Author: tecnavia

  • Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Il avait vécu plus de quinze ans à la rue et était devenu une figure aimée du quartier de Saint-Victor où les habitants lui glissaient la pièce, un mot sympa, un sandwich et une caresse à César, son fidèle chien placé dans un refuge durant son hospitalisation et dont il a été soulagé d’apprendre qu’une famille l’a adopté.

    Jean-François était né à Liège le 7 février 1955. Il avait été cuisinier à Monaco puis avait exercé comme gardien d’immeuble dans le quartier du boulevard National avant de tomber dans l’extrême précarité. Avant d’être frappé par plusieurs accidents vasculaires cérébraux, Jean-François avait été bénévole aux Restos du cœur. « Il m’avait dit : Je veux être enterré au carré des indigents avec mes amis SDF” », raconte Sandrine Rolengo qui l’accompagnait dans ses démarches administratives car il n’avait jamais su réclamer ses droits sociaux. Des anonymes aux revenus modestes lui payaient son complément de loyer quand un logement lui avait été trouvé, rampe Saint-Maurice.

  • Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Il avait vécu plus de quinze ans à la rue et était devenu une figure aimée du quartier de Saint-Victor où les habitants lui glissaient la pièce, un mot sympa, un sandwich et une caresse à César, son fidèle chien placé dans un refuge durant son hospitalisation et dont il a été soulagé d’apprendre qu’une famille l’a adopté.

    Jean-François était né à Liège le 7 février 1955. Il avait été cuisinier à Monaco puis avait exercé comme gardien d’immeuble dans le quartier du boulevard National avant de tomber dans l’extrême précarité. Avant d’être frappé par plusieurs accidents vasculaires cérébraux, Jean-François avait été bénévole aux Restos du cœur. « Il m’avait dit : Je veux être enterré au carré des indigents avec mes amis SDF” », raconte Sandrine Rolengo qui l’accompagnait dans ses démarches administratives car il n’avait jamais su réclamer ses droits sociaux. Des anonymes aux revenus modestes lui payaient son complément de loyer quand un logement lui avait été trouvé, rampe Saint-Maurice.

  • Quand le futur prix des mutations divise le monde bouliste

    Quand le futur prix des mutations divise le monde bouliste

    Il faudra désormais mettre davantage la main au portefeuille pour changer de club. Depuis plusieurs saisons, un licencié de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) devait débourser 30 euros (mutation interne, dans le département) ou 50 euros (mutation externe, hors du département) pour signer dans un nouveau club.

    Mais, à compter de la saison 2026, le prix des mutations dépendra du statut du bouliste. Dans le cadre la modification tarifaire, la part fédérale sera identique dans chaque département : 20 euros pour les joueurs « non-classés ou promotions », 45 euros pour les joueurs classés « honneurs » et 95 euros pour les joueurs classés « élites ». Une somme à laquelle s’ajoutera la part dédiée aux comités départementaux et régionaux, qui ne pourra pas excéder 30 euros pour les « non-classés ou promotions », 55 euros pour les « honneurs » et 105 euros pour les « élites ». Mais chaque comité départemental décidera lui-même de la somme voulue en supplément.

    La position « généreuse » des Bouches-du-Rhône

    « Le CD13 n’augmentera pas sa part de mutation », martèle Patrick Fara, président du comité départemental des Bouches-du-Rhône, qui demandera donc toujours 20 euros à tous ses adhérents, peu importe la catégorie, en plus des 5 euros requis par le comité régional [qui ne récupérait pas d’argent sur les mutations auparavant, Ndlr]. Ainsi, la mutation coûtera 45 euros pour un joueur « non-classé ou promotion », 70 euros pour un joueur « honneur » et 120 euros pour un joueur « élite ». « Nous avons un budget assez conséquent pour subvenir aux besoins de l’année, je n’ai pas besoin de cet argent pour faire tourner mon comité », ajoute le dirigeant aux 11 660 licenciés, ce qui en fait le premier comité de France. En agissant ainsi, le comité des Bouches-du-Rhône aura un moindre impact sur les finances de ses licenciés.

    Mais il se pourrait que d’autres départements se montrent plus opportunistes en profitant de l’aubaine qui s’offre sous leurs yeux. Certains licenciés pourraient ainsi débourser jusqu’à 50 euros pour les « non-classés ou promotions », 100 euros pour les « honneurs », voire même 200 euros pour les « élites ». Si l’addition s’avère salée pour les élites, ces derniers ne seront pas directement touchés par la nouvelle taxation. Très souvent, ces joueurs s’engagent dans leur nouveau club, ce dernier finançant le coût de la licence, de la mutation, des tenues… « Je ne suis pas d’accord avec ces augmentations qui ne sont pas justifiées », réagi Benoît Michel, président de la Boule de Vitrolles, qui signale que 99% de ses licenciés sont contre cette nouvelle tarification.

    Un sport à deux vitesses ?

    D’autres dirigeants de club locaux estiment que ces nouvelles mesures tendent à plus de professionnalisme. « Si on continue à faire dans l’amateurisme, à se poser la question sur le prix d’une licence, on ne va pas s’en sortir », souligne Bruno Mansio, président de la Boule Aixoise, qui milite même pour une sorte de Ligue 1 version pétanque. « Un rugbyman qui joue en “honneur” ne joue pas avec les gars du Top 14 », insiste l’organisateur de l’étape aixoise (Top 1000) du Passion Pétanque Française, qui aura lieu ce week-end, au parc Jourdan.

    Mais en voulant à tout prix professionnaliser la pratique, n’en viendrait-on pas à en perdre le côté populaire, qui en fait son charme ?

  • Quand le futur prix des mutations divise le monde bouliste

    Il faudra désormais mettre davantage la main au portefeuille pour changer de club. Depuis plusieurs saisons, un licencié de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) devait débourser 30 euros (mutation interne, dans le département) ou 50 euros (mutation externe, hors du département) pour signer dans un nouveau club.

    Mais, à compter de la saison 2026, le prix des mutations dépendra du statut du bouliste. Dans le cadre la modification tarifaire, la part fédérale sera identique dans chaque département : 20 euros pour les joueurs « non-classés ou promotions », 45 euros pour les joueurs classés « honneurs » et 95 euros pour les joueurs classés « élites ». Une somme à laquelle s’ajoutera la part dédiée aux comités départementaux et régionaux, qui ne pourra pas excéder 30 euros pour les « non-classés ou promotions », 55 euros pour les « honneurs » et 105 euros pour les « élites ». Mais chaque comité départemental décidera lui-même de la somme voulue en supplément.

    La position « généreuse » des Bouches-du-Rhône

    « Le CD13 n’augmentera pas sa part de mutation », martèle Patrick Fara, président du comité départemental des Bouches-du-Rhône, qui demandera donc toujours 20 euros à tous ses adhérents, peu importe la catégorie, en plus des 5 euros requis par le comité régional [qui ne récupérait pas d’argent sur les mutations auparavant, Ndlr]. Ainsi, la mutation coûtera 45 euros pour un joueur « non-classé ou promotion », 70 euros pour un joueur « honneur » et 120 euros pour un joueur « élite ». « Nous avons un budget assez conséquent pour subvenir aux besoins de l’année, je n’ai pas besoin de cet argent pour faire tourner mon comité », ajoute le dirigeant aux 11 660 licenciés, ce qui en fait le premier comité de France. En agissant ainsi, le comité des Bouches-du-Rhône aura un moindre impact sur les finances de ses licenciés.

    Mais il se pourrait que d’autres départements se montrent plus opportunistes en profitant de l’aubaine qui s’offre sous leurs yeux. Certains licenciés pourraient ainsi débourser jusqu’à 50 euros pour les « non-classés ou promotions », 100 euros pour les « honneurs », voire même 200 euros pour les « élites ». Si l’addition s’avère salée pour les élites, ces derniers ne seront pas directement touchés par la nouvelle taxation. Très souvent, ces joueurs s’engagent dans leur nouveau club, ce dernier finançant le coût de la licence, de la mutation, des tenues… « Je ne suis pas d’accord avec ces augmentations qui ne sont pas justifiées », réagi Benoît Michel, président de la Boule de Vitrolles, qui signale que 99% de ses licenciés sont contre cette nouvelle tarification.

    Un sport à deux vitesses ?

    D’autres dirigeants de club locaux estiment que ces nouvelles mesures tendent à plus de professionnalisme. « Si on continue à faire dans l’amateurisme, à se poser la question sur le prix d’une licence, on ne va pas s’en sortir », souligne Bruno Mansio, président de la Boule Aixoise, qui milite même pour une sorte de Ligue 1 version pétanque. « Un rugbyman qui joue en “honneur” ne joue pas avec les gars du Top 14 », insiste l’organisateur de l’étape aixoise (Top 1000) du Passion Pétanque Française, qui aura lieu ce week-end, au parc Jourdan.

    Mais en voulant à tout prix professionnaliser la pratique, n’en viendrait-on pas à en perdre le côté populaire, qui en fait son charme ?

  • Andrea Novellan, du Mont-Blanc à la Méditerranée

    Andrea Novellan, du Mont-Blanc à la Méditerranée

    Parfois, un destin ne tient pas à grand-chose. Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, Andrea Novellan a découvert sa discipline à l’école. Un concours de circonstances qui la mène aujourd’hui au plus haut niveau français. La gardienne de Plan-de-Cuques raconte ses premiers moments de handball : « Une prof de sport m’a dit que j’avais un bon niveau et que je devrais aller dans un club. Je voulais faire du football à la base, mais mon père m’a déconseillé, à cause de la mentalité. Donc je suis allée au handball. » L’âge auquel elle a commencé est aussi à souligner : 12 ans. Vraiment tard – « les autres filles de mon club avaient déjà 3 ou 4 ans de handball » –, mais ce manque d’expérience ne lui a pas porté préjudice. Bien au contraire.

    Les événements se sont vite enchaînés, avec des participations aux intercomités, interligues, puis les passages en pôle espoir et centre de formation. Un parcours tout à fait type dans le handball français. « J’ai suivi un schéma assez classique finalement, pour quelqu’un qui ne rentre pas dans les standards habituels », met en avant la native de Sallanches, petite ville haut-savoyarde non loin des sommets enneigés du Mont-Blanc.

    La taille ne compte pas

    Les standards dont parle Andrea, ce sont ceux de la taille. Avec son mètre 68, elle est la plus petite gardienne du championnat. Un déficit qui ne la touche pas. La joueuse de 26 ans en a fait un point fort. « Il y a des fondamentaux, des stéréotypes que la fédération et les entraîneurs respectent. Je ne tergiverse pas par rapport à ça. Si je suis toujours là, c’est que ce n’est pas qu’une question de taille », répond-elle avec franchise et calme, comme à chacune des questions posées. Andrea Novellan s’est donné les moyens d’aller chercher chaque palier. Des débuts en Nationale 1 (troisième niveau) à 15 ans, une arrivée au club de Chambray à 18, un contrat pro à 22 et, une année plus tard, l’arrivée dans la banlieue marseillaise.

    Suite à un désaccord avec Chambray, son contrat est rompu, ce qui lui permet de débarquer à Plan-de-Cuques. « Le club voulait me prêter, je ne l’avais pas vu venir. Je n’étais pas d’accord et finalement, j’ai signé un contrat sec avec Plan-de-Cuques. » Cette aventure dure donc depuis trois ans. Celle qui termine actuellement un bachelor en conception produits et design graphique peut être vue comme une pile électrique, par sa présence, sa positivité. Mais la jeune femme aux cheveux blonds, toujours attachés, est également très calme, posée. « Les gens le voient moins », sourit-elle. Un caractère entier, faisant les choses avec cœur. Dans la vie comme dans la cage, finalement, lorsqu’Andrea doit stopper les petites balles collantes.

  • Le nouveau défi de Joël Paris sur la route du café

    Le nouveau défi de Joël Paris sur la route du café

    Depuis qu’il a réussi la
    traversée Marseille- Carthage, Joël Paris a démontré une chose. « Qu’il est possible de naviguer avec seulement deux dixième de vision sur un œil ».

    Le Marseillais a décidé de prendre son destin en main. Vivre sa passion pour la course au large tout en affirmant que sa cécité ne serait pas un frein. « Je ne veux rien révolutionner, mais juste montrer qu’il est possible de prendre la barre. Ma présence au départ d’une des courses en mer les plus prestigieuses, c’est avant tout un message d’espoir, de solidarité et de combativité. »

    Pour le vieux loup de mer qu’il est devenu, « c’est aussi une façon de continuer à vivre mes rêves d’enfant ! » Un rêve qui s’est concrétisé après qu’il a reçu la confirmation de sa qualification pour la Transat du Café l’Or.

    Un premier exploit

    « Être au départ, c’est déjà un exploit », insiste-t-il. « Je sais qu’avec Goulven, nous ne gagnerons pas. Mais nous avons un objectif. Être le plus performant possible, montrer que chacun a sa chance dans la voile et atteindre la Martinique après 21 jours de course », poursuit-il.

    Si l’équipage a gardé son nom, « Rêve à perte de vue », avec l’arrivée d’un nouveau coéquipier, Joël Paris sait qu’il peut aller jusqu’au bout, cette fois.

    « Goulven Marie est un marin expérimenté. Un Breton taiseux, mais terriblement efficace, qui navigue depuis une vingtaine d’années. Et il a mis son bateau à disposition, ce qui change tout », explique Joël Paris. Toujours en Class40, le bateau qui va embarquer les deux hommes, qui est à quai au Havre depuis quelques jours, « est plus dynamique et moins gourmand financièrement ».

    Les deux hommes ont pu tester leur entente et leur maîtrise du bateau lors de l’épreuve de qualification. Une course entre Antibes et Lisbonne qui leur a ouvert les portes de la Transat.

    « Le bateau fait 14 mètres de long, 4,5 de large, avec une quille à 3,50 mètres et un mât de 18 mètres. Nous avons presque bouclé le budget et nous serons prêts pour le jour J », détaille le Marseillais.

    Pour les deux marins, il y aura le défi sportif à relever, « vivre près de trois semaines dans 4 m². Je sais que ce sera rude, mais j’ai hâte d’y être. » Au-delà de la course au large, il y aura également l’idée « d’écrire une belle histoire, de celles qui font rêver les gens, ce qui arrive de moins en moins souvent ces derniers temps », précise Joël Paris, qui sera le seul Marseillais engagé dans l’édition 2025.

    Son engagement, c’est aussi une réponse à tous ceux qui ont tenté de le dissuader d’aller au bout de ses rêves. « Je ne compte plus ceux qui m’ont dit que naviguer, ce n’était pas pour moi », rappelle-t-il.

    Il est conscient que sa vision très réduite n’est pas idéale, mais il ne cesse de répéter que « lorsque vous avez un handicap, vous êtes habitués à ce que l’on vous dise non. Habitués à vous relever face aux embûches. Vous avez, de fait, plus de résilience, mais également d’appétence dans toutes vos initiatives », conclut Joël Paris.

    Cent équipages seront au départ du Havre

    Le 26 octobre, près de 200 marins s’élanceront du Havre vers Fort-de-France pour la 17e édition de la Transat Café l’Or Le Havre Normandie.

    Cette transatlantique en double réunit les classes Imoca, Ultim, Ocean Fifty et Class40. Elle mêle performance sportive et conscience environnementale. Les plus rapides boucleront les 6 205 miles nautiques (environ 11 500 km) en deux semaines.

    Les participants devront franchir deux fois l’Équateur, avant de rejoindre Fort-de-France.

    « C’est bien plus qu’une traversée de l’Atlantique. C’est un véritable défi d’endurance, de stratégie et de complicité », indique Franck Cammas, ancien vainqueur.

  • Andrea Novellan, du Mont-Blanc à la Méditerranée

    Parfois, un destin ne tient pas à grand-chose. Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, Andrea Novellan a découvert sa discipline à l’école. Un concours de circonstances qui la mène aujourd’hui au plus haut niveau français. La gardienne de Plan-de-Cuques raconte ses premiers moments de handball : « Une prof de sport m’a dit que j’avais un bon niveau et que je devrais aller dans un club. Je voulais faire du football à la base, mais mon père m’a déconseillé, à cause de la mentalité. Donc je suis allée au handball. » L’âge auquel elle a commencé est aussi à souligner : 12 ans. Vraiment tard – « les autres filles de mon club avaient déjà 3 ou 4 ans de handball » –, mais ce manque d’expérience ne lui a pas porté préjudice. Bien au contraire.

    Les événements se sont vite enchaînés, avec des participations aux intercomités, interligues, puis les passages en pôle espoir et centre de formation. Un parcours tout à fait type dans le handball français. « J’ai suivi un schéma assez classique finalement, pour quelqu’un qui ne rentre pas dans les standards habituels », met en avant la native de Sallanches, petite ville haut-savoyarde non loin des sommets enneigés du Mont-Blanc.

    La taille ne compte pas

    Les standards dont parle Andrea, ce sont ceux de la taille. Avec son mètre 68, elle est la plus petite gardienne du championnat. Un déficit qui ne la touche pas. La joueuse de 26 ans en a fait un point fort. « Il y a des fondamentaux, des stéréotypes que la fédération et les entraîneurs respectent. Je ne tergiverse pas par rapport à ça. Si je suis toujours là, c’est que ce n’est pas qu’une question de taille », répond-elle avec franchise et calme, comme à chacune des questions posées. Andrea Novellan s’est donné les moyens d’aller chercher chaque palier. Des débuts en Nationale 1 (troisième niveau) à 15 ans, une arrivée au club de Chambray à 18, un contrat pro à 22 et, une année plus tard, l’arrivée dans la banlieue marseillaise.

    Suite à un désaccord avec Chambray, son contrat est rompu, ce qui lui permet de débarquer à Plan-de-Cuques. « Le club voulait me prêter, je ne l’avais pas vu venir. Je n’étais pas d’accord et finalement, j’ai signé un contrat sec avec Plan-de-Cuques. » Cette aventure dure donc depuis trois ans. Celle qui termine actuellement un bachelor en conception produits et design graphique peut être vue comme une pile électrique, par sa présence, sa positivité. Mais la jeune femme aux cheveux blonds, toujours attachés, est également très calme, posée. « Les gens le voient moins », sourit-elle. Un caractère entier, faisant les choses avec cœur. Dans la vie comme dans la cage, finalement, lorsqu’Andrea doit stopper les petites balles collantes.

  • Le nouveau défi de Joël Paris sur la route du café

    Depuis qu’il a réussi la
    traversée Marseille- Carthage, Joël Paris a démontré une chose. « Qu’il est possible de naviguer avec seulement deux dixième de vision sur un œil ».

    Le Marseillais a décidé de prendre son destin en main. Vivre sa passion pour la course au large tout en affirmant que sa cécité ne serait pas un frein. « Je ne veux rien révolutionner, mais juste montrer qu’il est possible de prendre la barre. Ma présence au départ d’une des courses en mer les plus prestigieuses, c’est avant tout un message d’espoir, de solidarité et de combativité. »

    Pour le vieux loup de mer qu’il est devenu, « c’est aussi une façon de continuer à vivre mes rêves d’enfant ! » Un rêve qui s’est concrétisé après qu’il a reçu la confirmation de sa qualification pour la Transat du Café l’Or.

    Un premier exploit

    « Être au départ, c’est déjà un exploit », insiste-t-il. « Je sais qu’avec Goulven, nous ne gagnerons pas. Mais nous avons un objectif. Être le plus performant possible, montrer que chacun a sa chance dans la voile et atteindre la Martinique après 21 jours de course », poursuit-il.

    Si l’équipage a gardé son nom, « Rêve à perte de vue », avec l’arrivée d’un nouveau coéquipier, Joël Paris sait qu’il peut aller jusqu’au bout, cette fois.

    « Goulven Marie est un marin expérimenté. Un Breton taiseux, mais terriblement efficace, qui navigue depuis une vingtaine d’années. Et il a mis son bateau à disposition, ce qui change tout », explique Joël Paris. Toujours en Class40, le bateau qui va embarquer les deux hommes, qui est à quai au Havre depuis quelques jours, « est plus dynamique et moins gourmand financièrement ».

    Les deux hommes ont pu tester leur entente et leur maîtrise du bateau lors de l’épreuve de qualification. Une course entre Antibes et Lisbonne qui leur a ouvert les portes de la Transat.

    « Le bateau fait 14 mètres de long, 4,5 de large, avec une quille à 3,50 mètres et un mât de 18 mètres. Nous avons presque bouclé le budget et nous serons prêts pour le jour J », détaille le Marseillais.

    Pour les deux marins, il y aura le défi sportif à relever, « vivre près de trois semaines dans 4 m². Je sais que ce sera rude, mais j’ai hâte d’y être. » Au-delà de la course au large, il y aura également l’idée « d’écrire une belle histoire, de celles qui font rêver les gens, ce qui arrive de moins en moins souvent ces derniers temps », précise Joël Paris, qui sera le seul Marseillais engagé dans l’édition 2025.

    Son engagement, c’est aussi une réponse à tous ceux qui ont tenté de le dissuader d’aller au bout de ses rêves. « Je ne compte plus ceux qui m’ont dit que naviguer, ce n’était pas pour moi », rappelle-t-il.

    Il est conscient que sa vision très réduite n’est pas idéale, mais il ne cesse de répéter que « lorsque vous avez un handicap, vous êtes habitués à ce que l’on vous dise non. Habitués à vous relever face aux embûches. Vous avez, de fait, plus de résilience, mais également d’appétence dans toutes vos initiatives », conclut Joël Paris.

    Cent équipages seront au départ du Havre

    Le 26 octobre, près de 200 marins s’élanceront du Havre vers Fort-de-France pour la 17e édition de la Transat Café l’Or Le Havre Normandie.

    Cette transatlantique en double réunit les classes Imoca, Ultim, Ocean Fifty et Class40. Elle mêle performance sportive et conscience environnementale. Les plus rapides boucleront les 6 205 miles nautiques (environ 11 500 km) en deux semaines.

    Les participants devront franchir deux fois l’Équateur, avant de rejoindre Fort-de-France.

    « C’est bien plus qu’une traversée de l’Atlantique. C’est un véritable défi d’endurance, de stratégie et de complicité », indique Franck Cammas, ancien vainqueur.

  • Le réseau d’eau du Grand Avignon a besoin de travaux, mais le tuyau financier est à sec

    Le réseau d’eau du Grand Avignon a besoin de travaux, mais le tuyau financier est à sec

    Les élus du Grand Avignon sont confrontés à un dilemme : augmenter la part de fiscalité dans la facture d’eau pour continuer à investir dans un réseau qui en a bien besoin, ou ne pas taper au porte-monnaie des habitants mais réduire drastiquement les travaux. « Il va falloir faire des choix », résume prosaïquement Xavier Belleville, vice-président (LR) du Grand Avignon en charge des finances. Un sujet abordé, ce lundi soir en conseil communautaire, lors des projections budgétaires 2026.

    Pour l’heure, la proposition présentée se fonde sur la seconde option : maintenir en l’état « la redevance de notre surtaxe sur l’eau qui n’a pas bougé depuis 2018 », souligne Xavier Belleville. Année où est entré en vigueur le contrat eau avec le délégataire Suez (pour 8 des 16 communes) du Grand Avignon. Soulignons qu’en 2024, le taux d’impayés des factures est de 6%, « l’un des plus importants dans la région », s’alarme Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) du Grand Avignon délégué à l’eau potable et assainissement, en présentant le rapport annuel sur la qualité des services.

    En présence dans le public de membres du Collectif de l’eau, partisans d’une gestion publique, Patrick Sandevoir constate une baisse globale du taux de rendement – l’eau produite qui arrive bien au robinet – à 75,35% contre 77,17% en 2023, à cause « malheureusement d’une multitude de petites fuites ». 550 ont été réparées sur 1 260 km de réseau sondé. Sans livrer le chiffre 2024, le vice-président assure qu’une pénalité de 221 000 euros a été infligée au délégataire pour ces mauvais chiffres. Soit un tiers de moins (300 000 euros) que les pénalités réclamées par Suez aux usagers pour retard de paiements…

    L’état du réseau nécessite des investissements supplémentaires, alors que 16 millions d’euros ont été entrepris sur le mandat. Or, « nous faisons face à une difficulté structurelle avec une diminution constante de la consommation d’eau [-6,74% entre 2023 et 2024], ce dont on peut se féliciter, mais qui baisse nos recettes, l’inflation galopante des coûts de travaux et l’accélération des projets », décrypte le vice-président aux finances. Résultat, l’épargne nette fond. « Il n’est plus possible de poursuivre la même cadence d’investissements en gardant l’équilibre des budgets », estime-t-il. Le Grand Avignon s’apprête à sabrer dans les investissements sur l’eau potable : 1,9 million d’euros en 2026 puis 2 et 2,2 en 2027 et 2028, alors que les besoins prévus étaient respectivement de 3,1 millions d’euros, 4,5 et 4,8.

    « Une régie publique aurait permis beaucoup plus de souplesse, y compris pour fixer les tarifs et les investissements, la gestion en DSP n’est pas performante et on a encore la preuve cette année », revendique Julien De Benito, élu (PCF) d’Avignon. Alors que la DSP arrive à terme en 2028, ce sera l’un des premiers dossiers chauds de la prochaine mandature.

  • Le réseau d’eau du Grand Avignon a besoin de travaux, mais le tuyau financier est à sec

    Les élus du Grand Avignon sont confrontés à un dilemme : augmenter la part de fiscalité dans la facture d’eau pour continuer à investir dans un réseau qui en a bien besoin, ou ne pas taper au porte-monnaie des habitants mais réduire drastiquement les travaux. « Il va falloir faire des choix », résume prosaïquement Xavier Belleville, vice-président (LR) du Grand Avignon en charge des finances. Un sujet abordé, ce lundi soir en conseil communautaire, lors des projections budgétaires 2026.

    Pour l’heure, la proposition présentée se fonde sur la seconde option : maintenir en l’état « la redevance de notre surtaxe sur l’eau qui n’a pas bougé depuis 2018 », souligne Xavier Belleville. Année où est entré en vigueur le contrat eau avec le délégataire Suez (pour 8 des 16 communes) du Grand Avignon. Soulignons qu’en 2024, le taux d’impayés des factures est de 6%, « l’un des plus importants dans la région », s’alarme Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) du Grand Avignon délégué à l’eau potable et assainissement, en présentant le rapport annuel sur la qualité des services.

    En présence dans le public de membres du Collectif de l’eau, partisans d’une gestion publique, Patrick Sandevoir constate une baisse globale du taux de rendement – l’eau produite qui arrive bien au robinet – à 75,35% contre 77,17% en 2023, à cause « malheureusement d’une multitude de petites fuites ». 550 ont été réparées sur 1 260 km de réseau sondé. Sans livrer le chiffre 2024, le vice-président assure qu’une pénalité de 221 000 euros a été infligée au délégataire pour ces mauvais chiffres. Soit un tiers de moins (300 000 euros) que les pénalités réclamées par Suez aux usagers pour retard de paiements…

    L’état du réseau nécessite des investissements supplémentaires, alors que 16 millions d’euros ont été entrepris sur le mandat. Or, « nous faisons face à une difficulté structurelle avec une diminution constante de la consommation d’eau [-6,74% entre 2023 et 2024], ce dont on peut se féliciter, mais qui baisse nos recettes, l’inflation galopante des coûts de travaux et l’accélération des projets », décrypte le vice-président aux finances. Résultat, l’épargne nette fond. « Il n’est plus possible de poursuivre la même cadence d’investissements en gardant l’équilibre des budgets », estime-t-il. Le Grand Avignon s’apprête à sabrer dans les investissements sur l’eau potable : 1,9 million d’euros en 2026 puis 2 et 2,2 en 2027 et 2028, alors que les besoins prévus étaient respectivement de 3,1 millions d’euros, 4,5 et 4,8.

    « Une régie publique aurait permis beaucoup plus de souplesse, y compris pour fixer les tarifs et les investissements, la gestion en DSP n’est pas performante et on a encore la preuve cette année », revendique Julien De Benito, élu (PCF) d’Avignon. Alors que la DSP arrive à terme en 2028, ce sera l’un des premiers dossiers chauds de la prochaine mandature.