Author: tecnavia

  • Quand des vies simples deviennent poétiques

    « J’ai versé ma larme », confie Raymonde, 85 ans, en découvrant sa vie racontée par un autre. Ce mardi 16 septembre, l’association la Table ouverte recevait habitants, bénévoles et curieux pour présenter Raconte-moi ton histoire, un ouvrage écrit par Denis Lanoy, directeur de la Maison théâtre des littératures à voix haute.

    Fruit de huit rencontres, ce recueil rassemble neuf dialogues, retranscrits au plus près de l’oralité. Des existences parfois minuscules en apparence, mais qui, à travers les mots, révèlent une richesse insoupçonnée. Sous les voûtes du train, au cœur des nouveaux lieux d’entraide créés par la Table ouverte – épicerie sociale, friperie, ressourcerie – les participants ont écouté l’auteur lire des extraits. « C’est dans les interstices et les silences de nos rencontres que naît la poésie », sourit Denis Lanoy, qui dit avoir voulu restituer la force brute de l’oral.

    « On s’est parfois raconté des choses qu’on ne se serait pas dites sinon », observe Pietro Truddaiu, président de l’association. Lui-même a dialogué avec Lou, un jeune handballeur : « Je n’avais jamais vu de match, depuis, je suis allé trois fois voir l’Usam », plaisante-t-il. Une rencontre féconde : le club nîmois s’est engagé à soutenir Table ouverte en organisant des collectes. Mais au-delà de cette belle complicité, le livre témoigne d’un projet
    qui mobilise largement. Institutions, associations et habitants ont uni leurs forces pour le rendre possible : la CAF a apporté son soutien, tandis que la Politique de la ville, à travers la Ville, le Département et l’État, a contribué à son financement.

    À travers ce livre, l’association poursuit son travail d’ouverture, de lutte contre l’isolement et de création de passerelles. « L’homme ne se nourrit pas que de pain », insiste Pietro Truddaiu, rappelant que ce projet s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large : spectacles, cinéma de plein air, expositions, sorties collectives… « On veut aider à sortir de ces journées grises qui parfois se résument à se nourrir, le loyer, le chômage. » Deux lectures publiques ont déjà permis à d’autres de découvrir l’ouvrage à la Maison théâtre des littératures à voix haute. D’autres sont prévues en décembre, dans le quartier Richelieu.

    * L’ouvrage est disponible à l’association, Arche n°3 du boulevard Talabot (éditions Sansouire, 5 euros)

  • À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    La tête de liste du collectif « Nouvelle Page » ne sera connue qu’à l’issue de la votation citoyenne du 11 octobre. Mais les communistes ont déjà débuté la campagne municipale.

    Les sections PCF de Sète, Frontignan, Balaruc, Mèze, Nord Bassin de Thau viennent de rédiger une lettre à destination de la population qui sera distribuée par les militants dans les prochaines semaines.

    Parmi les cinq grandes thématiques que les communistes du Bassin de Thau entendent placer au cœur de la campagne municipale, figure l’eau. Tandis que les contrats de délégation de service public arrivent à terme en 2026 ou 2027, le PCF milite pour un passage de l’or bleu en régie publique. « Les tarifs sont plus attractifs pour les usagers et cela permet de réinvestir l’argent dans l’entretien des réseaux plutôt que de rémunérer les actionnaires », argumente Jonathan Level, secrétaire de la section sétoise. François Liberti précise que des rencontres ont déjà eu lieu avec des maires ainsi que des réunions publiques à Mèze, Sète, Frontignan, Balaruc ou Montbazin. Selon l’ancien maire PCF de Sète, la privatisation de l’eau, bien commun, engendre des « errements » en matière de transparence et de facturation de l’ordre de +25%.

    Relier Sète à Mèze en bateau toute l’année

    Seconde proposition inspirée de Montpellier : la gratuité des transports en commun. « Il faut aussi revoir le plan de circulation sur l’agglo. Depuis la fusion, des quartiers sont mal desservis. Et pourquoi ne pas instaurer un transport en bateau sur l’étang pour relier Sète à Mèze toute l’année ? », illustre Jonathan Level. À contre-courant du très contesté parking souterrain de la place Aristide-Briand, le communiste milite pour des parkings de délestage aux entrées de ville avec navettes gratuites afin de « limiter les bouchons ». Une mesure qui va de pair avec un projet d’entrée Est « à repenser vers plus de foncier en faveur des activités économiques ». Enfin, le logement est identifié comme un point noir à Sète. Le secrétaire de section veut lutter contre la spéculation immobilière et pousser à la construction de « logements sociaux et d’habitats à prix accessibles à tous ».

  • À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    La tête de liste du collectif « Nouvelle Page » ne sera connue qu’à l’issue de la votation citoyenne du 11 octobre. Mais les communistes ont déjà débuté la campagne municipale.

    Les sections PCF de Sète, Frontignan, Balaruc, Mèze, Nord Bassin de Thau viennent de rédiger une lettre à destination de la population qui sera distribuée par les militants dans les prochaines semaines.

    Parmi les cinq grandes thématiques que les communistes du Bassin de Thau entendent placer au cœur de la campagne municipale, figure l’eau. Tandis que les contrats de délégation de service public arrivent à terme en 2026 ou 2027, le PCF milite pour un passage de l’or bleu en régie publique. « Les tarifs sont plus attractifs pour les usagers et cela permet de réinvestir l’argent dans l’entretien des réseaux plutôt que de rémunérer les actionnaires », argumente Jonathan Level, secrétaire de la section sétoise. François Liberti précise que des rencontres ont déjà eu lieu avec des maires ainsi que des réunions publiques à Mèze, Sète, Frontignan, Balaruc ou Montbazin. Selon l’ancien maire PCF de Sète, la privatisation de l’eau, bien commun, engendre des « errements » en matière de transparence et de facturation de l’ordre de +25%.

    Relier Sète à Mèze en bateau toute l’année

    Seconde proposition inspirée de Montpellier : la gratuité des transports en commun. « Il faut aussi revoir le plan de circulation sur l’agglo. Depuis la fusion, des quartiers sont mal desservis. Et pourquoi ne pas instaurer un transport en bateau sur l’étang pour relier Sète à Mèze toute l’année ? », illustre Jonathan Level. À contre-courant du très contesté parking souterrain de la place Aristide-Briand, le communiste milite pour des parkings de délestage aux entrées de ville avec navettes gratuites afin de « limiter les bouchons ». Une mesure qui va de pair avec un projet d’entrée Est « à repenser vers plus de foncier en faveur des activités économiques ». Enfin, le logement est identifié comme un point noir à Sète. Le secrétaire de section veut lutter contre la spéculation immobilière et pousser à la construction de « logements sociaux et d’habitats à prix accessibles à tous ».

  • Roberto De Zerbi satisfait sur toute la ligne

    Roberto De Zerbi satisfait sur toute la ligne

    Voir l’OM s’imposer 0 – 3 à Saint-Symphorien a conforté Roberto De Zerbi dans l’idée qu’il vit en ce moment «ce qui est ma meilleur période depuis que je suis à Marseille.» Dans un match «que nous aurions sans doute perdu la saison dernière», il salue l’attitude collective de ses joueurs «qui ont su faire preuve de patience et montrer de la détermination devant le but» souligne-t-il.

    Par rapport au onze de départ face à l’Ajax mardi, il a apporté de nouvelles retouches. La principale étant la titularisation de Robinio Vaz. «Je l’ai choisi parce qu’il est capable d’aller chercher la profondeur et, face à une défense à cinq, de fixer les trois axiaux adverses.» Roberto De Zerbi avait donc mis sur le banc Pierre-Emerick Aubameyang et Amine Gouiri. Le premier n’est pas entré en jeu. Quant au second, il s’est montré décisif.

    «Si Amine n’a pas débuté, c’est par choix tactique» rappelle Roberto De Zerbi. Mais une fois entré en jeu, l’international Algérien a répondu aux attentes de son entraîneur, avec une passe décisive et un but. «Il n’avait rien à prouver et j’ai toujours été satisfait de ses prestations» confie l’entraîneur olympien.

    De cette victoire à Metz, la quatrième à la suite en Ligue 1, il retient que ses joueurs «ont tout bien fait, même en première période. Cette victoire montre que nous avons gagné en maturité

  • L’OM intraitable à Metz

    L’OM intraitable à Metz

    Les Olympiens le savaient. Rendre visite au dernier de la classe ne serait pas une partie de plaisir. Le scénario du match à Metz l’a démontré. Car ce n’est qu’après un long travail de sape de plus d’une mi-temps que les Phocéens ont fini par voir leurs efforts récompensés.

    Face à un collectif lorrain qui s’est recroquevillé devant son but, l’OM a dû se lancer dans un travail de sape de longue haleine. Pour préparer le terrain, Roberto De Zerbi misait sur le culot de Robinio Vaz. Préféré à Amine Gouiri ou Pierre-Emerick Aubameyang, il a passé la première période à peser sur une défense messine souvent proche du point de rupture.

    Monopolisant le ballon, les Olympiens n’arrivaient pas à concrétiser leur supériorité. Même lorsque Jonathan Fischer semblait trompé par Mason Greenwood, le montant gauche venait en aide au gardien lorrain (30). Alors que Robinio Vaz manquait de puissance pour conclure sur une action de passe à dix marseillaise, dans la surface mosellane (38).

    C’est après la pause que l’OM allait enfin être récompensé. Après que Mason Greenwood ait touché la transversale de Jonathan Fischer, Igor Paixão, tenu en échec une première fois, prenait sa revanche sur le gardien danois du FC Metz, en ouvrant le score avec la complicité de Sadibou Sané. Un premier coin était enfoncé dans le système messin. Un second le sera quelques minutes plus tard, par Matt O’Riley, plaçant l’OM sur la voie royale. Avant qu’Amine Gouiri n’ouvre enfin son compteur but.

    Le succès obtenu en Lorraine permet aux Marseillais d’envoyer un nouveau signal. Avec trois points supplémentaires, ils reprennent la tête de la Ligue 1. En attendant les prestations de Lyon et du PSG, qui joueront contre Toulouse et Lille dimanche, les hommes de Roberto De Zerbi imposent leur rythme à leurs rivaux.

    METZ – OM 0 – 3 (0 – 0)

    7è journée de Ligue 1

    Stade Saint-Symphorien (25 000 spectateurs environ).

    Arbitre : C. Turpin.

    Buts : Paixão (51), O’Riley (69), Gouiri (76).

    METZ : Fischer – Sané, Yegbé, Gbamin (Colin, 21) – Kouao, Traoré, Deminguet (Touré, 79), Ballo-Touré (Tsitaïshvili, 79) – Hein ( c ), Diallo (Madjo, 79), Sabaly.

    Entraîneur : S. le Mignan.

    OM – Rulli – Weah (Murillo, 80), Pavard, Aguerd, Emerson – O’Riley (Vermeeren, 85) Gomes (Balerdi, 63), Höjbjerg ( c ) – Greenwood, Vaz (Gouiri, 63), Paixão (Nadir, 80).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

  • Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    De la Mosson à la Mosson. Depuis 2014 et les inondations dévastatrices de la Mosson, rivière éponyme, qui borde le stade, Montpellier va de projet de déménagement en projet de déménagement pour s’inscrire dans la modernité du football du XXIe siècle. Il a imaginé un stade Louis-Nicollin novateur dans le quartier Cambacérès, à proximité d’Odysseum, de la nouvelle gare, de l’autoroute…

    à défaut de ce site idéal, Laurent Nicollin et toute son équipe ont envisagé une implantation sur le site d’Ode à la mer, puis plus récemment aux abords du Parc des Expos. Par la faute de normes aériennes, du renoncement de la Banque des territoires ou de volonté politique, la porte s’est refermée.

    Mercredi 1er octobre, sur le parvis du stade de la Mosson, en marge de la photo officielle, le président du MHSC a acté le retour à la case départ au côté du maire Michaël Delafosse, désireux d’engager des travaux de rénovation du stade et de poursuivre la transformation du quartier. « Dans la vie, j’ai toujours estimé que c’était important pour le club d’avoir un nouvel outil pour pouvoir développer et pérenniser le club. On ne va pas s’arc-bouter et s’entêter à faire des projets qui ne sont pas possibles sur le plan financier. Dans la vie, quand tu peux t’acheter une baguette de pain, tu n’en achètes pas quatre. Il y a des choses qui sont possibles de faire, d’autres qui ne sont pas possibles. C’est une déception d’autant que le groupe [Nicollin, Ndlr] a mis beaucoup d’argent », constate Laurent Nicollin, qui vient par ailleurs de vendre la section féminine à un groupe anglais : Crux Football, fondée par Bex Smith (lire aussi ci-contre).

    À six mois des prochaines municipales (15 et 22 mars), le maire Michaël Delafosse reprend l’affaire en main et veut rénover le stade de la Mosson, « dans son jus » depuis 1998 et l’accueil de la Coupe du monde de football. Sans évoquer le montant de l’investissement nécessaire, il veut remettre à neuf cette enceinte, enclavée au bout du quartier de la Paillade.

    « On doit être au côté

    du club »

    « On doit être au côté du club et de la famille Nicollin. Cela consiste à porter un projet ambitieux pour accompagner le projet sportif du club. Ce stade est dans son jus depuis 98. à l’exception des loges et de la pelouse, il n’y a pas eu d’investissement. Il va donc y avoir des investissements sur le stade. Il y a le stade en lui-même, et puis il faut donner à nos supporters, à nos spectateurs une expérience. Il faut que ça devienne un lieu de vie. Donc, on va épaissir 15 000 mètres carrés. On va écouter les demandes du club pour voir comment ils peuvent mieux recevoir pour accompagner le modèle économique du club. Évidemment, on va se lancer dans ce projet-là qui s’inscrit dans la transformation du quartier », détaille Michaël Delafosse.

    Développement de surfaces commerciales, de bars, recalibrage de l’avenue Heidelberg, pour créer un espace sécurisé pour accéder au stade en famille, création d’un parking relais, connecté avec la ligne 3 et la ligne 1 du tramway, mais aussi le futur COM (contournement Ouest de Montpellier) sont autant d’idées émises par Michaël Delafosse pour aboutir à l’horizon 2030.

    Seulement, le stade est exposé au risque d’inondation dans un monde en plein dérèglement climatique. Le 31 mai 2017, sa candidature pour être le site d’accueil du Mondial de rugby avait été recalée au bénéfice de Nice, hôte de l’Euro 2016 et du Mondial 2023.

    Il y a quelques semaines, le maire de Pérols Jean-Pierre Rico, furieux face à l’abandon du projet au Parc des Expos, avait mis en garde. « Conserver le stade à la Mosson, c’est tuer le MHSC. Je ne voterai pas, dans la prochaine mandature, pour jeter 70M d’euros dans un stade qui est en zone inondable. »

    La Métropole a engagé des études hydrauliques pour effectuer les travaux nécessaires et répondre à « la vulnérabilité inondation du stade ».

    À six mois du scrutin municipal, le maire de Montpellier, entouré de Christian Assaf et Hervé Martin, respectivement en charge des sports à la Métropole et à la mairie, étouffe presque dans l’œuf le probable débat autour de la Mosson. Sur son aile gauche, les Verts de Jean-Louis Roumégas, LFI de Nathalie Oziol ou le groupe d’opposition de la Mupes, présidé par Alenka Doulain, plaident tous pour rester à la Mosson. Et si, tout comme son illustre prédécesseur Georges Frêche, Michaël Delafosse n’avait jamais voulu quitter la Mosson ?

    Au fond, la rénovation du stade réjouit la gauche. Laurent Nicollin, peut-être un peu moins.

  • La Confédération célèbre l’agriculture paysanne

    La Confédération célèbre l’agriculture paysanne

    Cette année, le syndicat agricole a souhaité changer le nom de son traditionnel rendez-vous automnal en l’appelant la Fête de l’agriculture paysanne pour « laisser plus de place et de visibilité à l’Addearg du Gard et à Solidarité Paysans 30 qui œuvrent à l’installation, la transmission et au maintien d’une agriculture paysanne gardoise ».

    Cette année, l’Addearg (Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural du Gard) et Solidarité Paysans 30 (un réseau qui aide les agriculteurs en difficulté) s’associent donc à la Conf’ paysanne pour l’organisation de cette fête qui se déroule au foyer communal de Garrigues Sainte-Eulalie, petite commune à trente minutes au nord de Nîmes.

    Les animations à 14h avec une ferme pédagogique et différents ateliers découvertes et initiation. Une animation suivra (14h30) par l’Addearg sur les transmissions des exploitations liées aux nombreux départs à la retraite dans l’agriculture. Un loto paysan sera organisé à 16h pour soutenir la Conf’ avant l’apéro, suivi de concerts et d’un karaoké organisé par le groupe « Mange pas le micro ».

    Le lendemain, la fête s’ouvre à 9h sur un marché paysan, un forum associatif, une ferme pédagogique, un parc de jeux en bois pour les enfants et l’élection de la « 6e cuvée du fruit des luttes ». Une table ronde sera ensuite organisée (10-12h) sur l’installation agricole en présence de Cécile Gazo, doctorante en sociologie de l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse. Après le repas paysan*, la chorale militante les Simones (14h) et la Criée d’Adi la messagère (15h) animeront l’après-midi. Tout le week-end, des foodtrucks et une buvette seront aussi disponibles sur place.

    * Réservation au 06.31.13.73.76

  • Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    De nombreuses initiatives avaient été prises auparavant pour ne citer que les assurances sociales mises en place en 1930. Ce fut le premier régime obligatoire mettant le patronat à contribution pour servir un minimum de prestations en cas de maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès.

    Enfin, il fallut attendre la libération de notre pays pour que, en accord avec le programme du Conseil national de la résistance soit reprise l’idée de la Sécurité sociale sous la responsabilité de notre camarade et ami communiste Ambroise Croizat avec l’investissement des dirigeants syndicaux CGT et le concours du directeur général, Pierre Laroque, qui s’exprimait encore, en 1993, en ces termes : « Lorsque s’ouvre l’année 1947, la mise en place de l’organisation Sécurité sociale arrive à son terme, les textes fondamentaux sont adoptés et publiés. Les institutions nouvelles fonctionnent, les problèmes essentiels de locaux, de personnel, de matériel sont résolus. La Sécurité sociale est devenue l’élément de la vie quotidienne des Français. »

    La Sécurité sociale dans les Bouches-du-Rhône

    L’appui de la CGT n’a jamais cessé, depuis 1945, lorsque Ambroise Croizat et Pierre Laroque sont venus à Marseille nous demander de les aider afin d’ouvrir la première caisse dans un délai prévu. Nous avions appliqué les trois huit, travaillant jour et nuit et nous avons réussi, avec enthousiasme, à édifier une œuvre qui nous plaçait en tête de toutes les nations capitalistes dans le domaine des lois sociales.

    Notre gestion des caisses de Sécurité sociale permettait d’envisager pour les assurés sociaux de meilleures prestations et de belles réalisations. La première caisse à Marseille fut édifiée au square Stalingrad où se trouve actuellement le bureau des PTT.

    Une leçon pour le présent

    C’est du passé, mais une leçon pour le présent. Le système de protection sociale français, garantissant de nouveaux droits et devoirs, fut créé après la Libération alors que le pays était exsangue ! Fondé sur la répartition et la solidarité, il a permis que le pays se relève parce que les hommes s’étaient investis et que l’État assumait ses fonctions au service de la société tout entière. Pourtant, depuis le début, de multiples tentatives d’atteintes à ce système ont été faites par les gouvernements qui se sont succédé, dirigés soit par la droite, le RPR et l’UDF, soit par le Parti socialiste.

    Aujourd’hui, des milliards peuvent être récupérés pour améliorer et développer la Sécurité sociale avec la participation des employeurs. Il faut instaurer pour les entreprises un mode de cotisation basé sur la plus-value réellement ajoutée au travail et non sur le nombre de salariés.

    Applications du programme du CNR

    Les comités d’entreprise (ordonnance du 22 février 1945 et loi du 16 mai 1946) et aussi les comités techniques paritaires de la fonction publique furent une traduction concrète des objectifs affichés dans le programme du CNR. Mais l’adoption de la loi de 1946 fut laborieuse. Nous avions affaire à un patronat qui, avec la complicité de relais à l’Assemblée nationale, était soucieux de préserver les fondements de l’économie capitaliste, la propriété privée et le pouvoir exclusif des dirigeants d’entreprises. Je me souviens que cet avant-projet d’ordonnance était fort limité, nous décevait sans pour autant empêcher les réserves patronales. Nous en avions discuté avec Ambroise Croizat et Albert Gazier, réformiste et responsable de la CGT.

    L’assemblée consultative déposa un amendement pour améliorer le texte initial mais il ne fut pas pris en compte dans l’ordonnance. Dès le 24 février, nous affichions notre volonté de faire modifier ce texte insuffisant. Il aura fallu la démission du général de Gaulle et la grande victoire des partis de gauche pour que notre proposition soit votée à l’unanimité et donne le texte qui allait devenir la loi du 16 mai 1946. C’est ce nouveau texte qui fonda véritablement les comités d’entreprise en rupture avec le passé. Mais la réaction tendait d’accréditer l’idée que les CE étaient le prolongement des comités sociaux de la Charte du travail de Vichy, pur mensonge dont le but était de démobiliser les CE.

    Avec l’ordonnance du 22 février 1945 complétée par la loi du 16 mai 1946 qui rendit obligatoire la création de comités d’entreprise dans toute entreprise ou établissement de plus de 50 salariés, élu pour 2 ans, le CE disposait d’attributions consultatives pour assurer l’expression collective des salariés. Il gérait les activités sociales et culturelles.

    Cette belle loi de progrès constituait une arme puissante entre les mains des travailleurs, pour agir sur la production, les prix de revient et les œuvres sociales.

    La loi institua aussi, pour les ouvriers du bâtiment, des indemnités couvrant une partie des risques dus aux intempéries, ce qui satisfaisait une très ancienne revendication des salariés de ce secteur, ce qu’ils doivent à Ambroise Croizat. Cette législation a été plusieurs fois remaniée. La loi de 1966, l’ordonnance du 17 avril 1947 et la loi du 28 octobre 1982 ont renforcé les attributions du comité d’entreprise : le chef d’entreprise a l’obligation de lui fournir l’information économique nécessaire et le champ de la consultation a été élargi à la formation et aux suppressions d’effectifs. Une autre loi de décembre 1993 permet aux entreprises comprenant de 50 à 200 salariés d’opter pour une délégation unique du CE et les délégués du personnel, ceux-ci disposant d’un mandat de deux ans. Malgré les attaques, la CGT demeure aujourd’hui la première organisation syndicale, comme le prouvent les élections. Mais la désindustrialisation et la montée de la crise ont contribué au déclin et la diminution du nombre de salariés par établissement a affaibli les syndicats. Plus de trois millions de chômeurs pèsent non seulement sur les recettes de la Sécurité sociale, mais facilitent une « dynamique répressive ». La diminution du nombre d’adhérents et de militants les rend moins présents sur les lieux du travail, ce qui pose le problème de la syndicalisation comme première tâche.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Chronique corse] Un nom illustre : Casabianca

    [Chronique corse] Un nom illustre : Casabianca

    On le trouve chez Vigny, qui, dans Servitude et grandeur militaire, fait dire à Napoléon : « Je n’aime pas qu’on emmène ses enfants [à la guerre] ; je ne l’ai permis qu’à Casabianca et j’ai eu tort. » Lamartine, quant à lui, a consacré une Ode à Luce et Giocante dans sa Vie des hommes illustres.

    Tout aussi remarquable, encore aujourd’hui, est le fait que le Commandant L’Herminier donna le nom de Casabianca pour titre à ses Mémoires.

    Car ce nom est aussi celui du sous-marin qui, le 27 novembre 1942, lors du sabordage de la flotte, réussit à s’échapper de Toulon. À l’heure où l’armée allemande est encore puissante en Méditerranée, le Casabianca mène plusieurs expéditions périlleuses entre Alger et la Corse occupée. Pendant dix mois, il débarque secrètement hommes, armes et munitions, et il contribue de manière décisive à la libération de l’île, le 4 octobre 1943.

    Considéré comme l’arme secrète de la Résistance corse, celui à qui les Allemands donnèrent même le surnom de « sous-marin fantôme » est, encore aujourd’hui, l’une des unités les plus décorées de la Marine nationale.

    Témoins d’un illustre passé

    Subsistent encore de nos jours, témoins de cet illustre passé, à Bastia, le nom de Giocante de Casabianca porté par le lycée polyvalent, situé dans la vallée du Fango ; ainsi que la tourelle du sous-marin située sur le port, et une rue du Commandant L’Herminier.

    Des traces de conflits passés certes différents mais qui témoignent tous deux d’un certain sens du devoir qui ne s’est jamais démenti.

  • Naissance de l’engagement

    Naissance de l’engagement

    Dans le couloir de la mort, l’homme attendait son heure avec la même indolence qui avait précipité sa condamnation. Mais lorsque la porte s’ouvrit, ce fut, contre toute attente, pour lui annoncer sa grâce. Une grâce empoisonnée, assortie d’une mission suicidaire dont on ne lui dit rien. Il devra suivre les consignes et, sous surveillance, paiera toute tentative d’échapper à son destin.

    Ainsi, Bernard Fauconnier repêche cet homme qui emprunte au Meursault de Camus pour lui imaginer la possibilité d’une rédemption. Le texte, pourtant, ne cite jamais son nom, préférant la puissance de l’évocation. Nous sommes en 1942, au plus noir de l’occupation nazie et les forces obscures qui exploitent sa situation, escomptant recruter un tueur à sang-froid et sans principes, lui demandent d’infiltrer un réseau de résistance pour organiser un vaste coup de filet. Dès lors, il comprend qu’il n’a obtenu qu’un sursis et que sa fin demeure inscrite au programme d’une manière ou d’une autre. L’homme se laisse faire, au début. Mais les rencontres vont réveiller sa sensibilité. Cet homme-là est-il encore capable d’aimer, de s’interroger, de s’engager ? On aimerait qu’il balaye ses hésitations et qu’il se révèle avec éclat, mais son chemin est laborieux.

    Bernard Fauconnier livre ici un roman de l’engagement aux résonances inscrites dans l’époque où se déroule l’action comme dans celle qui le voit écrire. Il n’entend pas présenter un héros mais un homme ordinaire aux prises avec les grands monstres de l’histoire, « pas différent des autres hommes », comme « un pion oublié dans le coin de l’échiquier ». Et cet homme ordinaire n’est pas voué à la médiocrité : de choix en choix, il devient peu à peu un autre, ou peut-être celui qu’il pouvait devenir. Le récit est énigmatique, et l’indolence du narrateur face à la gravité de la situation vient alimenter la tension qui le traverse. À son tour, comme Camus, Bernard Fauconnier s’en tient à une écriture économe, parlant à la première personne pour mieux faire épouser au lecteur et à la lectrice l’humanité fragile de son personnage. C’est ainsi que l’engagement apparaît, non pas comme une évidence mais comme un choix : « J’ai pensé furtivement au courage qu’il fallait pour accepter une telle vie. À quoi fallait-il croire ? Quelle révolte fallait-il éprouver ? »

    Le roman s’appuie sur l’un des grands textes du siècle passé comme un hommage et une manière de continuer à le faire résonner, avec ses interrogations salutaires.

    Héliopoles, 138 p., 17,90 euros.