Author: tecnavia

  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».

  • L’établissement public foncier va changer de tête

    L’établissement public foncier va changer de tête

    Un temps sous le feu des critiques pour avoir traîné des pieds face au dossier des copropriétés dégradées, l’établissement public foncier régional (EPF Paca) va changer de tête. Ce mardi a été publié au Journal officiel un appel à candidatures pour le poste de directeur général de l’établissement public chargé d’acquérir des terrains pour construire du logement social. Cela alors même que l’actuelle directrice générale Claude Bertolino, en poste depuis 2013, avait vu son mandat renouvelé pour cinq ans le 15 juillet 2023, et qu’un premier avis de vacance du poste avait été publié au mois de juillet dernier.

    Le changement de direction, prévu pour le mois de mai ou juin prochain, intervient au moment où s’accumulent les dossiers, après l’adoption d’un nouveau programme pluriannuel d’intervention 2026-2030. L’ordre de mission donne comme priorité le pilotage « à fort enjeu » des quatre opérations de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-IN) à Marseille, mais aussi le rattrapage du retard sur la production de logement social dans les communes carencées alors que doivent être signés, après les municipales, de nouveaux arrêtés de carence, ainsi que l’accompagnement de la réindustrialisation et décarbonation du golfe de Fos « en facilitant la maîtrise du foncier à caractère économique et industriel ». Avec, pour agir, un budget de 190 millions d’euros dont 37 millions d’euros issus de la taxe spéciale d’équipement qu’ont refusé d’augmenter les collectivités, et une équipe de 93 salariés. Et pour la motivation, une part variable pouvant atteindre 25% du traitement « liée aux résultats obtenus au regard d’objectifs fixés annuellement par la tutelle ».

  • Aux Chutes-Lavie, le portail de la discorde en discussion

    Aux Chutes-Lavie, le portail de la discorde en discussion

    Après de nombreuses mobilisations des riverains contre la fermeture de la rue de la Pépinière, soutenus par le maire de secteur Didier Jau (Les Écologistes) et la mairie centrale, le dossier prenait le chemin de la justice. Mais, au dernier jour du délai de réponse au courrier du maire, le conseil d’administration a finalement accepté la médiation proposée.

    La voie de la raison

    Pour rappel, la fermeture de la rue qui traverse la cité et permet l’accès à plusieurs équipements publics ainsi qu’à un jardin municipal avait été imposée par l’assemblée des copropriétaires de l’ancienne cité-jardin progressivement mise à la vente, qui évoquait « des raisons de sécurité ». Un portail posé, puis soudé, en avait condamné l’accès à des centaines d’habitants du quartier.

    La mairie de Marseille avait alors pris le dossier en main et soutenu les riverains dans leur revendication de ce droit de servitude. La perspective d’un arbitrage judiciaire semble avoir amené les copropriétaires à préférer la voie de la discussion.

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.

  • La grande colère des salariés du médico-social

    La grande colère des salariés du médico-social

    Alors que des négociations à Tours sont en cours ces 10 et 11 mars à l’occasion de la « Mêlée » de Nexem, le principal syndicat patronal, les quatre organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et Sud) ont appelé les salariés de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) à se mobiliser pour réclamer de meilleures conditions de travail et de rémunération à leurs employeurs.

    Des salaires pour sortir la tête de l’eau

    Devant le siège social de l’Agence régionale pour l’intégration (ARI), l’un des plus gros employeurs du médico-social de la région Paca avec 1 500 salariés et plus de 50 établissements, Didier Zika ne décolère pas : « Chaque année, l’ARI réalise un excédent budgétaire grâce aux postes non pourvus. » L’éducateur spécialisé, en poste depuis 13 ans dans une des structures spécialisées de l’ARI et délégué syndical, déplore l’absence de réponse de la direction sur le sujet des salaires alors même « que les conditions de travail se dégradent d’année en année et qu’on a un turn-over énorme, avec des salariés exposés plus qu’ailleurs aux risques psychosociaux ». Ces départs en cascade, ce n’est pas la preuve d’un « secteur en crise d’attractivité », mais plutôt « d’un dysfonctionnement et d’un mal-être de tous les travailleurs de la Bass », renchérit Bernard Cresta, délégué syndical CGT Araimc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le financement du secteur s’est réduit de 20% en 25 ans, tandis que les salaires réels de la branche ont reculé, écrasés par l’inflation, jusqu’à s’aligner sur le Smic.

    Le sens au travail

    Un ras-le-bol partagé par Sandrine et Haroune, éducateurs spécialisés à l’institut médico-éducatif Les écureuils, géré par l’association Fouque. Les deux témoignent de la difficulté à se projeter dans un métier « dont les conditions de travail finissent par rendre maltraitants ». Christian Barbe, instituteur spécialisé et délégué syndical dans le même IME, raconte que « le recours systématique à l’intérim » est « un problème pour l’accompagnement des enfants, qui ont besoin de repères ». Une autre mobilisation a eu lieu devant le siège social de l’Unapei mardi après-midi, avec les mêmes mots d’ordre.

  • Un ultime temps fort pour la liste de gauche « Union pour Gap »

    Un ultime temps fort pour la liste de gauche « Union pour Gap »

    « S’il vous reste des dernières questions, venez échanger avec nous autour d’un apéritif, de 16h à 21h », annonce Elie Cordier. La tête de liste d’union de la gauche et ses colistiers convient les Gapençaises et Gapençais ce jeudi dans leur permanence, pour un temps d’échanges et de discussion ouvert au public. Avec la tenue du premier tour du scrutin ce dimanche, ce sera le dernier grand temps fort de l’équipe d‘« Union pour Gap ». Une campagne qui aura vu son point culminant avec le meeting du 26 février au Quattro, qui a rassemblé 900 personnes.

    Trois listes de gauche

    Reste à tirer son épingle du jeu, car à Gap, cinq listes se présentent. Et trois d’entre elles sont marquées à gauche, avec « Gap en commun » emmenée par Jacques Patron et la liste citoyenne de Charlotte Kuentz « Ambitions pour Gap ». La liste Union pour Gap, soutenue par les écologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste, veut donc apparaître comme la principale alternative de gauche à Roger Didier, maire de droite sans étiquette, en poste depuis 2007 et candidat à sa succession. Pour cela, reste à créer un élan, un engouement. Un objectif réussi selon Elie Cordier, notamment après le meeting du 26 février : « Je suis très satisfait et personnellement très fier d’être à la tête d’une équipe qui a été capable de rassembler 900 personnes pour notre dernière réunion publique où l’on a pu recueillir les propositions des habitants et créer une dynamique forte. »

    La réunion publique du Quattro avait été l’occasion pour la liste de proposer trois projets phares : la création d’un centre municipal de santé, d’une ferme communale pour aider les agriculteurs à s’établir dans la région, et l’aménagement de la gratuité du stationnement en ville. Ce nouveau temps d’échanges, jeudi, permettra donc de venir questionner l’équipe d’Union pour Gap sur son programme, ou, pour ceux déjà convaincus, de l’encourager.

    Rencontre ce jeudi 12 mars de 16h à 21 1h au 41 bd de la Libération à Gap.

  • Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Plus de transparence, développer les infrastructures estivales, investir dans des projets d’avenir… Telles sont les propositions de la jeune candidate de 35 ans Clémentine Marinier à Uvernet-Fours, commune où se trouve la station de ski de Pra Loup. Commerçante à Pra Loup pendant 13 ans, elle s’est entourée d’une équipe de 10 colistiers : une agricultrice, une restauratrice, un charpentier ou encore une enseignante.

    Le maire sortant, « un ancien militaire » à la tête de la commune depuis 2014, « préférait faire des économies plutôt que d’investir sur du long terme », selon Clémentine Marinier. « En 15 ans, j’ai vu Pra Loup stagner, quand les autres stations autour de nous évoluaient et se modernisaient », déplore-t-elle.

    Une liaison entre Pra Loup et la Foux d’Allos

    La candidate regrette notamment que la mairie n’ait « pas son mot à dire », « pas le droit de donner son avis » concernant le projet à 43 millions d’euros de liaison à ski reliant la Foux d’Allos à Pra Loup. Elle souhaite « redynamiser, revaloriser le patrimoine, avoir des emplacements plus verts ».

    Concertation citoyenne vendredi à 8h à l’office de tourisme.

  • Le Regain Manosquin présente son programme en collectif

    Le Regain Manosquin présente son programme en collectif

    Social, santé, environnement, logement, culture… Les différents colistiers de la liste manosquine d’union de la gauche ont présenté leur programme pour la commune mardi soir à l’occasion d’une réunion publique. Pour commencer, ils ont clairement revendiqué et assumé leur ancrage à gauche et les valeurs qui vont avec : « solidarité, justice sociale, environnement et démocratie participative ». « Contrairement à d’autres, nous n’avons pas la gauche honteuse », a lancé Guillaume Bertolina, l’un des colistiers, en introduction. La liste se présente comme « un contrepoids » à la gestion « autoritaire et centralisée » de la commune par son maire sortant DVD Camille Galtier.

    En matière de démocratie participative, les candidats proposent notamment « des conseils municipaux décentralisés » et « la reconversion de l’ancien tribunal en un grand lieu de vie collective ». La colistière Emilie Benaïcha-Lauvergeon a insisté sur la solidarité et la défense de la justice sociale. « La condition des uns détermine la condition de tous », a-t-elle affirmé. Les candidats veulent « dédier un adjoint à la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences ». Ils proposent « une tarification sociale de la cantine jusqu’à la gratuité pour les familles les plus fragiles », un « fonds d’urgence municipale pour protéger les plus fragiles » et « une mutuelle communale solidaire ».

    Un bus santé pour tous

    Concernant la santé, la liste souhaite notamment créer « un bus santé qui parcourrait la ville pour des campagnes de prévention ». « La santé est un droit universel et pas un moyen de faire de l’argent pour certains secteurs privés », a revendiqué le colistier Justin Collin. Il a déploré la démission du maire sortant du conseil d’administration de l’hôpital, « un renoncement politique et une grande déchirure », et a apporté son soutien aux « salariés précarisés par les politiques d’austérité de l’hôpital ». « Il faut qu’on répare ce lien avec le personnel », a-t-il affirmé.

    Les habitants ont questionné les candidats sur la potentielle fermeture du centre de santé Oxance et sur celle des urgences. « Soigner les gens a un coût, mais nous sommes prêts à l’assumer », ont-ils répondu, souhaitant « un centre de santé avec des médecins salariés sans dépassements d’honoraires ». Concernant la sécurité, les colistiers ont dit vouloir s’attaquer aux « causes profondes » et à « l’insécurité sociale » pour éviter que les jeunes soient « en déshérence » et « basculent dans la violence ». « Nous refusons de voir Manosque s’enfoncer dans la libéralisation », a conclu Patrick Rousset, la tête de liste. « Manosque mérite mieux. Nous, nous avons choisi de défendre les services publics. »

  • À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    En descendant de tribune, jeudi dernier, à l’issue de la présentation de sa liste, Olivier Galzi souffle. Et note l’âpreté d’une fin de campagne. Si le candidat (DVD) n’est pas avare de critiques sur ses adversaires, l’ex-journaliste TV concentre, ces derniers jours, de vives critiques. Le fait que le dernier sondage le place légèrement en tête n’y est certainement pas étranger.

    À l’issue du débat de mercredi dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) s’est fendue d’un post sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « méprisant », dénonçant « les petites phrases et les attaques personnelles » d’Olivier Galzi. Dans le week-end, par deux vidéos distinctes, Stéphan Fiori (DVD) a, lui, ciblé, la composition de la liste de son rival à droite. « Pas moins de 20 de ses colistiers sur 53 ont un passé politique, il affirme le contraire avec une assurance déconcertante », analyse le candidat, égrenant le pedigree de la plupart d’entre eux. Olivier Galzi se targue d’incarner pourtant un « renouveau des pratiques et des visages ».

    À gauche, si les sujets de divergences et débats enflammés entre soutiens sur les réseaux sociaux sont légion avec les équipes de David Fournier (notre édition du 28/02), Mathilde Louvain (LFI) a, dans un communiqué lundi, épinglé Olivier Galzi au sujet de son passé professionnel, « dont il a vanté le bilan », chez Edeis, entreprise de conseil et gestion auprès des collectivités. Notamment les monuments et aéroport de Nîmes, déficitaires. « Il est à craindre qu’Olivier Galzi avance au service de ses anciens camarades d’Edeis », redoute Mathilde Louvain, alors que l’aéroport d’Avignon, géré par la Région, cherche son futur délégataire. Sentant peut-être la pression monter, Olivier Galzi a republié, lundi, un message de Dominique Santoni, présidente LR du Département. Il est écrit : « Le courage politique n’est pas d’attaquer l’adversaire, mais d’élever le débat et de proposer pour l’avenir. »

  • [Entretien] André De Ubeda : « Nous avons à Toulon en Commun des victoires à confirmer »

    [Entretien] André De Ubeda : « Nous avons à Toulon en Commun des victoires à confirmer »

    La Marseillaise : Cette campagne s’est déroulée dans une drôle ambiance…

    André De Ubeda : Oui, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu une campagne aussi dure, aussi violente même, aussi délétère, avec des actions physiques, des agressions verbales. Il y a eu plusieurs plaintes qu’on a dû déposer pour se garantir une certaine sécurité. On a été clairement menacés, et donc c’est quelque chose qui empêche le débat de se dérouler de façon normale, et c’est l’objectif, bien entendu.

    C’est l’extrême droite qui pollue le débat ?

    A.D.U. : Oui, très clairement. On a des désaccords profonds avec les autres candidats, mais on ne rencontre nullement ailleurs un tel rouleau compresseur de violence, d’arrogance, de dureté qu’avec le Rassemblement national. Et c’est pour cacher la vacuité du programme de Mme Lavalette, qui a beau être rompue au débat télévisé, a montré son absence d’intérêt pour la ville de Toulon et pour les Toulonnais, et surtout pour les plus fragiles d’entre eux. Ça commence à se voir. Elle a d’ailleurs été mise en difficulté lors du dernier débat. Débat au cours duquel elle a menti sur l’Opéra de Toulon en prétendant avoir réglé le problème, c’est un mensonge absolu. Elle a dit, « j’ai tweeté à Rachida Dati », mon Dieu, mais quel niveau de faiblesse politique, voire intellectuelle. Rachida Dati n’a strictement rien fait. Contrairement à Toulon en commun, où nous avons fait une conférence de presse, et sommes intervenus deux fois au conseil municipal. Et Mme Massi a voté une subvention qui a sauvé momentanément le chœur. Mme Lavalette, c’est la mouche du coche.

    Il y a d’ailleurs des sujets complètement absents de son programme

    A.D.U. : Moins elle en dit, mieux elle se porte, parce que si elle dit ce qu’elle pense, ça va détruire une image faite de sourires et de selfies, il n’y a derrière aucune consistance programmatique, ni même intellectuelle. C’est terrible pour les gens qui ne votent pas pour elle, mais c’est aussi terrible pour les gens qui votent pour elle. Enfin, ils votent pour quoi ? C’est la porte-parole du parti le plus condamné de France. Et dans les débats, elle ne fait que ricaner. On pourrait y voir du Charlie Chaplin dans le Dictateur, c’est quand même assez terrible.

    C’est quoi alors, un vote de colère ?

    A.D.U. : Alors oui, dans le meilleur des cas. Parce qu’il y a quand même un matelas de personnes qui votent en pleine conscience, pour l’extrême droite et pour le racisme. Il suffit de voir le crime raciste de Puget-sur-Argens. Il y a aussi des gens qui ne sont pas racistes ou qui s’imaginent ne pas l’être, et qui sont dans le rejet de tout, y compris dans la volonté de chaos parfois, et dans l’individualisme. Le RN ne les amène pas à demander de vivre mieux mais que les autres vivent plus mal qu’eux. Ça, pour moi, c’est vraiment le degré zéro de l’humanité.

    En revanche tout le monde reconnaît que vous faites une belle campagne.

    A.D.U. : Je trouve en effet que c’est la campagne la plus dynamique depuis au moins les années 80 je pense, avec beaucoup de fond. On a une réflexion approfondie sur le plan politico-stratégique, mais aussi sur le plan programmatique.

    C’est le résultat d’un travail intense de 6 ans. Et on a environ 600 personnes qui ont participé à l’élaboration du programme par petits groupes, et actuellement plusieurs centaines qui participent à la campagne.

    Mais le succès d’estime ne fait pas le succès électoral, donc on est dans l’inconnu. Je pense que la situation est toutefois très ouverte. Si l’impact des sondages n’est pas trop fort, parce qu’ils sont faits un peu pour ça aussi, on peut espérer avoir un bon score et dépasser Michel Bonnus, qui lui est non seulement relativement discrédité et qu’on sent accablé par les circonstances, et notamment par le lâchage de Muselier et par le fait qu’il y en a certains de sa liste qui lui disent au revoir.

    Nous, nous avons des victoires à confirmer.