le paquet sur les moyens humains. Aujourd’hui, dans la ville de Gap les effectifs sont de 20 officiers municipaux, on a donc un taux dans la ville de Gap qui est plus faible que la moyenne nationale. Les policiers municipaux sont ceux qui sont le plus en capacité de faire le travail de lien avec la population, d’identifier les situations problématiques particulièrement dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent en conflit et en délinquance. La police de proximité est le meilleur dispositif pour faire du lien et on peut bien sûr imaginer la présence de médiateurs dans les situations qui le nécessitent.

    les jO

    Michel Garcin : Concernant les Jeux olympiques de 2030, ici, à Gap, il n’y aura rien, les épreuves de patinage espérées auront lieu à Nice. Selon vous, quel sera l’impact des JO sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Si de l’argent olympique avait été attribué à la ville de Gap, il aurait dû aller aux infrastructures durables qui auraient pu bénéficier à la population dans le temps (des chantiers importants tels que la rocade de Gap ou celui d’un centre majeur à requalifier qui est le site de Gap Bayard. Aujourd’hui, ce ne sera pas le cas, c’est peut-être une opportunité ratée mais, en tout cas, il y a eu un attentisme et une passivité qui ne fait que des perdants. C’est-à-dire qu’on n’a pas la volonté de se dire qu’il y a peut-être des financements à aller chercher. Si demain, je suis élu maire de la ville de Gap, l’idée, c’est d’aller défendre les intérêts des Gapençais et des Gapençaises.

    Amélie Lambiel : On n’a pas d’épreuves des JO à Gap mais il va y avoir beaucoup de passages et de touristes. À ma connaissance, il n’y a qu’une ligne de bus et de train pour aller jusqu’à Briançon. La mairie peut-elle agir sur le sujet ?

    Élie Cordier : La mairie ne peut agir seule mais elle se doit d’agir. Actuellement, il n’y a aucune action mise en place par exemple, pour défendre la ligne de train Paris-Briançon qui est une infrastructure majeure de desserte de notre territoire au même titre que la rocade de Gap. Sur ces dossiers, les maîtres mots sont passivité, attentisme et absence de résultats. Encore une fois, la mairie ne peut pas tout faire, toute seule, mais si on ne se donne pas les moyens, tout au moins d’essayer d’obtenir des résultats, ce qui est certain c’est qu’on n’obtiendra rien. Je pense que, demain, il conviendra d’avoir une attitude combative. Un maire doit gérer les affaires de la commune mais aussi être capable de sortir de ses prérogatives strictes pour aller porter ses dossiers au niveau national, avoir une influence auprès des ministres, des élus nationaux, des instances comme SNCF Voyageurs ou autres pour défendre les intérêts de la commune. Tout le monde peut s’accorder à dire que le compte n’y est pas et que les résultats ne sont pas là. Demain, on ne peut pas promettre que nous arriverons à rétablir un train de nuit qui roulera de manière régulière et qui soit tous les jours à l’heure mais on s’engage sur le fait qu’on va tout faire pour améliorer la situation et se battre comme des beaux diables. Je crois qu’aujourd’hui, ce minimum-là n’est même pas atteint par l’équipe en place.

    Michel Garcin : Il semblerait que la municipalité actuelle soit enfermée dans un carcan, elle ne parle à personne sur le territoire et il apparaît que sur les dossiers importants on n’ait pas su mettre la ville de Gap en avant ?

    Élie Cordier : Et cela, surtout, pour des questions de conflit personnel, le problème est là. Quand on représente une collectivité territoriale, on ne se représente pas soi-même, on représente l’ensemble d’un territoire, l’ensemble d’une population. La personne de l’élu, son identité propre doivent passer au second plan. Dans cette situation, Gap est largement pénalisée, sur de nombreux sujets. Avec la mairie actuelle, nous constatons une absence d’anticipation en matière d’infrastructures, une passivité et des questions de conflits même avec des élus à la tête d’autres collectivités territoriales, de sorte que Gap est aujourd’hui paralysée. Ce qui manque encore une fois, aujourd’hui, c’est une volonté d’avoir ce travail d’hyperactivité politique pour travailler au désenclavement de Gap et de manière plus générale des Hautes-Alpes et Alpes du Sud. C’est un enjeu d’égalité d’accès aux services publics et entre les territoires.

    Focus sur les lecteurs

    Amélie Lambiel, jeune diplômée, en recherche d’emploi

    Michel Garcin, retraité, engagé sur les sujets santé et environnement

    Fatiha El Ouannassi, fonctionnaire en activité

    Jacqueline Amouriq, retraitée, bénévole dans le domaine des solidarités

  • [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    En tant que plus grand événement culturel annuel au monde en termes d’audience, le Gala de la Fête du Printemps produit par China Media Group est organisé sans interruption depuis 43 ans. Il est devenu, pour les Chinois de Chine et d’outre-mer ainsi que pour de nombreux amis étrangers, un véritable « dîner de réveillon pour l’esprit », créant une résonance émotionnelle partagée à l’échelle mondiale.

    L’an dernier, grâce à un dispositif international multilingue et multimédia, mobilisant plus de 3 100 médias partenaires à travers le monde, CMG a transmis au public international l’esprit du Nouvel An chinois, fondé sur le principe de « l’harmonie dans la diversité des civilisations ».

    Des robots humanoïdes dotés d’intelligence artificielle dansant le yangge, devenus viraux sur les réseaux sociaux, aux rencontres vibrantes entre le patrimoine culturel immatériel et l’esthétique contemporaine, des compositions musicales imprégnées de l’élégance orientale aux créations rock mêlant influences orientales et occidentales.

    Le Gala de la Fête du Printemps a ouvert au public mondial une fenêtre privilégiée pour mieux comprendre la richesse de la culture traditionnelle chinoise et la vitalité de la Chine d’aujourd’hui. L’édition de cette année se distingue par une mise en scène à l’échelle nationale, articulée autour d’une scène principale à Beijing et de quatre villes représentatives de différentes régions du pays : Harbin, Yiwu, Hefei et Yibin. Chaque ville associée apporte sa couleur locale : Harbin conjugue musique symphonique, chant et ballet dans un décor hivernal spectaculaire ; Yiwu, connue pour son ouverture internationale, associe opéra Wu et dynamisme commercial ; Hefei marie danse inspirée de l’encre chinoise et opéra Huangmei, enrichis d’effets visuels contemporains ; Yibin, au bord du fleuve Yangtsé, célèbre la réunion familiale et les traditions du Nouvel An.

    Cette année, le Gala de CMG s’appuiera sur les innovations technologiques de pointe « 5G + 4K/8K + IA » et sur les capacités de diffusion en 85 langues de CMG afin d’offrir aux publics chinois et internationaux un véritable festin culturel. Les publics du monde entier pourront non seulement découvrir, à travers les écrans, la créativité et la splendeur visuelle du Gala, mais aussi vivre de manière immersive l’atmosphère de joie, de chance et de célébration qui caractérise la Fête du Printemps.

  • [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    Le parc Chanot était aux couleurs du Nouvel An chinois ce vendredi. Les nombreux participants français comme chinois issus des milieux politique, culturel et médiatique, ainsi que de nombreux habitants de la région, se sont réjouis de l’initiative culturelle.

    Dans leurs allocutions, les représentants de la partie chinoise ont souligné que la Fête du Printemps, symbole millénaire de la civilisation chinoise, est devenue un lien spirituel reliant les communautés chinoises du monde entier et un pont culturel de plus en plus reconnu à l’international. À travers le Gala de la Fête du Printemps, CMG s’appuie sur un dispositif de diffusion multilingue et multimédia afin de transmettre au public mondial les valeurs de cohésion familiale, d’inclusion sociale et d’harmonie entre l’homme et la nature portées par le Nouvel An chinois.

    Les intervenants français ont, de leur côté, salué l’influence croissante de la culture du Nouvel An chinois en France, estimant que ce type d’échanges culturels contribue à renforcer la compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples français et chinois.

    Le programme de la soirée s’est distingué par sa richesse et sa diversité. Des extraits et bandes-annonces du Gala de la Fête du Printemps 2026 ont été projetés, permettant au public français de découvrir en avant-première la créativité artistique et les innovations technologiques du spectacle. Des performances mêlant inspirations orientales et occidentales ont également été proposées, associant musique, danse et expressions artistiques contemporaines, et ont suscité un accueil enthousiaste.

    De nombreux participants français ont confié qu’il s’agissait pour eux d’une première immersion aussi directe dans la culture de la Fête du Printemps. Grâce à ce « Prélude », le Gala ne se limite plus à une émission télévisée, mais devient une expérience culturelle vivante, accessible et partagée.

    Tradition ancestrale

    Étape importante de la série d’événements « Le monde regarde le Gala de CMG ensemble », la soirée marseillaise a non seulement contribué à annoncer le prochain Gala, mais a également illustré l’attrait croissant de la culture chinoise dans le sud de la France, apportant une nouvelle dimension aux échanges culturels sino-français.

    La Fête du Printemps est un symbole culturel millénaire de la civilisation chinoise. Elle constitue également un lien spirituel profond qui unit les communautés chinoises à travers le monde. Aujourd’hui, près de vingt pays et régions ont inscrit la Fête du Printemps comme jour férié officiel, et environ un cinquième de la population mondiale la célèbre, sous des formes diverses.

    À travers cette tradition ancestrale, de plus en plus de personnes découvrent la Chine, apprécient la culture chinoise et perçoivent les valeurs universelles portées par la Fête du Printemps : la cohésion familiale, l’inclusion sociale et l’harmonie entre l’être humain et la nature.

  • À Aix, Encagnane retrouve sa place Romée transformée

    À Aix, Encagnane retrouve sa place Romée transformée

    Le projet supprime le stationnement en surface et renforce la végétalisation, avec 45 nouveaux arbres plantés (65 au total) et 700m² d’espaces verts, contre 100m². La création de sols perméables et la restauration de la fontaine historique sous forme de miroir d’eau contribuent à améliorer le cadre de vie, renforcer la sécurité et lutter contre les îlots de chaleur.

  • Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

    Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

    « On a que ça de riche dans nos quartiers, le ministre ne nous enlèvera pas notre château ! » Dans l’espace de la petite bastide préservée au cœur du Parc Kalliste, grand ensemble très dégradé du 15e arrondissement, plus une chaise ni une place de libre sur le canapé. Ils sont venus de toutes les cités du secteur Notre-Dame-Limite former une forteresse autour de l’équipe pluridisciplinaire du Château en santé.

    Exceptionnel par sa forme, ce qui se pratique à l’intérieur de ce centre de soins l’est tout autant. Ici, « on ne va pas chez le docteur, on va au Château ». Au-delà d’une consultation à l’acte, l’accueil avec un thé ou un café, le temps de l’écoute, le suivi par les médecins, infirmiers, psychologue, orthophoniste, médiateurs en santé, assistantes sociales et des interprètes, les activités physiques, les ateliers collectifs, à Kalliste, la Granière, la Solidarité et aux Bourrely, les habitants sont unanimes « ça a changé nos vies ». Démarrée en 2021, l’expérience s’inscrit dans « les engagements pris par l’État après la pandémie Covid, qui a mis en lumière les inégalités sociales et territoriales de santé », rappelle Bénédicte. Fin janvier le gouvernement leur a annoncé « la suppression du dispositif » en avril. « C’est 40% du budget qui est menacé », précise Elisa, chargée de l’accueil.

    Avant d’ouvrir en 2018, « c’était juste un domaine sans vie » se souvient Rabbia, une locataire de la Granière, à « la Solidarité il n’y avait plus de médecin. Et pour un rendez-vous chez un spécialiste, il fallait deux à quatre mois d’attente ». Habitante de Kalliste, Hakima, intervient : « Nous, la classe la plus fragile, ici c’est le contraire, on est soigné comme des princes. Quand on repart on a le smile. Il y a le soin du corps, mais de la tête aussi. »

    Un interprète traduit pour un monsieur Kurde : « Avec l’écoute, on a mieux avancé contre la maladie. Sans interprète, comment on fait ? Il y a les logiciels, mais ce n’est pas bon. » Comment traiter la santé sans savoir ce qui la dégrade ? « Pendant le Covid, j’étais malade, je marchais mal. Ils m’ont fait faire du sport. Regardez comme j’ai maigri ! » s’exclame Khadija les mains sur le ventre. Des rires et des larmes. « Quand il y a eu l’incendie dans mon appartement, toute l’équipe est venue pour m’aider. Vous voyez ça ailleurs ? », témoigne une retraitée. Une maman complète : « Mon fils est décédé en juin, sans vous je serais en psychiatrie aujourd’hui. »

    Une pétition en ligne

    Dans la salle comble, on s’arrache le micro pour témoigner. « On a confiance, vous nous avez montré nos droits, vous prenez le temps sans rechigner. Et pourtant j’en prends beaucoup moi », reconnaît en riant une patiente. Latifa, 76 ans, qui cumule les pathologies, s’est extirpée de son appartement à la Solidarité pour venir soutenir l’équipe. « On m’appelle chaque mardi pour prendre des nouvelles, On se déplace chez moi une fois par mois ! Et quand je vois un spécialiste, il félicite le suivi, il y a tout dans le dossier. »

    Sur les neuf postes, la moitié de l’équipe est concernée par cette révision budgétaire qui entraînerait la suppression des activités ne relevant pas du domaine médical. « Une décision inacceptable », pour le directeur du centre social. Marion de l’association Marseille Handball Nord, plaide aussi : « Les jeunes ont désacralisé leur rapport à la médecine. »

    « C’est fou qu’un Premier ministre amène ça à sa perte. Mais il ne sait pas qu’on a du bagou, réagit Alia, 35 ans, Ils ont pris soin de nous, aujourd’hui, c’est à nous de les sauver. » Une pétition est déjà lancée en ligne. Houria assure à une soignante très émue, « ne pleure pas ! On va gagner ». Déterminés à sauver leur Château, les habitants sont prêts à « aller jusqu’à l’Élysée s’il le faut ».

    Le gouvernement étudie les financements

    Pas de remise en question des 26 Secpa selon le gouvernement. Le dispositif doit être généralisé avec un « modèle financier » qui « sera arbitré très prochainement » précise le ministère de la Santé.

    Le dispositif Secpa doté de 14 millions d’euros en 2025, versés par l’Assurance maladie, représente jusqu’à « un tiers du budget annuel » des 26 structures, dont le Château en santé à Marseille, le Village de santé d’Échirolles en Isère ou la Place santé en Seine-Saint-Denis. Le gouvernement s’est voulu rassurant en s’engageant à « pérenniser » leurs financements. L’exécutif présente cette décision comme un « passage dans le droit commun », mais cela « se traduit en réalité par un basculement vers le Label Maisons France Santé, plafonné à 50 000 euros annuels par structure » contre plus de 500 000 euros pour le dispositif Secpa, et un « recours aux Fonds d’intervention régionaux des Agences régionales de santé (ARS) », explique l’équipe de Château en santé.

    Du côté de l’ARS Paca, on indique que « les crédits délégués par le ministère à l’ARS pour financer ces actions complémentaires n’ont pas encore été communiqués ». Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis que les 26 Secpa seront « pérennisées et financées », renvoyant vers la ministre de la Santé Stéphanie Rist pour le détail des sommes. Un modèle financier sera arbitré en « repartant des budgets adoptés et en mobilisant différentes sources de financement (Assurance maladie France Santé, FIR et collectivités) ».

  • « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    Deux frères, incarnés par François-Xavier Demaison et Patrick Timsit, se vouent une rancune tenace. Ils se détestent, ne se voient jamais mais vont être réunis chez leurs parents, arrangeants comme ils peuvent à l’occasion d’un repas. Au sein de la fratrie, celui qui a « réussi », venu aux côtés de sa femme, va devoir demander un sacré service à l’autre, le « glandeur » de La Famille. Le point de départ de cette pièce aux thèmes universels écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit. Une comédie qui prend ses quartiers du mardi 10 au samedi 14 février au théâtre de l’Odéon, dans le cadre de la saison hors les murs du Gymnase, fermé depuis plus de quatre ans. Le chantier de rénovation de ce dernier a été lancé en novembre et doit rouvrir ses portes à la rentrée 2027.

    « Émotion universelle »

    « Il y a une unité de lieu. Ça se passe le temps d’un apéritif, en direct, et le public assiste à cette rencontre familiale », a pu décrire Patrick Timsit sur France 5.

    « Je ne sais pas si c’est une famille dysfonctionnelle, mais elle me fait penser à beaucoup de familles. On rit beaucoup au début de la pièce, puis on est saisi par cette justesse, cette émotion universelle qui nous relie à nos frères, à nos sœurs », ajoute François-Xavier Demaison au sujet de cette « soirée qui promet bien des surprises, entre incompréhension, rire et amour ».

    Les 10, 12, 13 et 14 février à 20h. Le 11 février à 19h. Entre 10 et 47 euros. www.lestheatres.net

  • Archipel 49, des îles aux chansons s’amarrent à Marseille

    Archipel 49, des îles aux chansons s’amarrent à Marseille

    En ce vendredi 6 février, le son flamenco Limosna de amores, provoqué par le guitariste Bruno Allary et la chanteuse Sylvie Aniorte-Paz, résonne sur la scène de l’auditorium d’Archipel 49. Des « Aumônes d’amour » laissant entrevoir tout l’éventail des musiques, chants et contes, qui vont s’amarrer dans cet espace de plus de 700 m² sur trois niveaux établi au 49 de la rue Chape, niché entre les Cinq avenues et le Camas. « Un espace de création et d’expression pour les artistes des musiques et des contes », résume Florence Chastanier, présidente de ce lieu désormais géré et animé par « cinq structures aux identités plurielles et aux valeurs communes » : les Voies du chant, l’Éolienne, la compagnie Rassegna, Prodig’art ainsi que la compagnie VBD&CO. Une alliance dans le but de proposer « plus de créations originales autour d’esthétiques multiples en direction des publics de Marseille et d’ailleurs », ajoute-t-elle à propos de cet édifice qui avait accueilli dans le passé le Centre national d’insertion professionnelle des artistes lyriques (Cnipal) et le Conservatoire de Marseille. Puis, l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée en a eu la gestion entre 2022 et l’été 2025. Archipel 49 a ensuite « signé une convention d’occupation temporaire pour cinq ans » avec la Ville, propriétaire des lieux, rappelle Maxime Vagner, directeur du bureau de production Prodig’art.

    Croisements

    Installée dans ces lieux depuis 2018, la Maison du chant a donc été rejointe par ses « amis et complices pour imaginer un archipel de plusieurs îles », image sa fondatrice Odile Lecourt. Une aventure collective pour la diffusion, la création mais aussi « l’éducation artistique et culturelle » dans laquelle s’embarque donc la compagnie Rassegna, dont l’ADN repose « sur le croisement des musiques populaires de Méditerranée » et la transcendance des « clivages entre musiques savantes et populaires », situe Bruno Allary ; l’Éolienne, ancienne salle de Noailles et « pôle de création et de développement autour de l’art du conte », dixit sa directrice Claire Leray ; le bureau de production Prodig’art, et la compagnie VBD&CO du mandoliniste Vincent Beer-Demander.

    Une programmation 2026 a déjà été esquissée avec des événements communs à toutes les structures, à commencer par « une traversée jeune public en partenariat avec le festival Babel Minots », les 14 et 15 mars, irriguée par les représentations d’Eh bien dansez maintenant!, du Carnaval des animaux, Des rivages et Un jeune coq. Ce qui n’empêchera pas, par ailleurs, chacune des associations à proposer des rendez-vous propres, parmi lesquels de nombreux concerts et autres résidences d’artistes.

    Programme complet sur www.archipel49.fr

  • [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    [Entretien] Sébastien Cote à Montpellier : « La sécurité, c’est une vraie question de gauche »

    La Marseillaise : Quel bilan dresser en matière de sécurité de ce premier mandat de Michaël Delafosse, placé selon le candidat sous le signe de la coopération  ?

    Sébastien Cote : Lorsque nous arrivons en 2020, le constat que l’on fait, c’est que l’autorité municipale ne parle pas d’autorité judiciaire et ne communique pas avec l’autorité préfectorale ou policière. Donc il y a un vrai enjeu de coordination et de se parler. La première chose a été de renouer le dialogue. Ensuite, il a fallu trouver les outils de la coordination. Les problèmes de sécurité, de sentiment d’insécurité, d’incivilité sont très importants. C’est la première préoccupation des Français. Mais en la matière, on ne peut pas tout faire. Une ville n’a pas tous les pouvoirs. On a donc besoin de se coordonner avec l’État pour que, chacun dans ses responsabilités, on puisse agir. D’où la création de forces nouvelles. Il n’y avait aucun policier dans les transports : nous avons créé la police métropolitaine des transports. Dans le logement social, dans les quartiers populaires, on sait qu’il y avait beaucoup de trafic, beaucoup d’incivilités, beaucoup de casse de voitures, de vols : on a créé la brigade du logement social. Ça décharge la police nationale de certaines choses et elle peut se consacrer davantage aux investigations, à la police judiciaire. Et ça décharge la police municipale qui, elle, peut davantage se consacrer à la régulation de l’espace public.

    Pour quels résultats ?

    S.C. : Globalement, le bilan est très positif. Une récente enquête locataire chez ACM Habitat fait état de 90% de taux de satisfaction des locataires pour l’action du GSRI [pour la Brigade du logement social, Ndlr]. Dans les transports en commun, on a une baisse de 31% des incivilités entre 2019 et 2025. Donc oui, les choses progressent, les choses avancent. Je sais qu’en matière de sécurité ou d’insécurité, les chiffres peuvent varier d’une année à l’autre, surtout quand on généralise la plainte en ligne à partir de l’année 2025. Donc nécessairement, ça peut engendrer des phénomènes d’augmentation de plaintes. Mais globalement, nous sommes bien orientés pour la ville de Montpellier.

    Ce second mandat veut donc s’inscrire dans la continuité, notamment avec le recrutement de 100 agents et le doublement du nombre de caméras vidéo ?

    S.C. : C’est à la fois la continuité et l’amplification, c’est-à-dire 100 effectifs supplémentaires que nous annonçons sur le mandat, à la fois pour le GSRI et la police des transports ou la police municipale. On dit 100, on verra ensuite où est-ce qu’on en a besoin. C’est bien beau d’annoncer des chiffres, mais le but c’est aussi de savoir ce qu’on leur fait faire. La vidéoprotection, on en a besoin. On a aujourd’hui 510 caméras sur la ville de Montpellier. On propose de passer à 1 000 caméras à l’horizon 2032. Pourquoi ? Parce que ça permet de prévenir un certain nombre de délits, ça permet d’accompagner les forces de l’ordre dans leurs opérations et ça permet surtout d’identifier un certain nombre de délinquants lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible et donc de rendre justice aux victimes.

    Pour vous, la sécurité n’est donc pas l’apanage de la droite ?

    S.C. : Je pense que c’est une grave erreur pour la gauche – et c’est ce que nous démontrons avec Michaël Delafosse depuis 2020 – de ne pas se saisir de ces questions-là. Quand je regarde les statistiques, ça fait 6 ans que je travaille sur ces sujets, qui sont les principales victimes ? Les femmes : violences intrafamiliales, outrages sexistes, viols. Ce sont les jeunes, les jeunes dans les quartiers, victimes du narcotrafic. Ce sont les étudiants, ce sont évidemment les enfants, via violences intrafamiliales, ce sont les gens qui habitent les quartiers populaires lorsqu’il y a des émeutes, lorsqu’il y a du deal, lorsqu’il y a des véhicules brûlés. Donc si on ne s’intéresse pas aux questions de sécurité, on leur dit quoi à ces gens-là, à ces femmes, à ces jeunes, à ces gens des quartiers populaires ? Qu’on les abandonne, c’est impossible. Donc oui, je pense que la sécurité, c’est une vraie question de gauche.

  • [En images] « La Marseillaise » sur les marchés des Alpes

    [En images] « La Marseillaise » sur les marchés des Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires. Mention spéciale à Joëlle sur le marché de Digne qui a battu tous les records. Ils devraient atteindre le chiffre de 600 ventes avec les prochains points de rencontre prévus en marge des marchés le 9 février à Forcalquier, le 10 février à Oraison, le 12 février à Gréoux, et enfin le 13 février à Seyne-les-Alpes.