Author: tecnavia

  • « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    La Marseillaise : L’ex-Premier ministre, Sébastien Lecornu affirmait vouloir augmenter les salaires, une des pistes qui revenait était de réduire l’écart entre le salaire brut et net. Maintenant qu’il a démissionné, la CGT est-elle toujours inquiète pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    Jean-Marie Angeli : L’inquiétude est encore plus grande qu’avant ! Soit l’on va revenir devant les urnes, soit on va avoir un énième gouvernement Macron, ce qui ne changera pas le programme. On ne sait tout simplement pas ce que va devenir la sécurité sociale. Il faut d’abord comprendre qu’est-ce que la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le brut, c’est avec les cotisations. C’est vrai que, quand on regarde basiquement un bulletin de salaire, on constate que le brut est plus important que le net. Les salariés se disent donc, de prime abord, que ça serait intéressant de réduire cet écart. Mais il faut avoir en tête ce qui est payé par ces cotisations, notamment la sécurité sociale et l’assurance maladie. Admettons que demain, il n’y ait plus de cotisations, que les employeurs paient au brut, cela implique que les salariés devront prendre une couverture privée. Dont le coût n’aurait à voir avec le coût de ce qui est pris en charge pour la sécurité sociale. La droite et le patronat font croire que gagner une pseudo-augmentation de salaires en rapprochant le brut du net ferait gagner en pouvoir d’achat. Mais ce que les salariés perdraient en cotisations serait remplacé par un système privé qui coûterait beaucoup plus cher. Rappelons donc que la meilleure solution pour augmenter les salaires est… D’augmenter les salaires tout simplement ! La droite, puisque ces propositions de réduction brut-net viennent de là, a depuis des années ce discours issu du grand patronat de dire que « les charges sur les salaires font qu’on ne peut pas augmenter les salaires ». Face à ces discours, il faut là encore rappeler que « ces charges » sont en réalité des cotisations. Et cette année, on est à plus de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations pour les patrons.

    Dans cette optique de réduction de l’écart brut-net, il est évoqué une baisse de la CSG pour une TVA sociale, quelles conséquences potentielles ?

    J.-M.A. : La problématique est que, pour compenser les exonérations de cotisations du patronat, une partie du financement de la sécu a été aspirée dans les impôts. La CGT propose le « 100% sécu » où il n’y a plus d’impôt dans le financement de la sécurité sociale. La CSG est donc supprimable dans cette optique. Mais la question est celle du remplacement de cette entrée de financements si elle est faite par ce gouvernement… Et passer par une TVA sociale, c’est encore une escroquerie. Ce terme est une aberration puisque la TVA est l’impôt le plus inégalitaire, puisque tout le monde la paie. Les propositions mises sur la table reflètent une volonté de faire payer toujours les mêmes : la classe moyenne et les plus pauvres, jamais les patrons. Revenons au fond du problème : Bayrou comme Lecornu évoquent un déficit de 44 milliards de l’État. Ce qu’on demande donc, c’est que l’État se désengage de la sécurité sociale, que les patrons n’aient plus d’exonérations. L’État n’aura donc pas à les compenser. Et c’est à mettre en lien avec le rapport du sénateur Fabien Gay qui fait état d’aides et de subventions à hauteur de centaines de milliards pour les entreprises, aux 100 milliards d’évasion fiscale.

    Que répondez-vous aux travailleurs qui se disent qu’une hausse de salaire est bonne à prendre quoi qu’il arrive ?

    J.-M.A. : Les salariés qui arrivent à avoir des organisations syndicales qui peuvent faire correctement le travail comprennent que c’est un piège, même si c’est de plus en plus compliqué de faire ce travail d’explication. Effectivement, on a un tel niveau de bas salaires, que les travailleurs sont au pied du mur. Et certains se disent « je vais le prendre même si ça me coûte ». Il faut bien rappeler que c’est une illusion et qu’en réalité, la hausse des salaires ne dépend que d’une volonté politique. L’argent est là et la vraie question est celle de la répartition des richesses.

  • « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    La Marseillaise : L’ex-Premier ministre, Sébastien Lecornu affirmait vouloir augmenter les salaires, une des pistes qui revenait était de réduire l’écart entre le salaire brut et net. Maintenant qu’il a démissionné, la CGT est-elle toujours inquiète pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    Jean-Marie Angeli : L’inquiétude est encore plus grande qu’avant ! Soit l’on va revenir devant les urnes, soit on va avoir un énième gouvernement Macron, ce qui ne changera pas le programme. On ne sait tout simplement pas ce que va devenir la sécurité sociale. Il faut d’abord comprendre qu’est-ce que la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le brut, c’est avec les cotisations. C’est vrai que, quand on regarde basiquement un bulletin de salaire, on constate que le brut est plus important que le net. Les salariés se disent donc, de prime abord, que ça serait intéressant de réduire cet écart. Mais il faut avoir en tête ce qui est payé par ces cotisations, notamment la sécurité sociale et l’assurance maladie. Admettons que demain, il n’y ait plus de cotisations, que les employeurs paient au brut, cela implique que les salariés devront prendre une couverture privée. Dont le coût n’aurait à voir avec le coût de ce qui est pris en charge pour la sécurité sociale. La droite et le patronat font croire que gagner une pseudo-augmentation de salaires en rapprochant le brut du net ferait gagner en pouvoir d’achat. Mais ce que les salariés perdraient en cotisations serait remplacé par un système privé qui coûterait beaucoup plus cher. Rappelons donc que la meilleure solution pour augmenter les salaires est… D’augmenter les salaires tout simplement ! La droite, puisque ces propositions de réduction brut-net viennent de là, a depuis des années ce discours issu du grand patronat de dire que « les charges sur les salaires font qu’on ne peut pas augmenter les salaires ». Face à ces discours, il faut là encore rappeler que « ces charges » sont en réalité des cotisations. Et cette année, on est à plus de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations pour les patrons.

    Dans cette optique de réduction de l’écart brut-net, il est évoqué une baisse de la CSG pour une TVA sociale, quelles conséquences potentielles ?

    J.-M.A. : La problématique est que, pour compenser les exonérations de cotisations du patronat, une partie du financement de la sécu a été aspirée dans les impôts. La CGT propose le « 100% sécu » où il n’y a plus d’impôt dans le financement de la sécurité sociale. La CSG est donc supprimable dans cette optique. Mais la question est celle du remplacement de cette entrée de financements si elle est faite par ce gouvernement… Et passer par une TVA sociale, c’est encore une escroquerie. Ce terme est une aberration puisque la TVA est l’impôt le plus inégalitaire, puisque tout le monde la paie. Les propositions mises sur la table reflètent une volonté de faire payer toujours les mêmes : la classe moyenne et les plus pauvres, jamais les patrons. Revenons au fond du problème : Bayrou comme Lecornu évoquent un déficit de 44 milliards de l’État. Ce qu’on demande donc, c’est que l’État se désengage de la sécurité sociale, que les patrons n’aient plus d’exonérations. L’État n’aura donc pas à les compenser. Et c’est à mettre en lien avec le rapport du sénateur Fabien Gay qui fait état d’aides et de subventions à hauteur de centaines de milliards pour les entreprises, aux 100 milliards d’évasion fiscale.

    Que répondez-vous aux travailleurs qui se disent qu’une hausse de salaire est bonne à prendre quoi qu’il arrive ?

    J.-M.A. : Les salariés qui arrivent à avoir des organisations syndicales qui peuvent faire correctement le travail comprennent que c’est un piège, même si c’est de plus en plus compliqué de faire ce travail d’explication. Effectivement, on a un tel niveau de bas salaires, que les travailleurs sont au pied du mur. Et certains se disent « je vais le prendre même si ça me coûte ». Il faut bien rappeler que c’est une illusion et qu’en réalité, la hausse des salaires ne dépend que d’une volonté politique. L’argent est là et la vraie question est celle de la répartition des richesses.

  • « Censure systématique » pour l’extrême droite

    « Censure systématique » pour l’extrême droite

    Le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) « censureront systématiquement tout gouvernement » jusqu’à la dissolution ou la démission du chef de l’État, a affirmé lundi Éric Ciotti à l’issue d’une réunion de l’intergroupe entre ses députés de l’Union des droites pour la République (UDR), son parti, et le RN.

    C’est le député des Alpes-Maritimes qui a pris la parole en fin de journée en clamant « pour arrêter cette mascarade ridicule, il faut retourner aux urnes et il faut le faire le plus vite possible ». Plus tôt dans la journée, les deux chefs de file du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont appelé lundi Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que le chef de l’État avait aussi le choix de démissionner.

    « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a réagi Jordan Bardella tôt le matin en arrivant au siège de son parti pour une réunion. Elle est même « absolument incontournable », a abondé la cheffe de file du RN Marine Le Pen, à son arrivée.

    Interrogée par les journalistes, elle n’a pas non plus écarté l’hypothèse d’une démission du chef de l’État : « je n’ai pas à l’appeler à le faire. S’il prend la décision de le faire je pense que ce serait une décision, là encore, sage », a répondu la patronne de l’extrême droite. « Je pense que si nous attendons encore, il n’aura pas d’autre choix », a également estimé Jordan. Bardella après la réunion au siège du parti.

    Marine Le Pen a en outre balayé les hypothèses d’un nouveau gouvernement : « on est au bout du chemin, il faut arrêter. Ministres de droite, ministres de gauche, on arrête, et ce sont les Français qui vont décider », a-t-elle insisté. Sans préciser évidemment que c’est moins le pays que la possibilité de permettre à Marine Le Pen de participer à la présidentielle de 2027 qui motive l’analyse. La stratégie à peine voilée de son parti est en effet d’aligner élections législatives anticipées et accession à Matignon pour… lancer une loi d’amnistie, annulant l’exécution provisoire de l’inéligibilité.

  • « Censure systématique » pour l’extrême droite

    Le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) « censureront systématiquement tout gouvernement » jusqu’à la dissolution ou la démission du chef de l’État, a affirmé lundi Éric Ciotti à l’issue d’une réunion de l’intergroupe entre ses députés de l’Union des droites pour la République (UDR), son parti, et le RN.

    C’est le député des Alpes-Maritimes qui a pris la parole en fin de journée en clamant « pour arrêter cette mascarade ridicule, il faut retourner aux urnes et il faut le faire le plus vite possible ». Plus tôt dans la journée, les deux chefs de file du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont appelé lundi Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que le chef de l’État avait aussi le choix de démissionner.

    « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a réagi Jordan Bardella tôt le matin en arrivant au siège de son parti pour une réunion. Elle est même « absolument incontournable », a abondé la cheffe de file du RN Marine Le Pen, à son arrivée.

    Interrogée par les journalistes, elle n’a pas non plus écarté l’hypothèse d’une démission du chef de l’État : « je n’ai pas à l’appeler à le faire. S’il prend la décision de le faire je pense que ce serait une décision, là encore, sage », a répondu la patronne de l’extrême droite. « Je pense que si nous attendons encore, il n’aura pas d’autre choix », a également estimé Jordan. Bardella après la réunion au siège du parti.

    Marine Le Pen a en outre balayé les hypothèses d’un nouveau gouvernement : « on est au bout du chemin, il faut arrêter. Ministres de droite, ministres de gauche, on arrête, et ce sont les Français qui vont décider », a-t-elle insisté. Sans préciser évidemment que c’est moins le pays que la possibilité de permettre à Marine Le Pen de participer à la présidentielle de 2027 qui motive l’analyse. La stratégie à peine voilée de son parti est en effet d’aligner élections législatives anticipées et accession à Matignon pour… lancer une loi d’amnistie, annulant l’exécution provisoire de l’inéligibilité.

  • Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Nomination d’un nouveau Premier ministre ? Nouvelle dissolution de l’Assemblée et élections législatives ? Démission du président de la République ? Ou bien destitution ? Quatre scénarios (lire ci-contre) étaient sur la table après la démission, lundi matin, de Sébastien Lecornu. Le président Emmanuel Macron était de nouveau en première ligne, plus isolé que jamais. On l’a vu errer seul, en discussion au téléphone sur les bords de Seine, à la sortie d’une répétition de la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter prévue jeudi… Mais la farce est décidément longue.

    En fin d’après-midi, l’Élysée indiquait que le président de la République avait confié au Premier ministre démissionnaire « la responsabilité de mener, d’ici mercredi soir, d’ultimes négociations afin de définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Un « blablatage » linguistique signifiant que Sébastien Lecornu était chargé de former un nouveau gouvernement. Une mission que ce dernier a acceptée. Il doit rencontrer, ce mardi à Matignon, les leaders du centre et de la droite…

    Lemaire se retire

    L’option de la reconduction de Sébastien Lecornu avait pris du poids au fil de la journée, alimentée par un post de Bruno Lemaire sur le réseau social X indiquant son renoncement à participer au gouvernement démissionnaire. « J’ai proposé en fin de matinée au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre » écrivait-il, en affirmant « souhaite(r) que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement dont la France a besoin ».

    Dans l’après-midi, le Premier ministre démissionnaire avait quitté l’Élysée après un nouvel entretien avec Emmanuel Macron avant de se rendre au Sénat pour s’y entretenir avec son président LR, Gérard Larcher. Les mots échangés dans la matinée entre partenaires d’un socle commun de la droite et du centre qui volait en éclat, ont été rudes. Ridicules surtout, à l’image de cet exécutif n’ayant vécu qu’une quinzaine d’heures et qui restera dans l’histoire comme le plus éphémère de la Ve République.

    Tôt dans la matinée, le Premier ministre avait remis sa démission à Emmanuel Macron. Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu avait dévoilé, la veille, une partie de son gouvernement et devait prononcer, ce mardi, sa déclaration de politique générale à l’Assemblée. « Les conditions n’étaient plus remplies », expliquait alors ce dernier sur le parvis de Matignon, admettant un manque de fluidité dans la composition d’une équipe gouvernementale qui lui a pris 26 jours. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Tout sauf la gauche

    Et d’expliquer cette situation par le refus des formations politiques de « voir les changements et la rupture profonde » liée à la promesse de ne pas passer en force par le 49.3 et le fait qu’elles « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission », a-t-il martelé, avant de se montrer plus critique en pointant « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire à Bruno Retailleau, même s’il ne le citera jamais.

    Le ministre de l’Intérieur et président des Républicains avait précipité sa chute, la veille, en remettant en cause la participation de son parti au gouvernement, après l’avoir acceptée et âprement défendue, à travers un post sur le réseau social X déplorant que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise ». « On se retrouve avec des chevaux de retour », s’est encore justifié Retailleau, lundi au 13h de TF1 (lire ci-contre), moins offusqué par la reconduction de huit ministres de son écurie qui ne pèse que 50 députés, dont sept apparentés, à l’Assemblée.

    Ne se sentant pas « du tout » responsable de la démission du Premier ministre, le patron des LR assurait que celui-ci lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire (ex-LR) » comme ministre des Armées. « Un problème de confiance ». « Hors de question » en revanche pour lui de « cautionner un Premier ministre de gauche. » Tout sauf de gauche. Sans doute la conclusion de dix ans de macronisme ayant mystifié beaucoup de Français dans un illusoire « ni de droite, ni de gauche ».

    Attal « ne comprend plus » le Président
    Gabriel Attal, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron et président du parti présidentiel Renaissance, a déclaré lundi soir sur TF1, que « comme beaucoup de Français », il « ne comprend plus les décisions du président de la République » qui « donnent le sentiment d’une forme d’acharnement à vouloir garder la main ». « Il faut maintenant partager le pouvoir », a-t-il ajouté, appelant à « un ou plusieurs négociateurs indépendants pour arriver à un compromis sur le budget et ensuite nommer un gouvernement ». S.D.
    12h
    C’est la durée du gouvernement Lecornu (Ren), éphémère Premier ministre (27 jours) d’Emmanuel Macron. Le 3e en moins d’un an après Michel Barnier (LR) et François Bayrou (Modem), et le 5e depuis la réélection du président de la République en mai 2022.
  • Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Nomination d’un nouveau Premier ministre ? Nouvelle dissolution de l’Assemblée et élections législatives ? Démission du président de la République ? Ou bien destitution ? Quatre scénarios (lire ci-contre) étaient sur la table après la démission, lundi matin, de Sébastien Lecornu. Le président Emmanuel Macron était de nouveau en première ligne, plus isolé que jamais. On l’a vu errer seul, en discussion au téléphone sur les bords de Seine, à la sortie d’une répétition de la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter prévue jeudi… Mais la farce est décidément longue.

    En fin d’après-midi, l’Élysée indiquait que le président de la République avait confié au Premier ministre démissionnaire « la responsabilité de mener, d’ici mercredi soir, d’ultimes négociations afin de définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Un « blablatage » linguistique signifiant que Sébastien Lecornu était chargé de former un nouveau gouvernement. Une mission que ce dernier a acceptée. Il doit rencontrer, ce mardi à Matignon, les leaders du centre et de la droite…

    Lemaire se retire

    L’option de la reconduction de Sébastien Lecornu avait pris du poids au fil de la journée, alimentée par un post de Bruno Lemaire sur le réseau social X indiquant son renoncement à participer au gouvernement démissionnaire. « J’ai proposé en fin de matinée au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre » écrivait-il, en affirmant « souhaite(r) que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement dont la France a besoin ».

    Dans l’après-midi, le Premier ministre démissionnaire avait quitté l’Élysée après un nouvel entretien avec Emmanuel Macron avant de se rendre au Sénat pour s’y entretenir avec son président LR, Gérard Larcher. Les mots échangés dans la matinée entre partenaires d’un socle commun de la droite et du centre qui volait en éclat, ont été rudes. Ridicules surtout, à l’image de cet exécutif n’ayant vécu qu’une quinzaine d’heures et qui restera dans l’histoire comme le plus éphémère de la Ve République.

    Tôt dans la matinée, le Premier ministre avait remis sa démission à Emmanuel Macron. Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu avait dévoilé, la veille, une partie de son gouvernement et devait prononcer, ce mardi, sa déclaration de politique générale à l’Assemblée. « Les conditions n’étaient plus remplies », expliquait alors ce dernier sur le parvis de Matignon, admettant un manque de fluidité dans la composition d’une équipe gouvernementale qui lui a pris 26 jours. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Tout sauf la gauche

    Et d’expliquer cette situation par le refus des formations politiques de « voir les changements et la rupture profonde » liée à la promesse de ne pas passer en force par le 49.3 et le fait qu’elles « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission », a-t-il martelé, avant de se montrer plus critique en pointant « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire à Bruno Retailleau, même s’il ne le citera jamais.

    Le ministre de l’Intérieur et président des Républicains avait précipité sa chute, la veille, en remettant en cause la participation de son parti au gouvernement, après l’avoir acceptée et âprement défendue, à travers un post sur le réseau social X déplorant que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise ». « On se retrouve avec des chevaux de retour », s’est encore justifié Retailleau, lundi au 13h de TF1 (lire ci-contre), moins offusqué par la reconduction de huit ministres de son écurie qui ne pèse que 50 députés, dont sept apparentés, à l’Assemblée.

    Ne se sentant pas « du tout » responsable de la démission du Premier ministre, le patron des LR assurait que celui-ci lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire (ex-LR) » comme ministre des Armées. « Un problème de confiance ». « Hors de question » en revanche pour lui de « cautionner un Premier ministre de gauche. » Tout sauf de gauche. Sans doute la conclusion de dix ans de macronisme ayant mystifié beaucoup de Français dans un illusoire « ni de droite, ni de gauche ».

    Attal « ne comprend plus » le Président
    Gabriel Attal, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron et président du parti présidentiel Renaissance, a déclaré lundi soir sur TF1, que « comme beaucoup de Français », il « ne comprend plus les décisions du président de la République » qui « donnent le sentiment d’une forme d’acharnement à vouloir garder la main ». « Il faut maintenant partager le pouvoir », a-t-il ajouté, appelant à « un ou plusieurs négociateurs indépendants pour arriver à un compromis sur le budget et ensuite nommer un gouvernement ». S.D.
    12h
    C’est la durée du gouvernement Lecornu (Ren), éphémère Premier ministre (27 jours) d’Emmanuel Macron. Le 3e en moins d’un an après Michel Barnier (LR) et François Bayrou (Modem), et le 5e depuis la réélection du président de la République en mai 2022.
  • La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.

    Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.

    LFI pousse pour sa motion de destitution de Macron

    Dans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.

    L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.

    Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »

    Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »

    à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.

    Matignon ou les urnes

    « La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».

    La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.

  • La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.

    Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.

    LFI pousse pour sa motion de destitution de Macron

    Dans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.

    L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.

    Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »

    Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »

    à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.

    Matignon ou les urnes

    « La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».

    La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.

  • Bruno Retailleau, à la tête d’un bateau ivre

    Bruno Retailleau, à la tête d’un bateau ivre

    Il a voulu jouer les fiers à bras, il s’est fait couper l’herbe sous le pied. Lundi, le patron de LR n’a pas eu le temps de réunir le comité stratégique de son parti pour mettre une nouvelle pression sur Sébastien Lecornu que ce dernier avait démissionné. Après un surprenant silence sur les réseaux sociaux alors qu’il avait lui-même déclenché le séisme politique par son tweet de la veille, c’est au JT de 13h sur TF1 que Bruno Retailleau a pris la parole. Ne se considérant « pas du tout responsable » de la démission de Sébastien Lecornu, refusant de « basculer dans l’opposition » et considérant qu’il restait « d’autres moyens que la dissolution », il a déroulé un discours poussif, notamment articulé sur le fait que le Premier ministre lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire » comme ministre des Armées, ce qui pose « un problème de confiance ».

    L’épisode révèle la difficulté d’un parti qui a vu ses troupes décimées par Macron ou l’extrême droite et qui se déchire encore. Bruno Retailleau aimait à croire que la déroute de 2017 était une page définitivement tournée et que le très léger gain de députés aux dernières élections de 2024 augurait d’un retour en grâce. Que sa victoire contre Laurent Wauquiez pour la tête du parti avait assis son autorité. Il n’en est rien.

    Comme on avait pu le pressentir quand certains d’entre eux n’ont pas voté la confiance à François Bayrou, malgré la présence de Retailleau à l’Intérieur. Comme on a pu le voir dimanche avec les oppositions à la participation au gouvernement. Laurent Wauquiez a montré qu’il pouvait encore peser. Comme le maire de Cannes, David Lisnard, qui a même rapidement mis son départ dans la balance. Ou encore, Nicolas Sarkozy. L’ex-président, récemment condamné à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, a fait savoir qu’il avait dit à Laurent Wauquiez : « Ta position était la bonne. » De bras de fer en renoncements, le navire des Républicains semble plus que jamais en perdition.

  • Bruno Retailleau, à la tête d’un bateau ivre

    Il a voulu jouer les fiers à bras, il s’est fait couper l’herbe sous le pied. Lundi, le patron de LR n’a pas eu le temps de réunir le comité stratégique de son parti pour mettre une nouvelle pression sur Sébastien Lecornu que ce dernier avait démissionné. Après un surprenant silence sur les réseaux sociaux alors qu’il avait lui-même déclenché le séisme politique par son tweet de la veille, c’est au JT de 13h sur TF1 que Bruno Retailleau a pris la parole. Ne se considérant « pas du tout responsable » de la démission de Sébastien Lecornu, refusant de « basculer dans l’opposition » et considérant qu’il restait « d’autres moyens que la dissolution », il a déroulé un discours poussif, notamment articulé sur le fait que le Premier ministre lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire » comme ministre des Armées, ce qui pose « un problème de confiance ».

    L’épisode révèle la difficulté d’un parti qui a vu ses troupes décimées par Macron ou l’extrême droite et qui se déchire encore. Bruno Retailleau aimait à croire que la déroute de 2017 était une page définitivement tournée et que le très léger gain de députés aux dernières élections de 2024 augurait d’un retour en grâce. Que sa victoire contre Laurent Wauquiez pour la tête du parti avait assis son autorité. Il n’en est rien.

    Comme on avait pu le pressentir quand certains d’entre eux n’ont pas voté la confiance à François Bayrou, malgré la présence de Retailleau à l’Intérieur. Comme on a pu le voir dimanche avec les oppositions à la participation au gouvernement. Laurent Wauquiez a montré qu’il pouvait encore peser. Comme le maire de Cannes, David Lisnard, qui a même rapidement mis son départ dans la balance. Ou encore, Nicolas Sarkozy. L’ex-président, récemment condamné à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, a fait savoir qu’il avait dit à Laurent Wauquiez : « Ta position était la bonne. » De bras de fer en renoncements, le navire des Républicains semble plus que jamais en perdition.